La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

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Aucun remboursement de prévu pour les Lambrini Girls

Le duo punk Lambrini Girls sortira son deuxième album, « No Refunds », le 15 janvier 2027 chez City Slang. En attendant, il a partagé un tout nouveau single, « Bang Bang Bang », accompagné d’un clip vidéo. Successeur de leur premier elpee, « Who Let The Dogs…

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Clawfinger

Use your Brain

Réponse scandinave à Henry Rollins, Clawfinger adopte une tactique identique pour défendre ses convictions sociopolitiques (ça rime!) Mêlant le rap, le trash metal et les samples avec la provocation de Faith No More. Les mots et les accusations avec l'hostilité de Rage Against The Machine. Un arsenal de munitions qui lui permet de disposer d'une force de frappe assez impressionnante sur les planches. Exercée en 1995 lors de l'édition du festival jumelé Torhout/Wechter. "Use your Brain" constitue son deuxième album. Douze missiles chargés de poudre et d'explosifs. Malheureusement, deux seulement atteignent leur cible."It" et "Undone". Plus subtils, plus mélodiques, ils exhalent une certaine toxicité prog rock atmosphérique, énigmatique, héritée de l'univers de Mahavishnu Orchestra. Dommage que tout l'album ne soit pas de la même trempe!

The Clean

Modern Rock

Il y avait cinq ans que le mythe néo-zélandais n'avait plus donné signe de vie. Lors de l'enregistrement du précédent opus, "Vehicle". Concocté à l'issue d'une tournée qui célébrait la réunion du groupe, séparé depuis 1981. En fait, les musiciens de Clean étaient trop absorbés par leurs expériences personnelles. David Kilgour en solo et Robert Scott dans son périple à travers le monde, pour épauler Bats. Et puis le trio avait décidé de se réunir sans contrainte, lorsque le besoin s'en serait fait sentir. "Modern Rock" en est donc le résultat. Un disque déconcertant. Pop, bien sûr. Mais hanté par des claviers. Krautrock (Neu, Can), obsessionnels (Blue Orchids?), minimalistes (Stereolab?) ou même rognés par les sixties (Doors ? Iron Butterfly ?) Les mélodies tendres mais énigmatiques, spontanées et vibrantes, épanchent une mélancolie stimulante. Parfois à la sensibilité proche d'Ed Kuepper, sur "Linger longer", notamment, lorsque frissonne les accords de piano frémissants ou encore de House of Love dans "Something I need" et "Do your think", mais avec une texture de cordes de guitare totalement différente, semi-acoustique. Un disque à la fois étrange, rafraîchissant, de "Modern Rock" quoi!

Cast

All Change

Cast puise son inspiration dans la pop des sixties. Mais peu instantanée, elle nécessite quelques auditions avant d'être appréciée à sa juste valeur. La pop des Beatles, bien sûr, dont la formation revendique une partie de l'héritage. Mais également du Who dans sa phase originelle ; mod pour être tout à fait précis. Ce qui explique sans doute pourquoi certaines compositions de cet "All change" exhalent un parfum Jam. Pop, mais également glam. Pensez à TRex. Et puis punk. Pas le punk insulaire. Mais bien new-yorkais. A cause du son de la guitare dont le phrasé reverb rappelle inévitablement Tom Verlaine. Sans oublier le petit côté house, scally, pulsant, mancunien, emprunté aux Stone Roses voire aux Charlatans. Douze titres qui recèlent les singles "All Right" et "Finetime". Douze superbes mélodies hymniques, mélancoliques, contagieuses, caressées par la superbe voix de John Power dont le timbre campe un hybride entre celui de Brett Anderson (Suede) de Jarvis Cocker (Pulp) et du Liverpuldien Ian McCulloch (ex-Echo & the Bunnymen, aujourd'hui Electrafixion). Matière grise de Cast, mais aussi et surtout leader du défunt et regretté LA's, John Power est également natif de Liverpool. Et ça, c'est une référence!

 

The Charlatans

The Charlatans

En 1990, la scène de Manchester était en pleine ébullition. Au fourneau : Stone Roses et Happy Mondays. Tout ce qui touchait à la house se transformait en hits potentiels. Hormis James et New Order, qui chacun à sa manière refusait d'entrer dans la danse (enfin presque!), la plupart des groupes du coin en ont profité pour sauter dans le train en marche. Et notamment Northside, New Fads, Paris Angels et les Charlatans. Cinq années plus tard, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts de l'Irwell. Stone Roses vient enfin de sortir son deuxième opus, les Happy Mondays ont splitté pour renaître sous la forme de Black Grape. Malgré tout leur talent, les New Fads ne parviennent toujours pas à se dépêtrer de la zone crépusculaire de l'underground. Alors que James hésite entre y retourner ou s'y extraire définitivement. New Order s'est désintégré. Reste finalement le plus productif, le plus persévérant, et probablement le moins charlatan du lot: les Charlatans. Responsable de quatre elpees en une demi-décennie! Si le nouvel album bénéficie encore du concours de Steve Hillage à la production, il ne l'est plus qu'aux deux tiers. En fait, le quintette lui reprochait de dénaturer de plus en plus son expression. De la sophistiquer à outrance. Et ont remercié Steve au beau milieu des sessions d'enregistrement. Ne conservant finalement que l'ingénieur du son Dave Charles, question de superviser leur première autoproduction. Eponyme, ce morceau de plastique revient donc à une forme plus classique, plus garage du style des Charlatans. Avec un zeste de funk, des cordes de guitare crépitantes, distordues, des claviers délicieusement rognés mais jamais envahissants, sans oublier le vocal indolent, ouaté de Tim. Bref, un excellent disque, auquel nous ne pouvons adresser qu'un seul reproche, celui d'inclure quatre fragments déjà sortis en singles...

 

Vic Chesnutt

Is the Actor Happy

Est-ce que l'acteur est heureux?  Peu probable lorsqu'on sait que ce Géorgien est paraplégique depuis l'âge de 23 ans. Suite à un accident de voiture. Ce qui ne veut pas dire qu'il soit devenu neurasthénique. Simplement, il puise aujourd'hui sa muse à travers une vision singulière, mordante, réaliste et même humoristique du monde contemporain, visions nées de ce coup du sort. Si sur ses trois albums précédents, ses chansons adoptaient un profil essentiellement acoustique, pour "Is the actor happy?" il a injecté davantage d'électricité. Vivifiante, à l'intensité blanche, presque ‘remesque’, comme sur les remarquables "Strange Language" et "Free of Hope". Le tout enrobé d'arrangements semi-acoustiques chauds, subtils et séduisants. Des chansons qu'il interprète un peu à la manière d'un conteur, d'une voix grave, gémissante, étranglée par l'émotion. Epatant!

 

China Drum

Rolling hills and soaking gills (Ep)

Nous supposions que ce trio était originaire d'Ecosse. Nous avons manqué notre cible de très peu, puisque ce China Drum nous vient du nord-est de l'Angleterre. De Newcastle, très exactement. Ce "Roling hills and soaking gills" n'est pas encore le nouvel opus du combo, mais un Ep constitué de sept titres, l'album ayant été programmé pour le début 96. Leur expression sonore baigne dans le popcore, le punkcore, et le metalcore. Du même acabit que Green Day, Nova Mob ou Sugar. Encore que le tempo particulièrement échevelé nous rapproche davantage du mythique et défunt Hüsker Dü...

 

Chug

Sassafras

Chez Flying Nun, nous avons rarement eu de mauvaise surprise. Et, il faut reconnaître que pour Chug, elle se révèle même excellente. Un groupe néo-zélandais, vous vous en doutez. De Dunedin très exactement, qui à ce jour n'avait concocté que deux seven inches. Voici donc son premier elpee. Douze titres à la verve pop psychédélique. Mais un psychédélisme qui fouille autant dans la West Coast de la fin des sixties (Jefferson Airplane, Quicksilver Messenger Service) que dans le post punk de Wire. Pensez à sa trilogie "Pink Flag"/"Chairs Missing"/"154". Avec des spécificités propres à chaque composition, bien sûr. Hydratées par des claviers ‘doorsiens’ ("Riders on the storm?) sur "Long Haul". Torturées par des cordes de guitare en distorsion constante, comme chez Sonic Youth", sur "Witches". Parfois même minimalistes suivant les principes établis par Stereolab. Ou ‘spectralement’ Porno For Pyros, lorsque l'harmonica hanté traverse l'espace sonore. Mais en général, les chansons sont imprimées sur un tempo métronomique, obsessionnel et libèrent une électricité capricieuse, vibrante, exacerbée par la ligne de basse pivotante et parfumée par ce mélange étrange, savoureux des timbres vocaux de Norma et de Sean. Un must!

 

Chumbawamba

Swingin with Raymond

Au fil des albums, l'expression de Chumbawamba a glissé d'un agit punk ravageur vers un agit pop réfléchi. En fait, ce sont les lyrics, et exclusivement les lyrics qui véhiculent toute leur diatribe. Car la formation de Leeds adore tirer sur tout ce qui est susceptible d'entraver la liberté d'expression et même la liberté tout court. Avec un sens malicieux de l'humour, c'est vrai! Mais aussi et surtout radicalisme, passion pour la polémique, irrévérence impertinente. Ce qui leur a valu d'hériter de l'étiquette d'anarchistes. Ils aiment d'ailleurs autant la pop qu'ils détestent les mythes qu'elle perpétue. Et sur " Swingin' with Raymond ", le message n'a guère changé. Tout le monde en prend plein les gencives. Même Sting et Rod Stewart. Pour leur standing immobilier... Côté musical, le booklet nous informe que cet opus est divisé en deux volets. Celui que l'on aime et celui qu'on déteste. N'allons pas aussi loin. Disons simplement que la première partie baigne dans un climat pop doucereux, bercé d'harmonies vocales mielleuses, délicatement rogné de claviers ‘farfisa’ (Saint Etienne, Animals That Swim), alors que la seconde remue davantage. Pas au point de pogoter ou d'entamer une danse du scalp. Mais en adoptant un style plus syncopé, plus progressif, plus cuivré, à l'instar de Dexy's Midnight Runners voire de Paul Weller. "Oxymoron" affronte même la violence insidieuse, menaçante des Stranglers, style qui semble davantage adapté à l'esprit frondeur de Chumbawamba. Mais là, ce n'est qu'un avis très personnel...

Lloyd Cole

Love Story

Imaginez-vous un peu à l'écart du monde. De la civilisation. Dans un chalet. En plein hiver, occupé à feuilleter un album de photos souvenir devant un feu de bois... C'est un peu la sensation que nous avons ressenti en écoutant le nouvel album de Lloyd Cole. Beaucoup d'émotion, mais des émotions intenses, mélancolique, nostalgiques, parfois même pudiquement teintées d'humour. Douze chansons de pop mélodique que Lloyd interprète d'une voix légèrement usée qui se brise dans l'emphase rauque d'un mot caustique. Douze chansons à l'instrumentation feutrée, à l'équilibre esthétique jamais pris en défaut, qui renouent avec la grâce et l'élégance des Commotions. Douze chansons très inspirées qui semblent naviguer dans des eaux sonores fréquentées au confluent des Silencers, de Chris Isaak, de Chris Bailey et de Perry Rose.

 

Collective Soul

Collective Soul

Bien qu'éponyme, cet opus est déjà le deuxième album de ce quintet yankee (Stockton). Un groupe que vous avez sans doute déjà pu voir et revoir sur MTV. Donc appelé à devenir conséquent. Maintenant ne vous laissez pas intoxiquer par l'image peu flatteuse que vous pourriez vous faire de la formation. Autrement plus intéressante qu'elle n'y paraît. En fait dans l'âme collective de cet ensemble, on pourrait y rencontrer des tas et des tas d'esprits. Entre autres, ceux d'Aerosmith, de Red Hot, de Smashing Pumpkins, de Pearl Jam, de Soul Asylum, de REM, de Died Pretty, des Pixies, de Manic Street Preachers et surtout de T Rex. A cause de ce sens mélodique à la sensibilité glam. Mais en même temps, de ce groove légèrement froissé, alimenté par trois guitares dont une rythmique extrêmement solide imprimé sur un tempo aride, et du timbre vocal d'Ed Roland, dont les inflexions qui rappellent tantôt Peter Gabriel, tantôt Adam Duritz (Counting Crows), apportent une coloration toute particulière, presque fascinante à la solution de cette Collective Soul...

 

Edwyn Collins

Gorgeous George

Edwyn Collins était le chanteur/guitariste et principal compositeur du défunt et mythique Orange Juice. Et lorsque le groupe a splitté, il a décidé d'embrasser une carrière individuelle. Sans grand succès, il faut l'avouer. Pourtant, Edwyn ne manque pas de talent. Et les trois albums enregistrés à ce jour en sont la plus belle démonstration. Ce "Georgeous George", par exemple, qui alterne fragments tendres, soignés, irrigués de claviers fluides, et compositions excitantes, viscéralement attachées au r&b ou au funk. Comme le remarquable single "A girl like you", chanson sur laquelle Edwyn parvient à allier feeling et virtuosité dans un bain d'électricité vivifiant. Probablement le meilleur single paru en 94.

 

Complot

Complot

Ce groupe rennais tire toutes les ficelles de la technologie moderne pour concevoir une musique sombre, atmosphérique, glaciale. Inspirée par Jesus & Mary Chain et Daniel Ash. Mais remodelée, pour la circonstance, suivant une foule de codes synthétiques. House. Electrobody. Techno. Muzak. Impressionniste. Et même new wave. En termes référentiels cette liste pourrait se traduire par Farm, Front 242, Prodigy, Eno, Hector Zazou ; et même Simple Minds circa "Sons and fascination". Le tout enrichi d'instrumentation ethnique. Lokolé, tumbas, etc. Un album qui aurait pu s'avérer très intéressant, s'il n'avait pas eu le mauvais goût de pêcher par excès de synthétisme. Mais, à ce niveau, il s'agit d'un avis très personnel...

 

Concrete Blonde

Still in Hollywood

Non, ce n'est pas encore le nouvel opus de Concrete Blonde, mais un recueil de flip sides, de raretés, d'inédits, de titres enregistrés en ‘live’ et d’extraits d'Eps. De covers également. Notamment "Everybody knows" de Léonard Cohen", "The ship song" de Nick cave, "Little Wing" de Jimi Hendrix, "Simple twist of fate" de Dylan et enfin "Tomorrow, Wendy" de l'ex-Wall of Voodoo, Andy Prieboy. Un morceau de plastique relevé par la présence de la version maximalisée du légendaire "Bloodletting (the vampire song)", soit sept minutes de garage sombre, intense, efficace et inspiré. Une œuvre découpée en seize titres dont l'esprit du Paisley Underground est "Still in Hollywood", mais dont le cœur bat, depuis quelques années déjà, à Londres. Juste de quoi nous faire patienter jusqu'au prochain véritable album...

 

Ry Cooder

Music by Ry Cooder

Cet album est en quelque sorte un ‘best of’ des bandes sonores cinématographiques composées par Ry Cooder. Et notamment pour "Paris Texas", "Alamo Boy", "The Long Riders", "Geronimo", "Crossroads", "The Border", "Blue City", "Johny Handsome", "Trespass" ainsi que pour la toute première fois de "Southern Comfort" et de "Streets of Fire". Un double CD qui illustre le talent de Ry à la slide guitar, mais également ses compétences dans le domaine des arrangements. Des compositions telles que "Theme", "Across the bordeline", "Feelin bad blues" et puis surtout le tango voluptueux "No quiero" en sont d'ailleurs les plus belles illustrations

 

Coolio

Gangsta´s paradise

Evidemment, il était beaucoup plus facile de choisir pour titre de l'album, celui de son tube qui inonde les ondes (ça rime!) radiophoniques depuis quelque temps déjà. Pour le reste, ne nous demandez pas d'émettre un quelconque avis objectif sur le sujet, puisque si nous respectons le discours idéologique du mouvement rap et hip hop, notre sensibilité est totalement hermétique à son support musical. Sachez simplement que les rappeurs de Coolio ont reçu le concours d'une flopée de producteurs, de remixeurs et autres DJs. Citons à tout hasard Wino, E-40, Kam, Ras Kaas, 40 Thevz, etc.

 

Cold Water Flat

Cold Water Flat

Deuxième album pour ce trio de Medfield (Massachusetts), dont le chanteur et guitariste n'est autre que Paul Janovitz, frère de Bill, leader de Buffalo Tom. Après un premier album en demi-teinte, un peu trop consanguin et médiocrement produit, Cold Water Flat vient de dévoiler ses véritables intentions. En enregistrant un opus de popcore instinctif et original. Différent donc de celui de son frangin. Enregistré à Fort Apache, il a bénéficié de la production de Sean Slade et de Tim O'Heir. Pas de synthés, ni de sequencers, mais des mélodies venimeuses qui se tordent comme de serpents en colère au son des cordes de guitare tumultueuses, impétueuses, crépitantes, acérées, et secrètent des lyrics angoissants, interrogatifs, à la limite autobiographiques, consentis par la voix passionnelle, abrasive de Paul, dont le timbre semble avoir hérité de certaines inflexions qui appartiennent à Joe Cocker...

 

Cyko Miko

Lost my Brain

Cyko Miko n'est autre que le surnom de Mike Muir, chanteur et leader de Suicidal Tendencies, surnom hérité de l'époque où il drivait Infectious Groove. Pour enregistrer cet opus, Cyko Miko a fait appel à une flopée de musiciens de studio, et en particulier à Steve Jones, ex-guitariste des Professionals et surtout des Sex Pistols. Et sa présence donne une toute autre coloration à l'expression sonore. Plus cinglante, vivifiante que ce que nous avaient habitué, à ce jour, les Tendencies. A cause du phrasé de guitare de Steve, dont la punktitude insulaire n'a toujours pas trouvé d'équivalent sur la scène pop ou rock contemporaine…

 

Cypress Hill

III - Temple of boom

Dans le domaine du hip hop, Cypress Hill est considéré comme un ensemble avant-gardiste. Un trio californien (Los Angeles) dont le rap astucieux, glacial, expérimental, crépite de sonorités funkysantes, irrégulières, malveillantes. Porte parole de la légalisation des drogues douces aux States (Cypress Hill a rejoint la N.O.R.M.L. en 1991), la formation n'hésite pas à défendre ses opinions à travers une sorte de poésie surréaliste, psalmodiée par le gémissement nasal de B-Real. Ce "III - Temple of boom" est double. Si le deuxième morceau de plastique courtise, en un seul jet et dans un patchwork de remixes, le répertoire antérieur du groupe, le premier disque affronte 15 nouvelles compositions. Et notamment le single "Thow your set in the air" et sa flip side "Killa hill niggas"...

 

Julian Cope

20 mothers

Après avoir recyclé très adroitement le garage rock pendant cinq albums, Goupil le Renard a donc décidé d'élargir son horizon sonore à 180°, tout en multipliant les clins d'œil à l'histoire du rock'n roll. Depuis les Kinks à Syd Barrett, en passant par REM, Tom Petty, les Beatles et les Stones. Julian n'a cependant pas choisi la facilité, (dé)co(u)pant ce "20 Mothers" en 20 fragments (!?!) sur quatre tableaux. Le premier, probablement le plus accessible, implique un des meilleurs singles de l'année, "Try try try", enrichi par ailleurs de 4 inédits sur l'Ep, l'impétueux mais contagieux "Queen/Mother" et la comptine "I'm your daddy". Le deuxième s'ouvre par un deuxième hit potentiel, "Highway to the sun", embraie sur l'hypnotique "1995", et s'achève par un pastiche de Franky Goes to Hollywood ", "Just like poor bear". Le tout saupoudré d'effets spéciaux synthético-pychédéliques. Hormis l'allusion à peine voilée au chanteur du Who, Roger Daltrey, sur "Don't take roots", le troisième est probablement le plus complexe, le plus climatique, voire ambient pour "The Lonely guy", rappelant que Julian Cope a toujours cultivé une image underground. Que ce soit en compagnie de Ian McCulloch, Pete Wylie ou au sein de Teardrop Explodes, rappelé ici par "Greedhead Detector". Sans oublier le psyché baroque. A l'instar de "Cryingbabiessleeplessnights" qui ouvre le quatrième volet. Un fragment plus acoustique, mais infiltré d'interventions de mellotron, un mellotron qui devient même franchement ‘cathédralesque’ au cours du final "When I walk through the land of fear". Cette dernière planche recèle en outre un superbe instrumental, "Leli B", plus new wave que nature. Bref, un chouette album, mais qui exige plusieurs écoutes avant de pouvoir être véritablement apprécié.

 

Julian Cope

Autogeddon

Le troisième volet de la trilogie consacrée à l'écologie, entamé par "Peggy Suicide" et poursuivi sur "Jehovah Kill", était paru l'an dernier. "Autogeddon" n'avait cependant bénéficié d'aucune distribution officielle à l'extérieur des Iles Britannique, pour la simple raison que Cope venait de se brouiller avec sa firme de disques. Faut dire que le Liverpuldien n'y était pas allé de main morte. Et tant le fondamentalisme religieux, "Gun's Roses, Ministry, U2, et quelques autres en avaient pris plein les gencives. "Autogeddon" dénonce la pollution causée par l'automobile. Et bien sûr, le contestataire a pris une volée de bois vert... Bref, ce néo hippie, inquiet de l'empoisonnement de la planète, s'exprime ouvertement à travers ces huit fragments. Depuis le dylanesque "Autogeddon blues" jusqu'au psychédélisme post "Interstellar Overdrive" de "Starcar", en passant par l'avant rock "Ain't no gettin' round gettin' round". Bref une vision éco-apocalyptique, qui nonobstant son sarcasme frondeur et juvénile, mérite quelques instants, et pourquoi pas un CD de réflexion...

 

The Corrs

Forgiven, not forgotten

Ce quartet irlandais est capable du meilleur comme du pire. Le meilleur, lorsqu'il adopte un profil typiquement celtique. Et en particulier sur "Toss the feathers", gigue électrifiée dans l'esprit des Levellers au sommet de leur art. Pour cinq fragments malheureusement. Le reste, nonobstant l'une ou l'autre trace de folk inconsistant, manifeste une prédisposition malencontreuse pour la pop incolore, inodore et insipide de la bande FM. Pensez à Madonna, Olivia Newton John, Roxette ou au Fleetwood Mac contemporain. Toute l'expression est hyper-léchée, aseptisée. Et la production de David Foster, flanqué de l'ingénieur du son Bob Clearmountain, n'y est pas étrangère. Parfois elle est tellement sophistiquée que la moindre lueur d'agressivité est systématiquement tempérée par les accès de piano électrique, un peu comme chez Robert Palmer. Affligeant!