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Chroniques

Bruno Rocha

Self shot soul

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A première écoute, cet album plutôt stylé permet à Bruno Rocha, chanteur originaire du Portugal, de présenter une certaine assurance en affichant un coté rebelle qui se lie à merveille au titre de son album, « Self shot soul ». Quant aux premières notes de l’opus introduites par  « Love Queen », très vite on se laisse emporter par ses sonorités rock.

D’ailleurs, en fermant les yeux on pourrait presque s’imaginer en moto sur une route américaine.

Malheureusement, cette impression est éphémère… Le style musical de Bruno Rocha s’essouffle rapidement. On sent que son inspiration ne vient pas de son ressenti profond mais plutôt d’un effet de mode. L’album « Self shot soul » donne l’impression d’être né dans un but commercial. Des refrains répétitifs et dont les mélodies se mémorisent très rapidement, comme « There will always be another time » et « Who’s gonna lead ? » ou encore « That’s all right ». Ce qui donne l’impression d’écouter une seule et même chanson alors que plusieurs pistes sont passées.

Heureusement, quelques titres plus intéressants sortent du lot comme « Never too long » ou encore « Two white angels ».

Un premier essai plutôt décevant. Néanmoins, si Bruno Rocha explore davantage son style et ses idées, il pourrait très vite dévoiler son potentiel et finir même par impressionner !

O!Jerome

Le disque est un manuscrit

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En prenant le risque de choisir pour son album, un titre aussi redondant, Jérôme Orsoni (NDR : il n’en est pas à son coup d’essai, puisque son précédent opus s’intitulait –tout aussi énigmatiquement– « Pourtant nous avons avec soin, cueilli quelques croquis pour votre album vorace », une œuvre dont on retrouve ici quatre titres) expose son travail aux serres et aux griffes acérées du merle moqueur.

Mais au-delà de tout concept intello, reste la musique.

Cartes postales des jours qui passent et ne se ressemblent pas, chaque morceau de ce recueil offre une vision poétique du monde vu depuis un balcon qui surplombe l’amer (…)

Trames rythmiques et mélodies bouclées, sons ambiants et sonorités ‘ambient’, multi-effets et guitares triturées construisent le paysage O!nirique de ce voyage initiatique.

Entre Tortoise et Mogwai (le mélancolique « The Last Time I Saw August »), déroutant et déstabilisant, à mille lieux des sentiers battus et rabattus, ce disque se découvre lentement, comme on prend le temps d'admirer un ciel chargé d'orage.

Ne tournez pas la page trop vite !

Kid Loco

Confessions of a Belladonna Eater

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« Confessions of a Belladonna Eater » n’est pas le coup d’essai de Kid Loco, alias Jean-Yves Prieur. « A Grand Love Story » avait, en 1998, marqué le début du succès du musicien et producteur français. D’autres expériences ont suivi : la bande originale du film « The Graffiti Artist » et l’exercice de DJ, entres autres. Mais il n’a plus raflé tous les suffrages, comme à la fin des années 1990.

Pour les amateurs du genre, cet album pourrait bien être une aubaine. Car si on peut émettre quelques réticences à l’égard du clip de « The Morning After », au cours duquel une fille ‘zombifiée’ dévore à pleines dents, un homme, jusqu’aux organes ou même vis-à-vis des paroles de chansons qui loin d’être de grande qualité n’abordent guère de sujets hautement philosophiques (en même temps, serait-ce encore du vrai Kid Loco si tel était le cas ?) « Confessions of a Belladonna Eater » a le mérite de surprendre, de plonger l’auditeur dans le monde psychédélique de son auteur. Et ce dernier sait comment tenir son public en haleine. La preuve en est donnée par le titre maître, « Ballad for A Bella Donna ». La composition musicale de ce morceau est tout simplement un coup de maître. L’accordéon, qui en est l’atout majeur, y est transcendant. La chanson y figure deux fois : la première, en introduction, bercée par une voix féminine ; la seconde, au beau milieu du défilé des titres, quelque peu psalmodiée, par le producteur lui-même. Un reflet sincère de cet album, en fait, marqué par l’intelligence musicale plus que par le talent pur. Mais une compo diablement efficace.

Jeniferever

Silesia

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Jenifererver est un quatuor suédois qui roule sa bosse depuis déjà quelques années. “Silesia” constitue d’ailleurs le troisième né de leur discographie. Peu connu, ce groupe est pourtant doté d’un grand potentiel !

La qualité musicale de cet opus est exceptionnelle. Le morceau qui ouvre l’elpee nous met immédiatement l’eau à la bouche. C’est aussi le titre éponyme. “Silesia” nous invite ainsi à voyager entre nostalgie et romantisme, mais sans excès. Le grand mérite de cette formation, c’est de faire jaillir des mélodies de la new-wave ou du bon rock. Mais c’est cette mélancolie douce qui apporte le relief aux chansons ; et “ Drink to remember” en est certainement la plus belle illustration. Au sein de l’univers Jeniferever, on transite d’une émotion à une autre, de piste en piste. On y vit également chaque moment de la chanson. Alternant passages chantés et instrumentaux, “ Hearth”, morceau qui achève l’opus, est une conclusion parfaite. Une synthèse, en quelque sorte, de leur expression sonore. Savoureux !

 

Heliport

Desarroi Esthétique

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Avez-vous déjà eu la sensation, en écoutant un album, de vous retrouver instantanément parmi vos potes, prêt à relever tous les défis ?

Le mini-album «  Désarroi esthétique », c’est un peu ça ! Il n’y a qu’à écouter les titres tels que « Signal To Jersey » et « Jerome Kerviel Is A Market Man » pour s’en rendre compte !

Heliport, est un jeune groupe issu de Rennes. Fondé en 2007, il réunit François Guilbaut (chant), Ghislain Fracapane (basse et chant), Jean-et Régis Rollant (guitare), Florent Jamelot (guitare) et Eric Hardy (batterie). C’est au fil des concerts que la formation s’est forgée son expérience, partageant ainsi la scène avec des groupes  comme les This Town Needs Guns, The Death Of Anna Karina ou encore Apes Did Ensemble. Le combo avait également participé à l’enregistrement de l’album des Alaska Pipeline, publié en 2008.

Ce disque n’est pas vraiment révolutionnaire. Mais sculptées dans le pop/rock, les compos apportent une grande bouffée d’air frais. Le tout en 18 minutes : durée totale de la plaque.

Les plus jeunes se retrouveront aisément à travers leur côté déjanté, tandis que les plus âgés, eux, se rappelleront volontiers leurs années rebelles et revendicatrices. De quoi plaire à tout le monde. Cette bande de bons vivants possède un énorme potentiel. Et le fait de ne pas se prendre au sérieux leur communique une touche de fantaisie qui n’est pas pour déplaire. Un ‘premier jet’ qui annonce un avenir très prometteur pour ce groupe !

 

Guillemots

Walk the River

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Fyfe Dangerfield, le chanteur, a rejoint ses camarades de Guillemots pour cette nouvelle aventure. Il avait tenté, au préalable, sa propre expérience, en publiant un album personnel intitulé « Fly Yellow Moon ». Et si Dangerfield rechigne à s’étaler sur cette aventure en solitaire, il s’en est toutefois pleinement servi pour enrichir ce troisième opus du groupe. Mais les trésors n’y sont pas distribués équitablement. « Walk the River », chanson éponyme de l’album, a tout pour devenir une référence pour les quatre artistes et le monde musical qui les entoure. Tout comme « Dancing in the Devil’s shoes » et son ambiance ténébreuse. Ce morceau est un petit bijou à lui tout seul. La voix pimpante du leader des Guillemots vient lécher gracieusement les notes exaltantes. Mais les pistes se suivent et ne se ressemblent pas. Traduisez cette impression par diversité ou… inégalité ! Toujours est-il que tous les goûts se retrouvent dans « Walk the River ». Et il ne laisse, par conséquent, pas indifférent. Il suscite le débat. Tantôt les plages fortes feront oublier les plus faibles. L’album sera alors évoqué comme culte. Tantôt les détracteurs retiendront cette incapacité à emplir chaque morceau de la même dose de talent. Mais quoiqu’il advienne, on finira toujours par parler de Guillemots.

 

Erland and The Carnival

Nightingale

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Quand la Pop anglaise se réinvente avec bonheur, elle accouche de subtils albums comme ce « Nightingale », oiseau de nuit au ramage aussi beau que le plumage.

Emmené par Gawain Erland Cooper, érudit de Folk anglais décliné noblement, ce carnaval de sons et de couleurs enchante par le spectre de sa palette.

Entre Pop de haute voltige et Psychédélisme rayonnant, ce second opus démarque le groupe de nombre de productions actuelles.

Le line up ? Pas vraiment des nouveaux venus dans le paysage, puisqu'on retrouve au sein de cette formation londonienne, Simon Tong, ex-The Verve et acolyte de Damon Albarn dans The Good, The Bad and the Queen ou encore le batteur David Nock (Fireman, The Orb, The Cult). E&TC s'amuse à brouiller les pistes, mais surtout s'ingénie à redorer le blason d'une certaine orfèvrerie musicale anglo-saxonne, qui hormis par le truchement de Neil Hannon, semblait être tombée dans l’oubli, depuis belle lurette.

En résulte treize titres captivants sous bien des angles et fascinants sous bien des facettes que tout amateur du genre ne saurait bouder.

 

Bowie Peru

On top of a mountain, we are all snow (Ep)

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Bowie Peru succède à un autre groupe, No Mo Trevno. David Demaegd, Pieter De Wilde et Jakob Haeghebaert sont les pionniers de cette nouvelle bande de rockeurs. Nathalie Van Laecke, la chanteuse et Thomas Cleppe les ont rejoints. De cette union est né un Ep découpé en quatre titres. Et la pomme n’est pas tombée bien loin de l’arbre. « On top of a mountain, we are all snow » transpire l’énergie positive au travers des basses, des guitares et de la batterie. La jolie voix de Nathalie Van Laecke vient renforcer ces bons sentiments. Bien que son timbre de voix manque un rien de puissance pour pouvoir parfaitement se coupler aux instruments derrière elle qui, eux, affirment leur vigueur. Mais ce premier essai manque sérieusement d’originalité. Rien qu’on n’ait déjà entendu. Des compositions ‘sympathiques’ mais pas suffisamment alléchantes que pour véritablement marquer les esprits. Tout juste de quoi obtenir un peu de crédit supplémentaire et une seconde chance avant un classement définitif parmi les artistes ‘communs’. « On top of a mountain, we are all snow » est orphelin d’une prise de risques avérée. La suite des projets de Bowie Peru doit être soumise à la règle du ‘ça passe ou ça casse’. Il ne s’agit plus de tergiverser. No Mo Trevno a prouvé qu’on pouvait renaître de ses cendres ; donc, quitte à brûler, mieux vaut que ce soit pour avoir tenté le diable.

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