La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

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dEUS

In a bar, under the sea

Pour produire son nouvel album, dEUS a reçu le concours de Scott McCloud (GirlsVs boys), de Dana Colley (Morphine), de Rudy Trouvé (ex-dEUS, aujourd'hui Moondog Jr), et puis surtout d'Eric Drew Feldman à la production, un personnage qui voici déjà un quart de siècle fut impliqué dans l'aventure du Captain Beefheart, et dont la carte de visite mentionne plus récemment une collaboration et une mise en forme de disques du défunt Pixies, de Pere Ubu et de PJ Harvey. Un choix finalement fort judicieux pour cette formation anversoise qui continue à bousculer les structures traditionnelles de la composition; et dont le talent naturel lui permet de vagabonder d'un style à l'autre avec une facilité et une insolence déconcertantes. Sur " In a bar, under the sea ", la formation fait preuve d'une maturité impressionnante, glissant du minimalisme intimiste, parfois teinté de jazz nightclubbien (Miles Davies?), à l'expérimentation underground de Tuxedomoon, en passant par la folk sordide de Tom Waits. Une opération qu'il réalise sous un dénominateur commun: la pop. Ce qui lui permet ainsi d'extraire plus facilement ses véritables harmonies du chaos et de conserver un niveau mélodique particulièrement élevé. Superbe!

 

Denim

Denim on ice

Lorsque Felt a splitté, Lawrence à plié instruments et bagages pour s'exiler aux States. Felt, souvenez-vous, était cette formation culte de pop/rock velvetien, savoureux, qui a sévi au cours des eighties. Au pays de l'oncle Sam, il y fonde Denim. Et enregistre "Back in Denim" en 93, avec l'aide de plusieurs musiciens de Gary Glitter. C'est vrai que Lawrence a toujours aimé le glam. Celui de Glitter, bien sûr, mais également du Sweet et des Motors. Et il manifeste cette inclination à travers son nouveau groupe. Après avoir marqué de son empreinte les eighties, il se met à farfouiller dans les seventies. Les eighties, il ne les a cependant pas totalement oubliées, puisque ses textes retracent des mini drames de la génération perdue. La sienne! Des compositions qu'il interprète d'une voix glacée, sorte d'hybride entre les timbres de Lou Reed, de Peter Perrett (Only Ones) et de Gary Numan. Un superbe album découpé en 18 fragments, dont la sensibilité mélodique apparemment calquée sur celle des Cars est recouverte d'une fine pellicule de synthétisme; enduit sonore appliqué à l'aide d'un vieux moog ou d'un piano spasmodique. A notre humble avis, ce "Denim on ice" pourrait faire un tabac dans les charts. Suffit cependant d'une étincelle pour faire fondre la glace!...

 

Def Leppard

Slang

Écrit par

N'étant plus vraiment en odeur de sainteté ces derniers temps, Def Leppard, la machine anglaise la plus américanisée de tout les temps s'est imposé une sérieuse remise en question avant d'entamer l'enregistrement de "Slang". Si bien que sans se défaire de leur image propre, Joe Elliot et ses acolytes ont accompli une prouesse colossale: faire oublier un "Adrenalize" beaucoup trop aseptisé en produisant un album presque avant-gardiste et diablement efficace. Avec l'imparable "Truth", le single dansant "Slang" où le boogie ZZ topien de "Work it out", les portes des charts s'ouvrent une nouvelle fois au léopard british.

 

Def Con Dios

Alzheimer

Vingt-deux titres récréatifs, pour cet album dont le titre l'est beaucoup moins. En fait cet ensemble espagnol, qui chante dans sa langue natale, agrège avec beaucoup de vivacité et de finesse le rap, le hardcore et le punk. Une symbiose malheureusement gâchée par le nombrilisme déplacé du guitariste qui se prend pour Ritchie Blackmore, sans en avoir l'étoffe...

 

Deep Blue Something

Home

Un quatuor texan qui ne joue ni de la country, ni du blues, c'est plutôt rare. Pourtant, la formation possède toutes les aptitudes utiles et nécessaires pour briller au sein de ces deux styles musicaux. Mais les frangins Pipes n'en ont rien à cirer de cette tradition. Ils préfèrent s'exprimer à travers un style personnel. Pop rock, qui correspond finalement beaucoup mieux à l'Australie qu'au Far West. Bien sûr, la ligne de basse glacée épouse parfois un profil curiste, presque cold (NDR: presque froid quoi!), alors que les accords de guitare reverb, bringuebalants, rallument épisodiquement la flamme de Durutti Column, voire d'Indochine. Mais en général, Deep Blue Something manifeste un sens mélodique aussi subtil que celui de Go-Betweens et aussi ténébreux, fiévreux du Died Pretty. Les frères Todd et Toby Pipes partagent en outre le chant. Deux superbes voix, dont l'une d'entre elles semble avoir hérité des inflexions conjuguées de Mike Pinder (Moody Blues), de Marc Hollis (Talk Talk) et de Tom Haran (The Expression)...

 

The Deadly Nightshades (Australia)

The deadly nightshades

S'il n'y avait ce zeste de mellotron égaré sur l'un ou l'autre morceau, cet album serait un parfait ‘unplugged’. Et ce ne sont pas les quelques interventions de violoncelle ou de trompette qui changeront quoi que ce soit à l'impression générale. Trio australien, Deadly Nighshades se partage équitablement guitares acoustiques, percussions et harmonies vocales. Mais c'est Lisa Hill qui assure toutes les compositions et se réserve le chant principal. Normal lorsqu'on dispose d'une aussi belle voix que celle de Kate Bush. Un disque qui s'ouvre par une remarquable composition, "Totally female". Sauvagement raffinée, férocement subtile, elle aurait pu tout aussi bien appartenir au répertoire d'Ed Kuepper. La suite, tout en exhalant la fraîcheur et la grâce poétique des Walkabouts, s'abandonne un peu trop facilement dans une sorte de soft pop moelleuse, circa Peter Paul and Mary. Dommage!

 

Dead Can Dance

Spiritchaser

Après avoir exploré une multitude de cultures musicales conventionnelles - du néo classique au baroque en passant par le celtique, le gothique, l'ambient et bien d'autres -, historiques - élisabéthaine, liturgique et chant grégorien -; ethniques - orientale, balkanique, arabe, hindoue, africaine -, Dead Can Dance en est revenu à une forme plus proche de ses débuts. Qui remontent déjà à 1981. Attention, pas ceux du premier album éponyme qui lui avait valu d'être comparé à Cocteau Twins. Mais bien du deuxième, " Spleen and ideal ". " Spiritchaser ", septième album studio du duo australien renoue avec ce style si élégant qui lui avait permis d'agréger le mysticisme oriental, la mélancolie britannique et la world music. Un album beaucoup moins impénétrable que " Aaion " ou " Into the labyrinth ", mais toujours aussi déroutant et fascinant. DCD y laisse une grande place aux percussions et aux rythmes. Africains, bien sûr, mais hantés par le spectre du vaudou. Et puis latino-américains. Brésiliens et péruviens pour être plus précis. Si le fragile équilibre entre la voix éthérée, exceptionnelle de Lisa Gerrard et celle plus terne, mais tellement vibrante de Brendan est préservé, on remarque surtout une mise en valeur du sens mélodique par l'instrumentation aussi bien folklorique que technologique. Une œuvre qui devrait ravir les fans de world music impressionniste…

 

The Durutti Column

Fidelity

Lorsqu'au début des eighties, la mode était aux synthés et aux boites à rythmes, Viny Reilly prônait les vertus de la guitare électrique. Ses exercices de style minimalistes, impressionnistes, empreints de nostalgie, de grâce et d'intimisme sont d'ailleurs immortalisés sur les elpees "The return of D.C." et "L.C.". Depuis le jeune prodige n'est plus parvenu à retrouver le feu sacré, multipliant les albums ‘live’, épaulant Morrissey pour son premier opus solo, avant de se tourner, fin des eighties, vers l'ambient techno; alors que paradoxalement, les formations de pop et de rock rendaient à la guitare, ses lettes de noblesses. Pour "Fidelity", il faut d'ailleurs attendre "G & T" et les deux dernières compositions "Guitar for mother" et "Storm for Steve" pour retrouver la magie des sonorités chatoyantes, fragiles, kaléidoscopiques de sa râpe. Pourtant, le reste de l'album n'est pas du tout désagréable à écouter. Les synthés, les boîtes à rythmes entretiennent un climat synthétiquement ‘durutticolumnesque’, accidentellement hydraté par le vocal éthéré d'Elli R. Rudge ou traversé de vocaux allègrement samplés, que vient trop épisodiquement rafraîchir une bruine d'électricité... M'enfin rien que les trois fragments plébiscités valent leur pesant d'or!

 

Dub War

Wrong side of beautiful

Cette formation galloise injecte un max d'adrénaline dans son mélange de dub, de trash, de punk et de jazz. Mais si l'aspect mélodique est un peu trop sacrifié sur l'autel du metal, Dub War accorde un soin tout particulier aux arrangements tout en manifestant un groove irrésistiblement télépathique...

 

Dr Robert

Realms of God

Apparemment Robert Howard est un personnage qui jouit d'une certaine notoriété aux Iles Britanniques, puisque pour enregistrer ce "Realms of God", il a bénéficié du concours de quelques musiciens particulièrement huppés. La chanteuse gospel Karen Richards, l'ex Plastic Ono Band, Alan White, ainsi que Paul Weller. Un Paul Weller qui s'est impliqué généreusement tout au long de l'enregistrement de cet opus, avec pour conséquence naturelle une emprise sur le produit fini. Hormis le titre maître, dont le style prog rock rappelle le Floyd de "One of these days", "Realms of God" est partagé entre les ballades dépouillées (Perry Rose?), la pop sylvestre (Week End? Everything But the Girl?) et le pop/rock légèrement jazzyfiant, situé à la croisée des chemins de Style Council (of course!), des Heartsbreakers et de Tears For Fears.

 

Downset

Do we speak a dead language

Deuxième opus pour ce quartette californien (Los Angeles) qui pratique un hardcore/trash/metal fort proche de Rage Against The Machine. C'est à dire largement teinté de hip hop et de punk. Si musicalement, Downset n'apporte pas grand chose de neuf, lyriquement, il se montre à la hauteur de ses congénères, dénonçant, entre autres, les problèmes socio-politico-économiques nés de la course effrénée au néo libéralisme menée par la classe dirigeante yankee…

 

Donovan

Sutrasss

Sincèrement, nous ne pensions pas que Donovan Leitch aurait un jour refait surface? Et surtout de cette manière! Agé aujourd'hui de cinquante piges, ce folk singer écossais ne faisait d'ailleurs plus parler de lui qu'à travers ses compilations. Pour enregistrer cet album, il a bien sûr reçu le concours d'une foultitude d'admirateurs, parmi lesquels on retrouve Benmont Tench (Tom Petty & the Heartbreakers), Jonny Polonsky, Nigel Kennedy, ainsi que du guitariste de Red Hot Chili Peppers, David Navarro, qui pour la circonstance a convaincu Rick Rubin de produire ce "Sutrass". Quinze chansons remarquables de fraîcheur, de simplicité et d'interprétation qui méritent assurément leur place aux côtés de classiques tels que "Sunshine superman ", " Mellow yellow ", " Hudy gurdy man" ou " Goo goo baraba jagal " Une excellente surprise!

 

The Divine Comedy

Casanova

Si vous ne connaissiez Divine Comedy qu'à travers "Fanfare to the comic muse" ou "Liberation", vous risquez fort d'être surpris. Ou plus exactement d'être fort surpris. Et pourtant Neil Hannon avait déjà manifesté, à travers ces deux elpees, un goût très prononcé pour le soin et la sophistication des arrangements. Mais de là à enregistrer un album de music-hall, il y a une marge que nous n'aurions jamais imaginé. Pour concocter "Casanova", cet Irlandais du nord s'est entouré d'un véritable orchestre symphonique. Section à cordes, à cuivres, chef d'orchestre et tout le saint tremblement. Provoquant une nouvelle rencontre entre la musique dite classique et la pop. Parce qu'il y a bien sûr associé son groupe. Basiquement rock. Y ajoutant même des claviers programmés et quelques solistes en tous genres. Et c'est en s'appuyant sur cette texture opulente que Neil interprète ses ballades mélancoliques, rêveuses sur un ton tantôt allègre, tantôt maniéré, d'une voix dont l'amplitude navigue quelque part entre celle de Marc Almond et de Peter Hammill. Bref une entreprise ambitieuse, grandiloquente, mais qui ne manque pas d'intérêt.

 

Eels

Beautiful freak

Vous avez peut-être déjà eu l'occasion d'entendre le single " Novocaine from the soul ", sur l'une ou l'autre station de radio. Et vous vous êtes probablement demandé si cette composition ne relevait pas du répertoire de dEUS, et en particulier de son dernier album, " In a bar, under the sea ". Détrompez-vous. Car si la musique d'Eels est également baroque, elle ne présente - hormis le single incriminé - que très peu d'affinités avec celle du groupe anversois. A la rigueur le timbre vocal d'E, aussi intimiste, écorché et laconique que celui de Tom Barman. Mais pour le reste, ce " Beautiful freak " affiche une sensibilité mélodique fort proche de New Musik, baigne dans un climat aussi tendu, torturé et instable que chez les formations de lo fi, telles que Sebadoh et Swell, abonde de rythmes et surtout de percussions ethniques, mais également insolites, tout en laissant filtrer des accès de jazz moderne aussi fluides qu'à la belle époque où Caravan était le fleuron de la Canterbury School...

 

Evil Superstars

Love is Okay

De souche polonaise, Mauro Pawlowski, est originaire du Limbourg. De Zolder très exactement. Un personnage qui tire un peu toutes les ficelles de cet Evil Superstars. Un leader naturel quoi! Mais aussi et surtout un compositeur torturé qui projette dans ses chansons une vision décousue, violente, diabolique, déconnectée de la réalité. Sur une musique aussi baroque que celle de Deus. Parfois on a même l'impression d'entendre un cocktail explosif préparé à base de Pavement, de Ween et de Captain Beefheart. "Love is okay" constitue le premier album de ce quintette. Un disque à la coloration bien particulière, à la limite expérimentale, qui a cependant déjà reçu un écho plus que favorable outre-Manche. Qui a dit que le rock belge n'était pas un produit d'exportation?

 

Everything But The Girl

Walking wounded

Il aura donc fallu la rencontre de Tracey Thorn et de Ben Watt avec l'équipe de Massive Attack pour permettre à EBTG de revenir à l'avant plan de la scène musicale. Et pourtant, dix ans plus tôt, leur pop sylvestre, mélancolique, où la bossa nova et la samba côtoyait le jazz et le folk, avait fait merveille sut un premier elpee, qui répondait au nom d'" Eden ". Avec " Walking wounded ", leur dernier opus, la rythmique techno et les breakbeats hip hop ont apporté une coloration franchement contemporaine à leurs chansons introspectives, coloration embuée par la douceur feutrée de leurs timbres vocaux...

 

Everclear

Sparkle and fade

Everclear est le nom donné à un alcool de grain à 95°. Fabriqué dans le Kentucky, à Owensboro très exactement, il possède une réputation d'eau de vie particulièrement virulente. C'est également le nom d'un trio yankee qui tente de noyer son angoisse et son désespoir dans une intensité aussi énergique, intransigeante et mélodique que chez Foo Fighters. Un style cependant revisité par le country rock (Doobie Brohers?), le punk (X) et le trash métal de Screamin' Trees. Une forme de post grunge qui souffre malheureusement du vocal un peu trop sableux d'Art Alexakis, y compris sur le superbe "The twistinside"...

 

Epic Soundtracks

Sleeping star

Frangin de Nikki Sudden, Paul Godley (NDR: cherchez l'erreur!) a transité successivement chez les Jacobites, These Immortal Souls, Crime & The City Solution et Red Crayola avant d'embrasser une carrière en solitaire. Ce qui ne l'a pas empêché de participer à de nombreuses sessions d'enregistrement. Notamment en compagnie des musiciens de Sonic Youth, de Père Ubu, de Robert Wyatt et de Mike Watt. "Sleeping Star" constitue son deuxième album solo. Un disque pour lequel il a reçu la collaboration de Will Pepper, bassiste de Thee Hypnotics ainsi que d'Henry Olsen (Primal Scream). Préposé pour la circonstance aux arrangements de cordes. Epic se réserve l'essentiel de l'instrumentation. Depuis le piano aux drums en passant par la guitare et quelques lignes de basse. Sans oublier le chant. Une voix introspective, mélancolique, épisodiquement soulignée de backing vocaux féminins, qui accentue l'intimisme douloureux des compositions nonchalantes, fragiles, automnales diluées dans un paysage sonore propice à l'aquarelle...

 

Electronic

Raise the pressure

A l'issue de la première rencontre entre Johnny Marr et Bernard Summer, concrétisée par un elpee éponyme, toute la presse musicale s'était empressée de célébrer la remarquable fusion entre la subtilité électrique des Smiths et les sequencers de New Order. Aussi, il était facile d'imaginer un replay pour ce deuxième opus. Ce qui serait une erreur coupable. Explications. D'abord, Neil Tennant des Pet Shop Boys a cédé sa place à Karl Bartos, claviériste dont la carte de visite mentionne un séjour chez Kraftwerk. Et puis Johnny se montre beaucoup plus discret à la ‘six cordes’. En fait, il n'en joue plus. Ou plus exactement manipule un nouveau modèle de guitare computer. Ce qui donne à la solution une coloration New Order beaucoup plus prononcée. Seul le flair mélodique de Marr apporte une sensibilité différente, davantage propice à l'épanchement de sensations et d'émotions. Un phénomène qui se marque surtout sur "One day" et sur le single "Forbidden city". Pour le reste, cette techno pop est éclaboussée de rythmes astucieusement précis, enrichie d'une foule de détails finement texturés, d'arrangements somptueusement synthétisés. Quant au vocal confident, détaché de Summer il chuchote toujours des lyrics aussi ambigus sur les problèmes existentiels. Un disque dont les dix fragments mériteraient de figurer en single. Et surtout de décrocher des hit-singles. C'est tout le mal qu'on lui souhaite...

 

Mark Eitzel

Watt silver lining

Chanteur, compositeur et leader d'American Music Club, Mark Eitzel nous revient avec un album solo. Son deuxième en cinq ans. Sa première expérience individuelle remonte en fait déjà à 1991, lors de l'enregistrement d'"Everclear". Mais aujourd'hui, Mark laisse planer le bruit d'un split chez AMC. Pour concocter "Watt silver living", il n'a d'ailleurs reçu le concours d'aucun de ses acolytes. Même pas de son pote Vudi. Il s'est entouré de musiciens de studio. Qui se partagent piano, basse, orgue, mandoline, drums, trompette et steel. Peu ou pratiquement pas de véritable guitare. Ni électrique, ni acoustique. Pas de basse, mais une contrebasse. Ce qui donne un résultat tout à fait surprenant à cette œuvre intimiste, légèrement jazzyfiante, qui dans ses moments les plus climatiques nous rappelle Japan. Douze compositions empreintes de désespoir et de chagrin noyées dans les vapeurs d'alcool. Mark regarde à travers les verres vides les déboires de son existence amoureuse. De sa voix de crooner, légèrement écorchée il tente d'exorciser son funeste passé. Lyriquement, ses chansons ne sont d'ailleurs pas loin d'atteindre l'intensité d'un Raymond Carver, d'un Tennessee William ou d'un Charles Bukowski. Et d'une manière plus contemporaine, de Tom Waits. Remarquable!

 

Eightball

Where gravity ends

Corrodé par un metal implacable, âpre, redoutable, Eightball ne fait pas dans la dentelle. Normal lorsqu'on sait que ce quatuor anversois s'inspire directement de Body Count, de Sepultura, de Channel Zero et bien sûr de Black Sabbath. Pas vraiment notre tasse de thé! D'autant plus que le ‘lead singer’ beugle plutôt qu'il ne chante. A un tel point que toute la solution en devient exaspérante. Dommage car ce groupe peut compter sur un excellent drummer, dont le brio n'est pas suffisamment mis en évidence, et surtout d'une seconde voix remarquable, dont le timbre mystérieux, vibrant nous rappelle un certain Rozz Williams (Christian Death)...