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Melissmell

Ecoute s’il pleut

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Suite à l’excellent, quoique très bref Ep, paru fin novembre 2010 (voir par ailleurs la critique du 14-12-2010), Mélissmell nous revient pour un premier album complet, découpé en 12 titres et intitulé « Ecoute s’il pleut ».

Subjugué, il y a quelques semaines, par ce talent naissant, le charme de la Strasbourgeoise d’adoption opère à nouveau et me laisse sur le c... Les trois morceaux annonciateurs n’étaient en fait que l’arbre qui cachait la forêt. La jeune femme a plus d’une corde à son arc. Et elle vise juste la diablesse ; ses flèches font mouche !

Lorsqu’elle s’engage dans la voie rock, elle écrase la pédale de gaz à l’aide de textes réalistes qui bastonnent dur sur une rythmique dévastatrice. Pour enfoncer le bouchon encore plus loin, elle martyrise (si j’ose dire) son organe vocal à la perfection, le poussant dans ses derniers retranchements, aux portes de la rupture. Une voix qui sert admirablement des compos telles que « Aux armes », « Je me souviens », « Sobre la muerte », « Les enfants de la crise », « Le silence de l’agneau », « Sens ma fatigue » que ne renieraient certainement pas Noir Désir ou Eiffel.

Mais Mélissmell va au-delà de ces comparaisons. Le reste de l’album est, musicalement parlant, complètement à l’opposé des revendications un peu brutes de l’Ardéchoise de naissance. C’est là que l’artiste ose nous dévoiler une face cachée de sa personnalité. Une face qui laisse la place à la sensibilité, la légèreté et la douceur acoustique. Une autre où Mélanie (de son véritable prénom) met son cœur à nu, où elle laisse enfin s’exprimer d’autres sentiments tels l’amour (« Viens », « Ecoute s’il pleut », « L’éveil »), la joie ou le rêve (« Plutôt rêver »). Elle en arrive même à faire (sou)rire lorsqu’elle joue avec les mots sur « Le mouton »…

Un album fluide et rempli de sens, mais également révélateur du parcours de Mélanie Coulet : engagé, lucide, romantique, tendre et violent à la fois.

A (re)découvrir ! Sans doute une des révélations de la scène française de ce début d’année.

Liz Janes

Say Goodbye

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Liz Janes possède certainement beaucoup de talent. Pas pour rien qu’elle apporte régulièrement son concours au grand Sufjan Stevens. Ils militent, d’ailleurs, tous les deux sur le même label, Asthmatic Kitty. « Say Goodbye » constitue son quatrième elpee.

« I Don’t Believe » ouvre l’elpee. Un compo qui baigne au sein d’un climat r&b particulièrement chaleureux. Puis, c’est le vide. De quoi endormir un hyperkinétique. Son folk teinté de jazz voire de blues est même tout bonnement soporifique. Pourtant les arrangements sont parfaits, l’instrumentation irréprochable, la voix superbe et les lyrics tiennent la route. Mais je défie quiconque de vibrer à l’écoute des comptines de Miss Janes. Sur la toile, je n’ai pas rencontré le moindre article détracteur. Cependant, après avoir écouté le quatrième morceau, intitulé, « Anchor », j’ai arrêté les frais. Serais-je passé à côté du message de cette native de l’Indiana ? Possible. Une chose est sûre, l’indolence des compos est absolument désespérante. J’ai cherché vainement un grain de folie. Je n’ai même pas trouvé une mélodie à laquelle s’accrocher. Non mais imaginez : mes parents n’ont jamais supporté que l’on puisse partager un repas en écoutant de la musique. Pourtant, dans ces conditions, l’écoute de cet opus de Liz Janes ne les a pas dérangés. C’est dire…

I Like Trains (iLiKETRAiNS)

He who saw the deep

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Ben oui, j’avais mentionné cet elpee dans mon Top 20 de l’année 2010. Un choix qui a certainement dû s’imposer à tout cadre de la SNCB…

A ce jour la formation insulaire (NDR : de Leeds, très exactement) a publié une poignée de singles, deux Eps et deux elpees. Le premier, « Elegies to lessons learnt » avait donné d’ailleurs donné lieu à une suite sous la forme d’un Dvd réalisé par Ashley Dean (NDR : voir notre chronique à ce sujet).

Première constatation ILiKETRAiNS a changé son patronyme en I Like Trains. Plus facile à écrire quand même. Guy Bannister est toujours bien présent. Et surtout sa voix de baryton. De quoi continuer à communiquer une ambiance caverneuse aux titres. Et à surfer sur la vague du succès des Editors, Interpol, The National, Get Well Soon et consorts. Pourtant, après avoir bien écouté cet opus, il faut reconnaître que le combo commence à se libérer progressivement du stéréotype et surtout à briser une certaine uniformité qui prévalait tout au long du premier long playing. Les poussées de riffs noisy se révèlent davantage atmosphériques. Des chœurs sortent de l’ombre. Bref, si le climat n’est pas nécessairement optimiste, il est néanmoins moins ténébreux et introspectif que sur le premier essai. De quoi se libérer d’une filiation revivaliste post-punk voire d’un héritage ‘joydivisonesque’, auxquels de nombreuses formations contemporaines sont toujours prisonniers. D’ailleurs certaines compos pourraient servir de BO de film. Cependant, le combo a eu le bon goût de ne pas gommer toutes les caractéristiques essentielles de son expression sonore. La voix, bien sûr. Sans trop en faire, quand même. La ligne de basse très 80’s. Et surtout le sens mélodique classieux et évanescent.

Chez un artiste ou un groupe, le second essai est souvent périlleux. En publiant ce « He who saw the deep », I Like Trains vient donc de réussir parfaitement cette épreuve. Tout en empruntant une nouvelle direction. Et c’est tout à leur honneur…

 

Cécile Hercule

La tête à l’envers

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Si vous jetez un coup d’œil sur son profil MySpace, vous y trouverez Cécile Hercule répertoriée comme artiste  pratiquant de la ‘musique classique japonaise’… Ah bon ! Ben oui, pourquoi pas ?

Touche-à-tout dans le milieu artistique, cette jeune Lyonnaise débute par une école de cirque, apprend la guitare en compagnie de son père, qui lui communique le goût de la pop (NDR : des Beatles, en particulier) et de la chanson française. Elle suit des cours de théâtre, écrit même une pièce, s’achète une guitare lors d’un voyage à Madagascar, compose cinq maquettes dans la foulée et accorde son premier concert dès 2005. Ouf !

Repérée et vite adoptée par Michaël Furnon (Mickey 3D), elle le suit durant sa tournée de 2009 pour assurer des premières parties empreintes de fraîcheur, mais également pour participer à ses concerts.

Grâce à ce coup d’accélérateur, sa carrière prend enfin son envol et c’est en fin de printemps 2010 qu’elle propose son premier opus, « La tête à l’envers ».

Dix titres et un clip nous sont proposés par l’ex-cracheuse de feu et jongleuse. Visiblement, les arts de la rue l’ont marquée. Ses ritournelles font immanquablement penser à un spectacle ambulant. Légères mais parfois lourdes de sens, ses chansonnettes s’écoutent, un petit sourire en coin. La force de ses morceaux réside dans ces textes d’une grande poésie bien soutenus par des mélodies aux sonorités résolument pop.

Mélange d’humour, d’amour, de gravité et de légèreté, ce disque original, qui ne dure pourtant que 31 minutes, devrait plaire facilement à tout amateur de chanson française.

Forest Swords

Dagger Paths

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J’avoue qu’après avoir écouté cet album, j’ai éprouvé les pires difficultés à définir le style musical de ce Forest Swords. Une chose est sûre : il est étrange. Conservons-donc le résultat de cette périlleuse analyse pour la fin de l’article !

Forest Swords c’est le projet solo de Matthew Barnes. Un producteur anglais quasiment inconnu au bataillon. « Dagger Paths » constitue son premier elpee. Un disque dont l’expression sonore ressemble à un puzzle sonore atmosphérique. Atmosphérique, mais aussi sombre, puissant et menaçant. Les morceaux sont partagés entre riffs de guitares, samples, voix tribales, réverbération ou encore beats singuliers, à l’instar du titre qui ouvre l’elpee, le spectaculaire « Miarches ». Barnes reconnaît avoir été influencé par le hip-hop et le R&B. Désolé, mais hormis quelques beats, je n’en ai pas relevé d’autres traces sur ce disque. Il y aurait même un sample d’Aaliyah. Faut vraiment bien chercher, alors. Découpé en huit fragments, « Dagger Paths » pourrait cependant sonoriser les scènes les plus abscondes du cinéma de Lynch ; ultime référence en matière d’ambiance onirique et glauque. « Forest Swords » serpente entre les paysages mentaux d’une jungle inhospitalière et claustrophobe. Le plus bel exemple ? « Holylake Mysst », une compo de sept minutes dont le parcours parsemé de percussions, de basses dub caverneuses et de distorsions malveillantes s’élève jusqu’aux ténèbres… Charmant ! Et le reste de l’œuvre est de la même trempe. Bref, on ne rigole pas beaucoup à l’écoute de cette messe noire célébrée par le maître de cérémonie. Et franchement, si c’est du hip-hop, c’est alors Missy Elliott remixé par SunnO)))) !

Si cet album constitue une belle découverte, pour votre serviteur, elle n’est pas à mettre entre toutes les oreilles du mélomane lambda. D’abord je vous déconseille vivement son écoute si vous êtes de mauvaise humeur, à moins que vous ne vouliez ruminer votre vengeance. Ah oui, j’allais oublier ? Le style musical ! Quelque part entre la house, la techno tribale et le drone. Difficile à imaginer ? Mais après avoir procédé à plusieurs auditions, vous me comprendrez mieux. « Dagger Paths » ? Cauchemars assurés.

Artús

Drac

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La France regorge de talents à découvrir. Malheureusement, une poignée de privilégiés continuent de s’accaparer les médias, la TV surtout.

Heureusement, les labels indépendants continuent de faire de la résistance. A l’instar du ‘Folklore de la Zone Mondiale’. Lancée par les Bérurier Noir, cette écurie à notamment sorti de l’ombre des formations comme Ethnopaire, Guarapita ou encore Lucrate Milk. Familha Artús, c’est leur dernière révélation. Son album « Drac » (dragon en Gascon) constitue un véritable produit du terroir. Il sent bon le savant mélange de cultures, la chaleur du pays basque ainsi que la découverte de contrées inexplorées jusqu’alors.

Attention cependant, à moins d’avoir une oreille avertie, cet elpee nécessite plusieurs écoutes avant d’être apprécié à sa juste valeur. Les compos oscillent allègrement du tribal (« Jo vos i voi diser ua cançon ») au futuriste (« Monem »), en passant par le folk, l’ethno, l’urban, l’électro le prog rock et même le métal (« Demens la vila de bordeu »), sans pour autant négliger le groove.

Mais au beau milieu de ce voyage surprenant et agréable, figure un titre étincelant, un véritable joyau à l’état pur, à écouter en boucle : « Capiteni salias ». Une petite merveille. Un véritable chant de bataille de plus de 10 minutes. Et si un clip vidéo devait être consacré à ce titre, il faudrait carrément lui réserver un court-métrage. Et encore, il pourrait servir de BO à lui tout seul !

« Cantem en allegressa » prend le mélomane en otage, le séquestre en terre inconnue, et l’endoctrine afin qu’il rejoigne la cause du collectif. Réellement captivant, cet opus donne envie de découvrir le groupe en live. Leurs prestations accordées sur les planches ont d’ailleurs défrayé la chronique au sein de l’Hexagone (NDR : notamment lors de leur set accordé aux Vieilles Charrues), mais également en Italie et en Espagne. Espérons qu’ils feront bientôt un crochet par la Belgique. Un appel du pied est lancé aux organisateurs.

The Ex

Catch my shoe

Écrit par

A l’instar des Young Gods, The Ex est un autre groupe culte. La légende prétend que leur formation se serait réalisée dans un squat d’Amsterdam. Trente années que la formation batave roule sa bosse sur la scène alternative. Et des groupes comme Sonic Youth, Fugazi ou Sloy les citent en référence.

Et c’est d’ailleurs directement à ces deux dernières formations que je pense, à l’écoute du titre d’ouverture, « Maybe I was the pilot ». Mais très vite mon enthousiasme va s’essouffler. Pourtant, l’opus est produit par Steve Albini ; mais ses 9 titres manquent de subtilité. Et pas seulement parce que le nouveau chanteur Arnold de Boer (NDR : de boer se traduit par ‘le paysan’ en néerlandais, ca ne s’invente pas) ne possède pas le charisme de Sok, membre fondateur, qu’il a remplacé. Il y a bien quelques touches jazzyfiantes ou encore garage qui assouplissent, circonstanciellement, le tranchant des six cordes. Ou encore une compo plus insolite et tempérée, intitulée « Eoyelo », un morceau évoquant la beauté des femmes Gurage, un groupe ethnique de l’Ehiopie, pays dont est passionné le nouveau leader de The Ex. Mais dans l’ensemble, cet opus m’a laissé sur ma faim. Cependant, vu l’aura dont dispose le combo (NDR : son engagement sociopolitique, son concept de distribution DIY et ses prestations ‘live’ fabuleuses), on leur pardonnera ce faux pas. En attendant une prochaine sortie, qui ne devrait tarder, la discographie du groupe se révélant plutôt prolifique…

DJ /Rupture & Andy Moor

Patches

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Deux univers antinomiques entrent en collision. « Patches » est le fruit d’une collaboration entre Jace Clayton alias DJ /rupture, prophète du Mash-Up, et Andy Moor, guitariste au sein de The Ex. Enregistré en 2007 lors d’une tournée en commun, le mariage entre les distos de Moor et les beats de DJ /rupture, est assez surprenant de prime abord. Mais cette union inattendue prend tout son sens dès le second morceau de la plaque, « Sometimes It Can Be Hard To Breathe ». Une compo où les riffs acérés du guitariste s’entrelacent subtilement aux bidouillages électroniques du DJ. Ce dernier ne ménage pas son collègue en virevoltant du dubstep à de l’abstract hip hop ou même de l’ambient et de la world music au trip hop. Il va même jusqu’à incorporer des samples hors-sujets de Tracy Chapman ou encore Diana Ross ! Mais le musicien hollandais, même en pleine improvisation, a plus d’un tour dans son sac et place chaque note à l’emplacement qui lui semble être destiné. « Patches » est une véritable joute musicale, captivante de la première à la dernière manche. Et c’est l’auditeur qui en sort gagnant, haut la main.

 

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