L’aurore de Lathe of Heaven…

Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires. En attendant, la…

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Coralie Clement

Bye Bye Beauté

La sœur de Benjamin Biolay sort son deuxième disque, et c’est très chouette. ‘Je n’ai jamais rien fait de bien’, chante-t-elle pourtant sur « Indécise », le titre d’ouverture, d’un bal qui aurait pour reines Jane Birkin/Charlotte Gainsbourg, Shivaree, Stina Nordenstam et Françoise Hardy. Elle fait donc des choses bien, Coralie Clément, comme cette berceuse acoustique (« Gloria ») qui rappelle presque Karen Dalton et la muse folk Bunyan… Ou encore cet « Enfer » éthéré, de l’indie pop toute douce (Nada Surf n’est pas loin). Oui, Coralie Clément sait bien ‘se prendre en main’… Même si son petit génie variet’ de frère signe 10 des 12 titres (+ Dorval, et Daniel Lorca de… Nada Surf). Peu importe : Coralie Clément se ‘fout des qu’en dira-t-on’, et préfère s’amuser à chanter sur de la bonne pop-rock, pleine de guitares claires, de cuivres et de Rhodes rieurs. De belle composition, cet album réussit son pari, simplement : suggérer un moment de légèreté, vanner la vanité. Et comme on dit : ‘Fan de(s) Biolay un jour, fan de(s) Biolay toujours’.

Club Diana

Grill

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Allez, sans trop y croire mais en se raccrochant au calendrier et à une bonne dose d’optimisme béat on peut dire que, peu à peu, le faux hiver 2004/2005 touche à sa fin. Les barbecues et autres T-shirt vont enfin pouvoir sortir des placards dans lesquels ils étaient séquestrés depuis de trop longs mois ! Dès lors que vous serez au milieu de votre jardin, une bière aux lèvres et une petite fourchette (destinée à percer les merguez afin qu’elles n’explosent pas au contact de la chaleur) entre les doigts, il sera alors temps de mettre le cinquième album des Bataves de Club Diana, intitulé… « Grill » sur le feu. Mais attention, ne nous méprenons pas… Il n’est pas question d’affirmer ici que cet opus mérite d’être immolé au milieu des chipolatas, petits os et brochettes en tous genres que vous aurez pris la peine de disposer soigneusement au-dessus des braises. Bien au contraire, jamais une plaque n’aura probablement aussi bien porté son nom, tant « Grill » s’avère être l’album indiqué pour sortir de la morosité hivernale en organisant une bonne Garden Party entre potes, à laquelle vous vous rendrez au volant de votre petite bagnole, toutes fenêtres ouvertes et cheveux dans le vent. Musicalement assez proches de leurs compatriotes de John Wayne Shot Me, Club Diana propose donc une ‘indie pop bricolée’ efficace (surtout dans la première partie de l’album) et mélodique, n’hésitant pas à reluquer du côté de Weezer pour les morceaux les plus péchus. Ainsi, des compos comme « FFM » ou « Trip What a Trip » (quel refrain, mon dieu, quel refrain !) n’auront besoin que de quelques secondes pour vous donner envie d’envoyer valser la salade aux lardons en l’air tout en tapotant gentiment les fesses de votre copine (ou de votre copain, c’est selon). « Love to Club », quant à lui, ne manquera pas de vous évoquer bizarrement le REM de « It’s the end of the world as we kow it » tant la voix du chanteur peut, à certains moments, prendre certaines intonations proches de celles de Michael Stipe. Si la deuxième partie de l’album se révèle un peu moins convaincante (malgré de bons morceaux comme l’apaisé « Greenery » ou encore le catchy « Cuckoo Alert ») et vous laissera donc le temps de manger quand même un peu, il n’en reste pas moins que « Grill » est vraiment un chouette album de pop indépendante foutraque comme on les aime. Buy it !

Coldplay

X&Y

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Vous avez certainement déjà remarqué que nous ne sommes pas tendres avec les grosses pointures. Normal, parce que d’une part, nous prenons du recul par rapport aux fans, en essayant d’effectuer la critique la plus objective possible. D’autre part, nous estimons qu’il appartient aux stars de démontrer qu’elles méritent de conserver leur statut. Ce n’est pas parce qu’un artiste vend des millions d’albums à travers le monde qu’il doit lui suffire de paraître pour convaincre. Il faut aussi le mériter. En outre, lorsque cet artiste dispose de moyens financiers et matériels, remettre une copie bâclée est une injure au public. A l’instar de Radiohead, Coldplay se remet constamment en question. Et c’est sans doute là le secret de leur pérennité. On avait dit de Coldplay qu’ils étaient trop lymphatiques sur les planches. Ils sont devenus une des formations les plus percutantes et impressionnantes en ‘live’. Et tout particulièrement dans les stades. On les avait taxé de copie conforme de Radiohead. Ou même de nouveaux U2. Sept ans et 3 albums plus tard, de semblables comparaisons trahissent une totale méconnaissance du groupe. Leur troisième opus a été accouché dans la douleur. Il a fallu 18 mois à la formation pour le concocter. 60 chansons avaient été écrites. Peu satisfaits du résultat, les musiciens ont fait table rase et recommencé à travailler. Et « X&Y » constitue le fruit de leur labeur. 13 morceaux (NDR : dont un caché) qui nonobstant des arrangements grandiloquents, s’avèrent émouvants dans leur simplicité. Pourtant les spectres de Bowie et de Brian Eno (« Low », qui est également le titre d’une des plages de l’opus) ainsi que de Simple Minds circa « Empire and dance » (NDR : c'est-à-dire du tout début des eighties) planent sur cet opus. Une brume d’orgue (NDR : un hammond B3 !) mystérieux, parfois même mystique, tapisse la plupart des compos de cette œuvre. L’ombre de Phil Spector rôle également ; mais à cause des arrangements somptueux de cordes. Ce qui permet à Chris Martin d’afficher sa face obscure, ténébreuse même ; ou encore de laisser éclater sa colère. Un elpee bien équilibré entre titres puissants, allègres, complexes ou fragiles, au sein duquel le piano et la voix gémissante, mélancolique de Chris se promènent au gré des fluctuations de la mélodie. Une œuvre balayée par les accès de guitare de Jim Buckland, dont les riffs tout à tour gémissants ou bringuebalants peuvent adresser l’un ou l’autre clin d’œil à House Of Love (l’hymnique « Fix you »), au défunt Big Country (les accords/cornemuse de « Talk ») voire aux Beatles (« Twisted logic » et son crescendo hypnotique réminiscent d’« I want you »). Et lorsqu’on ne parle pas de la section rythmique, c’est qu’elle est irréprochable ! Plus besoin de résoudre l’équation car franchement ce « X&Y » est une réussite.

Kid Congo Powers

Philosophy and Underwear

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The Gun Club, The Cramps, Nick Cave and The Bad Seeds. Des groupes séminaux qui gardèrent haute la flamme du rock’n’roll au cours des années 80. Kid Congo Powers est une sorte de légende vivante qui prêta son jeu de guitare félin à ces formations de fous furieux. Des ensembles qui avaient en commun un amour sans limite pour le blues et les premiers groupes de rock’n’roll américains. Responsable des parties vocales, Kid nous propose ce nouvel opus commis en compagnie des Pink Monkey Birds. Si l’homme tâte aussi de l’électro (« Why Hurt Flesh »), ce « Philosophy and Underwear » reste strictement fidèle à une atmosphère punk-rock’n’roll rappelant un peu le Jon Spencer Blues Explosion et les Cramps. Superbement produit et recelant quelques chouettes compos (« History of French Cuisine », « La Historia de Un Amour »), l’opus souffre quand même de la voix un peu limite de Congo. Notre homme n’est vraiment pas un bon chanteur et a un grand mal à poser son timbre de punk goguenard sur ses compos. Dommage.

The Constantines

Tournament of Hearts

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Vous campez dans le coin gauche Peter Gabriel et dans le coin droit Dead Man Ray. Vous leur demandez de faire un boeuf et vous obtiendrez un résultat qui ne devrait pas être très éloigné de ce que nous proposent les Constantines!!! La scène rock canadienne n’a toujours pas dit son dernier mot ; en effet, si Arcade Fire et les Dears ont tracé la voie, les Constantines n’ont pas hésité à s’y engouffrer. « Tournament of Hearts » constitue le troisième opus de ce groupe responsable d’un rock enthousiaste et rageur. Une musique soutenue par une voix incendiaire : celle du chanteur Bryan Webb. Une voix à la fois rauque et éraillée. Ce groupe agrège des sonorités ‘pop-rock’, ‘jazzy’ et ‘dub’ dans un style alternatif. Les mélodies sont fortes et captivantes. Les rythmes dynamiques et enchaînés. Un elpee vraiment ‘chouette’ et que je vous conseille vivement. (Morceaux choisis : “Draw us lines”, “Hotline operator” , “Love in fear”, “Soon enough”.)

John Convertino

Ragland

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Garçon possédant un solide c.v. (batteur chez Calexico, Giant Sand), John Convertino s’essaye lui aussi au périlleux exercice de l’album solo. Cependant, la musique produite tout au long de cette plaque évolue à des années-lumière de ce qu’il produit au sein des formations qui lui ont apporté une renommée internationale. Il s’agit ici d’un disque tout simple, enregistré sur un 8-pistes. Un vibraphone, une batterie et un piano sont les seuls instruments que vous entendrez sur « Ragland ». De la musique qui laisse la place au silence, des accords de piano solennels, une batterie jazz très théâtrale, quelques notes de vibraphone. Assez nonchalant dans le jeu (tout ça est joué un peu approximativement) et dans la prise de son, on a bien du mal à entrer dans « Ragland ». L’atmosphère morose, les mélodies un peu faibles qui évoquent les musiques de mélodrames muets ne jouent certainement pas en sa faveur. Pour fans acharnés uniquement.

The Coral

The invisible invasion

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En ce début de siècle, le rock s'est indubitablement remis sur la bonne voie. Pour sa part, The Coral participe activement à l'émulation ambiante. Aahh quel bonheur! Comme nous étions heureux, enchantés de découvrir leur album éponyme aux premiers jours de ce nouveau millénaire. La couleur Coralienne était annoncée: un condensé juvénile foutraque, branleur et diablement sexy. Une musique taillée dans le rock psychédélique, le folk et la Britpop. Mais quatre années plus tard, que sont devenus les six de Hoylake ? Les pensionnaires de la banlieue liverpuldienne se portent au mieux, merci pour eux! D'ailleurs, au rythme effréné d'un disque par an, personne ne sait vraiment où en seront ces petits gars (23 ans de moyenne d'âge) dans dix ans. Mais peu importe. Aujourd'hui, ils sont là et c'est déjà énorme. La voix de James Skelly s'élève: grave et puissante, mélancolique et assurée tel l'intonation d'un Jim Morrison planqué dans l'organe d'un matelot de la Merseyside. Dès l'intro perpétrée par "She shings the Mourning", l'auditeur constate l'insolente maturité vocale de Skelly. Et puis, il y a cette musique: melting-pot indiscutable mais difficilement dissociable. Quel rock ces garçons peuvent-ils bien traficoter? Du Johnny Cash en compagnie de The Specials, The Doors en compassion devant The Beatles: The Coral, c'est le monde à l'envers! Pourtant, "The invisble invasion" ne renferme pas encore ‘le’ tube en or massif. Tant pis… ou plutôt tant mieux. Car ce quatrième disque reste de loin le plus cohérent signé à ce jour par ces ‘musicologues’ précoces. Au final, rien ne manque au tableau esquissé par The Coral: de la bourrasque rock ("Arabian sand") à la promenade pop des anglais ("In the morning") en passant par l'élancée mystique ("Far from the Crowd"), ils n'ont strictement rien oublié. Alors jeunes gens, levez-vous et chantez au monde entier que, oui, nous vivons une époque formidable!

Cosmic-Casino

Be Kind & Be Cause

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Sympathique petit groupe de punk pop, Cosmic-Casino devrait plaire aux fans de Filter et du Placebo des débuts. Intitulé « Be Kind & Be Cause », le premier album de ce combo allemand recèle en effet quelques morceaux de qualité aux refrains rock and roll directement mémorisables. Les préférences de votre humble serviteur vont ainsi à « Repeat Love Pattern », le single énergique agrémenté de « Oh yeah !!! » du plus bel effet et à « Zoe, where is your mind ? », morceau nostalgique au refrain désabusé. Pour le reste, on ne crie pas au génie mais l’ensemble est de bonne tenue à défaut d’être vraiment exceptionnel. Et ce n’est pas la voix du chanteur, quelquefois proche de celle de Kelly Jones (leader des Stereophonics dont Cosmic-Casino a d’ailleurs déjà assuré la première partie), qui viendra gâcher ce constat globalement positif.

The Cranes

Particles & Waves

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Il y a dix ans, les Cranes publiaient « Forever » et « Loved ». Deux albums de pop cauchemardesque qui leur valurent un gros succès populaire et des critiques injustifiées qui les voyaient comme des pâles copies de Cure. Il faut bien dire que depuis on les avait un peu perdus de vue. Ils ont pourtant continué à tourner et à sortir des disques, restant fidèles à une ligne artistique qui les confine à ne toucher qu’un public aux goûts pointus. Ce septième album baigne au sein d’une atmosphère qui oscille entre le calme et la tempête, les morceaux les plus calmes se disloquant souvent sous les assauts de synthés inquiétants et dissonants (le désespéré « Here comes the snow », « Astronauts »). L’étrange voix d’Alison Shaw évoque toujours celles d’une petite fille, les programmations atmosphériques rappellent les ‘soundscapes’ chers à l’electronica et le frangin Jim Shaw fournit des parties guitares minimales mais bien senties. En outre, il chante sur le sympathique « Every Town ». Bref, rien n’a vraiment changé dans le monde des Cranes, qui ont gardé un talent certain pour les mélodies (les très beaux « Vanishing Point », « K56 », « Avenue A », « Light Song ») et un amour non calculé pour la new wave (la plage titre ‘curesque’). Une belle œuvre qui ne cède pas à la facilité, une qualité qui les empêchera malheureusement de toucher autre chose que leur solide base de fans.

Billy Crawford

Big City Tour

Billy Crawford, c’est l’idole de ma nièce. Elle vient d’entrer en cinquième primaire. A la Star Ac’, elle aimerait bien que les deux jumelles soient éliminées. Normal : elles sont gourdes. Des jumelles ?! Oui. L’année prochaine, on espère y voir un trisomique ou un Grégory n°2, mais cette fois en vraie phase terminale. Ca fera sans doute pas mal d’audience, de le voir agoniser en ‘direc’ live’. Il chantera avec Billy, en faisant le singe pour se choper un 20/20. Il aura sans doute un beau costume Dolce & Gabbana. Blanc, pour faire ressortir la blancheur de sa peau, fade comme un prépuce cireux. Ma nièce ne sait pas ce qu’est un prépuce, et à son âge c’est préférable. Qu’elle écoute donc Billy : je lui offre mon disque. Au moins ça fera quelqu’un d’heureux. A part ça, est-ce que ce petit blaireau se tape toujours Lorie ?

Beasts of Bourbon

Low life

Écrit par
Beasts of Bourbon (jeu de mot autour d’un titre des Rolling Stones) n’était qu’un projet parallèle pour ses différents membres avant de devenir un des groupes phares de la scène pub rock australienne. Composé d’anciens Hoodoo Guru, Scientists et Johnnys, il aura fallu attendre l’implosion de ces groupes pour que l’affaire se mette à tourner à plein régime. Quelques albums et changements de personnel plus tard, les voici qu’ils se fendent d’un live tout en grincements et larsens, sauvage et carré. Salissant le « Cocksucker Blues » des Stones (qu’ils doivent décidément chérir) ou le « Ride On » d’AC/DC première époque, les bêtes sont lâchées et bavent de rage. Mais, problème de taille, mis à part sur ces quelques reprises, la sauce ne prend pas vraiment et le set, plutôt bien interprété pourtant, manque de chansons digne de ce nom. En concluant sur l’admirable « Let’s Get Funky » de Hound Dog Taylor, les Aussies nous prouvent encore que, s’ils ont bon goût (le Bourbon quand même), l’ivresse manque encore. C’est à ça que sert l’alcool, non ?

Devendra Banhart

Cripple crow

Écrit par
Le quatrième album de Devendra Banhart propose la bagatelle de 22 titres en près de 75 minutes. Un disque pour lequel il n’a plus fait appel à Michael Gira à la production, mais à Noah Georgeson (Joanna Newsom) et surtout Thom Monahan (Pernice Brothers). Une oeuvre pour laquelle il a également reçu le concours de son groupe de tournée, les Hairy Fairy, mais également d’Andy Cabic (Vetiver), un pote du lycée. Lorsqu’on observe la pochette, on ne peut s’empêcher de penser à « Sergent Pepper’s Lonely Hearts Club Band » des Beatles. Un véritable clin d’œil qu’il traduit d’ailleurs à travers quelques chansons rendant hommage aux Fab Four. Et je pense tout particulièrement à l’hymne ‘lennonesque’ et antimilitariste « Heard somebody say », à l’exotique (George Harrison ?) « Lazy butterfly », impliquant tabla, sitar et tout le saint tremblement. Et bien sûr à la compo « The Beatles », nonobstant la seconde partie de la plage chantée dans la langue de Cervantès. Une langue qu’il utilise d’ailleurs sur plusieurs morceaux de cet opus, rappelant que l’intéressé a vécu une bonne partie de sa jeunesse au Venezuela. Et qu’il admire toujours autant Caetano Veloso auquel il emprunte, pour la circonstance, quelques accents bossa nova. En outre, il se réserve une cover de la « Luna de Margarita » de Simon Diaz. L’enfance est une période de sa vie qu’il voudrait éternelle. Ce qui explique sans doute la présence d’une chanson comme « I feel just like a child » (NDR : rien à voir avec le « Sometimes I feel like a motherless child », un standard gospel revisité par Richie Havens lors d’un célèbre festival en 1969. Quoique.) qu’il interprète sur un ton hypnotique, réminiscent de Lou Reed. Près d’un tiers des morceaux de cet elpee trahissent cet état d’esprit. Même le titre maître est une expression lyrique. Musicalement, Devendra pratique une sorte de folk très subtilement teinté de psychédélisme. Un peu dans l’esprit de Lovin’ Spoonful, mais en moins blues et davantage sous influence (…) Mais ce qui fait le charme de sa musique, c’est sa voix. Légèrement chevrotante, elle campe une sorte d’hybride entre Jeff Buckley et Cat Stevens. Et son sens mélodique particulièrement contagieux. Le plus amusant dans cette histoire, c’est que notre gaillard et ses acolytes semblent bien décidés à vouloir faire revivre la flower power. Cheveux longs, barbes, tuniques indiennes, vie en communauté, etc. (NDR : qui a dit amour libre ?). Un sujet qui mériterait un autre débat. Encore faudrait-il que le Devendra en question veuille bien s’expliquer (NDR : à moins qu’il n’ait rien à dire). Précisant, par exemple, la raison pour laquelle il a enregistré ce « Cripple Crow » aux studios Bearsville de Woodstock. Ou encore. J’entends déjà des babas cool entonner le ‘rain chant’.

Al Basile

Blue ink

Écrit par
Al Basile est né en 1948, dans le Massachusetts. Mais aujourd’hui, il vit à Providence, dans le Rhode Island. Partagé entre le jazz et le blues depuis la fin des années 60, il chante et joue du cornet. Ami de Duke Robillard et de Scott Hamilton, il deviendra le premier trompettiste de Roomful of Blues. Entre 73 et 75. Depuis, il a régulièrement côtoyé Duke, joué en sa compagnie et bénéficié de son concours à la production pour l’enregistrement des elpees "Down on Providence Plantation" en 1998, "Shaking the soul tree" en 2001, "Red breath" en 2003 et ce nouvel opus, "Blues ink". Dont le titre (NDR : l'encre bleue) est lourd de signification, lorsqu’on sait qu'Al en en a écrit toutes les plages! Pour concocter cette nouvelle plaque, il a reçu le concours de musiciens chers à Duke : Marty Ballou à la basse, Mark Teixeira à la batterie, Matt McCabe au piano (NDR : il a longtemps sévi au sein du Roomful of Blues) et Jerry Portnoy, un ancien membre du Muddy Waters Band, à l’harmonica.
 
Al déclare en toute sincérité "I got to love and be loved". Un Chicago blues assez classique. Il possède une bonne voix, assurée, finalement fort proche de celle de Duke Robillard. La première intervention de Jerry Portnoy est divine. "The catch-up" est du blues à ras de terre, simple et inspiré comme je l’apprécie. Duke se montre à la hauteur. Très T-Bone, le piano de McCabe assure l'accompagnement. "Just a heartache" nous entraîne vers le blues des bayous louisianais, mais en respectant une certaine rigueur dans le tempo. L’excellent "Stop knockin" évolue sur des rythmes chers aux îles, et en particulier le mambo syncopé. Matt McCabe se sent inspiré par cet exotisme, avant de céder le relais à Mr Basile qui concède son unique solo sur le cornet à pistons. L'ambiance devient relax, très calme, apaisante même, tout au long de "Hooray for me". Marty injecte un soupçon de jazz à la basse acoustique. Une compo qu’Al chante sereinement, soutenu par l'harmonica de Jerry et le piano. Quoique évoluant à un haut niveau, tous ces musiciens s'entendent parfaitement. Et lorsque le tempo s’élève sur "Full time job ", Duke en profite pour se réserver un solo finement ciselé. Retour aux Caraïbes pour "Annie get your thing on". La section rythmique réalise un superbe boulot. Une belle occasion pour Portnoy de crever l'écran. Blues lent, "Hurt me" évolue paresseusement sur un axe Baton Rouge Chicago. Une opportunité unique pour permettre à Jerry et Matt de dispenser des soli de haute facture ! "Lonesome sun" nous conduit à la Nouvelle Orleans. Mark imprime des rythmes syncopés sur lesquels le piano de McCabe frétille de bonheur. Al chante avec passion et un calme prodigieux le blues lent "School in hell". Jerry susurre de courtes phrases mélodiques sur son instrument. Remarquable ! Il ne reste plus à Duke qu’à ajouter son savoir-faire. Et l’espace de quelques notes à peine, il se montre étincelant. Le même Duke injecte de la réverbération pour créer une atmosphère lugubre, proche du voodoo, sur "Sugar shock". Blues acoustique, Fifth never " est un tout simplement savoureux. D’excellente facture, cet opus s’achève par "Say your prayers". Piano, guitare et harmo sont à l'unisson tout au long de ce slow blues proche du Chicago southside cher à Muddy Waters.

The Bassholes

Bassholes

Écrit par
Hé les gars, The White Stripes n’est pas le seul duo guitares-batterie qui existe ! Pour preuve, les Bassholes sévissent depuis 1992, emmenés par le chant et le jeu de gratte blues-punk-garage du génial Don Howland, rythmés par les balais et baguettes du très ‘free’ Lamont ‘Bim’ Thomas. Issu de Columbus, dans l’Ohio, le duo doit autant aux vieux bluesmen (Blind Willie McTell, Skip James ou Lightnin’ Hopkins) qu’au rock 60’s et 70’s (Bob Dylan, The Who, The Ramones). Ce « Bassholes » n’est pas moins que le 7ème album du combo, riche également d’une collection de singles parus sur divers labels indépendants US. Proche cousin du Blues Explosion de Jon Spencer (écoutez le morceau d’ouverture « Broke Down Engine »), le Bassholes de Don Howard réjouit par son énergie directe (« Purple Noon »), son jeu simple, son inventivité rythmique, bref un rock proche des racines mais pas endormi sur ses vieux lauriers, à l’image de ce traditionnel revisité « John Barleycorn », à faire écouter à tout groupe garage débutant. Un pur moment de rock’n’roll !

Joe Bataan

Call my Name

Écrit par
Généralement spécialisé dans la réédition d’albums de soul, r&b, jazz et latin music, Vampisoul édite ici son ‘premier nouvel album’. Et pour un coup d’essai, on peut dire qu’il frappe fort… En effet, c’est à Joe Bataan, le king de la ‘latin soul’, qu’échoit l’honneur d’inaugurer le catalogue ‘nouveautés’ du formidable label madrilène. Pour son premier album commis depuis des lustres (le dernier datait d’il y a plus de 20 ans), on aurait pu craindre que l’interprète de « Rap-O, Clap-O », « Ordinary Guy » ou « I wish you love » ne prenne l’événement par-dessus la jambe et ne torpille ainsi les velléités novatrices de Vampisoul. Fort heureusement, c’est tout le contraire qui s’est produit et on peut affirmer, à l’écoute de « Call My Name », que le grand Joe s’est mouillé afin que l’affaire ne tombe pas à l’eau… Dès le premier morceau de l’album, le dantesque « Call My Name », véritable tuerie funky, le ton est donné. Ça claque sec… Batterie métronomique, basse chaloupée, claviers 60’s, percussions chargées de phéromones, l’ensemble sonne comme… un classique d’il y a 35 ans, la nostalgie d’une époque révolue en moins. Une chose est sûre, Bataan n’a rien perdu de sa verve et il entend le faire savoir. Soutenus par la voix de vieux pervers libidineux du New-yorkais (« Chick-a-Boom », « Cycles Of You », «Ernestine », etc.) les morceaux se suivent et ne se ressemblent pas ; seul point commun : une qualité égale. Et si une ou deux plages (« I’m the Fool », « Keep the Change ») peuvent sembler plus laborieuses, ce n’est que pour permettre à l’auditeur de souffler avant d’être à nouveau emporté dans l’œil du cyclone. Yeah Joe!

Matthew Bayot

Circling Buzzards

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Dans la plus pure tradition americana, le singer songwriter Matthew Bayot entrouvre le portique de son jardin secret. Entre une guitare et un banjo, l’auditeur apaisé découvre ce nouvel adepte du sitar, être sensible, âme artistique perdue entre l’Inde et les grandes étendues nord-américaines. « Circling Buzzards » présente de beaux atouts. C’est un disque artisanal fouillé, pétri d’influences passionnées, d’un amour profond pour les musiques. Car ici, il est bien question de musiques. Matthew Bayot se perd sur les strates continentales. Au terme de ses voyages mystiques, il revient armé d’un sitar, dont il joue avidement dans un style inspiré des performances du maître de Bénarès, le grand Ravi Shankar. A l’écoute d’un trip acide comme « Gin With Jodi », la référence devient inévitable. Les chansons de Bayot traversent des contrées connues, des villages où résident South San Gabriel, Sufjan Stevens, d’illustres lieux de pèlerinage où reposent Georges Harrison, Elliot Smith. La musique de Matthew Bayot est belle, elle laisse entrevoir une nouvelle hallucination hippie sur l’Inde, ses coutumes et ses croyances. Cette illusion repose sur dix chansons, gracieusement ficelées autour d’un sitar universel. L’instrument d’une seule nation. Under a Groove ?

Beastie Boys

Solid Gold Hits

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Les fêtes de fin d’année : son ambiance, ses sapins, ses boules, ses cadeaux de Noël et ses traditionnels ‘best of’. C’est la coutume : l’époque est marquée par la culture de la compilation… L’année dernière, les Beastie Boys signaient un grand retour par l’entremise de « To the 5 Boroughs », sixième album des pirates de la culture black. Cette livraison marquait le pas, ralentissait le flow du trio new-yorkais. Aujourd’hui, la mouture la plus punk et inventive que le hip-hop ait enfanté revient aux affaires par le biais de ce « Solid Gold Hits » saisonnier, à filer au Père Fouettard ou à fourrer dans la hotte du Père Noël. Aucun des tubes présents sur ce disque n’est à discuter. Et le dilettante y découvrira forcément quelque chose d’énorme, une bombe nucléaire de rap, de pop, de punk. Le clin d’œil dans le rétroviseur des Beastie est joli. Il ravira amateurs et connaisseurs. Mais l’intérêt de ce disque et son indéniable plus-value sont ailleurs. « Solid Gold Hits » ramasse 15 morceaux d’anthologie (“Sabotage”, “Brass Monkey”, « Fight For Your Right”, “Root Down”, “Body Movin’”, la liste est infaillible) et, à chaque fois, une interprétation vidéo vient apporter son soutien optique. Il ne faut plus aller chercher plus loin. La richesse de ce ‘best of’ est ici : 15 titres contre 15 clips, l’élan sonore contre la pulsion visuelle. Inutile de préciser le bonheur éprouvé en révisant les clips décalés des bad Boys de New York. Voilà donc l’occasion rêvée de passer les froides après-midi d’hiver devant sa téloche à mater ces vidéos bon marché. Pantalon baggy, Reebok Pump et perruques de rigueur.

The Beat Up

Black Rays Defence

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Produit par Kevin Shields (My Bloody Valentine, Primal Scream), le premier album de ces Anglais possède un beau son brut de décoffrage. Dix chansons up tempo exécutées en une petite demie heure. Basse/guitare/batterie, la formule éternelle déclinée ici est loin d’être indigne et possède même une belle énergie ; cependant on a bien du mal à distinguer un morceau de l’autre. Bien malin celui qui réussira à fredonner un des refrains hurlés du disque, tant ils semblent laisser autant de traces qu’une légère averse sur un pré immaculé. Comme dirait Shakespeare, « Much ado about nothing ». Une formule qui correspond parfaitement à cette plaque.

Beck

Guero

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Même les rock stars vieillissent, Beck Hansen a désormais 35 ans, est marié, papa, et se serait même, dit-on, converti à l’église de la scientologie. Devant la banalité toute américaine de ce merveilleux parcours, dire qu’on était très curieux d’écouter son nouvel album serait trahir la vérité, d’autant que lors du précédent « Sea Change » (en 2002, produit par Nigel Godrich, le producteur de Radiohead), Beck avait déçu. Un peu chiant et en tout cas bien trop sérieux comme disque... Le public l’avait donc plutôt logiquement boudé. De ce côté-là, bonne nouvelle: « Guero », son 8e opus, marque un retour à l’esprit fantaisiste et déconnant qui avait fait la réussite d’Odelay en 1996. Normal, Beck a été rechercher les Dust Brothers, le duo (John King et Michael Simpson) qui avait présidé à son meilleur album. Près de dix ans plus tard, les trois compères ont bien travaillé. Ils ont concocté un disque (trop?) varié où, le dandy, avec dilettantisme, remet les pendules à l’heure. Oui, Beck, qu’il parte d’un fond de sauce blues, funk, rock, techno, salsa ou bossa, parvient toujours à se montrer un chef intéressant. Et si, aujourd’hui, on lui retire quelques étoiles dans le guide, c’est pour une simple raison : s’il reste intéressant, il n’arrive plus à être aussi passionnant. Les compositions ne manquent pas de punch, mais de consistance. Et les paroles n’atteignent plus jamais l’universalité générationnelle de « Loser »... Mais il est sans doute vrai qu’on n’y arrive qu’une seule fois dans sa vie. « Guero » (le mot espagnol pour « Garçon blanc ») a donc des qualités et, à la première écoute, il fait illusion (ça se gâte un peu par la suite). Le riff funk de « Go it alone » (signé par Jack White des White Stripes) est donc imparable, l’atmosphère techno d’« E-Pro » devrait valoir un tube, et les promenades bossa (« Missing ») sont bien agréables. Qui plus est, il réussit à éviter le piège du pastiche... Mais désolé, il semble révolu, le temps des années 90 où Beck menait la danse pour être le leader d’opinion de sa génération. Comme Dylan à une époque, Beck va devoir compter uniquement sur l’excellence de ses chansons pour durer. Avec « Guero », il ne s’en montre pas (encore) capable.

Sarah Bettens

Scream

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A la fin des années 80, Sarah Bettens et son frère, Geert lancent The Basement Plugs, projet familial inspiré des références fraternelles du duo. Sarah s'amuse bien mais décide de sortir un single en solo. Sous le nom de Sarah Beth, elle reprend "I'm So Lonesome I Could Cry", un classique de Hank Williams, pour la bande originale d'un court métrage (ce n'est donc pas sa première échappée solitaire…). A partir de cet instant, les évènements vont prendre une autre tournure : Sarah retrouve son frangin et les deux garnements fondent The Choice. Ils signent "The Great Subconcious" en 1994 et partent en tournée à travers la Belgique et les Etats-Unis (!) où la petite famille rencontre un vilain groupe ricain baptisé The Choice qui les menace d'un procès pour usurpation d'identité (!). "Alors, que fait-on ? On splitte ? On rentre à la maison ? Euh… Et si on changeait de nom?". C'est ainsi que The Choice (made in Belgium) s'est mué en K's Choice et que The Choice (made in USA) a conservé son patronyme… et cessé toute activité! Pour le reste, pas besoin de vous refaire un historique du groupe de la famille ‘Rothschild’ Bettens et de ses ‘Tops-Of-The-Pop-Hits-singles’ (« Mr Freeze », « Not An Addict », « Believe », « Almost Happy »…).Pourtant, fin 2000, l'aventure K's Choice part vraiment en cacahouète : le dernier album est une daube mortelle, Sarah connaît des problèmes de couple (à l'époque, elle ne sait pas encore qu'elle est lesbienne) et le frangin s'offre du bon temps en solo. C'est l'époque des albums "Live" et "Best-of" qui viennent sonner le glas de la formation anversoise (R.I.P. K's Choice 1993-2003). Quelques heures après l'enterrement de son groupe, Sarah s'envole pour le pays de l'Oncle Sam pour rejoindre sa dulcinée (elle a enfin découvert son penchant homosexuel…). Aujourd'hui, "Scream" (1?), premier véritable album solo de la demoiselle, débarque dans nos bacs nationaux. L'entrée en matière impulsée par Sarah Bettens respire l'amour retrouvé. C'est le retour des guitares tranchantes des premiers K's Choice, coulées dans un moule de Veruca Salt. "Come Over Here" démarre comme une réminiscence de Bob Marley avant de retrouver le timbre rugueux de Sarah. C'est plaisant mais usant sur la longueur. La fin du disque retombe et laisse entrevoir les fantômes de "Busy" ou de "Tired", morceaux fades de la fin de carrière de K's Choice. Mais sur l'ensemble, disons que pour un coming-out, ce n’est déjà pas si mal…

Between The Buried And Me

Alaska

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A ne pas confondre avec le groupe FM de Bernie Marsden, « Alaska » n’est pas une reformation de la légende des années 80. Le livret est trompeur, et les polices de caractère utilisées mettent en évidence le titre de l’album, plutôt que le nom du groupe aux multiples influences. Between The Buried And Me officie dans un registre des plus contemporains. Aux confins du power metal, du hard core et du néo métal, le combo évoque The Dillinger Escape Plan, sans avoir l’avant-gardisme et le côté débridé de ces derniers. Onze fragments bien trempés, mais sans une once d’originalité…A suivre néanmoins.