Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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Le parfum de vie de Goudi

Pierre Goudesone, alias Goudi, trace son chemin musical depuis la fin des années 80. Après s’être fait connaître en compagnie des groupes Flesh & Fell et Speaking T, il poursuit aujourd’hui une carrière solo. Son univers musical riche et profond l’a conduit à…

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Chroniques

The Rebel Assholes

(Headed) for dysphoria (Ep)

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Les vieux briscards punks de Montbéliard sont de retour et nous proposent un Ep 5 titres qui s’inscrit à nouveau dans l’esprit de leurs comparses Burning Heads ou des cultissimes Bad Religion. La combinaison est connue mais toujours aussi diablement efficace : riffs percutants, mélodies imparables et ‘high’ énergie (« Heads on Pikes ») ! Rien de révolutionnaire mais une formule qui marche. Très bien huilée, elle bénéficie du concours de l’Espagnol Dani Llamas (G.A.S. Drummer) sur « A New World in our Hearts ».

Lucidvox

We are

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Lucidvox est une formation russe, issue de Moscou très exactement. Fondée en 2013, elle vient seulement de graver son deuxième véritable long playing, un disque enfin sorti sur un label international, en l’occurrence, Glitterbeat. Le premier « Моя Твоя Земля » dépassait à peine les 30 minutes. Mais en 7 années, le quatuor féminin a quand même gravé toute une série d’Eps et de singles.

La musique de Lucidvox puise son inspiration, à la fois dans le rock au sens le plus large du terme et le folklore russe. Les compos sont d’ailleurs interprétées dans sa langue natale.

Flûtiste et chanteuse, Alina possède une superbe voix ; et quand elle se fait diaphane et mystique, on ne peut s’empêcher de penser à Lisa Gerrard (Dead Can Dance). A l’instar du titre qui ouvre l’opus, « My little star », une plage incantatoire, presque liturgique, enrobée de superbes harmonies vocales réminiscentes du Mystère des Voix Bulgares. Le ton est donné ! Et privilégiera souvent les ‘Heavenly voices’, parfois dans l’esprit d’Esben & The Witch. Cette voix peut cependant devenir impétueuse, comme sur « Knife », un titre imprimé sur un tempo métronomique, krautrock (Amon Düül II ?) et stimulé par une ligne de gratte raga. Un même rythme sur lequel évolue « Body », mais dont les accès métalliques renvoient au Black Sabbath du premier elpee. Tout comme sur l’enlevé « Amok », au cours duquel le chant ressemble à une litanie. Mais également « Around » une piste plus lente, aux cordes de grattes distordues, grinçantes, parfois arabisantes et illuminée par un drumming particulièrement ample. Suave et alanguie, cette voix plane tout au long de « You are », un morceau au cours duquel la basse claque alors que les cordes de gratte vibrantes dispensent des sonorités tintinnabulantes. Lancinante et vaporeuse, elle hante « Runaway », un titre à la ligne de guitare sinueuse, mais dont l’intervention à la trompette vire au free jazz, un peu comme dans l’univers de la prog. Un style également rencontré lors du final « Sirin », une compo envoûtante, exotique, enrichie par les interventions de la flûte et dynamisée par des drums luxuriants.

Lucidvox a choisi pour titre de son album « We are », car c’est ce qu’elles sont. Parce qu’elles sentent qu’elles peuvent être elles-mêmes. Très fortes. Tant à travers leurs personnalités qu’en tant que groupe…

Dope Body

Crack a light

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La scène de Baltimore jouit d’une solide réputation dans l’univers de l’underground. Y sont nés Animal Collective, Beach House, Dan Deacon ou encore Future Island. Notamment ! Mais également Ric Ocasek, David Byrne et surtout Frank Zappa !  

Et Dope Body mérite assurément d’en faire partie. « Crack a light » est d’ailleurs une œuvre à ne pas mettre entre toutes les oreilles. Il s’agit pourtant du quatrième elpee du band. Fondamentalement, les références de sa musique sont à chercher du côté de Brainiac, Jesus Lizard, Roomrunner ou encore Fugazi circa « Red Medicine » … Encore que « Clean & clear » et « Known unknown » lorgnent plutôt du côté de Warmduscher. Le premier morceau est aussi tranchant que menaçant. Frénétique et véhément, le second est imprimé sur un tempo presque techno. Une frénésie punk qui emporte l’exubérant « Curve » et le tumultueux « My man ». Le spectre des Stooges (« Funhouse » ?) plane tout au long des excellents « More » et « Hypocrite », deux pistes sauvages, offensives, aux grattes féroces, virulentes ou gémissantes et qui libèrent un fameux groove. « Mutant being » figure également parmi les morceaux les plus intéressants. Incantatoire, indolent, énigmatique, climatique, il finit par exploser dans le grunge, avant de se désintégrer à travers les bruitages. Les riffs pépient et grincent sur « Lethargic », un morceau caractérisé par l’exaltation du chant, et giclent tout au long de « Jer bang », dans un style rappelant un Helmet angoissé. Plus lourd mais atmosphérique, « Daylingt » se distingue par ses drums luxuriants et son vocal rapé. Sur les 14 pistes de ce long playing, on épinglera encore des morceaux expérimentaux, parfois partiellement décousus, anxiogènes, chaotiques ou encore déchirés par des guitares hurlantes. Mais une chose est sûre, ce « Crack a light » a le mérite de ne faire aucune concession…

Vianney

N’attendons pas

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Avec son regard malicieux, un visage de poupon, une coiffure de jeune premier et une empreinte vocale parfaitement identifiable, Vianney appartient à cette frange d’artistes qui fait le bonheur des (jeunes) dames depuis quelques années.

Agé de 29 ans, le beau gosse n’est pas resté inactif très longtemps, puisque si son dernier elpee éponyme est paru il y a quatre ans, il a développé divers projets, participé à ‘The Voice’ version française, comme juré, et vient de sortir, en pleine période de (re)(dé)confinement, un nouvel opus baptisé « N’attendons pas ».

Était-ce un signe prémonitoire ? Toujours est-il que le titre maître était destiné, au départ, à feu Johnny Halliday. Tout comme « J’ai essayé », par ailleurs, morceau qui figure également sur cet LP.

Artiste prolifique, Vianney poursuit son œuvre dans une parfaite continuité. Une ligne de conduite qu’il traduit dans une écriture simple, directe et accessible, mais traversée en filigrane par une grande sensibilité poétique, la douceur de la voix et l’ajout de cordes accentuant cette impression…

Tout au long de ce nouvel opus, l’auteur-compositeur-interprète se révèle davantage altruiste, intimiste et introspectif. Il nous réserve ainsi des contes parfois touchants, émouvants, dramatiques ou drôles comme « Beau papa », lettre d'amour à sa belle-fille, « Merci pour ça », écrit pour Karim, rencontré dans la rue et qu’on ne regarde pas ou encore « La fille du Sud », jolie déclaration/déclamation à la femme qui partage désormais sa vie. Bref une ligne du temps, un vécu et une réflexion profonde sur le genre humain, en abordant des thèmes qui lui sont chers comme l'amour ou la famille ; chacun d’entre nous devenant à la fois spectateur et auteur de ces histoires d’un jour ou de toujours…

Un album émouvant et très réussi…

The Spyrals

Same old line

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Jeff Lewis a fondé The Spyrals il y a 10 ans, à San Francisco. Sous son premier line up, la formation a gravé trois albums. Puis, le chanteur, guitariste et harmoniciste est parti vivre à Los Angeles, où il a formé un nouveau trio, en compagnie du drummer Dash Borinstein et du bassiste Michael McDougal. Et « Same old line » constitue le premier elpee de la nouvelle mouture du band.

Mais ce qui frappe d’abord, c’est la ressemblance entre la voix de Jeff et celle de Neil Young. The Spyrals lui rend d’ailleurs hommage sur « Bleed », une compo bien électrique, abordée dans l’esprit de « Rust never sleeps ». Donc du loner et de son Crazy Horse. Une intensité électrique qu’on retrouve, à des degrés divers, sur de nombreuses plages du long playing. A l’instar du titre maître qui ouvre la plaque, un morceau de blues/rock/garage qui devrait également ravir les aficionados des Stones. Dans le même style, « Goodbye » invite une guitare surf, alors qu’insidieusement, le spectre de « Variations pour une porte et un soupir » de Pierre Henry se met à planer. Les cordes de grattes grésillent et grondent tout au long de « Don’t turn me down ». Légèrement saturées, elles nous entraînent au cœur d’un swamp rock réminiscent du Creedence Clearwater Revival sur « There’s a feeling ». Chargées de reverb’, elles libèrent une étonnante aridité sur la valse « Just won’t break ». Et même lorsqu’elles prennent une forme semi-acoustique, elles en invitent d’autres, parcimonieusement, mais bien crazyhorsiennes, à l’instar du légèrement psyché « In your room » ou de la ballade mid tempo « Sympathy ». On en oublierait presque les interventions ponctuelles mais judicieuses de Lewis sur son harmonica, dans lequel il souffle, à la manière, de qui vous savez…

Côté lyrics, Jeff aborde les thèmes de l’amour, la dévotion, la nostalgie et le départ. Et pour que votre info soit complète, sachez que les morceaux ont été immortalisés sur un enregistreur Tascam à 8 pistes, histoire de leur communiquer un son très sixties. Pas mal du tout !

The Silence

Electric meditations

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The Silence est un quatuor issu de Tokyo, impliquant deux ex-membres de Ghosts ; en l’occurrence le chanteur/guitariste Batoh et le batteur Futoshi Okano. Le line up est complété par l’autre chanteur et bassiste Taiga Yamazaki ainsi que le saxophoniste/flûtiste Ryuichi Yoshida. Les présentations faites, passons à l’analyse de cet opus. Qui s’ouvre par l’excellent « Tsumi to Warai », une compo au cours de laquelle la structure guitare/basse/batterie et le saxophone fusionnent parfaitement, comme chez Hunters & Collectors, même si le sax s’autorise déjà un billet de sortie free et que la ligne de basse finit par épouser un profil syncopé. Une formule reconduite sur le tout aussi intéressant « I’m a man », une cover du classique de Bo Diddley, dont le groove primaire évoque les Standells. Enfin, pour les ¾ du morceau, car le reste dérive dans l’expérimentation. Une expérimentation pure qu’on retrouve sur « Improvisation », une plage qui porte bien son titre. « Butterfly blues » nous entraîne dans un univers déchiré entre funk et prog. Tel un papillon, la flûte volète entre le sax déchiqueté (Morphine ?) et les cordes de guitare lacérées ou ‘grésillantes’, selon… Des cordes semi-acoustiques jouées en picking mais également bien électriques alimentent « Meido Nisshi », une piste plus lente, dont l’intensité monte en crescendo. Caractérisé par son groove sombre et tumultueux, le titre maître véhicule à la fois des accents du swamp blues et de hard rock, une solution sonore troublée par d’inévitables remous de saxophone. Le long playing s’achève par « Tiña », un instrumental séduisant ; cordes de gratte frémissantes et flûte serpentine, bucolique ou free jazz alimentant cette plage presque cinématographique…

Emma Frank

Come Back

Écrit par

« Come Back » constitue le quatrième elpee d’Emma Frank, mais seulement le premier qui soit parvenu aux oreilles de votre serviteur. Le très talentueux Leif Vollebek décrit la musique de l’artiste américaine, comme du ‘cuivre sur de la soie’… Jolie métaphore ! Les compos sont sculptées dans un folk légèrement jazzyfiant et l’ambiance est définitivement éthérée (« Two Hours, Sometimes, Promises »). Elles rappellent même Agnes Obel ; d’ailleurs à l’instar de cette dernière, elles sont balisées par le piano. Les arrangements sont recherchés et collent parfaitement à la voix, d’une infinie douceur. Une belle œuvre ciselée dans le plus beau bois folk, même si elle souffre parfois d’une certaine austérité. On épinglera, en outre, la belle reprise du « Either Way » de Wilco.

Thelonious Monster

Oh that monster

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Thelonious Monster a donc connu trois vies ; soit de 1983 à 1994, de 2004 à 2011 et depuis 2019. Cependant son dernier long playing, « California Clam Chowder » (NDR : un LP sur lequel Josh Klinghoffer, le futur gratteur de Red Hot Chili Peppers –il y restera de 2009 à 2019, avant le retour de John Frusciante– s’était particulièrement illustré) remonte à 2004. Soit 16 longues années sans enregistrer de disque ! Ce qui explique sans doute, pourquoi, « Oh that monster » ne constitue que son 6ème album !

Le line up du sextuor implique toujours trois des membres fondateurs, soit le chanteur Bob Forrest, le drummer Pete Weiss et l’un des trois guitaristes, Dix Denney.

La formation californienne a décidé de sortir cet opus, le jour des élections américaines. Et ce n’est pas un hasard, quand on connaît les opinions socio-politiques de Forrest, des opinions qu’il traduit dans ses lyrics. A l’instar de « Buy another gun », une compo qui soulève le problème de l’insécurité dans les écoles, consécutive à la vente libre des armes aux States. Une plage dont la mélodie évoque Suede, alors qu’une jolie combinaison de grattes rappelle… Thin Lizzy. L’elpee s’ouvre par « Disappear », un punk rock enlevé aux guitares menaçantes, que chante Bob d’une voix glapissante. L’ombre de Dead Kennedys n’est pas loin… Power pop, « Falling behind », aurait pu figurer au répertoire des Cars (ces clappements de mains !), même si les petites touches de claviers sont rognées à la manière de Garth Hudson, le claviériste du Band de Dylan. « Trouble » bénéficie d’arrangements orchestraux ‘beatlenesques’ (« I’m the walrus ?) dans les refrains. Luxuriant « Elijah » se distingue par un brillant entrelacement entre cordes acoustiques et électriques. Des cordes semi-acoustiques élégantes, ensoleillées qui illuminent « Day after day ». « La Divorce » est sculpté dans un funk réminiscent de Bowie. Imprimé sur un drumming échevelé, « Teenage wasteland » véhicule des accents cuivrés, tout en réverbérant des échos mélancoliques (Undertones ?). Des accents qu’on retrouve sur « Sixteen angels », une piste au cours de laquelle le saxophone énigmatique vire au free jazz, dans l’esprit d’un Mel Collins (King Crismon), alors que ténébreuse, la ligne de basse adopte progressivement des accords syncopés. Une plage qui frappe à la porte de la prog ! Et l’album de s’achever par le psycho/country « The faraway », un morceau qui à mi-parcours, nous entraîne dans un monde visionnaire…

Un retour réussi !

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