Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

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Chroniques

Guided By Voices

Warp and Woof

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Votre serviteur a perdu la trace de Robert Pollard et de ses fantasques Guided By Voices (GBV) depuis quelque temps déjà… Il faut dire que le bonhomme a publié 27 albums studio depuis ses débuts discographiques en 1983, même si en chemin, il a vécu quelques longs hiatus.

Sur « Warp and Woof », seconde livraison de 2020 (!), suivant son habitude, le groupe balance pas moins de 24 morceaux en quelques 37 minutes. Prolifique donc mais sans pour autant sombrer dans la baisse qualitative grâce –entre autres– aux guitares de Doug Gillard qui permettent aux courtes vignettes de garder toute leur énergie power-pop. Le ton est quasi punk, parfois psyché ou simplement classic rock (« Blue Jay House »). Si va voix de Pollard évoque celle d’un Eddie Vedder fatigué, son esprit, quant à lui, est toujours aussi en ébullition...

Anne Müller

Heliopause

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Originaire de Berlin, Anne Müller a suivi un cursus dans le domaine de la musique classique, principalement au violoncelle. Outre sa contribution aux orchestres symphoniques, l’Allemande a multiplié les collaborations auprès d’artistes issues de l’indie-folk/rock telles qu’Agnes Obel ou Angel Olsen. La multi-instrumentiste a également participé aux projets de précurseurs de la musique néo-classique comme Nils Frahm et Olafur Arnalds. C’est certainement à leur contact qu’elle a eu l’envie de tenter le sien en solo. Son premier opus est d’ailleurs paru sur le label Erased Tapes (Nils Frahm, Arnalds, Lubomyr Melnyk, …)

« Heliopause » constitue son premier elpee. Elle y contrôle tout de A à Z. De la composition à l’interprétation en passant par la production. Cette musicienne chevronnée se consacre au piano et (bien sûr) au violoncelle. Mais pour structurer son univers sonore, elle se sert de nappes qu’elle superpose à l’aide d’une loop machine.

Minimaliste, « Being Anne » ouvre le long playing. « Solo ? Repeat ! » embraie, une plage au cours de laquelle les lignes de violoncelle se chevauchent. Ce n’est qu’à partir du troisième morceau que les mélodies font leur apparition.

« Heliopause » nécessite une écoute attentive afin d’en appréhender la subtilité de la texture. Anne Müller mérite, en tout cas, de figurer dans le catalogue riche et diversifié de l’écurie Erased Tapes… 

Daniel Blumberg

On & On

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Lorsque Daniel Blumberg quitte Yuck, en 2013, il tente de nouvelles aventures musicales, tour à tour chez Hebronix, Oupa et Guo. Puis, en 2018, il grave son premier elpee solo, « Minus ». Un disque pur lequel il reçoit le concours de Ute Kanngiesser au violoncelle, Billy Steiger au violon, Tom Wheathly à la contrebasse et Jim White (Dirty Three) aux drums. Des musiciens qu’il a rencontré au café OTO, à Londres. Et il a reconduit la même équipe pour concocter son second opus, « On & On », Daniel se consacrant au chant et à la guitare, délaissant paradoxalement son piano, instrument qui, dans le passé, balisait souvent ses compos… 

Le titre maître est proposé en quatre déclinaisons, un ‘& on’ en plus. Mais il sert, en quelque sorte, d’intermède –doux ou chaotique– entre les autres plages. Encore que, exception qui confirme la règle, « Bound » et « Silence breaker », se succèdent au cœur de l’opus. Caractérisé par son intensité émotionnelle graduelle et d’une durée de 7’, « Bound » constitue le titre le plus mélodieux du long playing. Le second se révèle davantage tourmenté, parfois teinté d’exotisme et bénéficie de la collaboration d’Elvin Brandhi, le partenaire d’impro de Blumberg chez BAKH. Chaleureux, « Teethgritter » est imprimé sur le rythme du chemin de fer jusqu’aux 2/3 de son parcours ; contrebasse en picking, violoncelle, violon et harmo hanté lacérant ensuite littéralement l’expression sonore. Une instrumentation qui ondule suivant les flux et les reflux du déstructuré « Pillow ». Car, ce qui frappe tout au long de cet LP, c’est justement cette combinaison entre déstructuration et sens mélodique. Et « Siderstep summer », la meilleure plage de ce long playing, en est certainement le plus bel exemple. Arrangements de cordes, éclaboussures de sonorités abrasives voire grinçantes improvisées (violon, violoncelle, contrebasse) et percus erratiques alimentant une compo finalement harmonieuse qu’on pourrait qualifier de noisy/folk…

Et pour que votre info soit complète, sachez que cet « On & on » a été mis en forme par Pete Walsh, un collaborateur de longue date de Scott Walker. Et puis que cette œuvre est dédiée à feu David Berman, chanteur, guitariste, compositeur et poète chez Silver Jews, groupe qu’il avait fondé en compagnie des futurs Pavement, Stephen Malkmus et Bob Nastanovich, en 1989.

Faye Webster

Atlanta Millionaires Club

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Faye Webster a grandi à Atlanta, au sein d’une famille bercée par la musique folk. Agée aujourd’hui de 21 printemps, l’artiste a depuis assisté à une émulation de la scène rap et RnB, incarnée notamment par Young Thugs et Future.

C’est d’abord dans le rap qu’elle se lance en solo. En 2017, elle publie alors un premier elpee chez Awful, un label réunissant des rappeurs issus d’Atlanta. Ce qui lui permet de recevoir le concours du collectif, et tout particulièrement Father, qui vient poser sa voix sur « Flowers ».

Partagé en 10 pistes, « Atlanta Millionaires Club » constitue donc son deuxième album, une œuvre parue sur le label Secretly Canadian (Whitney, Damien Jurado, Alex Cameron, …)

Si son univers sonore baigne basiquement dans le country/folk, il intègre, à l’instar de « Pigeon », également de la soul et du jazz. Une formule originale au cours de laquelle rythmes langoureux et groovy sont parfaitement orchestrés, alors que lapsteel, basse, sax et synthés soulignent parfaitement la douce voix de Fayer.

A travers l’audacieux « Atlanta Millionaires Club », Faye Webster s’est forgée une identité bien personnelle tout en affichant une grande maturité, malgré son jeune âge. En outre, elle est parvenue à dépoussiérer voire à moderniser la musique folk. Une artiste à suivre de très près, en espérant que son concert préalablement prévu au Botanique en juin soit reprogrammé au plus vite…

Josienne Clarke

In All Weather

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A ce jour, Josienne Clarke était surtout connue pour ses duos échangés avec Ben Walker. Son aventure en solo devrait lui permettre de creuser son propre sillon dans l’univers du folk de chambre.

Tout au long de cet elpee, l’Anglaise parvient à varier les ambiances, des ambiances tour à tour tendres, joyeuses ou mélancoliques.

Pour enregistrer cet LP, l’artiste s’est isolée sur l’île de Bute (NDR : c’est en Ecosse !) afin de se reconstruire, suite à une séparation. Thème qu’elle aborde dans ses lyrics, tout comme l’indépendance et la détermination...

Profondément cathartique, l’œuvre ne tombe cependant jamais dans le pathétique, naviguant entre délicates ballades électro-acoustiques (« (Learning To Sail) In All Weather ») et bulles pop rafraîchissantes (« Slender, Sad and Sentimental »). Lors des sessions, elle a pu compter sur le concours du pianiste Elliott Galvin, du batteur de jazz Dave Hamblett et de la harpiste écossaise Mary Ann Kennedy. A l’instar de son titre, cet opus est à écouter de tout temps…

Bert Jansch

Crimson moon (reissue)

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Décédé en octobre 2011, Bert Jansch avait 57 balais quand il a gravé « Crimson Moon ». C’était en 2000. Pour concocter cet opus, l’Ecossais avait reçu le concours de Johnny Marr (The Smiths, Electronic, etc.) et Bernard Butler (Suede) aux grattes électriques. Cependant, les deux musicos n’y rivalisent pas de déflagrations flamboyantes. Leurs interventions sont bien sûr électriques. Elles enrichissent la texture des compos. Mais aussi subtiles qu’efficaces, elles ne s’imposent jamais. Tout ceci dans un cadre défini par la guitare sèche, le plus souvent jouée en picking par Bert, et dont le doigté tout comme le feeling sont incomparables.

Dans l’histoire du rock, Bert Jansch est une véritable légende. Il a ainsi influencé, parmi les plus célèbres, rien de moins que Jimmy Page et Neil Young. Excusez du peu !

Son aventure la plus marquante, il va la vivre au sein de Pentangle, en compagnie de John Renbourne, de la chanteuse Jacqui McShee, du contrebassiste Danny Thompson (NDR : qui va notamment bosser ensuite, en compagnie de Nick Drake, John Martyn et Tim Buckley) et le batteur Terry Cox. Dans quel style ? Le folk/rock ! Mais un folk/rock baroque et teinté de jazz.

Bref, ce « Crimson moon », qui vient dont d’être réédité, est une œuvre à part dans la longue discographie de Jansch. Bien sûr, on y retrouve quelques plages réminiscentes de son aventure chez Pentangle, à l’instar de « My Donald », une cover de Owen Hand remontant à 1964, au cours de laquelle sa fille Loren se consacre aux vocaux, un peu à la manière de Jacqui. Puis l’un ou l’autre titre plus acoustique, comme l’allègre « Neptune’s daughter », qu’il interprète seul à la sèche. Du blues aussi. Sans oublier le titre maître traduit en bossa nova. Et si son fils, Adam assure les parties de basse sur quelques morceaux, la quintessence de l’œuvre procède justement des interventions électriques, mais tellement raffinées de Johnny et Bernard. Même que l’allègre « Going home » aurait pu figurer au répertoire de Dire Straits. Et si Bert n’a pas une voix inoubliable, lorsqu’elle devient nasillarde, ses inflexions sont désarmantes et sincères tout en rappelant celles de Bob Dylan…

Superbe !

Deerhoof

Future Teenage Cave Artists

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15 chapitres discographiques –en autant d’années d’activisme indie– déjà pour ces vieux briscards de Deerhoof ! « Future Teenage Cave Artists » parvient-il à conserver la flamme intacte insufflée depuis 1994 par ces doux dingues issus de San Francisco ? Pour la circonstance, la formation californienne a décidé de composer son premier album concept. Le thème ? Dans un futur proche, les populations devront quitter en masse leurs maisons pour rejoindre des pâturages plus verts, lorsque les humains et les animaux seront massacrés de façon inexplicable… Dans ce chaos, les ados continuent à créer… Tout un programme donc !

Dès le début de l’opus Satomi scande : ‘Gonna paint an animal on a cave wall/Gonna leave it there forever while empires fall’ (Trad : Je vais peindre un animal sur un mur de grotte / Je vais le laisser là pour toujours pendant que les empires s’effondrent) sur le relativement pop titre maître. Mais les sonorités dissonantes des grattes ciselées de Deitrich et Rodriguez refont rapidement surface. Comme d’habitude, il faut supporter la voix parfois irritante de Satomi (une version alternative de Kazu Makino, la chanteuse de Blonde Redhead) mais la créativité sonique du groupe est demeurée intacte (« ‘Farewell’ Symphony »). Bref, ce mélange d’une grande pureté entre structures quasi-jazz et vision indie rock est toujours aussi unique en son genre. Et cette flamme n’est pas près de s’éteindre…

Neil Young

Homegrown

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46 ans plus tard, Neil Young exhume un album qu’il avait décidé de ne pas sortir, suite à sa rupture avec feue l’actrice Carrie Sondgress, la mère de son fils Zeke. Enregistré entre juin 1974 et janvier 1975, soit entre « On the beach » et « Tonight’s the night », il est considéré, par l’artiste lui-même, comme le chaînon manquant entre « Harvest » (1972) et « Comes a time » (1978). Donc il privilégie la forme acoustique. Enfin, pas seulement, puisque si, en général, les compos mettent en exergue ce type d’instrumentation (sèche, banjo, piano, contrebasse, harmo, etc.), sans oublier la voix de Neil et les backing vocaux (NDR : assurés sur deux pistes, par Emmylou Harris), elles concèdent circonstanciellement une part d’électricité. De la pedal steel (Ben Keith), ce qui semble logique, mais également de la basse (Tim Drummond), des drums (Levon Helm) et de la guitare électrique. Dispensée parcimonieusement, sauf sur « Vacancy », dont l’intensité caustique et les harmonies vocales spécifiques rappellent les meilleurs moments du Crazy Horse, et dans une moindre mesure le blues déglingué « We don’t smoke it no more », dont le groove est tramé sur un piano boogie. Et puis il y a « Florida », un morceau bizarre, au cours duquel on entend un monologue un peu barré divaguer sur des larsens de guitare.

Sept plages sur les douze qui figurent sur cet LP n’étaient jamais officiellement sorties. Mais elles avaient déjà soit été interprétées en ‘live’, soit figuré sur l’un ou l’autre opus, sous des versions différentes. On épinglera quand même « White line », une chanson que Neil avait enregistrée en Angleterre, en compagnie de Robbie Robertson, le guitariste de The Band.  

Toutes les compos ont été remasterisées et tiennent parfaitement la route, même si certaines peuvent parfois paraître un peu datées.

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