Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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La vérité selon RORI

Après avoir marqué les esprits en assurant la première partie de Lana Del Rey, au festival Rock en Seine, devant 40 000 spectateurs, RORI poursuit son ascension. Cet été, elle s'invite sur les scènes de plusieurs festivals dont Les Francos à Esch/Alzette, Les…

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Mountain Bike

Une fin d’étape bien arrosée…

Moutain Bike se produisait ce samedi 8 avril 2017 au Salon, à Silly. Il avait mis le grand braquet pour présenter son second excellent opus, « Too Sorry For Any Sorrow ». Et pas lors d’une balade réservée aux cyclotouristes, mais bien pour grimper sur le podium, et si possible sur la première marche. Faut dire que les cyclistes en ont sous la pédale et comptent plus de 200 épreuves à leur actif… Une centaine de spectateurs sont venus applaudir ces grands sportifs… 

Joy As A Toy assure le supporting act. Ce quatuor bruxellois réunit le drummer Jean Philipe De Gheest (Creature With The Atom Brain, Mark Lanegan band, Cheresse), Gilles Mortio (basse, chant, clavinette) ainsi que deux nouveaux, David Picard (Applause, Orchestre du Belgistan, Vismets) et Lola Bonfante. A ce jour, le combo a publié trois elpees : « Valparaiso », « Dead As A Dodo » et « Mourning Mountains ». Coproduit par l’ex-Metal Molly Pascal Deweze et Gil Mortio, ce troisième LP est paru en décembre dernier. Et ce soir, la formation va nous en réserver de larges extraits.

La formation est disposée en carré. Les deux synthés se font face. Le drummer, au bassiste. Une bonne manière de renforcer la cohésion. En début de set, le son est bien trop puissant. Et s’ouvre par deux anciens morceaux, « Action Love» et « Zombie Safari », dont le bal des vampire sert plutôt à rassurer les fans. Les claviers sont trop envahissants. Il faut attendre « Cowboy Mode » pour que la six cordes sont bien distincte, lors d’une envolée prog rock exaltante, ponctuée de voix atmosphériques. Les claviers reprennent le pouvoir tout au long de « Misbehave ». Mais sous une forme expérimentale. « Ghost Train » nous entraîne dans l’univers du jazz/rock. Les accords de gratte et les sonorités d’orgue Hammond (?!?!) s’y imposent naturellement. Instrumental et cérébral (NDR : ça rime !), « Hispsters Of The Apocalypse » prend littéralement son envol, grâce notamment aux harmonies vocales aériennes. « Subway To Your Brain » (« Dead As A Dodo ») s’enfonce dans le délire psychédélique. Et le show de s’achever par « Vidéo Game » et « Home », deux compos –apparemment– inédites…

Place ensuite aux cyclistes. Qui refusent de servir de porteurs d’eau. Donc, réclament du jus de houblon au bar. Mais le patron doit mettre un frein à leurs revendications. Le contrôle anti-dopage guette…

Fondé en 2012, le line up de Mountain Bike implique Kinkle (chant, guitare), June Moan (guitare, chant), Billie Joe (basse et chant) ainsi que Nerveux (batterie). Le ‘lead vocalist’ ne roule plus en slip kangourou ; il a tout simplement enfilé un jeans. Et ne porte plus sa vareuse jaune ou orange.

Le quartet puise manifestement son inspiration chez Strokes, Ty Segall, Beck, Deerhunter et Grandaddy. Son rock garage nerveux et déjanté, mais parfaitement maîtrisé, est impeccablement illustré par les morceaux de ses deux premiers opus. Eponyme, le premier avait été boosté par le single « I Lost My Hopes In Paradise ». Et le deuxième, « Too Sorry For Any Sorrow », suit un même parcours. Sans changement de plateau. La set list va enchaîner les titres de ces deux long playings. Les cordes de guitares peuvent se révéler atmosphériques. Les percus vous pénètrent insidieusement. Le lead vocal est à la fois mordant et métallique. Les cyclistes brillent sur la route. Ils mouillent leur maillot. Il y libèrent une fameuse dose d’énergie communicative. Et pas de coup de pompe ! Faut dire que les pistes sont chargées de testostérone. Ce qui remue les tripes de l’auditoire. Parfois l’expression sonore se teinte de nuances hawaïennes. Ou lorgne vers la pop. Lors du rappel, le band va nous réserver un percutant « Got Power ».

Mais la course n’est pas finie. Elle va s’achever au bar. Où les vedettes vont se désaltérer. Au sein d’une ambiance particulièrement conviviale. Manifestement, ils ont une fameuse descente. Même que l’organisateur de l’épreuve va devoir faire appel à ‘Bob’ pour ramener les coureurs et leur staff, à bon port…

(Organisation : Silly concerts ASBL)

An Pierlé

An Pierlé vaut bien mieux qu’une messe…

Magique, sublime et mystique ! Les superlatifs ne manquent pas pour décrire « Arches », le dernier opus d'An Pierlé, paru chez PiaS. La chanteuse gantoise l'a enregistré dans une église ; c'est donc tout naturellement au sein d’édifices religieux qu'elle a choisi d’accorder les concerts de sa tournée. Non seulement l'atmosphère y est propice mais surtout, elle peut se servir des grandes orgues, omniprésentes dans ses dernières compositions. A Mons, comme d’habitude, le podium a été dressé à l'arrière du bâtiment, en dessous de ces orgues.

A 20 heures précises, An Pierlé apparaît au jubé. Il fait encore jour et sa silhouette gracile se détache devant les vitraux qui scintillent de milles couleurs. Elle entame « I Feel For The Child », le titre qui ouvre « Arches ». Quelques claquements de doigts et le son des orgues ainsi que la voix nous transportent d'emblée dans une dimension mystique. L'artiste se tient devant la balustrade. Elle est habillée d'une cape noire recouverte d'étoiles scintillantes. Le break incrusté au milieu de la chanson est d'une intensité et d'une puissance incroyables. ‘And you drown yourself in silence...’ Enfin, la chanson se termine comme elle a commencée, en douceur, a capella.

S'ensuit un tonnerre d'applaudissements. Le public, qui occupe complètement la nef centrale, est déjà conquis. Dans la foulée, An Pierlé entame « Road To Nowhere », un inédit de « Cluster », le mini album qui formera la seconde partie du diptyque « Arches/Cluster ». Au moment du final instrumental, elle descend pour rejoindre son groupe. On y reconnaît son partenaire à la scène comme à la ville, Koen Gisen (guitare, saxophone, percussions). Les deux chanteuses, Aline Goffin (qui remplace temporairement Loesje Maieu) et Kaat Hellings, sont plantées de part et d'autre d'An Pierlé ; elles créent des harmonies vocales d'une extraordinaire délicatesse tout en se consacrant aux claviers et aux percussions. Autre pièce maîtresse du band, bien sûr, l’organiste, Karel De Wilde.

La setlist est principalement constituée de titres issus d'« Arches », notamment « Certain Days », « Vibra » et « There Is No Time », mais l’artiste flamande nous replonge un peu dans son passé pour revisiter de superbe manière « How Does It Feel ». Si les chansons invitent à la mélancolie, voire à l'introspection, les intermèdes sont, eux, carrément hilarants. Elle multiplie les blagues, comme si elle voulait détendre l'atmosphère. Et son humour fait mouche. Dans un français presque parfait, elle présente ainsi Koen Gisen comme ‘la femme à barbe’. Plus tard, elle demande si quelqu'un ne souhaite pas profiter du cadre solennel pour faire sa demande en mariage. Et que dire de ce moment où elle propose aux photographes de la rejoindre sur scène pour photographier un public qu'elle invite à poser, debout dans une extase religieuse. On se souvient qu’au cours d'un autre concert, lors d'une interruption causée par un problème technique, elle avait chanté « Petit Papa Noël », a capella. Selon ses propres mots : ‘Voilà, maintenant, vous connaissez la véritable nature de l'artiste’. Génial !

Mais le moment le plus marquant du concert est atteint lors de « Birds Love Wires », le morceau phare du nouvel elpee. La mélodie est captivante et séduit dès la première écoute. Une ambiance romantique, médiévale, enveloppe la compo, qui chaloupe... sensuellement. Quand les orgues viennent souligner la partie plus 'dark', en milieu de parcours, des frissons nous parcourent l'échine et notre gorge se serre. Nous sommes tétanisés, comme crucifiés par une telle beauté. An Pierlé frappe sur son synthé/piano et quand elle a les yeux fixés vers le haut, sa posture est quasi christique.

On épinglera également les superbes jeux de lumière qui exploitent à merveille l'architecture de l'église. Les faisceaux viennent jouer sur les voûtes et l'effet est féerique. Au fil des harmonies gothiques, on peut apercevoir l'ombre de Lisa Gerrard qui ondule dans les travées…

Les deux autres inédits, « Sovereign » et « Bedroom Dust », sont superbes et empruntent une direction un peu plus expérimentale, plus brute. Enfin, l'épique « Changing Tides », issu d'« Arches », clôture en force le spectacle. Un tambour martial emmène la composition dans une farandole enivrante, qui débouche sur une harmonie finale époustouflante à trois voix. Le public, qui avait jusqu'alors écouté respectueusement, voire religieusement', se lève et les applaudissements fusent de toutes parts.

Pour le premier rappel, les trois chanteuses montent sur la tribune des orgues pour attaquer « Cold Song », une reprise de Klaus Nomi qui, lui, s'était inspiré du « What Power Art Thou » de Purcell. An Pierlé redescend ensuite sur le podium et, fidèle à son caractère fantasque, improvise alors un chant religieux en s'accompagnant à l'orgue mais surprise, elle adapte les paroles comme suit : ‘Si vous avez aimé le concert, vous pouvez nous emmener avec vous, sous la forme d'un... CD !’

Elle prend enfin congé sur une reprise époustouflante de « Such A Shame », le classique de Talk Talk. Il ne faut pas oublier que ce groupe anglais est une de ses références majeures ! L’approche est ici minimaliste : juste quelques notes de piano et les voix. La grande classe.

En conclusion : An Pierlé a de nouveau réussi à séduire un public nouveau, manifestement peu féru de concerts rock. C'est ce qui est remarquable dans la démarche de cette tournée « Arches » : elle introduit un public disons 'classique' à une musique indie 'dark', presque 'gothique'. En incorporant dans sa pop une dimension mystique, notamment grâce aux orgues, l'artiste a visiblement touché une corde universelle...

Rendez-vous le 23 mai à l'Eglise de Laeken, dans le cadre des Nuits Botanique, où l'artiste dévoilera son nouveau disque, « Cluster ».

Pour lire l'interview d'An Pierlé, c'est ici

Pour écouter l'émission spéciale WAVES consacrée à « An Pierlé », c'est

Setlist:

Feel for the Child
Road To Nowhere
Vibra
How does it feels
Birds Love Wires
The Road Is Burning
There Is No Time
Sovereign
Bedroom Dust
Dragon JM
Changing Tides

Encore:

The Cold Song
Such a Shame (Talk Talk cover)

Photo 'live' : Gregory Lécrivain

(Organisation : Mars - Mons Arts de la Scène)  

BOZAR cherche des compositeurs

Écrit par

BOZAR s’associe à Poppunt afin d’encourager et de promouvoir de nouveaux talents par le biais d’un concours stimulant. Les participants sont invités à créer une composition unique et innovante à partir des enregistrements des œuvres de Pol Bury. Tout cela est dans le cadre de l’exposition de l’exposition « Pol Bury, Time In Motion ». Le gagnant recevra une attention toute particulière durant  cette expo.

Jury :

Dijf Sanders (Compositeur et producteur, Teddiedrum, Violent Husbands, solo ‘Moonlit Planetarium’ en 2015)

Marc Jacobs (Commissaire du BOZAR Electronic Arts Festival & Electronic Series)

Roel Vanhoeck (Responsable production pour BOZAR MUSIC – Programmateur Jazz)

François Charles (Directeur associé de DIGIZIK – Interactive Music Bureau)

Sylvie Verbeke (Communication et marketing de l’exposition Pol Bury)

 

Plus d'infos ici!

La musique européenne a son média en ligne

Écrit par

Le site Europavox.com va permettre à n’importe qui de découvrir des groupes originaire de partout en Europe. La petite pépite slovène n’aura peut-être bientôt plus aucun secret pour vous !

Pour tout savoir sur l’univers musical européen, plus de 50 journalistes participent à la vie du site.  « Band of The Day », « Bandroulette » ou « Tops », les idées ne manquent pas pour pouvoir promouvoir au maximum la musique. Avec le « Tour d’Europe », les internautes pourront découvrir quels groupes font le buzz dans n’importe quelle région du continent.

Une chouette initiative pour tous ceux qui aiment découvrir quels sons font vibrer l’Europe.

Pour rejoindre la communauté, c’est ici !

AMPHI: le festival des musiques sombres

Les 22 et 23 juillet prochains, ce sera déjà la 13ème édition du AMPHI FESTIVAL, un festival emblématique de la scène 'dark'. Plus de 12 000 corbeaux noirs afflueront de partout dans le monde à Cologne, sur le site 'Tanzbrunnen'. Au programme, 42 concerts dans les styles Goth-Rock, Darkwave, EBM, FuturePop, Cyber-Electro, etc. En haut de l'affiche, VNV NATION et EISBRECHER, ainsi que les légendaires FIELDS OF THE NEPHILIM. On sera également heureux de revoir APOPTYGMA BERZERK, COMBICHRIST, HOCICO, DIARY OF DREAMS et les pionniers du rock industriel : DIE KRUPPS.
 
Mais il y aura également des nouveaux venus sur la scène. Parmi eux, KITE , les étoiles filantes de la synthpop suédoise, LEGEND, les rockeurs épiques et électroniques venus d'Islande, ESBEN & THE WITCH, les chantres britanniques du 'dark indie-rock' et BOX & THE TWINS, la formation dreampop allemande qui jouera 'à domicile'.
 
En prélude au festival, les heureux détenteurs de tickets 'premium' auront la chance de participer à "Call The Ship To Port", une croisière-concert sur un catamaran géant, le MS RheinEnergie. Le lineup : nos gloires nationales FRONT 242, accompagnés de NEUROTICFISH et de SCHEUBER.
 
Pour plus d'informations sur le festival, visitez www.amphi-festival.de ou www.facebook.com/amphifestival .
Pour commander vos tickets : www.amphi-shop.de.

Les BB Brunes fêtent leur 10 ans de manière "Eclair Eclair"

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Les BB Brunes ont bien grandi et fêtent leurs 10 ans (de carrière). Déjà une décennie que "Le Gang" débarquait sur la scène pop rock française, single tiré de l'album "Blonde comme moi" qui allait révéler le groupe. Pour marquer le coup, ils proposent un nouveau single intitulé "Eclair Eclair" .

Un Palace pour accueillir la chambre de Cali

Écrit par
Cali sera de retour en Belgique le 20 avril. C'est au Palace d'Ath que le chanteur français viendra implanter sa chambre. C'est le décor qu'il s'est choisi pour cette tournée seul-en-scène. L'artiste originaire de la région de Perpignan livre ses textes plus en douceur prouvant qu'il est un artiste complet. Il livre ses secrets, racontant ses frasques au public, lui offrant ses chansons comme il ne les a encore jamais entendues. Il invite les spectateurs à croquer dans "Les choses défendues".

M emmené en trio à un "Bal de Bamako"

Écrit par

L'album "Lamomali", né de la collaboration entre M, Toumani et Sidiki Diabaté, sort ce 7 avril. Pour le découvrir, il faut commencer par un "Bal de Bamako" . Le clip est lui disponible depuis quelques jours déjà. On y retrouve Mathieu Chedid entre soirée festive et trajet mouvementé dans une voiture.

Lisa Hannigan

Beau, atmosphérique et intimiste à la fois

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Votre serviteur avait eu le bonheur de découvrir Lisa Hannigan sur ses terres (NDR : au Vieux-Moulin d’Ecaussinnes), en supporting act d’Oscar And The Wolf, quatre ans plus tôt. Et il attendait impatiemment son retour. Aussi, quel bonheur de savoir que la belle Irlandaise allait accorder un set intimiste au Botanique, pour défendre son dernier opus, qu’elle vient de sortir…

La première partie est assurée par Saint Sister (NDR : comme tout au long de la tournée de Lisa). Fondé en 2014, ce duo féminin ne réunit pas, malgré le patronyme, des frangines, mais Gemma Doherty (harpe celtique, chant) et Morgan MacIntyre (claviers, synthés, machines et vocaux). Plutôt jolies, il faut le préciser. Son style ? Un mélange de folk atmosphérique et d’électronica qui intègre à la fois des références sixties tout en se distinguant par des harmonies vocales gaëliques. Et que qualifie les filles, d’atmosfolk.

Gemma dispose de deux micros. Elle se sert d’un looper. Afin de mettre des vocaux en couches. Mais aussi pour dupliquer des bruitages. Ceux d’une harpe tapotée, par exemple. Comme tout au long de « Castles ». Mais ce sont les sonorités de ses cordes qui caressent les tympans et vous flanquent des frissons partout. En fermant les yeux, on a l’impression de traverser le Comté de Cork sis entre la mer et les montagnes. Le set recèle également des titres plus électro. A l’instar de « Cold feet ». Et les voix se subliment sur le titre maître de l’Ep, « Madrid ». Un duo de charme à suivre de très près…

Cinq ans après avoir publié l’elpee « Passenger », Lisa Hannigan (NDR : elle a milité au sein du backing goup de Damien Rice, jusqu’en 20017) nous propose son nouvel LP. Intitulé « At Swim », il a reçu le concours Aaron Dessner (The National), à la mise en forme. La plupart des sessions se sont déroulées au sein d’une église, transformée en studio. Un disque qui s’éloigne du format purement acoustique, pour embrasser un profil instrumental plus riche, tout en bénéficiant d’arrangements soignés.

A 21heures, le backing group monte sur les planches. Un claviériste, un drummer, un contrebassiste/bassiste et un guitariste (acoustique ou électrique) également chargé d’accorder les instruments de Lisa. Vêtue d’une robe et de bottillons de couleur noire, elle se plante au milieu du podium, derrière son micro et à côté d’un accordéon plutôt insolite, posé à plat sur une table… 

Pendant « Ora », extrait de l’album « At Swim », Lisa se dandine, les bras le long du corps. Elle se concentre sur son chant avant de se diriger vers son drôle d’accordéon. Le drummer caresse ses cymbales. La contrebasse reste judicieusement en retrait. A l’issue du morceau, une véritable ovation s’élève dans du public. Lisa sourit et le salue dans la langue de Voltaire. Vaporeuse, sa voix plane tout au long de « Pistachio » (« Sea Sew »). Elle balance les bras à la manière de Joe Cocker, alors que la basse se met à vrombir. Pendant la jolie ballade éthérée « Prayer For The Daying », au cours de laquelle Lisa frappe une maraca contre son corps, on n’entend pas une mouche voler. Elle empoigne une gratte semi-acoustique pour attaquer « O Sleep », un morceau contagieux dynamisé par les percus. Et une mandoline pendant « Undertow ». Elle aborde les thèmes de la solitude sur « Tender », « Fall » et « Snow ». Les sonorités du violon émanent du synthé. Dominé par les ivoires, « Funeral Suit » adopte un profil davantage symphonique, une compo au cours de laquelle la voix de Lisa se fait cristalline. Des orchestrations cuivrées alimentent « We, The Drowned », un instrumental à la fois fiévreux et brumeux. Et c’est « Knots » qui clôt le concert.

Avant le rappel, au cours duquel les filles de Saint Sister viennent soutenir Lisa. Pour « Anahorish », une reprise a capella d'un poème stellaire de Seamus Heaney. Parfaite, la conjugaison des trois voix nous réserve un moment magique. Les musicos de Lisa reviennent sur l’estrade. Tout le monde est en rang, Lisa empoigne sa gratte semi-acoustique ; et sans électricité, ils interprètent « Barton » et « A Sail ». Beau, atmosphérique et intimiste à la fois ! 

(Organisation : Le Botanique)

Sauropod

Roaring at the Storm

Écrit par

Jonas Røyeng (guitare, chant), Kamilla Waal Larsen (basse, chant) et Jørgen Natland Apeness (batterie) ont apparemment été biberonnés au grunge rock des 90’s. D’ailleurs, à la lecture des différents articles qui concernent le trio, les noms de Nirvana et des Pixies reviennent fréquemment. A l’instar de ces deux formations légendaires, le band danois (NDR : il est issu d’Oslo) propose un punk énergique, tout en cherchant à soigner le sens mélodique. Malheureusement, ce sens mélodique est un peu trop complaisant. Il collerait d’ailleurs bien mieux à des compos pop/rock. A l’instar de « You and Me Should Leave Together Tonight » et « Sunny Day ». En outre, lorsque le chanteur  Jonas Røyeng (NDR : c’est également le leader) tente d’élever la voix ou quand les musicos cherchent à muscler l’expression sonore, l’étincelle ne se produit jamais. Et à la limite, on finit par manifester de la compassion à leur égard (« Winter Song »). « Roaring at the Storm » est une tempête qui hurle dans un verre d’eau…

 

Lee Palmer

Bridge

Écrit par

Lee Palmer est un musicien qui touche un peu à tout ce qui tourne autour de la musique roots, que ce soit l’americana, le blues, la country, le folk et même le jazz ! Ce chanteur, guitariste et compositeur est particulièrement prolifique. "Bridge", son quatrième elpee solo, fait suite à "One take", paru en 2013, "60 Clicks", en 2014 et "Like Elway", en 2015. Il a été enregistré aux studios Metalworks et The Tone Catcher, chez lui à Toronto. Lors des sessions, le Canadien a bénéficié de la participation de son backing group, The One Take Players ; c’est-à-dire Kevin Briet (guitares, dobro et mandoline), Mark Lalama (claviers), Alec Fraser Jr (basse) et Al Cross (batterie). Mais également de son ami Elmer Ferrer. Non seulement il est responsable de la coproduction, mais il a apporté toute sa panoplie de grattes ; et il n’hésite pas à s’en servir !

Ballade acoustique empreinte de douceur, "That’s no way to go" bénéficie d’une jolie mélodie qui met bien en exergue la voix de Lee, enveloppée de chœurs et de cordes. Un climat qui baigne également "Back to lonely", une plage discrètement enrichie de cuivres. "Tulsa Sound" est profondément inspiré par le citoyen le plus connu de Tulsa, dans l’univers de la musique, feu JJ Cale. Une plage au tempo nonchalant, paresseux même, soulignée par les voix de Lori-An Smith et Patricia Shirley, mais surtout transpercée par la slide de Mr Briet. L’orgue Hammond amorce des riffs rythmiques, volontairement écrasants, pour alimenter "Our love bears repeating", une autre chanson roots au cours de laquelle des interventions de slide s’infiltrent généreusement. Palmer et Mary McKay se partagent le chant tout au long de "Did it feel like this", une piste qui libère des saveurs exotiques, que les frêles percussions de Kiki Ferrer entretiennent. L’elpee recèle plusieurs ballades folk roots auxquelles participe le violoniste Aaron Salomon. Et qui intègrent également mandoline, piano et/ou accordéon, parfois dans un climat louisianais. R&b léger, "Well, well, well, well" est parcouru par le saxophone de Turner King. Orgue Hammond, guitare et cuivres s’imposent tout au long du blues lent, « Chock full of trouble »…

 

Eliza Neals

10,000 feet below

Écrit par

Issue de la Motor City, Eliza Neals est une artiste particulièrement dynamique. Cette chanteuse/claviériste/compositrice a déjà décroché plusieurs awards, dans les domaines 'Blues/R&B' mais aussi 'Rock/Pop'. Elle drive son propre band, The Narcotics. Mais à l’instar de son opus précédent, "Breaking and entering", pour enregistrer "10,000 feet below", elle a reçu le concours de nombreux amis : des gratteurs, des bassistes et des batteurs. Au premier rang desquels figure son fidèle partenaire, Howard Glazer, un guitariste notoire…

C’est par des sonorités traitées au bottleneck par Glazer, mais overdubbées, que s’ouvre "Cleotus", une plage chantée d’une voix un tantinet sensuelle par Miss Neals. Ce duo cosigne le très inspiré et majestueux "Another lifetime", un premier blues lent. Les cordes d’Howard sont omniprésentes et soutiennent idéalement le timbre éraillé d’Eliza. La rythmique hypnotique imprimée par le drumming de Skeeto Valdez et les riffs de gratte balisent "Burn the tent down", un rockin’ blues bien percutant. Notre vocaliste blonde pousse de petits cris nerveux avant de totalement se libérer. Elle entame le titre maître a cappella. Des cordes acoustiques entrent ensuite dans la danse, avant que Howard ne vienne y incruster des chapelets de notes incisives et mordantes. Imprimé sur un mid tempo, "You ain’t my dog no more" est de toute bonne facture. Le timbre vocal est écorché. La slide, offensive, impérieuse et métallique. Et au beau milieu de cette tornade, "Cold cold night" retrouve un peu de quiétude. Un havre de paix. Une ballade indolente au cours de laquelle la voix est soulignée par les cordes acoustiques de Paul Nelson (NDR : il a milité au sein du backing group de Johnny Winter), invité pour la circonstance. Assise derrière son piano, Eliza interprète d’une voix profonde, "Hard killing floor", une plage empreinte de douceur. La gratte de Glazer s’approche puis s’installe, tout en provoquant une sensation de malaise, avant de s’enflammer. "Call me Moonshine" évolue également sur un mid tempo. Miss Neals se consacre au micro et se concentre sur son orgue Hammond, alors qu’Howard ne tient plus en place. Il écrase ses pédales à la manière d’un Jimi Hendrix au sommet de son art ! Et cette légende hante encore "Merle Dixon". Tordues, malmenées, crachant son lot de braises incandescentes, les cordes sont trafiquées à l’extrême. Roots, "Downhill on a rocket" libère des saveurs étranges. Talonnée par de petits cris stridents dispensés par la gratte, la voix musarde et se dédouble à l’infini. Empreinte de sérénité, "At the Crossroads" est une ballade sereine soulignée par la voix aérienne et entretenue par les accords de piano ainsi que de la guitare aux accents mélodiques, guitare que se réserve Billy Davis (NDR : il a bossé en compagnie de Hank Ballard et Jimi Hendrix, il y a un bon bout de temps). Le meilleur opus d’Eliza Neals, à ce jour !

 

Lauren Mitchell

Desire

Écrit par

Lauren Mitchell chante le blues et la soul. Originaire de Colombus, dans l’Ohio, elle vit désormais en Floride, du côté de Tampa. En 2011, Lauren, à la tête d’un restaurant, rencontre des difficultés financières. Ce qui va la pousser à embrasser une carrière musicale professionnelle. Elle grave alors "Please come home", en 2013, puis "Live from the Bradfordville Blues Club", en 2014. "Desire" constitue donc son troisième essai. Il a été enregistré à Los Angeles, au studio Ultratone, sous la houlette du producteur notoire, Tony Braunagel. Lors des sessions, outre la mise en forme, il se consacre également à la batterie. Et puis, il a entraîné dans l’aventure les musiciens qui fréquentent régulièrement les lieux ; à l’instar du claviériste Jim Pugh, du guitariste Johnny Lee Schell, du saxophoniste Joe Sublett et du trompettiste Darrell Leonard. Et manifestement, c’est du beau monde !

L’elpee s’ouvre par "How to treat my man", un titre popularisé par Etta James. Le tempo est tonique. Le climat baigne dans la southern soul à coloration Stax. Lauren possède une voix puissante, et elle a de la réserve. Jim Pugh se démène derrière son piano alors que Johnny Lee Schell libère ses cordes à la manière d’un Jimmie Vaughan au sommet de son art. "Soul Music" s’ébroue au sein d’une atmosphère exotique, reggae même. Dansante mais délicate, cette plage se distingue par une sortie de Josh Sklair (NDR : il a beaucoup bossé pour Etta James), à la six cordes. Le meilleur morceau du long playing, est manifestement le titre maître. Bien construit et plaisant, ce blues est traversé par la slide de Steve Fister. Et c’est du bonheur pour les oreilles ! Classieux, légèrement funky, "Jump into my fire" est un r&b largement cuivré et dansant, que guide une voix bien déterminée. "Good to me as I am to you" est un blues lent signé par Aretha Franklin, et son adaptation est superbe, face aux ivoires et aux cuivres. "Feels so good" et "Today" constituent de jolies ballades soul. "Stand up like a man" avait été traduit en hit par la chanteuse Bettye Lavette. La cover est énergique. Et la gratte de Josh Sklair semble hantée par Albert King. Sculptée dans le funky r&b, "I ain’t been" est une autre reprise. Elle est issue de la plume du duo soul/funk new-yorkais Ashford & Simpson. Le "Bridge of my dreams" de T.C Carr (NDR : c’est le leader des Bolts of Blue) est un blues bien rythmé que chante merveilleusement Lauren, face au piano allègre de Pugh. Et elle nous rappelle qu’elle a du coffre, mais aussi une grande sensibilité, tout au long de "Lead me on", un r&b indolent abordé dans l’esprit Stax, alors que Pugh tapisse l’ensemble de son orgue. "Brown liquor" est une autre plage qui trempe dans le funky R&B. Il s’agit, en général, du morceau qui termine les shows de Miss Mitchell. Sa voix domine bien son sujet, malgré les changements de tempo et de l’intervention de la guitare qui crache ses dernières flammes…

 

Lazy Eye

Pocket the Black

Écrit par

Lazy Eye est issu d’Adelaïde, en Australie. Un trio drivé par Evan Whetter. Il chante, joue de l’harmonica et surtout de l’orgue Hammond. C’est d’ailleurs cet instrument qui constitue la pièce centrale du puzzle sonore. Le leader assure même les parties de basse à l’aide de ses pédales. Il est soutenu par la guitariste Erica Graff et le batteur Mario Marino. La formation a remporté plusieurs Blues Awards dans son pays. Elle a été ainsi sacrée 'Groupe de l’année' en 2015, et 'Album de l’année' en 2013, pour son premier opus, "Move me". Lazy Eye a représenté l’Australie du Sud à l’International Blues Challenge de Memphis, en 2016. "Pocket the black" constitue déjà son quatrième long playing. Il a été enregistré en juin 2016, à Adelaïde. Il est sous-titré "Live at Chapel Lane", car le studio était ouvert en permanence à un petit nombre de spectateurs afin d’insuffler la dose d’énergie et d’authenticité nécessaire à la prise de son.

Des accords de basse ouvrent "Keepin’ from lovin’", avant de céder rapidement le relais aux claviers. Souverains, ils s’imposent naturellement. Evan se consacre au micro tout au long de cette plage cool, indolente même, dont le rythme est balisé par le drumming de Mario. Le titre maître est plus rythmé. Les parties vocales sont parcimonieuses, laissant alors les instrumentistes tirer leur épingle du jeu. Miss Graf sur ses cordes ; et bien entendu l’orgue, très en verve, mais dans un style très personnel ! La guitare rythmique impose la cadence au blues/rock atmosphérique "Back the way I came". Mr Whetter se réserve son billet de sortie. Et son style rappelle le Graham Bond des 60’s, quand ce musicien, jazzman d’origine, avait découvert l’orgue Hammond. Erica y dispense une excellente intervention sur ses cordes. La voix d’Evan est chargée de feeling tout au long du blues lent "Let me down easy". Les cordes de Graff la talonnent. Et elles sont également bourrées de sensibilité. Le long playing recèle deux plages instrumentales. Tout d’abord l’exotique et jazzyfiant "Mucho Jalapeno". Puis, "Swing for Marz", une piste qui lorgne manifestement vers Jimmy Smith. Mario Marino adopte le Bo Diddley beat pour "Shack O’mine". Erwen et Erica conjuguent leurs voix. Les trois musiciens se réservent une petite escapade personnelle. "Do you know how it feels" est l’inévitable long blues lent. Quoique instrumentalement de bonne facture, il souffre de la faiblesse du chant. Downhome blues, "Treat your lover right" est hanté par Jimmy Reed. Pas de trace d’orgue ici, car Evan a troqué son instrument favori contre un harmonica. Et ce dernier parvient à se détacher impeccablement des cordes acoustiques d’Erica. Il est de retour pour "It ain’t right", une dernière plage bien rythmée au cours de laquelle chaque musicien tire son épingle du jeu…

 

Goodbye Moscow

Souvenirs Futurs

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Goodbye Moscow, c’est le projet de Benjamin Hutter. Après avoir accompli un long voyage en train à travers l’Europe (NDR : Benjamin est né en Russie), ce poète et doux rêveur a posé ses valises à Bruxelles, en 2015. Année au cours de laquelle il publie un premier Ep intitulé « De Rêves Inachevés ». Benjamin reconnaît pour influences majeures, Dominique A et Etienne Daho. Il a remporté le tremplin ‘Beauraing Is Not Dead’ et est finaliste du concours ‘F Dans le Texte’. Membre également du collectif liégeois Planet Melon (Leaf House, Lylou et Two Kids On Holiday), il est soutenu par deux choristes : Alice Vande Voorde et Lauréne Vatier.

« Reste Avec Moi » : c’est un cri du cœur qui ouvre ce disque. Pourtant, il s’agit davantage d’une invitation à rejoindre le dancefloor. A cause des beats électro. Des beats électro qu’on retrouve tout au long de « Comme Gagarine », une piste qui nous guide vers une galaxie lointaine. Au beau milieu des étoiles. Même que la voix épouse un profil intergalactique. « Si l’été » vous entraîne sous le soleil et surtout les palmiers. Les souvenirs appartiennent toujours au passé, mais la musique de Benjamin porte l’espoir d’un avenir meilleur. Et il traduit ce concept à travers « Souvenirs Futurs ».

« Célébrons » clôt cet Ep. Le spectre de Daho rôde. Le flux des mots est incessant et véhicule un message positif et reflète en même temps une sorte d’ode au bonheur.

François and The Atlas Mountains

Solide Mirage

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Après avoir tutoyé les cimes, en publiant « E Volo Love » et « Piano Ombre », ses deux opus précédents, François Marry et ses Atlas Mountains ont dû affronter le très difficile exercice de la confirmation. Un pari difficile, quand on sait qu’une partie du staff, en l’occurrence Pierre Loustaunau et Gerard Black, a décidé de quitter le navire pour se consacrer à des projets personnels, respectivement Petit Fantôme et Babe…

Bien que reproduisant des recettes semblables, le band a décidé de les agrémenter de nouvelles épices. Et le résultat est plus que probant. Quoique bien indie, « Solide Mirage » continue de puiser au sein de la world, et tout particulièrement africaine, dont le raï, mais se nourrit également de calypso (NDR : musique de carnaval issue des Antilles –Trinidad et Tobago– et du Venezuela).

En pétard contre la situation mondiale actuelle, François ose des textes plus engagés –mais toujours poétiques– sur « Le Grand Dérèglement » et « Apocalypse à Ipsos ». Le premier morceau évoque la crise des migrants et le second se penche sur les excès des sondages. Désireux de varier les plaisirs, le combo français s’autorise une piste quasi-punk (« Bête Morcelée ») et bénéficie du concours de l’incontournable Owen Pallett, responsable de superbes arrangements de cordes (« Perpétuel Eté »). Moins accessible que « Piano Ombre » et peut-être moins mélodieux, « Solide Mirage » gagne toutefois en profondeur grâce à son engagement mais aussi à la production d’Ash Workman (Metronomy, Christine & The Queens). Bien plus solide qu’un simple mirage donc...

 

Beyond The Labyrinth

The Art of Resilience

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« The Art of Resilience » constitue le quatrième elpee de Beyond the Labyrinth, une formation belge pour le moins atypique. Et pour cause, elle ne compte pas de chanteur en titre. Ainsi, pas moins de dix vocalistes ont été invités à pousser la chansonnette, soit quasi un chanteur par morceau. Au-delà de ce défi louable lancé par le combo, cette disparité vocale confère malheureusement vite un manque de cohérence au niveau du track listing de cet opus, ressemblant plus à une compilation réunissant différents bands, qu’à un véritable album studio. Au-delà de cet aspect, « The Art of Resilience » recèle douze pistes coulées dans le Heavy Metal, certaines un peu plus épiques –dont « The Setup (Innoncense Presumed) » au cours de laquelle, Josey Hindrix, le chanteur d’Ostrogoth, se réserve le micro– d’autres plus gothiques –à l’instar de « Prince of Darkness » et « Fall of the Raven », que chante Colin Flynn. Cet LP véhicule aussi quelques accents empruntés au Power Metal (« Shape Shifter », « Salve Mater »). Mais plusieurs plages laissent une impression de déjà entendu. Et notamment « Someone Watching Over You », qui lorgne un peu trop obstinément vers Machiavel.

Toute personne résolument fan de Heavy plutôt mielleux devrait facilement y trouver son compte et passer un bon moment. Mais si ce style a plutôt tendance à vous hérisser le poil, mieux vaut dès lors passer votre chemin…

 

Atomic Spliff

Robomuffin

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Atomic Spliff est né d’une rencontre entre deux jeunes chanteurs qui organisaient des soirées ‘Soundsystem’, au cœur de la Cité Ardente, début 2003.

Deux ans plus tard, Stoneman et Daddy Cookiz échangent quelques duos en ‘live’, puis décident de former un band. Au sein du crew : 3 djs et 4 chanteurs. Et son énergie est débordante. Son style ? Un reggae particulièrement ‘roots’, oscillant entre ragggamuffin, dancehall et rub a dub. Le tout sur des textes humoristiques qui évoquent leurs expériences au jour le jour, dans un climat propice à la bonne humeur…

En 2013, le combo publie une mixtape baptisée "PiratoMixtape". Puis son premier album, « Ras Attack », en 2015. « Robomuffin » constitue donc son deuxième véritable opus. Un disque tout au long duquel le band a décidé de remettre au centre des débats des thèmes comme la mondialisation, le réchauffement climatique et la surconsommation. Un flow bien plus pointu que sur le précédent LP.

Parcourue par un mélodica, « Appelle-Moi » ouvre la plaque. Pleines de bonnes vibes, cette plage est construite comme un comics yankee.

« Robomuffin » compare les humains à des numéros qui travaillent à la chaîne (boulot, métro, dodo). Une puce est implantée dans votre cerveau pour être formaté. Mais pas question de rentrer dans ce ‘Système’.

Ode au grand Bob Marley, « Peaceful Warriah » prône un certain pacifisme.

Coloré et cuivré « Train To Zion » nous propose un voyage entre la gare des Guillemins et Zion, le paradis sur terre. Pas de ticket et pas de stress. Il y a même un wagon réservé aux fumeurs. De ganja, on suppose. 

« Remove Ya » : ‘Dégage mon gars, je sais ce que je dois faire. Rien à foutre de Babylon. Je ne veux pas travailler. Stone Man, c’est à son rythme qu’il sculpte, dessine et écrit. Et il va pas, non plus couper ses dreadlocks…’

Mardjenal est un artiste issu d’Annecy, responsable d’une musique mêlant dancehall et reggae. Il apporte son concours à « Plus Haut ».

« Mr Postman » ou la vision alternative du facteur. Tous les jours, il dépose ses factures dans la boîte aux lettres. Mais le destinataire attend un colis posté depuis la Jamaïque. Qui n’arrive décidément pas…

Plus lent, « Pas Assez » (NDR : il a également fait l’objet d’une vidéo, et elle est disponible, ici est le single qui a précédé la sortie de l’album. Les lyrics abordent les thèmes de la mondialisation, de l’égoïsme et de la finance.

« Rock And Steady » et « Well Now » sont deux morceaux particulièrement dansants. Que ce soit sur le dancefloor ou sur les plages de Kingston. De quoi se vider le cerveau de tous les soucis de la vie quotidienne…

« Nerveux » (feat Dj Bust) opère un virage hip hop.

« Step Inna Di Dance » a retrouvé le chemin du rub a dub…

Une jolie voix féminine. Celle de la Lyonnaise LMK pour « Gall Inna Di Dance » qui semble tout à fait à l’aise au sein de ces rastas sympas.

« Ruff », mais sans collerette, ni cravate. 

« A Wa Do Dem » : sur la trace d’Eek-A-Mouse ? 

Après les Martiens, ce sont les robots qui débarquent sur terre. Mais attention, ils préludent la révolution ganja. Elle est d’ailleurs déjà en marche.

En concert ce le 14/04/2017 à l’Eden de Charleroi.

Abel Caine

Miracles

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Les bourgeons pointent le bout de leur nez ; ce qui a certainement incité les jumeaux Greg et Micka Chainis à sortir de leur tanière. Et pour ce premier elpee, qui fait suite à un Ep, paru en 2013, les frangins ont de nouveau bénéficié du concours du chanteur Millan Lafontaine ainsi que de deux drummers, Pierrick Destrebecq et Santo Scinta.

« Electric Purple » ouvre la plaque. Un titre électro/pop épatant contaminé par le funk et la soul. Il figurait déjà sur l’Ep. Il a été remis au goût du jour. 

« These Days » se distingue par sa mélodie accrocheuse et immédiate.

« Lights On » incite subrepticement à la danse. Tout comme « Up to something » (NDR : c’est le sommet du long playing) et « Cut Lines », une piste sculptée dans le funk. Cette dernière est même dominée par les accès de basse et dynamisée par des percus grisantes. Inévitablement on ne peut s’empêcher de penser à Nile Rodgers et Bernard Edwards.

Une ligne de basse frémissante trace le parcours de « You Realize », une plage au cours de laquelle les interventions de percus et claviers ne manquent pas de charme.

« Miracles » illustre la nouvelle maturité acquise par le band louviérois.

« Say Hi ! » et « Ready To Play » adoptent un tempo plus spasmodique. Et en bonus, « Teardrop Eyes » ainsi que « East West » se savourent comme des bonbons sucrés/salés…

 

The XX

I See You

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Il a donc fallu cinq longues années avant que The XX ne réserve une suite à « Coexist ». Une demi décennie au cours de laquelle le trio londonien ne s’est guère montré prolifique. Il y a bien eu l’un ou l’autre single, la B.O du film ‘Gatsby le Magnifique’ ainsi que l’excellent album solo de Jamie Smith, « In colour », qu’il a publié sous le pseudo de Jamie XX. Et puis, rideau ! Les aficionados attendaient donc le band britannique de pied ferme. 

« I See You » reprend les choses là où le groupe les avait laissées. La pochette de l’album annonce d’ailleurs la couleur, à travers le fameux ‘X’ décliné cette fois-ci en couleur argentée. Ce choix reflète parfaitement le léger virage pris par la formation qui a décidé de délaisser l’obscurité intégrale afin de s’autoriser, le temps de l’un ou l’autre morceau, une ouverture vers un univers plus pop et davantage ensoleillé, à l’instar de « Dangerous » et « On Hold ». Mais aussi r&b ; et « Say Something Loving » en est la plus belle illustration. Sans quoi, sur le reste de l’elpee, on retrouve le style bien caractéristique du band ; et tout particulièrement ce mélange subtil et original entre les voix. Et puis ces atmosphères ténébreuses et glaciales qui sont devenues la marque de fabrique du groupe insulaire. De cet elpee, on épinglera encore « Performance », une plage illuminée par la voix de Romy, alors que l’instrumentation minimaliste entretient une tension permanente.

The XX se produira ce 17 août, dans le cadre du Pukkelpop.

 

Grandaddy

Se replonger dans le passé, tout en s’accrochant au présent…

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Nombreux sont les fans qui se sont réjouis de la reformation du Grandaddy, en 2012. Qui a publié un excellent nouvel album, intitulé « Last Place », début de cette année. Pas étonnant, dès lors, que l’AB soit sold out, ce mercredi 5 avril, pour accueillir la formation californienne. Et que le public réunisse une majorité de quadragénaires…
Le surmenage ainsi que l’addiction à l’alcool et aux substances illicites seraient les principales causes de la séparation du band, en 2006. Dont les musicos se sont ensuite lancés dans différents projets. Jason Lytle, sa tête pensante, gravant deux elpees solos et un au sein du groupe Admiral Radley. Pour gouverne, on rappellera également, qu’en 2015, Jason a apporté sa collaboration à Troy Von Balthazar, afin de rendre hommage à Elliott Smith, lors d’un concert exceptionnel.

Grandaddy a sans doute écrit (et devrait encore écrire) certaines des plus belles pages de l’indie rock. On avait donc hâte d’écouter les pépites qui jalonnent la discographie du band...

A 21 heures pile, les lumières s’éteignent. En arrière-plan, un film est projeté sur un écran. Y défileront des images tournées aux Etats-Unis qui ne cesseront qu’en fin de show. Des paysages champêtres, mais également des montagnes, des sites industriels, des trains de marchandises, etc. Vu l’engagement écologique de Lytle (il a fui Modesto, trop pollué à son goût, pour se réfugier dans le Montana), il doit mal vivre le virage opéré par l’administration Trump dans le domaine de la politique environnementale. Au bout de 2 minutes, sous le sample d’« Under the Western Freeway », apparaît sur l’écran les lettres ‘GRANDADDY’. Et en gras ! Il n’en faut pas plus pour déclencher une ovation au sein d’un public… déjà conquis. C’est sous les applaudissements que Jason Lytle, suivi des autres membres du combo, grimpe sur l’estrade. Suivant la tradition, il est vêtu d’une chemise à carreaux et coiffé d’une casquette. A presque 50 ans, l’homme n’a pas pris une ride. A sa gauche, on retrouve le bassiste Kevin Garcia. Derrière lui Aaron Burtch à la batterie. Sur sa droite, Tim Dryden se consacre aux claviers. Et… un illustre inconnu a dû remplacer Jim Fairchild, au pied levé.

Dès le premier morceau, on reconnaît le son si caractéristique de Grandaddy. Et puis ce sens mélodique d’une redoutable efficacité, né d’un subtil cocktail entre feeling mélancolique et envolées électriques. Veloutée, la voix de Lytle est intacte. Elle n’a pas changé d’un iota en 20 longues années. Parfois, elle évoque même celle de Jonathan Donahue (Mercury Rev). Et on s’en délecte… 

La set list va puiser au sein de l’ensemble du répertoire de Grandaddy. Mais certains titres –désormais cultes– vont recueillir davantage les faveurs de l’auditoire. A l’instar de « A.M.180 » ou encore « Now it’s On ». Avant de quitter le podium, Grandaddy s’attaque à « He’s Simple De’s Dumb De’s the Pilot ». D’abord reprise en chœur par une bonne partie de la foule, cette compo va ensuite glisser vers un long et superbe exercice de style instrumental, digne de Pink Floyd…

Le groupe remonte sur les planches, quelques instants plus tard. Lytle déclare (NDR : ce sont probablement les seules paroles qu’il a prononcées au cours du set, hormis celles de ses chansons) qu’il va nous réserver encore deux morceaux. Un nouveau et un plus ancien. Soit « The Boat is in the Barn », un extrait du dernier opus, avant de conclure par le plus énergique, « Summer Here Kids ».

Le public quitte la salle vers 22h30, le sourire aux lèvres. Pendant plus d’une heure, Grandaddy nous a replongés dans le passé, tout en se raccrochant au présent. Un retour gagnant !

(Organisation : Live Nation + Ancienne Belgique)