Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

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La vision de l’art prônée par Superchunk…

Superchunk sortira son nouvel album, « Songs in the Key of Yikes », ce 22 août. En attendant, il a partagé le single, « Is It Making You Feel Something ». ‘Il a toujours été vrai que tout le monde traverse quelque chose dont on n'est pas forcément conscient’,…

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Todd Snider

Songs for the daily planet

Né à Portland dans l'Oregon, mais établi à Memphis dans le Tennessee, après avoir transité par la Californie et le Texas, Todd Snider est un poète dont la muse profonde et sincère évoque instantanément Willie Nelson et Kris Kristofferson. Il aime la country. Celle de Joe Mac Donald, de Warren Zevon et surtout de Bob Dylan. La musique sudiste aussi. En particulier Creedence Clearwater Revival et Lynyrd Skynyrd. Enfin, il a enregistré ce "Songs for the daily planet" à Nashville. Un décor qui devrait vous permettre de bien cerner la démarche de cet artiste. Ses chansons, il les interprète à la manière de Zimmerman ou de Tom Petty. D'une voix légèrement poussiéreuse, en s'accompagnant d'une sèche acoustique et d'un harmonica. Et pour respecter les règles de l'art, il s'est entouré d'un groupe qui se partage instrumentation traditionnelle (violon, mandoline, etc.) et conventionnellement plus rock (guitare, basse, drums, claviers) que renforce épisodiquement des choristes. Another folk rock singer? Oui, mais qui ne manque pas de talent!

 

Smog

Wild Love

Album étrange mais attachant pour ce combo californien (San Fransisco) qui avait été, à l'issue de la sortie de ses premiers disques, un peu trop hâtivement relégué au stade de la lo-fi des Sebadoh, Swell et consorts. En fait, hormis l'une ou l'autre composition qui aurait pu figurer sur le magnum opus de Pavement, "Crooked Rain", ou dont le profil correspondrait à un hypothétique Palace Brothers countryfié, la quintessence de "Wild Love" procède de ce contraste saisissant entre maximalisme et minimalisme. Maximalisme des orchestrations, harmonieusement luxuriantes comme chez Tindersticks, et en particulier sur la pièce maîtresse de l'opus "Prince alone in the studio". Ou vulnérablement intimistes à l'instar de Shelleyan Orphan. Minimalisme des accords grêles, plaqués, des cordes de la guitare, même chargés de feedback, des drums épars, des claviers à trois sous. Une ambivalence propice à ces chansons glaciales, romantiques, mélancoliques que Bill Callahan interprète d'une voix blessée en mêlant les sentiments de solitude, de désespoir, de chagrin et de trahison...

 

Kendra Smith

Five ways of disappearing

Premier album solo pour Kendra Smith, mieux connue pour avoir tenu la basse au sein du line up initial de Dream Syndicate, puis pour s'être impliquée, en compagnie de l'ex-Rain Parade David Roback, dans le projet Opal. Mais frustrée de n'être estimée que pour ses capacités de chanteuse, elle a donc choisi de voler de ses propres ailes. "Five ways of disappearing" n'a donc plus guère d'atomes crochus avec le Paisley underground, consommé pourtant pendant plus d'une décennie par cette artiste. Peut-être sur "Bold Marauder", fragment qui ponctue le disque, mais alors en filigrane. Son esprit s'est ainsi ouvert à d'autres horizons sonores. La pop sylvestre, légèrement jazzifiante, mélancolique, fouettée de percussions typiquement folk, un peu comme chez Everything But The Girl. L'univers velvetien de Nico. A cause de ce recours fréquent à l'orgue pneumatique, comme sur cet excellent "Bohemian zebulon", adaptation d'un hymne folklorique georgien. Et puis de cette voix laconique, quoique limpide. Et pourtant, la quintessence de ce morceau de plastique nous est venue d'une composition arty (4AD oblige), énigmatique, réminiscente d'un certain passé progressif hérité de Curved Air, "Aurelia". Une composition qui donne sans doute tout son pesant d'or au disque...

 

Smile (USA)

Maquee

Smile n'a ni la notoriété d'Helmet et encore moins celle de Nirvana. Pourtant, cette formation étasunienne aurait pu, à l'issue d’un hyménée fugitif, procréer ce fils illégitime. Vous voyez donc facilement le topo! Attaque massive (et pas l'inverse!) de cordes de guitare. Mélodies gémissantes, oppressives. Basse menaçante. Voix plaintive. Metal percutant, éclaboussé de grunge. Clichés habilement essaimés. Mais aujourd'hui, faut-il rire ou bien pleurer de cette progéniture?

 

Southern Culture on the Skids

Dirt track date

En remuant les entrailles du swamp rock, du bayou, du rockabilly, du blues et du boogie, Southern Culture on the Skids affiche une coloration franchement revivaliste. Et pourtant, ce "Dirt track date" nous a fait bigrement plaisir. Pas tellement sur les fragments taillés dans le surf, réminiscents des interludes diffusés sur le tube cathodique au cours des fifties, et encore moins sur les morceaux noyés dans le funk, mais surtout lorsque les chansons manifestent ce feeling marécageux, irrésistible, sudiste propre à Creedence Clearwarter Revival et à Tony Joe White. En l'occurrence sur "Fried chicken and gasoline", "Voodoo cadillac" et "8 Pice Boy". On quand on pénètre dans le monde malsain, insidieux des Cramps ("Greenback fly", "Skullbucket"), voire tribal, stoogien, implacable sur "White trash". Et rien que ces cinq titres sont parvenus à polariser toute notre attention, notre admiration...

 

Sonic Youth

Washing Machine

En près de quinze années d'existence, ce quartet new-yorkais n'a jamais concédé la moindre parcelle de création au temps et à la mode, s'évertuant à déflorer les moindres recoins de l'underground. Et ce douzième opus ne déroge pas à la bonne règle, poursuivant et même approfondissant les expérimentations menées sur "Experimental jet set trash and no star".

Découpé en onze fragments, "Washing Machine" implique ainsi deux compositions particulièrement copieuses. Une de dix minutes. Et l'autre de près du double. Le titre maître d'abord. Pour un voyage dans le garage rock dévasté et futuriste. En final ensuite. Pour prendre un bain d'ambient noise dans la "Diamond sea". Dans l'intervalle, la formation yankee vous propose toute une série de nouvelles aventures soniques. Brumeuse et narcotique sur "Daydream nation", pardon, "Becuz", velvetienne ("Junkie's promise"), kraukrock (Neu, Can) chez "Saucer-Like", à l'agonie psychédélique ("No Queen Blues"), beefheartienne ("Party lies"), à l'exotisme volatil ("Skip trace") ; sans oublier la ballade luxuriante ("Unwind") ou contagieuse ("Trouble girl")... En secrétant toujours cette électricité écorchée, en dents de scie, savoureuse, Sonic Youth n'est pas prêt de perdre sa crédibilité sur la scène rock alternative...

 

Sonic Youth

Screaming fields of sonic love

Compile 17 titres pour cette formation new-yorkaise. Un recueil qui pioche dans les sept premiers albums enregistrés entre 1981 et 1988. Soit "Sonic Youth", "Confusion is sex/ Kill your idols", "Bad moon rising", "E.V.O.L.", "Sister", "Daydream nation" et "The whitney album" attribué à "Ciccone Youth". Pas de trace donc de "Goo", "Dirty" et "Experimental jet set, trash and no star" jugés sans doute trop contemporains. Un testament de ce groupe déjà légendaire, anticonformiste et demeuré, malgré sa signature chez un major, aussi imprévisible que créatif...

 

Sonic Youth

Made In USA

En 1988, le groupe new-yorkais commettait la bande originale du film "Made in USA". Sept ans plus tard, elle fait l'objet de cette gravure. Vingt-trois titres, à l'origine instrumentaux, retravaillés par la guitare de Thurston Moore pour la circonstance. Un minimum de parties vocales alimente les compositions, les musiciens du groupe new-yorkais laissant une grande part à l'improvisation. Hormis deux titres plus conformes à l'image du Sonic Youth contemporain, ce "Made in USA" navigue entre l'ambiant noisy et le free punk en passant par le folk psychédélique. Délirant!

 

Silmarils

Silmarils

Tout comme No One Is Innocent, Silmarils accorde une importance primordiale aux lyrics. Des textes vitriolés qui dénoncent tantôt les injustices sociales, tantôt les méfaits commis par les religions et la politique. Dans un style, finalement proche de Rage Against The Machine. Même si Silmarils nous vient d'outre-Quiévrain. De Paris plus que probablement. Et dispense un métal trempé dans le hip hop et le funk. Funk blanc, bien sûr, un peu comme Thérapy ? Bref, un disque qui à premier abord s'avère assez rébarbatif, mais qui au fil du sillon devient presque hypnotique. Envoûtant même, comme sur " Just be true " ou alors téléphoniquement hexagonal pour en ‘Payer le prix’… pas de la communication, bien sûr !…

 

The Silencers

So be it

Considéré à l'origine comme le chaînon manquant entre U2 et Simple Minds, les Silencers jouent en tête de la deuxième division depuis maintenant dix ans. Un ensemble écossais, qui depuis la disparition de Big Coutry et de The Alarm, constitue aujourd'hui le seul représentant de ce style enlevé, attachant et puissant appelé rock/pop celtique. Sur "So be it", le quintette a décidé d'adopter un profil plus rock. Plus électrique. Curieusement sur les premières et les dernières compositions du disque. Des chansons vives, intenses, savoureuses, passionnées et mélodieuses, fruitées par la conjugaison des vocaux de Jimmie O'Neil et de Jinky. Il est d'ailleurs dommage que toute l'œuvre ne soit pas de cette trempe, car son ventre mou se révèle assez indigeste. Libérant même des relents un peu trop à base de Wet Wet Wet et de Del Amitri. Heureusement, la dyspepsie n'est que passagère et nous permet de retrouver rapidement l'appétit sonore. Pour déguster des chansons plus hymniques, contagieuses, balayées de flûte, de violon ou de piano...

 

Sexepil

Sugar from the soul

Il nous a donc fallu plus d'une dizaine d'écoutes avant de pouvoir commencer à décortiquer cet elpee. Et il faut croire qu'il en faudrait probablement autant pour pouvoir en apprécier tous les charmes cachés (!), tant la musique de ce quintet hongrois est riche. Un seul dénominateur commun : l'électricité. Pétillante, crépitante, gémissante, jacassante ou convulsive elle est guidée par de multiples conducteurs. Mélodiques, c'est vrai. Mais qui peuvent osciller du funk blanc (Gang of Four) au prog rock (King Crimson) en passant par le hardcore (Fugazi) l'urban rock (Stooges), le psychédélisme de la west coast du début des seventies (Jefferson Airplane, Grateful Dead) ou post industriel (Wire), l'ethno metal (Tea Party), le popcore (Dig), le punkcore (Band of Susans), la house mancunienne (Stone Roses) et le glam bowiesque de Ziggy Stardust. Un album complexe, mystérieux, ténébreux qui ne manque pas de Sexepil. Remarquable!

 

Seven Day Diary

Skin and blister

Premier album pour cet ensemble californien (San Francisco) dont la formule et le line up évoquent inévitablement Veruca Salt. Deux kids et deux filles. Et deux filles qui se partagent le chant, la composition ainsi que la direction des opérations. Mais ici s'arrêtent les comparaisons, car la bande à Nancy Hess et à Pamela Laws dispense un popcore beaucoup moins saignant, moins incisif, noyant même la plupart du temps son intensité électrique dans une sorte de post-grunge inoffensif. Il faut d'ailleurs attendre le septième morceau de l'opus pour entrevoir une éclaircie. "Back to nature". Paradoxalement composition dominée par des orchestrations symphoniques. Et dans la foulée de découvrir enfin son véritable potentiel énergétique, à travers "Bleeding", "Stay" et "Violence". Laborieux, même si les qualités de cet ensemble sont indéniables. Suffit pas toujours de bénéficier de la production soignée de Gil Norton (Throwing Muses, Pixies, Belly, Catherine Wheel) ou du concours de l'ingénieur du son Dave Bascombe (Tear For Fears, Lightning Seeds) pour  décrocher la timbale...

 

Senseless Things

Taking Care of Business

Parmi les groupes dont nous avons eu l'occasion de voir en ‘live’, Senseless Things figure parmi les plus assommants, tant le volume sonore de leurs sets est effrayant. Sur disque, ils mêlent toujours la pop, le rock et le punk en un amalgame fougueux et puissant. Mais leur bouillonnement d'énergie est beaucoup mieux canalisé. Et si la fin de leur CD se relève beaucoup plus agressif, sollicitant même une "Therapy?", l'ensemble nous a totalement enthousiasmés. Senseless Things libère son adrénaline beaucoup plus judicieusement. Parfois à la manière des Neds, des Manics, de Catherine Wheel ou même d'Afghan Whigs. Son trash s'est transformé en light metal. Et les interventions de claviers rognés ou de l'harmonica sordide apportent une saveur plus rhythm’n’blues aux compositions. Avec "Taking Care of Business", le quatuor londonien est enfin parvenu à forger son expression dans un moule plus pop. Les mélodies sont contagieuses comme chez les Buzzcocks et les poussées rythmiques simples et efficaces à l'instar de Collective Soul. Un chouette album qui pourrait malheureusement se révéler le dernier, depuis que des bruits de plus en plus alarmants circulent sur une très possible séparation du combo. Ce qui serait vraiment un comble pour une formation qui vient enfin d'atteindre son objectif!...

 

Sense Field

Papercut (Ep)

En 1994, ce quintet californien (LA) gravait un premier opus extrêmement intéressant. Sculpté dans l'électricité opulente, subtile et hyper mélodique, nous ne lui avions adressé qu'un seul reproche, une instrumentation trop peu mise en évidence. En fait, la présence manifestement envahissante du vocal de Jonathan Bunch y était pour quelque chose Doué pourtant d'un timbre remarquable, à la croisée des chemins de Ray Thomas (Moody Blues) et de George Michaël, il étouffait, faute de production adaptée, l'expression sonore. "Papercut" n'est pas un nouvel opus de Sense Field, mais aligne des extraits des deux premiers Eps, deux démos prévues pour le futur elpee (intitulé "Building"), le single "Papercut" et un mix de "Voice" (NDR: cherchez l'astuce!). Un mini album ponctué d'un titre épatant, "Outlive the man", sulfureusement déchiré entre cordes acoustiques et électriques. Sensefield ne se contente pas de ravaler la façade de la noisy pop (Ride, Boo Radleys, Catherine Wheel), il épouse à son avantage la pop insulaire des Radiohead, Gene et autre Manic Street Preachers. Bien vite l'album!

 

Skiploader

Anxious, restless

Il est parfois nécessaire de multiplier les auditions d'un album avant de bien en pénétrer la substance. Cet "Anxious, restless" bat certainement tout les records, puisqu'il fait l'objet de notre application depuis plus de deux mois. Un mini elpee. D'excellente facture. Mais dont la richesse mélodique permet difficilement de fixer des points de repère référentiels. Avec une prudence de Sioux, nous nous sommes quand même prononcés. Imaginez un hypothétique cocktail fabriqué à base d'alcool de Dig, de Foo Fighters, d'Hüsker Dü et de Minutemen. Exhalant une saveur austère mais terriblement grisante. Tantôt popcore, tantôt punkcore ou même progcore, elle manifeste une rage adolescente, venimeuse, soulignée par les lyrics angoissants, cruellement contemporains, de Tom Ackerman, figure de proue du quartet de Portland. Skiploader, un nom à retenir!

 

Siouxsie & The Banshees

Rapture

Siouxsie et ses Banshees peuvent aujourd'hui se targuer d'être un des rares ensembles rescapés de la génération 78/79 à avoir écrit les plus belles pages du post punk. Une telle longévité s'explique par une évolution constante de son expression dans un style cold jamais abjuré. Un style qui a toujours collé à l'image ambiguë et fascinante de Siouxsie Sioux. Cinq titres de "Rapture" ont bénéficié de la production de John Cale. "Tearing apart", "The lonely one", "Falling down", "Forever" et le single "O Baby". Une bénédiction pour la formation insulaire qui a toujours voué un culte à l'ex-mythe du Velvet Underground. Un album à l'instrumentation luxuriante (violoncelles, mandolines, carillons, etc..) et à l'agressivité insidieuse qu'ensorcèle la voix capricieuse et luxuriante de Siouxsie Sioux. Un périple fascinant, extatique, exotique dans le royaume du rêve obscur situé aux frontières de la séduction dangereuse et du mystère de la solitude. Un chouette album!...

 

Simply Red

Life

L'histoire de Simply Red remonte déjà à 1984. Après avoir assuré le supporting act de la tournée de James Brown, le combo mancunien grave ses premiers morceaux de plastique : "Money's too tight" et "Holding back the years". Le succès est instantané et "Holding back the years" obtient la première place des charts yankees, ouvrant ainsi la voie à une flopée de tubes. Le point culminant de sa carrière, il l'atteint déjà en 1991. En vendant plus de trois millions d'exemplaires de l'album "Star". Faites le compte, un Anglais sur dix-huit s'est procuré l'elpee. Un record! "Life" constitue son cinquième opus. Et n'ayez crainte, il est à l'étalage toutes les librairies. Bonnes et moins bonnes. Côté contenu, par de problème non plus, il est aussi (NDR : biffez la mention inutile) bon/mauvais que vous ne l'espériez. C'est à dire à l'image du clip vidéo matraqué pour l'instant sur MTV...

 

Simple Minds

Good News From the Next World

Une hirondelle ne fait pas nécessairement le printemps. Nous avions franchement flashé sur le somptueux single "She's a river", chanson qui aurait pu figurer sur "New Gold Dream" en 1982. Nous espérions donc fort logiquement découvrir un album de la même tempe. Nous avons du malheureusement déchanter. Attention, l'album n'est pas aussi faible que "Real Life", mais il consomme de manière abusive les clichés hymniques. On a même parfois l'impression de retrouver le moule de "Don't you" à plusieurs reprises. Normal nous direz vous puisque c'est Keith Forsey qui a produit le disque. Aux States. Avec pour résultat une finition yankee beaucoup trop prononcée. Pas que des bonnes nouvelles donc, du monde des Minds, réduit aujourd'hui au duo Kerr/Burchill, mais un exercice de style qui ne devrait pas trop déplaire à ses inconditionnels. Et en particulier ceux qui sont hostiles au changement. Ou à l'innovation, si vous préférez. Là dessus on va aller se remettre une bonne vieille plaque de vinyle sur la platine, victime de chômage technique depuis l'apogée du CD. "Life in a day", par exemple. Et dans la foulée "Real to Real Cacophony". Question d'exorciser ses regrets.

Mike Scott

Bring ’em all in

Mike Scott a donc décidé de dissoudre ses Waterboys pour embrasser une carrière solo. Il fallait s'y attendre. Dès le moment où le line-up du groupe était réduit à une rencontre de musiciens de studio. Ce qui n'avait pas empêché ce "Dream harder" de nous enthousiasmer. Mais faute de succès, Mike a préféré mettre la clef sous le paillasson. La vie est un éternel recommencement. A l'issue de l'enregistrement de "Pagan Place", il avait déclaré vouloir retourner aux sources. S'investir davantage le cœur, explorer la poésie de l'âme, l'essence de vie. Juste illuminer un peu les choses avec davantage de guitare acoustique et de piano ; quelques chansons sans batterie. C'est exactement ce que le troubadour nous propose sur "Bring them all". Un album plus proche du folk que de la pop ou du rock. Hormis "I know she's in the building" et le remarquable "Building the city of light" dont les cordes de guitares semi-acoustiques rappellent le phrasé du "Something in the air" de Thunderclap Newman, l'intensité électrique est réduite à sa plus simple expression. Et son trop rare concours destiné à mettre en relief le minimalisme des compositions. Certaines chansons auraient même tout aussi bien pu appartenir au répertoire de Dylan, comme "She's so beautifull" ou encore plus flagrant "What do you want me to do" et "Sensitive children", à cause du recours à cet harmonica poussiéreux ; s'il n'y avait la voix touchante, profonde, confidentielle de Mike...

 

Beverly Jo Scott

Live-The wailing trail

Après avoir assuré les backing vocaux chez Soulsister, Radios, Scabs et Niagara, cette Américaine, émigrée en Europe depuis presque cinq ans, a décidé de voler de ses propres ailes. Commis en 1993, "Mudcakes" nous avait pourtant laissé sur notre faim. Nonobstant le timbre vocal chaud, écorché, profond de Jo, la solution n'était pas parvenue à s'extraire d'un banal rhythm’n’blues sub Tina Turner. Live, Jo semble acquérir une toute autre dimension. Enregistré au club I.C.P. de Bruxelles, les 2 et 3 juin 1995, à l'issue de sa tournée continentale, et appuyée par un excellent backing group, ce morceau de plastique met davantage en valeur les excellentes dispositions vocales de l'artiste dans un contexte fondamentalement blues. C'est à notre humble avis, le style qui semble lui convenir le mieux, et auquel elle aurait tout intérêt à se consacrer corps et âme...

 

The Scabs

Sunset over wasteland

"Silly me", dernier single des Scabs, nous avait mis au parfum. Un avant-goût qui a tenu toute ses promesses. Car ce "Sunset over wasteland" mérite franchement toutes nos félicitations. Tjenne Berghmans, ex-guitariste de Clouseau, puis de Betty Goes Green, a réussi, avec fruit, son examen de passage. Et l'expression sonore de l'ensemble diestois a gagné en intensité, en pugnacité. Un opus qui a en outre bénéficié du concours de Mark Thijs à la production. Méconnu dans le monde de la pop ou du rock, il jouit d'une fameuse réputation sur la scène blues. Un harmoniciste talentueux dont le plus grand plaisir est de jammer avec les plus grands artistes de blues ou même de jazz. Flanqué de l'ingénieur du son Peter Bulkens, il vient de ciseler ce qui doit probablement être le meilleur opus des Scabs. Un morceau de plastique qui alterne, pensez-vous, compositions rigoureuses, carrées, trempées dans le rhythm’n’blues rollingstonien, et ballades contagieuses, mielleuses. Faudra revoir votre impression, puisque le quartet parvient ici à sortir des sentiers battus. Se permettant des incursions dans le garage crazyhorsien ("The truth", "Can cry over"), le jazz funk insidieux ("Cookie") voire purulent ("Silly me") ou plus insolite encore, se forge, sur "Please explain", un style aux jaillissements atmosphériques. Sans oublier les clins d'œil adressés respectivement à Tom Petty sur "It's true" et à Buffalo Tom pour "Life & love". Un album épatant qui possède tous les atouts pour affronter les charts internationaux. Suffit maintenant qu'ils le veuillent bien!