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Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce…

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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

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Chroniques

Rest in Gale

Tombola

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Fondée en 2014, Rest in Gale est une formation originaire de Romainville, une commune française sise dans le département de la Seine-Saint-Denis, en région Île-de-France. Et « Tombola » constitue son premier elpee. 

Mais ce qui frappe d’abord, c’est la voix de Julien Howler, un baryton caverneux, spectral et tourmenté, souvent déclamatoire, qui évoque tour à tour Paolo Conte, Fred Schneider (The B-52’s), Peter Murphy, Frank Zappa et même Michael Gira, sur la ballade country « Sweet disease ».

Les plages de « Tombola » sont, en général, élaborées, embrassant parfois des styles différents, au sein du même morceau, un peu comme chez Tuxedomoon. Le cuivré « Bateau ivre », malgré ses guitares jumelées et son riff emprunté au « London calling » du Clash, en est certainement le plus bel exemple. Souligné de chœurs, le romantique « Page blanche » bénéficie d’une jolie mélodie alors que « Dream(z) » cumule voix rapée, dans l’esprit de Beck voire de Ian Dury, solo de guitare et drumming tribal. Plus étonnant encore, « Amari » s’ouvre sur un rythme latino avant d’adopter des accents balkaniques orientaux. Meilleure plage du long playing, « The evil electric fall » est imprimé sur un tempo new wave, invite une guitare surf, avant qu’en fin de parcours des voix gouailleuses se manifestent. Enfin, enlevé, « Is it better » est rogné par des claviers vintage, dans l’esprit de Question Mark & The Mysterians. A la « Tombola » Rest in Gale a peut-être gagné le gros lot !

Prévue ce 26 novembre 2020, la sortie de l'album a été reportée au 29 janvier 2021.

Cabaret Voltaire

Shadow of fear

Écrit par

Throbbing Gristle et Cabaret Voltaire sont considérés comme des pionniers de la musique industrielle. Issu de Sheffield, Cabaret Voltaire s’est surtout illustré de 1974 à 1994. D’abord sous la forme d’un trio. Jusque 1981, moment choisi par Chris Watson pour devenir ingénieur du son à la BBC. Mais surtout d’un duo impliquant Richard H. Kirk et Stephen W. Mallinder, ce dernier assurant également les parties vocales. A l’issue de la séparation, Mallinder prend une longue pause, s’exile en Australie pour devenir docteur es musicologie, mais revient début du millénaire pour reprendre le collier notamment au sein de Wrangler et Creep Show. Outre sa carrière solo, Kirk multiplie les projets (Electronic Eye, Vasco de Mento, Sweet Exorcist, Sandoz et la liste est loin d’être exhaustive). Puis en 2014, il relance Cabaret Voltaire, mais en solitaire. En 2019, il enregistre « Chance Versus Causality », la bande originale officielle du film de Babeth Mondini, sorti en 1979. Et enfin, cette année, « Shadow of fear », le premier elpee de Cabaret Voltaire en un quart de siècle. 

Kirk a utilisé un équipement vintage pour réaliser cet album. Un vieux Mac G4. Pace que son logiciel numérique est tombé en panne, au plus mauvais moment…

En résulte un elpee découpé en 8 titres qui synthétise un peu tous les styles explorés par Cabaret Voltaire, dans le passé. Depuis le dub à la techno, en passant par l’acid house, l’indus et le funk. Tout en restant résolument contemporain, un peu dans l’esprit d’un Aphex Twin qui se sert également d’un matos vintage…

Première constatation, il n’y a plus de chant, mais des voix échantillonnées, déformées, incantatoires, parfois plaquées sous la forme de slogans ou samplées (extraits de films policiers ou de discours prononcés par des politiciens véreux). La palette de synthés est large : orchestraux, atmosphériques, acides kraftwerkiens, dubby, cuivrés, frénétiques, etc. La boîte à rythmes est minimaliste, implacable. La guitare est déformée, tentaculaire, caustique. Tout un ensemble qui conduit à un climat sombre, claustrophobe voire sinistre. Mais qui devient carrément hypnotique lors des plages les plus speedées. Et puis, il y a les machines répétitives et froides qui font le reste.

Le tout premier LP du groupe de Sheffield, « Mixed up », était quelque part prémonitoire, évoquant les thèmes du chaos politique, de couvre-feux, de surveillance, de répression, de désinformation ou de surinformation… Traitant des thèmes de la corruption et de la destruction, « The power (of their knowledge ») nous rappelle que Cabaret Voltaire n’a jamais renoncé à dépeindre notre société qui, aux yeux de Kirk, se porte toujours aussi mal…

Bref Cabaret Voltaire fait du Cabaret Voltaire…

Kevin Krauter

Full Hand

Écrit par

Après avoir milité chez Hoops, comme bassiste, Kevin Krauter (pas très glamour comme nom de scène…) s’est lancé dans l’inévitable aventure solo, dès 2018, en gravant « Toss Up » … premier essai transformé. Ce natif de Bloomington (Indiana) nous propose son second chapitre. Intitulé « Full Hand », il traverse à nouveau l’atmosphère vaporeuse de l’indie-pop, sans jamais trop s’éloigner de celle fréquentée par ce doux rêveur de Mac DeMarco (« Green Eyes »). Dès l’intro, notre cerveau flotte au cœur des nuages, une sensation causée par la voix androgyne et les claviers cotonneux. Entre soft-rock aux réminiscences 70’s et r&b, « Full hand » est très réussi. Beau et bucolique à souhait, il lui manque cependant quelques mélodies fortes auxquelles se raccrocher durablement...

Protestant Work Ethic

My idea of fun

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« My idea of fun » serait le quatrième opus de Protestant Work Ethic, une formation viennoise dont le patronyme s’inspire d’un livre signé Max Weber, un personnage considéré comme un des fondateurs de la sociologie moderne. Pas la peine, cependant, d’y chercher un quelconque rapport entre l’essai du philosophe, économiste et politicien allemand et la musique de la formation autrichienne. Ce choix était tout simplement anecdotique.

Pour enregistrer ce nouvel elpee, le groupe a bénéficié du concours de Marin Siewert (Christian Fennesz, Kammerflimmer Kollektief, etc.) à la mise en forme. Simon Usaty en est le leader. Il se consacre aux guitares, au ukulélé, à l’accordéon et au banjo. Et chante d’une voix douce qui rappelle parfois celle de Cat Stevens. Il est soutenu par un drummer, un contrebassiste, des cuivres et un second vocaliste, mais également des musiciens de studio, parmi lesquels figurent des violoncellistes, flûtistes et préposés aux cuivres dont un sousaphoniste. Notamment ! Fondamentalement folk et minimaliste, la musique de PWE vire parfois à la prog. Pensez à Magna Carta, The Incredible String Band, Stackridge et surtout The Beta Band. Encore que parfois l’ombre du Genesis de « Trespass » se met à planer, mais sans les envolées du mythique band britannique. Bercé d’harmonies vocales sinusoïdales, « Oh, but I will wring your heart yet » réveille même le souvenir de Gentle Giant. On y croise également des chœurs angéliques ou fantomatiques, selon les morceaux, mais également un orgue à soufflets (« Halfway point »). La surprise, c’est cependant pour la fin. Tout d’abord lors de l’excellent « A fun weekend, again », qui après des notes de sèche jouées délicatement en picking, monte en crescendo, se frotte à l’électricité, invite un banjo et rebondit sur une basse caoutchouteuse. Et enfin, sur le dernier morceau, « Beached », au cours duquel les oscillations de claviers vintage mais liturgiques, nous replongent dans l’univers d’Eyeless In Gaza, malgré quelques accords de guitare surf…

you.Guru

Young adult fiction

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you.Guru est un trio polonais impliquant un drummer, un bassiste et un guitariste également préposé aux claviers, synthés et effets électroniques. « Young adult fiction » constitue apparemment son premier elpee, une œuvre instrumentale dont la musique campe un crossover entre post punk, krautrock, indus, noise, psychédélisme et bien sûr électronique, tout en laissant une part à l’impro.

Imprimés sur un tempo tribal, hypnotique, krautrock (Neu !), les deux premiers morceaux sont nappés de synthés vintage dont les sonorités sont très susceptibles de rappeler Terry Riley. Encore qu’une boucle de basse alimente « Switch on the truth » et une guitare scintillante, « Pure nothing ». Et ces synthés reviennent à la surface, à mi-parcours, sur « The secret way to reach Ben », une piste mystérieuse qui glisse progressivement de l’ambient au post punk avant de s’enfoncer dans le psychédélisme, sensation accentuée par des accords de gratte surf ou à consonances orientales. Mais c’est surtout la section rythmique qui communique cette impulsion post punk. Une structure qu’on retrouve sur « Holy sand », la guitare véhiculant des accents décapants ou chargés de reverb. Et sans les claviers, le ténébreux « Acid Dance » adopte un profil semblable. Enfin, des percus indus en boucle cadencent « An animal song », une plage qui nous entraîne dans une transe ambiante, au cours de laquelle, à mi-course, des cordes de gratte commencent à crépiter …

PUP

This place sucks ass (Ep)

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En 2019, ce combo canadien (NDR : il est issu de la région de Toronto) avait décroché le prix ‘Juno’ de l’album alternatif de l’année pour « Morbid stuff ». Il est de retour pour un Ep pas piqué des vers (NDR : ce titre ?) Découpé en 6 pistes, il recèle une cover plus rapide du tube de Grandaddy, « A.M. », les paroles langoureuses et moelleuses du morceau contrastant avec la frénésie de l’expression sonore. Pas étonnant quand on sait que le synthé est ici remplacé par une guitare saturée. Tranchante, elle grésille sur l’hymnique « Rot », une plage qui traite de la lutte permanente contre le dégoût de soi. Le débit vocal est bien punk, mais le refrain s’avère particulièrement mélodique, un peu comme chez Helmet. Comme la plupart des refrains des autres morceaux, d’ailleurs. Il se révèle même contagieux sur « Anaphylaxis », malgré son couplet frénétique et ses cordes de gratte lancinantes ; et on se surprend même à siffloter le refrain. Plus proche de l’indie rock, « Nothing changes » lorgne vers Green Day et Ash. Chargé de groove, parfois menaçant mais surtout virulent, « Floodgates » alterne grattes claustrophobes, grondantes et même gémissantes. Une frénésie qu’on retrouve sur le final « Edmonton, 1’ de punk hardcore au cours duquel on entend à peine le chanteur Stefan Babcock qui tout au long de cet Ep, exprime sa colère de manière malsaine, dangereuse et même violente en traitant de la mort de l’anxiété et de la douleur physique.

Solaris Great Confusion

Untried ways

Écrit par

Ex-guitariste d’Orignal Folks, Stephan Nieser a monté son propre projet Solaris Great Confusion. « Untried ways » constitue son second elpee, un disque qui fait suite à « Some Are Flies », paru en 2016. Pour enregistrer ce nouvel opus, il a reçu le concours d’amis musiciens, en compagnie desquels, il a tourné pendant deux ans, dont la violoncelliste Elise Humbert, l’accordéoniste Yves Béraud, le guitariste Aurel Troesch, le batteur Jérôme Spieldenner, le bassiste Foes Von Ameisedorf et Jacques Speyser aux chœurs. ‎ 

« Untried ways » baigne dans une forme de folk contemporain inspiré par Bill Callahan (Smog), Cass McCombs, feu Fred Neil, Howe Gelb ou encore Tim Hardin. Délicate, la guitare est jouée en picking. Certaines compos bénéficient d’arrangements orchestraux soignés. Les interventions au violoncelle accentuent l’aspect mélancolique des compos. Plus allègre, « She kissed my forehead » est parcouru d’un synthé gracile. Coloré par un zeste de clavier rogné mais un peu plus allègre, « So close to me Marlene » émarge à la country. Particulièrement romantique, le titre maître aurait pu figurer au répertoire de Sophia. Et « I wish I was blind », partagé par une voix féminie, à celui de Tindersticks. Faut dire que le timbre voix campe régulièrement un baryton profond. Paradoxalement, « That fellow’s got to swing », plage qui clôt l’opus, baigne au sein d’un climat proche de Mercury Rev. On épinglera encore la reprise du « The age of self » de Robert Wyatt, une piste qui réveille, en notre for intérieur, la lutte des classes. Superbe !

8

Temps Calme

Circuit

Écrit par

Trio lillois, Temps calme réunit le guitariste Olivier Desmulliez (Ed Wood, L’objet), le claviériste Samuel Allain (Black Bones) et le drummer Nicolas Defrande (Louis Aguilar). Après un premier Ep éponyme paru en mai de l’an dernier, il vient de sortir son premier opus. Intitulé « Circuit », il n’émarge certainement pas au krautrock, comme on a pu lire sur la toile, mais plutôt à une forme de dream pop bien contemporaine et très susceptible de virer au néo prog. Des références ? Beach House, Animal Collective et M83. Quant aux nuances prog, elles sont tellement subtiles qu’au fil des écoutes, on en découvre des nouvelles. Une chose est sûre, la musique est atmosphérique, mais le climat est loin de se cantonner au Temps Calme… Il serait même plutôt nuageux, brumeux, perturbé, parfois même menaçant, mais sans pour autant subir orages ou tempêtes.

L’instrumentation organique (guitare, batterie) et électronique (claviers) varie constamment les mouvements, s’autorise de superbes et puissantes envolées instrumentales, alors que soignées, mais jamais envahissantes, les harmonies vocales sont… célestes. Les mélodies et l’expérimentation, parfois aussi les bruitages, partagent un espace ‘temps’ bien maîtrisé. Les interventions de gratte sont élégantes. Parfois surf. Les synthés s’aventurent même dans le passé. Les spectres de Genesis (NDR : cette sonorité de mellotron sur le cosmique « Solheimasandur ») ou encore de Tangerine Dream (celles en boucle qui ouvrent « Aïko ») se mettent furtivement à planer. Peut-être celui de Hatfield & The North sur « Bunny Breckinridge ». Mais le long playing nous réserve d’autres surprises. A l’instar d’« Aquafalling ». Entraîné par le rythme de la salsa, il pourrait servir de B.O. de film. Ou du plus pop « Monstera ». A cause de la conjugaison des voix qui envoûte comme chez Girls In Hawaii… Brillant !

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