Les idoles de Yungblud…

Sur « Idols », Yungblud franchit un cap et affirme son identité musicale avec force. Toujours porté par une énergie brute et une notoriété en pleine ascension, le chanteur britannique livre un troisième album studio aussi puissant que varié. Dès « Hello,…

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Le parfum de vie de Goudi

Pierre Goudesone, alias Goudi, trace son chemin musical depuis la fin des années 80. Après s’être fait connaître en compagnie des groupes Flesh & Fell et Speaking T, il poursuit aujourd’hui une carrière solo. Son univers musical riche et profond l’a conduit à…

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Humane

Welcome to this Wonderland

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Jusqu’il y a peu, Kim Herold était un des mannequins en vogue qui encombraient les revues de mode et le coeur (!) des jeunes filles. Puis le beau Finlandais en a eu ras le bol de la superficialité du milieu (ah oui?) Il s’en est retourné à Helsinki une guitare sous le bras, retrouver des potes musiciens, jammer, partager ses idées sur la vie et de l’amour. Une belle histoire. Malheureusement, Kim ne s’est pas contenté de son nouvel anonymat (tu m’étonnes!) Juste le temps de composer une dizaine de chansons, de former ce groupe Humane et de signer un deal avec une major et en un clin d’oeil, sa jolie frimousse se retrouvait sur la pochette d’un cd ! Des pop songs inoffensives où Kim traîne une voix nasillarde, à mi-chemin entre Jack Johnson (la décontraction en moins) et Ben Harper (la qualité mélodique en moins). Heureusement vite oublié une fois écouté. De la variémoche.

Hackensaw Boys

Love What You Do

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Un disque country. La peur s’empare de la foule. On en imagine certains qui hurlent à la mort, le poil dressé et la bave aux commissures tandis que d’autres brandissent déjà des battes de base-ball, prêts à dégommer deux ou trois porteurs de stetson avant qu’ils n’aient eu le temps de dire ‘Vote W’. Pourtant, si on racle l’épaisse couche de crasse, la country n’est pas l’apanage de bouseux en manque de bière chaude et peux révéler une noblesse rare, voyageant dans les bagages de quelques orfèvres passeurs de trésors. On pense à Gram Parsons, Waylon Jennings ou Johnny Cash, chantres d’une musique outlaw et rebelle, qui ont engendré de jeunes pousses telles que les Long Ryders, les Replacements ou encore Green On Red. C’est dans cette étroite descendance alternative country que se situent les Hackensaw boys. Dès les premiers accords bravaches de « Sun’s work Undone », Neil Young est interprété par Uncle Tupelo, période Peter Buck, prouvant si c’était encore utile que le banjo demeure l’instrument le plus mélodieux de la création. Première gifle infligée, le combo de Charlottesville propose quelques morceaux à l’inspiration rednecks balancés avec la dose d’humour nécessaire à ce genre d’exercice (séchez vos mirettes, on reste bien loin du vomitif « Cotton Eyed Joe ») enrobés de délicieuses litanies pastorales mêlant folk et country. C’est d’ailleurs dans ce genre de manœuvres que les Boys s’en sortent le mieux. Par la grâce d’une emprise ancrée dans un glorieux passé, le groupe saupoudre son nouvel opus d’influences toutes assumées avec « We Are Many », tout droit sorti de la bande originale de « O’ Brother » ou « Bordertown » où ils se payent le luxe de ne pas inviter Emmylou Harris. « Buildings Are The Cages », petite note philosophe, achève de convaincre les plus sceptiques. Un disque hors du temps, propulsé par une bande de gosses vivant dans une autre dimension. ‘You will have more friends if you love what you do’ précisent-ils dans les notes de pochette. Ils aiment et ça s’entend. Les Hackensaw Boys ont un nouvel ami.

Hal

Hal

Écrit par
A l’instar des Thrills, cette formation irlandaise semble être tombée sous le charme de la musique californienne de la fin des sixties et du début des seventies ; et en particulier celle des Beach Boys, des Mama’s & Papa’s et de Buffalo Springfield. C’est en tout cas l’impression que nous laisse leur premier opus. A cause des harmonies vocales, tout d’abord. Soignées, sophistiquées, célestes. Echangées, la plupart du temps, entre les frères Dave et Paul Allen. Et puis du sens mélodique contagieux, ensoleillé, qui brille à travers toutes les chansons. 11 en tout. Dont une (« Play the hits ») a bénéficié du concours d’Edwyn Collins à la production. Pas pour rien qu’on y retrouve cette ligne de basse nerveuse, fruitée (Orange Juice ?) et ce tempo ‘motown’. Des castagnettes aussi. Plusieurs compos sont enrichies, en outre, d’arrangements symphoniques particulièrement impressionnants. ‘Philspectoresques’ même. A l’instar de « My eyes are sore ». Balayé littéralement de cordes et de cuivres, mais également d’instruments insolites comme les clochettes et les timbales. Une chanson qui aurait pu figurer sur la face B de l’elpee Abbey Road. Si, si, ce pot-pourri où figurait « Here comes the sun », « Because » ou encore « Carry that weight ». Du single « Worry about the wind ». Un hommage à Rick Danko du Band. De « Satisfied », ballade qui met bien en exergue la slide, un peu comme chez Poco (NDR : à vos encyclopédies !). De « Keep love as your golden rule ». Qui adresse manifestement un clin d’œil à Simon & Gardfunkel. Et le reste de l’œuvre est tout aussi rafraîchissant. J’avouerai cependant un petit faible pour « Fools by your side », sorte de valse revue et corrigée par les Sparks. Et si vous cherchez l’origine de leur patronyme, n’imaginez surtout pas que le groupe s’intéresse aux problèmes communautaires en Belgique (NDR : qui a parlé de BHV ?) ; simplement le groupe a emprunté le nom de l’ordinateur fou qui avait pris la maîtrise du vaisseau spatial dans le célèbre film de Kubrick, « 2001, odyssée de l’espace ».

Herbie Hancock

Possibilities

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En roue libre depuis un certain temps déjà, l’ami Herbie Hancock confirme sa méforme artistique. Certes, le casting ‘hollywoodien’ qui est convié sur « Possibilities » ne laisse déjà pas présager des audaces musicales : Santana, Sting, Paul Simon, Christina Aguilera, Annie Lennox. Le disque commence pourtant plutôt bien par « Stitched Up », une ballade funky sans prétention. Mais l’auditeur déchante vite. Santana vient gâcher de ses solos poussifs le cubain « Safiatou », brillamment chanté par Angélique Kidjo. Christina Aguilera inaugure la série de ballades compassées qui polluent cet album. Paul Simon prend le relais sur le vaporeux « I Do It ForYour Love », égaré dans un nuage de Prozac. Annie Lennox ne s’en sort pas mieux sur le soporifique « Hush, Hush, Hush ». Sting, comme d’habitude, nous la joue jazzy-pop sur le léché « Sister Moon ». Joss Stone s’époumone sur une reprise de U2 (« When Love Comes To Town »). Bref, pas grand-chose à retenir de cette plaque qui tente grossièrement de conquérir un public plus large. Pour mieux prendre la mesure de l’immense talent d’Herbie Hancock, on vous conseillera plutôt ses séminales collaborations commises en compagnie de Miles Davis dans les années 60, ses albums de funk-jazz réalisés au cours des seventies lors de son aventure Headhunters ; ou si vous êtes courageux, ses albums de jazz abstrait concoctés au début des années 60.

Handsome Boy Modeling School

White People

Dan The Automator (Deltron 3030, Lovage, Gorillaz,…) et Prince Paul (De La Soul, Stetsasonic,…) sont les rois de la production léchée, qui claque au vent mais fond dans la main, pas dans la bouche. C’est bien là le problème de ce genre d’album conceptuel : à force de jouer aux producteurs stars invitant tous leurs potes à venir jammer en plein jet lag, les deux, ici, ne font pas vraiment la paire… La faute à l’éclectisme, pour une fois : ça part dans tous les sens, et forcément on y perd son latin. Des noms ? De La Soul, Mike Patton, Del The Funky Homosapien (Gorillaz), Barrington Levy, Alex Kapranos (Franz Ferdinand), Tim Meadows, Jack Johnson, Cat Power, Mike Shinoda (Linkin’ Park), Rahzel, Q-Bert, Pharrell Williams (The Neptunes), RZA, The Mars Volta, John Oates, Jamie Cullum,… Cherchez l’intrus. Un véritable bordel d’influences, de voix et de styles, qui dépareille l’ensemble. Entre les mains des deux bidouilleurs fous, tous ces artistes peinent à faire valoir leur talent, leur personnalité. On s’ennuie ferme, parce qu’un bon générique ne fait pas forcément un bon disque. Coupez !

Hard-Fi

Stars of CCTV

Écrit par
Issu de la banlieue de Londres, de Staines très exactement, Hard-Fi nous propose son premier album. Un disque qui fait suite à l’Ep « Cash machine ». Enregistré pour la somme dérisoire de 300£, « Stars of CCTV » est découpé en 11 fragments, parmi lesquels figurent les singles « Tied up too tight », « Hard to beat » (NDR : imaginez une rencontre hypothétique entre Prefab Sprout et Todd Rungren ») et bien sûr leur hit « Cash machine ». Des compositions souvent hymniques, très contagieuses, parfois mélancoliques (NDR : la superbe ballade « Move on now », mais toujours authentiques. Drivé par le chanteur/lyriciste Richard Archer, Hard Fi opère un mélange très britannique de pop, de rock, de ska, de house, de punk, de reggae, de trip hop, de hip hop, de dub et de soul. Un cocktail sonore sur lequel Richard épanche tout le mal-être de la jeunesse britannique défavorisée. Pas pour rien que la formation insulaire adore le Clash et les Specials. Bref, pour un premier elpee, Hard-Fi manifeste un potentiel à l’état brut qui ne demande qu’à être sculpté. Et si vous voulez en savoir davantage, je vous invite à prendre connaissance de l’interview que Richard Archer a accordée à Musiczine…

Head Hung Low

Audio Killing Spree

Paru en Angleterre au mois de novembre 2004, ce premier disque des métalleux de Head Hung Low arrive ici précédé d’une excellente réputation : certains scribouillards à l’enthousiasme forcené l’auraient même comparé au fameux « Scum » de Napalm Death, l’une des pierres angulaires du grindcore. Normal, ils viennent de Nottingham, et leur mix de cris gutturaux, de riffs acides et de batterie massue rappelle parfois leurs chers compatriotes. Tout ça, évidemment, n’adoucira pas nos mœurs et notre cœur qui saigne… Un ange (morbide) passe, avant de se faire trépaner. Une vierge défroquée se déboîte le coccyx. La tête au bord de l’implosion, un amateur de Death et d’Extreme Noise Terror supplie qu’on lui épargne la vie. ‘Tu n’aimes pas ma musique ?’, rugit Darren Jackson avant de brandir sa guitare assassine. Fais le bon numéro (666) et ta vie sera sauve.

Heather Nova

Redbird

Écrit par
Avouer une quelconque sympathie pour Heather Nova peut porter préjudice en société. Les filles rejettent la belle pour sa sculpture de sylphide, les copains pour son romantisme putassier et sa passion pour la bande FM. Pourtant, le nouvel album d’Heather Nova n’est pas vraiment mauvais. Cette sentence est sans retour – ‘salut les copains, je vous aimais bien….’ - et aura de graves conséquences pour la suite des relations amicales de votre (ex-)rédacteur (dévoué et adoré). Mais essayons de rattraper le coup, de sauver un bout de peau de cet impardonnable égarement… A la moitié des années 90, Heather, douce naïade originaire des Bermudes, laisse entrevoir le bas de ses jolis mollets… euh, non. Plutôt : laisse entrevoir une puissante voix cristalline chargée d’une sensibilité à faire chialer des madeleines. Lancée sous les étoiles par le chanteur de Killing Joke (c’est le genre de détails qui peut vous faire gagner des points, reconquérir un minimum de crédibilité. Et aussi, l’occasion de rabattre le clapet à tous ceux qui pensent que cette charmante demoiselle est une parvenue). A ses débuts donc, Heather ne jure que par Bob Dylan, Neil Young et Joni Mitchell. « Oyster » (1995), son second album rencontre un large succès et emmène Heather Nova sur la route, en compagnie de Pearl Jam et Neil Young, notamment. Trois ans plus tard, c’est le grand tournant de sa carrière : « Siren », disque élégant et singulier s’incruste partout : dans les hits parades, les séries télévisées, en cuisine, dans la chambre à coucher (sous la couette ?), les magazines de mode, les pubs. Bref, partout. Heather devient le symbole de la comptine folk désespérée pour étudiants frustrés de périlleuses relations amoureuses. Heather découvre le succès, son public la vie. Et l’énorme problème pour la belle Bermudienne (un Bermuda, une Bermudienne ?), c’est que, depuis lors, rien ne semble plus évoluer. Les compositions demeurent toujours aussi larmoyantes, choyées par le réconfort d’un timbre céleste. « Redbird » résulte de ce cheminement. Une nouvelle fricassée de notes déjà ressassées. Un album magnifiquement produit, pour lequel Heather s’entoure de l’Orchestre symphonique de Vienne (« This Body »), de la chorale du London Community (« Singing You Trough », « Done Drifting ») et se fend d’une reprise facile du « Wicked Game » de Chris Isaak. La recette fonctionne à merveille, comme en témoignent les nombreux concerts joués à guichets fermés. Pour apprécier « Redbird », il convient de se conduire en fin stratège et de consommer ces substances sonores avec une retenue millimétrée. Alors voilà : faute avouée à moitié pardonnée ?

Hell Is For Heroes

Transmit Disrupt

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Dignes représentants de la peu florissante scène Emo british, Hell Is For Heroes nous livre enfin son second album, un disque qui était déjà disponible les bacs, Outre-manche, depuis mars dernier. « Transmit Disrupt » mérite d’être qualifié de décent successeur à « The Neon Handshake » (2003), une plaque acérée qui sentait bon la hargne tempérée et avait ravi les critiques anglais à l’époque de sa sortie. Ici, le groupe réitère ce qu’il avait déjà fait il y a deux ans. Ce qui est loin d’être une mauvaise chose. Effaçant les petites erreurs de débutant parcourant le premier opus, le quintet reverse la même passion et l’augmente d’une bonne dose de maturité. Le genre Emo version UK se voulant bien plus lourd que son homologue ricain, le groupe sert sa cause avec honneur. Dès les premières secondes, « Kamichi » déferle dans les oreilles de l’auditeur tel les armées de César à Pharsale. Take no prisoners ! On tombe rapidement dans le piège et se laisse prendre par la fureur des « Folded Paper Figures » et autres « Silent As The Grave ». Les moments de répit autorisés par « Transmit Disrupt » et « They Will Call Us Savages » ne rendent la victoire de Hell Is For Heroes que plus inexorable. A l’heure où Hundred Reasons est porté disparu et Funeral For A Friend s’endort sur ses lauriers, Hell Is For Heroes peut clamer en toute légitimité le poste d’empereurs Emo made in UK.

Mattias Hellberg

Mattias Hellberg

Écrit par
Saltimbanque attitré d’une scène folk-rock suédoise, Mattias Hellberg signe aujourd’hui son véritable premier album solo, loin de toute considération médiatique. Pourtant, Hellberg n’est pas le premier venu : membre actif des rockers tatoués de The Hellacopters, l’homme a déjà largement piétiné les planches de sa contrée natale et foulé les pâtures de nombreux festivals européens. Mais sans ses copains, Hellberg fait moins le malin. Introverti, sensible et élégant, il balance le perfecto, vire ses lunettes noires et surtout, troque l’électricité déterrée de sa guitare contre une nonchalance acoustique des mieux senties. Sur cet album éponyme, Mattias Hellberg livre dix liturgies légères, totalement sincères. En trente minutes, il saisit son folk venu du froid et le déplace vers les grands paysages rêvés et fantasmés du Minnesota. Alors, inconsciemment, il prend les traits d’un Dylan scandinave. Souvent proche de ses racines, la musique d’Hellberg effleure parfois la parodie mais sans jamais la percuter. D’un bout à l’autre de ce disque, l’auditeur ressent cette passion communicative, ce sens inné de la musicalité qui semble animer l’âme de notre Suédois. En filigrane de cette première livraison, le précepte se dévoile: ces chansons sont à prendre ou à laisser. Plus qu’une chose à faire: se laisser prendre !

Help She Can´t Swim

Fashionista super dance troupe

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Les Américains ont Blood Brothers, les Anglais auront Help She Can’t Swim. A ceci près que les Blood Brothers ont un mec qui prend en charge les vocaux disons... ‘féminins’, alors qu’une vraie nana occupe ce rôle chez HSCS. A part ça, outre une tournée commune comme avec les frères de sang, Neil’s Children ou Art Brut et un label partagé avec Ikara Colt, le tableau tend à ressembler à du ‘déjà vu’ plutôt qu’à une nouveauté. Ceci dit, les petits belges auront l’occasion de voir le groupe se produire 2 fois le même jour dans deux festivals estivaux. A savoir Dour et le Rock Herk. Le band pourrait assurer pleinement et assumer sans complexe le rôle de chauffeur de plaine.

Her Space Holiday

The Past Presents The Future

« The Luxury of Loneliness »… est un des titres du précédent album de Marc Bianchi. Coup de bol : l’Américain n’a toujours pas trouvé l’amour, d’où ce nouveau disque. Sur lequel il tente, encore, d’exorciser ses vieux démons d’âme éplorée, qui cherche de l’affection mais n’en donne plus qu’à son laptop, faute de mieux. « The Past Presents The Future », donc… En serions-nous réduits à ça, mariner dans les regrets d’une vie à l’imparfait, consumée par les deux bouts ? Croire que nos erreurs commises par le passé entérinent diaboliquement notre futur ? Qu’il n’y aurait aucune échappatoire face à certains de nos souvenirs, les plus traumatiques ? A sa carapace, la déprime, Marc Bianchi rajoute donc une nouvelle couche – 10 titres d’obédience pop/électro, pleine d’arrangements fastes (flûte, cordes), et surtout de cafard (celui qui résiste même au Baygon). C’est joli, mais sous le vernis se terrent le désespoir et la solitude, bref la souffrance qui tenaille chaque homme en quête d’amour et de partage. Entre The Postal Service et Eels (« Missed Medicine », presque un tube), « The Past Presents The Future » touche bien là où ça fait mal. Aux glandes lacrymales, aux genoux (qui flanchent), à l’appétit, à l’envie… Ca dépend pour chacun.

Michael Heyman

Heart full of blues

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Michael Heyman est originaire du Texas. De Galveston très exactement. Il a passé la majorité de sa vie à Houston. Il est né dans un milieu musical au sien duquel il apprend d'abord le violon. Très vite, il s’intéresse au rock'n'roll ; et en particulier à Elvis Presley, Buddy Holly et les Rolling Stones. Mais c'est en découvrant l’elpee "Fresh Cream" d’Eric Clapton qu’il détermine son orientation. Il se met à écouter de plus en plus le blues ; et principalement BB et Freddie King, T Bone Walker, Buddy Guy et puis surtout ses maîtres anglais, Eric Clapton et Mick Taylor. Fin des 70s, il monte Blues Union, en compagnie de son ami bassiste Calvin Hall. La formation commet un album chez Lunar. Dès 1983, il se forge une réputation dans les milieux rock et blues locaux à travers son trio. A cette époque, il a l’opportunité de côtoyer Joe ‘Guitar’ Hughes ainsi que deux anciens Small Faces : Ronnie Lane et Ian McLagan. Il participe ensuite à l’aventure d’un groupe de blues rock dynamique : Nick Young and the Powerhouse. Il se produit également en Europe ; mais lorsqu’il revient aux States (NDR : en 88 !), c’est pour entamer des études de droit. Il abandonne alors la musique pour travailler dans une étude à Nashville. En 2003, il revient chez lui au Texas et reprend ses activités musicales. Il se met à composer et décide d'entrer en studio pour enregistrer ce premier album! Un disque pour lequel il bénéficie du concours de Michael Stone aux claviers, Roger Tausz aux drums et Bob Armour à la basse.
 
Aucun doute n’est permis, les premières notes de "Set me free" sont clairement empruntées au Cream ; et en particulier à "White room". Proche d'Eric Clapton, le style Heyman est clairement affiché : un blues rock sans la moindre aspérité quoique un tantinet aventureux dans la sonorité des cordes. En toile de fond, on distingue les répliques vocales de la reine du soul à Houston : Miss Trudy Lynn. "Everyday I cry for you" lorgne de nouveau vers Clapton, mais de l’époque Derek & the Dominoes, lorsqu’Eric s'attaquait à "Everyday I have the blues". Tout en velours, son jeu manifeste une bonne dose d'assurance et de conviction. Heyman se révèle bon guitariste. Sa voix est certes limitée, mais il l'utilise à bon escient. Dès qu’il en a l’occasion, il libère ses cordes. Elles demeurent cependant toujours très mélodiques, dénuée de la moindre agressivité. Elles coulent naturellement de son manche. Il parvient même à changer de tempo avec un certain swing. La section rythmique est discrète. Seul le piano montre le bout du nez. L'homme est habile dans le domaine du blues. Il le démontre tout au long de "When it came to loving you", un slow blues sans surprise mais très bien ficelé. Toujours discrète, la guitare conjugue énormément de feeling et d'adresse. Michael passe à la slide, marque le tempo et s'embarque dans "Love against the wall". Le rythme est plus ‘stonien’. Trudy Lynn et Tommy Lee Bradley participent aux chœurs. Lors du rock'n'roll "Loving you a long time", Stone se libère au piano et Michael se révèle très adroit, proche du style musical très coulé que Mick Taylor cultivait chez les Rolling Stones. "Please let me love you again" est un blues lent somptueux. Heyman joue comme le jeune Clapton le faisait du temps des Bluesbreakers de John Mayall ; mais j'y trouve également l’empreinte d’un musicien de la même époque : Peter Green. A cause de la réverbération qu'il injecte à sa Gibson Les Paul. Sans doute conforté par la présence de Trudy Lynn, il chante avec plus d'assurance tout au long de cette plage qui peut être considérée comme la meilleure de l’opus. On y ressent même une réelle intensité dramatique dans le jeu! Toujours adepte du Clapton des débuts, il s’attaque brillamment à l’instrumental notoire "Steppin out". Et puis à un autre slow blues : le "Three hours past midnight" de Johnny "Guitar" Watson. La guitare voyage sur un fond d'orgue Hammond B3. L’adaptation est superbe ! Un must pour les amateurs de bon british blues. Il joue ici avec aisance comme Mick Taylor dans ses meilleures années ou Buddy Guy quand il ne veut pas trop en faire. Un régal! Les amateurs de blues électrique adoreront cet album. "If you see my baby" constitue la plage la plus explosive de cet elpee. Nous la devons à la prestation d’un excellent harmoniciste local qui fait tout doucement son chemin : Sonny Boy Terry (NDR : il est responsable de deux albums chez Doc Blues Records). Cette plaque s’achève par un duo accompli entre Heyman et Stone aux claviers lors de la cover du "My sweet little honey dripper" de Jimmy T-99 Nelson ; un version qui rappelle certains échanges opérés jadis entre Clapton et Mayall.

HGH

Miracle Working Man

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« Miracle Working Man » constitue le quatrième album de ce collectif composé de membres de Motorpsycho et de Home Groan. Si les précédentes productions du groupe pouvaient résolument jouxter le catalogue de l’Alternative Country ou de l’Americana, force est de constater que le combo revient ici à des influences country plus classiques ; même si ce n’est pas demain qu’il fera les premières parties de Glen Campbell… Ainsi, des morceaux comme le titre maître, « She Brings Me Luck » ou encore « Jealous Girl » illustrent clairement cette tendance à plus de classicisme, même si « 22nd Century Sacred Banjo », proche de Herman Düne, ou « Mulder », aux influences clairement ancrées du côté des Country Teasers, semblent indiquer que HGH n’a pas perdu son côté un peu plus marginal. Un disque honorable.

Hitchcock Go Home !

…Yes you´re dead

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Issu de Grenoble, mais exilé à Paris, ce quintette pratique, ma foi, une musique fort originale. Une sorte d’hybride entre post rock (Godspeed You ! Black Emperor, Hood), noisy pop/rock (Sonic Youth, Calc) et country folk (16 Horsepower). Et “… Yes you’re dead” constitue son premier opus. Les guitares se taillent bien sûr la part du lion. Elles sont parfois trois. Ou alors deux et un banjo. L’une d’entre elle est quelquefois jouée à l’aide d’un archet, comme chez Sigur Ros. Une bassiste et un drummer complétant l’ensemble. Neuf fragments partagent cet elpee. La plupart d’entre eux entretiennent des climats mélancoliques, ténébreux, même si parfois l’électricité peut gronder, ou se montrer menaçante. A l’instar de l’excellent « Coward song », une compo qui a vraiment la pêche. Ou du torturé « Night falls ». Imprimé sur un mid tempo et tramé sur le banjo, « Blank » invite une trompette mariachi (Calexico ?), en fin de parcours. Découpé en deux parties, les neuf minutes du final « What have we done ? » vibrent au contact des sonorités limpides d’un glockenspiel. Enfin, les harmonies vocales mixtes sont particulièrement soignées. Ce qui dans ce style musical est manifestement un plus. Une excellente surprise !

Alexis HK

L´homme du moment

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Pour s'assurer un petit écho populaire, Alexis HK a opté pour une abréviation plus ou moins simple de son nom de famille. Avouez que Djoshkounian est plutôt difficile à prononcer et à écrire… Donc, sur ce coup là, mieux vaut HK ! Sur "l'Homme du Moment", Alexis Djoshkounian s'attribue les vies banales de Parisiens ordinaires. Pour l'artiste, ‘la ville des lumières’ demeure une source d'inspiration intarissable. A Paris, les promenades du chanteur du moment l'ont conduit à reconsidérer ces détails insignifiants qui se dissimulent aux détours des rues de la capitale hexagonale. La réalité citadine s'extirpe des grands boulevards et se lance sur les ondes radios par l'entremise de cette belle voix grave d'un Georges Brassens jouant le crooner aux abords de la gare Saint-Lazare. Alexis HK ou comment chanter tout haut ce que les gens pensent tout bas? Dans les vestiaires, au travail ("Tandis") ou au téléphone ("Norvège"), le chanteur se pose en spectateur et soumet par ses mots doux quelques observations pas piquées des vers. "L'Homme du Moment", deuxième album de notre jeune trentenaire, se joue des tristes clichés du ‘renouveau réaliste de la chanson française’ et sans refrain récurrent, s'offre une belle promenade loin des projecteurs et des paillettes des Champs Elysées. Et puis, Alexis HK n'est jamais aussi séduisant que lorsqu'il nous conte ses histoires sans queue ni tête mais tellement attendrissantes. ‘Pas facile d'être chien de vieille. Quand la vieille devient aigrie et qu'elle reporte ses insomnies sur le chien de sa chienne de vie’. Le charme de ces déclarations cyniques réside au cœur de notre vécu, de nos expériences quotidiennes. Et lorsque Alexis raconte la vie de cette pauvre bête, nous ne pouvons nous empêcher de songer à la voisine, voire à une tante éloignée. ‘Devenu le seul objet de désir, le chien n'est jamais lâché. Habillé d'un manteau de cuir très laid, le Yorkshire se voit humanisé’. Et là, ça vous rappelle quelqu'un ?

Hollywood Blue Flames

Soul sanctuary

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Jadis célèbre sous le patronyme Hollywood Fats Band, les Hollywood Blue Flames perpétuent la flamme du west coast jump blues. Il y aura bientôt vingt ans que Michael ‘Hollywood Fats’ Mann nous a quittés. Les quatre autres musiciens (Al Blake au chant, à l’harmonica et à la guitare, Richard Innes au drums, Fred Kaplan au piano et Larry Taylor à la basse) n'étaient pas des manchots. Ils ont donc décidé de poursuivre l’aventure sous la bannière des Flames, embauchant au passage le jeune prodige noir californien Kirk Fletcher, pour succéder dignement à Fats. A ce jour, ils ont commis trois elpees : tout d’abord "Doctor Blake's Pop-X Magic Soul Elixir" (NDR : Il vous sera présenté prochainement, puisqu’il a été réédité en 2004). Ensuite "Est A long time ago", paru en 2003. Les deux opus chez Soul Sanctuary. Et enfin, avec la complicité de la très dynamique équipe de Delta Groove, le judicieusement baptisé "Soul sanctuary". Très sollicité, Kirk Fletcher semble avoir le don d'ubiquité. Car les Hollywood Blue Flames se produisent souvent en compagnie du guitariste Nathan James. Au cours des 90’s, Big Al Blake avait fondé son label Blue Collar. Une écurie responsable de la sortie de quelques plaques impliquant les anciens du Fats Band : Jr Watson et Kid Ramos se partageaient les guitares sur "Mr Blakes blues", Fred Kaplan avait concocté "Signifyin" et Kim Wilson, "My blues".
 
L'album s’ouvre par "Flambed", un instrumental qui ne manque pas de panache. Kirk Fletcher est immédiatement placé sous les feux de la rampe. Son west coast jump est tellement coloré qu'il nous fait immédiatement penser à Hollywood Fats. Le tempo monte encore d'un ton pour le "Nit wit" de LC McKinley. Un cuivre tapisse le décor sonore. Rien ne semble pouvoir arrêter les cordes de Fletcher. Elles baignent dans une ivresse que partage les ivoires de Fred Kaplan. Le rythme se fait bien paresseux lorsque Al Blake se met à chanter le blues lent très dépouillé "The land of Calieo". Signé St Louis Jimmy Oden, "Soon forgotten" se maintient au cœur de ce climat relaxant. De son timbre légèrement fausset, Al Blake chante distinctement. L'instrumentation légère ne laisse filtrer que les notes qui s’échappent des ivoires de Kaplan, avant que Kirk ne parachève le travail par un solo tout en retenue. "He's a bluesman" est à peine plus rythmé. Plus proche de la Nouvelle Orléans sans doute, grâce au jeu de percussions de Innes et du piano syncopé de Fred, Blake s’y réserve un subtil solo d'harmonica. Une plage qui se poursuit par un échange funky entre les percussions et le piano devenu jazzyfiant. Tramé par le piano que double l'orgue Hammond, "Jo Angelyn" est un merveilleux instrumental. Un mambo au cours duquel Fletcher dispense un solo très inspiré et délicatement construit. A cet instant il est très proche d'un Otis Rush des grands jours du Chicago Westside. Le traitement réservé à "I'm a lucky lucky man" est remarquable. Tout au long de ce Chicago shuffle, Kirk se montre aussi brillant que le Jimmy Rogers contemporain, tandis que Fred tapote son piano comme Otis Spann. Autre blues rythmé, "Black cat bone" permet à tous les acteurs de se présenter sous leur meilleur jour. Un fragment toujours très Chicago au cours duquel Blake souffle comme Sonny Boy2. Pour le titre maître, H.B.F. a choisi un instrumental gracile. Jazz blues bien swinguant, "My national inquerer baby" met en exergue le saxophone et bien sûr la basse acoustique de Larry Taylor. Blues lent très fin de soirée, "Coco puffin" exhale des relents de tabac. Al Blake souffle avec délectation et chante correctement ce type de répertoire. Fred est à l'orgue Hammond. Kirk opère un solo personnel, explosif même ; sans doute le meilleur de l'album. L’opus nous réserve deux bonus tracks. Tout d’abord l’instrumental "Big foot's boogie", un boogie woogie taillé sur mesure pour Fred Kaplan, maître dans le style. Ensuite le "You're sweet" de Jimmy Rogers. Interprété tout en feeling par le duo Al Blake/Kim Wilson. Le premier à la guitare acoustique et au chant. Le second à l'harmonica. Un régal! Pas étonnant que cet opus soit d’excellente facture, quand on assiste à une réunion d’autant de musiciens talentueux…

Edwin Holt

Second time around

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Originaire de Dallas, Edwin Holt a passé sa jeunesse à New London dans l'Est du Texas. Agé aujourd’hui de trente-huit ans, ce chanteur blanc roule sa bosse depuis une bonne quinzaine d’années. Ce qui lui a déjà permis de partager la scène avec Bobby Bland et Johnnie Taylor. Mais c’est surtout dans les bars et les juke joints de Memphis qu’il s’est forgé sa réputation ; et notamment en compagnie de James ‘Son’ Thomas et de Willie Foster. Aujourd’hui, il vit à nouveau au Texas, mais à Dallas, où il drive son Conspiracy Band, une formation qui réunit douze musiciens dont certains vétérans du backing band de feu Johnnie Taylor.
 
« Second time around » constitue enfin son premier album. Edwin possède une superbe voix et il affiche ses dispositions vocales dès "I don't think I'm going to make it". Une composition d'Al TNT Braggs tramée sur quelques notes immaculées de dobro dispensées par David Brashier, avant qu’un big band ne prenne le relais pour tapisser ce joyau sonore. Modulée et expressive, sa voix consomme de la soul à l'état pur. Tendre ballade, "Second time around" est soulignée de chœurs qui épousent délicatement l’organe de l'artiste. Holt est également un harmoniciste accompli. Il souffle sur "Red Clay back road mama" ; certainement la meilleure plage blues de tout l'album. Il y pousse quelque peu ses cordes vocales ; et le résultat est excellent résultat. Pam Williams au piano et Brashier à la guitare nourrissent cette compo inspirée par Jennifer, l'épouse d'Edwin… Signé Percy Mayfield et immortalisé par Ray Charles, "You're in for a big surprise" campe un soul blues lent idéal pour mettre en valeur les cordes vocales d'Edwin. Soul funk très vocal "Black line" est alimenté par un piano électrique ; mais il passe un peu à travers. "Somebody's gettin' it" évolue dans le même registre. Mais manifeste davantage de séduction. A cause de la guitare et des arrangements de cuivres conduits par le trompettiste Big Jack Williams. Les arrangements vocaux et l'orgue de Red Young dominent "Jack about nothin", une plage soul/funk assez nerveuse qui accroche immédiatement l’oreille. Ballade R&B alanguie, entretenue par les cuivres, la guitare et l'orgue, "I want to walk you home" évolue dans un registre proche du son Stax. Holt souffle dans son harmonica pour la deuxième fois lors de "Down to the bone", un excellent bues basique enrichi par cette voix rageuse et lumineuse. Et il est bien dommage que ses interventions sur l’instrument chromatique soient aussi rares, car il s’y montre très talentueux. "The right reverend for the blues" rend hommage au bluesman R.L Griffin, le propriétaire d'un célèbre club de South Dallas : le Blues Palace n°2. Un orgue d’église ouvre cette plage, qui vire progressivement au R&B dansant et contagieux. Un fragment aux accents ‘live’ très prononcés. Holt chante le "Higher's ground" de Stevie Wonder à la manière de… Stevie Wonder. Un titre de soul/funk dont l’interprétation est aussi nerveuse que celle de son auteur. Reprise d'un morceau traditionnel, "One more river to cross" conjugue une multitude de voix, un exercice de style presque gospel opéré face aux claviers et dédié à la mémoire de Ralph Stockes Jr. De bonne facture, cet opus s’adresse cependant à un public averti ; et en particulier aux souls lovers!

Hood

Outside Closer

La nature, son élan lyrique, ses humeurs contradictoires, sa menace imminente : les frères Adams la connaissent bien, pour l’avoir domptée dans leurs disques. « Outside Closer », leur sixième album, se colore pourtant de nouvelles teintes, plus hospitalières, plus printanières. C’est l’ère du bourgeonnement, d’un nouveau départ : fini le temps des calottes glaciaires, retour à la vie, à ses charmes graciles. L’électronique cette fois en discrète impression, c’est l’organique de la pop et du folk qui réchauffe désormais nos articulations : « Outside Closer » pourrait ainsi s’écouter comme le plus accessible des disques de Hood. Toujours vaporeux, mais à la bordure des Bermudes : c’est la ouate, mais sans le chloroforme. Et le chant, pour une fois, se targue d’être essentiel : l’émotion se fait voix (cfr Styrofoam, L’Altra, Movietone), l’harmonie se dédouble. Des cuivres aux clarinettes, la musique s’adoucit, parce qu’elle est moins sournoise : pour Hood c’est la fin du tunnel, le réveil du coma. Une nouvelle vie s’annonce, moins frileuse que jadis.

Ellis Hooks

Godson of soul

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Ellis est né à Bayminette, en Alabama. Il est le treizième enfant d'une famille qui en comptait seize. A l’âge de 15 ans, il quitte sa famille et part à l’aventure. Il sillonne les USA et se produit dans la rue où il chante en s’accompagnant à la guitare acoustique. Diana Ross le remarque un peu par hasard. Alors qu’il joue au Central Park de New York. Mais Ellis est trop jeune et ne saisit pas l'opportunité d'enregistrer aux studios de Central Station. Il traverse alors l'Atlantique pour changer un peu de décor, animant les rues et sorties de métro des grandes villes européennes. De retour à New York, il tape dans l’oreille du producteur Jon Tiven. Ce qui lui permet de commettre son premier opus : "Undeniable". En 2002. Sur le label Zane, qui lui colle le sticker de jeune Wilson Pickett. Il retourne en Europe en compagnie des Stax Pistols, une formation au sein de laquelle milite un certain Glen Matlock… ex-Sex Pistol!!! L’année suivante, paraît "Up your mind" (NDR : chez Evidence) un disque taxé de ‘southern soul and blues’. Puis en 2004, "Uncomplicated" (pour Artemis) que Hooks estime relever de l'Americana soul (NDLR : bonjour les étiquettes !).
 
A trente ans à peine, Ellis vient donc de concocter son quatrième elpee. Toujours chez Evidence. Les sessions d’enregistrement ont été opérées à Nashville sous la houlette de l’incontournable Jon Tiven, un personnage à qui l’artiste doit beaucoup. Ellis possède un excellent organe vocal. Puissant en plus.
 
"Five times" ouvre l’opus. Une superbe ballade soul, illuminée par cette voix lumineuse. La mise en forme de Tiven est impeccable. Tout est parfaitement en place. Les vocaux dominent l’instrumentation. Tramé sur une bien jolie mélodie, "Black nights, blue moon" est sculpté dans le même moule. La voix d'Ellis scintille comme un joyau dans un écrin de soul ; une voix extraordinaire que souligne Jon, de son piano électrique. Presque toutes les plages (NDR : 14 !) sont signées Jon Tiven ou Hooks/Tiven. Véritable homme orchestre, Jon joue de la guitare, du piano, de l'orgue Hammond, du saxophone, de l'harmonica et de la batterie. Sally Tiven (NDR : sa femme) de la basse, Billy Block ou Chester Thompson des percussions. Peu de changement de tempo pour "High Roller", un fragment cependant plus funky. Le R&B est souverain. Tiven extirpe de ses six cordes des phrases très bluesy. Le tempo s'envole pour "Little bitta lovin". Un R&B dynamique. Le timbre d’Ellis est ici très proche de celui de James Brown. La guitare s'évade à coups d'arpèges devant les cuivres de Tiven et de Wayne Jackson des Memphis Horns. L’ombre de Brown hante de nouveau "Show me your love". Signé Tiven/Hooks/Steve Cropper, "Was it something I said?" est un blues bien enlevé. La rythmique est chargée de groove. Cropper, le maître de Memphis, se réserve la guitare, pendant que Bobby Womack donne la réplique au téléphone. Autre ballade, "Chainsaw" est taillée sur mesure pour la puissance de feu de Hooks. Pour la circonstance, il partage le chant avec la vedette country honky tonk, Marty Brown. "Honeysukle" est un R&B très bluesy, une plage au cours de laquelle des chœurs féminins soutiennent les vocaux d’Ellis. Ballade, "You changed my life" aurait pu relever du répertoire de l'Irlandais Van Morrison. Et la fin de l’album offre encore d’excellentes surprises. A l’instar du funky "Go for it". Ellis force un peu la voix comme l'Anglais Steve Marriott pouvait si bien le faire. Lors du titre final, Ellis joue de la slide acoustique et Mason Casey se réserve l'harmonica. Un autre brûlot intitulé "Rock my stone". Nonobstant son jeune âge, Hooks fait déjà partie des grands. Non seulement il est régulièrement comparé à Wilson Pickett, mais il est parvenu à puiser la quintessence des meilleurs du blues (Don Covay, BB King), de la soul (Marvin Gaye, James Brown) ou encore du jazz (Ray Charles).

The Go-Betweens

Oceans apart

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On ne peut pas dire que les Go-Betweens chôment depuis leur reformation, puisqu’ils viennent de commettre trois elpees en cinq ans. Et dans l’absolu, “Oceans apart” constitue le neuvième de la formation australienne (NDR : il n’est donc pas tenu compte des différents projets parallèles ou en solitaire). Pour enregistrer ce nouvel opus, le groupe a de nouveau reçu le concours de Mark Wallis à la production, personnage qui avait mis en forme l’excellent « 16 lovers Lane ». En 1988. Et puis du drummer Glenn Thompson ainsi que de la bassiste Adèle Pickvance. Deux musiciens qui avaient déjà participé à la confection de leur dernier opus. Les dix chansons qui figurent sur cet elpee sont tout simplement superbes. Grant Mc Lennan et Robert Forster sont au sommet de leur art. Empreintes de mélancolie et de poésie lyrique, les mélodies douces-amères exercent un charme irrésistible. Des mélodies sculptées dans l’instrumentation semi acoustique, mais enrichie d’arrangements splendides et judicieux (NDR : dont un zeste d’électronique !) Des images fragiles, pastel, de paysages visionnaires (l’Australie), romantiques (le XIXème siècle?) servent de trame à des thèmes qui parlent du passé, de la mémoire, du chagrin, de la reconstruction. De la vie quoi ! Tour à tour, les voix mûres et suaves de Grant et de Robert peuvent y exprimer toutes leurs réflexions, sans la moindre contrainte, mais avec beaucoup de retenue et de pudeur. Deux fragments évoluent même aux antipodes de l’histoire du rock’n roll. D’un côté, le dylanesque « The statue ». Et de l’autre le presque new wave « This night’s for you », dont la sophistication me rappelle quelque part, un certain Modern English. Un superbe album, qui bénéficie, en édition limitée, d’un second Cd recelant six titres immortalisés au Barbican de Londres, l’année dernière.