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THUS LOVE

Tout le plaisir est pour THUS LOVE…

Le second elpee de THUS LOVE, « All Pleasure », paraîtra ce 1er novembre 2024. En attendant il a partagé son premier single « Birthday Song », une compo glam grungy qui ouvre une nouvelle ère avec une certaine audace.

Le chanteur/guitariste Echo Mars raconte : ‘« Birthday Song » est une chanson simple sur l'amitié et sur le fait que nous n'accordons pas toujours à ce genre de relations platoniques le respect et l'attention dont elles ont besoin pour s'épanouir. Nous n'avons pas le même langage que pour les relations amoureuses, mais je pense que ces relations sont tout aussi importantes pour nous permettre de nous sentir en sécurité.’

Le deuxième opus de THUS LOVE est chargé d'euphorie enrichissante. Il se pâme et s'agite avec une combinaison de cran et de sensualité qu'il est difficile de trouver dans la musique ces derniers temps.

Le long playing est né d'une période de transformation vertigineuse pour le groupe. Lorsqu'il a commencé à travailler sur cet album, le chanteur/guitariste Echo Mars et la ddrummeuse Lu Racine étaient encore sous le choc du succès fulgurant de leur premier essai, « Memorial », paru en 2022, un ensemble de post-punk luxuriant et élégant.

Entre-temps, les nouveaux bassiste Ally Juleen et guitariste/claviériste Shane Blank, partenaires musicaux de longue date, avaient rejoint le line up qui était à un mois de l'enregistrement de la suite d'un LP adulé par les fans.

‘Nous nous réunissions tous pour faire ce nouvel album et franchir une nouvelle étape’, explique Mars. ‘Nous avons tous fait de la musique pendant un certain temps et nous avons tous été confrontés à des aspects éreintants et désagréables. Nous avons gardé une règle simple au premier plan : si ce n'est pas joyeux, dit Mars, ne le faites pas.’

Cette mission simple a donné naissance à une œuvre d'une beauté stupéfiante, remplie de grandes mélodies arrondies et de toute une série de tournures stylistiques excentriques qui surprendront les auditeurs qui ne connaissent le groupe que pour le psychédélisme des années 80 de leur premier elpee. « Birthday Song » donne au glam rock grunge une allure nouvelle pour la formation, mais qui lui convient parfaitement.

 La vidéo de « Birthday Song » est à voir et écouter ici

 

 

Slove

L’envol de Slove…

Écrit par

Slove sortira son nouvel opus, "Le Fly", ce 7 juin 2024.

Fruit de la rencontre entre les univers de Julien Barthe (Plaisir de France) et Leo Hellden (Tristesse Contemporaine, Camp Claude), deux musiciens reconnus pour leurs apports à la scène musicale française, Slove développe, depuis maintenant plus de 10 ans, une épopée musicale qui commence dans leur amitié et se vit comme une grande ride musicale et hédoniste où la création prend corps dans le plaisir de se retrouver, de partager et de créer une musique unique et dansante.

Célébrer l’instant présent sans jamais cesser d’imaginer le futur et de respecter le passé, telle est la mission de Slove.

"Le Fly" est annoncé comme son album le plus mature et évident à ce jour, où ses influences et ses envies se retrouvent sublimées par l’apport et la diversité vocale de toutes les rencontres qui habillent ces 11 morceaux.

« Some of this » est en écoute

 

Her Wild Love

Wake up before the night is over (Ep)

Écrit par

Her Wild Love est un duo bruxellois, en couple depuis 2006, réunissant la chanteuse Sarah de Saint-Hubert et le multi-instrumentiste Rafael Van Mulders. Elle est créatrice de mode, et lui, luthier.

« Wake up before the night is over » constitue le premier Ep de leur projet lo-fi et intimiste. Un disque qui s’ouvre par une valse tramée sur des accords de piano, même si, en filigrane, on perçoit un certain feeling blues. Psyché/folk, « Feu sacré » (NDR : les chansons sont interprétées en anglais ou en français) nous replonge au cœur de la ‘flower power’ de la fin des sixties. Détachée, la voix de Sarah épouse même régulièrement les inflexions de Kendra Smith (Mazzy Star). Elle se mue en chuchotement sensuel sur « Lightly ». Et en prière sur « Short pain, long run », une piste dont le tempo subtilement tribal et les accords de guitare tour à tour surf ou grésillants nous entraînent dans un univers étrange et inquiétant.

Et si « Keep chins up » trahit des accents disco, l’Ep s’achève par la ballade plus acoustique « Nothing’s missing » …

The House Of Love

30 ans plus tard…

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Votre serviteur avait assisté à un concert de The House of Love, pour la première fois, dans le cadre du Pukkelpop, en août 1991 (NDR : à la même affiche, il y avait aussi, notamment, Sonic Youth, les Ramones, Ride, les Pogues, Dinosaur Jr et Nirvana). Il avait ainsi eu l’opportunité d’interviewer, son leader Guy Chadwick (à retrouver ).

Mais surtout le 8 mars 1993, le groupe avait accordé, à l’Aéronef (NDR : l’ancien, celui de la rue Solférino), un des 20 meilleurs concerts au cours desquels il a pu assister en un peu plus de 5 décennies…

Bref, 30 ans plus tard, la formation revenait à Lille, toujours à l’Aéronef, mais celui qui est Implanté au cœur du centre Euralille depuis 1995. Et nostalgie quand tu nous tiens, il y avait une envie irrépressible d’y retourner de la part de qui vous savez.

Depuis sa création, le quatuor a connu pas mal de changements de line up. Il s’est séparé et s’est reformé plusieurs fois. Guy Chadwick a tenté une expérience en solo, mais malgré deux elpees, elle s’est soldée par un échec. Enfin, membre fondateur, Terry Bickers, le guitariste soliste, a abandonné puis réintégré le navire, à plusieurs reprises, et la dernière fois qu’il avait tiré sa révérence, c’était en 2020. C’est Keith Osborne qui le remplace. Et la basse a été confiée à son fils, Harry. Autre jeune recrue, le drummer Hugo Degenhardt.

Lorsque The House of Love monte sur les planches, le club est très bien garni et on y dénombre une majorité de quadras, quinquas et même sexagénaires.

Le set d’ouvre par « Cruel » et première constatation, malgré une belle envolée du soliste, la voix de Chadwick a perdu de sa superbe. En début de concert, elle n’est pas du tout en place. Le groupe embraie par « Christine », un hit paru en 1990. Le baryton de Guy passe mieux tout au long de « Hope », mais c’est quand il la sollicite en falsetto que les choses se compliquent. Heureusement, au fil du spectacle, il parviendra un peu mieux à la maîtriser, malgré des chœurs, pas toujours très en harmonie. Quant au drummer, pendant une bonne moitié du set, il va aussi sembler à la traîne. Mais à partir de l’excellent « Burn down the world », moment choisi pour se servir de sticks en feutre, il va trouver la bonne carburation. Heureusement, les gratteurs excellent. Les guitares sont tour à tour cristallines, gémissantes ou tintinnabulantes. La ligne de basse est profonde.

La setlist inclut quatre plages du dernier elpee, « A state of grace », dont le titre maître, le bien rock « Sweet water » et le lancinant « Sweet loser ». Mais pas de trace d’harmonica sur le « Light in the morning », malgré ses accents country…

Evidemment, ce sont les classiques qui enchantent l’auditoire, dont il reprend les refrains en chœur, à l’instar du ‘reedien’ « The Beatles & The Stones » et de l’incontournable « Shine on ». D’ailleurs, les ¾ du répertoire proposé ce soir sont consacrés à des titres issus de la première période d’existence du band, soit en 1988 et 1993. Mention spéciale à « Se dest », une ballade mid tempo énigmatique, atmosphérique, qui s’autorise quelques coups d’accélérateur bien sentis.

En rappel, Guy Chadwick revient d’abord en solo pour attaquer « Don’t pay the way ». Puis les trois autres musicos le rejoignent pour nous livrer trois compos, dont en finale, une version remarquable de « A love in a car ». Elle monte progressivement en intensité, avant de s’achever dans un climat noisy digne du 8 mars 1993 ; les trois gratteurs faisant alors face au batteur qui démontre alors que son jeu n’est finalement pas dénué de subtilités…

Bref, malgré les quelques imperfections, ce concert, qui s’est achevé en apothéose, ne pouvait rappeler que de bons souvenirs…

Photos Ludovic Vandenweghe ici

Setlist :

Cruel
Christine
Hope
Light of the Morning
The Beatles and the Stones
Into the Tunnel
Sweet Loser
The Girl With the Loneliest Eyes
Shine On
Sweet Water
Crush Me
Burn Down The World
Destroy The Heart
Se Dest
State of Grace

Rappel :

Fade Away (Guy solo)
In a Room
I Don't Know Why I Love You
Love In A Car

(Organisation : Aéronef, Lille)

The Love

Un article défini ajouté à Love…

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Il existe bien un groupe mythique américain répondant au patronyme Love, une formation psychédélique formée par Arthur Lee, décédé en 2006. Le combo est toujours en activité, mais du line up initial, il ne reste plus que le guitariste Johnny Echols.

Bref, un band issu du Nord de la Belgique a choisi pour nom The Love. Donc précédé d’un article défini. Il s’agit de l'enfant de l'amour de Bob Belmans qui, après une vie dans l'ombre, prend sa place dans le spotlight. Comme un rugueux Roy Orbison, il vous tente avec sa voix sensuelle et vous emmène dans les caves sombres des garage rock et des 60's soul dérangés.

Il s'est entouré de forces expérimentées de groupes comme The Sore Losers, The Shalalees et The Prospects. Les musicos sont allés à la montagne pour revenir avec 10 morceaux d'amour et de vie. Tous enregistrés en un week-end tumultueux.

The Love nous en propose son premier single, « Donna », un morceau très garage sixties. Et il est disponible sous forme de clip

 

 

Intergalactic Lovers

L’amour d’Intergalactic Lovers tombe à l’eau…

Écrit par

Le tout nouveau single d’Intergalactic Lovers, extrait de Liquid Love, le quatrième album du groupe, s’intitule « In Limbo » et fait suite à « Bobbi », « Crushing » et « Lost ».

‘On a parfois l’impression de revivre constamment les mêmes situations ou d’éprouver les mêmes sensations’ explique Lara Chedraoui. ‘Comme si nous étions pris dans les limbes, comme si nous n’avons rien appris de nos expériences. Mais l’essentiel, c’est la perception, et à chaque fois que nous sommes confrontés à ces limbes, ils nous apprendront quelque chose, tant que nous acceptons de considérer que tout ce qui arrive se passe pour une raison. Parfois, nous avons juste besoin de vivre 100 fois une expérience avant de la comprendre ou l’accepter.’

Ce nouvel album est également assorti d'un court-métrage : « Liquid Love » se présente ici sous la forme d’une trilogie, dont le clip accompagnant « Crushing » constitue la première partie. Le triptyque a été présenté en avant-première au Festival du film d'Ostende, le groupe jouant en live, la bande originale.

Le clip de « In limbo » est disponible ici

En concert

25/06: TW Classic, Werchter

08/07: Cactus Festival, Brugge

10/07: Summer Nights Fever, Lessines

09/12: AB, Bruxelles

 

Unloved

Unloved ne voit pas la vie en rose…

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Le nouvel opus d’Unloved, "The Pink Album", paraîtra ce 2 septembre. Le titre de l’album est inspiré par l'œuvre de Julian House. Lors des sessions d’enregistrement, Unloved a notamment reçu le concours de Jarvis Cocker, Étienne Daho, Raven Violet et Jon Spencer.

Le groupe révèle aujourd'hui le single de l'album "Mother's Been a bad girl". Pour découvrir la vidéo, c’est .

Sans fard, sans tabou, sans retenue, sans censure : renaissant de ses cendres, "The Pink Album", c'est l'émotion brute transfigurée. C'est une forme expérimentale libre, de l'arrangement instrumental à la voix. C'est l'homme, la femme, l'humain, l'amour et la mort.

 

Swear I Love You

Swear I Love You

Écrit par

Swear I Love You est une formation suisse. Issue de Vevey très exactement, une commune sise en bordure du Lac Léman. Et elle nous propose son premier elpee. Un éponyme. Si le patronyme s’inspire d’un morceau des Pastels intitulé « Ditch the fool », au cours duquel on entend la phrase ‘I swear I love you ‘til the death’, mais sans le ‘I’, la musique puise généreusement ses sources dans l’histoire du rock et surtout du psychédélisme. Parmi les albums de chevet des musiciens figurent ainsi « Meddle » du Pink Floyd (la longue plage « Echoes » doit certainement tourner en boucle dans la tête du drummer), « Forever changes » de Love, « Revolver » des Beatles (le final de « Tomorrow never knows » dans le viseur), sans oublier « 666 », le long playing injustement méconnu des Aphrodites Child.

Mais au fil de l’opus, les références s’enrichissent. Syd Barrett (cette voix sinusoïdale) hante carrément « Down the stream », alors qu’on retrouve des chœurs atmosphériques réminiscents de Dandy Warhols sur « Sound of seashells », un morceau dont le tempo semble calqué sur le « Rock’n me » du Steve Miller Band. Enfin, « Night fruit » marche carrément sur les traces de Brian Jonestown Massacre (Anton Newcombe est devenu un de leurs potes !).

Des « Echoes » floydiens traversent un « Horizon » cosmique, pourtant parcouru par des vocaux tour à tour désabusés ou déclamatoires alors que le « Revolver » des Fab Four présage des lendemains incertains « Under the pines » ; en fin de parcours, il fallait s’en douter. Morceau de plus de 7’ caractérisé par son vocal incantatoire et chargé de reverb, « Memories » s’enfonce progressivement au sein d’un univers de plus en plus bruitiste, rappelant les débuts de The Black Angels.  

Et pour clore cet LP, l’enlevé et orageux « Smoke & mirrors » nous réserve un envol digne de la période la plus hallucinée d’Echo & The Bunnymen (NDR : ne pas oublier que Ian McCulloch a toujours déclaré qu’il était un grand fan de psychédélisme).

Un bien bel héritage remis au goût du jour…

iloveyourass

Beluga (Ep)

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Troisième Ep pour ce duo issu de Poitiers. Un disque découpé en 5 plages. Damien Gauvin se charge des parties de guitare et Aline Leroy des synthés et des bidouillages. Les deux se partageant le chant, parfois en anglais, souvent en français. Ce qui n’est pas du tout dérangeant, Damien affichant un timbre profond, sombre, rappelant Michael Gira (Swans) alors que la voix d’Aline se révèle davantage limpide, parfois à la limite du falsetto (Sur « Pandore », compo qui aborde la question de la violence dont sont victimes les femmes, elle adopte des intonations qui rappellent… Mathieu Chédid).

Musicalement iloveyourass pratique une musique qui agrège pop, noise, krautrock, post rock, trip hop et électro. Samples mélodiques et rythmiques, décharges électriques, synthé old school vaporeux, boîte à rythmes minimaliste et boucles inépuisables alimentant une expression sonore corrosive, hypnotique et surprenante.

Hercules and Love Affair

Hercules and Love Affair

Écrit par

Au cours des trois dernières années, DFA (Death From Above) est incontestablement devenu un des labels les plus prolifiques. Sans doute que le travail apporté par James Murphy explique cette situation. Producteur et ingénieur du son infatigable, recruteur de génie, le Newyorkais réussit à jongler magnifiquement entre son groupe, LCD Soundsystem et son label DFA, une écurie cofondée en compagnie de son ami de longue date, Tim Goldsworthy. Un personnage qui ne vous dit peut-être pas grand-chose ; et pourtant, c’est bien lui qui a découvert Hercules and Love Affair.

Projet d’Andrew Butler, DJ et producteur de la Grande Pomme, l’homme a bénéficié du concours d’une orchestration issue de la scène underground newyorkaise ; et, cerise sur le gâteau, de la participation d’Antony, mais pour la circonstance, sans ses Johnsons. Il prête sa voix à cinq titres. Un registre que l’on ne lui connaissait pas, mais au sein duquel il se transforme, d’une façon magistrale, en un crooner androgyne. Disco. A la voix tendre et suave. Ce premier opus est éponyme. Une œuvre qui ne manque pas d’élégance. Ni de rythmes funk et disco. Dispensés à la manière d’un Bronsky Beat, ils sont ici propulsés dans le nouveau millénaire. Les voix féminines de Nomi et de Kim Ann Foxman sont imprégnées de sensualité. A l’instar des ‘Traîtresses de l’Ile du Désir,’ elles roucoulent de plaisir tout au long de « You Belong » ou encore d’« Athene », une plage dont les beats disco étourdissants, épicés de sonorités de cloches sont dynamisés par des accès de basse orgasmiques. Un univers sonore qui a bien failli faire chavirer Hercule lors de l’accomplissement de ses douze travaux. Mais il a résisté. Non sans mal ; jusqu’à ce que, Antony vienne entonner « Blind », tube herculéen déjà classé historiquement. Tracée par un Tyler Pope (!!!, LCD) bien inspiré, la ligne de basse est pure. Typiquement disco et enrichi de cuivres, le tempo serait susceptible de faire danser un mort sur un dancefloor couvert de paillettes. Ce dancefloor… Un endroit de repos éternel : mais également le vestige d’une Grèce Antique, revisitée par un producteur des temps modernes, pour célébrer une histoire d’amour et une réconciliation avec les années 80 !

A mon humble avis, « Hercules and Love Affair » risque fort de devenir le disque majeur d’une année 2008 explosive. Une énorme boule à facettes qui n’est pas prête de se décrocher et devrait continuer à tourner jusqu'à rayure du disque. Un grand moment de néo-disco que ce petit malin de Butler a reconstitué intelligemment. Mais aussi et surtout, un choix encore une fois judicieux du très très grand label DFA. Messieurs Murphy et Goldsworthy : chapeaux bas !

Pour voir la vidéo de « You belong » : http://fr.youtube.com/watch?v=T5spXHUCmWc

 

I Love You But I ve Chosen Darkness

Richard Butler rencontre John Travolta...

Trois groupes aux ambiances contrastées se partagent l'affiche de l'Orangerie en ce samedi automnal. Parts & Labor est un trio de Brooklyn qui fait beaucoup de bruit : deux hommes se tiennent prostrés sur leurs machines en s'agrippant parfois au manche de leur guitare/basse, tandis qu'un troisième larron martèle sa batterie comme s'il allait mourir demain. On pense parfois à Wolf Eyes au niveau visuel, à Oneida et à Whirlwind Heat pour la musique. Si les deux machinistes se partagent le micro, on aurait préféré qu'ils se taisent un peu plus : instrumentale, leur musique aurait encore gagné en puissance et en évocation. Le public, encore clairsemé à cette heure-là de la soirée, se laisse pourtant aller.

Ce n'est qu'un échauffement, avant la tornade pop, The Hidden Cameras. Entouré de sept musiciens à l'air décontracté (deux violonistes, un violoncelliste, un bassiste, deux claviéristes et une batteuse), Joel Gibb entame son set par « A Miracle », petit bijou tiré de l'excellent « The Smell Of Our Own », sorti en 2003. Après c'est « Lollipop », et l'on évitera toute blague potache sur les homosexuels, les sucettes, et tout le toutim, puisque ensuite Joel Gibb nous fait cadeau de « Smells Like Happiness » et de « Day is Dawning », pour rappel deux pièces majeures de « The Smell Of Our Own », leur meilleur disque à ce jour. « Music is my Boyfriend » enfonce le clou (à défaut d'autre chose…), puis « Bboy » et « I Want Another Enema » rappellent que « Mississauga Goddam » valait lui aussi le détour. En fin de compte, seuls les titres de « Awoo », le nouvel album, donnent moins envie de se donner des claques sur les fesses (« Learning the Lie », « Heji », « Waning Moon », « Death of a Tune »). En rappel, un bon vieux « Golden Streams », de l'excellent « The Smell Of Our Own », achève de nous convaincre : s'il y a bien un disque à posséder de ces gays Canadiens, c'est l'excellent « The Smell Of Our Own ». A noter également que l'un des violonistes ressemblait étrangement à John Locke de « Lost » : et nous qui pensions que c'était Jack qui allait se faire Sawyer !

Rien que pour son nom, I Love You But I've Chosen Darkness vaut la peine qu'on s'y attarde. Surtout que le premier disque de ces Texans est produit par Paul Barker himself, l'ex-compère d'Al Jourgensen de Ministry. Pas d'inquiétude, cependant : on ne parle pas ici d'indus metal mais bien de cold wave rigide, qui ne manque pas de puissance et de quelques refrains efficaces. Set court, qui prendra surtout de l'altitude vers les derniers titres : I Love You… ne connaîtra sans doute pas la trajectoire brillante d'Interpol, mais il y a chez ces types une élégance qui pour une fois n'a rien de tape-à-l'œil. Quand on sait qu'ils ont des accointances avec les exemplaires Windsor For The Derby, on ne peut donc que taper des deux mains. C'est ce que beaucoup de gens ont fait ce soir. Comme quoi le spleen à la Psychedelic Furs s'accorde parfois bien avec la fièvre du samedi soir.

Intergalactic Lovers

Une Saint Valentin intergalactique…

Écrit par

C’est la Saint-Valentin. Pas étonnant dès lors qu’Intergalactic Lovers se produise à l’AB. Il y revient d’ailleurs après avoir été programmé en novembre 2017, pour défendre son denier elpee, « Exhale ». Paru deux mois plus tôt, il avait reçu le concours de Gil Norton (Pixies, Foo Fighters), à la mise en forme.

Portugaise, Surma, aka Débora Umbelina, assure le supporting act. Originaire de Leiria, elle a fait le buzz dans le cadre du dernier Eurosonic. Atypique, sa musique mêle instrumentation électronique et organique. Elle se sert ainsi de boucles et de synthés, mais également de la guitare et de la basse. Outre son chant. Une voix particulièrement douce et subtile qu’elle met au service d’un univers soigné et paisible au sein duquel les mélodies pop glissent tranquillement sur des couches sonores aux reflets ambient. Elle vient de publier son premier elpee. Il s’intitule « Antwerpen ».

Elle monte sur l’estrade vêtue d’un jeans noir, d’un tee-shirt blanc et chaussée de baskets de cette même couleur. Blonde, elle porte des lunettes. Elle semble légèrement timide. C’est la première fois qu’elle visite la Belgique. Des sonorités étincelantes de glockenspiel ouvrent le set. Des beats électro/pop singuliers embraient. La loop machine répercute les sons par couches successives. La voix est claire et puérile, évoquant parfois Björk. D’ailleurs, la musique nous entraîne, le plus souvent, vers les fjords profonds et mystérieux du Grand Nord, même si parfois des sonorités africaines (Kuduro et Kizonba) viennent enrichir l’ensemble. Il ne faut pas oublier que l’Angola et le Mozambique ont été, pendant longtemps, des colonies portugaises. La prestation est excellente, même si la démarche (NDR : celle qui consiste à injecter de l’électro, parce que c’est dans l’air du temps) est un peu trop systématique… (Pour les photos, c’est ici)

Votre serviteur suit Intergalactic Lovers à la trace depuis ses débuts. Il doit déjà avoir assisté à ses concerts, plus d’une dizaine de fois. Il ne peut d’ailleurs pas résister au charme et à la belle voix de Lara. Le line up du band implique également le bassiste Raphaël De Mey, le batteur Brendan Corbey ainsi que les gratteurs Maarten Huygens et Philipp Weies. Les influences majeures du combo oscillent d’Interpol à The Cure, en passant par Yeah Yeah Yeahs, Feist et P.J. Harvey. Mélodieuse, mais tour à tour intimiste ou aventureuse, sa pop indé est associée à la voix singulière de la chanteuse Lara Chedraoui, qui a tout pour plaire. Une alchimie troublante entre rage de vivre et contes de fées ténébreux. De quoi apporter chaleur et réconfort jusque dans les plus sombres recoins de son cœur et son âme.

Le light show comprend trois rampes de spots à led pivotants placées au plafond derrière les artistes, et deux, latéralement, pour permettre aux faisceaux de se focaliser sur les artistes en se croisant. Cinq pupitres de hauteurs différentes sont plantés à l’arrière, aux pieds desquels sont intégrés des spots ordinaires. 

De couleur bleue, l’éclairage balaie les planches dans tous les sens. Les musicos montent alors sur le podium, Lara la dernière. Elle est vêtue de noir. « Fears » ouvre alors le show. Frottées, les sonorités des grattes sont grinçantes, stridentes même. Le drumming est métronomique. Une compo infernale, sombre, qui traite des angoisses de la jeunesse contemporaine. Ce soir, sorte d’hybride entre une gazelle sauvage et une fée clochette, Lara me fait parfois penser à Lindsey Stirling. Sa voix est envoûtante, lumineuse ou atmosphérique. Un joli et léger grain rugueux, souvent mutiné, presque encore enfantin se pose sur son timbre, lors de ce morceau…

« Give It Up » émarge davantage au folk. Les cordes de grattes y sont omniprésentes et celles de la basse entêtantes. Acidulé, « Talk Talk » est réminiscent du Blondie des années 70. Pensez à Debbie Harry quand elle interprétait, en sautillant, « Plastic Letters ». Elle semble hantée par la native de Miami, tout au long du second single, extrait du nouvel LP.  

Empreint de mélancolie, « No Regrets » évoque les tracas de la vie quotidienne. « My I » et « For The Young Ones » envoûtent par leurs refrains. Très interactive, Lara s’adresse régulièrement aux premiers rangs. Elle demande de rallumer les lumières de la salle afin de découvrir le public qui l’acclame par des applaudissements nourris. « Great Evader » est parsemé de touches électro. L’ambiance remonte d’un cran dès « Let Go », un titre plus rock bien balisé par la section rythmique et dynamisé par l’électricité des grattes. La setlist n’en n’oublie pas pour autant les hits comme « Delay », « Distance » ou « Between The Lines », paru en juin dernier. Assurément, le bon plan du band alostois. Une compo dont le clip (NDR : à voir et écouter, ici) rend hommage à René Magritte. Et le set de s’achever par « River », au bout de 60’.  

Lors du premier rappel, la formation va nous réserver une version acoustique de « Northern Rd. ». Et du second, « Howl ». Le public est ravi. Le band a rempli son contrat. Et de bien belle manière. Il est annoncé au Ronquières le 5 août prochain ! (Pour les photos, c’est )

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

 

 

iloveyourass

Elektrische frau

Écrit par

« Elektrische frau » constitue le deuxième Ep de ce duo pictavien (NDR : issu de Poitiers, si vous préférez), réunissant Aline Leroy et Damien Gauvin. Il fait suite à « ilya ! », paru en janvier 2015. A ce jour, le tandem s’est surtout illustré en composant la B.O. du court métrage « Total animal 3 », qui a reçu 9 prix, dont celui de la meilleure vidéo musicale au ‘Los Angeles Independant Film Festival Awards’.

iloveyourass serait-il une référence à une compo des Frères Brozeur ou de Papillon Paravel ? Bonne question. Mais bon, il ne suffit pas de fumer la moquette pour décrire le culte qu’on peut vouer à un pétard. Ni de le traduire en anglais...

Bref, venons en à cet Ep découpé en 5 titres. iloveyourass décrit sa musique comme du folk noise glamour. Pourquoi pas ! Il y a en effet des cordes acoustiques. D’abord jouées en picking. Sur « Ivresse », une pseudo valse interprétée dans la langue de Molière par Aline. Puis tout au long de « Falling out », un morceau dont la sèche balise la piste, même si des cordes électriques et des bruitages débarquent en fin de parcours. Damien y pose son baryton ténébreux, sorte d’hybride entre celui de Léonard Cohen et de Michael Gira, alors qu’Aline s’abandonne dans des vocalises éthérées. Hypnotiques, les 3 autres pistes sont davantage marquées par le krautrock. « Never trouble » a recours aux vocaux en couches, dans l’esprit d’Animal Collective pour son dernier opus, « Painting with ». Le titre maître est carrément hanté par Can. A cause de ce rythme en boucle imprimé par des samples de djembé. Et enfin, sur « F. Control », qui s’ouvre dans un climat de pop ludique et minimaliste, avant de s’enrichir progressivement d’instrumentation, qu’elle soit électrique, bruitiste ou autre. Certainement la meilleure composition de cet Ep, qui manifestement appelle une suite…

 

The Engines Of Love

Heartbreak

Écrit par

Opération à cœur ouvert.

Bref mais incisif, cet album constitue une bonne surprise.

Qu’on n’attendait plus.

Mais fallait-il que son géniteur endure les pires tourments pour arriver à tel résultat ?

Peut-être.

Quoi qu’il en soit, ce « Heartbreak » est criant d’intégrité et de vérité.

Mais ce ne sont pas ses seules qualités.

Si ces compositions lorgnent toujours vers une Indie Pop matinée d’underground nineties (Catherine Wheel plutôt que Ride, vous voyez ?), Gabriel Dozin semble ici abandonner la casaque du looser sympathique pour endosser une armure qui, si elle dissimule mal les fêlures et cicatrices palpables à la surface de son âme, reflète suffisamment d’éclat que pour impressionner dès la première écoute.

Cette puissance placée d’emblée sur « Closer », titre audacieusement long qui ouvre l’album est cependant habilement contrebalancée par le suivant, « V12 », une compo caractérisée par ses arpèges mélodieux qui baignent dans une aura Shoegaze parfumée de chœurs optimistes.

L’opus est court et laisse sur sa faim, ce qui n’est pas nécessairement un inconvénient.

L’introspectif « Long Distance » parcourt des miles et des miles sur des versants qu’on jurerait écossais, quand les battements renversés de « Heartbreak » suspendent le temps aux accords de guitares saturées.

Enfin, passé l’introduction mastodonte, la testostérone grésille dans l’Asphalt », plantant le décor sans jamais se fondre dans l’ambiance.

La production rend fidèlement justice aux chansons en évitant d’en remettre une couche, laissant aux chansons la place pour s’exprimer.

Bref, « Heartbreak » soulève mon enthousiasme, ce que les précédents projets de notre homme (Championship Manager, Hypodrome ou Sealane bien avant) n’étaient pas encore parvenus à réaliser.

Opération réussie.

Hercules and Love Affair

The Feast of the Broken Heart

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Andy Butler, aka-Hercules, avait connu une sérieuse baisse de régime en 2011, après avoir publié sont second elpee, « Blue Songs », un disque qui succédait à un remarquable premier album. Eponyme, il avait été unanimement acclamé par la critique et recelait un single irrésistible, « Blind » ; une plage sublimée par la voix magique d’Antony Hegarty. Fer de lance d’une scène dance new-yorkaise ‘queer’ totalement assumée et vindicative, Hercules & The Love Affair refait surface et nous propose « Feast of the Broken Heart », son 3ème essai. Première constatation, la pochette est d’un goût plus que douteux, cabotant entre un pastiche de Silex in The City et une orgie chez les Flintstones. En outre, on ne peut pas dire que la musique soit à la hauteur, malgré un nouveau casting vocal et le talent indéniable des protagonistes, dont l’incontournable John Grant (NDR : pour « I Try to Talk to You », grande réussite de l’elpee), le travesti et diva français Rouge Mary (NDR : convaincant dans le registre disco-gospel) et le chanteur soprano belge Gustpah… Si l’hédonisme est bien présent, les compos finissent par lasser. En outre, les beats et les mélodies manquent parfois d’inspiration malgré quelques chouettes références empruntées au disco et l’une ou l’autre salve inspirée, telle que le kitschissime « Liberty ». Une fête à moitié réussie, malgré quelques moments euphorisants, avouons-le…

 

Intergalactic Lovers

C’est le carnaval d’Alost qui a déterminé le nom du groupe…

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Les Lokerse Feesten en sont à leur sixième jour. Intergalactic Lovers est programmé entre Girls In Hawaii et Patti Smith. Avant de monter sur les planches, la vocaliste Lara Chedraouic et le guitariste Marteen Huygens nous accueillent dans les loges, pour un entretien. Qu’ils nous accordent dans la langue de Voltaire. Sympa ! 

J’ai découvert votre groupe, il y a 3 ans, dans le cadre des fêtes de la musique à Charleroi. Puis je vous ai revus au Rock Ternat. Dans votre fief. Et c’était très perceptible, vu la réaction du public. Vous étiez à la même affiche que Puggy, Arsenal et Das Pop, et vous aviez assuré grave. Ensuite, vous avez participé au LaSémo à Hotton. Et enfin, Puggy vous a entraînés pour assurer leur supporting act à l'Olympia en première partie. Vous vous attendiez à une telle invitation ?

Marteen : C’était pour un seul concert. Je ne me souviens plus des circonstances qui ont permis cette opportunité, mais quand on les a rencontrés, le courant est bien passé. Et notre set s’est bien déroulé. L'Olympia ne nous laisse que de bons souvenirs…

L’album « Little Heavy Burdens » vous a permis d’acquérir une certaine notoriété ? 

Lara : Oui, en fait, on a récolté le fruit de notre travail. On a énormément bossé sur ce disque. On a donné tout ce qu’on avait dans le ventre. Et on est fier du résultat. Bien sûr, la mise en forme est bien plus professionnelle. C’est le fruit de l’expérience. Tu sais mieux ce que tu veux. Et ce que tu ne veux pas. Pour moi, le second album est particulièrement réussi. Il est la suite logique du premier. On eu la chance de jouer en Allemagne et aux Pays-Bas. Et on envisage tourner en France et davantage en Wallonie. On doit encore y faire notre trou. Ce n’est pas facile, mais notre cd devrait nous permettre d’acquérir une certaine popularité.

Quelle est l’origine du patronyme Intergalactic Lovers ?

Marteen : Nous sommes alostois. Et s’y déroule annuellement un grand carnaval comme à Binche. Un carnaval au cours duquel le déguisement est roi. Mais pas dans un souci d’esthétisme. Au contraire, au plus ces accoutrements sont ridicules, moches et laids, au plus ils sont recherchés. La parade ‘Voil Jeanet’ (NDLR : la sale Jeannette) en est le plus bel exemple. Un défilé au cours duquel les jeunes gens sont travestis en femmes. Ils portent des corsets, poussent des landaus et exhibent des parapluies cassés. Et dans le passé, on organisait des fêtes autour d’un thème. Un jeu de rôle au cours duquel tout le monde devait se déguiser. C'est toujours idéal pour l'ambiance. En pensant à ce que les marginaux du futur allaient ressembler. Donc, c'était très beau à voir. Mon nom, c'était 'Intergalactic Lovers'. Un nom vraiment grotesque. Tellement absurde, qu’un membre du groupe a suggéré de le choisir pour patronyme. C’est le carnaval d’Alost qui a déterminé le nom du groupe…

Finalement, la bande sonore du film « Code 27 », vous l’avez enregistrée ?

Lara : On nous a demandé de réaliser ce soundtrack. Mais un peu tard. Nous ne disposions que d’un mois pour le terminer. Nous leur avons répondu que ce délai était insuffisant et qu’il était impossible de le respecter, vu le nombre de concerts à assurer. Finalement, le choix s’est porté sur des compos issus de notre premier album, « Greetings & salutations » ; en on y a ajouté une nouvelle chanson. Et cette collaboration nous a apporté pas mal de publicité. Le film est basé sur une série populaire programmée en Flandre.  

Au départ vous aviez signé chez EMI ; depuis le label a été absorbé par Warner. Vous sentez-vous bien soutenus par ce major ?

Marteen : Oui aucun problème, une partie du personnel d’EMI, que nous connaissions, a été transféré chez Warner, une boîte dont les responsables sont compétents. Bien sûr, on s’est rendu compte que cette fusion n’était pas encore au point. La firme n’avait pas l’habitude de sortir des disques d’artistes belges, mais plutôt américains. La situation était inédite pour eux. On l’avait remarquée, mais ils ont bien bossé pour rectifier le tir.

Votre premier opus vous a permis de décrocher un disque d'or ; et le second est, je pense, sur la bonne voie pour prendre le même chemin.

Lara : La plupart des remarques formulées à l’égard du nouvel album concernent le premier abord. On nous dit d’abord qu’il n’est pas terrible. Puis au bout de quelques écoutes, les avis changent, et il récolte de plus en plus de crédit. A tel point, qu’après quelques semaines, certains médias l’ont estimé tout bonnement génial. En fait, ce disque nécessite plusieurs écoutes pour être apprécié à sa juste valeur. Et quand il vous a investi, vous ne pouvez plus l’effacer de votre mémoire. Tu as même envie de le réécouter. Et ainsi de comprendre une nouvelle fois, le message qu’on tente de faire passer…

Sur les planches, le batteur est décalé à droite. Une configuration significative ?

Lara : Lors de nos premières prestations, le drummer se plantait derrière nous. Puis on a décidé de le décaler. En fait, chaque musicien a droit au chapitre. Mais le batteur ne doit pas nécessairement se réfugier au fond du podium. Et j’apprécie tout particulièrement les groupes qui se produisent sur une même ligne. Pas pour respecter une symbolique. Das Pop y a pensé avant nous et on s’est dit, pourquoi ne pas adopter la même formule. Et le résultat est probant…

Quand on vit à Alost, une ville administrée par la NVA, on ne craint pas l’hostilité de la presse francophone? 

Lara : Nous n'avons aucun problème avec la presse en Wallonie. Le seul souci que l'on a rencontré, c'est qu’il n’existe pas d’Airplay (NDR : un concept radiophonique spécifique au Nord du pays). Mais dès qu’on en a l’opportunité, on accorde une interview ou une session radio. Toujours. Mais on espère secrètement qu'il ait quelqu'un qui ose nous diffuser sur davantage de radios. Radio Charlekin (France) et Sud Radio ont fait le pas…

Vous vous êtes produits à Dour, Ronquières, l'Ancienne Belgique, la Citadelle de Namur, chaque fois à guichets fermés. Mais à Mons, il n’y avait pas grand monde. Une raison particulière ?

Marteen : Oui, manifestement, à Mons, le public était clairsemé. Il doit y avoir eu un problème. Probablement un manque de publicité.
Lara : Même le personnel de Sud Radio ignorait que nous nous y produisions. Tu imagines, ils bossent à Mons et ils n’ont même pas été informés…

C’est sans doute dû à une l’ouverture d’esprit de nos communautés, bien plus grande en Flandre qu’en Wallonie ?

Marteen : Je ne sais pas si c'est la raison. Il y a certainement plus de salles pour se produire au Nord du pays. Lorsque nous avons participé au festival de Ronquières, on nous a posé la même question. Au début des années 70, la Flandre a commencé à créer des réseaux. Et en récolte sans doute le fruit encore aujourd’hui. D’autre part, les radios accordent une place importante aux artistes du cru. Et certaines organisations, comme le PopPunt, aident les artistes qui font leurs premiers pas sur la scène musicale. Un ensemble de circonstances qui constituent un fameux tremplin. Mais en Wallonie, il existe également des formations qui ont acquis une dimension internationale, comme Girls In Hawaii…

On compare souvent la voix de Lara à celle de Nina Persson des Cardigans. Un compliment ?

Lara : Oui, un compliment ! C'est la première fois que j'entends cette réflexion. Ou peut-être la seconde. Il est vrai que j’aime sa voix. Et aussi le groupe. Cette remarque me fait plaisir…

Tu as participé aux sessions d’enregistrement de « Death And Glory », le dernier elpee de Montevidéo. Et je dois avouer que ta performance aux vocaux et remarquable. Qui a eu l’idée de t’inviter ?

Lara : En fait, leur manager a appelé le nôtre. Il a demandé si j’étais intéressé de participer aux choeurs. Au départ, j’ai mal compris ce qu’on je demandait, car je pensais devoir écrire des trucs sur cette chanson. Quand j’ai débarqué aux studios, on m’a demandé de me charger des backing vocaux. Je leur ai signalé que j’avais préparé le travail. J’ai donc été invité à me jeter à l’eau. Ce que j’ai fait. Et finalement, tout le monde était content du résultat. Moi aussi, d’autant plus que c’et un chouette album.

Et si nous parlions des influences d'Intergalactic Lovers ? Certain médias vous attribuent des références avec le hard rock mélodique…

Marteen : C'est une question très difficile. Il y a cinq personnes dans le groupe, et chacun a ses propres influences. Il y en a bien que nous aimons tous, mais dans l’ensemble nos goûts sont assez éclectiques… Le hard rock mélodique ? En live, alors. J'apprécie Led Zeppelin, Deep Purple, Black Sabbath et compagnie.
Lara : Oui, surtout sur scène. Et il est vrai que nos performances sont meilleures en ‘live’ que sur disque.

Vous paraissez très soudés au sein de la formation. Vous vous partagez l’écriture de la musique et des textes ?

Marteen : Nous nous connaissons depuis longtemps. Plus besoin de savoir sur quel bouton il faut pousser. Notre professionnalisme découle tout simplement de l’expérience acquise.
Lara : Nous participons tous à l’écriture de la musique. Je me charge des lyrics, mais Marteen y a également collaboré sur le dernier opus. Marteen, Raf et Brendan se concentrent davantage sur la musique. Et le plus souvent, ce dernier crée les ébauches à l’aide d’accords de piano. Bref, c’est le fruit d’un travail collectif. Et il arrive que dans un texte, l’un d’entre eux me dise qu’il est préférable de changer un mot ou une phrase. Tout le monde apporte ses idées, et lorsque nous sommes tous d’accord, on est satisfaits. Maintenant, il est exact que certaines influences inconscientes peuvent dicter notre conduite.

Quel est le meilleur concert que vous ayez accordé à ce jour ?

Lara : La première fois que nous avons joué à l’Ancienne Belgique ; et même si nous étions un peu trop nerveux, ce n’était pas mal. Mais le meilleur souvenir remonte à notre première participation au festival de Dour. En fait nous attendions devoir nous produire devant une centaine de personnes. Et quand nous sommes montés sur le podium, on s’est rendu compte que le chapiteau était plein à craquer. Une fameuse surprise ! Tous ces gens étaient venus pour nous. Nous n’en revenions pas. Un moment magique ! 

 

The Loved Drones

The Tangible Effect Of Love

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The Loved Drones est un groupe belge issu de la famille Freaksville, label fondé par Miam Monster Miam. Un concept que Benjamin Schoos, son fondateur, a imaginé afin de faire de la musique autrement avec d’autres gens…

Rappelez vous de ces ‘Fantômes’ qui ont accompagné Lio, Marie-France et Jacques Duval. Et bien, sous l’impulsion de Benjamin, ce band belgo-belge a assuré une nouvelle vie à des artistes pourtant considérés comme morts ou presque…

Finalement ces spectres ont muté et se sont transformés en drones ; amoureux qui plus est !

Autour du producteur multi-instrumentiste, gravitent Marc Wathieu (Marc Morgan) et Jampur Fraize aux guitares, Jérôme Danthinne aux drums, Pascal Scalpschyns à la basse, ‘Man From Uranus’ et Brian Carney aux claviers ainsi que Philippe Laurent à la trompette. Il s’agit du line up de base ; car si on tient compte de tous les intervenants et invités, on peut presque doubler le nombre de musicos impliqués dans l’aventure. On est donc davantage en présence d’une concentration de musiciens adhérant à un même projet que d’un groupe proprement dit.  Soit, l’idée peut paraître séduisante, reste à écouter l’album.

Dans un vaisseau aux couleurs rock et électro, Schoofs et sa bande d’amoureux nous emmènent dans un voyage rétro-futuriste (ça existe ?) En effet, tout au long de ce parcours quasi instrumental –la voix d’Emmanuelle Parrenin opérant quelques apparitions furtives– le style supposé avant-gardiste se révèle au final plutôt revivaliste. Un peu comme si on assistait à un film de science-fiction tourné dans les années 70 ou 80, friand de décors en carton-pâte et de trucages grossiers. Pas que la musique dispensée soit ringarde ou dépassée, mais vu l’instrumentation à la sauce Kraftwerk et les sonorités adoptées, on pourrait facilement imaginer que les partitions avaient été oubliées au fond d’un tiroir durant quelques années (au moins). Et comme par enchantement, elles réapparaissent ré-instrumentées à la sauce seventies. Drôle !

D’ailleurs, y’a pas que du Kraftwerk là-dessous. La première plage, « The Tangible Effect of Love » concède des relents du Floyd période « Meddle », et… Ian Anderson n’aurait-il pas apporté discrètement sa flûte sur « Red City » ? Les comparaisons ne s’arrêtent pas en si bon chemin. Jean-Michel Jarre ou Alan Parsons semblent également avoir mis un pied dans « Love Interlude » et Barry White l’autre lors sur « Easy Love ». Bref, vous en avez conclu que ces neuf morceaux nous ramènent quelques années en arrière. Jamais désagréable, l’opus multiplie les références et c’est avec un plaisir non dissimulé qu’il se laisse écouter de bout en bout.

Une bonne surprise de fin d’année. Fallait simplement avoir de l’audace et le talent pour concrétiser un tel projet !

 

Burning Love

Rotten Thing to say

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Qui donc brûlera d’amour pour cette formation canadienne, dont les mélodies ne font certainement pas dans la dentelle ? A l’instar du titre de l’album (« Rotten Thing to Say »), ce groupe n’a d’ailleurs pas que de jolies choses à dire. Mais il déploie une belle énergie pour communiquer son message. Chris Colohan (Cursed, Left for Dead, Swarn) en est le leader, le vocaliste et le porte-parole. Et ses lyrics, il les martèle de ses cordes vocales enragées

Urgent, leur hardcore est teinté de punk et de rock’n’roll. Et dès « Karla », le ton est donné : ‘fuzz’, les interventions de basse sont puissantes, la rythmique est endiablée ; power chords à la Turbonegro et solos bien tranchants déferlent en alternance. Le tout pour soutenir des lyrics qui font froid dans le dos et que n’aurait pas renié Nick Cave (NDR : pour la ‘serial killer’ Karla Homolka par exemple…)

« Rotten Thing to Say » baigne au sein d’une ambiance poisseuse, réminiscente du MC5 ou des Stooges. Et des titres féroces comme « Hateful Comforts » ou « Broken Glass » sont marqués au fer rouge par ce son de Detroit. Kurt Ballou, le guitariste de Converge, a produit cet elpee, le second de Burning Love, qui devrait ravir les fans de Social Distortion ou The Bronx. 

 

Sukilove

Drunkaleidoscope

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Sukilove aime le rythme et a décidé de s’en servir pour enregistrer ce « Drunkaleidoscope », leur nouvel album. Deux drummers ont ainsi participé aux sessions : Stoffel Verlackt et Helder Deploige ! Cet opus ressemble à un kaléidoscope sonore, au cours duquel l’ouverture d’esprit d’un Talking Heads rencontre la rage de Japandroids, tout en invitant le jazz mutant ainsi que des reliquats d’électro et de hip hop. Tout un programme ! Ce groupe belge –à géométrie très variable– est dirigé par Pascal Deweze (que l’on a déjà aperçu chez Metal Molly et Broken Glass Heroes). Et « Drunkaleidoscope » constitue son troisième opus.

Difficile de décrire en quelques lignes la musique de cette formation unique en son genre. C’est sûr, elle est expérimentale. Ainsi « Calm » vampirise judicieusement Spoon, le très drôle « Beatlesnake » (‘I’m a Beatlesnake, I’m a Beefheartsteak, Gainsbourgfake, Beach Boycake…’) lorgne vers la forme la plus pop de Battles, « Somehow Someday » butine généreusement Pollen alors que « Lancelot » évoque plutôt l’univers de Rafter. Bref à l’instar de son titre, « Drunkaleidoscope » part dans tous les sens. Sur cet excellent elpee, Sukilove féconde une pop mutante aux frontières floues mais passionnantes. Etonnant !

Sukilove se produira ce 21 novembre au Charlatan de Gand, le 7 décembre au Trix d’Anvers et le 12 janvier à De Grote Post à Ostende.

 

Slove

Le Danse

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Duo hédoniste partagé entre les fulgurances d’un rock indie porté à son apogée dans le courant des années 90 par les Stone Roses, entre autres, et un amour pour l’électro dansante des années 2000, Slove propose une musique hybride ne manquant pas de charme, bien que dénuée d’une certaine touche de folie qui lui aurait permis de se démarquer de cette veine française qui se réclame héritière des sonorités insulaires d’hier aussi bien que de sa touche si hexagonale.

En ressort un album agréable et recommandable mais non pas essentiel.

A l’instar de sa huitième plage, dont le titre illustre parfaitement mon propos (« Carte Postale ») et qui rappellera à certains d’entre vous un groupe qui s’est illustré jadis avec (« Le) Brio (»)…

 

The Feeling Of Love

En différé de Manhattan-sur-Meuse

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Ce lieu nouveau fleure bon l’underground. Une petite salle qui se cache à l’entrée d’un garage. Tiens, justement, c’est le nom de cet endroit. Le Garage. Mais plus qu’une simple allusion à l’endroit qui l’héberge, c’est la relation au véritable esprit qu’il faut souligner ici. Pour nouveau qu’il est, ce refuge à décibels jouit déjà d’une belle identité. Liège a peut-être trouvé son CBGB.

Et pour l’occasion, c’est à un concert de belles fripouilles auquel nous sommes conviés.

Crade et tonitruant, le son du Prince Harry envahit l’espace clos et s’agrippe illico à nos tympans impatients de saigner à blanc, blanc comme le bruit dispensé par ce combo liégeois.

Sous ses allures foutraques, les trois valeureux Principautaires assènent et matraquent leurs compositions aux forts relents Post Punk et aux accents New Wave.

Bien loin des bienséances de la cour de sa gracieuse Majesté, c’est un conglomérat de saturations et de basses écrasantes qui est jeté à la marre et aux oreilles des spectateurs amassés dans l’espace confiné.

Bien que confronté à de petits soucis d’ordre technique, le trio local ne s’économise pas. Haletant, vociférant, transpirant à pleines gouttes l’essence même du genre, il nous livre du Rock hargneux et déglingué comme on l’aime. Il y manque sans doute un peu de finesse ; mais il demeure, somme toute, fort plaisant.

A trois, on peut faire beaucoup de bruit. Ce que cherche à prouver The Feeling Of Love.

Après avoir éprouvé la version du ‘One Man Band’, G. Maretta a transformé son projet solo en trio.

Leur Rock Psyché s’habille de couleurs No Wave ou l’inverse ; mais bien plus encore. Les larsens suintent par tous les pores et jettent l’encre sur des tatouages encore frais. La rythmique fiévreuse secoue l’épiderme et lacère le marteau et l’enclume de nos pavillons endommagés. L’ouïe, l’ouïe (oh baby I gotta go). Frénétiquement, chaque vague se fracasse sur le devant de la scène et éclabousse de son écume un parterre captivé.

Livrant sans temps mort son implacable vérité : le Rock n’est pas fait pour se réinventer. Il est fait pour perdurer.

Et dans ce cadre qui lui sied à ravir, il ne pouvait que s’exécuter.

(Organisation : Jaune Orange) 

 

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