Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

Un jour, on réalisera un film sur Townes Van Zandt – ce troubadour à part qui a inspiré tout le monde, de Bob Dylan à Willie Nelson en passant par Emmylou Harris et Evan Dando des Lemonheads. Sorti le 9 septembre, le nouveau single « Rake » est le premier…

Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk…

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Afghan Whigs
Jon Spencer
Chroniques

Cercueil

Erostrate

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Lors de la sortie de leur Ep, en 2006, j’avais été impressionné par le potentiel de cette formation lilloise, dont le style hybride, quoique largement dominé par l’électronique, lorgnait tant vers Bowie, Tuxedo Moon, Ultravox, Ozark Henry que Radiohead circa « Kid A ».

Pour enregistrer leur premier album, Cercueil (NDR : décidément, je ne m’y ferai jamais à leur patronyme) s’est rendu à Bristol, au sein des studios Toy Box, une œuvre qu’il a concoctée sous la houlette d’Alister Chant (PJ Harvey, John Parish). Première constatation, malgré le renfort d’un nouveau drummer, Olivier Durteste, l’aspect électro est renforcé. On y retrouve toujours le falsetto très particulier, lancinant, sinusoïdal de Pénélope Michel, mais l’alchimie sonore baigne au sein d’un climat ténébreux, énigmatique, angoissant, où ambient, trip hop, indus (Trent Reznor ?), electronica et cold wave opèrent une synthèse occulte.

Découpé en 10 plages, cet elpee ne souffre d’aucune faiblesse ; et s’il se révèle finalement très homogène, j’épinglerai quand même trois titres : l’élégiaque « Subtitle », le gothique « Shade unit » (Dead Can Dance ?) et « A ray apart » qui autorise la présence d’une guitare torturée (Suicide ?) Quand votre serviteur succombe à un album de musique électronique, c’est qu’il tient la route…

Un dernier mot encore sur le superbe artwork de la pochette ; il a été réalisé par les membres du groupe.

Anoraak

Wherever The Sun Sets (b)

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Qu’attendre d’Anoraak, lorsqu’on n’a jamais eu l’occasion de les écouter. Une atmosphère qui incite à enfiler son pardessus lors des longs après-midi de novembre ? Que nenni, un album tout en soleil, qui habillera merveilleusement la saison chaude.

Anoraak, c’est en quelque sorte le pseudo d’un Nantais qui a suivi une formation rock. Etabli à Paris, il a fait un tour chez les Pony Pony Run Run, comme batteur, avant de se convertir à l’électro pop, faute de pouvoir pratiquer ses instruments, vu l’exiguïté des chambres de bonne. Anoraak est donc né d’essais électroniques, jusqu’au jour où il fait la connaissance de College et de son blog Valerie. De cette rencontre, et de l’arrivée d’autres groupes dans la clique, Valerie devient un collectif de musiciens solo-potes, et officialise Anoraak parmi ses projets.

Valerie résonne peu en France (à Paris et à Nantes) mais voyage beaucoup pour satisfaire un public qui les écoute jusque New York. Est-ce la French touch à la Phoenix (« Try Me »), son goût pour le funk old school (« Crazy Eyes ») ou les bons vieux synthés des années 70 (« Long Hot Summer Night ») qui attirent les éclairés ? Ou encore, le son finement moderne, conservé soigneusement (« Dolphins & Highways ») ? En tous les cas, le succès inopiné encourage le jeune artiste à continuer.

Les différents instruments typiques apparaissent au cours de l’album, mais c’est principalement seul, à l’aide de son ordinateur et d’un micro qu’Anoraak se présente sur scène. Si « Wherever The Sun Sets » est sorti il y a quelques mois déjà, il ira aussi de pair avec les beaux jours : relax, groovy mais léger, ce projet rétro-futuriste sera idéal pour agrémenter vos soirées d’été.

 

The Sea And Cake

The Moonlight Butterfly

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Seize années déjà que la formation chicagolaise roule sa bosse. Il y a bien eu une interruption entre 2004 et 2007, mais cette pause a permis au combo de se ressourcer. Valeur sûre dans l’univers de l’indie, The Sea and Cake, n’a cependant jamais rencontré le succès à la mesure de son talent. Faut dire que la musique développée par les Américains ne s’adresse pas aux hit-parades, le groupe privilégiant plutôt les longues compositions climatiques.

“The Moonlight Butterfly” constitue leur neuvième opus. Et apparemment, Sam Prekop et ses potes en sont revenus à leurs premiers amours. Les six compos de cet elpee ont été écrites lors d’une tournée accomplie en compagnie des Canadiens de Broken Social Scene. Des plages inévitablement copieuses, mais trempées dans une pop douce, brumeuse et mélancolique, traversées de passages instrumentaux aux accents jazz ou krautrock, à l’instar du morceau maître. Une seule piste plus rythmée: « Up on the North Shore ».

La nouvelle œuvre du quatuor est de toute bonne facture. Mais, encore une fois, elle ne s’adresse pas au grand public. Perso, cette situation ne me dérange pas. D’ailleurs, souvent un groupe préserve bien mieux son identité à l’abri des regards et des oreilles. Et vu sa longévité, The Sea and Cake en est un parfait exemple.

 

Religious to Damn

Glass prayer

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Religious to Damn réunit, dans l’ombre, quatre personnes : Josh Strawn, Charlie Schmid, Allegra Benchley et Zohra Atash. Cette dernière jette sa voix veloutée sur tous les morceaux de « Glass prayer », comme une sorcière noire lance un maléfice hypnotique. Leur magie envoûte. Et comme toute force surnaturelle, elle a ses revers. Certaines mélodies frôlent parfois la dépression, respirent la solitude. L’enchanteresse balade de temps à autre ses intonations sur les frontières de l’agacement la durée d’un morceau ou l’autre. Mais les limites ne sont jamais franchies. D’où, le sort fonctionne à merveille. Ou presque… Le grimoire des sortilèges est un peu trop redondant. Autrement dit, si, au bout de quatre ou cinq plages, une impression de déjà entendu vous tenaille, votre cerveau n’est pas en train de faillir sous l’impulsion d’un charme. Religious to Damn va devoir, à l’avenir, songer à se diversifier un peu plus au niveau des compositions pour pouvoir franchir un palier supérieur.

 

Shawn Pittman

Edge of the world

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Originaire de l'Oklahoma, ce jeune chanteur/guitariste n'a encore que 36 ans ; mais il fait son chemin lentement et sûrement. Il s’est établi à Austin, la capitale du Texas. Au cours des dernières années, il a publié toute une série d’albums, et très précisément pour le label italien Feelin' Good. Shawn ne dispose pas d'importants moyens financiers. Il enregistre chez lui, assurant pratiquement toute l’instrumentation. Il a tenté un pari audacieux : envoyer une maquette chez Delta Groove, à Los Angeles. Et le label est tombé sous le charme. Pour concocter « Edge of the world », Shawn a bénéficié du concours de son ami Lewis Dickson, un procureur à la préretraite. A la composition.

L'ouverture est imparable. Du texas blues rock par excellence. Nous sommes plongés dans un des clubs d'Austin. Issu de la plume de Howlin Wolf, ce "Sugar (Where'd you get your sugar from)" est une rampe de lancement idéale pour notre Shawn. Il libère constamment ses cordes sur une assise rythmique bien solide. Il a dû s'y reprendre à plusieurs fois, puisqu’il cumule le chant, la guitare, le piano, la basse et la batterie. C’est un véritable homme-orchestre. Si vous appréciez les premiers elpees des Thunderbirds, la musique de Pittman devrait vous plaire, même si bien sûr, Kim Wilson et l'harmonica sont absents. Néanmoins, Pittman tolère la présence d’un saxophoniste, Jonathan Doyle. "Leanin' load" est imprimé sur un tempo très vif, presque rock'n'roll. Face au sax baryton, la guitare, dans un style proche de Jimmie Vaughan, exerce son emprise sur l’espace sonore. Tout comme lors du très rythmique "Scent of your benjamins", une compo au cours de laquelle il décoche des flèches très incisive, dans l’esprit de l'aîné des Vaughan. Autre surperbe tranche de rock'n'roll, "Almost good" aurait pu garnir un de ces mythiques juke-boxes issus des fifties. Une compo balisée par le piano et le sax qui aurait pu également figurer au répertoire d’Ike Turner. "One of these days" adresse un  clin d'oeil au blues contemporain, celui qui sévit au sein des juke joints dans les collines, au Nord du Mississippi! "Edge of the world" emprunte la trame rythmique rituelle de Howlin' Wolf. Reverb, les cordes de guitare sont excellentes. Les accords de piano omniprésents. Un plaisir évident des oreilles, proche ici du son d'Otis Rush. "That's the thing" est une autre réussite. Répandant ses parfums de bayous louisianais, cette plage rappelle le regretté Guitar Slim. Les sonorités dispensées tout au long de "Maintain" sont primaires, rudes à l'extrême, une sensation accentuée par les percussions quasi tribales de Shawn. Surprenant ! Mr Pittman empoigne sa slide pour aborder "I've had enough", un Chicago bourré de charme. Son instrument ronronne sur un profil rythmique en béton. Bouleversant, "Somebody gonna lose, somebody gonna win" évoque le mythique bluesman Texan, Sam Lightnin' Hopkins. L’artiste est seul avec sa voix et ses cordes amplifiées. L’intensité est à son paroxysme. Et c’est à la sèche qu’il achève cet elpee lors de la ballade "If I could (make the world stop turning)". 

oG

La Transformation

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OG musique est le projet d'un jeune belge qui sait comment s’entourer pour réaliser une œuvre à part. Et en alimentant le marché des artistes belges puisqu’en dehors du dessin de la couverture, ce ‘petit orchestre’ provient entièrement de notre plat pays. A l’heure où la musique s’électronise de plus en plus, ces doux airs apaisent et reposent. Plus encore, ils nous racontent une histoire. L’absence de paroles est, à ce sens, un choix judicieux : il permet de laisser vagabonder l’imagination le long de ces gracieuses mélodies. Chacun peut alors monter son propre film au rythme des titres. Le premier morceau, « Naissance », prend d’ailleurs une vague apparence de musique de conte pour enfants. Les mélanges finement dosés d’orgues, de guitares, de basse, de violons et violoncelle, de saxophone, de trompette, de trombone, de flûtes, de piano, de percussions et de batterie entraînent toute une série d’émotions dans une valse des plus enivrantes. « La Transformation » semble même avoir été créé sur mesure : d’un état larvaire au début de l’album, on passe à une sublimation régénératrice, au cours des derniers morceaux.

Efrim Manuel Menuck

High Gospel

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Efrim Manuel Menuck nous a souvent permis de rêver, tant chez Godspeed You ! Black Emperor, comme guitariste, que pour Thee Silver Mount Zion, au sein duquel il est chanteur. Des projets tout au long desquels il excelle, soit en nous réservant de longs crescendos instrumentaux, soit en transmettant ses émotions à l’aide de sa voix.

Première constatation, les pistes proposées par le barbu oscillent entre 5 et 6 minutes. Et dès le premier morceau, « Our lady of parc extension and her munificient sorrow », on a droit à ces envolées de six cordes si caractéristiques ; et ces loops qui ne le sont pas moins. En outre, le timbre du Canadien est toujours aussi hanté. Introduction parfaite. Un long titre expérimental et une plage atmosphérique embraient. Avant qu’Efrim nous offre la meilleure compo de l’opus : « Heavy calls & hospitals blues », une superbe chanson au cours de laquelle il s’accompagne au piano. Malheureusement, la suite manque de consistance, y compris le dernier morceau au cours duquel il nous parle de son fils (« I am no longer a motherless child »). Même le morceau qui rend hommage à son ami, feu Vic Chesnutt, ne semble pas l’avoir beaucoup inspiré.

Bien qu’appréciant énormément, Efrim Manuel Menuck, je dois avouer que son premier elpee solo m’a laissé sur ma faim. Le barde n’est pas un solitaire. Il a bien trop à partager. Dispensable !

 

Malachai

Return to the Ugly Side

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Le Malachai est-il une nouvelle espèce de monstre musical en pleine mutation ? C’est en tout cas l’impression que nous donne « Return to the Ugly Side », le nouvel album de cette formation anglaise, issue de Bristol, très exactement. Un elpee qui fait suite à « The Ugly Side of Love », un premier elpee publié en 2009 et réédité l’an dernier. Issu de Bristol, le combo réunit Gee Healy au chant et Scott Hendry à l’instrumentation et aux samples. Musique mutante, car Malachai mêle brillamment hip-hop et pop, un peu  la manière de Gorillaz. Et puis, pas étonnant que le monstre ait été découvert par Geoff Barrow, tête chercheuse de Portishead, tant les atmosphères planantes et jazzyfiantes sont proches. D’ailleurs, un morceau comme « How You Write » rappelle même carrément l’univers trip-hop des vétérans anglais. Toutefois dans un esprit aussi fun qu’inquiétant.

Mais pourquoi donc avoir intitulé leur deuxième essai ‘Le retour…’ ? Sans doute parce que le premier n’allait pas assez loin, à leurs yeux et leurs oreilles ; et que les deux olibrius voulaient enfoncer le clou. « The Return… » est en effet plus abouti que leur premier long playing.

L’intro est monumentale. Il règne une ambiance de cirque noir. A cause de cette collaboration apportée par le compositeur de musique classique de la BBC, Ben Salisbury. Le tout mixé à des beats électro syncopés. Les deux musiciens –et véritables clowns tristes– recyclent les musiques urbaines contemporaines pour créer un ensemble très cohérent. Le drum&bass, le dub, le rock, la brit-pop, l’électro, la musique classique, le hip-hop, etc., rien ne résiste à leur appétit de fusion. Des extrêmes sur cette plaque ? Les énervés et quasi jungle « Anne » et « (My) Ambulance », d’un côté. Le duo partagé en compagnie de Katy Wainright, sur la ballade « Rainbows », de l’autre. Un ‘return’ finalement pas si ‘ugly’ qu’il ne le suggère, mais plutôt proche du ‘very beautiful’ !

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