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Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare,…

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La couleur intérieure de The Intemperate Sons…

The Intemperate Sons a fait irruption sur la scène rock alternative de Dallas (Texas), à l'été 2019, se distinguant immédiatement par un son mêlant riffs de guitare brûlants, mélodies obsédantes et profondeur émotionnelle brute. En 2021, son talent…

Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels…

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Gosh

Ca m’saoule (Ep)

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Préambule à un album prévu pour le printemps, l’Ep « Ca M’Saoule » nous permet de découvrir l’univers de Gosh (ex-Hugo F.), jeune artiste hexagonal dont la musique louvoie entre pop radiophonique et chanson française (« Ca m’saoule »), mais également reggae/pop réminiscent du presque disparu… Pierpoljak (« Cocktail pour Deux »). Des chansons enregistrées en compagnie de Manu Larrouy et Jean-Paul Gonnod (Fréro Delavega, Zazie, Michel Delpech) dont les textes sont à la fois légers et ensoleillés…  Bref, si on oublie « La Nuit », plage qui se vautre dans les travers de Christophe Maé, ce disque est plutôt agréable à écouter. M’enfin, pas de quoi bouleverser le monde de la musique, quand même ; mais plutôt satisfaire celles et ceux qui ne sont pas encore gavés de sucreries inoffensives…

 

Mike Elliott

Elliott and The Audio Kings

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Ce trio de blues/rock est canadien. Issu de Waterloo, dans l’Ontario, très exactement. Son leader, le chanteur/guitariste Mike Elliott a milité au sein du Daddy Longlegs, un groupe de garage blues local, avant de monter son propre projet. Il a ainsi recruté le drummer Johnny Sauder et le contrebassiste Scott Fitzpatrick, comme section rythmique. Et qu’il a baptisée The Audio Kings. Eponyme, cet opus constitue le premier elpee du combo et réunit onze plages signées par Elliott.

Dès le départ, la formule trio s’impose. Très rock’n’roll et clairement jump, "When they say about you" est parfaitement balisé par la section rythmique. De quoi permettre au leader, dès qu’il en a l’opportunité, de prendre un billet de sortie sur ses cordes. Volubile, il étale également toute sa technique sur sa gratte. Tout au long du boogie "One of a king", Elliott ne laisse pas le moindre espace disponible. "What tomorrow brings" est imprimé sur un tempo plus lent. Le drumming se charge de swing. Un swing entretenu par la basse acoustique de Scott sur "Friday night". La voix est limitée, mais la créativité sur les cordes est constamment présente. Les musicos reprennent en chœur le refrain pendant "Come on home", une plage caractérisée par un rythme, ma foi, plutôt exotique. Shuffle bien texan, "Easier said than done" est à la fois passionnant, entraînant et efficace. Elliott souffle dans son harmonica tout au long de "No need to be alone", un blues enlevé. "Another day, another dollar" campe un rockabilly bien vivifiant. Et la guitare est omniprésente. Il manquait un blues lent. "Jealous kind" comble cette lacune. Les cordes fluctuent constamment et s’autorisent même une sortie tout à fait convaincante. Dommage que la voix de Mike ne soit pas davantage chargée de passion ! Les percus syncopées de Johnny nous entraînent au cœur des rues de la Nouvelles Orléans pour un "I don’t want to work" propice à la fête. "I know" met le cap sur Chicago, une finale particulièrement Westside qui véhicule les accents d’une rumba, dans l’esprit d’Otis Rush. Et Mike Elliott s’y réserve une de ses meilleures sorties sur les cordes.

 

Thornetta Davis

Honest woman

Écrit par

Thornetta Davis est issue de Detroit, dans le Michigan. Elle est considérée comme la 'Detroit’s Queen of the Blues'. Elle déjà remporté pas moins de 30 ‘Detroit Music Awards’. Thornetta avait entamé sa carrière dès 1957, au sein de soul bands locaux, comme chez le Lamont Zodiac and the Love Signs, qui a ensuite opté pour le patronyme Chisel Brothers. Intitulée "Sunday Morning Music", sa première œuvre personnelle remonte à 1996. Dès 2001, elle est reçue au sein du ‘Detroit Hall of Fame’. Elle vient d’enregistrer l’album qu’elle rêvait de graver depuis vingt ans. Elle en signe douze des treize titres et assure la mise en forme. 

Les sonorités de cordes réverbérées dispensées par la guitare de Roscoe White nous introduisent dans le monde de Thornetta. Sa sœur, Félicia, a écrit et récite le texte de "When my sister sings the blues". Les références sont prestigieuses. Et pour cause, elles ciblent Bessie Smith et Sippie Wallace, deux chanteuses qui ont marqué le blues et le jazz des années 20 ! Kim Wilson se fend d’une intervention remarquable à l’harmo sur "I gotta sang the blues", une plage qui libère une puissance exceptionnelle. Envoûtante, autoritaire et excellente, la voix de Thornetta domine "That don’t appease me", une compo réminiscente du grand Willie Dixon. Brett Lucas en profite pour opérer une sortie remarquée sur ses cordes. Des voix masculines et féminines épaulent celle de Miss Davis sur "Set me free", un excellent R&B que tapisse le talentueux Chris Codish de son orgue (NDR : cet ex-Brothers Groove est établi à Detroit), alors que Larry McCray transperce l’ensemble de ses cordes. Les parties vocales de Thornetta sont bien mises en exergue sur les morceaux imprimés sur un tempo lent. A cause de la réserve de puissance qu’elle peut thésauriser. Et elle le démontre tout au long d’"Am I just a shadow", une jolie ballade soul. "I need a whole lotta lovin’ to satisfy me" nous entraîne à la Nouvelle-Orléans. Le roulis de piano exécuté par Phillip J. Hale et l’intervention à la trompette de James O’Donnell nous y guident. La voix de Thornetta est bien évidemment taillée pour le blues. A l’instar d’"I’d rather be alone", une piste au cours de laquelle elle et ses choristes entrent en dialogue, face à ses musiciens particulièrement inspirés. "I believe" est bercé par les rythmes endiablés tramés par les chœurs gospel et spiritual des Special Anointing (NDR : l’ensemble vocal est également originaire de Detroit) et déchiré par la slide acérée de Brett Lucas. "Sister Friends indeed" s’enfonce davantage dans le boogie gospel, le bottleneck acoustique apportant sa couleur roots. Et jusqu’à la fin du long playing, l’opus va encore nous réserver de solides compositions au cours desquelles les guitaristes Paul Carey et Brett Lucas vont tirer leur épingle du jeu. "Can we do it again" campe un dernier blues. Majestueux, teinté de jazz, il constitue une belle carte de visite pour cette nouvelle Reine du Blues de Detroit, tout en rappelant à notre souvenir, une ancienne souveraine, Alberta Adams.

 

Lisa Biales

The beat of my heart

Écrit par

Chanteuse et compositrice, Lisa Biales est originaire de l’Ohio. Intitulé "Music Box", son premier opus remonte à 2007. Neuf albums plus tard, elle publie ce "The beat of my heart", un disque pour lequel elle a reçu le concours du célèbre Tony Braunagel (NDR : établi à Los Angeles, ce Texan est surtout connu pour avoir assuré les drums auprès de Paul Kossoff, mais également apporté sa collaboration à Eric Burdon, Rickie Lee Jones et Bette Midler). Lisa avait principalement une chanson à l’esprit, "Crying over you". Ecrite par sa maman, Alberta Roberts, alors qu’elle n’avait que 24 ans, elle avait été enregistrée en 1947.

Les dix plages de cet opus ne sont pas signées Miss Biales. L’opus a donc été mis en boîte à L.A.. Lors des sessions, Lisa a bénéficié de la participation d’excellents musiciens de studio. Dont Tony Braunagel à la batterie, Jim Pugh au piano, Johnny Lee Schell à la guitare, Larry Taylor à la basse acoustique ainsi que Darrell Leonard et Joe Sublett aux cuivres.

"Disgusted" ouvre la plaque. Le tempo est franc et soutenu. Les cuivres finissent par s’imposer et tout particulièrement le sax offensif de Sublett, alors que la voix se détache bien de l’ensemble. Ballade soul légèrement teintée de funk et enrobée de chœurs, "What a man" se distingue par sa jolie mélodie. Mais les sonorités vintage dispensées par la gratte de Johnny Lee Schell finissent par émerger. R&B dansant de bonne facture, "I don’t wanna hear it" est issu de la plume d’Allen Toussaint, une piste bien balisée par les cuivres, dont le sax baryton de Tom Peterson. La reprise du "Be my husband" de Nina Simone est très personnelle. Puissante, la voix de Lisa est bien mise en exergue tout au long de ce funk profond, entretenu par les percussions de Tony Braunagel et les cordes de Schell, responsables de tonalités étranges. "Messin’ around with the blues" a été composé par le pianiste de jazz, Fats Waller, au cours des années 20. Un blues lent qui épouse un profil cabaret, au cours duquel la basse acoustique de Larry Taylor et les cordes de Johnny Lee Schell tirent leur épingle du jeu. Nouveau changement de style pour "Sad I wasn’t gonna tell nobody", un gospel nerveux, écrit par le Professeur Alex Bradford pour son Abyssinian Baptist Choir, il y a plus d’un demi-siècle ! Lisa traduit en blues/jazz nightclubien le "Crying over you" de sa maman, Alberta Roberts. Soutenue par le piano, la basse acoustique et la trompette de Lee Thornberg, sa voix est empreinte de douceur et d’émotion. Big Bill Broonzy signe "Wild stage of life" et "Romance in the dark", deux plages interprétées par Billie Holiday, il y a bien longtemps. Le jazzman Paul Brown excelle à la guitare, tout au long de ces deux titres. "Don’t let nobody drag your spirit down" adopte un profil roots. Une compo d’Eric Bibb qui baigne au sein d’un climat mystérieux, entretenu par le Cigfiddle de Schell et l’orgue Hammond de Jim Pugh…

 

Zenzile

Elements

Écrit par

Zenzile est une figure marquante de la scène dub hexagonale. Et pour cause, cette formation angevine roule sa bosse depuis bientôt 20 ans. Elle vient de publier « Elements », un 10ème elpee qui succède à « Berlin », paru il y a déjà 3 ans. Le line up a accueilli un nouveau visage ; en l’occurrence Zakia Gallard, une jeune chanteuse de 23 ans qui possède un timbre vocal à la fois puissant et soul. Elle rejoint ainsi les deux autres chanteurs, Vincent Erdeven et Matthieu Bablée. Jamais avare de découvertes, le combo aime emprunter des chemins de traverse et explore ici, tour à tour, le post-punk (« Outsight »), la pop (« Escape ») et le post-rock (« Storm ») ; sans oublier –c’est sa marque de fabrique, il ne faut pas l’oublier– le dub propice à la danse (« Presence », « Polly »). L’opus recèle également un instrumental cosmique (« Escape ») et particulièrement énergique (« DRY »). Bref, un LP au cours duquel Zenzile varie les climats tout en ne négligeant pas ses racines. La définition même d’un groupe qui vieillit bien !

 

M.A.T.

Il y a encore du pain sur la planche…

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Restauré avec raffinement, la Cense de Rigaux est un vieux corps de ferme sis à mi-distance entre Ath et de Tournai. C’est-à-dire à Frasnes-lez-Anvaing. C’est également là que se déroulent les ‘Jeudis Oui’, des soirées inspirées des afterworks qui se déroulent une fois par mois, mais dont l’horaire est inversement proportionnel à celui adopté par les clubs. Soit entre 18 et 1 heure du matin. Imaginé seulement il y a quelques années, ce concept séduit de plus en plus car il permet de se délasser quelques heures directement après la journée de travail ; pas de perte de temps donc et nul besoin de passer chez soi pour se changer.
Ce jeudi 30 mars, s’y produisait donc M.A.T., le nouveau projet solo de Mathieu Dupire, un concert suivi par le DJ set de Nicola Testa.
Le soleil est particulièrement généreux pour un 30 mars. Les filles laissent entrevoir leurs genoux et les dos nus écarquillent les yeux des mâles. Les mange debout fleurissent autour du site et les ‘open bars’ intelligemment disposés à l’extérieur permettent de siroter tout en douceur champagne, mojito ou l’un ou l’autre de ces cocktails dont les vertus aphrodisiaques font mouche chez certains consommateurs. Ce qui donne un petit air de vacances. Manque plus que le sable et la mer…

Il est un peu plus de 21 heures lorsque Mathieu Dupire monte sur les planches devant plusieurs centaines de badauds. Son fer de lance, c’est l’électro ! Ce soir, il est flanqué d’un batteur et de deux préposés aux synthés et se produit sous le patronyme de M.A.T.

Ces quatre musicos sont loin d’être des inconnus dans le milieu. D’ailleurs, ils militent au sein de Zénith, un cover band très actif dans le Tournaisis.

Autant y aller tout de go ! Objectivement, le show d’une petite dizaine de titres recèle ci et là de bonnes idées. Intéressantes même !

Mais, dans l’ensemble, il ne parvient pas à convaincre et à soulever l’enthousiasme. Les raisons ? Plurielles et in(ter)dépendantes !

A commencer par les sonorités des claviers. Un rien vintage, elles sont linéaires et sans consistance. Parfois trop présentes. Bruitistes aussi. Elles desservent souvent les compositions alors qu’elles devraient au contraire apporter davantage de relief. Le rapport à la voix est difficile et il faut vraiment tendre l’oreille pour comprendre la narration du texte. Suivant l’adage, trop point n’en faut…

La rythmique est quasi-identique du début à la fin. La césure entre chacun des morceaux est pratiquement imperceptible à ce niveau. On s’ennuie ferme ! Il faudrait sans doute miser sur la prise de risques et un recours plus subtil aux fûts. La créativité est un art majeur dans le domaine de la compo !

L’ambiance ensuite ! Hormis les quatre ou cinq fans séculaires se trémoussant le popotin devant l’estrade, le public n’est pas parvenu à sortir de sa léthargie post-hivernale…

Ce n’est que lorsque Nicola Testa himself a empoigné au passage un second micro le temps d’un titre que la température a monté d’un petit degré. Seulement ! Pour aussi vite redescendre, sous le zéro…

La motivation enfin ! Hormis celle du leader (charismatique), on avait franchement l’impression que ses comparses s’emmerdaient à mourir. Timidité excessive ?

C’est dommage et triste à la fois parce derrière cet échec cuisant se cache un potentiel qui mérite d’être exploité à sa juste valeur…

Un set mieux rôdé, des sons maîtrisés et la conception d’un concert comme spectacle devraient constituent des principes de base pour cette formation, si elle souhaite se professionnaliser. Bref, il y a encore du pain sur la planche…

Nicola Testa prend maintenant possession de l’espace scénique. Si le chanteur de « Rainbow » a écumé les festivals cet été, armé d’un micro, c’est derrière les platines qu’il exultera ce soir.

Il y prend manifestement autant de plaisir. Les sourires s’affichent et les pas de danse se multiplient. Un vrai gamin content d’asséner un florilège de mix…

On ressent cette filiation onirique, presque théâtrale. Un régal !

(Organisation : Les Jeudis Oui)

 

Gaelle Buswel

New day’s waiting

Écrit par

Parisienne, Gaelle Buswel est chanteuse, guitariste, auteur, compositrice et interprète. Son style ? L’americana. Etonnant de la part de cette grande blonde française qui puise ses influences originelles dans le rock du début des 70’s ; et tout particulièrement chez Led Zeppelin, Joe Cocker et Neil Young. Sa personnalité, elle se l’est forgée en accordant des concerts dans des centres de détention et des hôpitaux pour enfants. Son premier album, "Yesterday’s shadow", remonte à 2012. Lors des sessions d’enregistrement, elle avait reçu le concours du bluesman texan, Neil Black. Une œuvre acoustique teintée de blues et de folk. Le second, "Back to blue" est paru fin 2014. Elle s’est illustrée, au cours de ces deux dernières années, en recevant le prix ‘Coup de cœur’, lors du Festival de Cahors, en 2015, et celui de Révélation Française du Festival Blues Passions de Cognac, en 2016. Pour concocter ce nouvel opus, elle s’est entourée des musiciens de son backing group ; en l’occurrence Michaal Benjelloun (guitares, mandoline, pedal steel), Xavier Zolli (basse) et Steve Belmonte (batterie).

Gaelle et Neil Black cosignent "Dreams set me free", la plage qui ouvre cet LP. On est immédiatement agréablement surpris par l’excellence des orchestrations. La production est impeccable, très professionnelle. Accrocheuse, la voix domine bien l’ensemble. Nonobstant son approche country, l’intro de "Wonderland" véhicule des accents ‘stoniens’. Le mélange entre cordes électriques et acoustiques est parfaitement équilibré ! Mais ce sont les interventions de Benjelloun à la slide et à la pedal steel qui font la différence. La bande à Jagger/Richards hante davantage le plus pop "So blue", une excellent piste caractérisée par d’épatantes harmonies vocales, alors que la slide se balade dans le décor. Deux plages ont été immortalisées fin 2015, à Austin, au Texas. Tout d’abord "No one else", une ballade folk émouvante signée par David Quick, un chanteur de rue. Gaëlle et David l’interprètent en duo. Respectueusement et avec beaucoup d’émotion. Miss Buswel se consacre au micro pour "If I fall" et "Makers of love", deux tendres ballades à la jolie mélodie et aux harmonies vocales irréprochables. Cette voix féminine est d’une grande pureté naturelle tout au long de "New day’s waiting", une superbe piste au cours de laquelle la mandoline s’inscrit parfaitement dans l’ensemble, mais surtout dont la montée en puissance est causée par la gratte amplifiée. Qui s’incruste comme lors de la B.O. d’un  western. Signé Michaal Benjelloun, "25 hours" nous replonge dans les 70’s. Un blues rock/puissant balisé par les percus de Steve. Le riff est d’abord déterminé, mais se libère en finale pour évacuer tout son mordant et son agressivité. "Freedom tonight" ne manque pas de charme. Oscillant entre r&b, funk et pop, il finit par exploser au cœur d’une dynamique quasi-punk, ponctuée par une éblouissante intervention de Michaal sur ses cordes au bord de l’embrasement. Et c’est Neal Black qui a composé le dernier titre de cet opus classieux. Une ballade majestueuse dont les cordes magiques du soliste, mettent bien en valeur la voix si expressive de Gaelle…

 

Animal Youth annonce un premier album vinyle

Animal Youth, le tout jeune groupe bruxellois emmené par le chanteur-guitariste Guy Tournay, est clairement une des sensations de ce début d'année. S'inspirant de classiques comme Joy Division, Cocteau Twins ou Jesus And The Marychain, ils définissent un genre musical imprégné de postpunk et de shoegaze.

Après un EP publié sur Bandcamp, ils ont signé avec Weyrd Son Records, le label bruxellois de Michael Thiel, pour la publication d'un album complet au format vinyle, appelé tout simplement « Animal ».

Marchant sur les traces de Whispering Sons, Animal Youth pourrait bien devenir « The Next Big Thing »  en Belgique!

Pour pré-commander l'album, c'est ici.

Pour regarder le clip de « To Burn Is The Next Big Thing », c'est ici.

Après une première partie de YEWS accordée en février dernier au Botanique, dans la Rotonde, Animal Youth a un agenda 'live' bien rempli :

  • 13/4 : Trix à Anvers avant Duane Serah

  • 4/5 : Magasin 4 à BXL avant Buildings

  • 20/5 : Vecteur à Charleroi avant Bleib Modern

  • 27/5 : Beursschouwburg à BXL avant Soviet Soviet et Charnier (Weyrd Son Records festival)

  • 30/5 : La Zone à Liège avant Soviet Soviet

  • 22/6 : Atelier 210 à BXL avant Pile


Tracklist de l'album « Animal »:
  1. Darkest Place

  2. Rainy Day

  3. Eat You Alive

  4. Feeling

  5. Love You (When You're Dead)

  6. To Burn Is The Next Big Thing

  7. Sunday

  8. In Heaven (Lady In The Radiator)

  9. You Don't Know Love


Anderson, Rabin & Wakeman

Dites Yes, mais surtout ne le répétez à personne…

C'est un véritable évènement auquel nous assistons, ce soir, au Cirque Royal : le retour de Yes, la formation légendaire de rock progressif, dans un line up inédit, puisqu’il réunit Jon Anderson, le chanteur et fondateur, Rick Wakeman, le claviériste le plus important dans l'histoire du groupe ainsi que Trevor Rabin, le guitariste du combo, de 82 à 94. Pour de sombres raisons de droits, le trio ne peut pas utiliser le nom de 'Yes' ; donc il se produit sous l’appellation ‘Anderson, Rabin & Wakeman (ARW)'. Cette 'trinité' est complétée par Lee Pomeroy, à la basse (Archive, It Bites), et Louis Molino III, à la batterie.

En lever de rideau, les musiciens interprètent « Cinema », un instrumental tiré de « 90125 », l'elpee référence paru en 1983, au sein duquel figure l'énorme hit, « Owner of A Lonely Heart ». Vers la fin du morceau, la frêle et petite silhouette de Jon Anderson apparaît. Ce qui déclenche une véritable ovation, au sein de la foule. A 72 ans, le chanteur porte le poids de son âge sur les épaules mais son visage est toujours aussi lumineux et souriant. 'One, two, three, four !', balance-t-il, avant que la formation n’attaque « Perpetual Change », un titre remontant à 1971.

Dès le départ, on constate que, non seulement le groupe est au point ; mais, plus important encore, Jon Anderson est tout simplement parfait au chant. Sa voix n'a rien perdu de sa précision et de sa clarté, même lorsqu’elle monte dans les octaves.

La setlist parcourt toutes les périodes de la carrière de Yes et l'âme de Chris Squire plane au-dessus de ses anciens partenaires. Le bassiste, également membre fondateur, est décédé en 2015. Jon Anderson dédie donc « Long Distance Runaround » et « Fish (Schindleria Praematurus) » à cette figure tutélaire du rock progressif. 'Je suis heureux d'avoir travaillé pendant toutes ces années avec Chris', avoue-t-il. 'Il était un peu fou, mais c'était un gars très rock'n’roll ! Et son morceau s'appelle « Fish » parce né sous le signe du Poisson, il aimait s’attarder pendant des heures dans son bain !' Lee Pomeroy s'acquitte d'ailleurs impeccablement du légendaire solo de basse exécuté, comme il se doit, sur une Rickenbacker.

Quant à Trevor Rabin, particulièrement radieux, il a l'air en pleine forme. Il a mis sa carrière de compositeur de musiques de films entre parenthèses afin de pouvoir participer à cette tournée. Il a avoué, via Facebook, que ce choix n’a pas été simple pour lui. Et pour cause, pas évident de se replonger dans les complexités musicales de Yes, après 20 années d’absence. Au cours du set, il va d’ailleurs commettre quelques petites imperfections. Pendant « Changes », il se perd même entre ses pédales d'effets de guitare (il a perdu les pédales, en somme), au point de devoir s'arrêter en s'excusant : 'Give me one second'. Une petite erreur vite pardonnée, au vu de la prestation de ce virtuose, de ce surdoué à la guitare…

En parlant de virtuosité, on en vient tout naturellement au Maître des claviers, Rick Wakeman, probablement le plus grand claviériste de l'histoire du Rock. Tout comme il y a 30 ans, il a revêtu sa cape de velours et se dresse derrière une forêt de claviers disposés en arc de cercle. Seul son ventre, plus arrondi, le trahit –il affiche quand même 67 ans au compteur ! Aussi à l'aise dans les classiques comme « Heart of the Sunrise » que les extraits de « 90125 », auquel il n'a pourtant pas participé, il va connaître son plus grand moment de gloire sur « Awaken », un des nombreux 'magnum opus' de Yes, un extrait du chef-d'oeuvre « Going For The One » (1977). L'intro au piano est époustouflante mais ce sont surtout les sonorités d'orgue qui vous flanquent la chair de poule. Pendant le long passage plus 'ambient', au milieu de la compo, on n'entend pas une mouche voler. Jon Anderson joue quelques notes à la harpe et prélude une lente valse médiévale, rappelant Dead Can Dance. La chanson s'envole ensuite à travers une progression hallucinante de voix et d'harmonies pour retomber doucement et venir mourir sur le tapis diaphane de la voix d'Anderson. Parfait !

Pour clôturer le concert, comme prévu, rien de tel que le plus grand hit de Yes : « Owner of A Lonely Heart ». Ici, aussi, l'interprétation est brillante ; en outre, ARW nous réserve deux surprises. D'abord, Rick Wakeman enfile son clavier portable. Lui et Rabin descendent d’abord dans la fosse, puis accèdent aux gradins, afin d’y jouer leur partition ; et ce pour le plus grand bonheur des spectateurs. Ils reviennent ensuite sur le podium, moment choisi par le band pour adresser, au cours du morceau, un clin d'oeil au « Sunshine of Your Love » de Cream. Le final est paroxystique et suivi d'une très longue acclamation.

En rappel, « Roundabout » est dispensé dans une ambiance très électrique ; de nombreux spectateurs ont d’ailleurs quitté leur siège pour s’approcher du podium. Quand les cinq musiciens saluent et quittent les planches, ils ont la banane aux lèvres et sont visiblement très heureux d'avoir partagé ce moment en compagnie de leurs fans. Pour ces derniers, comme pour votre serviteur, cette expérience, chargée d'émotions fortes, restera inoubliable. Le trio travaille, semble-t-il, sur de nouvelles compos et laisse entrevoir la publication d'un nouvel opus. Et pourquoi ne pas reformer un Yes (quasi) au complet en rejoignant Alan White et Steve Howe? Une perspective que nous appelons de nos voeux !

Setlist :

Cinema
Perpetual Change
Hold On
I've Seen All Good People
Drum Solo
Lift Me Up
And You and I
Rhythm of Love
Heart of the Sunrise
Changes
Long Distance Runaround
The Fish (Schindleria Praematurus)
Awaken
Owner of a Lonely Heart
(with Cream's 'Sunshine of Your Love')

Encore:

Roundabout

(Organisation: Gracia Live)

 

 

Zero Hour, le retour de Diablo Blvd !

Écrit par
Diablo Blvd, l'une des figures de proue du Metal en Belgique, sortira, le 22 septembre prochain, leur nouvel album intitulé "Zero Hour".
 
Il s'agit du cinquième album studio des Anversois, "un monstre de onze morceaux sombres et groovy, composé de mélodies envoutantes, d'incroyables riffs à la guitare, une basse forte et une batterie martelante. En plongeant son inspiration dans des classiques du Metal tels que Type O Negative, Metallica et Black Sabbath, ainsi que dans la vague new-wave de groupes comme Killing Joke, Sisters of Mercy et Gang of Four, Diablo Blvd nous sort un son unique, parfaitement adpté à ces périodes sombres que nous vivons actuellement. La parfaite B.O. pour la fin des temps!"
 
Les artistes présenteront ce nouvel LP le lendemain de sa sortie (soit le 23/09) au Trix, à Anvers. Un évènement à ne pas manquer! 
 
 
Track-list :
 
1. Animal
2. Sing From The Gallows
3. Life Amounts To Nothing
4. God in the machine
5. You Are All You Love
6. The Song is Over
7. 00:00
8. Like Rats
9. Demonize
10. The Future Will Do What It's Told 
11. Summer Has Gone
 
 
 

Gorillaz au crépuscule…

Écrit par

Gorillaz publiera un nouvel opus ce 28 avril 2017. Intitulé « Humanz » il a été produit par Gorillaz, The Twilight Tone of D /\ P et Remi Kabaka. Cet opus fait suite à « The Fall » et « Plastic Beach ». La bande à Damon Albarn et Jamie Hewlett a de nouveau bénéficié de featurings d’exception, tels que Jehnny Beth (Savages), Benjamin Clementine, De La Soul, Grace Jones, Mavis Staples et la liste est loin d’être exhaustive.

Un film animé de six minutes réalisé par Jamie Hewlett et reprenant quatre titres de l’album Humanz dont l’intégralité du titre « Saturnz Barz » ainsi que des extraits de « Ascension », « Andromeda » et « We Got The Power », est à découvrir ici. Le film « Saturnz Barz (Spirit House) » propose une expérience de réalité virtuelle inédite, et c’est

Une version interactive en réalité virtuelle sera disponible sur Daydream en avril. Et Gorillaz jouera pour la première fois l’album dans son intégralité pour des fans lors dans un lieu tenu secret à Londres le 24 mars (tickets ici)

Tracklisting complet:

1. Ascension feat. Vince Staples
2. Strobelite feat. Peven Everett
3. Saturnz Barz feat. Popcaan

4. Momentz feat. De La Soul
5. Submission feat. Danny Brown & Kelela
6. Charger feat. Grace Jones
7. Andromeda feat. D.R.A.M.
8. Busted and Blue
9. Carnival feat. Anthony Hamilton
10. Let Me Out feat. Mavis Staples & Pusha T
11. Sex Murder Party feat. Jamie Principle & Zebra Katz
12. She’s My Collar feat. Kali Uchis
13. Hallelujah Money feat. Benjamin Clementine
14. We Got The Power feat.
Jehnny Beth

Bonus disponibles sur la version Deluxe:

15. The Apprentice feat. Rag’n’ Bone Man, Zebra Katz & RAY BLK
16. Halfway To The Halfway House feat. Peven Everett
17. Out Of Body feat. Kilo Kish, Zebra Katz & Imani Vonshà
18. Ticker Tape feat. Carly Simon & Kali Uchis
19. Circle Of Friendz feat. Brandon Markell Holmes

www.gorillaz.com

 

Bardo Pond se la coule douce, sous les pins…

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“Under The Pines”, c’est le titre du nouvel essai de Bardo Pond qui est paru ce 24 mars 2017 (NDR : le titre maître est en écoute ici.

Le nouvel opus propose un mix entre pop, noise et sludge, une musique destinée à nous plonger dans un univers à la fois brumeux et majestueux, un peu comme si Dinosaur Jr et Black Mountain avaient décidé de bosser ensemble…

Track list

1. Crossover
2. Out Of Reach
3. My Eyes Out
4. Moment To Moment
5. Under The Pines
6. Effigy

http://www.bardopond.org/

 

Pour John & The Volta, la vie n’est pas rose…

Écrit par

John & The Volta a sorti son nouvel album, « Low Life », ce 24 mars 2017. Il s’agit du projet du jeune compositeur bordelais Jonathan Ducasse. Sa musique ? Une sorte de synthé pop sensuelle et mystérieuse qui doit autant à Depeche Mode qu’à The XX, même si le titre du long playing pourrait bien s’inspirer d’une compo de The Weeknd. Une expression sonore cinématique aussi. Ce qui explique pourquoi le réalisateur Mads Matthiesen a choisi « Bad Dreams » pour illustrer la bande annonce de ‘The Model’, son dernier film. Et cette compo qui fait l’objet d’un clip est à découvrir ici

 

 

 

 

The Cranberries veut passer à autre chose

Écrit par

C’est ce 28 avril que The Cranberries publiera son nouvel album, « Someting else ». Il s’agira d’un ‘best of’, enregistré ‘unplugged, le tout enrichi de l’un ou l’autre inédit. Reformée en 2012, la bande à Dolores O'Riordan avait gravé son dernier elpee, “Roses”, en 2012. Le groupe se produira ce 8 mai au Cirque Royal de Bruxelles. Mais également

4 & 5 MAI À PARIS – L’Olympia (COMPLET)
VEN 12 MAI | LILLE – Nouveau Siècle (COMPLET)
MAR 30 MAI | TOURS – Le Vinci
MER 31 MAI | LYON – Amphithéâtre
VEN 2 JUIN | NANTES – Cité des Congrès
MER 7 JUIN | MARSEILLE – Le Silo (COMPLET)
VEN 9 JUIN | STRASBOURG – Salle Érasme

Track Listing

1. Linger
2. The Glory
3. Dreams
4. When You’re Gone
5. Zombie
6. Ridiculous Thoughts
7. Rupture
8. Ode To My Family
9. Free To Decide
10. Just My Imagination
11. Animal Instinct
12. You & Me

13. Why

http://www.cranberries.com/

 

Blondie apicultrice

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Blondie a enregistré un nouvel album. Intitulé « Pollinator », il sortira ce 5 mai 2017. Si certaines compos sont signées par la formation, Johnny Marr, Sia, Dev Hynes, Charli XCX, Dave Sitek (TV On The Radio) et Nick Valensi (The Strokes) ont également apporté leur concours à l’écriture des chansons. Il s’agira du 11ème opus de la légendaire formation américaine. 

Blondie se produira le samedi 12 juillet dans le cadre du festival Rock Zottegem.

https://fr-fr.facebook.com/Blondie

 

Chocolat fan de Laurent Ciman !

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Chocolat est un groupe québécois qui avait publié l’album « Rencontrez Looloo », novembre 2016. Il s’agit de son troisième elpee. Oscillant entre prog/rock, jazz/rock et garage, la musique de ce quintet véhicule des textes, dans la langue de Voltaire, dont « Ah ouin ! », morceau qui fait l’objet d’un clip cartoonesque, dont le graphisme évoque Tito Topin, mais en plus épuré ; et c’est à voir ici

https://www.youtube.com/watch?v=XkZehXmNwiQ

 

Danakil

Figé, comme dans la pierre…

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La salle de l’AB était à moitié pleine (ou vide, selon) pour accueillir Danakil, ce samedi 25 mars. Une soirée qui va alterner découvertes et déconvenues. Agréable surprise, cependant, de croiser un public extrêmement éclectique. Surprise ? Enfin, plus vraiment, car cette diversité est devenue une constante, lors de chaque spectacle qui se déroule à l’Ancienne Belgique. Mais lorsqu’on joue aux explorateurs musicaux, il arrive parfois de s’égarer, de ne pas être à sa place dans le monde qui vous entoure. Sensation étrange vécue à ce moment-là. Provoquée sans doute par ce qui relève davantage du cliché qui colle au concert reggae que de la créativité scénique.

Durant cette soirée, le collectif français est resté figé dans son genre. Comme si le reggae ne connaissait qu’une seule route, comme s’il n’existait qu’une seule manière de le pratiquer. D’autres artistes optent pour davantage d’accessibilité afin de séduire le mélomane lambda, pas nécessairement fan du style, mais qui aime la découverte. Mais ici, il ne s’agissait que d’un langage codé, un jargon venu d’ailleurs. Compréhensible par ceux qui l’avaient étudié. Une compréhension déjà altérée par l’articulation du chanteur qui laissait à désirer, débitant à grande vitesse ses paroles sans laisser l’oreille en percevoir la moitié. Etait-ce également dû à l’atmosphère du soir qui ne sensibilisait que ceux prêts à se laisser englober ? C’était en tout cas un problème majeur si on considère que Danakil puise sa force dans ses textes aiguisés. Une fois que les paroles s’envolent, il ne restait donc plus que la musicalité… qui est donc restée figée. Comme dans la pierre. Une impression lassante accentuée par des morceaux qui se sont succédés, sans pratiquement aucune interruption. Tout semblait respecter une ligne de conduite toute tracée. Droite. Uniforme. Alors qu’un set ‘live’ prend toute sa dimension lorsqu’il nous emmène sur les montagnes russes, où on monte très haut, avant d’être lâché dans le vide, la tête à l’envers. Pas de grandes embardées, pas de moment de douceur ni de recréation. L’expédition prend l’eau. Mais personne ne se perd pour mieux se retrouver. Si le public bruxellois demeure relativement attentif et enthousiasmé, l’ambiance ne parvient pas à décoller, la sauce peine à prendre. Danakil ne réussit pas à fédérer cette assistance. Chacun profite du concert de son côté. Mais la division ne permet pas de mieux régner entre les murs de l’Ancienne Belgique. Et logiquement, la fin de spectacle est beaucoup trop désordonnée. D’ailleurs avant de prendre congé de l’assistance, le band est rejoint par des copains pour attaquer le dernier morceau. Dans ces conditions, comment espérer vivre une osmose entre les différents musicos sur les planches. Mais également entre la foule et le combo.

Quand on va à la rencontre des autres, ce qui imprègne fortement et durablement, ce sont les premières et les dernières impressions. Danakil ne s’est pas montré particulièrement habile pour appliquer ce concept. Et il n’est pas davantage parvenu à transcender son auditoire. Leurs forces sont indéniables, mais en cette soirée, on a surtout remarqué leurs faiblesses. En prenant un certain recul, il faut admettre que Danakil est plutôt un groupe sympa à écouter lors d’un festival. Enfin, si on se limite à quelques morceaux. Mais sur la longueur, il ne tient pas encore la route. Ce soir, c’était flagrant…

(Organisation : Skinfama )

Une vague puissante et glaciale

Quasi un an jour pour jour après leur dernier concert en nos contrées, And Also The Trees est de retour pour un concert exceptionnel au Magasin 4, à Bruxelles. Emmenée par deux frères, Simon Hugh et Justin Jones, la formation anglaise a débuté sa carrière en 1979. Elle bénéficia d'un petit coup de pouce de The Cure, qui leur permit de jouer en première partie de leurs concerts et qui produisit leurs premiers disques. Le lien avec la bande de Robert Smith est également musical, les deux projets naviguant dans les eaux glacées de la cold-wave.

Au fil des ans, And Also The Trees est parvenu à se constituer une 'fan base' très fidèle et ce, dans le monde entier. Sans jamais atteindre un succès commercial important, ils sont devenus un 'cult band', que l'on est toujours heureux de revoir, au gré de leurs nouvelles parutions.

Ce soir, dans un Magasin 4 aux trois-quart complet, l'atmosphère est unique. Dès l'entame du concert, le public, majoritairement 'du mauvais côté de la quarantaine', comme on dit en Angleterre, est bercé par la voix ensorcelante de Simon Hugh Jones et les arabesques guitaristiques de Justin Jones.

Les titres extraits du dernier elpee, « Born Into The Waves », sorti l'an dernier (voir la chronique ici), fonctionnent à la perfection sur les planches. « Your Guess », « Winter Sea » et « Hawksmoor & the Savage » sonnent déjà comme des classiques du groupe.

Mais ce qui frappe surtout, par rapport aux autres concerts que nous avons pu voir de cette formation, c'est la puissance de feu du batteur, Paul Hill. On est loin de la relative 'mollesse' dont était accusé AATT il y a quelques années. La pulsation est forte et Hill entraîne ses acolytes vers des moments de frénésie très post-punk voire même 'noisy', comme, par exemple, à la fin de « Rive Droite ». Autre élément frappant : l'apport technique et musical des deux petits nouveaux arrivés en 2016 : Grant Gordon, absolument brillant à la basse et Colin Ozanne, multi-instrumentiste de talent (clarinette, saxophone, guitares, claviers). Ce sont surtout les claviers qui m'avaient manqué dans les précédentes itérations du groupe : ils donnent une tout autre dimension et ajoutent de superbes couleurs.

Quant aux deux frères Jones, le temps semble n'avoir aucune prise sur eux. Après 35 ans de carrière, Justin a toujours sa frimousse d'adolescent, les cheveux gominés coiffés en arrière et une impeccable tenue noire. Il maîtrise toujours la guitare avec une maestria exceptionnelle, alternant les délicates arpèges et ce staccato de mandoline qui est sa marque de fabrique. Et Simon Hugh est toujours aussi élégant et ténébreux. Le visage fermé, il est toujours aussi tourmenté, torturé par la poésie qui anime les compositions.

Si l'on se fie aux réactions du public, ce sont les classiques qui ont bien entendu récolté le plus franc succès : « Prince Rupert », joué en premier rappel et « Slow Pulse Boy », offert en second rappel, le tout dernier titre du concert.

Visiblement heureux d'être de retour en Belgique, Simon Hugh Jones déclare même, dans un français presque parfait : « C'est toujours un plaisir d'être ici ». Et il rajoute, faisant sans doute allusion au Brexit : « We will always be Europeans».

Seul bémol dans la prestation de ce soir, l'absence de titres extraits de « Green Is The Sea », mon album préféré du groupe. Nous aurions aussi aimé entendre le sépulcral « Mermen of The Lea ». En conclusion : après une période plus jazzy et un intermède acoustique, And Also The Trees est de retour et a retrouvé sa nature originelle, une cold-wave romantique et ensorcelante. Un excellent concert, intimiste mais puissant ; sombre mais illuminé par une indéfectible foi en la musique...

Setlist :

Domed

Shaletown
Dialogue
Your Guess
Hawksmoor & the Savage
The Sleepers
The Legend of Mucklow
Virus Meadow
Winter Sea
Angel, Devil, Man and Beast
The Suffering of the Stream
Bridges
Brother Fear
The Skeins Of Love

Rappel:

Prince Rupert
Wallpaper Dying
 Rive Droite

Rappel 2:

Slow Pulse Boy
 
Pour regarder un extrait du concert (« Virus Meadow »): cliquer ici.
 
Pour lire l'interview de Simon Hugh Jones, réalisée par Musiczine: voir ici.
 
Organisation : Intersection Booking Agency

Puggy

Un agenda de plus en plus chargé…

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Cap vers la Flandre et tout particulièrement Courtrai, pour assister à un autre concert de Puggy, ce vendredi 24 mars. Ce sera à De Kreun. Une belle salle, intimiste de surcroît, dont la capacité oscille entre 300 et 400 âmes. Première constatation, il y a bien plus de francophones (Wallons et Français) que de néerlandophones, au sein du public.

Too Tangled assure le supporting act. Un duo gantois qui ne se produit pas souvent en Belgique. Et pourtant, il recueille un franc succès à l’étranger ; et tout particulièrement chez nos cousins germains, où il compte parmi les super stars !

Le couple pratique une sorte d’indie/wave/rock dominée par les claviers et dynamisée par des beats électro. Roland Vandemoortele se charge des parties de guitare et des machines, alors que la très jolie Eva Buytaert se consacre au violon et aux synthés. Ils se partagent les vocaux. Responsable de trois elpees à ce jour, le tandem est venu défendre son dernier, « Revel Revel », paru ce 17 mars.

Il entame son set par « Sleepwalk », au cours duquel la scène est plongée au sein d’un espace bleuté, traversé de faisceaux blancs.

Vocodée, la voix d’Eva est atmosphérique. Les beats sont percutants. Roland prend le relais derrière le micro pour « Mexican Drugs », une compo caractérisée par des accords de gratte frémissants. Des infra-basses s’invitent dans le décor sonore. Il est temps de se protéger les oreilles. Bon, ils ne sont pas envahissants, mais plutôt gênants. Mrs Buytaert relaie son partenaire aux machines pour « Heartless Digital Bits ». Les cordes de guitare s’emballent. Puis les musicos conjuguent leurs voix en harmonie, tout au long d’une mélodie accrocheuse. Des cordes empreintes de mélancolie baignent « Neon ». Le climat devient lourd. Les percus grisent les esprits. Eva empoigne son violon. Et c’est elle qui rétablit le calme, en fin de parcours. Tout comme elle parvient à tempérer l’atmosphère oppressante et ténébreuse de « Wavesong », à l’aide de son archet. « Revel Revel », c’est le titre du nouvel opus. Retour à la voix vocodée pour un morceau davantage électro. Et le set de s’achever par « Place Of Gold », la compo la moins électronique de « Stay Retless », adoptant un profil oscillant entre rock, cold wave et rock garage. Si vous avez un jour l’opportunité d’assister à un concert de Too Tangled, ne le manquez pas ! Il mérite qu’on s’y intéresse aussi, chez nous…

Depuis la sortie du quatrième opus de Puggy, « Colours », publié en avril 2016, Puggy multiplie les concerts. A ce jour, il doit en avoir accordé plus de 600 ! Il est partout en Europe occidentale. En France, aux Pays-Bas, en Allemagne et bien sûr en Belgique. Et se produira au cours de la plupart des festivals d’été. Après le concert somptueux vécu à Forest National, votre serviteur retrouve ses chouchous, mais dans une salle à taille humaine. Et bien évidemment, elle est sold out.

La température commence à grimper. Le trio va bientôt monter sur le podium. Votre serviteur se plante derrière la table de mixage. Le nec le plus ultra pour la qualité du son. Surtout quand on sait que c’est Benoît qui est derrière les manettes

Des rayons lumineux, toujours de teinte bleue et blanche, arrosent l’auditoire. Matt est armé de sa belle Gibson de couleur brune. Ziggy se plante à droite du podium, derrière ses fûts. Et dès « Fight Like You’re Fighting », il martèle frénétiquement et métronomiquement ses peaux. Nous rappelant qu’il a sévi dans l’univers du métal. « Feel So Low » concède des accents orientaux, probablement empruntés au pays du soleil levant. Depuis ses claviers, Mathieu Vandenabeele accentue l’impact électro de la compo. Nonobstant son titre, « Soul » macère dans le funk. Les interventions de gratte dispensées par Matt sont alors hantées par Nile Rodgers. Elles sont d’ailleurs, ce soir, essentiellement électriques, au détriment de la semi-acoustique. Un concert de Puggy est toujours différent. Le répertoire est distinct chaque soir. Les impros sont instinctives. Mais c’est bien évidemment le chanteur en donne le signal de départ. Elles peuvent se révéler complexes et créatives ; et même la voix est alors très susceptible de s’élever à la limite de la rupture. Une set list qui va revisiter les quatre opus du band, en ne négligeant pas, bien entendu, les inévitables classiques. Moments au cours desquels les aficionados reprennent très souvent les paroles en chœur. Et dont on épinglera le retour de « Teaser », morceau caractérisé par ses envolées vocales sophistiquées et torturées.

Près de 120 minutes de concert, mais un seul rappel. Le lendemain, Puggy est attendu à Herve. Donc, pas le temps de végéter. Ni d’aller à la rencontre des fans. La route est encore longue avant d’arriver à destination…

(Organisation : De Kreun)

Chinese Man

Zen…

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Une fois n’est pas coutume, mais il a fallu troquer son appareil photo contre une plume lors du concert de Chinese Man, à l’AB, qui s’est déroulé ce vendredi 24 mars. Et surtout faire revivre un set dont la puissante ascension s’est déroulée en communion avec ce collectif. Qui n’est pas chinois, comme son patronyme l’indique, mais français. Originaire d’Aix-en-Provence, plus précisément. Et il est de retour après 5 ans de réflexion et de création passés entre Bombay, Marseille, l’Ardèche et le Japon (par l’esprit). Une période au cours de laquelle Sly, Mateo et High Ku ont renouvelé leur inspiration, acquis une nouvelle maturité, avant de reprendre le chemin des concerts en toute sérénité, afin de défendre un huitième opus qui va à la rencontre de la zénitude. Et pour cause, le « Shikantaza » est la posture de méditation utilisée dans le bouddhisme zen, par les disciples de l’école Sōtō au pays du soleil levant. Ce terme se traduit d’ailleurs par ‘Etre assis sans rien faire’. Une forme de philosophie qui transparaît tout au long de cet elpee. Que ce soit sur les 10 morceaux instrumentaux ou les six autres impliquant des featurings. Bien sûr, on retrouve sur « Miss Chang », « The Groove Session », « I’ve got that tune » des scratches, du dub et sur le dernier, du hip hop ; mais on ressent bien cette aspiration profonde à la sagesse spirituelle…

 Pas de souci cependant pour les inconditionnels de la bonne vibe ; si la zénitude est intérieure, donc propice au calme, permettant aux esprits une ascension vers la trans-spiritualité, extérieurement, les ondes sonores vont retentir au quatre coins de la salle, crachées par les SoundBoxes. Des ondes sonores positives, douces mais intenses. Elles vont déferler tout au long de ce spectacle qui va également inviter fumigènes et light show. Mais le fil conducteur, c’est bien « Shikantaza ». Au rythme des percus, les chants mantra nous guident et nous enveloppent d’une énergie irréfragable. « Maläd » est judicieusement parsemé d’accents orientaux. Samplés. Le voyage se poursuit.

De décor, le visuel devient un élément indissociable du spectacle. « Escape » est propice à l’évasion. Qui doit nous conduire vers l’astre sis au firmament. La mélodie tramée par l’orgue et le crescendo de scratches nous incitent à le rejoindre incessamment. « New Crown » sonne le réveil. Un rap bien yankee au cours duquel les MCs tirent leur épingle du jeu. Avant d’embrayer par un morceau plus groovy, plus jazzy, réminiscent du précédent long playing. A cet instant, la foule se montre davantage participative.  

Retour à la quiétude pour « Anvoyé ». Bien envoyé ! De quoi calmer quelque peu les esprits et s’abandonner au gré des sonorités du sitar et des percussions… Avant de repartir en force ; « Step Back » valsant aux grondements des basses qui impriment la mesure du rythme en trois temps… Et puis retour à la sérénité grâce aux voix sensuelles et réconfortantes de Kendra Morris et Dillon Cooper qui ne font plus qu’un avec la musique.

Après un interlude hip hop favorisant l’échange entre les MCs et le public, « Warrior » se ressource à nouveau au sitar sur un tempo dansant de plus en plus saccadé, un tempo imprimé par des percus progressivement contaminés par le dub… 

L’auditoire est en liesse. Youstar et ASM en profitent pour communier auprès de leurs fans sur des airs de dance hall et de ragga…

Mais « Golden Age » nous rappelle qu’après avoir bien libéré son âme, il est temps d’en revenir à l’essentiel en se laissant guider par la voix qui vous entraîne au sein d’un monde parallèle plus froid, plus métallique, afin d’y accomplir un voyage intérieur. A la rencontre du moi. Et de sortir de cet univers glacial, tel un « Wolf », alors que les accords au piano s’allient à la voix des hommes.

Secouons-nous alors au cri de « Blah » qui pénètre au plus profond de notre être ; c’est sans doute « What You need », mais en langage rap, formulé par Youstar et ASM. Sans la présence physique de R.A. the Rugged Man, son timbre épouse les accès de piano frénétiques, puis la ligne de basse, afin de se convertir au hip hop tel un « Modern Slave ».

Nous sommes proches de l’apothéose de notre méditation, et Chinese Man nous remercie de ce partage en nous offrant l’incontournable « Miss Chang », notoire pour ses nombreux featurings.

Au son des cors et des trompettes, toute la clique de Chinese Man joint ses mains et nous salue : « Namasté »…

(Organisation : Ancienne Belgique)

Rock Werchter 2017 : de nouveaux noms (update 24/03/2017)

Écrit par

Beth Ditto et Warpaint sont venus enrichir la programmation.

http://www.rockwerchter.be