La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

Winter adults only ?

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La Divine Comédie de Lora Gabriel

Lora Gabriel a trouvé sa voie en oscillant constamment entre les polarités pour mieux les réconcilier. Cette quête débute dès son enfance, lorsqu'un professeur de flûte traversière, au conservatoire, lui propose de chanter les notes qu'elle joue. Son premier…

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Chroniques

Earl Morbley

For you to hide (Ep)

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Earl Morbley, c’est le projet de Konstantin Heidler, un des trois membres du groupe viennois Vague. En Autriche, ce multiinstrumentiste jouit d’une solide réputation.

« For you to hide » constitue le premier essai d’Earl Morbley ; un Ep qui s’ouvre par le titre maître. Imprimé sur un tempo métronomique, il se distingue par des hurlements de guitare et des hululements du synthé (à moins qu’il ne s’agisse d’un thérémine). Dommage cette voix légèrement vocodée. Pas une bonne idée, car la suite du long playing révèle un timbre proche de Greg Dulli, mais en moins rauque. Et notamment sur le plus soul et groovy « The night’s alright », une compo qui lorgne vers Afghan Whigs, malgré le synthé aquatique et le peu de guitare. Et on pense de nouveau au groupe originaire de Cincinnati sur « Walk it off ». Konstantin chante en falsetto lors des couplets alors que le piano électrique jazzyfiant est manifestement hanté par feu Ray Manzarek (The Doors) sur cette plage soul imprimée sur un mid tempo métronomique. « The barrel » emprunte les premières mesures à la 5ème symphonie de Beethoven. Elles sont reproduites à la guitare électrique, tournent presque en boucle, et ne sont interrompues que pour virer au rock bien saignant. Le saxophone s’invite sur le slow nighclubbien (NDR : les mauvaises langues diraient crapuleux) « Churn the earth » et « It’s always snowing around me », un titre expérimental qui émarge carrément au free jazz. L’Ep s’achève par l’excellent « Cuddle me », une piste balisée par un riff et un rythme en boucle qui grimpe en intensité électrique, dans l’esprit du Velvet Underground. Très intéressant !

Travis

10 songs

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Le mélomane lambda imagine certainement que Travis a disparu des radars depuis un belle lurette et que son nouvel elpee coïncide avec une reformation récente. Pas du tout ! Fondé en 1990, le combo écossais ne s’est jamais séparé, même s’il y a eu du changement au sein du line up ; en outre, il a continué à se produire en ‘live’ et compte aujourd’hui 9 albums studio à son actif. Simplement, depuis 2003, il s’est toujours écoulé un temps certain entre la sortie de ses albums. Son tour premier (« Good feeling ») est d’ailleurs paru 7 ans après sa formation.

Pour enregistrer ce « 10 songs », le band a reçu le concours de Jason Lytle (Grandaddy), du maître de la steel guitar Greg Leisz (il a notamment collaboré aux albums de Ryan Adams, Beck, Eric Clapton, Joe Cocker, Joni Mitchell, Bruce Springsteen, Wilco et la liste est loin d’être exhaustive) et de Susanna Hoffs (Bangles) pour un titre. En l’occurrence « The only thing », une plage enrichie d’arrangements symphoniques, au cours de laquelle elle partage un duo avec Fran Healy. Des arrangements qu’on retrouve sur la ballade romantique classique, « Kissing in the wind ».

La plupart des compos sont construites sur des accords de piano sémillants. Ils sont même martelés tout au long de l’excellent « Valentine », un morceau qui s’ouvre en acoustique avant de virer à une forme d’électricité glamoureuse que n’aurait pas renié Elbow voire Blur. Le meilleur titre de l’opus !

Sans quoi on retrouve la voix mélancolique, parfois un peu gémissante de Fran, ces cordes semi-acoustiques et ce sens mélodique mélancolique qui rendent les chansons de Travis, si familières.

Energique, « A ghost » est hanté (?!?!) par Marcus Mumford, la piste s’autorisant un intermède au cours duquel piano, drums et (contre)basse adoptent un profil jazzyfiant.

Le reste du long playing nous réserve d’inévitables ballades romantiques qui devraient séduire le public féminin, des ballades parfois mid tempo ou encore soulignées de chœurs angéliques, à l’instar de « Nina’s song » ou de « Butterflies »…

Un album plein de charme mais qui nous replonge un peu plus de 20 ans dans le passé…

Sing Leaf

Not earth

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Etabli à Toronto, David Como, aka Sing Leaf, est à la tête d’une discographie plutôt conséquente, alors qu’il est pratiquement méconnu dans l’univers du pop/rock. « Not earth » serait son quatrième elpee, outre les singles et les Eps qu’il a déjà publiés.

David reconnaît pour influence majeure feus Mark Linkous (Sparklehorse) et l’écrivain et poète américain Richard Brautiga. Ce qui explique sans doute pourquoi, son œuvre mêle éléments pastoraux et surréalistes.

Découpé en huit titres, « Not earh » s’ouvre par le doux/amer « Easy on you ». Bruits étranges s’infiltrent tout au long d’une compo qui repose sur une sèche, dans l’esprit de Devendra Banhart. « Little magic » s’ouvre dans le même climat, puis s’électrifie subtilement au fil d’un morceau, malgré des synthés vaporeux…  Atmosphériques, ces claviers envahissent « Sunshine », une plage bucolique, épurée d’une flûte et dont la guitare ressemble plutôt à un instrument à cordes japonais ou chinois. On pense alors inévitablement à Mercury Rev. Tout comme lors de la piste finale « Out of the dream ». La voix est douce et harmonieuse. Complexes, les couches insufflent une touche enchanteresse au morceau. Ensoleillé, « Forever green » rappelle la douceur pastorale des 60’s ; et le toucher de cordes évoque Davy Graham voire Bert Jansch. Truffé d’effets spéciaux, « Honey eater » se révèle la plage la plus expérimentale. Enfin le baroque « Magnetic » adopte un profil plus électronique. A cause de ces synthés lo fi ou cosmiques et de cette boîte à rythmes, un peu comme si Talk Talk et Eyeless In Gaza avaient eu l’opportunité de bosser ensemble pour développer des expérimentations sur claviers…

The WRS

The WRS

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Premier elpee studio pour ce trio carolorégien. Découpé en 7 plages, il est éponyme. Le style ? Une forme de garage/punk revisité par le psychédélisme des 70’s. Imprimées sur un tempo sauvage, frénétique, voire tribal, les compos déferlent comme chez les Cramps voire The Experimental Tropic Blues Band. Mais il n’est pas rare qu’elles changent de rythme, parfois plusieurs fois au cours d’un même titre. Et le titre d’ouverture, « Magic powder » en est certainement le plus bel exemple. Une opportunité pour le gratteur d’intégrer ses interventions filandreuses ou brumeuses dans l’esprit d’Iron Butterfly, de Hakwind et surtout de Pink Fairies (NDR : à vos encyclopédies !). Instrumental exotique souligné de quelques chœurs, « Byzance » nous entraîne quelque part en Orient alors qu’incandescent, « Nobody is perfect but you » (près de 9’ quand même !) ondule tout en libérant un fameux groove. Même sans charbon, The WRS est capable d’entretenir le feu…

Twain

Rare Feeling

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Le mystérieux Twain a percé grâce à un post Facebook de Big Thief. Il s’agit un label ‘high quality’, à priori… La première écoute permet de découvrir la voix plutôt exceptionnelle de Mt. Davidson, rappelant parfois Jeff Buckley… L’émotion diluée est palpable dès l’inaugural et très ‘chair de poule’ « Solar Pilgrim ». Les mots visent juste et en plein cœur : ‘Life won’t last long / For those who hate it / For those who love it / It lingers on like a dream’ (Trad : ‘La vie ne durera pas longtemps / Pour ceux qui la détestent / Pour ceux qui l'aiment / Elle dure comme un rêve’). Des guitares cristallines, des giclées électriques (« Rare Feeling V.2 ») et de discrètes notes de piano (« Black Chair ») alimentent des mélodies sacrément bien ciselées (« Dear Mexico (Thank You for Joyce) »). Sculpté dans une sorte d’indie-blues cathartique, ce « Rare Feeling » redonne foi en l’humanité…

Thurston Moore

By the fire

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En septembre de l’an dernier, Thurston Moore avait publié « Spirit Counsel », un elpee expérimental et instrumental long de 2h30 partagé en trois titres seulement. Une sorte de symphonie avant-gardiste qu’il a reproduit partiellement en concert, et notamment dans le cadre du Sonic City, en novembre de la même année. Rappelant ainsi que les débuts de l’aventure Sonic Youth étaient bien moins accessibles que ce que le mélomane lambda pourrait croire. Née à la fin de la période no wave, c’est-à-dire au début des 80’s, elles étaient même chaotiques, atonales et furieusement abrasives. Ce n’est qu’au début des 90’s, que sa musique est devenue moins impénétrable, notamment après avoir signé sur le label major Geffen.

Pour « By the fire », Thurston n’a pas totalement abandonné ses desseins expérimentaux, mais il les a mieux équilibrés entre les différentes plages. Au sein du line up figurent toujours le guitariste James Sedwards et la bassiste de My Bloody Valentine, Debbie Googe, auxquels sont venus se joindre deux collaborateurs ; en l’occurrence Jon Leidecker aka ‘Wobbly’ (Negativland) et le drummer Jem Doulton. Sans oublier Steve Shelley, l’ex drummer de Sonic Youth, pour un morceau, et le poète londonien Radieux Radio qui s’est chargé de la plupart des lyrics ; des textes au message politique engagé ! Le long playing propose quand même 9 plages pour 83 minutes.

« Hashish » ouvre la plaque, Imprimé sur un tempo motorik, il se distingue par ses cordes de gratte chatoyantes, alors que désabusées, les inflexions vocales de Moore semblent empruntées à Ed Kuepper.

Libérant un fameux groove, « Cantaloupe » met en exergue la conjugaison grungy entre les cordes de Thurston et James, dans un esprit parfois réminiscent des 70’s. Pensez à Iron Butterfly…

D’une durée de 11’, le tentaculaire, « Breath » est découpé en plusieurs mouvements. Subtils, noisy ou bien rock, ils autorisent même un duo vocal entre Moore et Deb Googe ; un morceau qui s’achève dans la distorsion la plus sonicyouthienne…

« Siren » s’étend sur une minute de plus. Une forme de post rock –même s’il y a un peu de vocaux– à la mélodie mélancolique que n’aurait sans doute pas renié Explosions In The Sky ou 65daysofstatic. Encore que parfois, le spectre des ‘Frippertronics’ rôde…

La « Locomotive » et ses voitures ferroviaires parcourent plus de 17’. Ce train fantôme traverse différents paysages sonores dans un climat digne d’un thriller d’Alfred Hitchcock. Des ‘Frippertonics’ (NDR : on y revient !), des claviers floydiens, du rock mélodique chanté, des sonorités chatoyantes (Durutti Column ?) et on en passe défilent avant que le convoi ne vienne se fracasser dans un véritable chaos destructeur… Une référence au long métrage ‘Le pont de Cassandra’ ?

Vocaux éthérés et cordes de guitares semi-acoustiques chatoyantes alimentent l’intriguant « Dreamers work ».

Pas de drums pour « Calligraphy », mais uniquement guitare et basse enrichis par les bruitages électroniques de Leidecker.

Un Leidekcer qu’on retrouve tout au long de « They believe in love (when they look at you) ». Le tempo est obsessionnel. Le climat passe allégrement du crimsonien au thriller tourmenté et angoissant (le retour du train fantôme ?), même si à mi-parcours les inflexions vocales à la Ed Kueper refont momentanément surface…

Instrumental, « Venus » semble flotter seul dans l’espace. Déchiré entre angoisse et mysticisme, cette piste rappelle le respect que porte Moore à Glenn Branca…

Death Bells

New signs of life

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Issu de Sydney, Death Bells a décidé de s’installer à Los Angeles. Où il a enregistré son second elpee, « New signs of life », un album qui fait suite à « Standing at the edge of the world », publié en 2017. Drivé par Will Canning et Remy Vessels, le sextuor propose une musique sophistiquée (NDR : la production est particulièrement raffinée), fruit d’un cocktail entre post punk, cold wave, indie pop et alt rock. Chatoyantes, carillonnantes, incisives ou pétillantes, les sonorités des guitares, surtout lorsqu’elles sont conjuguées rappellent The Church (NDR : ce qui peut s’expliquer, quand on sait que le combo est également originaire de Sydney). Déchiquetées, elles lorgnent alors vers Interpol. Cotonneuse, la ligne de basse semble sortir en ligne droite des 80’s. Tout comme le drumming bien syncopé. Emphatique, la voix évoque tour à tour Paul Banks (Interpol) ou Garce Allard (Sad Lovers and Lovers & Giants). Délicates, volatiles et atmosphériques, les petites touches de synthé rappellent également SL&G (« Sacred », « Two thousand and twenty »). Et certaines compos bénéficient d’interventions au saxophone, mais en bien moins omniprésent que chez Psychedelic Furs. Quant au sens mélodique, il est, en général, plutôt proche des Smiths. Maintenant, toutes ces références –particulièrement élogieuses– sont à nuancer suivant les morceaux. Bref, un chouette album, même si l’excellence de la mise en forme risque de cabrer les puristes de l’indie rock…

Delage

Twist & doubt

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Votre serviteur n’est pas un grand fan d’électro ou se synth/pop, hormis lorsque cette expression sonore est ou originale ou vraiment accrocheuse. Et Delage, projet de Till Hormann cumule ces deux critères. Un projet pour lequel cet Allemand établi à Amsterdam est épaulé par un préposé aux synthés et un bassiste ; le leader se consacrant également aux synthés et à la guitare, mais surtout au lead vocal. Ses chansons, il les interprète dans la langue de Goethe (souvent), de Shakespeare (parfois) et de Molière qu’il invite uniquement sur « Liebe is rot ». Malgré la basse cold wave, les compos ont un petit goût suranné (NDR : l’elpee recèle au moins trois valses !) qui parfume parfaitement cette musique… romantique. A cause de ces claviers minimalistes subtils et/ou vaporeux (New Musik ? Ultravox ?). De cette boîte à rythmes kitsch, mécanique. De cette voix de crooner désabusée, un peu cabaret, très susceptible de rappeler celle de John Maus. Et puis de ce sens mélodique très affûté. Il y a bien quelques accords de guitare, mais bien que régulièrement déchiquetés, ils se fondent plutôt bien dans l’ensemble. Tout comme les interventions du saxophone, qu’on remarque lors du final enlevé, imprimé sur un tempo new wave, « Heartshape ». « Twist & doubt » constitue le second opus de Delage et il fait suite à « Loverboy Beatface », paru en 2018. 

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