New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare,…

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Bienvenue dans le monde civilisé de Ghostwoman…

Ghostwoman est un duo réunissant Evan Uschenko et Ille van Dessel. Il est canadien et elle est belge. La paire s'apprête à sortir son nouvel album, "Welcome to the Civilized World", le 5 septembre et partage aujourd'hui son nouveau single, "Alive". Evan…

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dEUS - 19/03/2026
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Chroniques

Coma

Voyage Voyage

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A l’heure du coronavirus, la découverte d’un album intitulé « Voyage, voyage » par un groupe baptisé Coma a de quoi vous plomber le moral ; cependant, si vous êtes de nature optimiste, cet opus devrait vous permettre de vous évader le temps de 10 morceaux. Histoire de ne pas s'enfoncer un peu plus dans cette atmosphère morose, nous prendrons la seconde option afin d’aborder le long playing.

Réunissant Georg Conrad et Marius Bubat, ce duo a gravé deux elpees avant de d’être repéré par le prestigieux label berlinois City Slang (Tindersticks, Calexico, Caribou, …) Une belle récompense qui nous autorise à découvrir aujourd’hui le nouvel LP de ce tandem allemand. La musique de Coma agrège électro-pop et lounge. Taillée pour les clubs (quand ces derniers réouvriront), ce cocktail est également efficace en écoute à la maison. Coma combine à la perfection piano, guitare, batterie et synthés mais en y ajoutant des éléments électroniques. Tout en restant vaporeuse et mélancolique, sa musique s’avère captivante et énergique. On passe tout en douceur de morceaux principalement instrumentaux tels que « Snurrebassen » à des titres plus pop comme « Spiracles » ou encore « A-train ».

Au moment de conclure, soit au bout des 40 minutes imparties à cet album, il faut avouer que l’ensemble tient bien la route et qu’on en reprendrait même une dose. Et au fil des écoutes, certains titres finissent par sonner comme des tubes...

Death Valley Girls

Under the spell of joy

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Death Valley Girls est un quatuor californien (issu de Los Angeles, très exactement) drivé par la chanteuse et multiinstrumentiste Bonnie Bloomgarden et le guitariste Larry Schemel (drummeuse, sa sœur, Patty, a sévi chez le Hole de Courtney Love et Juliette and the Licks). « Under the spell of joy » constitue déjà son 5ème elpee, une œuvre de psyché-garage-gothic-rock plutôt singulière. D’abord à cause des lyrics. Influencés par les philosophes Terence McKenna et Mitch Horowitz, des écrivains responsables de thèses consacrées à l’ésotérisme, au mysticisme, à la métaphysique ou encore à l’eschatologie (discours sur la fin du monde ou des temps). Notamment.

Mais ce qui frappe d’abord, c’est la voix de Bonnie. Pas d’un bout à l’autre de l’opus ; mais quand même sur la plupart des plages. Une forme d’hybride entre David Surkamp (Pavlov’s Dog) et Siouxsie Sioux. Quoique traversé par un sax hurleur, l’hypnotique « Hey Dena » et le post punk « It all washes away » réveillent même l’esprit gothique des Banshees. Un saxophone débridé dans lequel souffle Gabe Flores, régulièrement, un peu à la manière de Steve MacKay (Stooges). Il s’éclate d’ailleurs sur le titre maître, un hymne martial et euphorique qui s’achève dans un chaos quasi apocalyptique. En outre, l’autre guest, Gregg Foreman (Delta 72), inocule ponctuellement ses sonorités de claviers rognées (un Farfisa ?), dont Clint Boon raffolait au sein d’Inspiral Carpets. Sans oublier cette forme d’innocence angélique apportée par les chœurs d’enfants.

Les compos sont imprimées sur un tempo vivifiant, post punk, krautrock ou velvetien, et même new wave sur « I’d rather be dreaming ». Il flirte avec le rock’n’roll tout au long de « Hypnagogia » et le fulgurant « Day miracle challenge », deux pistes colorées par un piano électrique jazzyfiant. Ajoutez-y du groove, des cordes de guitare électrique fuzz, gémissantes, offensives ou chatoyantes, selon les morceaux, et vous obtiendrez un long playing qui mérite assurément de figurer dans le Top 20 de votre serviteur.  

Slow Pulp

Moveys

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Les circonstances extrêmement difficiles de la période qui a précédé la parution de cet elpee (bouleversements personnels, maladie de Lyme pour Massey et grave accident de voiture pour ses parents, une semaine avant la pandémie) ont véritablement cimenté l’amitié qui lie les musiciens de Slow Pulp. Faut dire l’origine du combo remonte à l’école primaire, fréquentée par Mathews et Stoehr, se produisant alors ensemble depuis la sixième année, tout en grandissant à Madison, dans le Wisconsin.

Aujourd’hui établie à Chicago, la formation nous propose son premier album. Intitulé « Moveys », il est découpé en 10 titres pour un total de 26 minutes. Entre noisy, shoegaze et dream pop, les compos naviguent à la croisée des chemins de Pale Saints, Swerverdriver et Ride. Plus noisy pop, le sinueux « Track » évoque même My Bloody Valentine. Faut dire que les harmonies vocales éthérées, en couches, et la voix diaphane d’Emily Massey accentuent cette impression. Chargé de nuances folk, « New horse » est sculpté dans des cordes de gratte acoustiques. Jouées en picking, elles sont empreintes de délicatesse. Des cordes qui scintillent tout au long de « Channel 2 », une piste que se réserve Alex Leeds, au lead vocal. Percutant, « At it again » se charge d’intensité électrique à mi-parcours. Une électricité qui devient de plus en plus cinglante, mais en se ménageant des tonalités carillonnantes, sur le groovy « Idaho », une plage imprimée sur un mid tempo qui aurait pu figurer au répertoire de Veruca Salt.

Bénéficiant d’interventions discrètes au violon dispensées par Molly Germer, collaboratrice d’Alex G, le brumeux « Falling apart » s’enfonce dans le slowcore alors qu’enrichi par le concours de Willie Christianson à la slide et à l’harmonica, le plus country « Montana » marche carrément sur les traces de Neil Young. Exquis !

The Homesick

The big exercice

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Formée en 2012, The Homesick est une formation issue du Nord des Pays-Bas. « The big exercice » constitue son second LP.

A l’instar de Parquet Courts et, plus récemment, de The Pottery, The Homesick puise une bonne partie de son inspiration, chez Talking Heads. On y retrouve cette ligne de basse caoutchouteuse et ses rythmes convulsifs très caractéristiques dans la musique de la bande à David Byrne. Et « Leap Year » ainsi que « The Big Exercice » en sont certainement les plus belles illustrations. Cependant, le trio ne se contente pas de calquer son expression sonore sur celle du célèbre combo de Rhode Island. Il l’aborde sous un angle baroque et tout particulièrement sur « What’s in store ? » et « I Celebrate My Fantasy ». Cependant, le meilleur atout de sa musique, c’est sa capacité à alterner plages paisibles (« The Small Exercice ») et noisy (l’excellent et nerveux « Male Bonding »).

« The Big Exercice » mérite vraiment qu’on lui prête une oreille attentive. En espérant qu’on puisse découvrir bientôt le combo en ‘live’ ! Croisons les doigts…

En publiant cet opus, le groupe s’installe en pole position, au sein de l’univers rock-indie batave. Pas pour rien que le label mythique label Sub Pop l’ait signé avant la sortie de « The Big Exercice » …

Selfless Orchestra

Great barrier

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Selfless Orchestra est un collectif réunissant des musiciens (violon, violoncelle, alto, flute, basse, piano, drums, guitares et water harp) et une choriste qui militent chez Karnivool, Last Quokka, The Weapon is Sound ou Injured Ninja… notamment. Pour enregistrer « Great barrier », il a également reçu le concours du Perth Symphony Orchestra. Découpée en 11 fragments, cette œuvre a été enregistrée en prise directe, sans montage.

Titre révélateur, « Great barrier » cherche à sensibiliser le monde à la protection de la Grande Barrière de Corail en Australie. Exclusivement instrumental, cet opus nous propose une musique cinématographique et épique qui aurait pu naître de la rencontre entre Godspeed You ! Black Emperor et Broken Social Scene auxquels Clare Torry (NDR : souvenez-vous de « Dark side of the moon » du Floyd) serait venue pousser des vocalises (NDR : pour la circonstance, il s’agit de Bhavani Naea). La plupart des compos sont construites par paliers, alternant crescendos et moments plus paisibles (au cours desquels on entend sporadiquement des chants de baleines), des mouvements qui atteignent parfois l’intensité cataclysmique.

Les prestations ‘live’ sont accompagnées de vidéos consacrées à ce combat destiné à sauver la grande barrière de corail…

Un groupe qui pourrait aisément revendiquer une place dans l’écurie Constellation…

Bruce Springsteen

Letter to you

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Le nouvel elpee du boss est dédié à des camarades décédés ; des musiciens qui figuraient, à une époque ou une autre, dans ses backing groups. Et tout particulièrement son saxophoniste Clarence Clemons, disparu en 2011 (E Street Band) et puis George Theiss, plus récemment, des suites d’un cancer. Ce dernier est l’avant-dernier membre de Castiles, band au sein duquel ils militaient au cours de leur adolescence. « One minute you’re here », morceau qui ouvre l’opus et « I’ll see you in my dreams », qui le clôt, évoquent le souvenir de ces défunts.

Coproduit par Springsteen et Ron Aniello, « Letter to you » traduit le sentiment de nostalgie éprouvé par l’artiste. Autant dans les lyrics que la musique. Alternant ballades mélancoliques et plages rock mid tempo, généreusement alimentées par les musicos de l’E-Street Band (Hammond, piano, drums, basse, sax, grattes électriques et acoustique), le 20ème LP studio du septuagénaire ne devrait pas perturber ses nombreux aficionados. Sur l’excellent « If I was a priest », compo qui date de 1972, et « Song for orphans », il emprunte des inflexions à Bob Dylan. On retrouve également l’un ou l’autre refrain hymnique. A l’instar de « Ghost », un rock flamboyant souligné de chœurs. On épinglera encore la très jolie mélodie de « Last man standing » et l’offensif « Burning train » ; mais il faut reconnaître que ses berceuses romantiques, parfois enrobées d’orchestrations symphoniques auraient plus facilement eu leur place sur le dispensable « Western stars ».

Lean Year

Lean Year

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Duo réunissant Emilie Rex et Rick Alverson, Lean Year nous vient tout droit de Richmond (Virginie). Rick est considéré comme une sorte de petit prince du slowcore. Il a milité chez Drunk et Spokane mais réalise également des films et des clips (NDR : pour Angel Olsen et Oneothrix Point Never, entre autres).

Eponyme, le premier elpee de Lean Year baigne dans les eaux troublées de l’indie-pop-folk. La voix d’Emilie est empreinte de délicatesse. Vaporeuse, boisée, indolente, la musique est discrètement filtrée par des guitares et des cuivres… Les fans de Low ‘likeront’ ; les autres beaucoup moins. Un disque parfait pour accompagner le télétravail…

Sunwatchers

Oh Yeah ?

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A peine un an après avoir gravé « Illegal Moves », Sunwatchers revient à la charge en publiant un nouvel opus intitulé « Oh Yeah ? ». Le quatuor new-yorkais se plait une nouvelle fois à casser les codes et à nous retourner sans que l’on s’y attende.

Réunissant Peter Kerlin (contrebasse), Jim McHugh (guitare), Jason Robira (drums) et Jeff Tobias (saxophone), la formation se frotte à l’univers trop peu exploré du free jazz. Oscillant à mi-chemin entre un Jaga Jazzist sous speed et le psyché/rock d’And So I Watch You From Afar, la musique Sunwatchers affiche fièrement son originalité.

L’elpee démarre sur les chapeaux de roues par « Sunwatchers vs. Tooth Decay », un morceau à l’énergie punk communicative et à la ligne de saxophone particulièrement efficace. « Love paste » embraie. Au départ relativement plus paisible, il monte progressivement en (superbe) crescendo. « Brown Ice », « Thee Worm Store » et « The Conch » sont imprimés sur un tempo plus enlevé. Les riffs de guitares croisent le saxophone en roue libre, les brisures de rythmiques se multiplient. Difficile parfois de comprendre comment les musiciens parviennent à retomber sur leurs pattes. Le long playing s’achève par « The Earthsized Thumb », une piste de près de 20 minutes. Caractérisée par son riff qui tourne en boucle, elle véhicule des accents psychédéliques très seventies, à travers les ondulations de la gratte électrique, mais permet de nouveau au sax de laisser libre cours à son inspiration. Surprenant !  

Exclusivement instrumental, « Oh Yeah ! » constitue certainement l’un des albums les plus intéressants et originaux de cette année 2020. À découvrir au plus vite ! 

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