Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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Les Nuits Botanique 2013 : dimanche 5 mai

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Passons outre les tribulations autoroutières d’un chroniqueur sentant poindre le désespoir au fil des heures passées derrière son volant, tandis que la radio relate le début du concert auquel il souhaite assister à plus de cent kilomètres de distance.

L’air doux d’une journée de mai ensoleillée scintille encore dans les yeux des éternels jeunes qui peuplent les abords du jardin Botanique à mon arrivée. Atmosphère propice aux multiples échanges et plaisirs divers qu’offrent les Nuits Botanique pour la vingtième année consécutive.

Un festival multiple, qui se décline en nuits étoilées du 30 avril au 13 mai, non seulement dans les différentes salles de son antre, mais aussi ailleurs. Au Cirque Royal ou dans ses propres jardins.

C’est là que j’ai rendez vous ce soir.

Après des heures de patience sur l’asphalte bitumé d’une longue et monotone bande grise, se proposent à votre serviteur les délices d’une nuit d’été sous chapiteau.

Du concert de Driving  Dead Girl, il ne reste évidemment plus que le souvenir.

Encore esclave de mon habitacle, il y plus d’une heure et demie, j’ai quand même pu profiter d’un extrait Live en presque direct, d’une interview et d’une session acoustique sur les ondes de Pure FM qui relate l’événement tous les soirs.

De quoi me faire regretter mon sort et me mettre l’eau à la bouche pour la prochaine fois.

Quant à Lumerians, la malédiction continue en ce qui me concerne…

Jugez par vous-même :

Liège, concert prévu, le combo n’est jamais venu.

Magasin 4. Première partie de The Soft Moon. Je suis bien présent, mais le band est retenu par un incendie qui s’est produit vingt mille lieues sous la mer.

Et aujourd’hui, hâtant le pas, esquivant les verres de bienvenue, les accolades de retrouvailles, les baisers de bienvenue, et autres sollicitations amicales, je me fraie un chemin jusqu’aux portes de la structure extérieure, pénètre à l’intérieur du Chapiteau, et… assiste au départ du groupe, sous les applaudissements ravis d’un public de connaisseurs enthousiastes.

Las !

Je hausse les épaules et m’en remets fataliste aux bons échos récoltés après coup.

Ainsi, je ne verrai que la clique à Scott McCloud. Mais alors, quelle claque !

Parenthèse à son projet Paramount Styles, ce retour improbable des Girls VS Boys, après onze ans de silence, salue l’éternelle jeunesse de ce groupe à la carrure taillée par deux basses solides, telle une marque de fabrique déposée il y a plus de deux décades.

Un set qui va monter en puissance ainsi que le combo prend plaisir à exécuter ses titres et saisit l’indémodable enthousiasme du public belge face à sa musique.

Juste une petite heure, mais une heure pleine, une heure généreuse.

Des titres phares de leur discographie (« Disco Six Six Six », « Super Fire », « In Like Flynn », l’incontournable « Kill The Sex Player » qui illustrait jouissivement le film « Clerks » en 1994 !) et bien sûr leur reprise de Joy Division, « She Lost Control », en rappel.

Bien entendu, ce retour était avant tout un cadeau pour celles et ceux qui les avaient connus à l’époque.

Mais vu leur verve toujours pétillante, dont il nous a laissé un bel aperçu, il ne fait aucun doute que GVSB pourrait trouver écho auprès d’un tout nouveau public.

Peut être un nouveau départ ?

Peut être juste une récréation ?

Quoi qu’il en soit, comme le soulignait en forme de clin d’œil son chanteur dans Paramount Styles (le titre « The Greatest » issu du premier album « Failure American Style »), Girls Against Boys n’est peut être pas le meilleur, mais c’est un tout grand quand même !

Akim Serar

Driving Dead Girl + Lumerians + Girls Against Boys

(Organisation Botanique)
 
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Tout le long du week-end, pas mal d’artistes ont défilé sur les différentes scènes du festival des Nuits Botanique. Et ce dimanche, le Cirque Royal accueillait Woodkid pour l’un des concerts les plus attendus de cette édition. Et pour cause, il y a quelques mois que le concert affiche complet. Il faut dire que ces derniers temps, le tapage médiatique consacré à Yoann Lemoine est pour le moins intensif. Et pour un artiste multidisciplinaire (il a notamment réalisé des clips pour Lana Del Rey et Moby) qui n’avait pas encore publié qu’un seul album (NDR : et encore c’est au début de cette année) et deux Eps, on peut affirmer que la presse, unanime, était derrière lui. Comme quoi, dans les milieux artistiques, les relations peuvent toujours servir…
 

Ce soir Woodkid venait donc défendre son nouvel opus, « The Golden Age », une œuvre qui lui a demandé plusieurs années de travail. Pour la circonstance, le Français avait décidé de miser sur un set expérimental, puisqu’il allait se produire en compagnie du Mons Orchestra. Une occasion unique de retranscrire en ‘live’, toute la solennité de sa musique. 

Le Cirque Royal est sold out. Les mélomanes se sont donné rendez-vous bien à l’avance, afin de se procurer une bonne place au sein de l’enceinte et de profiter du spectacle. Pas de supporting act, on entre donc directement dans le vif du sujet. En observant le matos installé sur le podium, on a la certitude qu’on aura droit un show autant visuel que sonore. D’autant qu’un grand écran est étendu en fond de scène. Et puis, quand on connaît le passé de Yoann Lemoine dans l’univers audiovisuel, le doute n’est plus permis. 

Vers 20h15, Woodkid monte sur les planches, accompagné de ses musicos. Ils vont se placer derrières leurs instruments respectifs (claviers, machines, fûts, etc.) Les membres de l’Orchestre philharmonique de Mons s’installent à l’arrière. Yoann se plante au centre. Bref, cet ensemble est censé nous réserver un spectacle de qualité.

Dès l’introduction, le son est dense. Le jeu de lumières est impeccable. Les images défilent sur l’écran. Elles nous replongent dans le futurisme du film allemand Metropolis. Mais, vu leur amplitude, elles prennent le pas sur la musique. Woodkid cherche alors à nous entraîner dans son univers théâtral. Les morceaux doux ou pop s’enchaînent en alternance. Comblé, le public réagit en conséquence. De son côté, le maître d’œuvre de la soirée paraît ravi de cet accueil. Mais le sommet de cette heure et demie de concert sera atteint par « Iron ». L’osmose entre les percus tribales des deux drummers et les projections font clairement mouche. Woodkid en profite pour achever le morceau sous une forme davantage électro. 

Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes, s’il n’y avait la voix de Lemoine. En fait, au milieu des coups de tonnerre produits par les percus, les cordes et les cuivres, elle est trop souvent noyée, même si, au fil du show, elle va progressivement remonter à la surface. Il faut aussi avouer que le Français n’a pas le ‘charisme vocal’ de sa musique. Dommage !

Quoi qu’il en soit, le public semblait conquis par la performance du collectif. N’est-ce pas là l’essentiel ? N’empêche, vu l’apparat, on en espérait un peu plus.

Béber

Woodkid

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(Organisation Botanique)

 

The Peas Project

Swim With The Sharks (Ep)

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En 2006, un sympathique collectif répondant au patronyme de The Peas Project atteint la finale du Concours Circuit catégorie Pop/Rock ; et, malgré des retours très élogieux, la petite famille ne décroche que la deuxième place. Un accessit qui débouche sur une apparition à la Boutik Rock (désormais rebaptisée Pro’Pulse). Un bon moteur pour les Bruxellois, qui publient, l’année suivante, un premier recueil étayé d’une sélection de morceaux joués en ‘live’, puis un second, « Power & Romance », en 2010. Entre-temps la troupe multiplie ses apparitions scéniques, décrochant des participations à de nombreux festivals tels que Dour, Esperanzah, Couleur Café ou plus récemment ABBota.

« Swim With The Sharks », leur nouvel Ep, confirme la donne. The Peas Project est avant tout un groupe à découvrir sur les planches. Les six morceaux de la galette font la part belle aux fusions Pop, Jazz et Hip-Hop. Les travaux de la formation, qui compte une dizaine de membres tous affublés de gilets réfléchissants jaunes, regorgent de chaleur et de groove. Plus particulièrement des morceaux comme « The Meal » et son groove infectieux, un « Bottoms Up » audacieux ou encore « The Holy Story », une plage parcoure de cuivres bien casés et enrichie par une voix féminine qui n’est pas sans évoquer celle de Neneh Cherry. A suivre de très près et surtout, à voir sur scène, le 8 mai aux Nuits Botanique, dans le cadre de la Nuit Belge. Ils se produiront également le 2 août au festival Esperanzah et le 13 du même mois au Brussels Summer Festival.

 

XXYYXX

Youth Of The Nation

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Ce 3 mai, l’AB proposait une soirée entièrement consacrée aux nouveaux oisillons de la Chill/Dream Wave et du glitch hop. En tête de gondole, XXYYXX, jeune prodige du genre qui, à 17 ans, est déjà responsable de pas moins de deux LPs, dont un éponyme fort efficace publié l’an dernier. Pour l’accompagner, l’Ancienne Belgique a convié Dream Koala, Blackbird Blackbird, Giraffage et Slow Magic. Une quintuple affiche sold-out de ‘Bedroom producers’ pour un public jeune. Très jeune.

A mon arrivée à l’ABClub, grosse surprise, et pas des moindres. Charlei Yin, alias Giraffage, et son binôme sont penchés sur leurs platines dans une ambiance très salon de thé. La lumière est toujours allumée. A la vue du public, dont la moyenne d’âge ne dépasse que difficilement les 25 ans, un sentiment égal à celui de mon homologue Adrien Fassotte, pendant le concert de Disclosure (Cfr review du 27/03), m’envahit. Me sent vieux d’un coup, là… Les petits groupes tapent la discute comme on prend un verre aux apéros urbains ; et le DJ, dont personne n’a rien à cirer, est relégué à l’arrière-plan. Bref, Giraffage ne joue pour (presque) personne. Son nouvel LP, « Needs », d’assez bonne facture, n’a pas spécialement enthousiasmé un parterre plus que distrait.

Pas très chaud pour le salon de thé, j’effectue mon retour vers 22h pour la fin du set de Slow Magic, à priori solide. Le public à l’air réveillé. Faut dire que l’alcool a manifestement coulé à flots. Une vingtaine de minutes plus tard, Mikey Maramag, plus connu sous le pseudo de Blackbird Blackbird, déboule devant ses manettes. Le producteur prolifique présentait « Boracay Planet », un sympathique Ep de Folktronica, emmené par le lumineux « All » et son obsédante ligne de guitare. Après cette parfaite mise en bouche, l’homme, qui ose le chant, enchaîne quelques titres électro tapageurs parfaitement emboîtés à sa discographie downtempo élégante, à la Washed Out.

45 minutes et le tour est joué. Le San Franciscain laisse sa place à son homologue originaire d’Orlando, XXYYXX. Accompagné à son tour d’un binôme, l’ado délivre devant des projections psyché, un set yo-yo, faisant ponctuellement monter la pression sans jamais vraiment atteindre de climax. Un set qui s’apprécie parfaitement quand on a un coup dans le nez ou dans d’autres conditions, style festival. A l’arrière, la salle se vide de plus en plus. C’est qu’il est bientôt minuit là-dedans... XXYYXX ne livre rien de bien palpitant et je finis par suivre le chemin de la sortie, plutôt déçu d’une soirée dont la prestation captivante de Blackbird Blackbird constituait le seul véritable intérêt.

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

When Saints Go Machine prêt à plonger dans le grand bain…

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When Saints Go Machine sortira l’album « Infinity Pool » le 22 mai 2013. Le groupe danois publie son troisième album après « Konkylie » en 2011, un disque qui avait terminé en deuxième position des meilleures ventes au Danemark.

Tracklisting

01. Love and Respect feat. Killer Mike
02. Infinity Killer
03. Iodine
04. Yard Heads
05. System of Unlimited Love
06. Mental Shopping Spree
07. Degeneration
08. Mannequin
09. Order
10. Webs
11. Dead Boy
12. Slave to the Take in your Heaven

Pour écouter le single de l’album ‘Love and Respect’ avec Killer Mike, c’est ici

 


Patrick Riguelle

Un premier amour

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Riguelle nous vient du Nord de la Belgique. Flamand, à l’instar d’Arno, il adore la chanson française. C’est la raison pour laquelle il a décidé d’enregistrer dans la langue de Molière, cet album intitulé « Un premier amour ». Un disque partagé entre compos personnelles et reprises.

Parmi les adaptations, figurent « Tu t’laisses aller » de Charles Aznavour ou encore « Règlement » de Louis-Ferdinand Céline. Mais c’est le titre maître qui ouvre la plaque. « Un premier amour » est une chanson qui avait été interprétée par Isabelle Aubret, en 1962, dans le cadre du Concours l’Eurovision. Il réadapte à sa façon ce superbe morceau, qui avait permis à la Française de décrocher le premier de cette compétition. Riguelle dédicace « Dans mon bistrot » aux gens qu’il côtoie dans son bar préféré, à Malines. Dans « On s’habitue », il évoque la routine. Celle qui ronge progressivement le peuple. L’instrumentation et les textes répétitifs sont judicieux et accentuent ce sentiment. Riguelle apprécie beaucoup l’œuvre de Balavoine. De son répertoire, il a choisi « Le chanteur ». Et la version est très réussie. Un morceau pour lequel il a reçu le concours de Dirk Jans à la batterie et Chris Peeters à la guitare, de manière à lui conférer un aspect plus pop/rock, et en même temps mettre davantage en exergue les vocaux. « L’amour en quatre saisons » est une plage mélancolique au cours de laquelle, Riguelle nous confesse que l’amour est effrayant et pas banal. « L’occasion fait le voleur » est un titre signé par l’artiste. Quelque peu prosaïque, cette piste privilégie davantage l’instrumentation, et en particulier le lubraton et la contrebasse. Le rythme y est également plus soutenu. Issu de la plume de Boris Vian, « J’suis snob » se frotte au jazz. Une plage qui a été enregistrée en une seule prise. Riguelle a choisi Léo Ferré pour clore son opus. Et en particulier le célèbre « Avec le temps ». Son adaptation est plus ténébreuse, assez lente également, mais en même temps, permet de découvrir une autre facette du talent de cet artiste flamand… 

 

Otti Albietz

Bubby Tone 2

Écrit par

Depuis sa plus tendre enfance, Otti Albietz bourlingue à travers l’Europe. Natif de Malaga, cet Espagnol a quand même décidé de poser son balluchon, un peu plus longtemps, en Angleterre. A Londres, très exactement. C’était en 2005. Pendant plusieurs années, il va militer au sein de divers groupes, comme chanteur. Mais en 2009, il décide de voler de ses propres ailes. Idéal pour développer ses propres idées. Ainsi, un premier opus paraît en 2011. Autoproduit, il est publié chez Big Village Records. Ce qui va l’entraîner, de nouveau, à sillonner le Vieux Continent…

Deux ans plus tard, il faut reconnaître qu’Otti Albietz a acquis une certaine notoriété. Et pour cause, non seulement il a signé sur le label BBE (Bilal, Aaron,…), mais son second elpee, sobrement intitulé « Bubby Tone II », a bénéficié du concours d’Harvey Summers à la production, un personnage dont la carte de visite mentionne notamment des collaborations auprès de Mumm Ra et Paul MacCartney. Rien que ça !

Otti pratique une forme de folk légèrement teintée de soul. Le songwriter est uniquement accompagné de sa sèche. Découpé en 12 pistes, « Bubby Tone 2 » évoque tour à tour Bowerbirds (« Amazing Life », « Tell Them I Was Here »), à cause des chœurs, mais aussi Tunng, notamment lorsque l’artiste a recours aux boucles. Le climat de l’opus est paisible. Les arrangements sont minimalistes. Albietz possède une voix chaude, mais susceptible de monter facilement dans les aigus. Une voix qui colle parfaitement aux compos légères et empreintes d’une grande simplicité, mais qui font mouche à chaque coup.

Une excellente découverte qu’on ne manquera pas de suivre à la trace…

 

Ólöf Arnalds

Sudden Elevation

Écrit par

Comment expliquer la pluralité artistique des musiciens islandais sur la scène internationale ? La réponse est simple : placer la culture au centre du débat politique. C’est un pays pourtant  où, avant que n’éclate la bulle financière de 2007, soufflaient des vents drus de folie et des rêves de démesure soulevés par les ‘Vikings de la Finance’ aux dents longues, à l’âme exsangue. Alors sévissaient au Nord du Monde la soif inextinguible de l’or, la fièvre consumériste et l’aliénation spéculative. Avant le crash final inévitable (2008). Le bel édifice bancaire reposait sur des sables mouvants qui l’ont englouti et le pays a sombré brusquement dans la faillite. Le peuple a alors repris les choses en main et chassé les mirages. Ainsi, à l’austérité, l’Islande a préféré une politique de ‘New Deal’ artistique qui a fait de la culture le deuxième moteur de la croissance du pays, rapportant près d'1 milliard d’euros par an. La culture représente ainsi près de 20% du PIB national. Un pays qui démontre qu’il peut exister une vie en dehors des banques. 

Ólöf Arnalds tient une place importante dans le paysage musical islandais, au sein de cette effervescence et mouvance artistique. Depuis une dizaine d'années, l’enfant du pays s’illustre effectivement dans plusieurs projets collectifs. Membre sur scène de Mùm, elle a également travaillé en compagnie du bassiste Skulli Sverrisson. En 2010, sur son disque précédent, la multi-instrumentiste a d'ailleurs signé duo remarqué auprès de Björk, pour publier "Surrender", taillé sur mesure pour leur voix d'exception.

Le troisième album, « Sudden Elevation », n’est donc pas le produit d’une inconnue. Ce dernier essai folk enregistré dans son Islande natale, chanté totalement en anglais, capture un talent de songwriting rare et singulier. Un air désinvolte qui sillonne toutes les pistes d’un album réinventant des peines de cœur magiques, éclatées et irréelles. Un son aux harmonies complexes et calmement électriques qui étanche la soif de création sonore de l’artiste et témoigne de sa prédilection pour l’expérimentation sonique. Un ‘12 titres’ proposant une série de morceaux courts, acoustiques, tout en intériorité. Une instrumentation mise au service de la voix ondulante d’Ólöf Arnalds qui flirte incestueusement avec celle de ses ainées Stina Nordenstam et Anja Garbarek.

Malgré une production trop sage, Sudden Elevation nous réserve pourtant quelques moments d'exception et emporte l'auditeur vers des territoires inconnus. Ainsi, « Call It What You Want » s’énerve, choque, captive et s’élève aussitôt vers les univers uniques de Joanna Newson ou Karen Dalton. Une voix singulière dont on joue comme d’un instrument supplémentaire qui sonnerait comme une caisse claire. « Return Again », plus représentatif, est une ballade fragile, presque friable, bercée d’une voix paradoxale, angélique et malicieuse, d’arpèges de guitare et de notes de piano graciles et rêveuses et de la folie douce de sa propre mélodie. « Little Grim » s'envole, prenant, in fine, l'allure d'une chorale improbable. « Numbers and Names » se construit comme un étonnant jeu de voix en écho. Le morceau titre évoque même le Nick Drake de Pink Moon, guitare au plus proche de la mélodie, l'émotion à nu. A lui seul il mérite notre attention.

Produit par son fidèle collaborateur Skúli Sverrisson dans les profondeurs obscures d’une cabane en bord de mer à Hvalfjörður (littéralement le fjord de la baleine) durant l’automne 2011, « Sudden Elevation » s’enivre d’une âme féérique et profondément scandinave.   

Il y a deux ans, la chanteuse islandaise nous l’expliquait : ‘Depuis l’adolescence, je joue pour les mariages, les enterrements. J’aime ce rôle communautaire : jouer pour la famille, être avec les gens quand ils ont des choses à célébrer.’ Invitation lancée pour venir arpenter les chemins du Botanique où l’artiste viendra rejoindre les 142 noms à l’affiche de l’édition 2013 des Nuits Botanique. Une célébration qui aura lieu sous le chapiteau du jardin botanique ce lundi 13 mai prochain. Lévitation assurée.

Dead Gaze

Dead Gaze

Écrit par

Dead Gaze est le projet solo de l’Américain R.Cole Furlow. Seul, sur sa colline, au milieu du Mississippi, Furlow écrit ses chansons depuis 2009. A ce jour il n’avait enregistré que deux cassettes, et encore pas plus longues que des Eps. Et il les vendait lors de ses concerts. Des conditions qui ne favorisaient certainement pas la notoriété. C’est Fat Cat, via son satellite Palmist, qui est une nouvelle fois allé nous dénicher cette petite pépite. Le label devient coutumier de l’opération puisqu’auparavant, il avait ainsi recruté Forest Fire et U.S Girls.

Partagé en douze plages, cet elpee réunit l’essentiel des compos de Furlow. Si vous préférez, on est en présence d’un ‘best of’ des titres réalisés à l’époque où il disposait de peu de moyens. Cette approche lo-fi n’est d’ailleurs pas toujours très audible. Mais c’est ce qui fait le charme et l’originalité de l’ensemble. En fait, Furlow n’accorde ici pas trop d’importance à la forme, mais bien au sens mélodique. Et sur ce point, il est irréprochable. D’ailleurs aucune piste de cet opus n’est dispensable. L’écriture de l’Etasunien est instinctive et même plutôt subtile. Les changements de tempo sont fréquents. Les morceaux oscillent entre punk énergique (« You’ll Carry On Real Nice ») et psyché pop réminiscent des Flaming Lips (« There’s a Time to be stupid », « I Found the ending »). Et lorsqu’on arrive en fin de parcours, on appuie volontiers, une nouvelle fois, sur la touche ‘play’…

Eponyme, le premier album éponyme de Dead Gaze est tout simplement un bon bol d’air frais. Pour l’écouter dans des conditions idéales, il ne manque plus qu’un petit rayon de soleil...

 

Evil Invaders

Evil Invaders (Ep)

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Adeptes d’un speed metal tout droit hérité des années 80, Evil Invaders joue à fond la carte du revival en reproduisant à l’identique ce sous-genre qui mêle thrash et heavy metal. De la production au logo en passant par la pochette de l’Ep, tout est là pour nous rappeler cette période où la musique allait vite, et les chansons parlaient de bière, de guerre et de zombies. Le look des musiciens est à l’avenant, et si on ne dit pas que ce groupe a été formé en 2007 et sort ici son premier Ep (après une démo en 2009), on est en 1987 ! Notons malgré tout que pour une autoproduction, le groupe n’a rien à envier aux ténors du mouvement rethrash (Gama Bomb, Municipal Waste…), dont ils pourraient sans peine partager les affiches. C’est tout le mal qu’on leur souhaite.

 

Frightened Rabbit

Pedestrian Verse

Écrit par

A ce rythme, ce petit lapin va devoir surmonter ses frayeurs et ses angoisses. Notamment, quand il va être confronté à de plus larges audiences. « Pedestrian Verse » constitue déjà le quatrième opus de cette formation écossaise, drivée de main de maître par Scott Hutchinson. Souffrant d’une timidité maladive durant son enfance, vécue à Selkirk, il avait reçu l’affectueux sobriquet de ‘Frigthened Rabbit’, de sa mère…

Depuis, pas mal d’eau a coulé sous les ponts… Ainsi, la presse spécialisée n’hésite pas à comparer le lyrisme de Frightened Rabbit à celui d’Arcade Fire, même si les sonorités bien écossaises de leur musique rappellent surtout Twilight Sad et We Were Promised Jetpacks. Pour la première fois, les autres membres du groupe ont pu participer à l’écriture des chansons. Une collaboration fructueuse, car l’elpee recèle quelques hits hymniques. Et notamment les très efficaces « The Woodpile » et « Holy ». Après la délicate intro accordée au piano sur « Acts of Man », en ouverture de l’elpee, les salves héroïques de guitares sont légion, cependant avec juste ce qu’il faut de grandiloquence pour épauler les lyrics tourmentés mais jamais misérabilistes de Scott Hutchinson. On épinglera encore la participation d’un illustre compatriote sur « State Hospital », en l’occurrence Aidan Moffat (Arab Strap).

 

Karma To Burn

Live At Sidro Club

Écrit par

Karma To Burn jouit d’un statut particulier sur la scène stoner/desert rock. Volontairement instrumental, le trio s’acoquine parfois d’un vocaliste (transfuge de Year Long Disaster), mais se contente la plupart du temps d’asséner son hard rock groovy, lancinant et irrésistible sans chant, sans que l’auditeur ne n’ennuie pour autant. Contraints par leur maison de disques de recruter un chanteur à l’époque de leur premier album, en 1997, Karma To Burn a pourtant toujours privilégié l’instrumental. Leur discographie est donc majoritairement sans vocaux, ce qui n’empêche en rien son excellence.

Sur scène, la musique de Karma To Burn prend une dimension plus épique encore, leurs concerts sont d’une intensité rare. Pas de blabla entre les morceaux, les shows sont assurés sans interruption, et on se coltine une heure de son que rien ne vient interrompre. Cet elpee live, qui ne sort qu’en vinyle, illustre à merveille cette sensation particulière, puisqu’il ne comporte qu’une plage de 25 minutes par face, sobrement intitulées ‘one’ et ‘two’. Autant dire tout de suite que c’est un régal, on ne s’y ennuie pas une seconde. Les riffs hallucinants s’enchaînent et le groove est permanent. Une véritable leçon de stoner rock qui se termine en apothéose par le classique « Twenty ». Assurément, un des albums ‘live’ les plus réussis de l’année !

 

LeCoq

Chaconnes

Écrit par

« Chaconnes » constitue le cinquième opus de LeCoq. Il fait suite à « D’arradon », paru il y a déjà 4 ans. Avant d’embrasser une aventure en solitaire, le chanteur français avait milité chez Mauvais Sang et Candid. Sans oublier ses nombreuses collaborations.

Ce nouvel elpee a été coproduit par Bruno Green. Il réunit quelques chansons traditionnelles, que l’artiste revisite à sa manière. Les lyrics ne semblent pas avoir beaucoup d’importance chez LeCoq, mais bien l’instrumentation. Partagé en dix pistes, le long playing s’ouvre d’ailleurs par un instrumental, et c’est le morceau maître. Malgré son titre qui prône la violence, « Allons en guerre » est une compo mélodieuse, paisible, qui colle parfaitement à la voix de LeCoq. Et la « La Martyre » trempe également dans une relative douceur. Les textes sont enfin davantage mis en exergue sur « Je positive », une plage au cours de laquelle, le Français tente de faire passer un message d’amour. Pas de rimes sur « Des pierres, des eaux ». Faut dire que le rythme imposé ici permet d’en faire abstraction. Il nous donne sa définition du mot « Alluvions », au début de ce morceau. « Les oiseaux sont presque morts » constitue manifestement la composition la plus sombre du long playing. Le ton est monocorde et impassible. Pourtant, on ressent toute la détresse et le désespoir dans la voix de LeCoq.  

Nonobstant l’excellent travail opéré par les musicos, il faut reconnaître que le ton général de l’album est trop monotone pour vraiment captiver. Il manque de rythme ou plutôt de changements de rythme. Et le déficit de paroles ou tout simplement sa répétition un peu trop systématique, ne favorise pas l’accroche…

 

Melissmell

Droit dans la gueule du loup

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Melissmell, c’est le pseudo de la chanteuse Mélanie Francette Coulet. Mais il s’agit également du nom du groupe qu’elle dirige. Une formation au sein de laquelle, elle est épaulée par le guitariste Stephano Bonacci, le bassiste Claude Dos Santos, le drummer Jérôme Spieldenner et le violoniste Thomas Nicol. « Droit dans la gueule du loup » constitue son second opus. Il est paru ce 26 mars 2013.

Découpé en 10 pistes, « Droit dans la gueule du loup » est une œuvre dont les lyrics alimentent des thèmes contestataires. Melissmell est contestataire, rebelle si vous préférez. Elle n’hésite pas à choquer et à accuser, à travers ses textes.

Ainsi « La crapule » incrimine le mode de vie parisien. Une fourmilière peuplée d’individus qui se mentent en courant le plus vite possible. Et le rythme y est tellement intense qu’il est impossible d’y vivre tranquillement. « Madame » permet à Melissmell de dénoncer la routine, qu’elle décrit comme notre mortel ennui. Elle empêche les êtres humains de vivre leur vie et de découvrir le monde. En accélérant ou ralentissant le rythme de sa voix, elle dérègle ces automatismes. « La Colère » est paradoxalement tramée sur un tempo paisible. Mélanie n’y cherche pas à entretenir le conflit, mais simplement communique son point de vue à l’aide de mots, en l’occurrence son malaise éprouvé au sein de la société contemporaine. Le message véhiculé par « La Brebis » est plus philosophique. On peut le rapprocher de celui des moutons de Panurge. Elle y compare la brebis à un esclave qui est incapable d’‘apprendre à voler’, et qui après un certain temps, ‘rejoint le troupeau’. En fait elle se réfère aux idéaux des humains, qui dans leur enfance ont des rêves, aiment la liberté ou ont envie de prendre le large. Mais quand ils deviennent adultes, ils suivent le mouvement et finissent par se conformer aux règles imposées par le système, en oubliant leurs illusions premières, et en perdant tout sens critique. Morceau final, « Les souvenirs » n’est pas seulement un hymne à l’amour. Cette chanson rappelle que les souvenirs sont importants. Qu’ils soient tristes ou heureux, ils marquent notre existence, même lorsque le temps ‘déchire’…

 

Babyshambles, l’événement musical 2013 ?

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L’un des événements musicaux de l’année 2013 nous est livré par Drew McConnell, bassiste de Babyshambles, lors de l’un de ses entretiens avec la presse britannique. Ce dernier aurait annoncé que l’enregistrement du deuxième album solo de Peter Doherty aurait subi un changement radical et prendrait la forme du troisième long playing des Babyshambles. Une information confirmée par le chanteur et sa maison de disque, Parlophone.

Peter Doherty aurait d’ailleurs commencé à tailler le nouveau produit avec le producteur Stephen Street (The Smith, Blur…) qui avait déjà assuré la production de Shotters Nation, le dernier album du groupe sorti en 2007.

Après le départ forcé du batteur Adam Ficek et le recrutement de Jamie Morrison (Stereophonics), Babyshambles continuera l’enregistrement de ce dernier opus avec un line up légèrement modifié : Peter Doherty (chant/guitare), Drew McConnell (basse), Stephen Large (claviers), Jamie Morrison (batterie), Mik Withnall (guitare) et John Robinson à l’écriture (auteur-compositeur du morceau « I Am The Rain » sur le deuxième album solo de Doherty, « Grace/Wastelands », paru en 2009.

Un enregistrement commencé début de cette année qui navette entre le studio Assault And Battery de Londres et Paris, lieu de résidence du chanteur, qui devrait se matérialiser fin 2013. Une tournée franco-britannique serait déjà programmée pour les mois de septembre et octobre. Ainsi, Peter Doherty et ses camarades de jeu devraient planter leurs guitares sur les planches du Zénith de Paris le 3 octobre prochain pour un concert événement (mise en vente des billets le vendredi 3 mai dès 10 heures.) Gardez en mémoire qu’avec l’enfant gâté du rock britannique il faut toujours utiliser le conditionnel !

Quant à la folie créative du leader charismatique du groupe et sa nouvelle marque de fabrique, la réponse nous est fournie lors d’un mini concert ultra privé donné dans un bar du neuvième arrondissement de Paris (Le Fontania). Le set nous offre un nouveau titre, « Dr No, » qui  circule déjà sur la toile : http://youtu.be/IR9y2iEM5Ys

Maintenant, à vous de juger !

 

Déjà un goût de voyage pour I Like Trains

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Collectif Liégeois actif depuis 2006, Silenceless Show programme régulièrement de nombreux artistes issus d’horizons alternatifs divers et souligne son éclectisme au travers d’affiches qui allèchent le public local mais aussi de la capitale.

Un peu comme une agence de voyage, sauf qu’ici, c’est le voyage qui vient vers nous.

Cette fois, c’est par voie ferroviaire que les amateurs de spleen et de vagues à l’âme seront livrés, avec la venue à l’Escalier de Liège du Ô combien sous-estimé groupe I Like Trains.

Le combo de Leeds, emmené par la voix sombre de David Martin, s’illustre depuis maintenant 2006 dans un registre ballotté entre Post Rock pour ses envolées dramatiques et essence mélo dans une veine Pop plutôt tourmentée.

En première partie, ils seront accompagnés de leurs compatriotes de Post War Glamour Girls, dont les paysages sonores oscillent également dans les brumes sépias de vielles cartes postales rongées par la mérule pleureuse mais traversée d’éclats d’absinthe.

Pas de larmoiements donc, ni de veuves éplorées, car ce n’est pas à une veillée funèbre mais bien à un moment de pur bonheur que je vous convie ce 14 mai.

Mouchoirs autorisés.

http://silenceless.wordpress.com/tag/i-like-trains/

 

Roots & Roses 2013 : mercredi 1er mai

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Avant de débarquer sur le site du Roots & Roses, ARAMAK iAB ft Bai Kamara Jr, Madé J, The Urban Voodoo Machine, The Hillbilly Moon Explosion, Larry & His Flask ainsi que Bertrand Lani et son backing group avaient déjà rendu leur copie. Il est près de 16 heures et enfin, la température est de saison. Pas mal de festivaliers se prélassent même sur le site, en attendant, sans doute le groupe ou l’artiste qui les arracheront de leur sieste. Un bar de bières spéciales a été aménagé sous un des chapiteaux et quelques échoppes proposent des mets plus exotiques les uns que les autres. Mais c’est la musique qui nous intéresse pour l’instant…

John Schooley & His One Man Band, ben c’est John Schooley l’homme-orchestre. Assis, il joue de la guitare ou du banjo, chante quand il ne souffle pas dans son harmo, et imprime le rythme des ses drums tout en agitant les cymbales, à l’aide de ses pieds. Le son est volontiers crade. Le style oscille entre boogie, country, rockabilly, garage, lo-fi et delta blues. Ex-Revelators & Hard Feelings, le Texan démarre sur les chapeaux de roues. Mais au bout d’une demi-heure, il est cuit et se retire complètement exténué, sous les applaudissements du public, néanmoins satisfait…

Avant de fonder son groupe, Slim Cessna a milité chez le The Denver Gentlemen en compagnie de Davide Eugene Edwards. Ce qui explique sans doute pourquoi, on retrouve également chez la formation, des lyrics véhiculant une imagerie religieuse. Encore que parfois on se demande si les textes ne sont pas à double sens. A la fois dévotionnels, ironiques et critiques. Un peu comme s’ils reflétaient l’incertitude et la fragilité de leur foi. Slim partage le chant avec Jay Munly, un type filiforme qui pourrait incarner Dracula, dans un film de vampires. Son timbre est ample. Il est ainsi capable d’osciller entre celui de Peter Murphy (Bauhaus) et de Brett Anderson (Suede). Il joue aussi parfois de la guitare. La voix de Slim est plus américaine, et me fait parfois penser à celle de Stan Ridgway (Wall of Voodoo). Mince et de grande taille, il gesticule comme une marionnette articulée par des fils. Le line up est complété par un claviériste totalement impassible, assis derrière son orgue, planté à la gauche du podium, contre un haut-parleur, un drummer, un contrebassiste et un guitariste chauve, de petite taille, qui alterne entre la double gratte et le dobro. Particularité, il se secoue régulièrement la tête. Et la moitié des musicos sont coiffés d’un Stetson. Issu de Denver, tout comme le leader de Wovenhand, The Slim Cessna’s Auto Club a le sens du spectacle. Les deux vocalistes s’agenouillent, lèvent les bras et leurs duos sont échangés comme des dialogues. Et pourtant, leur country gothique peut s’avérer allègre. Ce qui explique sans doute l’enthousiasme du public et le rappel que le combo a accordé généreusement.

En 1992, votre serviteur avait eu l’opportunité d’interviewer les Godfathers (voir ici). A l’époque, le combo était au sommet de son art. Et il venait de publier un opus live. Pourtant, c’est en 1988 que la formation londonienne avait publié son meilleur album, en l’occurrence « Birth, School, Work, Death », un long playing qui entre dans le Billboard, aux States, et dont le titre maître va même atteindre le Top 40 insulaire, en 1990. De quintet, le combo va passer à un quatuor, et puis, vivre des changements réguliers de line up. Il ne reste d’ailleurs plus que les frères Coyne comme membres originels du combo. Mi-90’s, les Godfathers se séparent, et tentent de se lancer dans de nouvelles aventures. Sans grand succès. Avant de se reformer en 2008. Sous la houlette des deux frangins, of course, mais impliquant deux nouveaux musicos. Et c’est sous cette forme que le combo se produisait en début de soirée. Après un instrumental, « Cause I said so » ouvre les hostilités. On retrouve toute l’attitude dans les gestes du showman et la morgue feinte, sur le visage du chanteur. La section rythmique tient la route. Mais le son est vraiment trop puissant. En outre, au fil du set, le gratteur (NDR : un peu enveloppé) en remet constamment une couche. Et la voix de Peter ne parvient pas à tenir la distance. Il y a quelques nouvelles compos, prévues pour leur nouvel elpee, mais on ne vibrera plus qu’à l’écoute de leurs hits, dont l’inévitable « Birth, School, Work, Death », « She gives me love », l’hommage à Johnny Cash, « Walking Talking Johnny Cash Blues », et en final la reprise inévitable du Plastic Ono Band, « Cold turkey ». Une petite déception…

The Reverend Peyton’s Big Damn Band est un trio issu de l’Indiana qui adore se produire en ‘live’. Il se tape une moyenne de 250 sets par an. Excusez du peu ! Arborant une barbe fleurie, Reverend J. Peyton chante (d’un accent yankee à couper au couteau !) et joue de la guitare. Tantôt de la Resonator, de la National, de la Gibson acoustique, de la cigar box (à trois cordes) et de la fingerstyle. Il est capable de produire de sonorités de guitare basse et électrique, en même temps. Et n’hésite d’ailleurs pas à en faire la démonstration. Quant à son épouse, Breezy Peyton, une fleur plantée dans les cheveux, elle chante d’un timbre aigu, souffle parfois dans un harmo, mais gratte constamment sa planche à lessiver (washboard), en prenant bien soin de protéger ses mains de gants et de doigts en acier. Troisième larron, Aaron ‘Cuz’ Persinger, un cousin lointain, se réserve les drums. Et tout au long du set, il va pilonner ses fûts comme un possédé. Le blues rural de TRP’sBDB est particulièrement énergique et vivifiant. Et pour cause, le combo joue ses compos sur un tempo plus rapide que sur disque. N’empêche, la prestation est plutôt réussie, même si elle n’entre pas particulièrement dans mes cordes…

Formation londonienne, The Jim Jones Revue jouit d’une fameuse réputation en ‘live’. Et elle va le démontrer, une nouvelle fois ce soir. Vêtu de noir, ce quintet réunit un drummer, un bassiste, coiffé d’un chapeau probablement emprunté à un acteur d’‘Orange mécanique’, un claviériste/pianiste, un guitariste et un chanteur charismatique, Jim Jones, qui double aussi parfois à la six cordes. Pas n’importe qui, puisque de 1998 à 1994, il a milité comme vocaliste chez Thee Hypnotics (album culte ici). Bref, première constatation l’attitude chez TJJR est fondamentalement rebelle et chorégraphiquement rock’n’roll. A la limite proche des débuts de Manic Street Preachers. Les musicos déménagent littéralement sur les planches. Beau gosse, Jim suinte de sensualité. Ses postures peuvent se révéler menaçantes. Sa voix est rauque, graveleuse et me fait parfois penser à celle de feu Steve Marriott (Humble Pie). Il n’hésite pas à allumer la salle de ses ‘Say yeah’, auxquels la foule répond en chœur, de plus en plus fort. Et les ivoires apportent ce goût rock’n’roll institué par Chuck Berry, Jerry Lee Lewis et même Little Richard. Mais le groupe à le bon goût de ne pas tomber dans le pastiche, même si parfois, il lorgne vers The Clash ou encore Tom Waits. Derrière le band, les amplis ‘Orange’ grondent et crachent leurs décibels. Le public est chaud comme la braise, et il se lance dans de nombreux pogos ainsi qu’à du surfcrowding. Un set remarquable ponctué par un rappel qui va s’achever par une énorme clameur, les gratteurs élevant leur instrument pour libérer un larsen collectif et victorieux. Un grand moment du festival et certainement un des meilleurs concerts, auxquels j’ai pu assister cette année.

Il revenait aux Stranglers de clôturer les festivités. Annoncé unplugged, le concert sera, en fait semi-acoustique. Du line up initial, il ne reste plus que le claviériste Dave Greenfield (la boule à zéro) et Jean-Jacques Burnel, le drummer Jet Black ne participant plus aux tournées. Et son remplaçant tire plutôt bien son épingle du jeu, tout comme Baz Warne, le nouveau gratteur/vocaliste, qui remplace avantageusement Paul Roberts, sans pourtant faire oublier l’inimitable Hugh Cornwell. En ‘live’, le line up est enrichi d’un percussionniste. Burnel (NDR : qui se déplace en s’aidant d’une béquille) et Warne viennent s’asseoir en front de scène. Et vont jouer de la sèche, pratiquement, tout le set. Un set techniquement parfait, le groupe privilégiant les compos les plus accessibles, que le public se surprend même parfois à fredonner. Un peu dans le climat du Dvd immortalisé à Bruges et paru l’an dernier. Oui, on est alors replongé en pleine période auriculaire (NDR : pensez à « Aural sculpture »). Mais au bout d’une heure, l’ennui commence à nous gagner et sans faire de bruit, nous nous sommes éclipsés en repensant à une époque où les Stranglers critiquaient violemment ce style musical destiné aux soixante-huitards. Que sont devenus les « Hanging around », « I feel like a wog », « No more heroes », « Nice 'n' Sleazy » et autres hymnes punks sauvages qui dénonçaient l’apathie et le nombrilisme de la prog ? Quelque part, le groupe anglais joue aujourd’hui ce qu’il avait vertement vilipendé, il y a un peu plus de trois décennies…

Sans quoi, Ludo et votre serviteur espérons revenir l’an prochain, pour y vivre des moments aussi inoubliables que celui vécu lors du concert de The Jim Jones Revue…

(Voir aussi notre section photos ici )

 

Les Octaves de la Musique 2013 : les lauréats

Ce lundi 29 avril, se déroulait la neuvième édition des Octaves de la Musique, à la ferme du Biéreau. De nombreux talents issus de la Fédération Wallonie-Bruxelles ont été récompensés. Jeunes ou expérimentés, les artistes se sont vu attribuer un prix en fonction d’un style musical spécifique.

La cérémonie a été organisée en collaboration avec Point Culture, Bel RTL et la SABAM. La présence de la Ministre de la Culture Fadila Laanan, qui a offert son prix à l’Orchestra Vivo, montre l’intérêt que porte le gouvernement au patrimoine musical wallon. 

On notera la double consécration de Benjamin Schoos, dans le domaine de la Chanson Française 2012 et comme artiste de l’année. L’album 2012 a été décerné au groupe Roscoe, grâce à son album « Cracks », et un Octave d’honneur a été remis à Axelle Red, pour ses 20 années de carrière. Chaque lauréat présent ce soir a accordé une prestation ‘live’, devant un public venu nombreux et ravi d’une soirée aussi réussie. Pour les absents, quelques secondes de vidéo ont tenté d’illustrer la raison du choix du jury. Dommage que ces clips aient été un peu trop écourtés, notamment celui de Great Mountain Fire, crédité du meilleur concert en 2012.

Pour les catégories musicales, les lauréats sont :

Musique Classique
Guy Van Waas – Les Agrémens – Le Chœur de Chambre de Namur / Kreutzer

Musique Contemporaine

Quatuor Tana : pour la reconnaissance nationale et internationale de leur maîtrise du grand répertoire et leur esprit de découverte

Jazz
Aka Moon

Chanson Française
Benjamin Schoos

Musique du Monde
Didier Lanoy et Tuur Florizoone

Pop / Rock
BRNS

Musiques Urbaines
The Peas Project

Electro
Cupp Cave

En ce qui concerne les Catégories Génériques, les gagnants sont

Artiste de l’année
Benjamin Schoos

Album de l’année
Roscoe – « Cracks »

Spectacle / Concert de l’année
Great Mountain Fire

Les Prix décernés par les partenaires sont

Public Bel RTL
Puggy

SABAM
Great Mountain Fire

Ministre de la Culture (Fadila Laanan)
Orchestra Vivo – Garrett List

Point Culture
Geneviève Laloy

Le prix d’honneur a été attribué à Axelle Red

Quant à la belle surprise, elle nous est venue de Peas Project, que le rédac’chef avait défendu bec et ongles, lors de la finale du Concours Circuit en 2006 (voir compte-rendu ici )… Comme quoi le talent finit toujours par émerger…

Enfin, pourquoi ne pas prévoir l’an prochain, lors de la 10ème édition, qui se déroulera à Flagey, un Octave dans le domaine du blues et du métal ?

 

 

 

 

 

Hugh Laurie ne chante pas sous la pluie…

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Hugh Laurie a publié son second album, le 29 avril 2013. Deux ans après gravé son premier opus intitulé « Let Them Talk », il revient avec « Didn’t it Rain », un disque qu’il a enregistré à Los Angeles sous la houlette de Joe Henry.

Tracklist :

 

1. St. Louis Blues

2. Junkers Blues

3. Kiss Of Fire

4. Vicksburg Blues

5. Weed Smoker's Dream

6. Wild Honey

7. 'Lectric Chair

8. Evenin'

9. Didn't It Rain

10. Careless Love

11. One For My Baby

12. A Man Like You

13. Changes

14. Unchain My Heart

 

            L’acteur-chanteur se produira sur la scène du Cirque Royal le 11 juin 2013 et au Blues Peer festival le 20 juin 2013.

 

            Pour écoutez « Wild Honey » de Hugh Laurie, c’est ici

 


 

Pour Sam Amidon, c’est dans le sud que le soleil est le plus généreux…

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Le nouvel album de Sam Amidon s’intitulera « Bright Sunny South » et il paraîtra chez Nonesuch ce 14 mai. Tout au long de cette œuvre intimiste, l’artiste y décrirait les découvertes qu’il a opérées lors de ses voyages à travers le monde.

            L’artiste sera en concert à la Loge, à Paris, le 27 mai 2013. Pour plus d’infos, rendez-vous sur le site http://www.lalogeparis.fr/

 

Sycamore Age, une influence particulière…

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Sycamore Age est une formation italienne qui publiera son album éponyme le 10 juin 2013. Lors des sessions d’enregistrement, elle a reçu le concours de nombreux invités, afin d’apporter une coloration particulière à l’ensemble, qui puise à la fois dans le classique, la pop et l’électro.

Pour découvrir le clip de leur titre « Heavy Branches », c’est ici

 

 

 

La SABAM assigne BELGACOM, VOO et TELENET en justice

La SABAM, la société belge qui gère les droits d'auteur, assigne en justice les trois principaux fournisseurs d'accès Internet belge, BELGACOM, VOO et TELENET dans l'espoir d'obtenir le paiement d'environ 30 millions d'EUR de droits d'auteur par an. C'est ce qu'a annoncé Christophe Depreter, directeur général de la SABAM, lors d'une session d'information sur les droits d'auteurs en ligne, qui s’est déroulée ce lundi 29 avril 2013, au siège de l'organisme.

On savait que la SABAM était en discussion avec les fournisseurs d'accès Internet. Elle estime en effet que ces derniers doivent payer pour la mise à disposition d'œuvres protégées sur internet. La SABAM avait adressé une lettre leur demandant de payer l'équivalent de 3,4% du prix de leur abonnement Internet. Belgacom, entre autres, avait réagi négativement. Elle estime s'acquitter des droits d'auteur lorsque c'est nécessaire, comme par exemple, dans son offre Deezer et pour le reste, son rôle se limite au transport de contenu ; réclamer de tels droits pour le simple fait de transporter des données est, selon l'opérateur, aussi idiot que de demander à La Poste des droits d'auteurs pour l'envoi d'un livre dans une enveloppe timbrée.

Aujourd'hui, il semble que le ton de ces discussions ait monté d'un cran. Faute d'avoir pu obtenir un accord négocié, la SABAM a décidé de s’adresser à la Justice pour obtenir gain de cause. Selon nos informations, cette assignation sera délivrée officiellement dans les tout prochains jours.

Ces actions ont pour but de faire face au changement de paradigme de l'industrie musicale, qui devient de plus en plus virtuelle avec le téléchargement, le streaming mais aussi le 'cloud' et le piratage. Christophe Depreter a précisé que la SABAM doit faire face à une diminution de 54% des droits perçus entre 2002 et 2012 via les supports physiques, ce qui équivaut à un manque à gagner de quelque 16 millions d'EUR que la hausse des perceptions via Internet (+ 225%), soit 0,9 million EUR est loin de compenser.

Contrairement à d'autres pays, comme la Suède, par exemple, où la proportion de droits perçus via Internet peut atteindre 34%, la Belgique est clairement à la traîne, avec seulement 8 à 9% de droits perçus via Internet.

Il s'est également élevé contre les pratiques commerciales de géants tels que Google ou Apple, qui abusent souvent de leur position dominante. Ils imposent par exemple des clauses de non-divulgation (NDA) dans leurs contrats afin de renforcer l'opacité des conditions et vont même jusqu'à exercer du chantage dans le cadre des négociations. Tout cela afin de nier l'importance des droits d'auteur ou de les limiter à des proportions ridiculement faibles.

Mr Depreter voit cependant deux signes positifs pour l'avenir : la chute du marché de l'industrie musicale au niveau mondial (supports physiques et virtuels confondus) semble être terminée ; et cette année, pour la première fois, on a enregistré une hausse de 0,3%, hausse très faible, certes, mais symbolique. Enfin, il remarque qu'énormément d'acteurs majeurs du marché, y compris les 'venture capitalists' investissent massivement dans des plates-formes de distribution musicale (voir le lancement récent de Google Play), ce qui est de bon augure pour l'avenir...

De notre point de vue, il serait en effet grand temps qu'un modèle commercial puisse se mettre en place afin de permettre une juste rétribution des artistes via Internet car, pour l'instant, la perception de droits y est ridiculement basse. Pour un téléchargement, un artiste perçoit en moyenne 0,07 EUR et pour une écoute sur Spotify, par exemple, il ne gagne que 0,01 EUR! Mais pour arriver à un accord, il faudrait d'abord que les différents acteurs de l'industrie et les pouvoirs politiques se parlent plutôt que de s'invectiver par le biais de la presse ou de la Justice. Sinon, au final, ce sont les auteurs qui vont réagir et attention à ceux-là : ce n'est pas du lait qu'ils iront déverser devant le Parlement, le Berlaymont ou Google Mons, mais, bien un déluge de décibels! Pourquoi pas du Death Metal pendant tout une journée? Ca ferait peut-être bouger les choses...