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Chroniques

The Vaselines

Sex With An X

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Dans la famille ‘on leur a rien demandé mais ils reviennent quand même’, je demande Eugene Kelly et Frances McKee, alias The Vaselines. Ce duo originaire d’Edimbourg appartient à cette catégorie de formations qui n’auraient jamais dû exister et sur lesquels le sort s’acharne inlassablement. Fondé en 1987, The Vaselines tirait déjà sa révérence deux ans plus tard, quelques jours seulement après la publication de « Dum-Dum », leur premier LP. Leur relative renommée, ils la doivent entièrement à Nirvana qui avait repris pas moins de trois chansons de leur répertoire (« Molly’s Lips, « Jesus Wants Me For A Sunbeam » -rebaptisé par le trio  "Jesus Doesn't Want Me For A Sunbeam- et « Son Of A Gun »). La bande à Cobain leur a également permis d’effectuer un come-back de courte durée en 1990 lorsque le duo et son ‘backing band’ ont été invités à se charger de la première partie de leur tournée.

Deux années plus tard, Sub Pop édite une compilation de tous les titres de la formation sous l’intitulé « The Way Of The Vaselines » (réédité avec quelques bonus en 2009 sous le titre "Enter The Vaselines"). Ce n’est qu’en 2006 que Kelly et McKee décident de remonter ensemble sur les planches. Il faudra ensuite encore attendre 5 ans avant que ne débarque « Sex With An X », le second recueil des Écossais, à l’ère des come-back en tous genres. Un débarquement dont on aurait pu se passer tant les douze morceaux de la galette sont affreusement dispensables. Entre riffs basiques et chants dissonants, The Vaselines se perd dans un amas de compositions vaseuses et embarrassantes –à l’image de la pochette. Rien à tirer de ce recueil foireux dont la seule grande idée procède du titre de son morceau de clôture, « Exit The Vaselines ».

Applause

Where It All Began

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Sommes-nous sensés applaudir à tout rompre, après avoir écouté « Where It All Began », le premier album d’Applause ? Ce groupe franco-belge –il réunit trois musiciens bruxellois et un chanteur hexagonal– jouit, en tout cas, d’une réputation de nouvelle sensation rock, après avoir publié un Ep, très remarqué, en 2010. Et il faut reconnaître que le quatuor s’est donné les moyens de ses ambitions. En bénéficiant du concours de Daniel Presley (The Breeders, Faith No More, Dionysos), à la production. A l’instar de Ghinzu, Applause puise ses influences majeures chez Radiohead (l’électro-rock) et Jeff Buckley (le lyrisme). Des références de choix, il faut le reconnaître.

Soignée, la musique d’Applause l’est assurément. « Where It All Began » propose ainsi compos pop-rock tour à tour enrichies de cordes (« The Woods »), légèrement teintées de folk (le sensuel « Hope You’re Better » et un « Feelings » lorgnant carrément vers Timber Timbre), de jazz (« Closer ») et d’électro (l’excellent énigmatique « White Funeral »). L’opus recèle quelques tubes destinés aux ondes radiophoniques, comme le sautillant « All About You », le romantique « Road to Nowhere » et le cuivré « It’s About Time », une compo portée par la voix épique de Nicolas Ly. Deux plages me restent néanmoins sur l’estomac : « A Way Out of Blue » et « Witches », deux compos qui pompent un peu trop chez Muse. Et ce n’est vraiment pas une bonne idée…

Manifestement, Applause dispose d’un potentiel énorme pour surfer sur la vague du succès, à défaut d’afficher une originalité folle. Varié, élégant voire classe, ce « Where It All Began » en est une parfaite illustration. Des applaudissements mais pas d’ovation… pour le moment.

La formation se produira ce 19 juin, dans le cadre des Fêtes de la Musique, à Saint-Gilles (Bruxelles), au Carré de Moscou.

 

The Great Nostalgic

Hope We Live Like We Promised

Écrit par

Les chansons sont bien propres et exhalent des relents d'antan (NDR : le band n’a pas choisi The Great Nostalgic, pour patronyme, sans raison). La production est bien léchée et on a parfois l’impression que le groupe effectue un léger appel du pied aux fans d'Arcade Fire. C’est en résumé comment on pourrait décrire le second album de ces Ricains issus d'Austin, une ville dont sont issus pléthore de formations ; ce qui n'aide pas à se démarquer.

La bio mentionne, pour références, Bowie, The Cars, Big Star et Wolf Parade. Et c'est plus qu'évident à l'écoute de « Hope We Live Like We Promised ». Pour le reste, pour tout amateur de pop intelligente (NDR : je veux dire élaborée), cet opus peut s'avérer recommandable. L'ombre du Thin White Duke est omniprésente, voire parfois accaparante, et certains titres frôlent l'emphase. Mais c'est un album complexe qui demande pas mal d'attention, et donc suscite le désir d’être découvert...

En somme, un album comme on n’en fait plus...

If By Yes

Salt on Sea Glass

Écrit par

Une fois n’est pas coutume, Chimera Music sort de l’ordinaire…

Sous le patronyme ‘improbable’ de If By Yes, se cache en fait un quatuor assez original ; et pour cause il réunit un trio issu de l’Empire du soleil levant, auquel est venu s’adjoindre la Newyorkaise Petra Haden.

Cette dernière est vocaliste au sein de That Dog et des Rentals, mais soutient occasionnellement Bill Frisell, lorsqu’elle n’apporte pas son concours aux Decemberists. Sa voix et surtout sa technique vocale sont bien au-dessus de la moyenne.

Surtout reconnue dans le petit monde du jazz, Petra a donc rejoint trois artistes en vogue, venus des confins du Japon.

La première, Yuka Hunda, est une chanteuse de la même trempe. Ses cordes vocales sont solides et puissantes ; mais cette virtuose sévit plutôt dans l’univers pop ‘jaune’. Enfin, pour compléter le line up, le drummer Yuko Araki et le guitariste Hirotaka Shimizu, impliqués tous deux chez Cornelius, soutiennent les deux divas.

David Byrne, en fin connaisseur, et toujours à la recherche de sons nouveaux, a brillamment secondé les deux chanteuses sur « Eliza », transformant ce titre en création particulièrement originale. Nels Cline (Wilco) a également collaboré aux sessions d’enregistrement, renvoyant par la même occasion l’ascenseur à Yuka Hunda pour l’aide accordée lors de la confection de son dernier elpee studio, paru en 2010.

Onze titres peuplent “Salt on Sea Glass”, fruit d’un mélange entre genres musicaux qui bien que différents, se conjuguent harmonieusement. L’accent est placé sur la musicalité ainsi que l’alternance des voix. En outre, le quatre membres du groupe sont parfaitement complémentaires.

Portée par ce duo de chanteuses impressionnantes, l’expression sonore est chargée d’intensité. Elle oscille entre jazz, électro-pop et pop-rock, tout libérant énormément de groove. Bref, si cet opus n’est pas fondamentalement révolutionnaire, il est néanmoins très rafraîchissant, plutôt soigné et très prometteur. D’ailleurs, son écoute ne suscite jamais le moindre instant de lassitude.

 

Miles Kane

Colour of the Trap

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Miles Kane, c’est le compère d’Alex Turner au sein des magnifiques Last Shadow Puppets, mais également l’ex-leader du groupe The Rascals. Pas étonnant que le projet solo de la petite frappe anglaise ait déclenché un véritable un raz-de-marée médiatique, au cours de ces dernières semaines. Mais l’engouement populaire provoqué par le natif de Liverpool est-il mérité (NDR : le concert au Botanique est complet, alors qu’il n’a pas encore sorti d’album !)

Dans les grandes lignes, la musique de Miles Kane évoque une version ‘croonée’ de celle d’Artic Monkeys. Alex Turner a d’ailleurs coécrit la moitié des compos de « Colour of the Trap ». Suffit d’écouter « Kingcrawler » ou le single « Inhaler », pour en être convaincus. Produit par Dan Carey et Dan The Automator, l’album trempe dans la pop bien britannique, au sens mélodique si caractéristique. La britpop, si vous préférez. Ainsi, « Telepathy » et « Quicksand » se révèlent très ‘Merseysound’ dans l’esprit de The Coral (NDR : Miles est d’ailleurs le cousin de James Skelly…), « Colour of the Trap » est une ballade réminiscente de The Verve, « Rearrange » affiche une gouaille que n’aurait pas renié Supergrass alors que pour le classieux « My Fantasy », Kane est soutenu par Noël Gallagher. Sans oublier le single imparable « Millions Miles Away ». Autre duo, celui qu’il partage auprès de la Française Clémence Poésy, sur « Happenstance ». Sexy, mais décevant !

Outre son sens mélodique très aiguisé, Miles Kane possède la classe de Plan B tout en affichant la morgue et la nonchalance des frères Gallagher. A ne pas manquer le 18 août au Pukkepop !

Kill The Young

Thicker than water

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« Thicker than water » est un magnifique hymne à la mémoire.

Après plusieurs années d’absence, absence consécutive à l’état de santé d’un proche, qui s’est éteint après avoir lutté contre une longue et pénible maladie, les trois jeunes frères natifs de Manchester reviennent plus forts que jamais.

Toujours fidèles à leur ligne de conduite, les musiciens de Kill The Young continuent de défendre leurs revendications (NDR : le rythmé « Darwin smiles ») face à la pression exercée par la société de consommation sur les jeunes. Et dans un créneau qui leur est bien propre. Même s’ils puisent leurs influences autant dans le post-punk anglais que le rock yankee ; et plus précisément le grunge de Smashing Pumpkins et la noisy de Sonic Youth.

Après avoir commis deux elpees, en 2005 et 2007, deux opus qui avaient séduit le Continent, par sa singularité et son style, Kill The Young a gagné en maturité. Et « Thicker than water » en est la plus belle démonstration. Il faudra donc s’attendre à ce que ce groupe reprenne la place qu’il avait provisoirement abandonnée. Et récupère son statut de formation conquérante. Personnellement, je suis conquise !

Marcus Malone

Let the sunshine in

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Originaire de Detroit, Marcus est un chanteur de couleur noire. Il est très présent sur le circuit du blues européen, depuis plusieurs années ; il est même plus populaire en Angleterre que sur sa terre natale. Il a déjà publié quelques albums : "One more time" en 2000, "Walkin' shoe" en 2002, "Blue radio" en 2005 et enfin "Hurricane" en 2007. "Let the sunshine" constitue donc son tout dernier.

Le titre maître ouvre l’elpee. Malone imprime le rythme d'un boogie sur cette compo qu’il a écrite en compagnie de Gene Black, l'actuel gratteur du Joe Cocker Band ; une chanson au refrain particulièrement contagieux. L’ex-harmoniciste de Nine Below Zero, Alan Glenn, souffle puissamment dans son harmo pendant que Julian Burdock (24 Pesos) malmène sa slide et Stuart Dixon enchaîne les riffs rythmiques, à l'avant-plan. "If I had another chance" est un shuffle à la sauce texane, un style que Stevie Ray Vaughan défendait si bien naguère. Campant un timbre oscillant entre Paul Rodgers et Joe Cocker, la voix de Malone est ici superbe. Julian Burdock impressionne par son assurance. "Back to paradise" est hydraté par les infiltrations d’orgue Hammond dispensées par Moz Gamble et alimenté par une section de cuivres. Dans un registre, à nouveau fort proche de l’ancien leader de Free, sa voix ressort admirablement de l'ensemble. "Would it matter" est une superbe ballade indolente, un blues volontiers dramatique, au cours duquel l'orgue de Gamble réconforte par ses interventions chaleureuses, pendant que Stuart Dixon tire son épingle du jeu. Autre ballade, "Heartbreak kid" est plutôt sculptée dans le country rock. Mélodieuse, mais plus rythmée, elle est enrichie de superbes chœurs développés à la manière des Eagles. Boogie pétillant, "99 tears" est balisé par l'orgue et le piano. Blues rock typique, "Bad girls" est un morceau rondement mené. La voix colle parfaitement à ce style. Elle est ainsi très susceptible de monter en puissance sans se forcer. R&B très musclé, "She's my girl" nous ramène à l’époque du J Geils Band ; d’ailleurs, Alan Glenn souffle probablement en pensant à Magic Dick. "I was a fool" est encore une compo issue de la plume de Malone. Elle est adaptée à sa voix. Gamble se prend alors pour Booker T, en nous inondant de sonorités très Memphis Stax. Marcus est tellement heureux et fier du résultat obtenu sur cet elpee, qu’il nous refourgue son "Let the sunshine in", à l’aide des mêmes collaborateurs : Burdock, Black, Glen et compagnie. Mr Malone achève ce disque de bonne facture en solitaire. Il s’accompagne à la guitare pour chanter, d’une voix empreinte d’émotion, le "Love somebody" des Bee Gees (NDR : celui de la première époque !)

Medi

You Got Me (Moving)

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Medi, c’est le nouveau tombeur de ces dames Made in France. Un Lenny Kravitz à la française. Et la comparaison entre les deux est inévitable dès les premières notes de « You Take The Weight », la plage d’ouverture de ce « You Got Me (Moving) ». Mêmes sons d’orgue et de Wurlitzer, mêmes riffs de guitares, mêmes intonations. Bref, rien de neuf sous le soleil de Nice. Après avoir publié un premier disque en compagnie d’un backing band sous le sobriquet de ‘Medi & The Medecine Show’ et tourné derrière les grosses caisses de Charlie Winston, Medi s’est attelé à l’écriture de 12 morceaux pop-rock dont l’originalité n’est certainement pas le point fort.

Reste que les compositions de Medhi Parisot, alias Medi, forment de parfaites petites ritournelles pop radiophoniques qui n’ont rien à envier à celui qui les a influencés. Hormis Kravitz, le Français puise également son inspiration chez Stevie Wonder, ce qui procure au disque un spectre Soul pas complètement dégueulasse. Mais il en faut bien plus pour convaincre. « You Got Me (Moving) » s’adresse de toute évidence principalement aux filles…

A consommer de préférence à très petite dose. 

Live : Francofolies de Spa (20/07), Brussels Summer Festival (14/08), Fête de Wallonie de Namur (17/09)

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