L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

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Jon Spencer
Chroniques

I Am Oak

Oasem

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C’est officiel, Antony Hagerty possède un lointain cousin batave. Et il est originaire d’Utrecht. Son nom ? Thijs Kuijken alias I Am Oak. A l’instar du New-Yorkais, ce jeune artiste compose de délicates et profondes complaintes sculptées dans un mélange de folk romantique et de soul ténébreuse. Le plus bel exemple ? Une magnifique chanson issue d’« Oasem », le second album d’I Am Oak. Il fait suite à « On Claws », paru en 2010. Et comme sur les dernières œuvres d’Antony & the Johnsons, le climat entretenu tout au long de ce long playing est particulièrement austère. Parfois même impénétrable. Et je pense tout particulièrement à « Island ». D’ailleurs, certaines plages nécessitent plusieurs écoutes, avant de pouvoir en percer le cœur. L’ombre de Timber Timbre plane sur le ténébreux « Curt ». Un morceau au format acoustique, éclaboussé d’interventions distordues de claviers, et surtout d’orgue. Soutenu par d’excellentes harmonies vocales, la voix profonde et mélancolique de Thijs est susceptible de vous entraîner dans un univers tortueux, au sein duquel vous ne pourrez (voudrez ?) plus vous évader.

« Oasem » se prononce ‘Awesome’ et finalement, on n’est pas loin du compte, non plus !

En concert le 1er octobre au Play Festival, à Hasselt.

Jenny Hval

Viscera

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S’il fallait comparer l’album « Viscera » à un genre littéraire, ce serait au fantastique. Dès les premières notes d’« Engines in the City » on est plongé au sein d’une ambiance à la fois mystérieuse et fascinante. Comme si un homme étrange survenait de nulle part et vous invitait à découvrir un passage secret conduisant vers un univers encore inexploré.

Jenny Hval nous enivre de sa voix aux inflexions tantôt médiévales, tantôt contemporaines, une voix si proche de celle de Björk.

Les chansons sont mélodieuses, et entraînantes voire même envoûtantes. Le titre de l’album n’est pas anodin.

La chanteuse souhaite nous entraîner au plus profond du corps humain, dans les viscères, dans nos mystères… Accomplir un voyage, celui de la découverte intérieure.

« Viscera » n’est pas qu’un simple album, c’est le travail d’une jeune artiste qui a pris un réel plaisir à le concocter, et surtout le plaisir de savoir qu’il sera écouté. Une impression qu’illustrent parfaitement les pistes mélodiquement variées et leurs durées prolongées. Ce qui ne gâche, cependant, en rien le plaisir de l’écoute.

Des titres comme « Portrait of the Young Girl as an Artist » ou encore « Milk of Marrow » constituent des moments de détente idéaux.

Il est rare d’éprouver un tel plaisir en écoutant un disque. Et si vous souhaitez consacrer du bon temps, rien qu’à vous, cet album est celui qu’il vous faut. Sa musicalité est bien mieux qu’une thérapie pour se redécouvrir.

Tim Holehouse

Grit

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Tim est britannique. Il est issu du Sud de l’Angleterre. Et de Portsmouth, très exactement. Il a une longue expérience musicale. Touche-à-tout, il a milité au sein d’une multitude de formations, dans des univers sonores différents : indie rock, black metal, hardcore et musique progressive. Il mène sa barque personnelle depuis 6 ans.

Sa première œuvre paraît en 2005. Elle s’intitule "Found dead on the shoreline". Son second chapitre, est plus travaillé. Son titre ? "From the dawn chorus". Mais il ne paraît qu’en 2009. Puis, il grave encore "….To the howls of midnight" et "In search of the binary star", sous le patronyme de Thimoty C Holehouse. Une sévère altération de ses cordes vocales l'oblige à changer de registre. Mais aussi de style, puisqu’il commence à puiser ses sources dans le blues. La formule nouvelle rencontre un succès certain, et Tim a ainsi l’opportunité de tourner sur tous les continents. "Grit" constitue donc son dernier opus, un disque pour lequel il est soutenu par son backing band, The Gentlemen, en l’occurrence le bassiste Graham Young, le percussionniste Michael Howe et le clarinettiste/claviériste Chris Derrick.

Le morceau d’ouverture est imprimé sur un tempo vif. Si sa voix s'est calmée, elle reste bien âpre et ravagée. Elle évolue au sein d’un environnement sonore tout en rythmique, enrichi par l’orgue, glissant du rock expérimental ‘velvetien’ au punk agressif. Ballade acoustique tourmentée, "Creeping death" prend lentement du tempo. Mais est-t-il vraiment sage de partager sa bouteille de whisky avec le diable en personne! "The prisoner" reprend du poil de la bête. Il se révèle même sauvage, déjanté, dans l’esprit du Jim Morrison de la grande époque. Bruitages et percussions étranges alimentent "Broken bones", une compo insolite, sorte de funk de l’impossible au cours duquel la clarinette épouse la voix à l'agonie. Le diable opère son retour pour "The devil went back down to Georgia". Une compo minimaliste qui aurait pu servir de ‘work song’, dans un pénitencier, autrefois… Des accords de slide poussiéreux introduisent "Into Mexico", un blues rocker au cours duquel la voix de Tim affiche une violence inouïe. Une fureur qui précipite ses collaborateurs dans un climat de transe. Amorcé sous la forme d’un blues primitif, languissant, "Rogues gallery" monte progressivement en puissance et s’électrise au contact des accords de la lap steel, prodigués par son ami James McGregor. Une plage victorieuse ! "Long road to nowhere" achève l’opus. Une piste sensée retrouver l'apaisement. Ce n’est pas le cas. Elle replonge dans l’univers torturé de Timothy ; celui qui produit cependant le plus d’effets… 

Grey Reverend

Of The Days

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L’univers sonore de Grey Reverend serait-il gris ? Voire ténébreux ? On pourrait le croire, à la lecture de ce patronyme ecclésiastique. Mais, en écoutant attentivement « Of the Days », son premier opus, on décèle quelques nuances dans son folk d’apparence très (trop !) classique. Né LD Brown, l’Américain fait ses débuts à New York. En assurant le supporting act de The Cinematic Orchestra. C’était déjà, il y a quelques années. Pas étonnant qu’« Of the Days » soit donc publié sur Motion Audio, le label de Jason Swinscoe, leader du Cinematic Orchestra.

Tout au long de son album, notre Reverend tisse subtilement de douces et simples complaintes acoustiques dans le blues/folk. Parfois, il souffle dans un harmonica (« Forsake »). Les textes sont épurés mais forts et profonds. Le meilleur morceau de l’elpee ? Le craquant « Little Eli ». Phénomène inévitable, vu le dépouillement des compos, au fil de l’écoute, un certain ennui commence à vous envahir. Je conseillerai donc l’écoute de ce disque, à celles et ceux qui recherchent la relaxation, et de préférence dans le noir (NDR : le gris ?)

 

Frankie & The Heartstrings

Hunger

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Premier test taille réelle, déjà, pour Frankie & The Heartstrings. Ce groupe originaire de Sunderland ne s’est formé qu’il y a deux ans seulement. Quelques singles plus tard, Edwyn Collins décide d’aider les Britanniques à mettre le tout en boite. C’est ainsi que le groupe accouche de « Hunger ». Ce dernier ne correspond sans doute pas aux attentes que la presse anglaise avait misées sur cet album. Et il est vrai qu’il ne s’agit pas là d’un grand moment historique, musicalement parlant. Mais quitte à parler d’Histoire, fouillons un peu. Laissons, dans un premier temps, de côté les outils modernes et revenons aux méthodes traditionnelles. Le trésor archéologique découvert est alors fortement apprécié tant par les hommes du métier que par le public. Mais il est vrai que si on se met à gratter plus fort, à creuser plus profond, à analyser l’ensemble aux rayons X, ce n’est plus qu’une découverte comme bien d’autres en ont fait avant. Et pas la moindre petite pièce du squelette n’a plus de valeur que les autres. Pourtant, on aurait bien envie d’aller sur place voir si les sensations ne sont pas plus fortes. Parce qu’en ‘vrai’, tout peut être aussi « Fragile » qu’ils veulent !

Matana Roberts

Coin Coin Chapter One : les gens de couleur libres

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Que les amateurs de jazz me pardonnent, cette chronique est écrite par un amateur de rock n’y connaissant absolument rien au genre cher à Miles Davis…

Matana Roberts est une saxophoniste de jazz. Issue de Chicago, elle vit aujourd’hui à New-York. Son nouvel album, « Coin Coin » est un ‘work-in-progress’. Il relate l’histoire de ses ancêtres qui ont vécu l’esclavage. Et ce ‘mémoire’, elle l’a réalisé ‘live’ en compagnie de 15 musiciens : plusieurs saxos, deux trompettistes, deux bassistes, deux violonistes, un guitariste, un drummer, un préposé à la scie et un autre au doudouk (hautbois arménien) !

C’est le très libre label canadien Constellation qui a signé cette artiste dont l’expression sonore évolue dans un univers proche du free-jazz d’Albert Ayler, de John Coltrane voire de Charlie Mingus. Une signature courageuse mais pas étonnante de la part de la maison mère de Godspeed You Black Emperor ! (NDR : Matana a d’ailleurs joué en compagnie de la formation montréalaise) et de The Silver Mount Zion. Malgré son style résolument jazz, Roberts n’hésite pas à intégrer des éléments indie dans sa musique. Elle avait ainsi invité Prefuse 73 et Tortoise, à participer à l’enregistrement de son précédent elpee.

Espérons que son nouvel opus lui ouvre les portes d’un public plus large ; car, même si sa musique n’est pas toujours d’accès facile, elle recèle des moments de pure magie. Et je pense tout particulièrement à « Rise », caractérisé par ces dissonances si particulières de cuivres, de « Karasia », magnifique dans ses moments de quiétude ou encore de « Libation for Mr. Brow : Bid Em In », exécuté en gospel a capella. On rencontre même sur cet elpee du ‘spoken word’. Bref, jamais on ne s’ennuie à l’écoute de ce disque. Et dire que ces 90 minutes de pure liberté ont été interprétées en ‘live’ ! Une fameuse performance !

 

Noah & The Whale

Last Night On Earth

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Il ne faut pas toujours chercher bien loin pour se choisir un patronyme. Prenez le titre d’un film (‘The Squid and the Whale’) et combinez-le au nom de son réalisateur (Noah Baumbach). Vous obtiendrez ainsi une dénomination facile à retenir : Noah and The Whale. La bande est composée de cinq membres : Charlie et Doug Fink, Tom Hobden, Fred Abbott et Matt Urby.

« Last Night On Earth » constitue leur troisième opus. Et pour une dernière nuit sur la Terre, les mélodies sont plutôt joyeuses et entraînantes. Cet album laisse d’ailleurs perplexe à plus d’un titre car, après cinq écoutes complètes, il est quasiment impossible de se prononcer : y a-t-il juste ce qu’il faut ou est-ce un peu trop léger ? En effet, quand on met autant de force dans un titre étalé sur une pochette de Cd, il faut être capable d’assumer derrière ! Car on s’attend d’office à quelque chose de grand et de mémorable. Mais on en n’est pas là sur ces dix pistes. L’ensemble des chansons est fort sympathique… Or quand on utilise ce terme, c’est qu’on cherche encore l’étincelle susceptible de mettre le feu à ce monde, pour qu’il vive réellement sa dernière nuit. Cependant, « LIFEGOESON » nous donne très vite envie de fredonner son air à tout va. Et même s’il s’agit de notre « Last Night On Earth », ne voyons pas tout en noir, car Noah and the Whale nous offre tout de même un pur bijou incarné par « Old Joy ». Si toutes les plages avaient été d’une telle qualité, on aurait peut-être pu même souhaiter que notre dernière nuit sur Terre arrive plus vite que prévu.

 

Thurston Moore

Demolished Thoughts

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A maintenant plus de 50 balais, Thurston Moore n’a plus rien à prouver. Qu’il propose sa musique sous sa forme la plus électrique ou expérimentale. En trente ans de carrière, chez Sonic Youth, ou à travers ses collaborations multiples, le compagnon de Kim Gordon est sans conteste l’une des valeurs sûres du paysage de l’indie-rock mondial voire son plus digne représentant.

Quatre années après avoir publié son premier album solo, « Trees Outside The Academy », le New Yorkais nous propose donc son second elpee personnel. Il a laissé au placard les distorsions, pour faire la part belle à la guitare sèche. « Demolished Thoughts » est donc découpé en neuf morceaux acoustiques. Un préposé de marque aux arrangements : Beck. Il étoffe les compos d’interventions de violons, de harpe ou de violoncelle. Et « Blood Never Lies » est certainement la piste au cours de laquelle il s’est le plus investi. Chaque plage est une véritable pépite de folk-rock. Même loin des expérimentations de Sonic Youth, il est difficile de faire une réelle séparation entre la formation new yorkaise et ce projet solo, tant la voix de Moore et certains riffs de guitare évoquent par moments SY. Mais qui s’en plaindra ???

Thurston Moore a donc relevé ce ‘défi’ acoustique haut la main. Une manière d’encore accroître sa notoriété. Non seulement, il est incapable de faire preuve de mauvais goût, mais en plus, il continue de nous éclabousser de son talent. Thurston Moore n’est pas seulement incontournable, il est aussi devenu intemporel. Et à force de faire son éloge, on finit par être envahi par un sentiment de frustration…

 

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