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Le trio post-punk suédois Then Comes Silence s'apprête à publier « Requiem Ballroom ». Ce huitième long playing est attendu pour le 20 novembre 2026 sous la bannière de Metropolis Records. Pour faire patienter l'auditoire, la formation menée par Alex Svenson…

Enregistré sous Ex:Re

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Chroniques

Bad Religion

The Dissent Of Man

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En Amérique, on imagine généralement les choses en grand. La preuve : pour fêter son trentième anniversaire, Bad Religion s’offre carrément un nouveau public.

Trahison ! Infamie ! L’un des parrains de la scène punk rock californienne publie un album Pop Rock ! La chose est manifestement difficilement admissible pour les fans assidus (NDR : dont je ne fais pas partie) ; pourtant il faut bien se rendre à l’évidence. « The Dissent Of Man », la quinzième galette de Bad Religion est un disque rock à fort potentiel commercial.

Alors oui, vu sa production ‘haut de gamme’, signée par Joe Barresi (Queens Of The Stone Age, Tool, Apocalyptica, Coheed and Cambria), ses mélodies accrocheuses et ses harmonies vocales sophistiquées, « The Dissent Of Man » tient plus d’un R.E.M. musclé que d’un Dead Kennedys mélodique. Mais il faut cependant remettre l’église au milieu du village. Bien que politiquement engagé et hautement critique envers la société américaine, Bad Religion n’a jamais été, d’un point de vue musical, le plus violent des groupes punk. Et, si aujourd’hui il s’accorde quelques hits potentiels (« Won’t Somebody », « The Devil In Stitches », « Cyanide »), il ne fait, après tout, que faire évoluer sa musique à un niveau supérieur. Tant pis pour les keupons outrés ! « The Dissent Of Man » est un bon album, truffé d’excellentes chansons. Point barre !

 

Axel and The Farmers

Axel and The Farmers

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Quel type de musique pourraient donc bien cultiver Axel et ses amis fermiers ? Ces jeunes agriculteurs emblavent une pop fertilisée en Albion, et en particulier chez les Beatles. Conduite par Axel Concato, cette équipe française avait l’intention de semer son grain dans la terre du Sussex voire du Kent. D’ailleurs, Axel –un multi-instrumentiste– avait déménagé à Londres, dès l’an 2000, pour engager ses ‘Farmers’. C’était en 2004. Mais les semis n’ont guère poussé ; aussi, il est retourné à Paris, l’année suivante, afin de se consacrer à la production (NDR : dont l’album des Hush Puppies) tout en embrassant une carrière de mannequin ! Le virus de la musique est cependant toujours bien présent, et Axel recrute une nouvelle équipe de fermiers. En 2008. Au sein de laquelle on retrouve le claviériste Arno Van Colen, le bassiste Sébastien Dousson ainsi que le batteur Romuald Deschamps. Lors de son séjour au sein de la capitale britannique, Axel avait sympathisé avec Mark Garderner, le leader de Ride. C’est d’ailleurs lui qui avait mis en forme, leur premier Ep. Et il remet le couvert pour ce premier opus.

Verdict ? La qualité de la récolte est indéniable, mais maque cruellement de saveur. C’est propre, parfaitement exécuté et impeccablement produit. Mais l’aspect mélodique a été trop négligé. D’ailleurs, les compos sont bien plus convaincantes, lorsque le tempo s’accélère, lorgnant alors carrément vers l’univers de Ride ou de Pulp. A l’instar de « Dance Hall » et de « Kids ». Ou alors quand les arrangements frôlent la perfection. Et je pense tout particulièrement à « Dream #7 ». Le reste m’a laissé sur ma faim. Et « Bottle of Rain », planté au sein d’une pop psyché bien trop indolente, en est la parfaite illustration. Bref une petite  déception pour Axel and the Farmers qui devra se contenter de glaner, plutôt que de moissonner…

 

Various Artists

F*>k Dance, Let’s Art, Sounds from a New American Underground

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En règle générale l’écurie teutonne !K7 nous régale de ses compilations ‘DK Kicks’, ‘Suck My Deck’ et tutti quanti. Leader incontestable en matière de DJ set, le label survole sa matière sans jamais (ou presque) se planter. Pour ce dernier projet les Allemands se sont associés au collectif newyorkais ‘Cool In The Pool’, afin de promouvoir le son du nouvel underground américain. La nouvelle plaque, baptisée cocassement « F*>k Dance, Let’s Art, Sounds from a New American Underground », reprend donc en long et en large les nouvelles pousses en matière d’électro. Et pour la circonstance, les tracks proposés nous plongent dans un profond ennui. Pendant de très longues minutes, on assiste à une véritable masturbation cérébrale. On espérait juste remuer un peu et qui sait, découvrir le nouvel artiste de demain. Malheureusement, on nous assène des beats et des nappes de sonorités déstructurées et triturées, jusqu’à épuisement. Il y a bien quelques exceptions qui confirment la règle. Et je pense tout particulièrement à « Anything » de Slava, dont les sonorités cheaps et relativement bien construites passent plutôt bien la rampe. Ou encore le « Despicable Dogs » de Small Black, plutôt lo-fi. A contrario, un buzz comme Crystal Castles et un concept pourtant révolutionnaire comme Animal Collective sont bien loin de casser la baraque…

Bref, j’ai beau essayer de réécouter ce disque, rien à faire, après plusieurs tentatives, je ne parviens toujours pas à accrocher. Et puis intellectualiser une musique qui n’a, en soit, rien d’exceptionnel, n’est pas non plus de nature à soulever l’enthousiasme…

 

Twin Shadow

Forget

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Né en République Dominicaine et éduqué en Floride, George Lewis Jr se décrit comme quelqu’un de bizarre. Une enfance solitaire lui aurait servi de base solide à ses étranges travaux au sein de Twin Shadow.

A 26 ans, l’artiste établi à Brooklyn devrait en tout cas énormément faire parler de lui d’ici peu, tant la qualité de « Forget », son premier album, est manifeste. Influencées par la New Wave des années 80, et en particulier Echo and the Bunnymen, Depeche Mode et les Smiths (surtout pour la voix, très proche de Morrissey), ses compositions ont la spécificité rare et évidente de celles proposées par The XX. Les sons synthétiques, la guitare électrique et la boîte à rythmes constituent la base de la structure sonore. La musique est propre, mélodique, sophistiquée, mais épurée. Parfaite, la production a été assurée par Chris Taylor des Grizzly Bear (NDR : qui a d’ailleurs sorti cet opus sur son label, aux Etats-Unis). Les chansons sont ‘catchy’ mais se distinguent naturellement les unes des autres, tout en formant un ensemble cohérent. On oscille ainsi de la ballade (« Slow ») à l’ambiance disco (« At My Heels »), en passant par le climat synthétique new wave traversé de ‘clapping hands’ (« Castle in the Snow »). Un album paradoxalement empreint de nostalgie mais résolument moderne, aux lyrics romantiques (‘Does your hear still beat ?’ sur « Tether Beat »), dispensés par la voix envoûtante de Lewis…

Mais trêve de bavardages et savourons l’instant présent ; vous lirez, d’ici peu, suffisamment d’articles consacrés à ce nouveau petit prodige de la pop moderne, au cours des prochaines semaines…

 

Morry Sochat

Eatin’ dirt

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D’origine texane, Morry Sochat s'est établi à Chicago, en 1990. Dix ans plus tard, il décide d’apprendre à jouer de l’harmonica. Auprès d’un maître du style : Joe Filisko. Il monte ensuite ses propres formations : The Shakes, Tongue & Groove et enfin, the Special 20s, en 2005. L'année suivante, ce band publie son premier opus. Il est éponyme. Il est suivi trois ans plus tard, par "Swingin', shufflin', smokin'", un elpee produit par Nick Moss. Le groupe rencontre un franc succès et tourne inlassablement.

Début 2010, le combo entre en studio sous la houlette de Jimmy Sutton. Sutton est chanteur et bassiste. Il drive un ensemble de rockabilly, The Four Charms, un combo au sein duquel milite le remarquable guitariste Joel Patterson. Au sein du line up de Morry, figure deux six-cordistes, Jim St.Marie et Shoji Naito, le bassiste Ted Beranis et le drummer Marty Binder. Mais depuis 2010, il a engagé une petite section de cuivres : le trompettiste (également claviériste) Doug Corcoran et le saxophoniste Chris Neal.

L'album démarre en force par le titre maître, un superbe Chicago south side blues inspiré par Elmore James. Caractérisé par son célèbre riff à la slide, la compo déménage. Néanmoins, tout est parfaitement en place. Morry attaque "She's a betty" sur un tempo très rock'n'roll, la rage au ventre, l'harmo entre les dents. Invité, Brother John Kattke est très en verve au piano. St Marie égrène sa gamme de riffs à la Chuck Berry. Le rythme demeure soutenu tout au long de "Someone to love". Morry est au micro. Naitoa a pris le relais à l'harmonica. Guest prestigieux, Billy Flynn se réserve les cordes. Et il y démontre tout son talent. "Meet me in Chicago" change de registre. Au menu : swing et jazz. Une approche bien mise en évidence par les ivoires et la merveilleuse trompette de Corcoran. Dave Herrero est un tout bon gratteur. Il a forgé son expérience à Austin, avant de s'établir dans la Windy City. Il se met dans la peau d’Otis Rush pour nous balancer "Empty rockets". Et il réalise cette réincarnation avec un réel bonheur. Sochat tire enfin son épingle du jeu sur l'instrument chromatique, tout au long d’"Apple of my eye". A cet instant, il me rappelle même William Clarke. Et c’est un compliment! "Natural born lover" campe un boogie particulièrement fougueux. Jimmy Sutton (NDR : le producteur) a ramené sa guitare et marque de son empreinte "Riot up in love", un rock'n'roll déchaîné, de toute bonne facture, au cours duquel les musiciens en présence se mettent, à tour de rôle, en évidence, pendant que Morry souffle comme un forcené! Si "Yo-Yo" est parcouru par les interventions d’une slide, la finale, "Fried chicken & Waffles", trempe dans le swing. Deux reprises seulement. Tout d’abord le "Mother-in-law blues" de Don Robey, une plage qui figurait au répertoire d'Anson Funderburgh et de Sam Myers. Puis le "Telephone blues" de George Smith, un classique réservé à l'harmo chromatique. "Eatin' dirt » ne souffre d’aucune faiblesse. Un pur bonheur !

JOY

JOY

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Marc Huyghens a donc fondé un nouveau groupe. Un trio. Impliquant Françoise Vidick, sa compagne, aux percus et aux backing vocaux, ainsi qu’Anjan Naucler, une violoncelliste de nationalité suédoise. Ah oui, si vous ne vous vous en souvenez pas, Marc était le leader du défunt Venus, formation qui s’est séparée en 2007. JOY nous propose son premier opus. Il est éponyme et est découpé en 9 titres, dont une nouvelle version de « Vertigone », compo écrite à l’époque de son ancien groupe. Si la musique est minimaliste, le tracklisting alterne compos contemplatives et percutantes. A l’instar du Velvet Underground, auquel Marc continue de se référer, son expression sonore est aride mais soignée, mélodieuse et lancinante. Elle repose aussi sur de superbes harmonies vocales échangées entre Marc et Françoise ; mais elle ne respire pas vraiment la joie. Deux compos, « n° 7 » et « Mirage », plus que probablement autobiographiques, ont d’ailleurs certainement écrites au moment où Marc traversait une profonde dépression. On retrouve également des références au sacré et à la Bible dans deux compos. « Long Way Around The Sea » et « Sword ». Encore que cette dernière ainsi qu’« Empire », puisent certaines métaphores dans le Moyen-âge. Un « Empire » au cours duquel le violoncelle se révèle aussi grinçant et déchirant que le violon sur le fameux « Worst Case Scenario » de dEUS. Reste encore « Endless song », une compo incantatoire, épique, dont le sens mélodique peut rappeler Muse. Bref, un très chouette album. Et si vous voulez en savoir davantage, je vous invite à aller voir l’interview que nous a accordée Marc…

Rome Buyce Night

Ann Arbor

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C’est lors de l’arrivée du drummer Romain Piegay, qu’en 2001, Guillaume Collet (dMute) et Antoine Ducoin (nouvellement chercheur à l’université d’… Ann Arbor !) décident de former Rome Buyce Night afin de donner une suite à leur brève aventure vécue au sein de Ressance. Influencé dès ses débuts par Sonic Youth, Godspeed You Black Emperor ! et Yo La Tengo, le trio a accueilli un second guitariste, Jérôme Orsini, en 2010. Une formation prolifique, puisqu’après avoir publié « Actone » en 2003, « Luminaires » en 2005, « Matricule » et « Micro Sainte » en 2009, elle nous propose aujourd’hui « Ann Arbor », son cinquième effort.

En concoctant « Ann Arbor », Rome Buyce Night a décidé d’élargir son horizon. Comment ? En lorgnant vers l’univers d’artistes aussi différents que Steve Reich, The Ex ou Konomo N°1. Toujours essentiellement instrumental, leur post-rock psyché nécessite cependant des efforts d’appréhension. Mais une fois ceux-ci accomplis, il se révèle riche et très varié. Outre les nouvelles références susvisées, l’esprit de Tortoise hante également cette œuvre. A cause du côté cérébral de leur expression sonore. En combinant énergie rock pure et structure post-rock impeccable, Rome Buyce Night est parvenu à ériger une musique complexe et sombre, mais jamais ennuyeuse. On a ainsi droit à des interventions de flûte sur « Red Diag », par exemple, une superbe compo post-rock de 11 minutes construite en crescendo. A l’instar de Can –toutes proportions gardées bien entendu– le combo joue également beaucoup sur l’architecture rythmique répétitive proche de la transe. Comme sur les très réussis « The Foam Theater », caractérisé par ses guitares acérées et torturées, ainsi que le plus noisy « The Unit Scale of Rock », tourmenté d’incantations tribales. Les compos sont solides et inspirées. La maîtrise technique des musiciens est irréprochable et la qualité du son est parfaite. Une exception qui confirme la règle : le titre maître ! Un morceau au cours duquel le quatuor s’essaie au folk, mais sans vraiment convaincre.  

Rome Buyce Night = un groupe très doué destiné à satisfaire les mélomanes exigeants.

 

OK Go

Of The Blue Colour Of The Sky (Extra Nice Edition)

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Fin d’année oblige, les petits rigolos de OK Go font un cadeau à leurs fans. Une dizaine de mois après la publication de leur troisième album, « Of the Blue Colour Of The Sky », ils retrouvent un second souffle dans les bacs, par la grâce d’une ‘Extra Nice Edition’. Mais qu’a-t-elle d’Extra Nice, cette édition ? Outre le disque original recelant les tubes « WTF ? », « This Too Shall Pass » et « White Knuckles », OK Go propose un second Cd réunissant neuf versions démos de morceaux extraits de « Of The Blue Colour Of The Sky » mais également deux titres inédits dont des reprises des Pixies (« Gigantic ») et The Zombies (« This Will Be Our Year »), ainsi que quelques remixes. En clôture du disque bonus, figure une interview de la troupe et de leur producteur Dave Friedman, réalisée par l’animateur radio new-yorkais Ira Glass.

Et comme Ok Go est aussi généreux en studio que sur les planches, le quatuor a également glissé un code permettant à ses fidèles de télécharger douze remixes via leur site officiel. Si ça, c’est pas Extra Nice ! Mais l’édition aurait également pu s’avérer ‘Extra Extra Nice’ si les Chicagolais y avait également inclus les incontournables vidéo-clips des trois singles extraits du disque. Une édition destinée aux fans hardcore.

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