Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

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Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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Gary Numan
Chroniques

Shugo Tokumaru

Port Entropy

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Shugo Tokumaru est un véritable orfèvre de la pop. Jusqu’ici ses travaux étaient restés assez confidentiels. Une erreur que le label Souterrain Transmissions propose de réparer en délivrant « Port Entropy », le quatrième labeur du Japonais. Et il prouve une fois encore qu’il a absolument tout compris lorsqu’il s’agit de créer la chanson indie-pop immédiate et irréprochable. Légères, pastorales, raffinées, chacune des 12 comptines de ce nouvel LP inspire une surenchère d’épithètes louangeuses.

Tokumaru, souvent comparé à Sufjan Stevens, propose un disque qui mérite d’autant plus le respect qu’entièrement concocté à la sauce DYI (do it yourself). Le travail de production à lui seul démontre toute l’étendue du talent du trentenaire. Outre « Malerina » et « Orange », deux morceaux gravitant au cœur d’univers opposés tout en se complétant naturellement, « Straw », « Drive-Thru », « Rum Tree » sont les moments forts d’un disque quasiment impeccable. A l’heure du retour des rayons de soleil, « Port Entropy » s’avère providentiel.

Ce 5 avril à la Rotonde du Botanique.

 

Templo Diez

Greyhounds

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Difficile à croire, mais Templo Diez est un groupe qui nous vient tout droit de La Haye. Pourtant, à suivre notre instinct, on serait tenté de croire que ce sextet débarque des plaines désertiques américaines. Il faut dire que Templo Diez sonne davantage comme Giant Sand que Dick Annegarn. « Greyhounds » constitue en fait le quatrième album de la formation, il fait suite à une trilogie entamée dès 2003 (« Hoboken », poursuivie en 2006 (« Winterset ») et achevée en 2009 (« Merced »).

Après m’être renseigné à leur sujet, ce dernier opus semble être leur plus abouti et leur plus complet. Celui sur lequel l’influence américaine est la plus évidente. Si certains morceaux rappellent Giant Sand, d’autres sont résolument plus sombres évoquant davantage Woven Hand voire Swans. Et je pense tout particulièrement à « Holler 2# ». De plus, la conjugaison des voix féminines et masculines, sur certains morceaux, apporte une autre dimension à l’expression sonore. Plus langoureuse, plus atmosphérique. A l’instar de « Fine As Powder ». Ces Hollandais prouvent qu’il n’est pas nécessaire de se rendre de l’autre côté de l’Atlantique pour rencontrer d’excellents groupes de folk rock.

« Greyhounds » constitue un retour à la vie pour Templo Diez. Et pour cause, leur claviériste est décédée en décembre. Le combo a donc traversé une période difficile et inactive, avant de revenir sur la scène musicale. Templo Diez aurait l’intention d’entamer une nouvelle trilogie. Elle est entamée de manière magistrale…

Rhino Bucket

Who’s Got Mine ?

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L’annonce de la sortie d’un nouveau Rhino Bucket est toujours une excellente nouvelle. Surtout si l’on est fan de hard rock et qu’on préfère AC/DC dans sa période Bon Scott. Car c’est le style pratiqué par Rhino Bucket depuis sa formation à la fin des eighties : du hard rock, comme le dispensait le combo aussie, à l’époque de Bon Scott.

Depuis 2006, Rhino Bucket effectue un retour discret mais efficace. Bien sûr on est loin du succès des débuts. En 1990, le groupe était signé par Warner Bros. Ses disques étaient produits par Terry Manning (Led Zeppelin, ZZ Top). Le single « Ride with Yourself », extrait du second album « Get Used to It », s’était même retrouvé sur la B.O. de ‘Wayne’s World’ en compagnie de titres de Cinderella, Queen et Alice Cooper. En 1994, pour l’album « Pain », c’était Simon Wright, l’excellent batteur chauve d’AC/DC et de Dio qui tenait les baguettes. Et puis silence radio. Plus de nouvelles jusqu’aux rumeurs de formations colportées au début des années 2000. Mais il faut encore attendre 2006 pour avoir enfin une confirmation discographique de ce retour. L’album « And Then It Got Ugly » marque aussi l’arrivée d’un nouveau guitariste. Oh, pas un inconnu puisqu’il s’agit de l’excellent Brian ‘Damage’ Forsythe, jadis sixcordiste chez les excellents Kix.

En 2009, « The Hardest Town » (chroniqué sur Musiczine) confirme l’excellente santé du combo. La voix de Georg Dolivo rappelle toujours autant celle de Bon Scott et son tandem guitaristique avec Forsythe est aussi excitant que celui des frères Young. En 2010, Rhino Bucket joue pour la première fois de sa carrière sur le Vieux Continent. Peu après cette tournée européenne, le combo retourne en studio, en compagnie de Doug Boehm (Fireball Ministry, Danzig, The Vines), afin de mettre en boite son sixième opus : « Who’s Got Mine ? »

« Who’s Got Mine ? », sans être décevant, ne deviendra pas notre album préféré du quatuor. Le hard rock des ‘Buckets’, confié aux manettes de Doug Boehm, semble un peu moins ‘couillu’ que par le passé. La patte AC/DC, toujours bien présente, souffre un peu d’une production trop léchée, plus adaptée à des formations rock’n’roll telles que les Rolling Stones ou les Vines. Ce disque est pourtant loin d’être de mauvaise facture et des titres comme « Drive Thru Liquor », « Message In A Bottle » ou « Hollywood & Wine » donnent toujours autant envie de se secouer les cervicales. Un peu plus de pèche, cependant, aurait fait notre bonheur.

 

The Ratboys

Cash, Gas And Trash

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La naissance des Ratboys remonte au 2 août 2008. Lors d’une belle soirée d’été. Nous sommes à Lokeren. Comme chaque année, à la même époque, la ville flamande s’est transformée en capitale belge du rock’n’roll. L’atmosphère est propice aux retrouvailles. Sur scène, les Sex Pistols, fraîchement ressuscités, renouent (comme l’ont fait quelques heures plus tôt les Buzzcocks et les New York Dolls) avec un public belge déchaîné.

C’est dans cette ambiance survoltée qu’Eric (chant et guitare) retrouve Vincenzo (basse et chant). Ces amis de longue date s’étaient perdus de vue depuis une dizaine d’années. L’énergie punk des ‘Pistols’, le savoir faire rock’n’roll des ‘Dolls’ et probablement quelques litres de houblon liquéfié réveillent chez nos deux amis des instincts primaires de rock’n’rolleurs. ‘Il faut absolument que nous formions un groupe’ ! Le pacte est scellé. Les Ratboys sont nés.

Babba est recruté pour la batterie, Manu pour la seconde guitare. Le quatuor ainsi formé se lance dans la composition de titres qu’il ne tarde pas à mettre en boîte. Trois jours de studio suffisent aux garçons-rongeurs pour soumettre les bandes du futur « Cash Gas & Trash » au mixage professionnel de Pierre Vervloesem (dEUS). L’album terminé, il faut encore trouver un deal. Il se concrétise au printemps 2010. C’est le label américain Brutarian Music qui distribuera la galette.

Si la naissance des Ratboys est directement imputable aux amours coupables entre les ‘Poupées de New York’ et les ‘Pistolets du Sexe’, c’est du côté des Ramones que les Bruxellois sont allés chercher l’inspiration. Sur la pochette, le choix des pseudos ‘familiaux’ (Ratboy Ricky, Ratboy Vince, Ratboy Baba et Ratboy Manu) évoque indéniablement le style des New Yorkais. Mais la ressemblance ne s’arrête pas en si bon chemin, puisque la musique a aussi été touchée par l’esprit de Dee Dee, Johnny et Joey. Le chant nasillard d’Eric (‘Ricky’) évoque davantage Joey Ramone que Johnny Rotten. Difficile aussi de nier qu’un titre comme « Backseat  Angel » doive beaucoup plus à « Suzy is a Headbanger » qu’à « Anarchy In The UK ».

N’en déduisez pas que The Ratboys constitue une copie carbone des Ramones. Loin de là. Si le punk rock endiablé de la seconde partie des seventies constitue l’ossature des compositions des ‘boys’, elles sont aussi flanquées d’une bonne dose d’énergie garage rock. Ah, cet orgue  fleurant bon les sixties sur les excellents « Hollywood Summer », « Coconut Jane » et « Going Back To School » : un pur délice !

Fans des Ramones, des Pistols, de New York Dolls, de Johnny Thunders ou tout simplement de très bon rock’n’roll, vous savez déjà ce qu’il vous reste à faire !

 

Owen Pye

The Truth About Man

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Owen Pye nous vient de l’Illinois. Son premier elpee, « If That’s Cool With You », est paru en 2006. Il est suivi, trois ans plus tard, par « Owen Pye & The Sunday School Band ». Un titre pas difficile à comprendre, puisque pour la circonstance, il est soutenu par un backing group. Ses influences, il les puise chez Sufjan Stevens, Wilco et Death Cab for Cutie ; mais malheureusement, il n’affiche pas le sens mélodique à la fois subtil et riche de ses maîtres. En fait, il s’inscrit plutôt dans la lignée des songwriters américains légèrement contaminés par la scène indie (Butch Walker ?), qui trahissent certaines affinités avec le style roots voire americana’ (Ben Sollee ?) ou se destinent à alimenter la bande la FM (Joshua Radin ?)

« Keep On Sinning » ouvre l’elpee. Un titre basique, sympathique, mais pas vraiment transcendant. Faut dire qu’Owen Pye ne dispose pas d’un organe vocal extraordinaire. Il parvient quand même à tirer son épingle du jeu sur les morceaux les plus acoustiques. A l’instar de « Barriers » ou « I Must Exist ». Ou alors sur « Pharisee of the State ». Certainement la meilleure plage de l’opus. D’abord les lyrics sont empreints de spiritualité. Puis balisé par un duo piano/batterie, le tempo conjugue élégance et précision. Par contre sa reprise du « If I Give My Soul » de Johnny Cash est un peu trop conventionnelle, à mon goût.

L’« American Pye » n’est donc pas d’une saveur exceptionnelle. Et je me demande quand même pourquoi un tel album est parvenu à traverser l’Atlantique. Pas qu’il soit foncièrement de mauvaise facture, mais parce que dans son style, il aurait dû se noyer (le disque !) avant de rejoindre le Vieux Continent.

The New Loud

Measures Melt

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The New Loud proposait il y’a quelques mois « Can’t Stop Not Knowing », un Ep 5 titres qui ne permettait pas vraiment de se forger une idée précise des desseins du trio. Pop-punk, indie-electro, pop FM, etc. la formation avait ratissé large. Sur ce nouvel essai, elle propose « Measures Melt », un premier LP au sein duquel elle opte pour un amalgame des styles abordés sur « Can’t Stop Not Knowing ».

Les trois musiciens s’éloignent également de l’univers de Los Campesinos! et se retrouvent à la tête d’un assortiment de chansons bancales sur les bras. The New Loud saute parfois les deux pieds dans la boue et, au lieu d’y plonger entièrement afin d’y déclencher une bonne bataille sans pitié, la formation préfère s’en extirper pour poursuivre sa route sur des sentiers défrichés et plus lisses. 

The New Loud porte bien mal son nom tant il n’a rien de neuf à offrir. « Can’t Stop Not Knowing » proposait une reprise sympa du « 2+2=5 » de Radiohead. Une version personnelle supérieure à « Measure Melts » dans son intégralité… A oublier.

Moonjellies

Inner Anger, Feather

Écrit par

Le rock français ne s’épanouit pas uniquement à Paris, Lille ou Bordeaux : Moonjellies est originaire de Tours et s’autoproduit depuis 2008. Après son premier Ep, Moonjellies publie « Inner Anger, Feather » qui conforte notre foi en la qualité du rock européen.

Amorçant sur des chœurs ostensiblement dignes des Beatles, l’album saute ensuite quatre décennies du british pop pour nous offrir la mélodie entraînante et le piano d’un vieux Hoosier sur « You don’t have to » (pareillement sur « Pauline »), avec la même crédulité. « Come across your shade » continue sur la même lancée à l’aide d’un son rétro plus brut pour nous emmener sur la Pacific Coast des années 90 (ou dans les petites salles belges, en fonction de ce qui aura imprégné chacun d’entre nous). On se sent bien, donc, au sein de cet enchevêtrement de guitares.

L’album s’effiloche ensuite sur quelques titres un peu moins accrocheurs ni novateurs sans pour autant désagréables, puisqu’ils rappellent Neil Young et Yes. La voix instable chancèle mais nous retombons sur nos repères ; des arpèges ‘radioheadiens’, des modulations ‘pavementiennes’… et le fade out tout en choral de « Sunrise » rappelle moins les Beach Boys qu’un optimiste Elliott Smith ; c’est-à-dire un Brendan Benson, analogie davantage valable pour « Black Cloud » et « Summer Dress », sorte d’hybride avec les Dandy Warhols. Plus de références américaines, alors, que de patrimoine britannique. L’album s’achève en beauté par le magistral « Whispering stone », un morceau étoffé de cordes et cuivres, suivi d’une intime ballade très proche de leurs compatriotes de Cocoon (glockenspiel inclus) qui confirme le potentiel compositionnel du groupe, et prouve que la naïveté ironique, si la mélodie solide est la pierre angulaire de l’édifice des arrangements, devient parfaitement crédible.

L’album fin et audacieux manque peut-être de carrure, mais incarne l’une des preuves que la scène pop rock française s’est émancipée et joue désormais dans la même cour que celle des Anglo-Saxons.

Matt & Kim

Sidewalks

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Sur scène, Matt & Kim sont redoutables. Kim cogne sur ses fûts comme s’ils avaient proféré des insultes à son encontre tandis que Matt hurle dans le micro et tapote sur son synthé comme un gosse devant des paquets cadeaux au réveillon de Noël. Lorsqu’on découvre le duo sur les planches avant même d’écouter leur discographie, c’est cette folle énergie que l’on s’attend à retrouver incrustée au cœur de chaque morceau. Mais le résultat des sessions studio est parfois moins probant que leurs délires ‘live’. « Sidewalks » démarre sur les chapeaux de roues par une série de compositions frétillantes, d’hymnes ‘sing-a-long’ donnant envie de parcourir des kilomètres à cloche-pied sans s’arrêter (« Block After Block », « AM/FM Sound », « Cameras »). Sans être des modèles de perfection, les chansonnettes du duo se consomment d’une bouchée.

Arrivé à mi-parcours, Matt Johnson et Kim Schifino s’essoufflent un peu. S’ensuivent une petite série de titres bancals (« Good For Great », « Where You’re Coming From », « Wires ») et manquant cruellement de relief. Il faut dire que les vocalises de Matt ne sont pas toujours les plus harmonieuses et ne se prêtent pas vraiment à l’interprétation de ballades. Ce qui peut déboucher sur des morceaux carrément indigestes (« Northeast »). Le duo se reprend sur la dernière ligne droite grâce à deux tubes potentiels (« Silver Tiles » et un « Ice Melts » qu’Architecture In Helsinki n’aurait pas renié). Si « Sidewalks » ne convainc pas entièrement, sa transcription ‘live’ est, quant à elle, immanquable.

Matt & Kim seront sur les planches de Tour&Taxis pour la Pias Nite du 25 mars.

 

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