Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

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Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

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Doodseskader

Doodseskader baigne dans son sang…

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Doodseskader (Trad du néerlandais : escadron de la mort) est né de la rencontre entre les esprits de Tim De Gieter (Amenra, Much Luv Studio) et de Sigfried Burroughs (Kapitan Korsakov, Paard).

Tout au long de ses trois années d'existence, Doodseskader a repoussé sans relâche les limites de ce que signifie être un groupe ‘heavy’. Du sludge infusé de grunge sur son Ep « MMXX : Year Zero » au mélange répressif de hiphop et de hardcore de son premier elpee « Year One » en passant par l'assaut sonore de rap acharné sur les singles « FLF » et « Still Haven’t Killed Myself », il se libère de toute forme de catégorisation.

Le duo a été comparé à des pionniers défiant leurs genres tels que Ghostemane, Show Me The Body et Ho99o9 ; cependant, il apporte clairement sa propre coloration. Un exemple ? Le nouveau single « Who Will Pour The Blood On Me », dont le clip est disponible ici

En concert :

06/01, Bastion V, Dendermonde

31/05, AB, Bruxelles (support Amenra) - SOLD OUT

Divine Shade

L’oubli de Divine Shade…

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Groupe à géométrie variable, Divine Shade puise ses influences dans la cold wave, la musique industrielle et électronique, à des degrés divers. En 2022, la formation avait assuré le supporting act de la tournée britannique de Gary Numan. Et c’est son guitariste, Steve Fox-Harris qui lui a filé un coup de main sur le nouveau titre, « Oublier » qui vient de sortir.

Le thème de la chanson porte sur le concept de résilience et la capacité intérieure à lutter contre l'identification à l'obscurité grâce à la reconstruction de l'estime de soi. La compo figurera sur une trilogie d'Eps baptisée « Fragments ». En attendant, « Oublier » est en écoute ici

 

Domotic & The Lazours

Désolé pour Domotic & The Lazours…

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En France on connait Stéphane Laporte sous le nom de Domotic, il éclaire discrètement la musique pop-expérimentale depuis une vingtaine d’années grâce à ses albums en solo ou au sein de groupes comme Egyptology, Centenaire, Karaocake… ou encore ses BO (‘Le Démon des Hautes Plaines’,’ Cinelândia’, ...)

Sous nos latitudes, on connait en revanche moins les frères américains de The Lazours, auteurs pour le théâtre, du côté de Broadway.

Ces trois-là présentent une collaboration née d'un ping-pong transatlantique, une rencontre numérique à la faveur d'une errance des deux frères sur Bandcamp pendant le confinement : un double single intitulé "A Brilliant Pairing", et ils sont en écoute

Accompagnant le titre "Stratford-Upon-Avon", le morceau "Sorry (for fooling you)" bénéfice d'une vidéo réalisée par James P. Gannon (pour qui Domotic a écrit les musiques de deux documentaires), et elle est disponible ici

 

 

 

 

Droïd Fantôm

Pour Droïd Fantôm, le vide prend du temps…

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Droïd Fantôm est le projet solo de Mickael Montaroux, le guitariste de Flèche. Il vient de graver son premier album. Pour la circonstance, il a reçu le concours de Loic Salmon, le drummer de Flèche. « Emptiness Takes Time » a été composé et enregistré et joué chez lui, seul, à l'exception de la batterie et de quelques overdubs réalisés en compagnie d’Alexandre Mazarguil au studio UFO. La musique y est clairement influencée par la scène indie des années 90, du grunge au shoegaze, avec une touche emo : des refrains clairs contre des refrains lourds et des breaks surprenants.... Avec beaucoup de fuzz…

Issu de « Emptiness Takes Time », « Far and Fast » est paru en single et il est disponible sous forme de clip

« Far & Fast » est une chanson sur la solitude mais avec quelqu'un d'autre, l'isolement dans un espace vide, la perte de souffle parce que vous ne pouvez pas partir. Vous avez besoin d'être ici, mais vous ne pouvez pas le supporter. Tu aimes celui ou celle qui t'entoure dans cette situation, mais tu ne peux pas t'empêcher de te sentir coupable et seul. Et le fait d'être ici rend l'autre si seul... Cette chanson a été écrite lors du premier confinement à la suite de la COVID...

 

Haze (Belgium)

Haze ne doit plus se cacher

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Haze, c’est le projet solo de Mirabelle van de Put, dont le second elpee, « Out of Sight », sortira en janvier 24. Il est annoncé comme une expérimentation plus poussée des sonorités et des échantillons. Les sons quotidiens ont été déformés et intégrés à la musique, évitant les sons stériles et anguleux au profit des organiques et légèrement dissonants.

Pour cet album, Mirabelle a reçu la collaboration de Stijn Vanmarsenille (Waldorf, Drums Are For Parades, Elefant) et du musicien et producteur Frederik Segers, connu pour ses contributions à Intergalactic Lovers, Hooverphonic et en comme musicien de Stadt et de Sioen.

Le premier single issu de cet album, « Hiding », bénéficie d’un clip d’animation et il est disponible ici

Réalisé par l'artiste multimédia Naomi Kerkhove, il se compose de près de 5 000 photos et a été entièrement animé et monté en stop motion. Naomi a utilisé de l'encre de Chine, du sable, du papier, du bois et de la craie. Une véritable œuvre d'art en soi. Dans ses installations et ses performances, elle crée un monde miniature poétique dans lequel l'émerveillement occupe une place centrale. Son travail témoigne d'une grande sensibilité à la condition humaine, dans laquelle la solitude existentielle et l'émotion pour la beauté de la réalité vont de pair…

Juicy

Juste avant la pause…

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L’AB Box est ultra complet pour accueillir Juicy, un duo bruxellois qui réunit Julie Rens et Sasha Vovk. Il n’existe pas d’endroit, dans la capitale européenne, où elles ne se sont pas produites. Plus de 600 concerts en 9 ans ! La paire va prendre une pause, car Sasha attend un heureux évènement.

Après avoir publié un dernier elpee, baptisé « Mobile », en 2022, elles ont sorti un Ep intitulé « Cruelles formes », ce 3 novembre. Pour innover, non seulement elles ont interprété leurs compos dans la langue de Voltaire, mais elles ont aussi reçu le concours du groupe Echt (NDR : de vieux amis du Conservatoire) afin de l’enregistrer. Ce sont des musiciens accomplis, tous issus du monde du jazz, mais qui cassent les frontières en s’ouvrant à l’électro.

Les lumières s’éteignent à 20h30. Une petite estrade sur laquelle sont entreposés 2 synthétiseurs et 2 micros a été installée devant la table de mixage. Et votre serviteur part se planter juste à côté. Qu’est-ce que Juicy nous a encore préparé ? Vêtues de leurs uniformes rouge, ornés d’épaulettes d’officier, déjà pas mal étrenné lors des festivals, elles se dirigent vers cette plate-forme étriquée où elles vont nous réserver six morceaux en mode piano/voix, une expérience déjà réalisée, ici, à l’Ancienne Belgique, et au VK.

Juicy propose une version tamisée de « You Don't Have to Know ». Parce qu’elles sont si proches du public, il ne reste plus qu’à vous ouvrir à ce qui se passe sous vos yeux et en prendre plein les oreilles. Elles nous plongent dans un univers r‘n’b qui leur est propre, en adaptant le « Candy Shop » de 50 Cents. Mais tout au long de ce spectacle, Juicy va nous inviter à parcourir tous les chapitres de sa carrière. Des reprises à leurs premières chansons, en passant par « MOBILE », « Cruelles Formes », « Cast A Spell » et « Crumbs » avec, avant tout comme fil conducteur, l'alchimie instinctive entre Sasha et Julie. Elles terminent les phrases de l’autre, ne sont plus capables d’identifier leurs propres voix quand elles chantent et vivent les états d’âme de l’autre par procuration. En bref, elles sont fusionnelles.

Pendant que le duo quitte la petite scène pour se rendre sur la podium principal, Dorian Dumont vient terminer la chanson aux claviers.

On aperçoit en ombre et lumière, 13 musiciens disposés à des hauteurs différentes : saxophones, trompettes, trombones à coulisse ainsi qu’un impressionnant sousaphone. C’est le brass band idéal pour accompagner le duo et enrichir sa musique de cuivres lumineux et étincelants. Ce concert, annoncé plein de surprises, est aussi l’occasion de montrer une autre facette d’un binôme qui s’est toujours réinventé. Peu de mots, mais beaucoup d'actions (Julie l’avait signalé au début du set) ; ce qui semble être la philosophie de ce dernier show de Juicy. Ensemble, Sasha Vovk et Julie Rens naviguent à travers différentes influences et genres musicaux. Grâce à leur recette magique, que nous décrirons comme être la sauce Juicy, tout s'emboîte parfaitement. Le « Bug In », sensiblement plus lourd, pourrait facilement être l'intru, mais pas sous la stricte surveillance de la formation bruxelloise. Un jeu de lumière épuré sublime les créations musicales et tous ces éléments réunis font monter rapidement la température dans l'AB. L'ambiance conviviale montre que tout le monde a ici le même objectif et il y a donc aussi de la place pour danser. Le discours explosif de Juicy crée une atmosphère excitante et l'AB Box se transforme bientôt en une célébration de masse (messe ?) alternative sous la conduite de Julie et Sasha comme grandes prêtresses de la scène musicale belge. Par exemple, le déjanté « Treffles », dans lequel l’alchimie entre les deux est remarquablement forte, constitue le point culminant d’un spectacle aux nombreux sommets et aux rares creux.

On passe au dernier Ep, « Cruelles Formes », enregistré en compagnie d’Echt. C’est alors l’envolée jazz-électro, les percus encadrant le r’n’b de Juicy. Boosté par le single « Lolo », et son texte à tiroirs qu’il est conseillé de prendre au troisième degré, les filles se lâchent. Témoins lucides de notre époque fragile, elles nous interrogent sur les inégalités sociales à travers « G pas l’argent ».

Sasha Vovk et Julie Rens reviennent une dernière fois pour un rappel, en compagnie de la fanfare pour le point d’orgue du show : la cover déjantée de « La Boulette » de Diams. C’est la reprise préférée de votre serviteur, même si celle d’Aloïse Sauvage n’est pas mal, non plus.

Elles nous ont fait danser pendant 2 heures, sans jamais jouer aux donneuses de leçons. Elles vont nous manquer pendant quelques mois. Sasha passe un bel accouchement et Julie prépare nous de nouvelles compos géniales ou fait nous vibrer avec tes projets parallèles. Juicy on vous aime !!!

Setlist :

Piano voix : « You don't have to know », « Something is gone », « For hands on ass », « Candy shop fifty cent », « Truth », « 6 Branche-moi »

Sur scène + cuivres : « Late night », « Common future », « Seed and ride », « BUG IN », « Haunter », « Treffles », « See me now », « Call me », « Count our fingers twice », « Youth »

+ Echt (sans cuivres) : « Bruit qui court », « G pas l'argent », « Javanais », « LOLO »

Rappel : « GHB » (+ cuivres), « La boulette » cover Diam’s (+ cuivres)

(Organisation : AB)

Within Temptation

Within Temptation célèbre Halloween à sa manière…

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Pour soutenir la sortie de son tout nouvel album studio baptisé « Bleed Out », le groupe de metal néerlandais Within Temptation a publié une vidéo provocante de son single « Ritual », juste avant Halloween ! Brutale et brillamment comique, tout en rappelant le travail du légendaire animateur Ralph Bakshi et de l'école d'animation Rotoscope, le clip de zombie-vampire-gore-fest-splatter-horror aborde le comportement des prédateurs sexuels masculins sur le lieu de travail, dans la rue et sur les terrains de sport. Simultanément la vidéo demande si les femmes se comportaient de manière aussi agressive que les hommes qui tentent de profiter d'elles, et si elles ripostaient pour obtenir une terrible vengeance ?

La chanteuse Sharon den Adel explique le message sous-jacent du clip : ‘« Ritual » parle de séduction et d'une femme prenant le pouvoir dans un monde dominé par les hommes. La chanson est inspirée du film de Tarantino ‘From Dusk Til Dawn’. C’est un moment lumineux sur l’album, qui se concentre principalement sur les problèmes politiques et répressifs dans le monde’. WT a toujours voulu faire une vidéo d'horreur pour Halloween. En utilisant la technologie d'IA, le band a créé quelque chose de vraiment impressionnant. Elle examine également les actualités récentes sur des hommes qui se comportent mal et imagine ce qui se passerait si une femme dure à cuire ripostait de la pire des manières possibles. Alors préparez-vous au sang, à la violence, aux défenses et à l'humour….

WT ne craint pas d'adopter une position sociale et politique sur de nombreuses questions du monde d'aujourd'hui. Aussi épique qu'audacieux et franc, Within Temptation déclare à la fois ses convictions morales et son approche intrépide de la musique, le poing en l'air.

La vidéo « Rituel », est disponible ici

 

 

Amen Viana et Angélique Kidjo

Un duo entre Amen Viana et Angélique Kidjo pour le remix du single « Aguegue » …

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L'amitié entre Angélique Kidjo et Amen Viana, surnommé le Jimi Hendrix togolais, ne date pas d'hier. « Aguegue » figure sur le dernier LP d’Amen Viana, « The Afrocanalyst », et le remix, sur la réédition en vinyle, « The Afrocanalyst 1 », qui sortira ce 21 novembre 023. La virtuosité Amen Viana à la guitare rappelle celle de Jimi Hendrix et son énergie rock celle de Living Colour. Il s’est forgé rapidement une notoriété en jouant aux côtés d'artistes comme Black Eyed Peas, Angélique Kidjo, Indila, Cheick Tidiane Seck ou Tony Allen.

L’Afrocanalyste est un état d’esprit. L’elpee est une nouvelle étape dans la carrière de l’artiste. Enregistré au fil de ses voyages de musicien et co-réalisé avec Kwame Yaboah (Cat Stevens, Craig David, Osibisa, Kwasibu Area Band), il correspond à une réflexion sur son parcours et réunit des invités comme Kaziah Jones et Akua Naru. Viana est né au Togo où il a grandi.

Sur ce long playing, il balance des riffs incisifs parfois rock-punk sur les racines de rythmes ancestraux, et le tout est ponctué par les cuivres. Rock toujours !

L’Afrocanalyste se détache d’une victimisation devenue stérile face à un système géopolitique confus et caduque, mais qui perdure. Son leitmotiv, d’abord musical, est de faire de ses difficultés une force et de redonner un sens plus léger à une mondialisation à grande échelle, pourtant à sens unique. Il se réfère à une phrase de Bob Marley : ‘On ne sait pas à quel point on est fort jusqu’à ce que, être fort reste la seule option possible’. C’est le combat d’une génération consciente qui ne lâche rien.

L’opus est découpé en 12 pistes, chantées alternativement en anglais, en français et en mina, une langue togolaise. En ouverture, « Brother », morceau au titre fédérateur, imprime le ton et la direction. Amen Viana s’adresse à ses frères, en déroulant peu à peu un tempo qui appelle à la danse et réveille les corps, sinon les esprits. Les textes à l’engagement sociopolitique croisent la langue togolaise et le hip hop. Sur cet album, il est parvenu à réunir les voix de la chanteuse américaine Akua Naru, du globe-trotter nigérian Keziah Jones ou encore du soulman Oldie Rooster. Ensemble, ils célèbrent la force croissante d’une nation dont on sait depuis longtemps qu’elle déborde les frontières. D’un continent à l’autre, le pouls bat.

La vidéo consacrée au remix d’« Aguegue », est disponible

 

 

Kurt Vile

Kurt Vile, c'est mon vrai nom…

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Co-fondateur de The War On Drugs, Kurt Vile quitte rapidement le groupe, en 2009, pour (ré)embrasser une carrière solo qu’il avait entamée en 2003. Prolifique, en deux décennies il doit compter, en tout, près d’une quarantaine d’elpees et d’Eps à son actif. Ce virtuose de la guitare est revenu progressivement d'une lo-fi bruyante vers ses racines country-folk-rock, lui qui vit désormais entouré d'arbres et de forêts. L’an dernier, il avait gravé le splendide « Watch My Moves » et il est déjà de retour en sortant « Back To Moon Beach », un Ep de six morceaux jamais publiés et écrits au cours des quatre dernières années, très pandémiques (un titre s'intitule d'ailleurs « Touched Somethin (Caught a Virus) », dans une veine très dépouillée comme les arbres en cette saison, et flanquées d'une nouvelle version de « Cool Water » (NDR : l’original est paru sur le dernier LP) et de deux covers, dont une de « Must Be Santa », une chanson de Noël signée Bill Fredericks et Hal Moore et adaptée en 2009 par Bob Dylan…

Vous reprenez le Zim et Wilco, évoquez Tom Petty (« Tom Petty's Gone ») sur ce disque. Pourtant, en termes de guitare, vous vous référez plutôt à Thurston Moore de Sonic Youth et J Mascis de Dinosaur Jr. Alors pourquoi cette combinaison de références à ces trois artistes sur ce disque ?

J'ai été très tôt influencé par la virtuosité de J. Mascis ainsi que trois artistes, par leur jeu de guitare pincée.

Mais c'est surtout qu'ils me parlent en tant qu'auteurs-compositeurs.

De plus, les morceaux de Tom Petty passait à la radio, alors qu'au contraire, Dylan ne verra que quelques-unes de ses chansons diffusées ; cependant, il exercera une influence indéniable sur des musiciens comme Neil Young et Tom Petty, au niveau de l'écriture. Jeff Tweedy de Wilco a lui-même été influencé par ces deux-là... Impossible dès lors de ne pas l'être à mon tour.

Être fan de Petty, Dylan et Springsteen, ne serait-ce pas une sorte d'hommage rendu à votre père et à ses choix musicaux ?

Non, c'est simplement parce que je suis un auteur-compositeur américain. J'ignore pourquoi ces chansons me parlent. Celles de Springsteen vont simplement vous anéantir, et notamment « The River », Atlantic City » ou « Independence Day ». Elles évoquent son père et une manière de lui signifier qu'il doit quitter le nid familial.

Elles vous parlent parce que c'est de la musique de col bleu ?

Partiellement. En ce qui concerne Springsteen, c'est très possible. J'écoutais des radios de rock classique pendant que j’accomplissais mon propre boulot de col bleu à l'usine, tout en essayant de m'en extraire.

Plus vous vieillissez, plus lo-fi vous devenez...

C’est une évolution naturelle pour revenir à mes racines. Je n’affirmerai pas que je suis spécifiquement lo-fi, mais simplement que j'utilise tous les éléments du genre. Je suis vraiment heureux de composer depuis chez moi ou d'aller en studio quand bon me semble. Mais je peux terminer un morceau à tout moment dans mon home studio, si je le souhaite. Le simple fait d'être entouré à la maison d'un tas d'instruments étranges que j’utilisais à mes débuts –comme la trompette– suspendus sur tous les murs, ont une incidence, alors que lorsque j'enregistre dans un autre studio, je n'ai pas cette relation intime avec les instruments qui là-bas vous encadrent également. Ainsi, lorsque quelqu'un d’extérieur vous enregistre, la performance devient trop professionnelle…

La covid a-t-il modifié votre approche de la musique ?

L’épidémie m'a forcé à en revenir aux fondamentaux. S’asseoir et remplir un carnet comme au bon vieux temps. Avant la pandémie, lorsque j'étais embarqué dans une tournée, je n'y arrivais plus. Elle m'a finalement permis de me replonger dans l'époque où, à la maison, je me posais afin de lire et d'écrire de la musique, pris dans une sorte de pratique bénéfique. La covid m'a redirigé vers une manière plus conventionnelle de travailler à domicile.

Pourquoi publiez-vous autant d'Eps ?

Il y a une minute au moins que mon dernier Ep n'était pas paru (il rit) ! Je suis fier d'être aussi prolifique et de pouvoir sortir celui-ci à la fin d'un cycle de tournée plutôt qu'au début. J'ai trouvé un bon équilibre désormais. Je sais que j'aurai toujours des concerts à l'horizon, mais également que je disposerai du temps libre entre les deux pour sortir un disque.

Je livre des Eps parce que c'est mon boulot, mec ! Je fais de la musique et j'en suis fier ! Le précédent, « Speed, Sound, Lonely KV », ressemblait à un extended play enregistré à Nashville. Et notamment parce qu’il a été enregistré en présence du chanteur de country-folk, John Prine... 

Quel que soit le voyage, j'ai de la chance de pouvoir explorer différents mondes, par Eps et par albums.

D’un point de vue littéraire, pourrait-on comparer un Ep à une nouvelle et l’elpee au roman ?

Cela dépend. Dans ce cas-ci, c'est peut-être quelque part entre les deux. Celui-ci en particulier, et les six chansons qui y figurent, a un petit air de compilation, d'autant que trois chansons le complètent.

Quelle est l'influence de la forêt environnante sur votre production ?

Je la vois tous les jours et nous y campons souvent. J'ai écrit certaines des chansons comme « Like Wounded Bird Trying To Fly » durant l'un de ces séjours en forêt. Pendant la pandémie, j'avais l'habitude de m'asseoir au milieu des arbres et de regarder les bois dans lesquels nous vivons. Il est important pour moi d'être entouré de forêts au point où j'ai même oublié l'époque où nous vivions en ville.

L'élévateur semble toujours une grande source d'inspiration pour vous, puisque « Space Forklift » est le titre d'une de vos premières chansons…

Oui, j'y pense constamment. Je songe à mon univers de col bleu et à la brasserie, toute proche, où j'ai travaillé. Au cours de l'été dernier, j'y ai assisté à un concert, et j'y ai revu mon vieux chariot élévateur... J'aimerais le conduire à nouveau. Viendra un moment où c'est que je ferais (il sourit).

Quel est donc le point commun entre Kurt Weill, le compositeur classique et toi ?

Eh bien, c'est mon vrai nom Kurt Vile mais je suis également un grand fan du compositeur allemand. J'ai un box-set de ses œuvres avec Bertold Brecht. Mais je vous avoue qu'un jour, en allant me faire couper les cheveux, j’ai entendu une interview de David Byrne qui racontait être fan de ma musique... celle de Kurt Vile. En écoutant ces mots, j’en ai conclu qu’il parlait certainement du compositeur allemand... (rires)

Ou plus récemment Martin Gore de Depeche Mode qui avouait dans un programme télé qu'il aimait les accords étranges dans la musique de Kurt Vile. Et j'étais sûr qu'il parlait du compositeur de musique classique. Mais je n'ai jamais eu de confirmation à ce sujet...

Mais bon, j'adore Depeche Mode, donc, finalement, c'est peut-être vrai… (il sourit)

Kurt Vile - Back To Moon Beach (Virgin) - 17/11/2023

Photo : Ludovic Vandenweghe

 

Cat Power

Jésus, Bouddha, Marie-Madeleine, Biko, Dylan et les autres…

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Cat Power a adapté le concert mythique accordé par Bob Dylan, à Londres, en 1966, sur un album intitulé "Cat Power Sings Dylan : The 1966 Royal Albert Hall Concert". Et la voix de la chanteuse américaine est parvenue à magnifier les chansons. Dans la ‘conduite’ de son interview, c'est elle, Cat Power, qui fait… Bob

C'est la plus belle voix féminine du rock alternatif, la plus chaude en tout cas. La plus déglinguée aussi. Car, tout au long de ses 25 ans de carrière, Chan Marshall, alias Cat Power, a combattu ses démons : la drogue, l’alcool et la dépression. Et son dieu dans sa lutte face à l'enfer de sa vie répond au nom de Bob Dylan.

Elle qui a pris l'habitude de se reprendre en main en multipliant les… reprises, entonne cette fois non pas une prière mais une messe entière : Cat Power réinterprète, en effet, un opus légendaire et bootleg du ‘Zim’, enregistré live comme son modèle, note à note et mot pour mot, et dans le même temple musical : l'Albert Hall de Londres. En 1966 dans le cas de Robert Zimmerman, en novembre 2022 pour la chanteuse américaine.

Laquelle nous reçoit à Paris dans sa chambre de l'hôtel Costes… aussi baroque qu'elle. Elle est allongée sur son lit. Telle une odalisque, elle réclame au serveur convoqué, 12 verrines de marshmallow et chocolat, tandis que nous prenons place sur une chaise à côté de sa couche, pour une séance de psy à la Henry Chapier dans son fameux Divan, lors d’une interview qui tourne rapidement au monologue... extérieur.

Vous étiez âgée de cinq ans lorsque vous avez découvert cet elpee pirate de Bob Dylan. Ses chansons ont-elles servi de berceuses pour la jeune enfant que vous étiez ?

J'ai été élevé par ma grand-mère jusqu'à mes cinq ans, moment où j'ai enfin rencontré ma mère, peu de temps avant mon père. Puis, mon beau-père… Nous vivions tous ensemble en compagnie des membres du groupe majoritairement black, le Mother's Finest. Ma baby-sitter était afro-américaine, tout comme Patrick Kelley, le styliste qui, à l'époque, remplissait le rôle de père, à mes yeux.

Mon environnement était constitué de jeunes adultes brillants et originaux pour qui la mode, la musique et la drogue occupaient une place essentielle. Ma mère était chanteuse et lorsque je l'ai rencontrée, elle se faisait appeler Ziggy. Elle se prenait pour Ziggy Stardust…

Mon père, musicien dans un groupe de blues et de soul, était moitié Juif allemand, moitié Indien choctaw et un disciple de la Black Church (NDR : églises protestantes fréquentées par des Afro-américains) du Sud de l'Alabama où il a appris à chanter. Il a ensuite déménagé à Atlanta, a rencontré ma mère qui avait quitté l'école. Elle avait 17 ans, fumait de l'herbe, était très belle, amusante, et sauvage.

Vous naissez très vite et votre beau-père s’immisce dans la vie de votre mère...

Oui. Mon beau-père militait au sein d'un autre groupe musical. Il adorait Dylan, Neil Young, Jimi Hendrix, Arthur Lee, Crosby, Stills and Nash, The Byrds, les Stones et les Beatles…

Grâce à mon beau-père, j'ai appris à écouter les paroles de Bob Dylan qu'il fredonnait constamment. Dylan a éveillé mon esprit critique dans la confusion de ma jeunesse. Et à travers les chansons de Bob, il m'a appris à me poser des questions… et à chercher mes propres réponses dans l’existence. Il m'a appris à écouter...

Parce que j'ai été témoin et spectatrice, quelque part, de sa motivation à s'épanouir personnellement grâce aux paroles de Dylan, j'ai passé ma vie à y réfléchir. Bob Dylan m'a enseigné l'esprit critique et m'a ouvert à la poésie.

Mais Bob s'adressait souvent aux femmes dans les chansons, que vous interprétez à votre tour ?

Que je sois une femme interprétant les paroles qu'un homme leur adresse n’a, personnellement, pas d’importance. J’ai d’ailleurs toujours affiché un côté garçon manqué.

Et quand Bob chante "Visions of Johanna", bien qu'il ait connu des aventures avec des femmes sublimes comme Marianne Faithfull, Françoise Hardy ou Eddie Sedgewick, j'ai le sentiment qu'au fond de son cœur, il s'adressait à la figure féminine, féministe avant l'heure, de Jeanne d'Arc.

Votre féminisme serait-il plutôt révolutionnaire à la Angela Davis ?

La photographie qui réunit Gloria Steiner, grande figure du féminisme, et Angela Davis est l'une des plus importantes de tous les temps. Savez-vous que l'ERA, l'amendement sur l'égalité des droits entre les sexes, déposé il y a un siècle, n'a toujours pas été adopté aux États-Unis ? Nous les femmes, sommes toujours deuxièmes...

Avez-vous envoyé votre enregistrement-hommage à Bob Dylan ?

Lorsque l'an dernier, j'ai signalé mon concert du 5 novembre à l'Albert Hall de Londres et deux autres en Grande-Bretagne, le lendemain, Bob a annoncé sa tournée au Royaume-Uni et dans les mêmes villes.

Je l'ai aperçu sur les marches du même hôtel au sein duquel je logeais, la veille de son concert d'Halloween. Je me suis approché et je l’ai interpelé : ‘Bob !’ Mais il a détourné le regard. J'ai alors ajouté : ‘C'est Chan, Cat Power’. Nous nous étions rencontrés 15 ans plus tôt. Il a alors mis son bras autour de mon épaule en disant simplement : ‘C'est bien de te revoir’. Et quand je suis remonté dans ma chambre, une ‘Guest’ pour son concert solde-out du lendemain m'attendait...

Quelqu'un crie Judas durant votre concert, au même moment que sur l'enregistrement original, quand Dylan se met à électriser son style acoustique. Et vous répliquez par un ‘Jésus’... 

Bob n'est qu'un homme. C'est pourquoi j'ai prononcé le nom de Jésus ; n'importe qui, s'il travaille dur, comme Bob, qui a lu toute la littérature du 19ème siècle, peut devenir Malcolm X, Bouddha, Gandhi, Stephen Biko, Bob Dylan... ou Jésus.

Incarneriez-vous, dès lors, Marie ou Marie-Madeleine par rapport à ce Jésus ?

Oh, c'est intéressant... À cause de la fierté que je ressens pour Bob qui s'apparenterait à la fierté d'une mère ? Waouh, c'est magnifique !

"Cat Power Seings Dylan : The 1966 Royal Albert Hall Concert", paru le 10 novembre 2023 sur Domino.

Photo Credit: Inez & Vinoodh.

 

Rodrigo y Gabriela

Une symbiose parfaite entre guitare électrique et acoustique…

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C’est la 23ème fois que Rodrigo y Gabriela se produisent en Belgique, et ce depuis 2006, soit après la sortie de leur premier elpee, un éponyme. Et ce lundi 30 octobre, le duo mexicain est programmé au Cirque Royal de Bruxelles. Le concert est sold out.

Le light show est constitué de quatre rectangles lumineux en arrière-plan. Deux placés sur le petit côté et les autres sur leur grand. Le logo du dernier opus est projeté sur une toile de fond. En grand ! Quatre rampes de leds d’une hauteur de trois mètres encadrent les artistes. De couleur bleue, ils clignotent constamment. Une autre aux mêmes coloris forme un demi-cercle derrière la paire. Et lorsque ces rangées de spots s’allument, elles forment un dôme lumineux virtuel.

Gabriela Quintero se sert d’une gratte semi-acoustique flamenco et Rodrigo Sánchez d’une électrique. La musique est quasi-exclusivement instrumentale. Gabriela s’exprime en espagnol, nous adressant également quelques ‘muchas gracias’ et « ti amo », mais entre « The Eye That Catches The Dream » et « Egoland », elle baragouine dans un anglais approximatif. Quant à Rodrigo, il a prodigué quelques mots dans la langue de Shakespeare, après le solo de Gabriella.

Lors de ce set, la paire va nous réserver de larges extraits de son dernier long playing, « In Between Thoughts… A New World » et quatre nouvelles compos, « Astrum In Corpore », « Monster », « The Simurgh » et « Dublin » qui figureront sur le futur nouvel opus.

« Astrum In Corpore » ouvre le set et se charge progressivement en intensité, dévoilant alors déjà la technique complexe de Gabriela. Energique, « True Nature » est imprimé sur un tempo enlevé. La réaction de l’auditoire est enthousiaste, comme elle le sera tout au long du shwow. Le duo change régulièrement de place, mais se fait souvent face à face. Entre les compos, les musicos disparaissent de la scène, moments au cours desquels on assiste à des projections de lumières, chaque fois différentes. Pendant « Egoland » le light show vire au rouge vif ! Et une sirène retentit. La performance de Rodrigo est particulièrement dynamique. Tout en bondissant, il invite le public à applaudir. À chaque accélération de tempo et au cœur des crescendo, on entend des cris d’exaltation dans la foule. Un sampler sonore épique emballe le rythme alors que Gabriela triture ses cordes tout en frappant le caisson de sa guitare pour simuler des pecus.

Pendant « The Monster » on imagine la présence d’un grand monstre dans la salle. Le climat d’épouvante est entretenu par des sonorités électroniques. Après les courts « Seeking Unreality » et « The Ride of the Mind », Rodrigo s’autorise des solos de gratte métalliques et inévitablement lors de compos plus longues.

Rodrigo traite sa sixcordes en slide à la fin de « The Simurgh », et son jeu devient tellement épique qu’on ne peut que penser à celui de David Gilmour au sein du Floyd. Les smartphones s’allument. Gabriela se réserve également un solo à la sèche, mais le plus surprenant c’est sa capacité à en extraire des sonorités bizarres. Rodrigo chante brièvement pendant « Finding Myself Leads Me to You ». Lors du dernier morceau, Rodrigo y Gabriela viennent se produire au cœur de la fosse.

Et c’est exclusivement en acoustique que le rappel consacré à « Dublin » est interprété…

Setlist : « Astrum In Corpore », « True Nature », « The Eye That Catches The Dream », « Egoland », « Monster », « Seeking Unreality », « The Ride Of The Mind », « The Simurgh », « Gabriela Solo », « Broken Rage », « Finding Myself Leads Me to You », « In Between Thoughts… A New World ».

Rappel : « Dublin »

(Organisation : Live Nation)

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Catatonic Suns

Catatonic Suns

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A l’écoute de la musique proposée sur le troisième elpee de Catatonic Suns, on pourrait imaginer que le groupe est issu de l’Albion. Parce qu’elle baigne dans une forme de shoegaze qui rappelle des groupes comme The Verve (NDR : l’originel, pas celui de « Bitter sweet symphony »), Ride ou encore Slowdive. En un peu plus sauvage, mais quand même. En fait, cette formation nous vient de Pennsylvanie. Apparemment d’Allentown. Et son nouvel opus est éponyme.

Si la section rythmique est plutôt basique, ce sont les effets de guitare qui créent cette dimension sonique, shoegaze. Et notamment lors des fins des morceaux les plus atmosphériques, au cours desquels la guitare se met à gémir, à produire des larsens, voire à hurler. Mais lorsque les mélodies deviennent sinusoïdales, voire orientalistes, à l’instar de « Deadzone » et « Be as one », c’est à Kula Shaker qu’on se met à penser ; encore que cette dernière plage vire parfois au space rock (Hawkwind ?). Tout comme le plus lent « Fell off », mais probablement dans l’esprit du Floyd. Le long playing recèle quand même l’une ou l’autre compo plus mélodieuse. Comme cet ensoleillé « Sublunary » ou « Failsafe » aux tonalités de gratte tintinnabulantes… Un chouette album !

Mr. Paul & The Lowriders

Unguarded Thoughts

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Mr. Paul & The Lowriders, c’est le nouveau projet de Paul Van Bruystegem, l’ex-bassiste de Triggerfinger (NDR : il a pas mal bourlingué au cours de sa carrière, soit dit en passant). Enfin, ce n’est pas tout à fait un nouveau projet, puisque la formation avait déjà enregistré un premier elpee, « LowRider », en 2016. « Unguarded thougths », c’est le titre du second et… non, il ne sonne pas rock burné comme Triggerfinger, mais il explore des tas de styles musicaux. Dont le blues. Ainsi, le vétéran Roland Van Campenhout interprète le titre final, « Father death blues », un poème d’Alan Ginsberg. Ce n’est pas le seul invité, puisque ses deux ex-comparses de Triggerfinger, Mario Goossens et Ruben Block sont également de la partie. Ce dernier se consacre ainsi à d’étranges vocaux sur la cover improbable du « Eight miles high » des Byrds, une piste traversée par une judicieuse intervention au saxophone. En, résumé, Paul a convié la crème de la scène rock du Nord de la Belgique, dont Ilse Goovaert et Thijs Vanneste. Ou encore Alan Louie, dont la voix distordue s’intègre parfaitement au morceau le plus psychédélique, « Identical twins ».

L’opus réserve également une place au rhythm’n’blues. Notamment à cause du recours à un Hammond aux sonorités rognées, savoureusement poussiéreuses. On a aussi droit à du rock latino sur « Waiting for the dragon », et là manifestement, le spectre de Carlos Santana se met à rôder…

Glam, « Coconut tree » arait pu émaner du répertoire de T. Rex, s’il s’était mis au blues. Le delta blues, on le découvre tout au long de « Cinnamon blood » et le cajun sur « My Shangri-La ». Quant au presque instrumental « Evil dandy », il véhicule quelques accents jazzyfiants. Le tout a été enregistré à Pensacola, en Louisiane et retravaillé à Lier. Franchement, Paul a vraiment fait fort !

La Jungle

Blurry Landcsapes

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Le dernier album de La Jungle est né des circonstances très particulières liées au confinement. Le duo a en effet –au lieu de se lamenter son sort– décidé de composer de nouveaux titres afin d’enregistrer un 6ème essai, très peu de temps après le précédent, afin de profiter, en quelque sorte, de cette pause forcée et de la créativité du moment. Les Montois ont, en outre, proposé des collaborations visuelles avec des artistes issus de l’’Art Brut’ afin d’illustrer chacune des 11 plages réalisées pour « Blurry Landscape ». Musicalement, La Jungle ralentit parfois le rythme entre ses velléités techno-kraut-rock comme sur le break du très bon et quasi-free-jazz « The Marvelous Forest Of Our Dreams » ou sur le plus pop « La Compagnie de la Chanson ». On retrouve toutefois du ‘La Jungle’ pur jus sur « Tomorrow » et « Le Chemin Rapide » ! Encore une petite pépite offerte par un groupe unique, cohérent et aventureux à la fois !

Deeper

Careful

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« Careful » constitue le troisième elpee de Deeper, une formation issue de Chicago qui a traversé des moments difficiles, après la sortie de son second, « Auto-pain ». Pendant les sessions d’enregistrement du troisième, Mike Clawson, le guitariste, a claqué la porte. Et quelque temps plus tard, il s’est suicidé. Ce qui explique le climat ténébreux de cet opus. Depuis, c’est Kevin Fairbairn qui l’a remplacé.

Taxée de post punk revivaliste, parce que trop ancrée dans les eighties, par de nombreux médias, sa musique n’en est pas moins savoureuse. D’abord, il y a la voix de Nic Gohl, sorte d’hybride entre feus Tom Verlaine (Television), Ric Ocasek (The Cars) et le toujours bien vivant David Byrne (Talking Heads). Puis cette basse cold, caoutchouteuse et enfin ces guitares dentelées, chatoyantes, allègrement discordantes ou carrément noisy, à l’instar du titre final, « Pressure » qui s’ébroue dans le minimalisme avant de s’étoffer afin de grimper en intensité électrique. Et puis, il y a ces interventions judicieuses de saxophone. Comme sur le frissonnant et hypnotique « Fame ». Et si « Tele » (NDR : un clin d’œil à Television ?) a recours à la boîte à rythmes, « Airplane air » est enrichi d’arrangements symphoniques, en fin de parcours. Des arrangements qui peuvent se révéler électroniques, mais sans jamais prendre le pas sur l’instrumentation organique…

Reuben's Daughters

Mami Wata

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Pratiquement inconnu sur le Vieux Continent, Reuben Myles Tyghe est actif, depuis plus de 20 ans, sur la scène musicale rock. Issu de la région de Bath, en Angleterre, il a longtemps milité au sein de Port Erin. « Mami Wata » constitue son premier elpee solo. 

Cet artiste possède un vrai talent de songwriter. Il compose ainsi des pépites pop aux mélodies recherchées mais efficaces. Sa musique est lancinante et sa voix languissante. Sa guitare est traitée en slide sur la plupart des morceaux (« The Well », « Underwater Garden » et « Those Eyes Can’t Lie to Me »). Le tempo s’accélère le temps de « Fragile Frame », avant de reprendre son cours habituel, le reste du long playing.

Les huit titres de cet LP valent le détour. Désormais, on suivra attentivement le parcours de Reuben's Daughters.

Flat worms

Witness marks

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Les ‘Flat worms’, ce sont des vers plats, des plathelminthes, très exactement, mais c’est également le patronyme choisi par un trio californien (Los Angeles), dont le troisième elpee, « Witness marks » a bénéficié de la collaboration de Ty Segall.  Les musicos ne sont pas des néophytes, puisqu’ils ont milité soit chez Hunx & His Punx, Oh Sees ou The Babies. 

Entre garage punk, post punk et noisy rock, la plupart des compos sont imprimées sur un tempo enlevé voire frénétique ou carrément volcanique, mais diablement efficace. Les sonorités de guitares sont tour à tour stridulantes, acides ou fuzz. La section rythmique est implacable. Etrange, mais la mélodie de « Suburban swans » rappelle parfois le « Nice‘n’sleazy » des Stranglers. Glaciale et métallique, la voix de Will Ivy balance des textes surréalistes, mais empreints de rage et de folie. Punk is not dead !

Squirrel Flower

Tomorrow’s fire

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Née à Boston, Ella Williams s’est établie à Chicago, ville où le rock indé contemporain est à nouveau en pleine effervescence. Pour enregistrer « Tomorrow’s fire », le troisième LP de son projet Squirrel Flower, elle a reçu le concours de musiciens qui militent chez Bon Iver, Wednesday et War on Drugs. Mais si l’instrumentation est, en général, bien électrique, sa voix puissante passe aisément à travers pour communiquer son angoisse face au dérèglement climatique. En fait, toutes les compos qui figurent sur ses trois albums traitent du même sujet. Cependant ce dernier opus est manifestement celui qui adopte le format le plus rock, tout en préservant l’aspect délicat et nostalgique des mélodies.

Ce long playing s’ouvre par « I don’t use a trash can », un titre qui figurait déjà sur son premier album, « Early Winter Songs From Middle America », paru en 2015, mais qu’elle a complétement remodelé, en l’enrichissant d’harmonies vocales complexes. Indolent, « When a plant is dying » libère une intensité électrique digne du Crazy Horse de Neil Young. Caractérisé par ses guitares distordues, « Stick » libère davantage de sonorités grunge. La lente combustion de « Canyon » nous enveloppe dans un brouillard de guitares fuzzées et chargées de reverb. Et le dernier titre de cet opus, « Finally rain », s’ouvre sur une trame acoustique avant de monter progressivement en intensité électrique. Contagieux, « Intheskatepark » frôle l’univers de l’indie pop alors que « What kind of dreams is this ? » prend la forme d’une prière…

Elephant (Netherlands)

Shooting for the moon

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Elephant est une formation néerlandaise, établie à Rotterdam, aux Pays-Bas. Produit par Pablo van de Poel (Dewolff), « Shooting for the moon », constitue sons second LP, un disque au cours duquel le combo a reçu le concours de la chanteuse belge, Meskerem Mees, pour deux titres. Et paradoxalement, ce sont les deux morceaux les plus proches de Wilco. En l’occurrence, « The morning » et « April ». A cause de cette section rythmique propulsive et des solos de guitare subtils et lumineux, dispensés par Michael Broekhuizen, dans le style de Nels Cline. Des interventions de guitare le plus souvent élégantes, parfois orientalistes, traitées en slide voire délicatement psychédéliques. Et en général, les compos sont enrobées de jolies harmonies vocales. Tramée au départ sur une sèche en picking, la plage finale, « Moonlight, s’électrifie peu à peu, avant de replonger dans la dream pop entretenue par Elephant, tout au long de ce long playing dont les pistes révèlent des mélodies particulièrement soignées. Dommage que l’intensité électrique ne pas un peu plus vivifiante…

Silver Car Crash

Shattered Shine

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Silver Car Crash peut compter sur trois chanteurs et compositeurs différents : les guitaristes Connor Kapelewski et Justin Bennett ainsi que le bassiste Brandon Walker. Ce qui est manifestement un fameux atout pour ce groupe issu de Pittsburgh, aux Etats-Unis. En outre, dans leurs textes, ils sont témoins de la destruction du climat, de l’effondrement de la société et du destin des jeunes, face à l’état de notre civilisation au XXIème siècle.

« Shattered Shine » constitue son second elpee, un disque enregistré, suivant la volonté les musiciens, dans les conditions les plus proches du ‘live’ possibles. Et si le résultat tient la route, il faut reconnaître que le long playing est plutôt diversifié. On y croise pas mal de punk hardcore frénétique, du shoegaze (My Bloody Valentine ?), du noise-rock bien américain (Sonic Youth ?), de la lo-fi (« Crime » hanté par Sebadoh »), un clin d’œil aux sixties (« Lessons »), du post punk et on en passe. Enfin si les guitares peuvent se révéler chaotiques, rugueuses, denses ou explosives, elles peuvent devenir claires et sonores (Sad Lovers & Giants ?), à l’instar de « Pleasure zone » ou de « Sun dried tomatoes », même si cette plage concède quelques accès au funk blanc. La ligne de basse est littéralement meurtrière sur « Interference », le morceau qui ouvre le long playing. Quant à la voix du lead singer, Connor Kapelewski, elle est très souvent douloureusement déclamatoire…

Woods

Perennial

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Jeremy Earl, la tête pensante de Woods, a d’abord envoyé les boucles de claviers, de guitare et de percussions, qu’il avait créées, à ses compères Jarvis Taveniere et John Andrews. Puis ces deux derniers ont commencé à communiquer leurs idées, avant que le trio ne commence à composer. En studio, Woods a alors reçu le concours de John Andrews à la pedal steel ainsi que Kyle Forester au saxophone et au piano électrique (Würlitzer). En résulte un douzième opus, baptisé « Perennial » sur lequel figure 11 plages dont quatre instrumentaux, qui nous entraînent au sein d’un univers multicolore, ensoleillé, nostalgique et propice au rêve, mais surtout sophistiqué que certains médias n’ont pas hésité à qualifier de psych folk. Les harmonies vocales sont particulièrement soignées ; ainsi, celles dispensées sur « Sip of happiness » rappellent The Communards.

Le tout est saupoudré d’accents dispensés ça et là, de jazz, de dub, de soul, d’électro et même de country (cette pedal steel). On imagine la présence d’un saxophone et d’un mellotron sur « The seed », mais la piste est tellement éthérée qu’on ne distingue plus vraiment les instruments. Bref, une œuvre agréable à écouter mais dont votre serviteur ne fera certainement pas le disque de chevet…

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