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Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce…

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Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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Chroniques

Stranded Horse

Humbling Tides

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Lorsqu’on possède un nom de famille tel que Tambour, il n’est pas étonnant que l’on soit contaminé par le virus de la musique. Yann est français, et il serait quand même urgent que l’Hexagone se rende compte qu’elle possède en son sein, un artiste exceptionnel et unique en son genre. Mieux connu sous le pseudo d’Encre, il mène un projet parallèle, davantage orienté vers le format acoustique. Un projet qu’il avait baptisé à l’origine Thee, Stranded Horse, avant de le réduire en Stranded Horses.

« Humbling Tides » constitue le quatrième opus de ce curieux cheval. Un disque qui fait suite à un opus commis en compagnie du musicien malien Ballake Sissoko, long playing qui privilégiait le recours à la Kora, sorte de ‘harpe-luth’ africaine.

Tout au long de son dernier elpee, Yann sculpte de longues plages acoustiques propices à l’évasion. Les mélodies sont douces. Intemporelles, atmosphériques, belles et étranges, les compos puisent leurs références, à la fois dans le folklore médiéval, africain et insulaire. Tout un programme ! La voix de Tambour est fragile et très caractéristique. Carla Palone (Mansfield. TYA) y pose des accords de violon ou de violoncelle. Parfois, le spectre de Joanna Newsom se met à planer. Et le climat devient même carrément surnaturel, lorsque Tambour décide de chanter dans la langue de Molière (« Les Axes Déréglés » ou « Le Bleu et l’Ether »). Probablement les titres les plus singuliers de la plaque. Dommage que certaines plages tirent parfois en longueur, mais ne boudons pas notre plaisir et retenons essentiellement ce qui fait la quintessence de cette œuvre…

Murder

Gospel of Man

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Certains artistes ou groupes prennent un malin plaisir à placer des obstacles sur le parcours de leur carrière sensée mener à un improbable succès commercial. Ces héros de la cause rock désirent probablement s’assurer que seuls les plus curieux des mélomanes pousseront le vice jusqu’à découvrir leur musique. Dans le genre, le duo danois de Murder fait plutôt fort. D’abord, il ya leur patronyme morbide et glacial, digne d’un combo de Death-Metal. Puis la pochette de leur album. Affreuse. Illustrée par une pomme hideusement dessinée. Un véritable épouvantail. Et pourtant, j’aurais commis une belle erreur en ne me penchant pas au chevet de leur magnifique second elpee !

Murder réunit donc un duo d’assassins musicaux au talent indéniable. Jacob Bellens, le chanteur, est probablement un des vocalistes les plus doués de sa génération, au pays d’Andersen ! Après avoir enfanté Efterklang, Cody et The Kissaway Trail, le Danemark démontre, une nouvelle fois, qu’il est devenu une nouvelle terre promise pour les néo-folkrockers qui rêvent des Etats-Unis. Stuart Staples a récemment avoué qu’il admirait ce groupe. Et après avoir écouté ce « Gospel of Man », sa réaction n’est pas tellement étonnante. Car manifestement, les Tindersticks ont influencé Gospel of Man. Red House Painters aussi. Et puis surtout Johnny Cash et Nick Drake. Intenses, les compos aux lyrics mélancoliques baignent pourtant dans une ambiance chaleureuse. Profonde, la voix de Bellens est magistralement balisée par la guitare acoustique d’Anders Mathiasen. Dans la plus pure tradition de l’Americana, les deux troubadours nordiques sont soutenus par un violoncelle, un banjo ou un glockenspiel. Ce folk sombre et solennel est de toute beauté !

MGR

22nd of May

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Trois ans après la projection du film belge, ‘Ex drummer’, Koen Mortier nous revient pour un nouveau long-métrage tout autant déjanté. « 22nd of May » raconte l’histoire d’un agent de sécurité embarqué dans une affaire de terrorisme. Les sentiments de peur, d’impuissance et de culpabilité ont apparemment la part belle tout au long de ce thriller sous haute tension. Et pour maintenir la pression, le Belge a sollicité Mike Gallagher, le guitariste de feu Isis, afin de composer la bande originale. Et encore une fois, le réalisateur a tapé dans le mille, puisque le six-cordiste est parvenu à sonoriser (NDR : du post metal !) l’atmosphère de ce film. Entièrement instrumentale, cette œuvre est découpée en huit fragments. Le spectre d’Isis est omniprésent. On y retrouve d’ailleurs ces crescendos caractéristiques. Malheureusement, on attend vainement la moindre étincelle susceptible de provoquer une explosion. Et après quelques titres, lassé d’attendre cette rupture qui ne se produit jamais, on finit par désespérer. Résultat des courses, sans son support, cette B.O. perd toute sa raison d’être. Evidement, si on peut être ravi de retrouver le gratteur d’Isis, on aspire surtout à le retrouver lors d’un projet bien plus conséquent…  

 

Marcellus Hall

The First Line

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Artiste complet, Marcus Hall est surtout connu pour son travail d’illustrateur pour la presse ; et en particulier pour le Times, The Wall Street et The New-Yorker. Mais les plus perspicaces d’entre vous ont peut-être aussi remarqué son investissement dans l’univers musical. Et pour cause, le New-yorkais a sévi chez les Railroad Jerk et White Hassle.

Il a cependant délaissé le bues et le r&b électrique pour s’investir dans le folk traditionnel et authentique. En solitaire. Son potentiel a quand même convaincu Isaac Brock de Modest Mouse de le signer sur son propre label, Glacial Pace. « The First Line » propose toute une série d’histoires  vécues par un éternel loser issu d’une Grosse Pomme qui rythme sa vie (« It’s My Life »). Si les compos sont essentiellement acoustiques, elles sont parfois soulignées d’un harmonica ou soutenues de cuivres (« Back Where I Started »). Manifestement, pour concocter son premier opus, Marcellus Hall a choisi Bob Dylan comme référence absolue. Faut dire aussi que le Zim est son idole de toujours (le bouleversant « Neon, Not the Light »). Bref, si nous sommes en présence de ses ‘First Line(s)’ tracées en solitaire, elles se révèlent d’emblée, des plus inspirées ! Et pour couronner le tout, l’elpee est enrichi d’un booklet recelant toute une série de ses très belles illustrations…

 

The Ghost of a Saber Tooth Tiger

Acoustic sessions

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Derrière ce patronyme improbable se cache en réalité un duo composé de Sean Lennon et de Charlotte Kemp Muhl. Sean Lennon, vous connaissez, of course ! Pas facile pour lui d’être le fils de qui vous savez… A 35 ans, la ressemblance tant physique que vocale avec son père est de plus en plus criante. Comme si le fait de s’appeler Lennon ne suffisait pas. Heureusement pour lui, il a également hérité du talent paternel pour la facilité d’écriture de ballades claires et scintillantes.

L’autre moitié de ce duo n’est pas n’importe qui non plus. La belle Kemp Muhl affiche un physique de top-modèle et est plutôt du genre touche à tout : mannequin, bien sûr, chanteuse, sûrement mais aussi girlfriend de la première moitié. Vous suivez ? En bref, Charlotte cumule toutes les casquettes susceptibles de la sacrer ‘hit-girl’ du moment.

Et comme si ce cv ne suffisait pas, elle partage équitablement l’écriture des (seulement) neuf compos de cette session acoustique avec Sean. La chimère (icône du label) est une créature à deux têtes, The G.O.A.S.T.T. également… Intentionnel ???

Toujours est-il que les deux comparses paraissent implacablement complémentaires, tant à l’inspiration qu’à l’exécution des redoutables petites perles qu’ils ont composées en couple. Un seul mot me vient à l’esprit pour qualifier la qualité dispensée lors de cette session acoustique : élégance.

Elégance dans la voix de Sean mieux que secondée par l’organe suave, vaporeux mais impeccable de Charlotte.

Elégance dans le choix de l’instrumentation (des cordes essentiellement) et de quelques bruitages originaux (« Schroedinger’s Cat »)

Elégance dans l’enregistrement, pur et sans faille de chacune des plages (« Lavender Road »).

Elégance dans la simplicité terriblement efficace des mélodies qui enrobent magistralement ces deux voix qui se répondent (« Jardin du Luxembourg »).

Si rien dans cet album ne révolutionnera la planète rock/pop, il faut tout de même admettre que les 35 minutes pondues par notre duo de choc ont de quoi charmer les plus exigeants.

En comparaison, Cocoon, qui emprunte plus ou moins les mêmes sentiers, a encore pas mal de leçons à prendre…

Classe, saveur et merveille!

Chain and The Gang

Music's not for everyone

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Toute liberté a un prix. Elle génère parfois dans son sillon de destruction un remodelage du fond mais souvent aussi, de la forme. Et tout modèle d'émancipation porte les stigmates de la dérive, de la dépravation, bref, de la nature humaine. La révolte en tant qu'outil majeur, est à ce titre à double tranchant. Alors associée au génie créatif, elle brise les chaînes de l'esclavage et ainsi permet que naisse à l'occasion telle œuvre d'Art ou tel mouvement singulier.

Tout le propos de cette intro passablement indigeste résume le travail d'un seul homme. Ian Svenonius, puisque c'est de lui dont il est question, fait partie de la race des blancs-becs qui n'ont pas froid aux yeux. L'ex-Make Up puise, depuis de nombreuses années, dans l'essence du Blues aux racines tortueuses, le suc de son art, qu'il perpétue au travers de la musique et de l'écriture. Passablement effronté, relativement dérangé, le lascar distille un son qui doit autant à la Pop des sixties et des seventies qu'au Black power de Détroit. Affranchi de toutes règles et contestataire à la vindicte acerbe, sous le couvert de son dernier projet en date, il ose un « Music's not for everyone » en forme de pamphlet. Et à l'écoute de ce magistral pied de nez à l'industrie du disque, on ne peut que lui donner raison. Il sert ici un disque teinté d'humour terriblement efficace (« Youth is wasted in the young », quel titre déconcertant de cynisme, n'est-il pas?) qui fait mouche à la première écoute. Un opus qui suit l'excellent « Down With Liberty... Up With Chains », publié en 2009. Chain and The Gang érige, tout au long de ce nouvel elpee, un sommet de coolitude, dont les hymnes tels que « Livin' rough » ou « I've got privilege » n'ont pas fini de faire danser tous les poulets de la terre.

Simple et direct, frais comme un alcool doucement frelaté, cet opus est un manifeste contre la servitude à la bêtise ambiante.

Pour sûr! Gainsbourg aurait adoré ce requiem pour un con.

« Music's not for everyone. » Yeah! You're fuckin' right, mate!

 

Ben + Vesper

Honors

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Duo à la vie et au chant, Ben and Vesper font leurs courses ensemble, vont au cinéma ensemble, font des enfants ensemble, et à leurs moments perdus, font de la musique ensemble. Leur registre vocal étant limité et certains accords lorgnant volontiers du côté de la dissonance, le terrain est parfois glissant, mais de manière improbable, le tout tient assez bien la route. La section rythmique assure l'équilibre, et la production subtile et discrète met en lumière des mélodies charmantes et non dénuées d'une once de mélancolie. Sculptées dans une sorte de Folk-Pop à poils longs susceptible de se prendre les pieds dans le tapis, mais qui au final distille un charme subtil, leurs compositions relèvent le difficile pari d'être accessibles tout en jouant la carte d'une nonchalante décontraction. Si aucune chanson ne sort réellement du lot, l'ensemble plutôt homogène laisse en définitive un goût doux-amer pas désagréable. Fait pour se faire plaisir, du reste, « Honors » ne bouleversera pas les tendances et restera vraisemblablement confiné à un certain anonymat. Mais les amateurs de jolies chansons quelque peu foutraques devraient y trouver leur compte.

 

Julianna Barwick

The Magic Place

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Franchement, j’imaginais avoir atteint le sommet de l’ennui, il y a quelques semaines, à l’écoute du dernier album de Liz Janes. Et pour cause, j’ai failli tomber en léthargie en me tapant le premier elpee de Julianna Barwick, « The Magic Place ». Décidément, Asthmatic Kitty fait fort en ce début d’année. Pas étonnant qu’il soit malade leur chat ! Je ne serai pas étonné qu’il se tape une dépression carabinée d’ici peu.

Ce disque est découpé en 9 morceaux. La presse complaisante devrait, sans doute, décrire leur expression sonore d’atmosphérique, d’éthérée, s’inspirant directement des œuvres de Cocteau Twins, Sigur Rós voire de This Mortal Coil. Une forme d’ambient dont les longues plages bourrées d’effets, de loops et de reverb’ sont parcourues par la voix impeccable mais plaintive de l’Américaine. A l’instar de l’illustration de la pochette, on pourrait même imaginer que la New-yorkaise cherche à traduire en musique le bruit du vent ou celui produit par les anges au paradis. Perso, j’ai plutôt l’impression de m’être farci une heure de Vangelis featuring Enya. Même pas lounge, juste horripilant…

 

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