La manille pour bébé de Panic Shack

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L’heure personnelle de Lucie Valentine

L'artiste belge Lucie Valentine dévoile « Minuit Moins Toi », le titre phare de son nouvel Ep éponyme. Une chanson touchante, lumineuse, qui célèbre le moment de bascule : celui où la douleur laisse place à la paix après une séparation. Née d’un atelier…

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Hooverphonic
Chroniques

Sophia

Holding on / Letting go

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Huitième opus studio pour Sophia, le projet de Robin Proper-Sheppard. Depuis 2016, le line up de son groupe semble stable, impliquant son fidèle drummer Jeff Townsin, ainsi que trois musiciens belges ; en l’occurrence le bassiste Sander Verstraete, le guitariste Jesse Maes et le claviériste Bert Vliegen.

Lors des sessions, Terry Edwards (Nick Cave, PJ Harvey) est venu souffler (brillamment, par ailleurs) dans son saxophone sur « Alive », une compo dont la mélodie romantique (NDR : ce sens mélodique est toujours aussi soigné tout au long de ce disque) est très caractéristique chez Sophia. Romantique comme la tendre ballade « Avalon ». Autre ballade, mais mid tempo, « Wait » combine subtilement cordes semi-acoustiques et électriques (NDR : une technique qu’on retrouve régulièrement sur cet LP), ces dernières finissant par se mettre à grésiller et à crépiter sur cette plage enrichie de chœurs hymniques.

L’elpee s’ouvre par « Strange attractor ». Amorcé par des synthés à coloration 80’s, cette piste vire ensuite au pop/rock entraînant. Imprimée sur un tempo métronomique (Wire ?), elle est ensuite dynamisée par une guitare graveleuse. Le long playing ne manque, bien sûr, pas d’électricité. A l’instar du très intense « We see you (taking aim) », une protest song qui vilipende le capitalisme. La basse est menaçante et les grattes électriques s’en donnent à cœur joie, un peu comme chez le Broken Social Scene de son album éponyme. Puis de « Road song », un titre au tempo paradoxalement latino qui s’achève dans la noisy. L’elpee recèle deux titres pop/rock plus classiques, « Days » et « Undone again », compo au cours de laquelle les cordes de guitare chevauchent allègrement les harmonies. Et la plaque de s’achever par l’instrumental cosmique judicieusement intitulé « Prog rock Arp (I know) ».

Enfin, pour que votre info soit complète, sachez que l’artwork de la pochette a été réalisé par Gertrude Grunow, artiste allemande du Bauhaus, qui a énormément bossé sur la liaison entre les notes de musique, les couleurs et les mouvements…

Gab De La Vega

Beyond space and time

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Après avoir milité au sein de formations punk et hardcore, Gab de La Vega a décidé de se lancer dans une carrière solo, à partir de 2011. Et « Beyond space and time » constitue déjà son troisième elpee personnel. Mais c’est le premier pour lequel il a reçu le concours d’un groupe au complet.

A travers les compos de cet opus, l’artiste d’origine italienne aborde des thèmes aussi brûlants que la question migratoire et le fascisme, mais également le combat de l’être humain face aux épreuves de la vie, la nécessité de trouver sa place dans le monde, la routine de l’existence ou encore la confiance et la foi.

La plupart des morceaux mêlent judicieusement cordes de gratte acoustiques et électriques. Pas étonnant que Gab aime autant Oasis que Noel Gallagher’s Flying Birds. Pas que les compos s’en inspirent directement, mais plutôt qu’elles utilisent une méthode qu’on pourrait qualifier de comparable. Pour les références folk, on penserait plutôt à Billy Bragg et surtout à Frank Turner, et tout particulièrement sur « Words unspoken », une plage enrichie d’un harmonica, ainsi que le morceau final, « I still believe ». 

Sans quoi, si la voix de la Vega n’est pas inoubliable, ses compos tiennent la route. Et tout particulièrement l’épique « Phoenix from the flames », une piste illuminée de cordes limpides, « Perfect texture », qui bénéficie d’une jolie intervention du violoniste Niocola Manzan (Bologna Violenta), violon qui traverse encore un « Rosary of days » au refrain hymnique, puis l’explosif « Bomb inside my head », réminiscent des débuts des Kinks et enfin « As one », une valse qui se mue en rock au crescendo électrique…

The Pilgrim

From the earth to the sky and back

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Gabriele Fiori multiplie les projets. Cet ex-Void Generator est le chanteur et guitariste de Black Rainbows et de Killer Boogie. Mais également de The Pilgrim, un duo italien qui implique le batteur actuel de Black Rainbows, Filippo Ragazzoni. Et pour ce tandem, il a décidé de privilégier la forme acoustique. C’était déjà le cas sur le premier essai, « Walking into the forest », même si sur le second, le drumming est plus présent.

Simplement, si elle se révèle fondamentalement country/folk, l’expression sonore intègre d’autres courants, dont une bonne dose de psychédélisme. Mais également du jazz (« Riding the horse », traversé par une pedal steel, le syncopé « Cuba »), de la bossa nova (« Fool around ») et même du rock latino (« Solitude » et son envolée de guitare électrique à la Carlos Santana).

Par la technique de l’overdubbing, Gabriele trame la plupart des compos dans les cordes, en picking et/ou grattées, les enrichissant parfois d’interventions plus électriques. Et franchement, sur son manche, il est doué !

Dommage cette voix un peu trop distante et linéaire, car les compos qui figurent sur « From the earth to the sky and back » rappellent souvent Crosby, Stills & Nash (sans les harmonies vocales, malheureusement) et parfois, notamment lors des morceaux les plus expérimentaux, The Dodos.   

Gabriella Cohen

Pink is the Colour of Unconditional Love

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L’Australienne Gabriella Cohen s’imagine californienne tout au long de « Pink is the Colour of Unconditional Love », son second album. Les sonorités ‘surf’ ne trompent d’ailleurs pas, ni celles plus folk du Laurel Canyon sur « Miserable Baby ». Sous la torpeur nonchalante du soleil de Los Angeles, elle tisse des morceaux langoureux et s’autorise de la reverb en toute décontraction. Douée, elle n’hésite pas à effleurer les couleurs brésiliennes sur « Morning Light » ou attaquer le ‘classic rock’ sur l’imparable « Music Machine ». C’est d’ailleurs tellement bien fait et référencé qu’il n’est pas étonnant que Gabriella Cohen ait tourné en compagnie de Foxygen. Pas loin de la coolitude absolue… en mode sépia, bien entendu…

Suarez

Vivant

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Suarez, dont le patronyme reste associé au charismatique Marc Pinilla, opère un virage à 180 degrés, en publiant ce nouvel opus intitulé « Vivant ».

Ce cinquième elpee correspond au dixième anniversaire du combo et propose une esthétique différente dans la direction artistique.

Abordant des univers davantage variés (« Nouveau Départ », « Céleste »), la formation assume une prise de risque évidente. Sans pour autant renier son passé, elle n’évite cependant pas quelques chansons passe-partout qui ont jusqu’ici forgé sa popularité (« Bienvenue »).

Les titres ‘grand-public’ s’enchaînent sans vraiment prendre leur envol et les thématiques gnangnans se ressemblent. Bref, cet elpee ne restera pas dans les annales. Au lieu d’un vent nouveau, le souffle se résume à une brise timorée…

Trois ans donc après avoir publié l’emblématique « Ni rancœur, ni colère », Suarez multiplie les efforts pour écrire un nouveau chapitre de sa carrière sans pour autant s’en donner complètement les moyens.

Malgré le changement de style, « Vivant » devrait ravir les aficionados de Suarez. Après l’étonnement, nul doute qu’ils y adhéreront...

Enfin, comme sur chaque LP, Pinilla et les N’Java ont adapté un tube retentissant de la variété. En l’occurrence « Sarà perché ti amo », un titre interprété à l’origine par le groupe de musique populaire italien Ricchi e Poveri, en 1981. Et si c’était la seule bonne nouvelle ?

Mumford & Sons

Delta

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Il faut avouer que votre serviteur n’a pas manifesté une motivation folle lorsqu’il s’est décidé à écouter « Delta », le nouvel album des machines de stade que sont devenues Mumford & Sons. Mis en forme par le ‘super-producteur’ Paul Epworth, il s’agit de sa quatrième livraison. La formation y prétend adapter son folk ancestral dominé par les banjos aux sonorités modernes. Mais le résultat est plutôt éclectique, oscillant entre ballade tire-larmes (« Beloved »), compo (sur)-orchestrée (le sirupeux « If I Say »), détour autotuné devenu aujourd’hui quasi-obligatoire (« Darkness Visible » … mais n’est pas Bon Iver qui veut), indie-folk à la Alt-J (« Woman ») et hymnes pop à reprendre en chœur (« Guiding Light » ou encore le moche « Slip Away »). Plus guère de trace des racines folk mais une succession de hits très produits lorgnant davantage vers Coldplay que Trampled By Turtles. Un produit finalement aseptisé qui ne risque pas de me rabibocher avec ce band britannique…

Throwing Muses

Sun racket

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Sept ans déjà que Throwing Muses n’avait plus publié d’album. Paru en 2013, il s’agissait de « Purgatory/Paradise ». Ce qui n’avait pas empêché Kristin Hersh de poursuivre sa carrière solo. « Sun racket » constitue donc le dixième elpee des Muses, une œuvre mise en forme par le collaborateur de longue date, Steve Rizzo.

Première constatation, la formation n’a rien perdu de son pétillant naturel. Bien que très souvent imprimées sur un mid tempo, les compos sont viscérales, noueuses, percutantes, déchirées entre tendresse et sauvagerie. Et puis, il y a la voix de Kristin, une peu rauque, susceptible d’osciller d’un chuchotement tourmenté à un cri d’angoisse, en passant par le gémissement, l’incantation et la douceur. C’est du rock, en général, bien électrique, aux percus vivaces et à la ligne de basse profonde et solide. Des compos au lyrisme poétique, mystique, et pour la circonstance, liées au symbolisme de l’eau.

Découpé en 10 pistes, cet elpee s’ouvre par « Dark blue », un morceau propulsif, aux riffs de guitare grinçants et à la rythmique métronomique, presque en boucle. Des riffs qui grésillent et crépitent, tout au long de « Bo Diddley bridge »

Valse, « Bywater » projette des images surréalistes et évocatrices d’un poisson rouge baptisé Freddie Mercury.

Doux-amer, « Marie Laguna » se révèle plus atmosphérique. Chatoyantes les cordes de gratte finissent pourtant par devenir discordantes. Discordantes comme sur « St Charles », une compo plus expérimentale et aux percus arides, réminiscentes de Tom Waits.  

Piste la plus longue (4’58), « Frosting » se transforme progressivement en crescendo flamboyant.

« Upstairs Dan » se consume lentement, une forme de noisy à la limite du drone.

La voix est particulièrement tourmentée tout au long du ténébreux, onirique et énigmatique « Kay Catherine », une piste au cours de laquelle les cordes sonnent comme celles d’un banjo. Dans le même registre, « Milk at McDonald’s » adopte un format davantage semi-acoustique.

Le long playing s’achève par « Sue’s », une dernière valse. Atmosphérique ou plus exactement aquatique. De quoi en revenir au thème de l’album.

Excellent !

Nap Eyes

Snapshot of a beginner

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Deux ans après avoir gravé l’excellent « I’m Bad Now », le quatuor canadien nous propose son quatrième opus. Pour la réalisation, la formation a confié la mise en forme à deux pointures de l’indie-rock ; en l’occurrence Jonathan Low (The War on Drugs, Strand of Oaks) et James Elkington (Steve Gunn).

Les textes de Nigel Chapman, critiques sociologiques, sont interprétés d’un ton déclamatoire par Chapman. C’est le seul fil rouge de cet LP. Les plages sont parfaitement soutenues par des guitares tour à tour slide, énergiques ou plus harmonieuses. Le tempo fluctue suivant les pistes, oscillant, par exemple du paisible « Fool Thinking Ways » au plus rapide « If You Were in Prison ». Jamais, on ne s’ennuie à l’écoute de « Snapshot of a Beginenr ». Et les mélodies se révèlent au fil des écoutes.

L’indie-folk/rock du groupe d’Halifax n’a jamais paru aussi incisif. A l’instar des excellents « Even Though I Can’t Read Your Mind » et « Mark Zuckerberg », titres qui lorgnent parfois vers Neil Young, War on Drugs ou encore Wilco.

Nap Eyes vient de franchir un palier supplémentaire dans son parcours. En espérant que cette progression puisse lui permette d’accéder à la reconnaissance… qu’il mérite amplement…

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