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Miossec simplifie…

Miossec, le poète du Finistère, reprend la route avec "Simplifier", un album vibrant de sincérité et d’émotions brutes. Entre coups de cœur, coups de gueule et coups de blues, il continue de chanter la vie comme personne, avec cet amour immuable pour sa…

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Mamfredos

Mamfredos sans Juliette…

Écrit par

Mamfredos a tout récemment dévoilé le clip « Roméo » en feat avec Philippe Katerine, premier extrait de son Ep « Paillettes Discrètes ».

Grâce à ce clip animé, Mamfredos et Katerine inaugurent le dancefloor et annoncent l'arrivée d'un été décomplexé. Sous la boule à facettes colorée, on danse un cocktail à la main sur une électro pop désinvolte estampillée 80's : son propre son qui déjoue les codes de la scène pop actuelle nourrie d'auto-tune.

Sur les conseils d'Helena Noguerra, Mamfredos se lance en solo après avoir longtemps gambadé dans les studios des grands noms de la scène française. Dès ses premiers titres, sa pop nonchalante conquiert les médias (Glamour, Konbini, RTL2).

Le clip d’animation de « Roméo » en feat avec Philippe Katerine est disponible ici

 

Fred & The Healers

Tous masqués, sauf Fred et ses Healers…

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Après un peu plus de 3 mois d’abstinence, c’est le retour des concerts. Le Coronavirus est cependant toujours d’actualité. Les salles d’une capacité moyenne de 250 personnes peuvent rouvrir, mais leur capacité est limitée à 65 personnes. Tout en respectant les mesures de distanciation sociale. Que ce soit à l’entrée, dans la file ou dans la salle, tout le monde est masqué. Et les dispositions sont parfaitement respectées. La Zik Zak a organisé un Pango Tour Summer 2020. Il est nécessaire de s’inscrire et de réserver pour participer aux concerts qui se dérouleront tous les vendredis de juillet et d’août. Et c’est Fred flanqué de ses Healers qui inaugure la formule, ce 4 juillet 2020. A ma connaissance c’est une des rares salles qui propose une programmation au cours de ces deux mois d’été…

Jacques de Pierpont, alias Pompon, retraité de la RTBF depuis deux ans, mais toujours actif dans l’univers de la musique, explique le concept de ces spectacles, avant que Fred et ses Healers ne grimpent sur l’estrade…

Fred Lani avait à peine 17 ans lorsqu'il a fondé la première mouture des Healers. C’était en 1994. Elle impliquait son père, Jean-Marie ‘Papy’, à la basse, et Marc Lhommel, à la batterie. A l’époque, le combo pratiquait du Texas blues, inspiré par Stevie Ray Vaughan et Johnny Winter. Mais également du blues/rock, dans l’esprit de Rory Gallagher et Jimi Hendrix. En 2003, sous l’impulsion d’un nouveau drummer, Bruno Castelluci, sa musique s’est alors écartée résolument des sentiers battus pour embrasser une musique plus personnelle et métissée, mélangeant le blues à la pop et au jazz. Une nouvelle orientation concrétisée par l’album "Red ". Mais en 2004, après dix ans d’existence, le combo splitte. Et Fred disparaît un peu des radars. A titre exceptionnel, le groupe se réunit, le samedi 5 juin 2010, à l'occasion du 15e anniversaire du Spirit of 66 à Verviers. Finalement, en 2012, le groupe ressuscite sous un nouveau line up, impliquant Nicolas Sand à la batterie et Cédric Cornez à la basse.

Le nouvel opus de Fred & The Healers, « Désiré », doit sortir depuis 1 an et demi ; et ce soir, le band va nous en proposer quelques titres. Le set est séparé en deux actes. Sur les planches, le line up est renforcé par la présence du frère aîné, Bertrand Lani, à la seconde gratte.

Assez équilibré, le tracklisting sera partagé entre standards du blues et compos personnelles.

Les accords dispensés par Fred sur sa Telecaster sont tour à tour envoûtants, tranchants voire sanglants. Très roots, la section rythmique est solide. Bertrand a été biberonné au blues de Chess, à la soul de Stax et au strass des Glimmer Twins. Et on le ressent dans ses riffs. Les deux frangins sont plutôt complices.

Tout au long d’« All Your Love » (NDR : signée Willie Dixon/Otis Rush, cette composition a été popularisée par John Mayall et ses Bluesbreakers, au sein duquel militait alors Eric Clapton), Fred est dans son trip et sa gratte prend son envol. Tout comme lors du « Messin’ With The Kid » de Junior Wells & Bonnie Raitt. Un slow crapuleux survitaminé.

Le band revisite « The Last Time » des Stones. Blues crasseux, doux et langoureux, « Thank You For The Snack » est un extrait d’« Electerrified ». Un morceau qui incite les couples à envahir le dancefloor… masqués. D’ailleurs, il y a des amateurs près de la table de mixage. Deux amoureux égarés s’embrassent goulûment (NDLR : avec ou sans masque ?). Et quand la solution sonore passe au funk, Bertrand semble se réincarner en Nile Rodgers.

Fred avait déclaré qu’il était capable de jouer 3 h40. Finalement, ce soir, il n’était pas loin de son record. Et à minuit, il était toujours en pleine forme. Ce soir, il a de nouveau démontré qu’il était un des meilleurs bluesmen de Wallifornie.

Après 3 mois sans concert, les aficionados du blues étaient ravis. La musique revit. Vive le rock ! Merci à tous les passionnés de partager cette drogue dure. La semaine prochaine, ce sera au tour d’Antoine Goudeseune de se produire au Zik Zak, pour un récital consacré aux adaptations des chansons des Beatles, en picking…

Setlist : « Easy Baby », « All Your Love »,« Messin’ with the kid », « The last time », « Same Old Blues », « It Hurts Me Too », « Back To Basics », « Sidetracked », « Dark Soul » (Désiré »), « Bad Luck And Trouble », « Lovers Boogie », « 130 Signs » (« Désiré »), « Thank You For The Snack », « Take A Step back » (« Désiré »), « The Pulse » (« Désiré »), « AVD », « Remedy », « Another Me » (« Désiré »), « The Best Thing »,« Watcha Wanna Do », « Doyle the hunter », « New Generation », « Red Gunhand », « How long », « Going Down », « Psycho Boogie », « Roots N Roses 3 », « Tore down »

(Organisation : Zik-Zak et Rock Nation)

Fred & The Healers

Lani tous les lycaons sont rouges...

Écrit par

Fred Lani a fondé ses Healers à l'âge de 17 ans. En juin 1994. A cette époque, il pratiquait un rock teinté de blues dans la lignée des Gallagher, Hendrix et Johnny Winter. Dix ans plus tard, la formation s'est écartée résolument des sentiers battus pour embrasser une musique plus personnelle et métissée, mélangeant blues et sonorités pop et jazz. Une nouvelle orientation concrétisée par leur nouvel album " Red ". Et l'arrivée du nouveau drummer, Bruno Castelluci, y est pour quelque chose, c'est une certitude. L'occasion était donc idéale de poser la question à Fred lors du showcase accordé au Botanique, le 11 février dernier…

Comment s'est produite ta rencontre avec Bruno Castelluci?

On se connaissait déjà. Fin juillet début août, c'est-à-dire un mois et demi avant l'enregistrement de l'album, j'ai l'ai contacté. Je lui ai signalé que je m'étais séparé de mon ancien batteur et que j'avais envie de faire autre chose. Il m'a demandé d'écouter les maquettes, puis a marqué son accord. Assez rapidement, je dois le souligner.

Est-il un Healer à plein temps?

Il reste toujours un musicien professionnel mais il est membre des Healers à part entière. Il a enregistré l'album. Il participe à la tournée. Les Healers sont une priorité pour lui.

L'arrivée de Bruno a-t-elle poussé Papy Lani dans ses derniers retranchements?

Cette situation a suscité chez lui une émulation, c'est évident.

Pourquoi avoir conservé le nom Fred & the Healers ?

Vu le changement d'orientation artistique et de line up, j'ai d'abord pensé à opter pour un nouveau patronyme. Histoire de prendre un nouveau départ. Puis, j'ai réfléchi. J'ai pesé le pour et le contre. En fonction de notre image. Très bonne pour certains. Moins pour d'autres. Il m'a quand même été conseillé de garder le nom, ne fut-ce que pour la promotion ; car il est toujours très difficile de repartir de zéro. J'ai vécu cette expérience chez X3, un groupe que j'avais monté en compagnie de Willy Maze et René Stock. Même lorsqu'on connaît les gens du milieu, les journalistes, etc., il est quasi impossible d'être diffusé, d'être promotionné…

La pochette de ton nouvel album est rouge. Est-ce la seule raison pour laquelle tu l'as intitulé "Red" ?

L'animal reproduit sur la couverture est un lycaon (NDR : ce carnivore aux oreilles exagérément grandes est une espèce d'hybride entre chien et hyène). A l'intérieur du booklet, la couleur rouge domine des peintures rupestres. A l'instar du bleu, le rouge véhicule une forte connotation symbolique ; mais l'interprétation que l'on en donne peut être différente.

Parmi les plages de l'album, une seule a recours au terme "red", "Red gunhand". Y a-t-il une raison ?

La couleur rouge symbolise le monde contemporain. Celui d'êtres humains qui se déchirent et s'entretuent. Personnellement, c'est le rouge sang.

Une allusion à un certain Georges Bush?

Lui ou n'importe quelle autre personne qui milite pour ces mêmes idées. Les mots sont peut-être sévères, mais d'autres que moi ont des paroles encore plus dures. J'en suis bien conscient. Mais cette sévérité sera toujours moins forte que les propos tenus par ces gens qui profitent d'une diffusion internationale. Le message reste caricatural pour mieux le faire passer. Il est excessif, mais le public est tellement habitué à cette démesure que la formule peut aussi paraître trop classique.

A l'écoute des premières notes de la plage d'ouverture, on est sous le choc. Est-ce la conséquence directe de la présence de Bruno Castelucci ?

Oui, c'est évident. Et elle l'est sur tout l'album.

Plusieurs plages transpirent un feeling rock indéniable : "Change", "Hold on" et "Pay the price". Une raison ?

"Change" a d'abord été diffusé à la radio, pour susciter l'intérêt du public, pour rappeler notre existence. Il fallait un single pour relancer la machine. "Pay the price" véhicule le même type de message que "Red gunhand". Je me suis rendu compte qu'on ne voyait du monde que ce qu'on voulait bien nous montrer. Que tous les regards étaient toujours concentrés sur la même personne ou quiconque se comportait de la même manière…

L'album recèle quelques ballades comme "So good", "Red gunhand" ou "In your dreams", des morceaux qui mettent en évidence tes qualités vocales. Une explication ?

Pour moi, l'exercice du chant est très difficile. Je n'ai jamais pris de cours dans ce domaine. Ma voix est encore trop jeune et pas assez mûre, à mon goût. Mais tant mieux si elle se bonifie.

Pourquoi avoir eu recours à un son reverb aussi spécial sur "Little moon", un des titres les plus proches du blues ?

L'accordage est un peu bizarre, tordu si tu préfères. Presque toutes les cordes sont dans la même note pour produire un effet très aérien. Mick Taylor pratiquait cette technique à la slide quand il était chez les Stones. "Little moon" est une chanson assez désabusée sur la conscience et la vérité. Elle est traduite, en anglais, d'un poème écrit par Denys-Louis Colaux.

L'elpee laisse également un espace à l'une ou l'autre plage qu'on pourrait qualifier de fusion ; et je pense tout particulièrement à "Almost blind". Une explication ?

"Almost blind" part dans tous les sens. C'est un morceau complet, très agréable à jouer. Un des titres que je préfère. Et Bruno l'adore. Il s'est amusé comme un fou de passer du funk au swing, d'y glisser une suite d'accords jazz, avant de revenir à quelque chose de plus binaire. Il apprécie aussi beaucoup "The last song", mais il le joue très sobrement, sur un rythme un peu bossa-nova. Enfin, il était idéal pour lui de jouer "Never too late" avec les balais…

J'ai eu l'occasion d'assister au showcase le 11 février au Botanique. La formule est fort différente entre le live et le studio où tu pratiques du rerecording. Une raison ?

La plupart des morceaux ont été enregistrés 'live' en studio. J'y exécutais les soli, le chant et la basse en direct, en espérant pouvoir garder le plus de choses. Mais il est arrivé que je refasse une rythmique et un solo. Une guitare est consacrée à la rythmique, parfois une seconde reproduit la même rythmique, puis l'acoustique. Il est exact que pour concocter un album, on pense 'chanson', tandis qu'en live, on pense 'ambiance'.

Pour un premier concert, vous vous êtes plutôt bien débrouillés. D'autant plus que le public a réagi dès le départ. Satisfait ?

C'est clair ! Parce qu'il y avait le stress du premier concert. Et puis cette pression était accentuée, parce que le set était enregistré. Mais vu le peu de préparation, il faut reconnaître que ça c'est relativement bien passé. Une partie du public a suivi notre évolution. Il aime la musique que je pratique depuis mes 17/18 ans. Sa jeunesse et son aspect anecdotique. Il n'est pas vraiment connaisseur du blues, pas très mélomane. Mais sa fidélité lui permet aujourd'hui d'avoir un avis plus critique sur ce que je fais. Et sa fidélité, c'est un bon point !

"Red" n'est finalement pas un album facile ?

Le but n'était pas que ce soit facile. Cette musique véhicule un message. Et cet album encore plus. Parce qu'il est plus personnel.

Tu as joué en compagnie d'Alex Schultz sur la scène du Botanique. Une rencontre qui s'était déjà produite lors du Boogie Town 2002. Etait-ce prémédité ?

Il est arrivé le soir même à 17h. Je venais de terminer la répétition avec Papy et Bruno. Je lui ai montré les suites d'accords dans la loge, et cela lui a suffi. Contrairement à Junior Watson ou à Kid Ramos et d'autres maîtres et spécialistes du West Coast jump, des gens qui en fait ne connaissent pas toute la musique, Alex sent parfaitement l'harmonie et le jazz (NDR : il est d'ailleurs occupé à enregistrer un album de jazz). J'ai eu de longues discussions avec lui et j'ai appris énormément. Il m'a raconté avoir connu les mêmes limites que moi, s'être posé les mêmes questions, et m'a expliqué comment il a trouvé les réponses. C'est interpellant !

En rappel, tu as joué "New generation" en duo avec Alex. J'y ai ressenti une certaine alchimie entre vous deux, une communion avec le public. Tu ne l'as jamais enregistré?

J'ai essayé de l'enregistrer en studio mais j'ai dû le jeter, parce que le résultat n'était pas à la hauteur. Cette composition nécessite une atmosphère spéciale, beaucoup d'intensité. Mais il est vrai qu'avec Alex, ce moment de pure émotion, de magie de l'instant, s'est effectivement produit ; et j'espère pourvoir utiliser la bande télévisée pour en faire profiter mon public. En le mettant à sa disposition via le site internet. J'ai écrit ce morceau juste après l'enregistrement d'"Electerrified". Je l'avais déjà chanté dans les studios de la RTBF, pour l'émission de Marc Isaye. Je l'avais interprété avec l'ancien line up, mais il n'avait jamais atteint cette intensité.

Fred, il y a une dizaine d'années que tu as débuté. Penses-tu avoir atteint la maturité?

Paradoxalement, je dirai non ! Même si ma musique est devenue aussi posée, aussi personnelle. J'ai encore beaucoup de chemin à parcourir. Mais "Red" va dans la bonne direction, parce qu'il intègre tout ce que j'aime, dans l'esprit de ceux qui ont eu la même approche. Tu sais, Los Lobos, John Hammond lorsqu'il qui s'est associé à Tom Waits, G Love & the Special Sauce. Et puis, comme Elliot Murphy, j'aime aussi tout ce qui touche au folk. Par contre dans le domaine du blues, du blues électrique comme je l'aime, le blues joué par mes artistes favoris, j'ai constaté que s'engager dans cette voie n'avait pas de sens. Des milliers de guitaristes ont essayé de copier tous les plans de Freddie King sans même parvenir à approcher ce qu'il pouvait faire. Même ceux qui l'adaptent très bien aujourd'hui. Comme en West Coast. Ils sont très forts. Ils ont un excellent jeu de guitare. Ils possèdent le feeling pour le blues. Mais moi, je ne suis pas de là-bas. Je vis ici, en Belgique. J'adore faire des reprises de blues comme sur l'album de X3. Je m'y suis fait plaisir. Sur scène ou ailleurs. L'aventure vécue avec Willy et René a été incroyable. Mais je ne suis pas un guitariste brillant et érudit comme Marc Thijs. Que chacun reste à sa place !

Je sais que tu as effectué des études universitaires assez pointues Es-tu devenu un musicien pro?

J'ai un travail à temps plein. Je termine une thèse de doctorat et je travaille dans un centre privé de recherches. Dans le domaine de l'aéronautique, à Gosselies. Ce job me prend du temps. Mais il m'en reste suffisamment à consacrer aux Healers et à ma musique…

 

 

 

 

Fred & The Healers

Ceci n’est pas encore la release party…

Écrit par

Au départ, ce concert devait constituer la ‘release party’ du sixième opus de Fred and The Healers, « Live, Love, Evolve ». Mais suite à des problèmes de mastering et de pressage, cet LP n’est pas encore sorti. Pour marquer le coup, Fred a quand même prévu une petite surprise à ses fans ; et pour cause, 80 lauréats, tirés au sort au cours de cette soirée, recevront autant d’exemplaires d’un nouvel Ep, recelant 4 morceaux inédits…

Fred affiche un physique plus svelte. Il a manifestement perdu du poids. On peut même dire qu’il a fondu et a perdu ses rondeurs qui plaisaient tant à ses aficionados d’un certain âge ou d’un âge certain. Comme de nombreuses mamies, qui se sont déplacées pour assister au show. Sur les planches, le chanteur/guitariste est soutenu par le drummer Nicolas Sand, le bassiste Cédric Cornez ainsi que par son frangin, Bertrand, également préposé à la gratte. Leader de son propre band, ce dernier avait également participé au projet Fred Lani & Superslinger, mais n’a pas collaboré aux sessions du dernier elpee.

Le concert s’ouvre par « Easy Baby », un morceau signé Willie Dixon et chanté notamment par Magic Sam. La setlist va nous proposer trois extraits du nouvel LP. D’abord « Dark Soul », qui met bien en exergue les deux sixcordistes. Ensuite « The Pulse ». Et enfin « Laura », un blues lent émouvant dédié à la fille de Frédéric. Mais elle va surtout puiser dans l’ensemble du répertoire du groupe, et bien sûr, nous réserver quelques covers de bluesmen yankees qui ont marqué les sixties.

Le très rock « Doyle The Hunter » (« Hammerbeatmatic ») entame la deuxième partie du concert. Signé Otis Rush, « All Your Love » a été adapté par de nombreux artistes et/ou groupes, dont les Bluesbreakers d’Eric Clapton et John Mayall, Aerosmith, Stevie Ray Vaughan, Buddy Guy et bien d’autres. Tout au long de sa version, Fred y change son grain de voix tout en dispensant une version respectueuse de l’originale.

Au cours du set, de nombreux fantômes se mettent à planer : Jimi Hendrix, Steve Ray Vaughan, Johnny Winter, Rory Gallagher, Jimi Hendrix ou encore Albert King. Encore que parfois, certaines compos lorgnent carrément vers ZZ Top, The Cream, Humble Pie et même les Black Keys. Bref, ce plongeon au cœur d’un univers sonore qui a marqué les sixties et le début de seventies, période au cours de laquelle rock, blues, boogie et métal faisaient florès, même si parfois, certains titres épousent un profil carrément pop, a de quoi ravir le public lambda…

Lors de ce show, on s’imagine traversant les States de part en part, remontant le delta du Mississippi, depuis la Louisiane jusqu’au Minnesota, mais également en les sillonnant depuis les Appalaches vers la Californie, en passant par les plaines du Texas.

Les interventions aux cordes de Fred sont incisives, brillantes et chargées de feeling. Le toucher de cordes de Bertrand est davantage rythmique. Il communique une coloration country, voire americana, à certaines compos. Bref, ses initiatives sont rafraîchissantes. Et pour couronner le tout, la section rythmique est solide comme le roc(k)…

Après un aussi chouette concert accordé par Fred and The Healers, on a hâte d’écouter ce « Live, Love, Evolve »…

Setlist :

Partie 1 : « Easy Baby », « Dark Soul », « Another Me », « Psycho Boogie », « Laura », « Thanks For The Snack », « Buzzin Around », « 130 Signs, « How Long », « Boy Take A Step Back », « The Pulse », « Messin » With The Kid ».

Partie 2 : « Doyle The Hunter », « Back To basics », « All Your Love », « New Generation », « Remedy », « AVD », «  Same Old Blues », « The Best Thing », « Watcha Wanna Do », « Lovers Boogie ».

(Organisation : Zik Zak et Rock Nation)

Fred & The Healers

Hammerbeatmatic

Écrit par

Fred Lani avait à peine 17 ans lorsqu'il a fondé la première mouture des Healers. C’était en 1994. Elle impliquait son Healerspère, Papy X, à la basse et Marc Lhommel, à la batterie. A l’époque, le combo pratiquait du Texas blues, inspiré par Stevie Ray Vaughan et Johnny Winter. Leur premier elpee, tout simplement baptisé "First", tombe dans les bacs en 1997 et séduit rapidement leur public! Dans la foulée, le combo publie "I gotta leave". Soit, en 1998. "Electerrified" ne paraît qu’en 2001. Fred se lance dans une aventure plus personnelle en compagnie du notoire Bruno Castelluci, à la batterie. En 2004, la bande à Lani grave "Red", un elpee présenté en avant-première au Botanique. A la même affiche, figure un certain Triggerfinger… C'est ensuite le silence radio. Fred disparaît pour mieux revenir. Ce sera en 2013. Il engage deux nouveaux musicos, le bassiste Cedric Cornez et le batteur Nicolas Sand. Il ressuscite ainsi les Healers.

"Hammerbeatmatic" vient donc de sortir et constitue la meilleure œuvre commise à ce jour pour notre chanteur/guitariste qui affiche aujourd'hui 36 ans au compteur. La production et toutes les compos sont signées Frédéric Lani.

L'ouverture est largement électrique. Blues/rock, "Doyle the hunter" nous replonge à une époque où Jimi Henrix était un dieu vivant. Bien que déjantée, la guitare reste parfaitement sous contrôle. Une excellente entrée en matière. Changement de style pour "A man for a day", une folk blues intimiste, particulièrement mélodieux, paru –semble-t-il– en single, une plage qui monte progressivement en puissance. "Roots and roses" est un morceau écrit pour le festival du même nom qui se déroule chaque 1er mai au Centre Culturel René Magritte de Lessines. Il est vrai que Mr Roots & Roses, Frédéric Maréchal, naguère responsable du Boogie Town Festival de Louvain-la-Neuve, demeure l'agent des Healers. Oscillant entre rock et boogie, la piste est toujours hantée par le spectre de Hendrix. "Burning" porte bien son titre. De toute évidence inspiré par l'albinos texan, Johnny Winter, il est particulièrement brûlant ! Fred éructe ses vocaux de la même manière, et ses cordent slident également jusque la jouissance. Enrobée de chœurs, "Dreams" est une ballade roots qui ne manque pas de charme. Chargées de sensibilité, les cordes explorent tous les espaces disponibles. "Lover's boogie" est le boogie attendu. L’intro est digne de Canned Heat. Dr Boogie et Fred Maréchal ne doivent plus tenir en place. Pourtant la guitare restitue des accords plus proches d’un Billy Gibbons (ZZ Top). Le riff asséné à "AVD" est très percutant. Sans aucun doute, un élément de base de la ‘Hammerbeatmaticmania’. La section rythmique est à son avantage, une rampe de lacement idéale pour permettre à Fred de lancer ses scuds. La voix a fortement mûri et c'est bien la marque d'une progression. La machine de guerre est définitivement sur ses rails. Les brûlots se suivent : "The river bed", caractérisé par ses cordes incandescentes, le très ‘hendrixien’ (époque Band of Gypsies) "The best thing", l'incendiaire "Like a leaf". "Remedy" nous ramène vers les berges du Mississippi. La slide domine le sujet. Plage dynamique, "Scratch my back" n’est pas un titre de Slim Harpo, mais bien signé Lani. Enfin, en finale, "Another place" nous immerge dans le Delta, une compo au cours de laquelle le bottleneck est en plein délire…

 

Freddy Koella

Undone

Écrit par

Freddy Koella est originaire de Mulhouse, en France. Il est né en 1958, dans une famille très réceptive à la musique. Au cours des années 80, il milite chez Cookie Dingler, un groupe qui décroche alors un gros succès en publiant la chanson "Femme libérée". En 1990, il traverse l’Atlantique. Il s’installe à la Nouvelle Orléans d’abord, à Los Angeles ensuite. Il a alors l’opportunité de collaborer en compagnie de grosses pointures comme Bob Dylan, Zachary Richard, Willy Deville (avec lequel il tournera durant 12 ans) et même Carla Bruni Sarkozy !

Guitariste et violoniste, Freddy avait publié un premier opus, il y a déjà quelques années : "Minimal". "Undone", son second, est intégralement instrumental. Il a été enregistré en 2010, au Sunset Studio, à Los Angeles. Lors des sessions, il a reçu le concours du bassiste David Piltch et du drummer Jay Bellerose.

"Rio" ouvre l’elpee. Une plage intimiste et minimaliste au cours de laquelle Freddy caresse ses cordes parcimonieusement. Il s’insère d’abord prudemment dans le tempo imprimé par ses deux partenaires, puis il progresse, dissertant suivant son inspiration. Sa poésie visionnaire, champêtre, proche de la mélancolie, illumine "Calling you", une compo qu’il interprète seul à la gratte. Freddy reprend courageusement son chemin en "Walkin in G". Il est suivi par David et Jay. Le son est torturé. Nouvel interlude pastoral, "Covington" est profilé sur les cordes, face aux interventions pudiques à l’accordéon d'Alexandre  Leauthaud. Telle une marche lente, accablante, "Elephant" marque ses pas au rythme des percussions. Et une forme d’extase semble enfin atteinte, lorsque l’artiste pince ses cordes pour en extraire de petits gémissements jouissifs. Ballade légère, aérienne, "Snow" observe les flocons de neige qui tournoient devant un soleil blafard. Koella n’accorde jamais à son blues, le temps de s'épanouir. Il en émane une tension qui filtre à travers la beauté désespérée de "Broken dream". Fermez les yeux. Laissez-vous envahir par les étranges vibrations produites par cette solution sonore sans artifice. Vous esquisserez un sourire, même s’il est lent à se dessiner, traduisant alors un véritable ravissement… Freddy aborde "J45", comme un vieux songster qui regarde couler les eaux tranquilles de la rivière Yazoo, sise quelque part entre Jackson et Greenwood. "Undone" referme cet opus. Et nous quittons alors son univers secret, sans en avoir trouvé la clef. Il l’a emportée avec lui. Mystérieux et beau à la fois !

 

Fat Freddy’s Drop

Dr Boondigga & The Big BW

Écrit par

Essentiellement notoire pour ses longues ‘jam sessions’ et ses nombreux concerts, Fat Freddy’s Drop est un ensemble néo-zélandais. Issu de Wellington, très exactement. Son premier elpee studio, « Based On A True Story », est paru en 2005. Le style ? Un mélange de roots, de jazz, de reggae, de soul et de blues. Le line up ? Un septuor dont la technique est aussi redoutable qu’impressionnante. Impliquant de nombreux cuivres, un claviériste un guitariste et un Dj. Sans oublier Joe Dukie, chanteur au timbre délicat. L’année de leur formation, le combo a trusté les récompenses aux ‘New Zealand Music Awards’ (NDR : meilleur groupe, meilleur album, etc.) Ce qui lui a permis de partir en tournée à travers le monde.

Deuxième opus, « Dr Boondigga & The Big BW » évolue toujours dans le même style. Fat Freddy’s Drop s’abandonne très souvent dans de longues compositions qui pourraient se révéler lassantes au fil de l’écoute. Heureusement, les variations constantes et percutantes permettent d’accrocher l’esprit. Du tracklisting j’épinglerai cependant l’électro-jazzyfiant « Big BW », l’électro-dub « The Raft » et les reggae blues « The Camel » ainsi que « The Nod ». Bref, ce « Dr Boondigga & The Big BW » entretient une ambiance idéale pour celles et ceux qui rêvent de prolonger leurs vacances…

Fredo Viola

The Turn

Écrit par

Découvrir un album de Fredo Viola c’est comme ouvrir un coffre secret. Le bois est noble et le verrou argenté. Cette malle a été façonnée par un maître artisan. Tapissée à l’intérieur de soie rouge sertie de fils d’or, un bijou y est déposé. Un diamant ! Posé sur un socle, ce prisme à multi-facettes irradie l’espace qui l’entoure lorsque les rayons du soleil le traversent. Dessinant même un arc-en-ciel sensoriel, dont les différents faisceaux projettent tour à tour grâce, volupté, candeur, mysticisme et romantisme…

Mais qui est Fredo Viola, pour recevoir tant d’éloges ? Un Londonien pure souche. Au cours de son enfance, il a parcouru une bonne partie de l’Europe avant d’enfin poser ses valises aux States. Là bas, durant son adolescence, il se sent déjà attiré par le son et l’image. D’abord chanteur soprano professionnel au sein de la fameuse Bob Mitchell Boy Choir de Los Angeles, il décide de rejoindre la Grande Pomme, où son besoin de maîtriser ses ambitions sur la pellicule le rattrape et le pousse à suivre des cours de réalisateur, à la NYU Tisch School of Arts. Mais il ne souhaite pas abandonner ses expériences acquises ; et construit progressivement son univers, en combinant concepts sonores et visuels.

Son premier essai, « Red States », paraît sous la forme d’un Ep. Et déjà, à l’époque, on discerne cette faculté innée à utiliser toute émotion à des fins ludiques. « The Turn » confirme d’une manière flagrante une capacité de l’auteur à marquer sa génération. Les compos nous entraînent dans un univers féérique, magique, et autorisent, au passage, une sublimation des éléments. « The Turn » agrège harmonie classique et mélodie pop parfaite. Viola y crée le chaînon manquant entre Radiohead à Sigur Ros. Comme si Kate Bush avouait être la mère de Peter Kruder et Richard Dorfmeister. Comme si Sam Bean recomposait le « White Light / White Heat » du Velvet. Baignant au sein d’une atmosphère éthérée, volatile et palpitante, « The Turn » mystifie l’environnement qui tente de percer son mystère. Les envolées lyriques permettent à Fredo Viola de nous entraîner très haut au firmament.

Après avoir écouté un semblable elpee, on met un genou à terre. Et pour nous achever, Fredo nous offre un Dvd, en bonus. Un recueil de clips graphiques susceptible d’assécher la bouche, d’exciter les sens et d’hérisser les poils de la nuque à l’avant bras. Complètement bouleversé par l’expérience, il ne reste plus qu’à refermer le réceptacle, afin de le sauver dans le seul endroit où il mérite sa place : le cœur. Attention, vous êtes prévenus, cette œuvre peut changer le cours de votre existence… 

Fred Fisher Atalobhor

African Carnival

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Le label espagnol Vampisoul nous emmène dans le Nigeria de la fin des années 70 et des années 80 pour redécouvrir les travaux du tromboniste/chanteur Fred Fisher Atalobhor. Les vingt longs morceaux partagés entre deux galettes résument quatre albums parus respectivement en 1979, 1981, 1988 et 1990. Un aperçu d’une longue carrière entamée en 1972, mais toujours en cours. Fred a été l’initiateur d’un style musical baptisé ‘Asolo Rock’. En fait, un mélange ambitieux de reggae, de funk, de soul et de musique nigériane, enrichi par la voix de Fred et d’une belle section de cuivres.

Le premier cd résume à merveille le style ‘Asolo’ : des longs titres très mélodieux, traversés de phrases slogans et taillés pour les pistes de danse. Ce premier volume recèle les meilleurs morceaux : le reggae à la Heptones de « Say the truth » et « Open the door », le funk militant de « Asa-sa », les rythmes traditionnels de « Iye-ye-mu » ou les passages plus légers comme les funky « No Way » « Let Love Free » et « W.T.F.S. ». Sans oublier quelques slows rutilants (et un peu kitsch) comme « Happy Blue Night » et « The Beginning ». Bref, une belle collection de musique de variété ‘made in Nigeria’.

La première moitié du second tome propose des travaux plus tardifs. Ils ont moins bien résisté aux injures du temps ; la faute à l’utilisation plus effrénée de synthétiseurs et de boîtes à rythmes. Le résultat est nettement plus pauvre que les compos du premier disque. Les dix titres concoctés au cours des années 80 évoluent dans une tonalité plus locale, le son international n’est plus de mise. Fred ne chante quasi plus en anglais et le ton est moins insouciant, comme le prouve le commentaire de politique « Mercenary Go, Mercenary Come ». Parmi les plus belles plages de cette deuxième partie on épinglera quand même le mélancolique « Jolly Boy » et l’instrumentation décalée de « Cry For Peace ». Une compilation pas toujours facile d’accès, mais intéressante tout de même.

 

Freddy Red & The HotRails

If my first song don't hitcha (demo)

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Alias Rolf Lott, Freddy Red est de nationalité allemande. Leader du New Chump Change, ce chanteur/guitariste s’est établi dans le sud de l'Hexagone, voici déjà quelques années. Freddy Red & Hotails constitue son nouveau projet. Une nouvelle aventure musicale opérée sous la forme d’un trio. Eric ‘Dutch Stonewall’ Litaudon s’y réserve la basse, alors que les drums sont assurés circonstanciellement par Jeff Gauthier ou Stéphane Mekki. Lors de l’enregistrement de cette démo, immortalisée en octobre 2006 et mixée en septembre dernier, Jeff s’est chargé des percussions. Le booklet ne mentionne pas l’identité Rolf/Freddy. Pourtant c'est bien lui qui signe sept des douze plages.

La plage maîtresse ouvre l’opus. Le message de Freddy est clair : ‘Si ma première chanson ne vous plait pas, je me barre’. Pas de souci, c'est une bonne composition, très laidback, légère. Fred chante posément. Empreinte d’une sonorité feutrée, sa guitare ne demande qu'à s'évader. Une excellente mise en bouche ! La musique du trio est assez minimaliste. Pas de fioriture. Volontairement discrète, la section rythmique porte Red, le leader incontesté et incontestable du band. Il tisse de bien jolis sons de sa guitare… de couleur rouge. Son style créatif sert parfaitement une voix assurée et bien expressive. "Three times nothing" maintient l’attention. Mais on passe aux choses sérieuses, lors de la reprise du "I just got to know" de Jimmy McCracklin. L’univers sonore lorgne du côté du quartier westside de Chicago plutôt que vers la banlieue de L.A. Il est vrai que Rolf est un adepte inconditionnel de Magic Sam Maghett ; et cela s'entend. Il y injecte toute sa sensibilité. Il se libère. Pas de filet ! Parfois il est au bord de la rupture, mais jamais il ne perd le contrôle de son instrument. Les Hotrails ont trouvé leur style ; un blues dont l'épicentre de l'inspiration est bien implanté à Chicago. Dépouillé, sans artifice, nonchalant, ce style leur va à ravir et permet au leader d’ouvrir son âme. Son chant désespéré balise le classique "Further on up the road", une cover de Bobby Bland. Au cœur de cette ambiance intimiste, on entend presque le mouvement des doigts de Red qui caresse ses cordes. Ce feeling et cette perfection rappellent le Peter Green des années 60. Des aptitudes également perceptibles sur une autre composition maison : "I give you all I can give". On sent bien l’émotion qui hante Freddy. Aussi bien dans la confection de son solo que lors de ses silences. Des silences qui ont autant d'importance que les notes ; et, croyez-moi, il tient aisément la distance! Il adapte enfin Magic Sam. En l’occurrence "That's all I need". Une ballade soul blues illuminée par la voix chevrotante. Son timbre transpire le vécu. Red vit bien un blues très personnel. Instrumental nerveux, "I need some more" rend hommage au style de BB King. Cet elpee reflète le talent naturel de Freddy. Pas une seule faute de goût n’est à relever. Et tout au long de cette œuvre, il partage bien d’excellents moments en compagnie de l'auditeur. Rolf Lott vit dans le Sud de la France ; et comme tout bon bluesman qui se respecte, il aime regarder les jolies filles locales. Certaines le font même frissonner. Il l’avoue sur "Southern french woman blues", un excellent slow blues au cours duquel il laisse libre cours à ses fantasmes pendant plus de 8'. Musicalement, il respecte un schéma classique, plus proche du quartier sud de Chicago. L'ami Pascal Martin est venu souffler dans son harmonica. Tantôt voluptueusement, tantôt pudiquement. La démo s’achève par une nouvelle version du "Cut you loose" de Mel London, une compo reprise en son temps par Buddy Guy et Junior Wells, ainsi que Luther Allison. Du tout bon blues!    

 

Fred Poulet

Milan Athletic Club

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Fred Poulet continue de surfer dans le creux de la nouvelle vague de la chanson française. Mais il est mille fois plus attendrissant que le reste de toute la clique clinquante aux dents blanches et bien lissées. L’univers du Français demeure confidentiel tel un secret bien gardé. Les temps forts de la carrière de Fred Poulet ne sont pas encore venus. Pourtant, il est déjà le poète déchu d’une époque révolue. Le nom de l’album se décline en rouge et noir comme le maillot de l’équipe du Milan AC. Il voit rouge et broie du noir dans une atmosphère plongée dans les fumigènes de tiffosi imaginaires. Sur sa pochette, le garçon digère les résultats sportifs de la ‘Gazzetta Dello Sport’ sous un ciel bleuté. Fred s’est exilé en Italie. L’héritage de Gainsbourg dans ses bagages, il a pris la fuite et tente d’oublier que sa patrie lui tourne (toujours et encore) le dos. Alors, il se barre et les gains de ses performances littéraires rejoignent d’autres cieux, résolument plus cléments. Pour notre part, nous prenons l’avion et rejoignons son petit coin de paradis…

Jean Louis Murat, Fred Jimenez & Jennifer Charles

A bird on a poire

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Sacré tombeur ce Jean Louis !.... Non content d’avoir épinglé Mylène Framer (ça date), Camille et Armelle Pioline (des retro-tango-pop-française-à-l’ancienne Holden) à son tableau, c’est au tour de Jennifer Charles, la chanteuse d’Elysian Fields de s’acoquiner au bouillonnant Auvergnat... Accompagné du fidèle Fred Jimenez, Murat rempile pour 12 titres parmi les plus pop de toute sa discographie. Rendons à César ce qui lui appartient, le rôle de Murat dans la composition de cette galette se limite à l’écriture des paroles et au chant partagé de fort douce et belle manière par Jennifer Charles. Car toutes les musiques sont issues de la plume de Jimenez. Je vois les détracteurs de Murat s’écrier : “Voilà l’explication !”. Qu’ils se gaussent. N’empêche que “A bird on a poire” est excellent de bout en bout, ce qui n’était pas nécessairement le cas du “Parfum au jardin d’acacias” sorti il y a quelques semaines. A ce titre, une chanson comme “Elle était venue de Californie” illustre à elle seule toute la qualité des compositions ici présentes : paroles dignes de Murat (sans les lyrics et à moins d’être calés en géographie française vous m’en direz des nouvelles), duo de voix écrit sous forme de dialogue bilingue français/anglais (pour rappel Jennifer Charles est anglophone, mais elle chante en français), des cordes à tomber, un clavier et une batterie (presque) tout en discrétion. Bref, voici une nouvelle fois la preuve que Murat et sa clique incarne définitivement un pan unique de la production musicale hexagonale. Loin de se scléroser, de se répéter, du haut de son volcan, le Jean Louis laisse ses amis artistes issus de la capitale loin derrière. C’est où encore la Californie ???

Fred & The Healers

Red

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« Red » constitue le quatrième album des Healers en dix années d’existence. La formation avait marqué une pause en 2001, après le départ du second guitariste, Jérôme Boquet. Fred avait alors tenté une nouvelle expérience l’année suivante : X3. Pour la circonstance, il avait recruté une section rythmique de luxe composée de René Stocks et Willie Maze. Le projet avait même accouché d’un album et d’une tournée.
 
Le retour des Healers est cependant marqué par l'arrivée du drummer célèbre et semi légendaire, Bruno Castelucci. Habillée d’une pochette rouge, "Red" va au-delà de la progression affichée lors de la sortie d’"Electerrified". Un elpee au caractère bien trempé, même si la voix se cherche encore. Le jeu de guitare s’est diversifié et emprunte même au jazz. La faiblesse, jusqu’alors perçue dans les percussions, est devenue un point fort. A cause de la puissance et de l’inventivité manifestées par le jeu magistral de Bruno. Fred Lani est aujourd’hui le seul soliste. Et Papa Jean-Marie a conservé le poste de bassiste.
 
La photo du trio reproduite sur la pochette en dit long. Très concentré, Fred part d'un pas décidé pour quitter l'écran. Le regard amusé, Bruno Castelucci est prêt à lui emboîter le pas. Immobile, Jean-Marie ne réalise pas encore ce qui lui arrive. Attention, si "Red" constitue le meilleur album des Healers, il n’est pas facile à assimiler. Il nécessite même une écoute attentive et répétée pour pouvoir en découvrir toutes les richesses. Une chose est sûre, on ressent la liberté de mouvement dont a bénéficié le trio, tout au long de l’enregistrement ; mais en même temps un souci du détail traduit par l'emploi d'artifices sonores et du rerecording.
 
Les cinq premières plages manifestent ainsi toute leur amplitude. Dès l'ouverture d’"I wanna hold you", on est sous le choc. Une claque ! Ce qui manquait aux Healers, dans le passé, est comblé. Une plage incendiaire construite sur un riff rock, musclée par la section rythmique. Changement de décor : Fred empoigne sa guitare acoustique pour aborder "So good". Une ballade soft rock dont le chant est bien mis en valeur et que ponctue parcimonieusement Fred, d’un superbe solo. Autre ballade soft rock, "In your dreams" séduit par sa mélodie accrocheuse. Le vocal de Fred n'a jamais été aussi bon. L'introduction de "Little moon' passe de nouveau à l’offensive. Placée très en avant, la guitare libère des sonorités contagieuses. La réverbération communique une touche d'intensité dramatique, à la limite de l’oppression. L'effet est saisissant ! Cocktail de styles divers - funk, swing, jazz, blues et rock -, "Almost blind" épouse un profil très contemporain. La guitare est torturée. Castelucci doit certainement apprécier cette forme musicale peuplée d’une multitude de trésors cachés. Une fusion qui alimente d'autres plages. A l’instar de "The last song", un titre balayé par les cordes swing jazz, et dont la densité de la trame rythmique est le fruit d’un mariage très réussi entre la basse et la batterie pugnace. "Extreme dance" également. A cause de cette structure de free jam totalement délirante. "Never too late" enfin. Clin d’œil adressé à Django, il est le produit d’un savant mélange entre blues, jazz et swing un peu surannés. Le tout filtré dans l’acoustique la plus pure. Sur "Red gunhand", Fred développe un des thèmes qui le tourmente le plus dans le monde d'aujourd'hui : les conflits entre l’oppresseur et l’oppressé, le riche et le pauvre. Le bien et le mal quoi ! Cette plage ne respire pas la joie. Les cordes empruntent au blues avec une certaine limpidité, avant de poursuivre dans le jazz. Le blues d'un jeune musicien qui se redécouvre en 2004 ! En fin de fragment, il adresse un nouveau clin d'œil ; mais à John Lee Hooker. Très roots, l'intro de "Freedom" clame un cri de liberté avant de virer à la slide. Son phrasé est hypnotique. La rythmique métronomique. Une harmonie s’installe entre l'acoustique et le son amplifié. Une plage qui mérite une écoute attentive, tant elle cultive de richesses. Le nonchalant "Grandad's song" évolue dans un univers proche du blues. Les notes lacérées se détachent des accords rythmiques. Une plage très personnelle, nostalgique, dont se dégage un sentiment de profonde tristesse. L’opus recèle, bien sûr, encore quelques tracks percutants, fouettés par des riffs rock. Tout d’abord "Change". Probablement la plage la plus immédiate de l’opus. Puis les deux derniers morceaux de l'album : "Hold on", caractérisé par son intro trash/surf ; et le très accrocheur "Pay the price". A l’instar du fier lycaon reproduit sur la pochette, scrutez l’horizon et ouvrez toutes grandes vos oreilles! Les sensations sont garanties. Car vous allez prendre le train en marche pour le meilleur Fred & The Healers…

Fredro Starr

Firestarr

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Début des années 90, Onyx a posé les bases du rap hardcore sur lesquelles sont venus broder Wu Tang Clan et quelques autres. Tapi dans l'ombre depuis un bon bout de temps, le groupe envisage de sortir son quatrième opus dans le courant de l'année 2001. En attendant, c'est Fredro Starr, membre fondateur du groupe, qui nous propose son opus solo, " Firestarr ". Un disque qui nage en plein dans la tendance hardcore actuelle : on parle de la rue, des gangs, etc.…La majorité des titres ne volent vraiment pas haut, et frôlent même la misogynie sur "Perfect bitch " et "One night ". Seul "What if " sort véritablement du lot. A cause des lyrics, un peu plus recherchés. Par rapport aux sorties douteuses du même genre la production est quand même efficace. DaVinci est aux commandes et nous offre quelques beats très entraînants. Malgré des paroles dont j'ai presque honte, " Dyin' 4 rap " et " One night " font la différence. Je reste personnellement allergique au son futuriste des claviers. A l'instar de ceux auxquels il a recours pour "Thug warz " ou "Soldierz ". Mais, c'est peut-être une question de goût. En résumé, ce disque s'intègre parfaitement au mouvement hardcore contemporain pratiqué aux USA ; mouvement caractérisé par des paroles pompeuses et banales. Seule la musique, dans l'ensemble bien produite, sauve la mise. Et en bénéficiant d'une bonne promo, elle devrait permettre au produit, de bien se vendre. C'est souvent l'image que reflète le hip hop ; et c'est très dommage, car en cherchant un peu on peut trouver de vraies perles. Mais malheureusement pas ici !

 

Fred & The Healers

Electerrified

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Troisième album pour Fred Lani et ses guérisseurs. Très populaire, surtout dans notre espace francophone, le groupe remplit aisément les salles ; ce qui n'est pas chose évidente. Il est clair que ce nombreux public n'est pas uniquement constitué d'amateurs de blues et nous ne lui en tiendrons certainement pas rigueur. Bien distribué, l'album passe en radio et ne peut que bien se vendre. Inspiré d'un excellent jeu de mots, "Electerrified" est pour sûr bien électrique, mais surtout bien produit.

Le line up est identique : Fred gratte et chante, Jérome Boquet le seconde aux cordes, Papy X tient la basse et Axel Muller, les percussions. Les guitares rythmiques ouvrent le feu par "Stayin' out", un rockin' blues sans surprises. "Walkin' down town" poursuit avec un accent plus blues, dû en partie à l'introduction de l'harmonica de Dave Reniers. A ce stade, nous sentons bien que la production s'est concentrée sur les parties vocales. "The wrong side" est sans doute mal titré car cette plage nous propose ce que les Healers font de mieux. Le boogie rock furieux, taillé au couteau par la guitare est proche de celui d'un célèbre Irlandais aujourd'hui disparu. Définitivement ‘the best side’ of the band. Fred nous signe un superbe solo, démontrant au passage son habileté sur la slide. Fred se montre tout aussi à l'aise sur les phrases nous rappelant Albert King. Nous les retrouvons sur l'excellent "At home last night". Ralentissement forcé pour la reprise de "Sacred ground" de Sonny Landreth. La slide se fait rurale, tempérée et colorée. A mi parcours, l'atmosphère devient délibérément bluesy. Et se manifeste tout au long de l'indolent "Thanks for the snack", du blues lent et impeccable, "The devil's cry", ainsi que du boogie blues rockabilly, "I'm back", caractérisé par une imparable partie de guitares. Inspiré par les grands guitaristes du jazz, Fred démontre l'étendue de ses possibilités et de sa palette de styles sur le véloce "Tell me". Epicé par un soupçon de funk, le très réussi "Watcha wanna do" agrège les phrases musicales d'Albert King et l'orgue de Pieter van Bogaert. "Electerrified" est sans aucun doute l'album le plus accompli des Healers. Le plus personnel aussi. Mais osons aussi souligner ce qui est perfectible. En l'occurrence les percussions. Elles sonnent parfois creuses et n'ont pas cette densité qui ressort des sections rythmiques américaines. Enfin, pourquoi avoir placé la plage la plus faible en ouverture?

 

Fred Schneider

Just Fred

Pour enregistrer son premier album solo, le vocaliste des B 52's a reçu le concours de trois groupes différents. Tout d'abord, Deadly Cupcake, formation circonstancielle impliquant Russel Simins du Jon Spencer Blues Explosion, Rick Sims autrefois membre de Supersucker et des Didgets ainsi que le bassiste de Tar, Tom Zaluckjy. Ensuite, Six Finger Satellite, ensemble yankee de néo post punk. Enfin Shadowy Men on a Shadowy Planet, un des nombreux backing groups de Steve Albini. Un Steve Albini que l'on retrouve d'ailleurs à la production de ce morceau de plastique secoué par l'esprit le plus agressif du punk pop. Celui des Heartbreakers, notamment. A cause de cette débauche d'électricité cinglante, vibrante, dispensée comme à la plus belle époque de Johnny Thunders. Mais également la forme du pop. Celle des B 52's. Et pas seulement parce que la voix véhémente, déclamatoire de Fred nous rappelle qu'il est toujours et encore le chanteur d'un des deux plus grands groupes d'Athens (NDR: l'autre, vous vous en doutez, répond au nom de REM), mais à cause de ce rythme caractéristique, épileptique, irrésistible qui a ouvert la voie au post punk insulaire. Un tempo qui se laisse même parfois ici emporter dans le psychobilly tribal des Cramps...

Freddie McGregor

Bobby Bobylon

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Réalisé à la fin des années 70 à Studio One, cette courte œuvre est une des plus belles choses enregistrées en Jamaïque. A l’époque, Clement Dodd recyclait ses vieux rythmes et les ‘boostait’ avec de nouvelles batteries et (quelquefois) de nouvelles lignes de basses. Les pointures de l’époque (Sugar Minott, Willi Williams) y réinjectaient alors de nouvelles mélodies vocales. Typique de cette période, « Bobby Bobylon » est surtout connu pour sa rutilante plage titre qui se retrouve souvent dans les compiles consacrées à Studio One, mais l’album vaut largement le détour. Partagées entre commentaire social, foi rasta et mésaventures amoureuses, les chansons sont portées par la magnifique voix de Freddie, fortement influencé par la soul la plus douce. Les chœurs féminins noyés dans la reverb et la musique nimbée de claviers ‘vintage’ ajoutent encore à l’atmosphère de rêve de « Bobby Bobylon ». Un rêve qui se teint parfois d’une sourde mélancolie, comme sur le titre « What Difference does It Make », où l’ami Freddie clame que ‘In a year, they won’t even remember my name…’. Beau, tout simplement... Check it out !