Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

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La fresque de Vincent Delerm

Six ans après « Panorama », le chanteur cinéaste au cœur battant Vincent Delerm élargit encore son travelling sentimental en gravant « La Fresque ». Un huitième album dont la chanson-titre parlée, sur un arrangement tout en palpitations électroniques et…

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Durango

Loi du miel

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Fin 2003, le chanteur/guitariste/harmoniciste Fred Verhaegen (NDR : un ex membre de Mambo Chillum) rencontre le bassiste Frits Standaerts. Ils décident de composer ensemble. Puis recrutent deux musiciens pour enregistrer une premier elpee : "Shipwreck Party". Le duo prend ensuite la route en compagnie du guitariste Simon Pleysier à la guitare et du percussionniste particulièrement doué Rohal De Ridder (NDR : ex-El Fish). Cette équipe est donc retournée en studio pour concocter ce nouvel opus : "La loi du miel".
 
Une plaque qui s’ouvre par le titre maître. Un disque partagé entre compos chantées dans la langue de Voltaire (NDR : vous vous en doutez !) et titres interprétés dans la langue de Shakespeare. Une œuvre caractérisée par ses chœurs masculins et une instrumentation acoustique drivée par l'harmonica au son très aigu et naturel. "Fatherless child" démarre au cœur du Delta. Le climat y est inquiétant. Le thème est grave. La voix excellente. L'accompagnement monte progressivement en puissance ; et en particulier la guitare et les percussions. Un violon tisse des arabesques tantôt hispaniques, tantôt mauresques. Et en faisant preuve d’un peu d’imagination on pourrait rêver à une promenade sur le dos d’un chameau pour traverser le Sahara. A moins que ce ne soit au cœur du Colorado, du côté de Durango. Le rythme passe immédiatement au reggae pour "Lonely". Cette plage évolue au fil du temps vers l'aventure. A cause de la conjugaison des voix et de l'harmonica pleurnichard ; mais surtout de la guitare déjantée. Rapidement rejoint par un chant calme et paisible, l'harmonica devient rural et champêtre pour "Oh Lord". Avant que la chanson n’adopte un ton gospel lorsque de nouvelles voix viennent rejoindre celle de Fred. La basse de Frits emprunte un profil moribond pour annoncer une mélodie d'une tristesse absolue : "What's a man". Un fragment très bien interprété. La voix est expressive et sensuelle, au bord du désespoir. Elle vit au cœur de cette atmosphère tellement ténébreuse et inquiétante, qu’assombrit encore un harmonica au phrasé lugubre. Les vibrations reviennent pour hanter "Lost in the dirt". Le beat palpite. Une slide bien aiguisée souligne les parties vocales tandis que Rohal prend soin du tempo. L’association de la slide et des peaux relayée par la guitare acoustique très percussive nous entraîne à la découverte de grandes étendues désertiques. "Coalminer's blues" cultive cette sensation de l'étrange. Les changements de rythmes entretiennent cette perception. La voix ravagée s'évade dans de nouvelles tonalités. Fred est un très honnête harmoniciste. Il insiste surtout sur les aspects les plus hypnotiques de ses interventions. Nous ne sommes jamais loin de la torpeur des swamps. Sur "Summertime in the city", Fred manifeste sa joie de voyager sous la chaleur d'un soleil de plomb. Une compo dont la mélodie délicate et allègre traduit un sentiment de bonne humeur. "Jamaican rhum" marque un retour au reggae. Des images de plages dorées, de palmiers, de jolies filles vous enivrent … Voix, guitare et harmonica se partagent "Marianne", une ballade charmante et frivole qui baigne au sein d’un climat champêtre. L'album s’achève par une courte plage intitulée "Je m'en vais" (NDR : au revoir !). Nonobstant le chant empreint d’une grande sensibilité, ce fragment ne respire pas la joie… quoique ce ton narquois cache sans doute des malentendus. Album original, « Loi du miel » est le fruit du travail de musiciens qui aiment mêler diverses approches à leur propre univers. Il faut le souligner. Durango sera à l'affiche du Live Music Festival de Harelbeke, le 25 juin prochain.

Baxter Dury

Floor Show

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Dans le domaine de la musique, il n’est pas facile d’être le fils de Ian Dury. C’est aussi délicat que d’assumer la progéniture d’Eddy Merckx, aussi périlleux que de gagner cinq ‘Tours de France’ et cinq ‘Tours d’Italie’. La descendance de Ian Dury s’incarne sous la bouille de son biquet : Baxter Dury. Pour les mélomanes, le jeune homme ne chatouillera jamais la cheville de son maître de père. Comment pourrait-il écrire un hymne incantatoire du calibre de « Sex and Drugs and Rock and Roll » ? L’étiquette ‘fils de…’ collée sur le faciès, Baxter Dury s’était déjà défendu de toutes comparaisons en 2002 par l’entremise du singulier « Len Parrot’s Gift ». Aujourd’hui, l’artiste délivre un second effort : « Floor Show ». Soit neuf titres submergés de brouillard et de défonce : une nébuleuse effronterie. Baxter Dury ne doit souffrir d’aucune comparaison : il se tient fièrement dans son siècle. Songwriter mélancolique, improbable héritier de la morgue de Lou Reed, Baxter tourne le dos à ses détracteurs. L’écoute anesthésiante de « Cocaine Man » replonge irrémédiablement l’auditeur dans le coma d’ « I'm Waiting For The Man ». Le single « Lisa Said » sort de la masse narcotique et attend sagement son heure radiophonique. Et puis, il y a « Young Gods », chanson autobiographique, ‘overdosée’ de regrets et de souhaits, pétrie de légères notes de piano qui s’enfoncent doucement dans l’air comme la seringue dans la chair. « Francesca’s Party » ouvre le disque. Elle aurait tout aussi bien pu le clôturer. Terminer par une fête, c’est toujours agréable. Mais Baxter préfère la face sordide de l’existence. Il psalmodie « Dirty Water », fin plus sale, incisive et diaboliquement jouissive. Baxter Dury a choisi la perversion, la déchéance et la déliquescence comme thèmes de prédilection. C’est le « Floor Show » : l’enfer y est paradisiaque. Bienvenus à tous.

Johnny Dyer with Mark Hummel

Rolling Fork revisited

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A l’instar de Muddy Waters, Johnny Dyer est né à Rolling Fork, dans le Mississippi. Sa jeunesse est bercée par le son des juke-boxes qui diffusent la musique de Waters, Howlin' Wolf, Sonny Boy Williamson, Little Walter, etc. En 1958, il se fixe définitivement en Californie. A Los Angeles, très exactement. Il y retrouve d'autres bluesmen; et notamment George Smith, Shakey Jake Harris, Pee Wee Crayton et T-Bone Walker. Début des années 90, il enregistre deux albums pour Black Top : "Listen up" et "Shake it", deux elpees pour lesquels il reçoit le concours de Rick Holmstrom à la guitare.
 
« Rolling Fork revisited » rend hommage à la musique de Muddy Waters ; un projet monté par l'harmoniciste Mark Hummel ainsi que Dyer. Hummel a ramené son band : les Blues Survivors. Soit Charles Wheal à la guitare, Steve Wolf à la basse et Marty Dodson à la batterie. Et puis quelques invités, parmi lesquels on remarque la présence de deux anciens membres de la bande à Waters : Paul Oscher et Francis Clay.
 
Il ne faut guère plus de cinq secondes pour se rendre à l'évidence : nous sommes entrés dans le monde musical de Muddy Waters. Entre les quelques notes distillées par la guitare acoustique de Paul Oscher et les phrases attendues que laisse échapper l'harmonica de Mark Hummel, la voix authentique et chaude de Johnny s’immisce dans le débat sonore. Une voix tellement proche de Waters qu’il faut se pincer pour ne pas y croire. Saisissant ! Le tempo s'élève. Bob Welsh s’agite au piano. En filigrane, on distingue nettement la guitare de Rusty Zinn égrener ses notes dans son style West Coast bien personnel. Johnny peut chanter l'esprit tranquille ce "Young fashioned ways". Son backing group est à la hauteur. Mark n’a rien perdu de sa superbe. Le gamin est tellement doué qu’il illumine tout l’opus de son talent. Dans un registre très proche de Little Walter, bien entendu. Et l’interprétation du remuant "Can't get no grinding" de Memphis Minnie en est la plus belle illustration. Dyer se montre terriblement convaincant sur les tempos plus lents, dépouillés à l'extrême. A l’instar de "Country boy", une plage aux accents dramatiques. Paul Oscher s’y réserve la slide. Dans un style proche du maître. Pour la circonstance, il se permet de doubler à l'harmonica, qu’il a pris soin de poser sur un rack. Francis Clay caresse ses balais comme à l’époque où il militait chez le Muddy Waters Band (NDR : il y a sévi 12 ans, à partir de 1957). Cette même magie teintée d’émotion envahit "Layaway plan". Soutenu par la slide perçante de Paul et l'harmo, Dyer chante comme s’il était possédé par la personnalité du mythique bluesman. Cet hommage au maître est très réussi. Parmi les autres plages, j’épinglerai encore un "Don't go no further", exécuté à la manière d'un shuffle bien nerveux. La férocité de Mark y est envoûtante. Tous les amateurs du Mississippi saxophone ne peuvent qu’applaudir sa performance réalisée tout au long de "Gone to Main street", une compo plus Little Walter que jamais, "Sugar sweet" ou encore "My dog can't bark". Bob Welsh et Rusty Zinn assurent les cordes sur "Don't know why" ; une compo au cours de laquelle Steve Wolf et Marty Dodson assurent une assise rythmique particulièrement solide, tout en manifestant un swing naturel. Zinn sort de sa réserve sur le bien notoire "Forty days and forty nights". Son solo est bien ficelé. Il monte lentement mais sûrement en puissance. Il assure également la rythmique sur le très saignant "Stuff you got to watch". Trempé dans la West Coast, "Clouds in my heart" épouse un slow blues princier, un fragment au cours duquel Marc semble hanté par l’esprit de George Smith. Excellent! Enfin, Johnny Dyer et Paul Oscher s'échangent quelques phrases d'harmonica lors de la dernière minute d’"Evan's shuffle", qui clôt cet elpee.

Daft Punk

Human After All

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Le troisième opus du duo de robots parisiens commence tout doucement à sentir les circuits brûlés. Les nouveaux morceaux proposés s’éloignent du format chanson exploité sur le précédent album et tentent de se rapprocher du funk électro minimal des débuts. Mais si la production reste toujours aussi inventive, on ne peut que froncer les sourcils à l’écoute de ces compos. On a quelque fois l’impression d’entendre les efforts d’un groupe de métal des années 80 s’essayant à l’électro (notamment « The Brainwasher » ou « Television Rules The Nation ») ou encore les chutes de studio des musiciens qui s’occupaient de la musique de la série télévisée « Hooker ». En plus, l’utilisation massive du vocoder et autres sons de synthé qui évoquent la voix humaine deviennent rapidement crispants. Tout n’est certes pas à jeter (l’excellent « Steam Machine ») et il y a quelques fois de très bonnes idées mais l’impression générale est celle d’un album bâclé réalisé entre deux prises de cocaïne au cours de fêtes qu’on imagine dignes des orgies de Led Zeppelin.

Damon & Naomi

The earth is blue

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Il y a déjà 13 ans que Galaxie 500 a splitté. Et que Damon et Naomi ont décidé de poursuivre l’aventure en duo. « The earth is blue » constitue leur sixième album. Un disque pour lequel ils ont notamment reçu le concours du guitariste de Ghost, Michio Kurihara (NDR : il leur renvoie en quelque sorte l’ascenseur…) Et sa contribution aux six cordes électriques conjuguée à celles, mais acoustiques, de Damon est un véritable régal pour les oreilles. Le trompettiste Greg Kelley ainsi que le saxophoniste Bhob Rainey ont également apporté leur pierre à l’édifice. Deux musiciens qui injectent une sensibilité plus jazzyfiante aux compos. Parfois aussi prog. Dans l’esprit de « Lizard » et de « Islands ». A l’instar du ténébreux « Malibran » ainsi que du titre maître qui achève l’opus. Un titre absolument superbe, austère, luxuriant, envoûtant, de près de sept minutes, transpercé par la guitare douloureuse, gémissante de Michio. Le reste de l’opus baigne au sein d’une brume atmosphérique, semi psychédélique, un peu comme un Cowboy Junkies en moins country. Et sans la voix narcotique de Margo Timmins, remplacée par le(s) timbre(s) diaphane(s) de Damon et/ou Naomi. Le disque recèle ainsi une reprise ralentie mais très belle et mélancolique du « While my guitar gently weeps » de George Harrison. Une mélancolie qui envahit la plupart des plages de l’opus, que tapisse épisodiquement un clavier fluide (« House of glass », « Araça Azul ») ou un piano sonore (« Sometimes »). Un bien bel album !

The Dandy Warhols

Odditorium or warlords of mars

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Si les prestations scéniques du groupe de Portland se sont rarement révélées transcendantes, il faut reconnaître que leurs disques ne déçoivent jamais. Et le cinquième, « Odditorium or warlords of mars », ne déroge pas à la bonne règle. Bien sûr, la perfection est rarement au rendez-vous. Par contre, le souci de se remettre en question est toujours très présent. Le nouvel opus souffre, par exemple, d’une tendance à allonger inutilement les morceaux. Un peu comme si le groupe voulait en remettre une couche. Et puis recèle l’un ou l’autre fragment, ma foi, fort dispensable. Mais sur la longueur ( ?!?!?) l’ensemble tient finalement très bien la route, épinglant quelques perles qui devraient plaire aux nostalgiques de « Thirteen tales from urban Bohemia ». Et je pense tout particulièrement à « Down like disco », sorte de version psychédélique du « Gloria » du Them. De « Holding me up », dont la mélodie imparable vagabonde sur une rythmique impitoyable. Ou encore de « Love is the new feel awful », nonobstant son final interminable qui s’égare dans le free jazz. Les arrangements de cuivres ont d’ailleurs une plage de choix tout au long de cet opus. Souvent dans l’esprit des Stones circa « Exile on main street ». Les deux dernières plages s’enfoncent même dans l’éther vaporeux, atmosphérique. Longue plage incantatoire, « A loan tonight » nous replongeant même dans l’univers hallucinatoire de My Bloody Valentine…

The Darkness

One Way ticket to Hell… And Back

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Les fidèles sujets de la Reine ont vendu plus de 3 millions d’exemplaires de « Permission to Land », un album hors du temps et autoproduit, il y a déjà deux ans. Alors que le son des combos métal en vogue se veut de plus en plus garage ou soigné, à l’image des groupes pop à la mode, The Darkness débarquait en affichant ses poses glamour, son look kitch, son chant à la Mercury, ses riffs de guitares empruntés à Def Leppard, AC/DC, Motley Crue ou Poison. Bref, le hard rock ‘classique’ (à paillettes diront certains) des eighties retrouvait ses lettres de noblesse par le biais d’un groupe qualifié de parodique pas de nombreux fans de métal. Un nouveau « Spinal Tap » ? Une insulte pour le leader excentrique Justin Hawkins qui affirme ‘Nous sommes le meilleur groupe que nous pouvons être, et nous jouons la musique que nous aimons, même si certaines influences sont évidentes. Mais nous les revendiquons !’
 
La nouvelle galette, un tantinet plus commerciale, est produite par Roy Thomas Barker (Foreigner, Ozzy Osbourne, T-Rex…et Queen). C’est évidemment pour son travail avec ‘Sa Majesté’ que la formation a jeté son dévolu sur le producteur aussi talentueux que réputé. Queen est sans nul doute l’inspiration essentielle de la bande aux frères Hawkins ; et cette nouvelle rondelle enfonce davantage le clou. L’irrésistible premier single «One Way ticket to Hell…And Back » sent AC/DC à plein nez ; et l’expression n’est pas choisie par hasard. Son texte évoque la cocaïne (l’aller/ le retour) et l’intro à la flûte de pan est suivie d’un véritable snif d’un rail de coke !! « Hazel Eyes » et sa cornemuse épousent parfaitement le décor de la plaque dont il est difficile de s’imaginer qu’elle ne renferme pas une solide dose de second degré, quoiqu’en pense le vocaliste des Darkness. Seul « Bald » ne s’inscrit pas dans le contexte global, titre sombre et pessimiste qui contraste avec le positivisme de l’opus. A l’instar de Motorhead, UFO et Def Leppard dans les années 80, The Darkness nous livre un album de courte durée (10 titres), comme si il avait été enregistré sur vinyle. Les kids, fans de la nouvelle sensation british, sont pour la plupart bien loin de se douter que leurs parents écoutaient exactement la même musique il y a un peu plus de vingt ans. Idéal pour se secouer la tête en buvant de la bière ! Un phénomène, incontestablement.

Sean Costello

Sean Costello

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Comment remettre la musique populaire américaine au goût du jour ? Rien de plus simple. Prenez Sean Costello, par exemple. Une guitare grinçante mais agile, un illustre patronyme (n’est-ce pas Elvis ?), un timbre vocal coincé entre l’afro-funk d’un James Brown sous Prozac et le blues guttural enfumé d’un Joe Cocker sautillant le long des rives du Mississipi et le tour est joué ! A 25 ans, le petit Sean signe un quatrième enregistrement abouti et pétillant.

Malheureusement, en ce qui concerne un éventuel succès populaire, le rendez-vous est pris pour le prochain album. L’auditeur à beau écouter, chercher encore et encore, retourner le disque sous toutes ses circonférences, il manque le hit, ce sursaut ‘tubesque’ nécessaire pour faire la différence. Pourtant, l’objet proposé par ce jeune pensionnaire d’Atlanta démontre d’un redoutable savoir-faire, d’une solide énergie et d’un ton incisif, calqué sur les grandes voix de la musique noire américaine. Combien de bluesmen Sean Costello ingurgite-t-il à l’heure du petit déjeuner ? Cette question demeure encore un mystère mais il y a fort à parier qu’il dépasse largement l’apport journalier recommandé !

 

Crazy Caribs

Dancehall Dub

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Le prolifique Mad Professor s’est mis en tête de faire une relecture ‘dub’ de quelques rythmes classiques du dancehall de ces dernières années. Pour la circonstance, il s’est associé aux producteurs Mafia & Fluxy et aux légendaires Sly & Robbie. Au final on obtient ce curieux objet musical qui débute par une reprise pour le moins étrange du « P.I.M.P. » de 50 Cent. Le reste est à l’avenant : des beats électro minimalistes, une ambiance futuriste et les effets dub ‘out of space’ habituels du Professeur Fou. Malgré son aridité sonore, cette plaque ne manque pas de charme et est sûrement une des choses les plus amusantes sorties par le Mad Professor depuis bien longtemps.

The Cream

Royal Albert Hall

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Flash-back : nous sommes à la fin des sixties! Enfin, plus exactement en 1966. La musique contemporaine est en pleine effervescence : elle célèbre la rencontre et la fusion des styles. Sans se soucier des règles. Certains musiciens se sentent à l’étroit au sein de leur propre groupe. Surtout les plus doués. Et décident de vivre de nouvelles aventures : c'est le mythe des supergroupes. The Cream en est certainement la tout première manifestation. Une formation réunissant la ‘crème’ des musiciens de l’époque : Eric Clapton, Jack Bruce et Ginger Baker. Fondé en juin 66, ce trio d’exception trouvera rapidement un rival d’envergure : le Jimi Hendrix Experience. Surnommé ‘God’, Clapton avait transité chez les Yardbirds avant d’éclater au sein de l'école des Bluesbreakers de John Mayall. Il avait d’ailleurs participé à l’enregistrement de leur éponyme devenu légendaire. Ce brillant (NDR : et le mot est faible !) guitariste bénéficiait enfin d’une section rythmique d’exception : le chanteur/bassiste/compositeur Jack Bruce et le fantastique drummer Ginger Baker. Ces deux personnages avaient participé aux premiers soubresauts du blues en Angleterre ; en militant chez l’Alexis Korner's Blues Incorporated et le Graham Bond Organization. Fils légitimes du British Blues Boom, les trois musiciens partageaient donc les mêmes racines. Mais ils voulaient aller bien plus loin en gommant les limites d'un genre, pour explorer de nouveaux territoires sonores. Un concept qui allait passer par l’allongement des plages pour permettre aux musiciens de se libérer. Et qui se soldera par le succès à l’échelle mondiale de leur blues rock bien trempé. Pourtant, l'aventure Cream ne durera que l’espace de trente mois. Soit jusque décembre 1968. Faut dire que les musiciens se détestaient royalement. Avant de poursuivre leurs aventures en solitaire, ils avaient quand même eu le temps de marquer clairement leur territoire, léguant quatre albums studios ("Fresh Cream" en 66, "Disraeli Gears" en 67, "Wheels of fire" - un double elpee dont un live - en 68 et "Goodbye Cream" en 69) et deux testaments ‘live’ : "Live Cream" en 70 et "Live Cream Vol 2" en 72. Sans oublier les classiques "White Room" et "Sunshine of your love", ainsi que leur version du "Crossroads" de Robert Johnson. Depuis, seul Clapton est parvenu à faire carrière. Il est même devenu une star universelle.
 
36 ans après leur séparation, le trio a décidé de se reconstituer pour accomplir une seule et unique tournée. Un périple entamé au Royal Albert Hall de Londres, en mai, et clôturé au Madison Square Garden de New York, fin octobre dernier. Sous-titré "London May 2-3-5-6 2005", ce double album immortalise le début de cette nouvelle aventure. Et constatation : le son très caractéristique du vieux trio n'a pas pris une ride. Bruce et Baker forment toujours cette assise rythmique inébranlable et talentueuse. Clapton renoue, sans la moindre difficulté, avec le style qu’il pratiquait à l’époque. La critique a rarement épargné Slowhand Clapton. A tort ou à raison. Mais une chose est sûre, il reste un musicien hors pair. La quintessence du répertoire est passée ici en revue ; et notamment les adaptations de classiques du blues : "I’m so glad" de Skip James, "Crossroads" de Willie Dixon, le traditionnel "Rollin and tumblin" et "Born under a bad sign" de Booker T (une compo popularisée par Albert King). Sans oublier l’inévitable "Crossroads", imprimé pour la circonstance sur un tempo plus lent. L’oeuvre recèle également la cover du "Stormy Monday" de T-Bone Walker, un slow blues fort classique qui n'avait pas été gravé sur vinyle à la grande époque. Quelques compos personnelles, dont les plus notoires sont issues de la plume de Jack Bruce : "NSU", "Politician", "Deserted cities of the heart", "White room" et "Sunshine of your love" (NDR : morceau pour lequel il avait reçu la collaboration du poète Pete Brown). Et puis le "Badge", co-signé par Eric Clapton et George Harrison. Baker se réserve quand même la paternité de trois fragments : le curieux et dispensable "Pressed rat & warthog", "Sweet wine" et "Toad", tremplin idéal pour produire son célèbre solo de batterie kilométrique. Vu la qualité du son, les vieux aficionados, mais aussi les néophytes, devraient facilement y trouver leur compte…

The Cribs

The New Fellas

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Tiens tiens tiens, « The Cribs »… Hum, ouais, encore un groupe dans le vent tendance NME ; « The Next Big Thing » qu’ils disent… « The Next Big Thing »… Qu’est ce qui est gros en fait ? Le zizi du chanteur ? La gueule du bassiste ? La musique du groupe ? Bonne question… Merci de l’avoir posée… Parce qu’en matière de ‘grosse chose’, on ne peut pas vraiment dire que The Cribs soit à la hauteur. S’il est bien sûr impossible de se prononcer sur la taille de l’organe reproducteur des membres du groupe, on peut par contre jeter quelques remarques en pâture aux lions concernant leur musique. Qui n’est pas mauvaise, d’ailleurs. Un bon single (« Hey Scenesters ! »). Une sensibilité pop (« I’m alright », « It Was only Love ») assez agréable. Des influences punk/new wave très à la mode. Tout pour réussir. Manque plus qu’un bon clip et l’affaire est dans le sac… Damned, on y est presque ! Mais bon, mais bon ; il y a quelques faiblesses aussi… Une voix assez limitée qui n’assure pas toujours. Un accent cockney à la limite de l’agaçant. Des chœurs de stade de football (OK les gars, on sait que Liverpool a gagné la Ligue des Champions) assez laids… Et pour couronner le tout, un elpee qui s’épuise sur la deuxième moitié… Bilan mitigé donc, malgré un succès assuré.

Criteria

When we break

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Encore un groupe qui n’a pas inventé la poudre à canon… mais qui sait l’utiliser. Bon, évidemment, il faut être amateur du style. Si le gros rock américain plaintif vous donne la nausée, on vous conseille vivement de vous pencher aux meurtrières… Se soulager un petit peu ne fait de mal à personne... A contrario, les 11 petites explosions produites par Critéria devraient donner aux amateurs de ce genre de cavalcade des envies de croisades faites de prosélytisme musical et de ripailles métalliques. Pour nous, la sentence de la grande inquisition est déjà tombée… Combo bien en place, grosses guitares, voix et chœurs émo-core… C’est efficace mais bon, pas de quoi sonner l’olifant… La garde peut dormir tranquille…

Crooked Fingers

Dignity and Shame

Écrit par
A la tête de Crooked Fingers depuis 2000, on retrouve Eric Bachmann, qui officiait au chant et à la guitare au sein des légendaires Archers of Loaf (noisy pop, indie rock, 1991-1998). Bachmann oriente l’univers musical de son nouveau combo vers les fondements folks du rock US, avec force cuivres et cordes. A l’occasion de ce 4e opus, Bachmann met ses recettes au service du récit de la vie tourmentée du légendaire torero Manolete. D’où un album aux ambiances variées, de l’intro « Islero », instrumentale et ‘morriconesque’, au final épique « Dignity and Shame », en passant par le prodigieux « Destroyer » (et son roulement de percussions simulant le combat du torero) ou encore les hispaniques « Valerie » et « Andalucia ». A recommander aux amateurs de corrida, de crossover latino-folk-indie rock et donc de Calexico.

Crystal Skulls

Blocked Numbers

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Crystal Skulls nous vient de Seattle. Un quatuor responsable d’une musique particulièrement sophistiquée. Complexe également, même si plusieurs écoutes sont nécessaires pour s’en rendre compte. Qui mêle habilement la power pop et la prog issue de la Canterbury school. Avec une mise en forme digne de Todd Rungren voire de Steely Dan. Power pop à cause des compositions allègres, contagieuses, élégantes, qui rappellent Badfinger et les Nerves. Prog inspirée par Caravan, un des chefs de file de la Canterbury school. Et en particulier son premier elpee, qui manifestait encore une grande sensibilité pop, mais aussi et déjà les premiers signes d’une future orientation soft/jazz/rock. Todd Rungren et Steely Dan parce que les arrangements frisent la perfection. Evidemment, après tout ce que je viens de vous raconter, il serait fort étonnant que vous puissiez vous faire une idée plus ou moins précise du style pratiqué par Crystal Skulls. A moins peut-être de compulser l’encyclopédie du rock. Mais vu l’absence de références contemporaines (NDR : peut être The Sea and the Cake ?), il était difficile de faire autrement. D’autant plus que certains médias ont poussé l’hérésie jusqu’à les comparer à REM, aux Smiths, à Big Star, à Television et même aux Strokes. N’importe quoi ! Côté lyrics, Christian Wargo dispense tout au long de cet opus des contes qui fouillent dans les recoins les plus sombres de l’existence quotidienne. D’une voix claire, distincte, haut perchée, dont le timbre évoque parfois Donald Fagen (Steely Dan) ou Lowell George (Little Feat). Ca recommence !

Cut Copy

Bright Like Neon Love

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Ce premier album des Australiens de Cut Copy a été conçu comme un hommage à la musique que son leader Dan Whitford apprécie plus que tout. Dans le tas, on trouve le disco électro de Giorgio Moroder, la pop de Depeche Mode, New Order, ELO, Daft Punk et la new wave en général. Un album eighties à souhait, très électro, un peu rock, mais surtout très pop. Car l’ami Whitford a semé, tout au long de « Bright Like Neon Love », une pléiade de mélodies mélancoliques. Et « Future » ainsi que « Saturdays » (pas mal entendu à la radio) en sont certainement les plus beaux exemples. Certes, sur la longueur, certains tics de production (les montées filtrées à la french touch) finissent par agacer. De même que la voix de Dan (un peu limitée dans un registre) ; mais cet elpee reste malgré tout une œuvre originale et attachante qui mérite une oreille attentive.

Cadillac Kings

Highway 17

Écrit par
Originaires de l’Essex, les Cadillac Kings se sont formés en 1998. Responsable d’un premier opus ("Lou Ann", paru chez Flathead) très bien reçu par la critique, cette excellente formation anglaise a vécu depuis de nombreux changements de personnel. Seuls les deux piliers, le chanteur Mike Thomas et l'harmoniciste Gary Potts, sont toujours impliqués dans l’aventure. Le line up est aujourd’hui complété par une nouvelle section rythmique constituée de Roy Webber (ex- Big Joe Louis's Blues Kings et West Weston's Bluesonics) aux drums ainsi que Orlando Shearer (ex-Otis Grand) à la double basse, un remarquable pianiste accordéoniste qui répond au nom de Mike Adcock (ex-Poorboys comme Mike Thomas) et enfin Oliver Darling, un guitariste âgé de 21 ans. La musique puise son inspiration dans les années 40 et surtout 50 : blues, R&B, jump, swing et zydeco.
 
Les Kings démarrent sur les chapeaux de roue par "Bombshell girl". Passé une courte introduction accordée par Gary, on entre de plein pied dans le rock'n'roll. La section rythmique assure. Le piano se trémousse. L'harmo de Gary et la slide de Mike mettent le nez à la fenêtre. Et l'effet est radical, car toute l’assistance a déjà envahi la piste de danse! Ces musiciens apprécient les débuts du R&B et en particulier Amos Milburn, Wynonie Harris et Louis Jordan. Soit les compos qui débordent de swing et de jive ! Le nouveau guitariste est dans son élément ; et il le démontre tout au long d’"Exorcisin' baby". La vieille Gibson ES150 d’Oliver décolle. La section rythmique rivalise avec celles d'outre-atlantique; et c’est suffisamment rare en Angleterre pour ne pas le signaler! Nous empruntons l’autoroute pour "Highway 17". Le mid tempo est irrésistible et l'harmo se fait gouailleur pendant que le piano roule dans le décor. Faire-valoir des solistes Gary, Oliver et Mike, "Hilde's hop" est un instrumental rapide. Bon blues rythmé, "You never now" évolue quelque part entre Chicago et la Californie. Un univers sonore qu'apprécie Rod Piazza. Et nous n'en sommes pas tellement loin, même si le résultat est un rien plus paresseux, un peu moins saignant, mais tout aussi efficace. Le "She's gonna ruin me" de T-Bone Walker Swing nous plonge dans la musique des 40’s. L'esprit est proche du jazz et les musiciens reprennent en chœur le refrain comme au bon vieux temps. Oliver se sent proche de T-Bone et de Pee Wee Crayton. Changement de direction et cap sur la Louisiane, lorsque Mike Adcock saisit son accordéon, tandis que Mike Thomas chante le zydeco ; faut dire que les deux Mike ont joué ce type de répertoire pendant des années, chez les Poorboys! Les 88 touches en ivoire du piano d’Adcock rebondissent sous ses dix doigts allègres, tout au long de "Hard top boogie". Les Cadillac Kings nous invitent alors pour un voyage destiné à découvrir les différentes facettes de la musique louisianaise : le swamp blues de "A trick of the blues" écorché par un harmo à la Jimmy Reed, la Nouvelle-Orléans de "Throwin' a dragnet", le zydeco de "Lovinest girl", et la reprise du "Shake baby shake" commise par le pianiste de New Orleans, Champion Jack Dupree. Et l’opus nous réserve encore des surprises. Tout d’abord l'énergique "Watch yourself brother" qui ne termine pas encore ce tout bon album, puisque nous avons encore droit à dix minutes de boni d’une adaptation live de "The confession", signée Cousin' Joe ; et enfin "You stayed on the one", un petit délire que s’étaient réservés le pianiste et la section rythmique, en studio.

Laura Cantrell

Humming by the Flowered Wine

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Laura Cantrell a plus de six cordes à sa guit-arc. Née à Nashville, elle a grandi bercée par la country music. Etudiante à New York, elle a investigué l’héritage folk d’avant-guerre à la bibliothèque de la Columbia University. Passionnée par la radio, elle est DJ sur deux stations colleges US. Diplômée en droit et finances, elle travailla - entre autres - pour la Bank of America. Elle a surtout un très joli brin de voix, qu’elle emploie à merveille lors de ses reprises de standards country et folk. Elle s’est même découvert des talents de parolière et compositrice. Elle peut enfin compter, parmi ses parrains musicaux, sur des noms aussi illustres que John Peel ou Elvis Costello. Ce 3e opus permet à Laura de célébrer cette country music qu’elle vénère tant, entourée pour l’occasion de la crème des musiciens de l’americana (Dave Schramm, JD Foster, Calexico…) Une moitié de reprise (dont un inédit de Lucinda Williams), l’autre de compos personnelles (plus rock), le tout vous plonge immédiatement en pleine campagne américaine, avec pedal-steel, violon et banjo à gogo. Rien de virevoltant certes, et même une propension au neo-classicisme (cf. Neko Case). C’est d’ailleurs ce que l’on peut reprocher à Laura Cantrell. Que je trouve par ailleurs très jolie…

The Cardigans

Super Extra Gravity

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Au fil du temps, du vent, les Cardigans se sont imposés sur le marché du disque. Et pour tout dire, le groupe de la charmante Nina Persson a longtemps été le bel arbre qui cachait la forêt scandinave. Pourtant, les Cardigans ne faisaient pas d’ombre à leurs compatriotes. Bien au contraire : ils ont largement contribué à révéler au monde une scène bouillonnante, sulfureuse et rafraîchissante comme le blizzard suédois. Sans eux, les Hives répéterait toujours dans leur cave, déguisés pour le carnaval local de la ‘Sant-Sveningsson’. La frimousse de la jolie Stina Nordenstam ne serait qu’un fantasme moderne, nordique. Et les exemples sont nombreux. Si les Cardigans ne signent pas des classiques à toutes leurs sorties, ils peuvent être fiers de leur brèche, de ce courrant d’air populaire nécessaire à la vitalité d’une scène qui, aujourd’hui encore, n’attendrait que le dégel. Le sixième album des Cardigans, « Super Extra Gravity », ne dénature pas la chaude atmosphère installée par le groupe depuis 1994. Mais cette fois, mis à part le single « I Need Some Fine Wine and You, You Need to be Nicer » (ce titre !), il y a fort à parier que l’avalanche des tubes provoquée par l’album « Gran Turismo » ne se reproduira pas. Ce nouveau disque lorgne davantage du côté de l’intimité de Nina, de ses rêves énamourés au sein de « A Camp », son projet sacré avec Mark Linkous (Sparklehorse). « Super Extra Gravity », c’est l’histoire du superbe album d’un modeste succès commercial. Les Roméo et Juliette peuvent toujours chercher un « Lovefool » sur les 11 titres de ce disque : leurs recherches seront vaines. Ne leur restera alors que la solution ultime : l’élixir empoisonné. En 2006, les Cardigans se présentent simplement et humblement dans une musique confinée aux recoins de leurs univers mélodique : pop classieuse et bijoux en acajou. Les fans se réjouiront de cette nouvelle période de faste, les autres regretteront de ne pas entendre le nouveau « My Favourite Game » dans les haut-parleurs de leur supermarché préféré.

Jennifer Cardini

Lust

Vu ses orteils écartés et sa plante des pieds toute lisse (la pochette), on imagine bien la Cardini taper la mesure à longueur de journée… Et de nuit. Parce que c’est un fait : Jennifer Cardini a la techno dans le sang : résidente au Rex et au Pulp de Paris, membre du duo techno-punk Pussy Killers, vocaliste au service des excellents Blackstrobe (leur tube, « Me & Madonna »), la Française sniffe du beat et nous l’injecte comme pour rester en vie. C’est qu’autour d’elle plane un léger parfum de mort : celle de son amie Sex Toy, partie trop vite à force d’avoir joué sa vie sur le dancefloor. Jennifer, elle, doit être en bonne santé, à en juger par la qualité de cette compile mixée : Misc, The Hacker, Slam, Miss Kittin, Dirt Crew, les excellents Sleeparchive et DJ Koze,… Du nom de sa soirée mensuelle au Pulp, « Lust » affiche un glamour chic mais pas chiqué, comme c’est trop souvent le cas. Ici, ni fautes de goût ni bravades militaires : chaque titre s’enchaîne avec force et souplesse, en respectant la formule du cd-mix (montée-climax-descente). A l’instar d’Ellen Allien ou de Miss Kittin, Jennifer Cardini insuffle un peu de grâce dans ce monde de beats brutes : on danse en toute tranquillité, la nuit est belle et le sommeil léger.

Caribou

The Milk of Human Kindness

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Profondément actifs depuis les premières lueurs du siècle nouveau, Dan Snaith, l’instigateur de Caribou, dépose un nouvel album sur le lit soyeux de l’electronica : « The Milk of Human Kindness ». Onze titres ingénus et qui paradoxalement lobotomisent, guidés par une production léchée, ouvrent le rideau sur un monde décomplexé. Ici, le trip-hop caresse le beat. Là, le folk rêve de sensations électroniques. Dan Snaith a déjà parcouru un bout de sentier sous l’étiquette Manitoba et si, aujourd’hui, il revient déguisé en Caribou, personne n’est dupe. Snaith ne trompera personne : ni les chasseurs de boucles, ni les amateurs des premières heures en compagnie de Koushik Ghosh. Caribou reprend le flambeau de Manitoba. Le message est clair : la maison change de nom, pas de propriétaire. Au final, l’auditeur découvre quelques alléchantes sucreries : « Yeti », « A Final Warning » ou encore « Hello Hammerheads ». Des compositions extatiques de la trempe de « Brahminy Kite » viennent également colorer cet album de pigmentations propres au rock indépendant. Une vision particulière de la vie donc, à ranger délicatement auprès de Fridge, Mum ou Four Tet.

Carton

Baudruche Hélium

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Commençons d’emblée par un regret : en visite sur le site de Carton la section vidéo nous propose quelques mini clips filmés live. Intéressants et enthousiasmants ces extraits annoncent la couleur : one self made man entouré d’une batterie d’objets à percussions, Carton (alias Philippe Scorier), lance énergiquement ses samples, loops et autres bizarreries sonores provoquant immédiatement un signe qui ne trompe pas : l’envie de taper du pieds et des mains. Encouragements et soutien à un artiste (belge) atypique, le public réagit au quart de tour à chaque variation rythmique. Et franchement, cet aspect festif très communicatif ne suscite qu’une seule envie : en être. Carton est au bric et broc ce que Bob Log III est au crade blues : un ovni. Sur disque, la donne est différente. Tempos nettement moins enlevés, bidouillages électros plus souvent entendus. La volonté est louable : présenter un autre visage d’une musique qui a fait du chemin, en constante évolution. Présent au Francofolies, le sieur Scorier a décoiffé la foule, se mettant le public en poche en un quart de tour. Se qualifiant lui-même d’un croisement entre Jello Biafra (Dead Kennedys) et de Julos Beaucarme, cet alléchant grand écart ne prend hélas tout son sens que sur scène. Dans l’intimité confortable de mon bureau, ce serait plutôt David Miret (cfr Miret and the Disasters) et David Hallyday.