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La Divine Comédie de Lora Gabriel

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Holy Wave

Five of cups

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Dans le passé, la musique de Holy Wave baignait dans une forme de psyché/garage vaporeux et lancinant dominé par les guitares. Depuis le précédent elpee, « Interloper », quoique toujours aussi brumeuse et flemmarde (NDR : pensez à une rencontre entre Broadcast et Tame Impala), elle accorde de plus en plus en plus d’importance aux synthés ; et si les grattes ont toujours voix au chapitre, elles ne constituent plus l’élément primordial de l’instrumentation. Et c’est encore plus flagrant tout au long du 6ème opus, « Five of cups », dont le titre se réfère à une carte de tarot qui symbolise la déception ou les soucis liés au passé. Ce qui explique, sans doute pourquoi l’expression sonore baigne au sein d’un climat particulièrement mélancolique.

La superposition de synthés hallucinatoires, le drumming cool, les instruments à cordes autant caressés que joués, les guitares shoeagaze et les voix atmosphériques créent une sensation de quiétude paradoxalement susceptible de devenir angoissante.

Lors des sessions, la formation a reçu le concours du duo mexicain Lorena Quintanilla et Alberto Gonzalez (Lorelle Meets the Obsolete) sur « The Darkest Timeline », ainsi que de la chanteuse Estrella del Sol sur « Happier ». Elle y aborde le thème de la dérive des hommes vers ce qu’ils croient être le bonheur, et dans la langue de Cervantès, tout en rendant hommage à l'auteur/romancier Kurt Vonnegut.

The Underground Youth

Nostaglia’s glass

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Fondé en 2008, The Underground Youth était d’abord le projet du chanteur, guitariste et auteur-compositeur Craig Dyer. Ce n’est qu’en 2012, qu’il a fondé un groupe, notamment en engageant son épouse, également artiste et vidéaste, Olya Dyer, comme drummeuse. Originaire de Manchester, le groupe est aujourd’hui établi à Berlin. Entre-temps, le couple avait également vécu à Saint-Pétersbourg. Pas étonnant que Dyer mentionne la littérature et la poésie russes comme influences majeures de sa muse. Mais aussi le cinéma.

Baignant à l’origine dans une forme de post punk teinté de néo-psychédélisme et de shoegaze, la musique de The Underground Youth se rapproche de plus en plus de la no wave de Swans. Et c’est flagrant sur « Frame of obsession », une plage au cours de laquelle le baryton profond de Dyer rappelle celui de Michael Gira, alors qu’Olya pose furtivement la contre-voix à la manière de Jarboe. Sans quoi, ce baryton envoûtant évoque le plus souvent celui de Sivert Høyem (Madrugada).

Une no wave qui serait gothique : tempo lancinant, cordes de guitare enchevêtrées, bourdonnantes, grinçantes ou semi-acoustiques, parfois surf (« Antother country »,) ligne de basse flottante, arrangements de violons et d’harmonica, piano plink plonk (l’instrumental « Interlude » et le morceau final « Epilogue », qui a reçu le concours du joueur de luth, Josef Van Wissen) ; une expression sonore qui alimente cet excellent onzième elpee de The Underground Youth…

Kendra Morris

I Am What I’m Waiting For

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En 2013, elle gravait « Mockingbird », un album de reprises sur lequel figurait une version du « Shine On You Crazy Diamond » de Pink Floyd qui servira de B.O. pour le film ‘Dead Man Down’, « Space Oditty » de Bowie, « Walk on the wild side » de Lou Reed », « Karma police » de Radiohead, « Black hole sun » de Soundgarden et une adaptation lascive du « I'm Gonna Be (500 Miles) » des Proclaimers. Notamment. Elle a multiplié les collaborations et particulièrement en compagnie de Ghostface Killah, Dennis Coffey, le guitariste de la Motown, mais surtout Jeremy Page, avec lequel elle travaillait en binôme.

Pour enregistrer « I Am What I’m Waiting For », elle a décidé de faire équipe avec Torbitt Schwartz (alias Little Shalimar (Run The Jewels) afin d’explorer de nouveaux horizons sonores. Cependant, on ne peut pas dire que la mise en forme apporte des changements radicaux. D’ailleurs cet opus est tout bonnement éclectique, naviguant à la croisée des chemins du funk, de la pop sixties (pensez aux productions de Phil Spector pour groupes de filles), d’indie rock et de néo-soul. Sans oublier l’une ou l’autre plage plus minimaliste au cours desquelles Kendra Morris démontre son talent de guitariste. Enfin, si elle a une superbe voix, la comparer à Janis Joplin semble quand même excessif…

Foo Fighters

But Here We Are

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En 2022, la mort inopinée du drummer Taylor Hawkins laissait Foo Fighters dans une douloureuse incertitude quant à son avenir. En 2023, paraît un nouvel LP, une tournée mondiale est annoncée et Josh Freese remplace le batteur décédé. Comment aborder la mort de proches à travers la musique ? C’est le délicat défi que propose Foo Fighters. Mais pour enregistrer cet opus, c’est Dave qui siège derrière les fûts. Les deux derniers elpees de Foo Fighters manquaient d’inspiration. La formation semblait s’être installée dans une zone de confort qu’elle n’arrivait plus à fanchir. Sur « But Here We Are », Dave Grohl et ses complices en reviennent aux sources. C’est le onzième long playing studio en 28 ans de carrière.

« Rescued » ouvre les hostilités et se distingue par ses paroles puissantes, percutantes et significatives (« It came in a flash/It came out of nowhere » (Cela est arrivé comme un éclair/Cela venait de nulle part) ainsi que ses riffs incisifs. Alors qu’habituellement, Grohl construit des envolées lyriques et des variations d’octaves pour exprimer vocalement la progression d’une chanson, ici il emprunte un chemin différent. Sa voix manifeste une forme de résignation plaintive, mêlant parfois optimisme et douleur. C’est une manière plus nuancée de communiquer les émotions liées à son deuil. Un autre retour aux sources jaillit d’« Under You ». Ses airs enjoués et son énergie faussement naïve rappellent « The Colour And The Shape » (1997).

Ce disque prend le contrepied du précédent, « Medicine At Midnight ». Il s’inscrit à la fois dans la lignée des Foo Fighters de 1997 (« Under You » pourrait être une chute de bande qui a servi au premier album, paru en 1995) voire de 2002 époque « One By One », mais habité par toute la souffrance féroce qu’un homme a besoin d’évacuer, avec comme point d’orgue le morceau maitre qui atteint donc des sommets d’intensité. Il est dans la continuité de la plage précédente. « The Teacher » constitue la pièce maîtresse. Elle rend hommage à Virginia Grohl, sa mère écrivaine disparue. Durant les dix minutes de cette piste, le chanteur nous entraîne dans un voyage introspectif à travers une relation parent-enfant confrontée aux défis de la mort. Il se questionne sur la transmission, l’après, l’annonce de sa propre mort à venir et celle des êtres qui lui sont chers. Telle une chevauchée épique, cette compo commence de manière planante, puis se distingue par des riffs incisifs soutenus par une batterie galopante avant de laisser la place à un abandon et de s’achever par un ‘goodbye’ empreint d’émotion contenue.

La formation évite cependant de sombrer dans le pathétique et, a contrario, atteint une forme de douceur et d’apaisement. C’est une composition plutôt inattendue dans le répertoire de Foo Fighters.

« Hearing Voices » élève le tempo alors que la voix de Grohl se déploie majestueusement et reproduit son originelle vigueur d’antan. Néanmoins, cet elpee manque de quelques brûlots énervés et incendiaires dont la band a pourtant le secret. Des traces de colère, souvent ressentie après une perte aussi soudaine et inexpliquée, auraient pu pimenter la plage. Une certaine résignation envahit même le titre maître. Dave Grohl pousse sa voix sur certains mots, atteignant presque le cri pour insuffler davantage de force au message. Nonobstant la ligne de basse groovy, « Nothing At All » souffre de son refrain trop formaté. Peu convaincant, « Show Me How » manque de dynamisme.

Le long playing recèle deux ballades, « Beyond Me » et « The Glass ». La première manque singulièrement de punch. Minimaliste, la seconde se signale par une intro émouvante.

Légèrement teinté de psychédélisme, « Rest » oscille entre légèreté et lourdeur. Une belle manière de clore cet opus. Car s’il est dédié à Taylor Hawkins et Virginia Grohl, il ne faut pas oublier que Foo Fighters s’est formé à la suite de la disparition de Kurt Cobain. Son ombre plane d’ailleurs tout au long de l’œuvre…  

The Poison Arrows

Crime and Soda

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« Crime and Soda » constitue le 5ème opus de cette formation américaine, groupe de niche spécialisé dans le post-punk teinté de math-rock depuis déjà 2006. Etabli à Chicago, le trio implique un ex-Don Caballero (le bassiste Patrick Morris) et un ancien employé de Touch&Go. Le groupe apprécie les structures complexes ainsi que la polyrythmie et ne s’en cache pas. La basse appuie une rythmique en grande forme et des guitares ciselées avec talent. Le tout sans oublier les mélodies… Vous l’aurez bien compris, il s’agit d‘un must pour les fans de Girls Against Boys et de June of 44 !

you.Guru

Unttouchable

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Les groupes traversant l’ancien rideau de fer pour parvenir jusqu’à nos oreilles ne sont pas légion. Mais lorsqu’ils y parviennent (on pense par exemple à Motorama), la surprise est souvent favorable. you.Guru en est un nouvel exemple.

Ce trio est originaire de Bydoszcz, une ville située au centre de la Pologne, qui compte, quand même, 350 000 âmes…

« Unttouchable » constitue son deuxième opus. Artur Maćkowiak (guitare, claviers), Michał Lutrzykowski (basse) et Piotr Waliszewski (drums) développent un post math-rock au sein duquel on ressent les influences de Battles et Maserati ou plus proche de nous, de Jean Jean.

D’une durée moyenne de 6 minutes, les sept morceaux de cet elpee se révèlent à la fois caoutchouteux et énergiques. Peu de temps mort. Cet LP s’écoute facilement et d’une seule traite. Toutefois, on imagine que c’est sur les planches que le band libère le max de son potentiel. On vous invite donc à suivre son agenda, pour voir s’il passe près de chez vous…

Chocolat Billy

Le Feu au Lac

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Pour célébrer ses 20 années d’existence, les Bordelais de Chocolat Billy ont gravé un 7ème elpee franchement enthousiasmant ! « Le Feu au Lac » démontre que, malgré le temps, l’inspiration du groupe n’a rien perdu de sa superbe. Entre sonorités noisy, influences ‘world’ (« Jacques Revient de la Pêche ») et rock indie (l’instrumental « Où vas-tu Zolatale ? »), portés par des guitares sautillantes et des claviers vintages, les textes faussement naïfs du groupe (« Au Cinéma ») confèrent une belle dose d’énergie poétique et un regard franchement unique aux compos. Une musique libre et foutraque mais maitrisée de bout en bout, doublée d’une douce folie subtilement politisée…

Daniel Norgren

Chaud dedans, chaud dehors…

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Daniel Norgren est un habitué de l’AB. Il s’y était produit en 2015 au sein d’un AB Club bien rempli, puis en 2016 dans un l’AB Flex conquis. Février 2020, il avait quand même foulé les planches du Crique Royal. Et il nous revient ce samedi 9 septembre, mais dans la grande salle de l’Ancienne Belgique. Et c’est sold out.

Son dernier elpee, « Wooh Dang », date de 2019, mais grâce à sa solide réputation live et à la bande originale du film primé du jury de Cannes 'Le Otto Montagne' (2022), l’intérêt du grand public à son égard, n’a fait que croître.

Pas de supporting act, le concert débute à 20h30. Il fait encore plus chaud à l’intérieur qu’à l’extérieur. Il y fait même torride. Et l’ambiance sera au diapason.  Heureusement la musique nordique devrait nous apporter un petit vent de fraicheur. Car Daniel Norgren est suédois, même si sa musique semble venir des grandes plaines des States. Sur scène, il est accompagné par un organiste (un Hammond ?), un drummer, un guitariste et un bassiste. Daniel s’installe devant un piano droit de couleur brune, éclairé par deux lampadaires à la luminosité blafarde. D’ailleurs le light show oscille entre ombres et lumières tamisées. Casquette vissée sur le crâne, l’auteur-compositeur semble plutôt timide. Sa voix est capable d’être aussi haut-perchée que celle de Neil Young mais un rien plus rauque (Tom Waits ?). Une chose est sûre, elle a quelque chose de fascinant.

Il ne faut pas très longtemps avant que cet artiste nous attirer dans son univers sonore. Il laisse choisir le public, puis l’entraîne là où il le souhaite. Après avoir attaqué les 3 premiers morceaux aux ivoires, Daniel passe à la guitare et l’atmosphère devient magique. Les titres sont longs mais grimpent progressivement en intensité. Le concert va d’ailleurs 120 minutes !

La musique est construite comme un paysage. Une guitare lancinante, une ligne de basse impeccable et une touche de psychédélisme habillent des textes empreints s’une grande sensibilité. On a ainsi droit à des ballades au piano, à du rock épuré, une escapade americana ou encore un folk bien bluesy sorti tout droit du bayou louisianais. L’ambiance est différente à chaque titre, nous tenant suspendus au bout de ses lèvres et de sa guitare ou de ses ivoires délicats, avec une dose de mélancolie et de malice. Ravi, le public écoute religieusement. Malgré la chaleur étouffante, on se laisse bercer par des harmonies musicales et vocales lancinantes, délicates et chargées de spleen…

Le public aimerait qu’il revienne bien vite pour un nouveau concert, mais plus dans une atmosphère aussi irrespirable. Peut-être, alors en hiver, pour nous réchauffer les cœurs…

Setlist : « Why May I Not Go Out and Climb the Trees ? », « Like There Was A Door », « If You Look At The Picture Too Long », « Everything You Know Melts Away Like Snow », « Moonshine Got Me », « I Waited for You », « New Home », « Putting My Tomorrows Behind », « Music Tape », « People Are Good », « Whatever Turns You On », « The Power ».

Rappel : « Let Love Run The Game ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

 

A Giant Dog

Bite

Écrit par

En 2010, ce quintet texan (NDR : il est issu d’Austin) se fendait d’un album de reprises. En l’occurrence, l’intégralité du « Neon bible » d’Arcade Fire. Intitulé « Bite », son sixième elpee est illustré par une pochette répugnante. Elle aurait même pu sortir d’un film d’épouvante… Quant à la musique, elle semble naître d’une hybridation entre metal, punk, emo et glam. Glam, surtout pour les voix. Encore que parfois, le vocal opératique de Sabrina Ellis évoque celui de Matthew Bellamy (Muse). Et l’ensemble est régulièrement enrichi d’arrangements de cordes et de vagues de synthés. Malheureusement, même si les lyrics abordent les thèmes de l’amour, de la mort, de la rébellion, de la découverte de soi et des dangers de la réalité virtuelle, les mélodies manquent d’accroches ; si bien que le chien a beau aboyer et essayer de mordre, la caravane finit par passer…

5

 

 

Hiss Golden Messenger

Jump for joy

Écrit par

Drivée par le chanteur/compositeur/MC Taylor, Hiss Golden Messenger est une formation issue de Durham, au Nord de la Californie. Fondée en 2007, elle compte 11 elpees à son actif, dont le dernier, « Jump for joy » vient de paraître.

Pour cet album, MC Taylor s’est inventé un personnage, un ado qui absorbe tout ce que le monde contemporain lui offre et le restitue dans son mode de vie. Mais la thématique ne s’arrête pas là, puisqu’elle aborde également la religion et les relations humaines.

Entonnant, mais pour un artiste qui a longtemps souffert de dépression, la musique de cet album se révèle paradoxalement optimiste. A l’instar de l’allègre « Feeling eternal ».

Une expression sonore qui oscille entre americana, soul et folk tout en laissant la porte ouverte au funk. « Shinbone » réverbère même des accents dub. Dynamisé par un piano honky tonk, le titre maître rend hommage au légendaire Little Feat. « I saw the new day in the world » baigne au sein d’un climat réminiscent de Steely Dan, alors que le spectre de Prince plane tout au long de la ballade mid tempo « Sunset on the faders ».

Future Islands

Herring, le showman…

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Depuis 2006, Future Islands a gravé six elpees. Epatant sur disque, il atteint le max de son potentiel en ‘live’, notamment grâce au parolier et chanteur Samuel T. Herring, une bête de scène totalement habitée par la musique. Le dernier opus du combo, « As long as you are », remonte à octobre 2020. Depuis la formation a sorti quelques singles, dont le dernier, « Deep in the Night », est paru en août dernier. Et un nouvel LP serait en préparation. Aujourd’hui, Future Islands est considéré comme un des groupes les plus dynamiques de la culture pop. Il réinvente la synthwave, le post-punk et parfois le hardcore. Dans le cadre de sa nouvelle tournée mondiale, le quatuor de Baltimore (Maryland) se produisait à l’Ancienne Belgique. Et le concert est sold out.

R.A.P. Ferreira assure le supporting act. De son véritable nom Rory Allen Phillip Ferreira, il débarque seul sur les planches. Il prend place sur un siège, enlève sa gratte semi-acoustique de son étui, déclare qu’il vient de Chicago et entame son récital dans un blues qui nous vient des profondeurs de la Louisiane. Soyez rassurés, il n’est pas poursuivi par des alligators.

En cherchant un peu sur la toile, on apprend que cet artiste est étrangement MC, producteur, agriculteur et fondateur du label Ruby Yacht ; et qu’il s’est forgé une certaine notoriété dans l’univers underground du hip hop. Tout ceci pour expliquer qu’il termine sa prestation par deux morceaux de rap minimalistes, mais dansants.  

Setlist : « Preachin' the Blues - Part I » (Son House cover), « Illinois Blues » (Skip James cover), « Catfish Blues » (Robert Petway cover)

Préenregistré, « In Evening Air » permet aux instrumentistes de s‘installer sur leur estrade respective, mais en retrait. Soit le claviériste Gerrit Welmers, le bassiste/guitariste William Cashion et le nouveau batteur Mike Lowry. Une toile blanche a été tendue en arrière-plan devant laquelle ont été installées quatre maquettes de montagnes en basalte, de hauteurs différentes, qui changent de couleur en fonction d’un éclairage placé en hauteur.

Samuel T Herring débarque. Il dispose de tout l’espace scénique pour déambuler. Une véritable bête de scène qui exécute des pirouettes et interagit avec la foule. Et la fosse devient un véritable dancefloor dès le morceau qui ouvre le set, « For Sure », une compo inondée de sonorités de claviers.

C’est Samuel la star du band ; il a le charisme d’un Morrissey totalement déglingué. Le band embraie par un extrait du dernier album, « As Long As You Are », en l’occurrence « Hit the Coast ». La voix de Samuel est alors proche de celle de Tom Barman (dEUS). Etonnant, non ? D’autant plus qu’en général, elle est plutôt caractéristique et unique en son genre. Très gutturale. Mâle si vous préférez. Les sonorités de cordes sont incandescentes, mais dispensées par des samples injectés dans le synthé.

Dès « Ran », le troisième morceau, Herring est trempé de sueur. Sa capacité à attirer le regard est vraiment particulière. Il donne l’impression de chanter pour chaque individu personnellement. Il tend les bras et rejette la tête en arrière tout en profitant de l'énergie de la foule, l'absorbant et s'assurant que ses mouvements presque frénétiques se poursuivent. Pendant « Plastic Beach » et « Walking Through That Door », il se frappe la poitrine, tire sur son tee-shirt noir ou se frappe la gorge.

On observe une véritable symbiose entre les mélodies modernes et catchy, la voix surpuissante et l’instrumentation. Aussi incroyable que soit Herring, les musicos du groupe constituent le ciment qui fédère Future Islands et empêche Herring de déraper dans son attitude théâtrale. Le claviériste Gerrit Welmers, le batteur Michael Lowery et le bassiste William Cashion y parviennent en alliant sobriété et efficacité.

En fin de parcours, la basse discordante de Cashion vient asséner un uppercut dans le ventre des spectateurs sur le single « King Of Sweden », une des chansons préférées des auditeurs. Le band n’en oublie pas son plus grand succès, « Seasons (Waiting for You). Pendant « Long Flight », Herring exécute une glissade ventrale sur le podium, bondit, puis enfonce son poing dans sa bouche. Le concert s’achève akos par « Thrill », un des morceaux les plus calmes de la selist.

En rappel, Future Islands va accorder deux compos. Tout d’abord « Vireo's Eye ». Le son de basse de Cashion se révèle particulièrement musclé. Alors que l’auditoire applaudit, Herring tend la main, fait mine de saisir l'air, porte la main  à la bouche et se comporte comme s'il avalait quelque chose, ingérant l'énergie de la foule. Puis « Little Dreamer », une chanson qui résume tant de sentiments de joie, de rage, de douleur et d’amour. La chanson commence comme un discours et alors que le groupe entre lentement dans la musique, Herring passe du déclamatoire au chant. Lorsque la chanson s’achève, Future Islands remercie l’auditoire et tire sa révérence…

Certains médias estiment que Future Islands mériterait le statut d’Elbow voire de The National. Et ils n’ont probablement pas tort…

Setlist : « In Evening Air » (intro préenregistrée), « For Sure », « Hit The Coast », « Ran », « Plastic Beach », « Peach », « Diep In The Night », « Walking Through That Door », « Before The Bridge », « The Painter », « In The Fall », « A Dream Of You and Me », « Ancient Water », « King Of Sweden », « Seasons (Waiting on You) », « Long Flight », « Tin Man », « Thrill ».

Rappel : « Vireo's Eye », « Little Dreamer »

(Organisation : Live Nation)

 

Eliades Ochoa

Nick Gold et Ry Cooder se partagent équitablement la paternité du projet Buena Vista Social Club…

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Grande voix et guitariste de tradition musicale cubaine, Eliades Ochoa se produira le 3 octobre prochain, à l’Ancienne Belgique, avec, sous le bras, ses dernières compositions les plus personnelles et son album... de souvenirs…

Dernier gardien du ‘son cubano’, Eliades Ochoa, dont l’allure évoque un Johnny Cash cubain, est l'un des ultimes survivants du Buena Vista Social Club. A 77 ans, le chanteur et gratteur cubain vient de graver son elpee le plus personnel, truffé de compositions personnelles. Il y évoque sa vie ainsi que ses souvenirs ; et, en concert, ses amis aujourd'hui disparus du ‘Club’....

Il a fallu vieillir avant d’être en mesure d'écrire vos propres chansons… autobiographiques ?

Je n'avais jamais joué le guajiro (paysan) typique sur d'autres disques et j'ai recherché la nouveauté, un autre rythme : ces chansons trottaient dans la tête et la guajira (musique de la campagne) me permettait d'aborder un répertoire plus contemporain et personnel...

Pourquoi maintenant ?

Parce que j'ai enfin commencé à travailler de façon indépendante et à écrire mes compositions. Auparavant, je bossais pour des labels, qui me demandaient d'interpréter des standards cubains, surtout des années cinquante. Dorénavant je suis plus libre et je peux chanter ce qui me plaît.

Villes et champs

Être d'origine paysanne vous différencie-t-il d'autres musiciens et chanteurs cubains issus des villes ?

Je suis un paysan, un fermier originaire des montagnes. J'aime l'atmosphère de la campagne où la musique guajira est présente partout : dans les danses, au cours des fêtes et des réunions familiales. Raison pour laquelle je suis si à l'aise pour en composer et en interpréter.

A la campagne, les ‘sons’ cubanos, les guarachas et les styles proches sont également appréciés.

Pensez-vous que la musique rurale est plus authentique que l’urbaine ?

Bien sûr. Le musicien paysan est plus humble, n'attend rien, ni argent ni gloire de la musique qu'il joue. Ces artistes interprètent et transmettent cette musique authentique et traditionnelle par amour pour elle ; ils sont à la base de la musique cubaine.

Vos parents étaient également musiciens...

Et tous deux étaient doués : mon père plus que ma mère, mais il n'était pas professionnel ; il jouait lors de réunions familiales et était excellent musicien.

Qui y a-t-il de spécifique à la guajira, à ce style de musique, par rapport au ‘son’ (NDLR : le ‘son’ est un style cubain dansant qui a acquis une reconnaissance internationale à partir des années 30 ; son rythme combine la structure et les caractéristiques de la musique espagnole avec des éléments et instruments musicaux afro-cubains et indigènes).

Il s'agit de deux rythmes et styles différents. Il est plus facile de danser le ‘son’. La guaracha est similaire au ‘son’, mais plus proche du boléro, et requiert parfois trois notes là où le ‘son’ n'en demande que deux.

Et la guaracha ?

Elle est plus proche de la salsa et n'a rien à voir avec les deux autres styles musicaux. On peut danser sur ces trois types de musique ; mais en effet, la guaracha est plus rapide.

Lorsque vous jouez, pensez-vous à tous ces musiciens du Buena Vista Social Club qui sont décédés depuis...

Forcément. Quand je me produis sur une scène, je parle aussi d'eux, de ceux qui ne sont plus là physiquement. J'évoque leur souvenir. J'interprète encore de nombreux morceaux du Buena Vista au cours desquels je ressens la présence de Compay, d'Ibrahim, de Rubén, Pio, Guajiro, notamment sur "El Cuarto de Tula" ou "Chan Chan". Je me rappelle tous mes vieux compagnons et je chante pour eux.

Ry Cooder

Êtes-vous toujours en contact avec Omara Portuondo, l'autre grande survivante du Buena Vista Social Club ?

Je ne l'ai pas vue depuis l'année dernière, mais je suis toujours au courant de son travail, de sa carrière et de ses tournées. La dernière fois que je l'ai rencontrée, c'était lors d'un festival en Espagne.

Une future collaboration est-elle prévue ? 

Tout dépend des labels, mais il n'existe pas de projet actuellement.

Avez-vous des nouvelles de Ry Cooder et Nick Gold ? Et, à votre avis, lequel des deux a été le plus important dans la résurrection internationale de la musique cubaine au travers du Buena Vista ?

Réaliser un album cubain était une idée de Nick Gold, mais la maîtrise en revient à Ry Cooder. A mon avis, ils se partagent équitablement la paternité du projet Buena Vista.

Mais je n'ai plus eu de contact avec Ry depuis la pandémie. Cependant, j'entretiens des relations régulières avec Nick, qui vient me voir chaque fois que je me produis à Londres. Nous nous téléphonons et échangeons par mail régulièrement.

Vous étiez très jeune quand la révolution cubaine a éclaté. Quelles en ont été les conséquences pour les musiciens ?

J'avais à peu près 17 ans lorsque j'ai commencé ma carrière professionnelle. C’était en 1963, dans une station de radio. J’étais payé par l'État cubain. Le ministère de la Culture a remplacé ensuite le Conseil national de la Culture, en centralisant les musiciens et les artistes au sein d’une même institution.

Les musiciens ou les groupes travaillaient selon les directives du ministère. Nous ne pouvions exercer notre métier de manière indépendante, mais seulement suivant la structure imposée par le ministère…

Est-ce encore le cas aujourd'hui ?

C'est toujours pareil. Les artistes dépendent du ministère de la Culture et du Centro de la Música de Cuba, pour pouvoir se produire l'étranger, notamment.

Vous avez accompagné Bob Dylan et Manu Dibango, entre autres ; comment avez-vous rencontré Joan Wasser, plus connue sous le patronyme de Joan as Police Woman avec qui vous chantez en duo sur cet opus ?

Je ne la connaissais pas personnellement, mais j'étais très content que le label propose que nous partagions un duo ensemble, car j'adore sa voix. Connaissant ma carrière, elle a tout de suite accepté, d'autant qu'elle adorait la chanson. J'en suis très fier...

Quel genre de musique cubaine actuelle écoutez-vous ? Orishas, Los Van Van ?

J'écoute d'abord ma propre musique dans le but de constamment l'améliorer. Cuba est une île musicale qui regorge de bonne musique. J'apprécie surtout le genre originaire de Santiago de Cuba, le ‘son’. J'adore par ailleurs la llanera, la musique traditionnelle du Venezuela, mais également Los Tres Reyes, un ancien trio mexicain, et la vieille musique cubaine, celle de Los Embajadores, Benny Moré ou Celia Cruz, sans oublier bien sûr les albums des années cinquante de Los Compadres, premier groupe de mon ami disparu Compay Segundo.

Vivant désormais à Madrid, j'écoute aussi la musique espagnole actuelle, notamment la copla et surtout Joselito qui affiche, à peu près, mon âge. J'adore ce qu'il fait, tout comme le flamenco.

Comptez-vous enregistrer un album de flamenco ?

Je ne dis pas non, mais ce serait irrespectueux à l’égard les vrais artistes flamenca (il rit).

Mais cela me plairait d'explorer cette direction...

Eliades Ochoa se produira en concert à l'AB le 3 octobre prochain.

Album "Guajiro" (Word Circuit), paru le 26 mai 2023.

 

Kristin Hersh

La chanson doit m'utiliser, et non l'inverse…

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« Clear pond road », c’est le titre du nouvel opus de Kristin Hersh, paru ce 8 septembre 2023. Cet effort en solitaire du leader féminin des Throwing Muses est toujours aussi original et encore plus personnel...

A l’instar des Pixies, Throwing Muses est considéré comme une icône du rock alternatif des eighties. Drivée par Kristin, cette formation est toujours active sur la scène musicale. Et cette cofondatrice du band mène encore, en parallèle, un autre projet collectif baptisé 50 Foot Wave. De son timbre râpeux, chargé d’émotion, de son style tout en joie étouffée, en rage intérieure voire en tristesse contenue, « Clear Pound Road » reflète la singularité de sa démarche. Kristin en parle d'ailleurs joyeusement...

Alors que elpee est plutôt positif, la dixième et dernière chanson « Tunnels », semble empreinte de tristesse...

Elle évoque l'effondrement mental d'un partenaire à qui son conjoint ne peut venir en aide, alors que le reste de l'album se révèle amusant, plein d'entrain et positif. Cependant, ce dernier morceau, bien qu'empli de douceur à l'instar des autres compos, se révèle finalement tragique. 

« Clear Pound Road » se déploie de manière séquentielle à la façon d'une pièce de théâtre, scène après scène jusqu'à l'acte final où soudain tout s’écroule devant cette révélation : lorsque votre partenaire, c'est-à-dire votre pilier, votre socle s'écroule, vous vous effondrez aussi.

Je ne souhaitais pas que ce disque soit tragique, mais il vire un peu en tragédie, en fin de compte (elle rit).

Auteure d'une autobiographie et d'un livre sur votre ami, le rocker canadien Vic Chesnutt (NDLR : il est décédé le 25 décembre 2009) pour être plus précis, je me demandais si, lorsque vous composez, les paroles émergeaient d’abord ?

Non. C'est toujours la musique, car les paroles sont amplifiées par un autre instrument, ma voix, qui est omniprésente. Certaines personnes se contentent de chanter. Personnellement, je ne chante jamais, exigeant de ma voix qu'elle produise autre chose. C'est souvent très peu attrayant, car je ne cherche pas à la mettre en avant. Je vocalise tout simplement. Mais parfois, c'est vrai, on a l'impression que je chante… (elle rit)

Une sorte de transposition vocale de la poétesse Sylvia Plath ?

(Elle rit) C'est peut-être vrai, les lyrics devraient pouvoir tenir toutes seules, débarrassées de la musique. On devrait être capable de les regarder sur la page et observer qu'elles résistent en tant que structure, qu'élément corporel.

Mais je ne souhaite pas les dépouiller de leur musique, car il ne s'agit pas de poésie. Elles sont certes poétiques, mais se coulent dans la musique et ne jouent qu'un seul rôle. Elle ne doit pas servir de scène, de plateforme aux mots, à mes pensées. D’ailleurs les textes ne sont pas toujours de l'ordre de mon ressenti, de mes émotions ; je ne m'exhibe pas en dansant des claquettes. Et même si je tentais de le faire, j'en serais incapable. Tout comme Sylvia Plath (rires) !

Catharsis

La musique est-elle une catharsis pour vous ?

Probablement... mais j'espère que non. J'essaie de vider mon sac avant d'entrer dans la chanson. Au sein de mes deux groupes et en solo, elle n'est au départ pas faite pour être enregistrée et diffusée. Nous jouons d'abord pour être dans le flow et il arrive parfois que nous enregistrions les résultats. Le disque ne représente qu'une infime partie de ce que nous considérons comme notre vie musicale. Mais j'ai besoin de la catharsis, de l'événement musculaire qui consiste à jouer de la musique. J'en ressens le besoin physiquement. Et puis la chanson s'estompe entre mes mains et la guitare, dans le bruit ou même dans le silence des morceaux acoustiques. Mais j'espère que la catharsis se produit avant que la chanson ne soit écrite. Bien que ces compositions soient autobiographiques, il ne peut s'agir uniquement de moi. La chanson doit m'utiliser... et non l'inverse…

Kristin Hersh serait-elle une version acoustique de Throwing Muses ou de 50 Foot Wave ?

Oui. Mais je continue à réaliser des disques bruyants. Mon album solo précédent, « Possible Dust Clouds », se révélait par exemple plus ‘noisy’ que celui de ces deux formations.

Au départ, je n'avais pas l'intention d'entreprendre une carrière en solitaire, mais je me suis sentie piégée par Warner Bros, notre maison de disques, à l'époque. Afin qu'ils nous laissent partir, j'ai proposé d'enregistrer un album solo, parce que j'étais la seule ‘Muse’ à leurs yeux. Et le label a fini par accepter.

Mon premier album solo visait donc à faire résilier le contrat de Throwing Muses avec Warner. Mais cette première expérience solo m'a permis de comprendre qu'au niveau de l'industrie musicale, Throwing Muses était un groupe dont personne ne se souciait. Raison pour laquelle j'ai créé Cash Music en 2007, bien avant le système de Crowdfunding.

Bipolaire

Vous avez souffert de troubles bipolaires. Existerait-il dès lors une sorte de bipolarité musicale entre Kristin Hersh en tant qu'artiste solo d'une part, Throwing Muses et 50 Foot Wave de l'autre ?

Oui. Car chaque chanson requiert un traitement différent. Je pourrais fonder 50 groupes et ne pas être capable de suivre ce que les chansons attendent de moi. Et c'est parfait ! Ce que je préfère, c'est entrer en studio au début d'une session d'enregistrement, en connaissant exactement tous les overdubs que je souhaite utiliser, en sachant où je vais placer le micro, quelles parties de cymbales je vais choisir. Je pense ainsi maîtriser tous les éléments et pourtant je me trompe toujours... je reste donc modeste (elle rit) …

Vic Chesnutt vous a-t-il inspirée et incitée à vous lancer, à votre tour, dans une carrière en solitaire ? Car cet opus m'y fait penser…

Oui bien sûr. Vic était tellement doué pour jouer ‘petit’. J'aimais trop le bruit et je me cachais derrière, vu que je suis très timide. Je ne voulais pas être au centre, au premier rang, devant le micro. Je souhaitais juste rester en retrait et me perdre dans la musique.

Vic m'a fait comprendre que l'on pouvait se perdre dans la musique tout en ‘se crucifiant’ devant tout le monde. Une sorte d'art qui n'oublie pas le divertissement. Il disait : ‘C'est notre travail de trouver un équilibre entre les deux et de nous montrer…’

Vic pouvait rester assis là sur scène en silence pendant très longtemps. J'ai finalement réalisé qu'il utilisait le silence comme un son, et la pause comme une mesure. On vient de découvrir que notre ouïe entend le silence comme un son... Une sorte de victoire posthume pour Vic Chesnutt (elle sourit).

Il utilisait un mur de silence comme vous utilisiez un mur de... sons ?

Oui. J'avoue que je me suis beaucoup amusé lorsque l'on m'a demandé de rédiger un livre à son sujet.

Synesthésie

Quelle est l'influence d'Allen Ginsberg sur votre écriture, vous qui l'avez rencontré au cours de votre enfance ?

Aucune (elle rit). Ginsberg a tout simplement écrit un poème à mon attention lorsque j'étais enfant. Mon vieil hippie de père vient d'ailleurs de me le renvoyer. Je n'ai pas vraiment lu Ginsberg, si ce n'est ce poème qui m'était dédié.

Vous êtes apparemment victime de synesthésie : vous voyez des accords musicaux en couleurs... Quelles sont dès lors les couleurs de cet elpee ?

Excellente question (elle rit). Une anecdote d'abord : je venais d'entrer dans un saloon de La Nouvelle-Orléans, le pianiste a joué un accord, un accord long et complexe, puis s'est arrêté m'a regardé et demandé : ‘Kris, de quelle couleur s'agit-il ?’ Et j'ai répondu : ‘Oh, eh bien, c'est bordeaux, mais il y a un peu d'orange brûlé à la fin. Et tout le monde d'acquiescer…’

Mais ce disque est en fait aussi un bordeaux argenté bordé de jaune doré. Et si je ne l'avais pas su, je n'aurais pas eu le courage d'atténuer l'effet de production, qui est extrêmement acoustique, mais bizarrement, rigide dans le rythme qui n'a pas une forme décontractée. Il s'agit donc de combiner la douceur décontractée de la technique sonore à chaque rythme, comme si l'on souffrait d'arythmie cardiaque tout en cherchant à en atténuer les effets. Le résultat m'est apparu particulièrement chatoyant, tout en demeurant très ancré dans une sorte de couleur douce-amère, comme le bordeaux... voire une bouteille de vin du même nom (elle rit). 

Kristin Hersh : « Clear Pond Road » (Fire Records/Kokurrent) : sortie le 8 septembre 2023.

Photo : Pete Mellekas

Elephant Stone

Elephant Stone est perdu dans ses rêves

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Chargée de textes introspectifs la musique d’Elephant Stone aborde pour sujets principaux, la perte, le deuil et les crises existentielles.

La formation montréalaise vient de sortir un nouveau single, « Lost In A Dream », une compo qui mêle les grooves à la Tame Impala au sens mélodique envoûtants d’un Todd Rundgren.

À propos de ce titre, Rishi Dhir a déclaré : ‘La création de 'Lost In A Dream' a été un voyage passionnant pour nous, un voyage où la fascination pour les rêves et leurs liens mystérieux avec la réalité ont pris le devant de la scène. Bien qu'il y ait de subtiles allusions à des inspirations telles que « Open My Eyes » de The Nazz et « Killing Moon » d'Echo and the Bunnymen, cette chanson trace notre propre voie musicale. Nous avons tissé un paysage auditif qui, nous l'espérons, permettra aux auditeurs de plonger dans leurs pensées et leurs rêves. Il s'agit de se perdre dans la musique, dans l'histoire qu'elle raconte, et de trouver une résonance dans sa propre vie…’

Ce nouveau single fait suite à son elpee, « Dawn, Day, Dusk », paru le 2 mai 2023.

« Lost in a dream » est en écoute

Photo : Bowen Stead

 

Orchestral Manœuvres in The Dark (OMD)

OMD s’engage sur une voie politique…

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Six ans après la sortie de « The Punishment Of Luxury », les pionniers du synthé Orchestral Manoeuvres In The Dark (OMD) publieront un tout nouvel opus ce 27 octobre 2023. Il s’intitulera « Bauhaus Staircase ».

Le titre maître, qui ouvre l’elpee, adresse un clin à la fois à l'amour d'Andy McCluskey pour l'époque du Bauhaus et au pouvoir de l'art contestataire. Il est disponible sous forme de clip d’animation,

‘Je suis un grand amateur d'arts visuels, en particulier des mouvements du milieu du XXe siècle’, commente Andy. ‘La chanson est une métaphore de la force et de la passion de l'artiste face à la critique et à l'adversité. Lorsque les temps sont durs, les gouvernements ont tendance à envisager de réduire le financement de la créativité, juste au moment où les arts sont le plus nécessaires pour nourrir nos âmes. Il semble approprié que la chanson et l'album éponyme aient été créés pendant le lockdown de la COVID’.

Il s'agit du disque le plus explicitement politique du groupe et du couronnement de son désir d'être à la fois Stockhausen et Abba.

 

The Mountain Goats

L’évasion motorisée de The Mountain Goats…

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Le nouvel elpee de The Mountain Goats, « Jenny from Thebes », sortira ce 27 octobre 2023. Pour la circonstance, le groupe a décidé de s’appuyer sur des influences telles que Godspell, Jim Steinman et The Cars. « Jenny from Thebes » est une comédie musicale à grand spectacle, un mélodrame aux personnages richement détaillés et aux émotions profondes.

À propos de « Clean Slate », extrait de cet opus, John Darnielle a déclaré : ‘Nous sommes fiers de révéler la première chanson de notre nouvel album. Les gens aiment prendre des risques en utilisant le terme ‘conceptuel’, mais soyons clairs : il s'agit d'un opéra rock consacré à une femme nommée Jenny, qui achète une Kawasaki pour s'éloigner le plus possible d'une ville qu'elle porte sur ses épaules depuis trop longtemps…’

« Jenny from Thebes » a été produit par Trina Shoemaker, et a reçu le concours d'Alicia Bognanno (Bully), alors que les arrangements de cuivres et de cordes ont été assurés par Matt Douglas et les chœurs par Kathy Valentine des Go-Go's ainsi que Matt Nathanson.

Les ‘lyrics’ vidéos de « Clesn stale » et de « Fresh Tattoo » sont disponibles ici et

 

 

 

U.D.O.

U.D.O. s’intéresse au football américain…

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Udo Dirkschneider est l'une des incarnations du heavy metal à travers le monde. Il possède une voix unique dans cet univers et façonne des hymnes rock légendaires depuis les années 80. Actif depuis 5 décennies sur scène, Dirkschneider est une véritable icône de la scène métal.

Malgré sa longue histoire et les nombreux hauts et bas que comporte la vie rock’n’roll, Udo Dirkschneider continue d’écrire sa propre histoire et ne cesse de surprendre. Cette année ne fait pas exception.

Dans la deuxième moitié des années 80, le groupe de Heavy Metal allemand Accept s'oriente vers une musique plus mélodique, plus proche du Hard FM. En 1987, le chanteur Udo Dirkschneider décide de quitter la formation, estimant cette évolution incompatible avec son timbre de voix. Il fonde alors son propre groupe, U.D.O., dont il est l'unique membre permanent, et sort dans la foulée « Animal House », un album entièrement écrit par Accept en guise de cadeau de départ. Trois opus suivent de 1989 à 1991, avant que Dirkschneider ne mette fin à U.D.O. en 1992, au profit de la reformation de son précédent groupe. 1996 marque une nouvelle séparation d'Accept et le retour d'U.D.O., qui depuis continue inlassablement de tourner et de sortir des albums à intervalles réguliers. Le seizième opus, intitulé « Steelfactory », est paru fin août 2018. À noter également que le chanteur a participé en 2005 à une réunion d'Accept le temps de quelques concerts, mais a refusé de s'impliquer davantage. Toujours concernant Accept, Udo avait pour habitude d'en inclure plusieurs titres dans ses setlists, il décide de tourner définitivement cette page afin de consacrer ses concerts exclusivement à U.D.O. En cause, sa lassitude des comparaisons entre ses prestations et celles de la version actuelle d'Accept.

Le nouvel album du band U.D.O. « Touchdown » sortira le 25 août, et encore une fois le nom dit tout. Le ‘touchdown’ dans le football américain décrit un objectif important pour les joueurs et les équipes, il en va de même pour l'album de Udo Dirkschneider, colonne vertébrale de U.D.O.

Le nouvel elpee a été conçu et mixé sous la houlette du producteur Martin ‘Mattes’ Pfeiffer puis a été masterisé par Stefan Kaufmann. Y a collaboré, le violoniste Stefan Pintev sur le morceau éponyme. Le line-up du groupe est complété par l’ancien bassiste d’Accept Peter Baltes depuis le mois d’avril, qui a enregistré les pistes de basse sur ce disque. L’artwork est l’œuvre de Martin Häusler.

Sven Dirkschneider aurait déclaré que le premier single dévoilé, « Forever Free », est censé inciter les gens à ne pas se contenter de croire ce qu’ils entendent ou ce que leur montrent les médias, par exemple, mais à réfléchir individuellement.

« Touchdown » est paru ce 25/08/2023

La vidéo de « Touchdone » est disponible et celle de « Forever Free », ici

 

Citizens!

Citizen lâche les chiens…

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Citizen est de retour ! Son nouveau single, "If You're Lonely" est issu du son cinquième album, "Calling The Dogs", qui paraîtra ce 6 octobre 2023. La vidéo qui illustre "If You're Lonely" est capturée à travers un objectif nostalgique où l'on voit le groupe se produire dans son garage tandis que le chaos suburbain se déroule sous leurs yeux. Et il est disponible ici.

Grâce à des paroles introspectives et une mélodie sincère, le morceau plonge dans les expériences personnelles du chanteur Mat Kerekes, qui s'est inspiré d'une éducation difficile et de son propre voyage à la découverte de soi.

L’opus aborde les thèmes de l'autoréflexion, du développement personnel et de la résilience. Sur "Calling The Dogs", le groupe illustre sa passion pour l'écriture et le style tout en revenant à ce qu'il fait de mieux : du rock'n’roll à base de guitares.

Également issu de ce future elpee, "Hyper trophy" est disponible

 

 

The Vacant Lots

The Vacant Lots vu de l’intérieur…

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The Vacant Lots publiera son nouvel elpee, « Interiors », le 13 octobre 2023. En attendant, il nous propose son nouveau single, "Damaged Goods".   

‘"Damaged Goods", c'est l'intégration de sentiments internes contradictoires. Si vous dites que vous avez besoin d'une stratégie de sortie et qu'une vie suffit, vous entrez dans une toute autre dimension. Sur cet opus, j'ai voulu creuser plus profondément que je ne l'avais fait jusqu'à présent et faire ressortir la douleur’, explique Jared Artaud à propos du nouveau single : ‘Dans Damaged Goods, des lignes d'autres chansons de l'album sont référencées et contrastées. Nous l'avons beaucoup fait sur "Interiors". J'aime la façon dont toutes les chansons peuvent interagir les unes avec les autres, et cela donne à cette chanson et à l'album une autre couche d'intimité, de profondeur et de proximité…’

Enregistré au cours de nombreuses nuits blanches et matinées sous amphétamines dans les studios isolés du bunker du projet à Brooklyn, "Interiors" approfondit l'esthétique minimale et maximale du groupe, avec des clins d'œil au punk des années 70/80 et à la musique des boîtes de nuit comme celle de Depeche Mode et New Order. Sur cet album, The Vacant Lots fait à nouveau équipe avec Maurizio Baggio (The Soft Moon, Boy Harsher) pour le mixage, qui avait également travaillé sur les deux derniers albums du groupe, 'Closure' (2022) et 'Interzone' (2020). 

Iggy Pop, soutien de longue date du groupe et parrain du punk, a peut-être parfaitement exprimé l'éthique de The Vacant Lots lorsqu'il a fait tourner le groupe dans son émission BBC 6 Music : ‘J'aime bien The Vacant Lots. Ils essaient un certain nombre de choses pour créer une ambiance musicale. Ils ne cherchent pas vraiment à faire de la pop, de la dance, du rock n roll ou quoi que ce soit d'autre. Ils se contentent de créer une ambiance agréable où qu'ils aillent’.

Réalisé, par Alexander Schipper, le clip de "Damaged Goods" est disponible

 

A. Savage

A. Savage souffle sur les braises…

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A. Savage, l’un des chanteurs/compositeurs de Parquet Courts, publiera son deuxième elpee solo, « Several Songs About Fire », ce 6 octobre 2023. Produit par John Parish à Bristol, « Several Songs About Fire » a reçu le concours de Jack Cooper (Modern Nature, Ultimate Painting) et Cate Le Bon, ainsi que par les membres de Kamikaze Palm Tree & caroline. Le résultat final s'apparente à une odyssée psychique, et tout particulièrement le premier single, « Elvis in the Army » qui nous plonge dans une salle souterraine où la cymbale livide fait monter la pression sanguine. Le clip qui est consacré à cette chanson a été tourné à Paris et réalisé par Emile Moutaud. Et il est disponible

À propos du titre, Savage ajoute : ‘Nous nous décrivons souvent en termes géographiques. Américain, New-Yorkais - deux termes que j'ai utilisés pour m'identifier et qui ont à voir avec le fait d'être originaire ou d'un certain endroit. « Elvis in the Army » est donc un peu un inventaire de ces étiquettes. Elles ont moins à voir avec la géographie que nous ne le pensons. En réalité, nous parlons simplement de nous-mêmes, puis nous encadrons certaines caractéristiques géographiquement. Quel que soit l'endroit où je vis, j'aurai une psyché américaine jusqu'à ma mort, pour le meilleur et pour le pire. J'appartiendrai toujours à l'Amérique. Et je ne peux pas imaginer une époque où New York ne se sentira pas comme chez elle. Mais malgré cela, je préfère ne pas être associé à un lieu, du moins pour l'instant…’

Produit par Parish sur un 16 pistes, l'album a été en partie sculpté dans le silence bucolique et nocturne de l'Angleterre rurale, où Savage et Cooper ont travaillé jusque tard dans la nuit, en essayant de ne pas réveiller la fille endormie de Cooper. L'intimité de ces morceaux est réfractée par la présence de certains des amis les plus proches de Savage - dont Cate Le Bon - qui ont écouté Savage travailler sur ce qui allait devenir l'album lors d'une tournée américaine en 2022. Avec des contributions supplémentaires du saxophoniste Euan Hinshelwood (issu du groupe de Cate Le Bon), du batteur Dylan Hadley (Kamikaze Palm Tree, White Fence) et de la violoniste Magdalena McLean (caroline), Several Songs about Fire est une étude dévotionnelle de la tradition - et quelque chose qui est tout à fait propre à Savage.  

En concert le 16 février 2024 au Botanique de Bruxelles

Photo : Vince McClelland

Squirrel Flower

Les feux de Squirrel Flower…

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Squirrel Flower, c’est le projet d’Ella Williams, une chanteuse/songwritrice établie à Chicago. Elle publiera son nouvel opus, « Tomorrow's Fire », le 13 octobre 2023.

« Tomorrow's Fire » est une tempête qui éclate, un disque de rock, fait pour être joué fort, tout en glissant, sans effort, sur les états d'âme, la légèreté et la lourdeur.

Les titres phares « Full Time Job » et « When a Plant is Dying » racontent le désespoir universel qui accompagne la vie d'une personne handicapée.

Lors des sessions, elle a reçu le concours de quelques musicos, dont Matt McCaughan (Bon Iver), Seth Kauffman (Angel Olsen band), Jake Lenderman (MJ Lenderman, Wednesday) et Dave Hartley (The War on Drugs).

‘Les chansons que j'écris ne sont pas toujours autobiographiques, mais elles sont toujours vraies’ explique Williams.

Les clips consacrés à « When A Plant Is Dying' here »

et « Full Time Job » sont disponibles ici et

En concert le 16 novembre 2023 au Botanique de Bruxelles

 

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