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Le parfum de vie de Goudi

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K's Choice

Nostalgie, quand tu nous tiens…

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En cette année 2017, K’s Choice célèbre son 25ème anniversaire. Le groupe belge à la notoriété internationale donne le coup d’envoi de sa tournée baptisée ‘French Anniversary Tour’, ce mercredi 3 mai 2017, au Splendid de Lille.
Si le set est affiché fièrement sold out, sur les réseaux sociaux, il faut reconnaître que vu la proximité de la frontière, l’auditoire est davantage composé de Belges que de Français. En quelque sorte, Sarah et Bert jouent presque à domicile ce soir…

C’est très précisément à 20 heures que Jim Bauer, vêtu de noir et de gris –pas très joyeux à prime abord pour une soirée anniversaire– grimpe sur l’estrade, armé de sa sèche (qui doit certainement avoir déjà fêté plus d’un quart de siècle, quand on voit l’usure de la table d’harmonie).

Romantique, l’univers sonore de cet auteur/ compositeur/interprète baigne au sein d’une néo soul teintée de folk aux accents nineties. En extrapolant, elle aurait pu naître de la rencontre entre  Baptiste Lalieu (Saule) et Fran Healy (Travis). 24 minutes chrono plus tard, Jim Bauer annonce la fin de son set ; mais avant de vider les lieux, il va surprendre son auditoire en lui réservant une reprise audacieuse d’« It’s a Man’s World » de James Brown. Sa voix est alors chargée de groove. Et les interventions à la gratte précises et riche en couleurs. Pari réussi et un bel hommage rendu au ‘Godfather of Soul’. Jim Bauer peut s’éclipser la scène la tête haute, le contrat est plus que rempli. Et selon la formule consacrée, cet artiste est à suivre de très près… 

A 20h30 tapantes, les lumières s’éteignent alors qu’une bande/son de « Mr. Freeze » est diffusée dans les haut-parleurs. La salle est maintenant copieusement remplie. Les musiciens entrent alors en scène, sous de chaleureux applaudissements. Ils sont six, dont un second gratteur, un bassiste, un claviériste et un drummer. Et bien sûr Sarah et Gert Bettens qui affichent un large sourire, mais ont beaucoup de mal à cacher les sentiments qui les étreint, face à un public enthousiaste et heureux de ces retrouvailles.

K’s Choice démarre sur les chapeaux de roue en enchaînant ses tout premiers succès. Le ton est donné. L’ambiance est sympathique et agréable. Et un parfum de nostalgie se répand dans l’atmosphère… Sarah multiplie les interventions de gratitude et chargées d’émotion, tout en n’oubliant pas de s’adresser à son frère, parfois sur le ton de l’humour. Gert reste plus discret et se concentre sur ses instruments, en alternant ses guitares (acoustique, semi-acoustique, etc.) et un ukulélé. Et sa maîtrise est impressionnante. 

Les plages du ‘best of’, qui vient de sortir, passent parfaitement la rampe et bénéficient d’une nouvelle énergie que le duo semble puiser au sein d’une fontaine de jouvence. Les musicos sont chevronnés. Des pros, si vous préférez. Ce qui n’empêche pas Sarah d’apporter son grain de folie, lié à la circonstance.  

« Believe » et « Cocoon Crash » sont certainement les deux titres les plus appréciés par le public. Sa réaction le démontre. Et il entonne à deux reprises ‘Happy birthday, K’s Choice’. Un fan vient même offrir un t-shirt, spécialement imprimé pour l’événement, à Sarah.  

Après avoir quitté le podium, la formation revient pour accorder une prestation davantage intimiste. Sarah interprète même, en solo, le single « 20,000 Seconds ». Sarah et Geert  clôturent ce spectacle par une version acoustique de « Killing Dragons ». Et c’est sous les acclamations que le groupe quitte définitivement les planches. Les spectateurs peuvent sortir du Splendid, le sourire aux lèvres et l’impression d’avoir retrouvé leur adolescence, le temps d’un concert, suite à cette soirée anniversaire…

(Voir aussi notre section photos ici)

 

 

 

Roots & Roses 2017 : lundi 1er mai

Le temps est resté menaçant toute la journée du 1er mai, à Lessines, mais pratiquement pas une goutte de pluie n’est tombée. La foule n’y est pas venue cueillir du muguet, mais écouter du blues, du bluegrass, du punk, du punkabilly, du roots, du garage et des dérivés de ces styles. Une bonne nouvelle en appelle une autre, puisque la huitième édition du festival a accueilli 3 700 personnes, soit presque un bon millier de plus que l’an dernier. Faut dire que l’affiche, cette année, propose des artistes qui attirent le peuple, comme les Fuzztones, The Sonics et surtout Pokey Lafarge, particulièrement populaire au Nord du pays.

Il est à peine 11h00 et les régionaux de l’étape, Power Skake, entament les hostilités. Le line up réunit d’excellents musiciens ; en l’occurrence le chanteur/harmoniciste Fred Janus, le contrebassiste Jonathan Blondel, le drummer Antoine Olivier et le guitariste Jérôme Rasson. Ces deux derniers militent également chez Rockin’ and Drinkin’ Guys, un combo qui s’est déjà produit dans le cadre de ce festival. Power Skake pratique un excellent roots/blues/rock, parfois teinté de punk. Le chanteur se démène et occupe tout l’espace scénique. Mais on se demande ce que fabrique le responsable derrière les manettes. Il chipote constamment les paramètres de ses ordinateurs et ne parvient pas à trouver les bonnes balances. Conclusion : le son est exécrable. Pas vraiment sympa pour les musiciens. Aussi, je quitte le chapiteau, après deux morceaux.

Et la qualité sonore n’est toujours pas au rendez-vous pour le set de The Scrap Dealers, une formation liégeoise qui pratique une forme de psyché/noisy/garage inspirée par Spiritualized. Ici, c’est le volume sonore qui est excessif. Les infra-basses vous arrachent les tympans. C’est intenable ! Et puis, franchement, ce style de musique n’est pas adapté à ce type de rendez-vous. Pourtant, il y a certainement du potentiel chez cette formation ; aussi j’espère la revoir dans d’autres conditions. Et comme pour Id!ots, le confort d’écoute est toujours aussi déplorable, votre serviteur prend un bon bol d’air frais.

Il y a quelques années, Jon Spencer avait emporté, dans ses valises, le trio danois PowerSolo, pour assurer le supporting act de sa tournée. Son style ? Du rock’n’roll contaminé à la fois par la noisy et le rockabilly. A l’extérieur du chapiteau, le son est potable. Mais c’est toujours le même type qui est chargé de la console. Donc…

Désespéré, je me rends sous l’autre tente, où la bande à Woody Pines –qui nous vient de Nashville, dans le Tennessee– opère son soundcheck. Et ce jugband va nous livrer une forme d’americana qui se nourrit à la fois de country, blues, hokum et hillbilly. Une expression sonore qui sent bon les grandes plaines parcourues par les cow-boys. Non seulement Woody joue de la sèche, du dobro et imprime le tempo à l’aide d’un tombass, mais il souffle superbement dans un harmo. Il est soutenu par un contrebassiste et un gratteur, également préposé au banjo et à la pedal steel. C’est la première fois que le combo met les pieds sur le sol européen et ce ne sera que du bonheur. Il y a du monde devant le podium. Le son est enfin au point. Et vu le style musical proposé, votre serviteur prend son pied. En attendant impatiemment le set de Pokey Lafarge… (D.D.)

Sur le site, un ring a été installé Et tout au long de la journée, il sera le théâtre de combats de catch. Amusant, mais parfois aussi effrayant ; surtout quand on voit une masse musculaire s’abattre sur un concurrent pour l’aplatir, malgré ce plancher, finalement plutôt caoutchouteux.

Place aux Pine Box Boys, une formation drivée par le chanteur/compositeur/guitariste Lester T. Raw, dont la barbe est impressionnante. Tout comme celle du drummer, d’ailleurs. Le line up implique également un banjoïste (NDR : il joue en picking), un contrebassiste, et sans doute pour la tournée, un cinquième larron qui se charge de la trompette ou du dobro. La musique de cette bande de joyeux lurons (NDR : tout le reste de la journée, ils vont danser le rock’n’roll, dans la fosse, avec leurs copines) oscille du bluegrass à l’americana, en passant par le gothique, alors que les textes, chantés d’un timbre graveleux (NDR : sur son micro, figure un drapeau de l’Arkansas, en miniature), un peu à la manière de Garth Brooks, racontent des histoires de mort, de meurtres et de misère. Un show, fort sympa auquel il ne manquait, finalement, que la participation d’un violoniste. De quoi rendre l’ambiance encore plus festive. Un coup de cœur, quand même, une compo plus pop, intitulée « Dog named death », digne de REM…

C’est en 2005 que votre serviteur avait eu l’opportunité de rencontrer le leader des Fuzztones, Rudi Protrudi (voir ici). Depuis, le band continue de rouler sa bosse, mais plus tout à fait sous le même line up. Aujourd’hui, y figurent deux musiciens italiens. Le premier, Marco Rivagli se charge des fûts. Et le second, Nicoló Secondini, remplace Lana Loveland, l’épouse de Rudi (NDR : qui vient d’accoucher), aux claviers. Le line up est complété par un bassiste et un second gratteur. Les deux guitaristes se servent toujours d’une Vox Phantom qu’ils vont croiser, à la fin du set, comme sur la pochette de l’album « Lysergic legacy ». En 12 ans, Rudi Protudi a bien évidemment changé. Il semble avoir plus de mal à bouger son immense carcasse, et son visage est bien buriné. Il monte sur les planches à partir du deuxième morceau, « 1-2-5 », une cover de The Haunted, au cours de laquelle il souffle dans son harmo, des sonorités écorchées. Lunettes noires, il saisit le micro d'une main et le pied de micro dans l'autre afin de poser le baryton profond de sa voix. Au bout du quatrième titre, il ôte ses lunettes et le suivant, empoigne donc sa gratte pour attaquer « Ward 81 ». Le claviériste nappe les compos de tonalités bien rognées. Parfois trempés dans le feedback, les guitares crépitent et nous entraînent dans un véritable tourbillon de psyché/garage croustillant, rafraîchissant. Un bémol quand même, le son est beaucoup trop fort, et on perd inévitablement les nuances. Plus amusant, c’est le comportement du drummer, torse nu après deux titres, qui focalise les regards. Il ne tient jamais en place, monte sur sa grosse caisse, s’assied de travers ou joue de l’autre côté de ses fûts, parfois couché (?!?!?). Du set on retiendra quand même les inévitables « She’s wicked » et puis la cover de « Strychnine » des Sonics. D’ailleurs, les musiciens sont absolument ravis d’avoir croisé leurs idoles, qui joueront en fin de soirée…

Les membres de The Experimental Tropic Blues Band sont contents de retrouver la scène. Faut dire que ces derniers temps, ils ont été très occupés par la confection de la B.O. du film, « Spit’n’Split », qui va inévitablement alimenter le set (NDR : réalisée avant le spectacle, une interview du groupe vous sera proposée prochainement). Dont en seront extraits « The power of the fist », titre balancé en forme de coup de poing et « Baby bamboo », un morceau davantage à connotation sexuelle. Le trio adapte l’hymne du ‘Roots & Roses’, à la sauce shoegazing. Etonnant ! Mais le plus intéressant procède d’une autre reprise, celle du « Ghost rider » de Suicide. Jeremy harangue la foule. Il invite son luthier sur les planches pour le remercier du travail exécuté sur sa guitare flambant neuve. Et puis, bien dans l’esprit du Jon Spencer, les compos défilent sur un tempo métronomique imprimé par Devil d’Inferno. Jean-François (NDR : qui se sert régulièrement d’un bottleneck) sort ponctuellement son harmo de sa poche, pour déchirer le climat des compos. En final, il va même se laisser porter par la foule, tout en en jouant ou en éructant des vocaux spasmodiques, alors que Jérémy, qui a balancé sa gratte, joue des boutons et des pédales, sur le sol, avant que les deux ne décident de se lancer dans un exercice de hip hop. Un concert rentre-dedans, à la limite de la saturation sonore, qui manque encore de l’une ou l’autre variation pour vraiment plaire au plus grand nombre. Mais est-ce vraiment leur objectif ?

Tout comme The Sonics, Pokey Lafarge s’était déjà produit aux Roots & Roses, en 2014. Et apparemment, il a changé de line up. Il est soutenu par un batteur, un contrebassiste, un trompettiste, un guitariste (électrique) un saxophoniste et un multi-instrumentiste (harmonica, percus, banjo, sèche, etc.), coiffé d’un superbe chapeau de paille. Pokey joue de la semi-acoustique. Au bout de quelques morceaux, il laisse tomber la chemise, pour laisser apparaître un maillot de football américain floqué du n° 83. Vintage, la musique est le fruit d’un mélange de western swing, de folk, de country, de jump blues, de be-bop et de dixieland. Pokey possède une très belle voix, légèrement chevrotante, versatile, un peu comme Jeff Buckley, mais sans en avoir l’amplitude. Et celle du multi-instrumentiste est presque une copie conforme. D’ailleurs, le résultat est plutôt étonnant quand ils les conjuguent. Ce dernier utilise également des percus en os ; et franchement sa dextérité est impressionnante. Bref, ce show particulièrement agréable à écouter, a enchanté un auditoire, certainement conquis, enthousiaste et qui a même obtenu un rappel !

En 2014, le concert des Sonics s’était révélé de bonne facture, mais un peu mou du genou. De quoi laisser dubitatif, quant à une performance de choix, trois ans plus tard. Et pourtant… Du line up initial, il ne reste plus que le saxophoniste (parfois harmoniciste), Rob Lind. Qui affiche quand même plus de 70 balais. Les deux autres membres, Gerry Roslie et Larry Parypa ont cédé leur place au guitariste Evan Foster et au claviériste Jake Cavaliere (The Lords of Altamont). Enfin, en tournée, car les autres fondateurs du band continuent de participer aux sessions d’enregistrement. Et finalement, ce renouvellement a donné un fameux coup de boost à la prestation ‘live’. Le gratteur est d’ailleurs littéralement déchaîné ; mais également talentueux. Et puis, le chanteur/bassiste, Freddie Dennis ainsi que le drummer Dusty Watson, ne sont pas en reste. Ecorchée vive, la voix de Dennis transperce littéralement les hymnes qu’il interprète. Et celle de Cavaliere passe également bien la rampe. Rob bavarde énormément entre les morceaux, incite le public à crier, parle du dernier album (« This is The Sonics », dont la reproduction de la pochette est projetée en arrière-plan), paru l’an dernier, et invite les spectateurs à l’acheter ou alors les t-shirts à l’effigie du groupe. Freddie et Evan osent quelques pas de canard à la Chuck Berry. Les reprises son légion : le « Louie Louie » de Richard Berry, le « Black Betty » de Huddie ‘Lead Belly’ Ledbetter, traduit en hit par Ram Jam en 1977, le célèbre « Lucille » de Little Richard, le « Sugaree » de Grateful Dead, le « Have love will travel » de Richard Berry et celle du « Money (That's What I Want) » des Beatles ; mais aussi les classiques, comme « Boss Hog » (NDR : qui a inspiré le patronyme d’un projet de Jon Spencer) et l’inévitable « Strychnine ». Sans oublier les compos issues du dernier elpee. Une véritable déferlante ! Aux premiers rangs, la foule se lance dans du crowdsurfing. Et puis, le public réclame un rappel. Trois morceaux, au cours duquel la formation légendaire va oser une cover vitaminée du fameux « I don’t need no doctor » de Ray Charles, popularisée par Humble Pie en 1971. Une claque !

Le festival se clôture par les Paladins, un trio roots-rock-rockabilly issu de San Diego, drivé par le guitariste Dave Gonzalez. Sur les planches, il est soutenu par un drummer et un contrebassiste. Le premier titre est instrumental, et après la reprise du « Memphis, Tennessee » de Chuck Berry, nous tirons notre révérence, tout en prenant bien soin de réserver à ce groupe Californien, quelques clichés… (B.D.)

Voir notre section photos, ici

(Organisation : Roots & Roses)

 

 

Vianney

Vianney

Écrit par

Alors qu’il nous avait maculé de ses « Idées Blanches », en se servant d’un titre fédérateur comme « Pas là », l’artiste masculin de l’année, plébiscité lors des Victoires de la Musique 2016, est de retour. Eponyme, son second opus lui vaut, une fois encore, un succès d’estime et critique.

L’angulaire est un rien différente par rapport au précédent elpee !

L’auteur/compositeur/interprète inocule ainsi des beats africains à "Moi aimer toi" ou une bonne dose de reggae à "Dumbo".

Par contre, son intention est identique. Comme toujours, son dogme est collectif parce qu’il est susceptible d’émouvoir le rayon le plus large d’entre nous. Très personnel et introspectif également, parce que le jeune homme aime (se) raconter l’universalité du quotidien entre nombreux questionnements ou encore l’amour sous toutes ses formes, sans oublier son corollaire destructeur.

Les plus acerbes reprocheront que les thématiques ont été abordées tant de fois, qu’elles finissent par sombrer dans l’ennui abyssal. Pourtant, si elles n’ont certes pas la prétention d’avoir suffisamment de conviction pour troubler ou renverser l’ordre social ou politique, elles s’imposent malgré tout…

Vianney se sert d’un style tout terrain qui plaît à une large frange de la population ! Populaire, sans être populiste en quelque sorte. Il mise davantage sur l’acuité portée sur l’autre.

La narration est limpide, enjouée, coquine parfois. Elle invite l’auditeur à s’évader le temps de quelques minutes !

Faussement simplistes, les chansons révèlent des refrains entêtants. Les lignes mélodiques sont chaudes, colorées et voluptueuses, même si elles n’embrasent pas forcément les feux de joie…

Jouissant d’une réelle identité vocale, celui qui a la tête d’un premier de classe, nous ouvre une palette d’émotions subtiles, humbles, fragiles, mais profondes. Il s’agit d’ailleurs davantage d’un travail d’artisan que le fruit d’une industrialisation musicale bestiale et sauvage !

Soulignons d’ailleurs le travail –indéniablement exceptionnel– accompli par Clément Ducol, en sa qualité d’arrangeur, et François Delabrière, comme ingénieur du son.

En conclusion, ce bel objet devrait trouver sa place chez bien des ménages, bercés par les gammes supra mélancoliques.

Si les uns se satisferont de retrouver cet univers si singulier et particulier qui avait fait les beaux jours du premier essai, les autres stigmatiseront sans doute l’absence de prises de risques !

Quoiqu’il en soit, le Sieur est jeune, plein de talent, fougueux et nul doute que sa longue et future carrière nous réservera à l’avenir encore de belles et jolies surprises !

The Telescopes

Hidden fields

Écrit par

The Telescopes est une formation insulaire de shoegazing/psyché/space/noisy/rock qui a d’abord sévi de 1988 à 1992, publiant dans le style, deux opus incontournables (« Taste » et un éponyme) avant de se reformer en 2002. Dans l’intervalle, le chanteur Stephen Lawrie et la guitariste Joanna Doran ont sévi chez Unisex. Depuis cette reformation, le groupe en a gravé 5 autres, dont 4 bien moins shoegaze, mais davantage ouvert au trip hop, post rock et à l’électro ambient, avant d’en revenir à ses sources, grâce à « Hidden fields ».

Si ce nouveau long playing ne compte que cinq titres, le final « The living things » s’étale sur plus de 15 minutes. Une plage tentaculaire, viscérale, cathartique, sinistre, malsaine, rampante, marécageuse, transique, qui doit autant à My Blooody Valentine, Loop, Spacemen 3 que Jesus & Mary Chain. Si vous êtes accros au shoegazing, c’est sans doute le rêve ultime du bruit blanc. Sans quoi les autres pistes, qui vont le plus souvent au-delà de 5 minutes, valent leur pesant de noisy. Mais en moins post-apocalyptique. Disons qu’il servent de discours préparatoire, même si la voix de Lawrie est toujours aussi laconique et discrète, mais quand même bien présente. Mon feedback ? Impressionnant !

 

Sinkane

Life & Livin’ It

Écrit par

L’heure de Sinkane semble avoir sonnée ! Actif depuis 2007, le pétillant New-yorkais (NDR : quoique d’origine soudano-britannique) est parvenu à gravir un pallier en publiant « Life & Livin’ It », son 6ème elpee. Et il est parfait. A peine sorti de sa belle aventure vécue auprès de William Onebayor, Ahmed Galab semble transcendé par sa courte proximité du monde si particulier du sorcier nigérian. Fruit d’un mélange de funk, de doo-wop (« Won’t Follow »), d’afro-pop au accents 70’s (Fela Kuti en tête) et de disco (« Telephone »), la musique de cet  LP communique une fameuse dose de bonne humeur tout en libérant un groove irrésistible. Sinkane bénéficie, en outre, du concours d’Antibalas, une section de cuivres issue de Brooklyn ; de quoi booster certains morceaux, et tout particulièrement le single imparable « U’Huh », une compo qui aurait pu figurer au répertoire d’Isaac Hayes. L’expression sonore se singularise également par ses claviers vintage généreux et s’enflamme lorsque le falsetto souffle sur les braises de « Fire »… Et c’est un bel euphémisme d’admettre qu’on se sent vivant à l’écoute de « Life & Livin’ It » !

 

Pascal Pinon

Sundur

Écrit par

C’est en 2010 que les jumelles Ásthildur et Jófríður Ákadóttir ont entamé leur parcours discographique. A l’époque, les deux Islandaises n’avaient que 16 ans et leur premier album laissait déjà présager un avenir plus que radieux... Trois ans plus tard, elles embraient par « Twosomeness » et confirment tout le bien que l’on pensait d’elles.

« Sundur » se révèle déjà comme l’album de la maturité. Ce terme islandais se traduit par ‘éloigné mais ensemble’. Il synthétise assez bien les trois dernières années vécues par les jumelles. En effet, pour la première fois, elles ont été séparées. L’une d’entre elles est partie se perfectionner au piano, à Amsterdam, tandis que l’autre s’est embarquée pour une tournée, en compagnie de son groupe, Samaris. Ce troisième opus, enregistré entre Amsterdam et l’Islande, a reçu le concours de leur père, un musicien qui lui aussi, témoigne de ces années d’absence. Enfin, ce long playing est paru sur le label berlinois, dénicheur de talent islandais, Morr Music (Mùm, Sin Fang, …)

Alors qu’elles n’ont aujourd’hui que 22 ans, les deux sœurs sont parvenues à concocter un album parfaitement abouti. Onze plages sculptées dans une forme de folk/électronica empreinte d’une grande sérénité. Mais pour la circonstance, elles ont quasiment délaissé leur langue natale pour celle de Shakespeare. Les douces voix des deux jeunes filles se conjuguent à merveille. Le piano, la guitare acoustique ainsi que les différents éléments électroniques entretiennent ces pépites relaxantes, à travers lesquelles on peut imaginer les paysages immaculés de leur Islande natale. Une piste comme « Skammdegi » évoque à la fois CocoRosie et même leur compatriote Björk. Et l’instrumental « Spider Light » brille de mille feux.

Au fil du temps, les œuvres de Pascal Pinon sont de plus en plus raffinées. Pourvu qu’elles continuent d’emprunter une même voie, sans s’éloigner de ce bel ensemble…

 

Moon Duo

Occult Architecture Vol 1

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Moon Duo est donc passé d’un duo à un trio, suite à l’engagement du drummer John Jeffrey qui, jusqu’alors, se limitait à accompagner le line up en tournée. Et son nouvel opus, baptisé « Occult architecture » (NDR : le quatrième studio), constitue le premier volet d’un diptyque, dont la sortie du second est prévu cette année. Une œuvre conceptuelle qui repose sur le principe taoïste du Yin et du Yang.

Puisant ses sources à la fois dans le psychédélisme, la noise, l’électro indus, le post punk et le krautrock, la musique de Moon Duo invite Hawkwind, le Floyd, Wire, Suicide, Can ou Gary Numan. En grattant encore, on devrait y déceler d’autres références. Mais ce sont certainement, les plus tangibles.

Ce qui frappe d’abord dans la musique, c’est ce rythme implacable, hypnotique, fruit de la conjugaison entre électronique, boîte à rythmes et drums, sur lequel vient se greffer les parties de guitares, tantôt au bord du délire, gémissantes, distordues, lysergiques, effilées, trempées dans le fuzz ou aux riffs bien saignants (« The death set » lorgne ainsi carrément vers les Cramps), s’infiltrer les parties de claviers spectraux et se poser les vocaux éthérés de Ripley Johnson (NDR : il est également impliqué chez Wooden Shjips) ou/et de Sanae Yamada. 

Il y a une intensité à la fois ténébreuse et contrastée dans l’expression sonore de Moon Duo. Une grande complexité en constante évolution, malgré son aspect répétitif. Des paramètres ou si préférez des nuances qui communiquent une forme d’originalité à l’ensemble...

 

The Molochs

America’s Velvet Glory

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Il s’agit du deuxième opus de ce duo californien. Enfin établi à Los Angeles. Et il fait suite à « Forgetter Blues », paru en 2013. A la barre, le fondateur Lucas Fitzsimons (NDR : il est argentin) et Ryan Foster.

Le patronyme du band est emprunté au dieu païen dévoreur d’enfants imaginé par Alan Ginsberg, dans son poème ‘Howl’. Pas étonnant que la formation rêve de Beat Generation. Donc des sixties, au sein desquelles la musique des Molochs puise allègrement. Un peu comme Modern Lovers.

Bref, les 11 plages de cet opus sont épurées comme à cette époque dorée. Les sonorités sont vintage (guitare, orgue), même quand elles sont sculptées dans le psyché/folk ; et parfois, un harmonica vient traverser l’expression sonore. A l’instar de « No more cryin’ », probablement inspiré par le Butterfield Blues Band, mais qui aurait pu également figurer dans le répertoire des Beatles ou des Stones à leurs tout débuts. Encore que les compos les plus allègres me font curieusement penser au Them (NDR : oui, oui, pensez à « Gloria »). On a même droit à des guitares tintinnabulantes, dignes des Byrds sur « The one I love », et puis des traces de garage, probablement empruntées aux Seeds, dispersées ça et là. Sans oublier le final, « You never learn », un morceau dylanesque, mais trempé dans l’orgue Hammond, un peu comme à l’époque du Band. Un album rétro, mais particulièrement rafraîchissant.

 

Japanese Breakfast

Psychopomp

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En 2014, Michelle Zauner quitte Philadelphie pour rejoindre l'Oregon afin de veiller sur sa mère à qui on vient de diagnostiquer un cancer. Elle abandonne alors Little Big League, son groupe indie rock. Auprès de sa famille et, en cette période compliquée, son inspiration ne se tarit pourtant pas. Deux ans plus tard, en hommage à sa mère décédée, elle emprunte le patronyme Japanese Breakfast (même si elle est d'origine coréenne) pour graver les morceaux composés durant ces longs mois.

Né dans le deuil et dédicacé à sa maman dont l’image est reproduite sur la pochette, "Psychopomp" est un album émouvant qui malgré des paroles touchantes ne tombe pas dans la morosité. Michelle Zauner livre des pépites de dream-pop teintées de shoegaze. Pleine de mélancolie et de tendresse, elles libèrent toutefois beaucoup d'énergie positive.

La plage qui ouvre l’elpee, « In Heaven », constitue certainement le meilleur exemple. Les nappes de claviers et les cordes sont omniprésentes. L’Américaine s’aventure également dans un univers plus rock, à l’instar de « Ragged Country » et « Heft ». Puis se nourrit au influences 80’s, tout au long de l’excellent « Everybody Wants to Love You ». Enfin, Zauner n’oublie pas ses racines en intégrant des références orientales, comme sur « Jane Cump ».

Au vu des circonstances qui ont permis à ce sublime album de voir le jour, il serait souhaitable que l’aventure de Japanese Breakfast s’achève. Et que parallèlement les autres projets de Michelle Zauner puissent décoller. Suffira sans doute qu’elle égale le niveau de songwriting affiché sur « Psychopomp », pour y parvenir…

 

Dimmu Borgir

Forces of the Northern Night (Dvd)

Écrit par

Quatre ans plus tôt, Dimmu Borgir promettait un successeur à « Abrahadabra », son neuvième opus studio. Mais depuis lors… silence nordique. Cependant, alors que des brumes de break commençaient à assombrir le futur de la formation, les égéries du Black Metal symphonique ont décidé de donner un coup de hache dans le blizzard pour revenir cette année, pas (encore) à la tête d’un nouvel elpee, mais bien en immortalisant deux prestations live. Et pas n’importe lesquelles ! Une même setlist au cœur de deux ambiances totalement différentes. Le premier concert remonte à 2011. Il s’est déroulé à Oslo (NDR : la mère patrie !) L’ambiance est feutrée. Et pour cause, le band est soutenu par le Kringkastingsorkestret (un orchestre symphonique norvégien). Le second date de l’année suivante. En plein air. Et se produit dans le cadre du célèbre festival allemand Wacken Open Air. Pour la circonstance, la formation est épaulée par l’Orchestre symphonique national tchèque.

Depuis 2003, soit la sortie du long playing « Death Cult Armageddon », la band use et abuse de collaborations orchestrales grandiloquentes pour enrichir ses compos. Ce Dvd permet donc de voir, d’écouter et surtout d’apprécier dix-sept morceaux, en plus d’une heure et demie, intégralement interprétés en live. Le choix des plages n’est évidemment pas anodin et privilégie les plus symphoniques, à l’instar de « Born Treacherous », « The Serpentine Offering » ou encore « Kings of the Carnival Creation ». Plus intéressant, un peu moins d’un tiers du set est exécuté uniquement par l’orchestre. Une centaine de choristes et musiciens se partagent l’estrade. « Xibir », « Dimmu Borgir » (qui sera interprété d’abord par l’orchestre, puis en compagnie du band) ou encore l’épique « Fear and Wonder », en version strictement instrumentale donc, permettent de savourer pleinement le soutien de l’ensemble musical. Car c’est bien là le principal reproche qui pourrait être adressé à ce projet : lors des titres auxquels participe le groupe, l’orchestre est malheureusement trop souvent dominé par les musicos de Dimmu Borgir, ne permettant pas de profiter pleinement de la palette instrumentale déployée en arrière-plan. Second bémol : le choix des morceaux. Et pour cause, le band n’est pas allé puiser dans son répertoire le plus ancien ; or, moins pompeuses, elle sont tout aussi, voire plus mélodiques. Quelques extraits de « Stormblast », joués par l’un des deux orchestres, auraient véritablement rendu ce live incontournable.

Il est légitime de se demander pourquoi le combo propose ici deux concerts live qui se consacrent à une même set list. Pourtant, Dimmu Borgir parvient à tirer son épingle du jeu en proposant, certes, des mêmes shows, mais plongés dans des climats totalement différents. Le premier s’est déroulé à l’Oslo Spektrum Arena. Les musiciens de l’orchestre sont tirés à quatre épingles, alors que les choristes sont vêtus d’un costume noir à capuche. Ces derniers sont répartis à gauche et à droite de la scène, laissant le centre de la stage au groupe norvégien. Les membres de Dimmu Borgir dont accoutrés de peaux de bêtes et de cuir blanc, ce dernier conférant à Shagrath, le vocaliste, un certain air de diva d’outre-tombe. La foule exulte lorsque apparaît la possédée Agnete Kjølsrud, afin de donner, exceptionnellement, la réplique au chanteur sur « Gateways ». Tout est magistral, grandiose et maîtrisé à la perfection.

Une année plus tard et 800 kilomètres plus loin, c’est au Wacken Open Air que le show est programmé. Fini l’aisance de l’arène norvégienne, place aux conditions de festival. Il faut pouvoir caser tout ce beau monde sur les planches ; et c’est bien une des premières fois que la scène principale du Wacken parait exiguë. Les chœurs occupent l’arrière du podium, suivi des musiciens, ne laissant qu’une petite bande d’espace aux Norvégiens grimés. Le soleil prend petit à petit congé d’une chaude journée de mois d’août. La poussière vole sur la plaine allemande, bondée à craquer. Shagrath revêt cette fois-ci sa tenue d’été, laissant tomber la fourrure pour se parer de cuir noir et rouge à longues franges, le tout parsemé de pentagrammes inversés. La nuit s’invite petit à petit pendant le spectacle. Une pluie d’étincelles illumine le dessus de la scène. La classe naturelle émanant des musiciens de l’orchestre côtoie l’étrangeté des chœurs encapuchonnés, renvoyant vers les artistes du groupe maquillés de noir et blanc. Le tout face à un public de festivaliers marqués par une journée de fête, nourrie au soleil et aux décibels. Une rencontre improbable, offrant une vision unique et hors du temps, où le Black Metal et le Classique se rencontrent une fois de plus, se séduisent et déploient ensemble une musique d’une incroyable puissance, séduisante et envoûtante.

Par le biais de ce double live, Dimmu Borgir annonce son retour par la grande porte. Il n’y a plus qu’à espérer que l’effet d’annonce soit à la hauteur des nouvelles compositions qui devraient, si tout se passe bien, pointer le bout de leur nez cette même année. L’entrée était savoureuse ; gageons que le plat principal le soit tout autant. Ainsi soit-il…

 

Young Moon

Colt

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Trevor Montgomery aime brouiller les pistes. Il a ainsi milité chez Tarentel et a monté toute une série de projets depuis la moitié des nineties, dont Lazarus est probablement le plus notoire. Il a décidé d’en imaginer un nouveau, Young Moon, pour lequel, il vient de graver son deuxième elpee. Et il est tout aussi mélancolique que ses précédents essais. Faut dire que l’artiste a traversé de solides moments de déprime dus aux épreuves de la vie, et tout particulièrement ses échecs amoureux, qu’il déclare avoir soigné grâce à la pratique du yoga. Ce qui lui permet, à travers ses nouvelles compos, de laisser entrevoir, de belles lueurs d’espoir…

Sans quoi, la musique de Young Moon évolue dans un univers assez proche de The National, en moins électrique, le baryton de Trevor campant un hybride entre Matt Berninger et Bruce Springsteen. Le sens mélodique est soigné et l’instrumentation bien équilibrée. Il y manque juste un peu de frénésie. Une exception qui confirme la règle, « Perfect », un des deux meilleurs morceaux de l’album, le titre maître se distinguant par son aspect mélodique. Dommage, car l’ensemble tient vraiment bien la route.

 

Darkest Hour

Défendre son nouvel album sur scène c’est bien, mais en proposer plusieurs morceaux, c’est mieux…

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Groupe de metal moderne, Darkest Hour est issu de Washington. Ce soir, il se produit aux 4 Ecluses, à Dunkerque. Il est venu défendre son dernier album “Godless Prophets and the Migrant Flora”, un disque qui foisonne de détails, de nuances et à la finition irréprochable.
Mais tout d’abord découvrons cette salle du Nord de la France. Situé au milieu des canaux, cet endroit est vraiment exceptionnel. Il bénéficie d’une infrastructure de choix. L’ambiance y est conviviale et les bières y sont excellentes.

Dead Season assure le supporting act. Une formation qui pratique une sorte de metal progressif. Probablement inspiré de Tool et Soen. La voix est atmosphérique. Les compos sont très techniques et complexes. Mais les balances n’ont probablement pas été réglées correctement. Les interventions de basse couvrent, pour ne pas dire étouffent, le chant. Impossible dès lors d’apprécier correctement. De quoi en profiter pour aller s’échauffer les mollets ou ‘mosher’ sur Darkest Hour.

Changement d’ingénieur son. C’est déjà bon signe. La salle est plongée dans l’obscurité. Silence. On tourne ? Le public, venu remplir gentiment le ⅓ de la capacité de l’espace, s’égosille pour accueillir la tête d’affiche.

Le set s’ouvre par un nouveau morceau, “This is the Truth”. De quoi donner le ton au concert. On va avoir droit à du lourd. Qui déchire. Les musicos ont la pêche, c’est manifeste.

Après trois ou quatre titres issus des précédents opus, place aux excellents “Doomsayer” et “Wasteland”. Le public se réveille. Il reprend en chœur et commence à se bousculer. Mon échauffement n’a pas été vain. “Widowed” permet à Monsieur Muscle (Travis Orbin) de démontrer ce qu’est une brute de finesse, lorsqu’il martèle charley, caisse claire ou grosse caisse. Il est vraiment phénoménal (NDR : déjà entendu, dans une chanson populaire…)

Fini de rigoler, le prochain nouveau morceau je papillonne au milieu des briques, dans la fosse aux lions !

MAAAaiiiiiis, la formation n’accordera qu’un seul nouveau titre et à l’issue d’un rappel qu’on pourrait qualifier de tiède. Faut dire que le public ‘metal’ dunkerquois apprécie uniquement le pogo sage, le ‘porter’ un peu lourd et le lancement de bière. Mention spéciale quand même à ce gars (troll), planté au milieu du pogo, tel un bumper dans un flipper, sans bouger, qui profite du show à une place de choix, alors que ses voisins lui rebondissent dessus.

Bref une fin de spectacle plutôt classique, garant d’un bon moment, mais qui a laissé quelque peu sur sa faim. Les groupies profitent  de l’occasion pour monter sur le podium et prendre quelque selfies en compagnie du groupe (NDR : bon ok, j’en ai prise une avec Aaron Deal ; mais c’est parce que, à la base, le mec est badass)…

Les musicos estiment (NDR : c’est ce qu’ils m’ont déclaré) que lorsqu’on a publié 9 albums, il est normal que le public attende des extraits de toute leur discographie. Et en en proposant un par LP, il y a suffisamment de compos pour compléter aisément une set list.

Bon et alors ce Darkest Hour ? Bah ouais, carrément, c’est propre et c’est fun. Les mecs sont super ouverts et proches de leur auditoire. Mais après avoir gravé un dernier opus aussi incroyable, et être parti en tournée pour le promouvoir, on espérait, quand même, que le band puiserait davantage de titres dans son tracklisting. Normal, quoi !

Ozark Henry

Ce soir, c’est Laura Groseneken qui a volé la vedette à Piet Goddaer…

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Le projet de Piet Hendrik Florent Goddaer, Ozark Henry, remonte déjà à 1995. Considéré comme un des artistes les plus talentueux sur la scène belge, le Courtraisien se produisait, ce samedi 29 avril, à l’Ancienne Belgique. C’est la date de son anniversaire. Aujourd’hui, il fête ses 47 balais ! Le concert est sold out. Pas de supporting act. L’artiste est venu défendre son nouvel opus, « Us », paru il y a tout juste un mois. C’est déjà son huitième…
Pour enregistrer cet elpee, Piet a reçu le concours du producteur Tim Bran (London Grammar, Birdy, The Verve). Une œuvre au cours de laquelle il a cherché à combiner son timbre vocal unique aux accents élecro/pop contemporains. Tout en véhiculant des lyrics qui traitent de l’actualité en condamnant, notamment, l'injustice, le mensonge et le racisme. Il ne faut pas oublier, que particulièrement engagé, l’artiste est ambassadeur des Nations Unies…

La scène de l’AB est immense. Les deux claviers sont placés de biais et se font face. Celui de Laura Groseneken est planté à l’extrême-gauche et de Piet, de l’autre côté. Une estrade disposée en arrière-plan accueille le drummer et un troisième claviériste.

D’une durée de 8 minutes, « Elliot » ouvre le show. Très électro, ce morceau commence lentement avant de monter en puissance pour atteindre un premier sommet. Et « A Hop A Skip And A Jump » est de la première trempe. Manifestement, la set list va nous permettre de découvrir son nouveau long playing. La voix est souvent vocodée. Pieds nus (NDR : il sont longs !), l’artiste a revêtu sa rituelle tenue de couleur noire. Particulièrement concentré, il communique peu avec son public, qui le retrouve sous un nouveau visage. Mais quand il devient enfin interactif, c’est pour sautiller et solliciter l’auditoire afin de frapper dans les mains. De quoi provoquer alors chez les aficionados, sis aux premiers rangs, une réaction enthousiaste. Il faut dire que les beats dispensés par les machines et les percus imprimées sur un tempo métronomique incitent le spectateur à remuer le popotin et à transformer l’AB en immense dancefloor. L’artiste nous propose une version revisitée de « Tatoo » (« Easter Sunday »), un morceau qu’il avait immortalisé ‘live’, dans cette même salle, en 2006. Tout au long de « Mapped Out For Me » –encore du nouveau matos– il chante sans trafiquer sa voix. A cet instant, en fermant les yeux, on a l’impression de planer dans la stratosphère...

C’est à partir de « Happy days », qu’on se rend compte du potentiel de Laura. Jusqu’alors elle s’était surtout contentée d’assurer le backing vocal. Une voix qui se conjuguait –parfois en couches mais toujours en hamonie– avec celle de Piet. Et impeccablement ! Mais, soul, puissante, capable de monter dans les aigus, cette voix commence alors à prendre une autre dimension, évoquant même tantôt Tina Turner ou Beth Hart.

Après l’électro-viscéral « Intersexuel » (« Birthmarks »), place à « Where’s The Love ». Qui a changé d’intro. Les percussions sont plus légères, hawaïennes même ; mais dès le refrain, on reconnaît la chanson. Pendant « Word Up », Laura tire une nouvelle fois son épingle du jeu. D’ailleurs, la star de la soirée ne sera pas Piet Goddaer, mais bien Laura Groseneken, tellement discrète, mais terriblement efficace. Cette multi-instrumentiste, votre serviteur l’avait découverte, il y a quelques années, lors d’un concert accordé par le vieux briscard du blues, Roland Van Campenhout. Et elle s’était encore illustrée, au Lotto Arena d’Anvers, en compagnie de Piet, au cours d’un concert accordé en compagnie de l’Orchestre National de Belgique (voir review ici

Avant le premier rappel, des roadies installent une autre estrade sur le podium. Elle accueillera 3 violonistes et un violoncelliste. Qui vont se lancer dans un ‘happy birthday’ de circonstance, et en totale communion totale avec la foule. Piet est ému, et la remercie. Un rare moment de communication. Le Duke flamand aborde alors le « We Can Be Heroes » de Bowie. Les cordes enchantent, les voix sont aériennes, le public est conquis. Et le band est au grand complet, quatuor à cordes compris, pour interpréter « Africa ».

Ozark Henry va même nous accorder un deuxième rappel de 3 titres, que ponctue le brûlant « Achilles ». L’auditoire est ravi. Votre serviteur aussi. N’empêche, ce soir, c’est Laura Groseneken qui a volé la vedette à Piet Goddaer…

(Organisation : Ancienne Belgique + Live Nation)

Setlist :

« Elliot »
« A Hop A Skip And A Jump »
« Tatoo »
« Mapped Out For Me »
« A Dream That Never Stops »
« Happy Days »
« Intersexuel »
« Where’s The Love »
« Word Up »
« Blindspot  »
« La Donna E Mobile »
« Inhaling »
« Indian Summer »
« This One’S For You »
« At See »

Encore 1 :

« We Can Be Heroes »
« Africa »
« I’m your Sacrifice »

Encore 2 :

« Sweet Instigator »
« Walking The Dead »
« Achilles »

Joe Bonamassa

Le nouveau ‘guitar hero’…

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Quelle galère pour garer son véhicule à Anvers, près du Lotto Arena ! Si on n’arrive pas suffisamment tôt, on doit se taper des kilomètres de marche. En outre, le Sportpaleis est actuellement squatté par Hans Zimmer ; donc l’éventuelle alternative de parking est condamnée. Bref, votre serviteur débarque bien avant l’heure, mais doit quand même débourser 8€ pour frais de stationnement. Direction la zone orange, une place de choix pour assister au show de Bonamassa, qui va se dérouler devant 8 700 âmes. Un habitué des lieux, au sein desquels il s’était notamment produit en compagnie de Beth Hart.
Joe vient de graver sont 21ème elpee studio, « Blues of desperation » ; et il va nous en proposer de larges extraits.

Un rideau rouge plissé est déployé en arrière-plan, juste derrière le drummer Anton Fig ainsi que les deux choristes, Mahalia Barnes et Jade McRae (NDR : des Australiennes !) Préposés aux cuivres, le trompettiste Lie Thronburg et le saxophoniste Paulie Cerra s’installent à l’extrême gauche, derrière deux immenses meubles sur lesquels sont imprimés clairement les initiales ‘J’et ‘B’. Au piano, Reese Wynans s’est planté de l’autre côté. Le bassiste Michael Rhodes et –surtout– Bonamassa occupent le plus souvent le front de scène. Pour y entrer régulièrement en duel. Bref, c’est la crème des musiciens qui soutiennent le natif d’Utica (NDR : c’est dans l’Etat de New-York).

Pendant qu’une intro préenregistrée est diffusée par les haut-parleurs, les artistes grimpent sur le podium. Mais dans le noir. Puis lorsque des sonorités puissantes de claviers s’élèvent, les spots éclairent enfin les artistes. Ce premier morceau est extrait de « Blues Of Desperation », et s’intitule « This Train ». Le son n’est pas au top. Et la voix de Joe n’est pas assez distincte. Elle est surplombée par celles des choristes. Dommage ! La suite baigne dans un r&b alimenté par l’orgue Hammond, les percus incandescentes et des cuivres flamboyants.

Caractérisé par son refrain à la mélodie accrocheuse, « Mountain Climbing » est un morceau bien radiophonique. Un rock’n’roll aux accents blues au cours duquel la gratte de Joe sort des sentiers battus. Sans doute pour essayer d’atteindre les sommets… Une ligne de basse écrasante mais chargée d’effets amorce le titre maître de « Blues Of Desperation ». Wynans tapisse l’ensemble de ses claviers ‘jonlordesques’. Joe se sert d’un bottleneck pour rendre les tonalités de ses cordes davantage métalliques, presque hard. La rythmique imprimée à « No Good Place For The Lonely » est digne du « Million Miles Away » de  Rory Gallagher. Et Bonamassa nous réserve un solo de toute beauté.  

On quitte les montagnes pour plonger dans la vallée ; celle du Delta. Au cœur du Bayou, « How Deep The River Runs » navigue lentement, dans un style bien laid back. Si la guitare préférée de Joe est une Gibson Les Paul datant de 1959, à chaque morceau, les deux gratteurs changent d’instrument. L’ingé son a réussi à régler les balances et les parties vocales sont bien mieux équilibrées. La cover du « Boogie With Stu » de Led Zeppelin est remarquable. Joe rend un hommage à son maître, BB King, en adaptant superbement son « Never Make You Move To Soon ». Autre cover le « Angel Of Mercy » d’Albert King, un titre qui s’achève par un solide solo de batterie. De quoi permettre aux autre musicos de prendre une petite pause, tout en appréciant le drumming de leur partenaire. Enfin, le band nous accorde un extrait de « Different Shades of Blue », soit l’album favori de votre serviteur : « Love Ain’T Love Song ». Et la version est tout bonnement magnifique.

Joe est à nouveau magistral à la six cordes, tout au long de « Song of Yesterday » (« Black Country Communion »), une compo hantée par le spectre du dirigeable. Climat accentué par le « How Many More Times » du… Led Zep. La fin de parcours sera d’ailleurs parsemée de covers, à l’instar du « Little Girl » de John Mayall & The Bluesbreakers, « Going Down » de The Alabama State Troupers et lors du rappel, de « Hummingbird », en forme d’hommage au grand BB King.

 En 145 minutes, Joe Bonamassa a démontré qu’il était bien le nouveau ‘guitar hero’. Il est âgé de 40 balais. Bien vivant. Et aujourd’hui, il n’existe guère de concurrent dans le domaine…

(Organisation : Greenhouse Talent)

Japandroids

Un retour attendu et surtout convaincant…

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Japandroids avait quelque peu disparu de la circulation, depuis presque 3 ans. Soit la fin d’une tournée qui avait suivie la sortie de son deuxième album, « Celebration Rock », paru en 2012. Et il vient d’en publier un nouveau, début de cette année, « Near The Wild Heart of Life ». Son retour était très attendu ; d’ailleurs la Rotonde du Botanique affiche sold out, ce soir.

Pour assurer les premières parties de son nouveau périple, le duo canadien a emmené dans ses valises un groupe américain. Originaire de l’Indiana, Dasher compte deux Eps à son actif. Et ils remontent à 2014. Sur les planches, le trio originel (NDR : guitariste, basse, batterie) est soutenu par un second gratteur. Mais la singularité du band procède de la présence d’une chanteuse/drummeuse. En l’occurrence Kylee Kimbrough, qui trône au beau milieu de ses comparses. Suivant les morceaux, elle alterne cris et vocalises, alors que les guitares crissent allègrement. Quoique noisy, la musique du combo lorgne résolument vers le hardcore. La subtilité ne figure certainement pas dans le credo de la formation. D’ailleurs, le public n’est pas trop mécontent, lorsque vers 20h30, elle décide de vider les lieux…

Le temps de prendre un rafraîchissement au bar et de se réconcilier avec ses tympans, il est déjà l'heure de se faufiler au sein de la Rotonde, afin de se dénicher une place idéale. Vers 21h, la paire issue de Vancouver grimpe sur l’estrade. David Prowse se plante derrière ses fûts tandis que le grand Brian King s'installe au centre, armé de sa guitare. Dès les premiers accords du single « Near The Wild Heart of Life » (NDR : c’est également le titre de l’elpee), le duo démontre qu’il n’a rien perdu de son punch. Les sonorités de la gratte sont identiques à celles reproduites sur disque. King opère des allers-retours entre son micro et les fûts tout en faisant grincer ses cordes. A l’exception de l’un ou l’autre morceau, il se réserve le chant. Outre son martèlement de peaux, Prowse se charge des chœurs. Les compos défilent sans jamais que la pression en baisse d’un cran. Les moments de pause sont d’ailleurs rares. Il s’agit de la dernière date sur le continent européen. Et manifestement les deux compères ont envie de se livrer à fond. Bien que privilégiant les plages du dernier LP, le tandem pioche régulièrement dans l’ensemble de son répertoire. Et bien entendu, lorsqu’il interprète des morceaux plus connus comme « Heart Sweats », « Wet Hair » ou encore « Fire’s Highway », le public réagit au quart de tour. Evénement plutôt rare au Botanique, un début de pogo éclate en fin de set. Probablement déclenché par les fans de la première heure (NDR : enfin, on peut le supposer). Au bout d’une bonne heure, le duo prend congé de l’auditoire, avant de revenir quelques instants plus tard, pour attaquer deux hymnes : « Young Hearts spark fire » et « The House That Heaven Built ».

Onze ans après sa création, Japandroids n’a pas pris une ride. Son garage/rock est toujours aussi efficace et jouissif. La température ambiante qui régnait à la fin du show témoigne de l’énergie libérée par les deux musicos, mais aussi de l’enthousiasme manifesté par une grande partie des spectateurs. Un retour attendu et surtout convaincant…

 (Organisation : Botanique)

Faon Faon

La complicité, c’est de maintenir notre vie de couple en dehors de la scène…

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C’est dans une annexe de la Cense de Rigaux, à Frasnes-lez-Anvaing, petit bourg situé entre Ath et de Tournai, que votre serviteur et Faon Faon ont pris rendez-vous, ce jeudi 23 février.
Rien à voir avec un quelconque cervidé ! Quoique. Derrière ce patronyme cocasse, se cache Fanny Van Hammée et Olympia Boule, dont les visages de poupon me font quand même penser à deux belles biches.
En 2015, elles remportent le concours ‘Du F dans le texte’ ; ce qui va lancer leur carrière musicale. S’ensuit une ribambelle de concerts et de passages en boucle sur les ondes radiophoniques, en Belgique.
Il y a deux ans déjà, votre serviteur avait déjà pu déceler tout le potentiel qui sommeillait en elles, lors d’un show, plus amateur, accordé au LaSemo.
Aguerries depuis à la mécanique du ‘live’, elles ont donné, ce soir, un concert haut en couleur qui restera ancré dans les annales.
Il est approximativement 23 heures lorsque les filles m’accordent un peu de leur précieux temps. Encore ruisselantes de transpiration et la respiration haletante, elles vont se livrer au jeu des questions/réponses tout en soulignant le caractère intéressant de l’entretien. De quoi prendre, bien évidemment, cette réaction comme un sacré compliment !
Avant de commencer l’interview, elles remercient Musiczine d’avoir été un des premiers médias à s’intéresser à elles !

Votre première rencontre remonte à octobre 2008 lors d’une jam dans un bar d’Ixelles (le Chapitre) organisée pour l’anniversaire de Fanny ; et au cours de laquelle une affinité artistique est née. Pourtant, l’aventure de Faon Faon proprement dite n’a véritablement commencée qu’en 2014… Au vu du succès qui est le vôtre aujourd’hui, on est quand même en droit de penser qu’il est dommage d’avoir attendu aussi longtemps…

Fanny : Effectivement, nous nous sommes vues, fortuitement et pour la première fois, lors de cette jam. Et nous nous sommes retrouvées dans le cadre de l’activité professionnelle que j’exerçais à l’époque, en qualité de styliste. Olympia, quant à elle, embrassait une carrière de mannequin. Nous avons évolué toutes les deux dans la sphère de l’image et de la mode ! Nous assistions aux concerts respectifs de nos projets musicaux individuels. Et avec pas mal d’entrain. Mais, jamais, nous n’avions évoqué l’idée d’en concrétiser un en commun.

Deux nanas délurées qui chantent en français, on doit souvent vous comparer au duo Brigitte ! Alors que quatre mecs qui font du rock, rares sont les comparaisons avec les Beatles. Est-ce que cette situation vous énerve ?

Fanny : Non, elle ne nous énerve pas ; et à vrai dire, nous n’entretenons pas spécialement davantage cette ambivalence.
Olympia : Il faut rester sérieux deux minutes (elle semble s’emballer)! On ne va pas cracher sur deux femmes qui ont réussi à imposer un style ! Mais, j’estime très réducteur de comparer Faon Faon aux Brigitte. On chante en français, oui. Et alors ? En plus, les duos sont légion aujourd’hui ! Est-ce la résultante de la crise profonde que traverse la musique ? J’espère tout simplement que lorsque notre répertoire s’étoffera, cette comparaison s’effacera progressivement.

Les textes sont interprétés dans la langue de Voltaire. Pourtant, vous les abordez sous l’angle d’une certaine culture anglo-saxonne. Vous misez ainsi davantage sur le son que va procurer le mot plutôt que le message qui y est véhiculé. Est-il est plus difficile de faire sonner les mots en français qu’en anglais ?

Fanny : Chanter en français est un exercice particulièrement excitant ! Réussir à allier le son et le sens est souvent compliqué ! Comme tu l’as très bien décrit, ce qui nous emballe au départ dans le projet, ce sont les sons. Le français contient une bible de mots qui résonnent parfois de manière directe et crue ! Il s’agit de notre langue maternelle et il est de notre responsabilité de pouvoir faire concilier ces deux concepts. Pour y parvenir, il est nécessaire de se poser les bonnes questions. De quoi allons-nous parler ? Quel message souhaitons-nous transmettre ? Comment sera-t-il perçu ? Le public va-t-il le comprendre correctement ?
Olympia : En fait, il s’agit d’un véritable chalenge en soi ! Les artistes ont tendance à narrer l’histoire de manière assez conventionnelle. Nous essayons de sortir des sentiers battus ! Ici, je considère plutôt notre projet comme un tableau surréaliste !

L’une est électro, l’autre est tribale. Si vous deviez étiqueter votre musique, comment la définiriez-vous ?

Olympia : Je crois que nous cataloguer ainsi est une erreur ! Nous sommes chacune un mix des deux ! J’ai plus d’affinité avec les instruments percussifs, c’est vrai ! Fanny, quant à elle, a toujours élaboré ses maquettes sur un PC. Elle est très réceptive aux beats africains. En résumé, Faon Faon raconte une histoire récréative, émotionnelle et colorée sur fond de rythmiques et de mélodies.
Fanny : Notre musique est une invitation au voyage. Elle doit porter et nourrir, non seulement notre imaginaire, mais celui de notre public également. Tout cela, le temps d’une chanson.

Dans quel état d’esprit étiez-vous, lorsque vous avez entamé votre projet ? S’agissait-il uniquement de faire un peu de musique en dilettante ou aviez-vous déjà l’intention de devenir pros ?

Olympia : Fanny venait de perdre son job et moi, je jouais au sein d’un groupe qui était en train de s’effilocher. Franchement, faire de la musique était devenu pour nous un exutoire purement récréatif. Au fil du temps, nous commencions, l’air de rien, à étoffer un répertoire. Le public qui écoute notre CD, chante lorsque nous nous produisons sur scène ou rencontre un intérêt pour notre travail, crédibilise la carrière que nous nous efforçons de mener depuis le début. On ne peut pas y rester insensible. Il faut savoir que la mécanique de l’industrie du disque induit une pression constante. On ne crache évidemment pas dessus. Sans elle, nous ne pourrions pas exister. Mais, nous voulons à tout prix éviter qu’elle ne dénature notre joie de vivre et notre fraîcheur. C’est très compliqué au final, parce que c’est cette même mécanique qui impactera notre sphère musicale, les thèmes que nous allons aborder et inévitablement notre vision des choses. Grâce aux profits engendrés, nous pourrions obtenir plus de moyens et nous entourer d’un panel de collaborateurs toujours plus important. Mais, inutile de se précipiter ! Là, aujourd’hui, nous sommes occupés de prendre le recul nécessaire afin de voir si toute cette histoire a encore du sens pour nous ! C’est en quelque sorte le moment de la récréation !

Les événements se sont précipités pour vous ! En 2015, vous remportez le concours ‘Du F dans le texte’. Ce qui a dessiné, en quelque sorte, votre carrière musicale. Auriez-vous pu continuer à exister sans cette ouverture médiatique ?

Fanny : Jamais ! Encore, un grand merci à la Fédération Wallonie-Bruxelles et au Conseil de la Musique ! Ce concours nous a ouvert toutes les portes ! La bourse décrochée a permis le pressage de l’Ep. Se retrouver en demi finale était une surprise. Gagner a été complètement jouissif ! L’ouverture médiatique nous a permis de nous produire dans de beaux festivals comme le LaSemo ou encore Beautés Soniques. Dire qu’avant cette belle aventure, nous devions sans cesse bricoler à l’aide de bouts de ficelles…

Vous vous êtes produites en supporting act de Puggy et Jain. Une bonne expérience ?

Fanny : C’est quelque chose de très excitant ! Il y a parfois une trentaine de personnes qui oeuvrent en coulisse pour que le spectacle soit une réussite. C’est très impressionnant ! Assurer de telles premières parties est une aubaine sur le plan professionnel ! Et te permet de jauger le projet par rapport aux groupes que tu accompagnes. Mais aussi te positionner par rapport à la réceptivité d’un public qui n’est pas à priori là pour t’entendre toi en tant que tel.

Derrière, cet Ep, on retrouve du beau monde comme Anthony Sinatra et Rémy Lebbos. Quelle leçon retirez-vous de ces collaborations ?

Fanny : Nous avons rencontré Anthony Sinatra fortuitement ! A vrai dire, c’est Nicolas Renard (Manager), un ami d’Olympia, qui nous a mis en relation. Dans le milieu, il bénéficie de beaucoup de crédit ! Nous savions qu’il était capable de produire un Ep qui soit à la fois pop, frais et entraînant. 

Olympia : Concernant Rémy, l’histoire est toute autre. Nous avions déniché un ingé son, mais nous n’étions pas totalement convaincues du résultat. Un jour, par hasard, je me suis retrouvée à table, lors d’un dîner privé, en compagnie des anciens gars de Mineral. A cette occasion, j’ai entendu Lebbos parler de David Bowie. Il tenait un discours particulièrement engagé. Lorsque je lui ai parlé de notre projet, il s’est enthousiasmé rapidement. Nous avons donc enregistré dans son studio. Au-delà de l’échange humain, il a très vite cerné nos aspirations. Ce mec possède des oreilles de fou ! Il est très professionnel. Il bosse jusqu’à la perfection. Du coup, le mixage a pris nettement plus de temps que la production ! Mais peu importe puisque c’était bénéfique. Il est important de faire mûrir les choses.

C’est bien Cécile Kojima qui a réalisé l’artwork ?

Olympia : Tu est bien renseigné dis donc ! C’est une de mes plus fidèles amies ! On se connaît depuis l’âge de six ans. Elle est d’origine japonaise et je dois avouer que je développe depuis toujours une fascination profonde pour sa culture. Et son défunt père n’y est pas étranger. Cécile et moi avons suivi des études d’art appliqué, ensemble. J’ai toujours été fan de son travail. Elle développe une mécanique autour du papier découpé. Fanny est assez vite tombée sous le charme également. La collaboration s’est produite naturellement. C’est non seulement une artiste, mais aussi une plasticienne expérimentée, directrice artistique et graphiste. Réaliser la pochette de notre Ep autour d’un visuel sorti de notre imagination, était un challenge profondément ancré en nous. Philippe Braquenier, photographe, a aussi accompli un travail d’exception qui mérite d’être souligné.

En mars 2016, sur les planches de la Rotonde, vous étiez accompagnées d’un troisième larron. Il portait de grosses chaussures, des chaussettes retroussées et était vêtu d’un pantalon trop court. Ce garçon apportait vraiment un petit plus, d’un point de vue scénique et artistique. Pour quelle raison avez-vous décidé de l’engager ? Et pourquoi, n’a-t-il pas participé au set, aujourd’hui ?

Fanny : Oui, effectivement. Il s’agissait de Simon Malotaux (NDR : Le Colisée). Nous ressentions, à cette époque, le besoin d’élargir notre champ musical. L’expérience était vraiment sympathique. Rémi Rotsaert (NDR : Dalton Telegramme) s’est également prêté au jeu, en se consacrant à la gratte. Ce qui nous convient le mieux pour le moment, c’est ce duo bien spécifique. Même si pour être franche, tout gérer à deux n’est pas toujours facile. J’ajouterai que lorsque tu pratiques de l’électro, tu dois impérativement te caler sur les sons que la machine produit et ainsi, tu perds le coté organique de la musique. Pour communiquer davantage de rondeurs dans le répertoire, nous intégrons des chansons qui ont un certain groove et dans lesquelles le public peut interagir facilement, comme « La montagne », par exemple.
Olympia : Perso, j’ai un point de vue nettement plus terre à terre. C’est un métier difficile ! Il devient très compliqué de gagner sa vie par le biais de la musique. Un groupe comme Boulevard des Airs implique dix membres sur scène. Ils parviennent à subsister financièrement parce qu’ils remplissent des salles ; et puis grâce aux morceaux qui tournent en boucle à la radio. Nous n’en sommes pas encore là, malheureusement ! Mais, notre show fonctionne plutôt bien tel qu’il est et ce serait dommage de tout remettre en cause aujourd’hui.

En ‘live’, vous donnez l’impression que la musique ne suffit pas a elle-même. Est-ce la raison pour laquelle la chorégraphie y occupe une place importante ?

Fanny : Nous adorons danser toutes les deux ! C’est tout à fait naturel ! J’ai toujours adoré bouger, mais pas sur une scène (rires). Il m’a fallu pas mal de temps avant de pouvoir franchir ce pas ! L’idée était de réaliser un show à l’ancienne, en portant des costumes faits main et en proposant des chorégraphies mortelles, du style Claude François et ses Clodettes. Un spectacle à la fois ludique et jouissif !
Olympia : Claude François puisait sa source d’inspiration chez James Brown. La filiation américaine est très présente ! Nous voulions à tout prix garder notre propre identité. Lorsque tu as assisté à notre concert, à la Rotonde, en première partie d’Antoine Hénaut, j’étais assise derrière la batterie. Je suis consciente que le public a ressenti une certaine frustration parce que nous ne nous étions pas suffisamment ouverts à lui. La demande était manifeste ! Encore une fois, il n’est pas aisé de devoir gérer, à deux, non seulement la partie technique et l’instrumentation, mais aussi le visuel. En ce qui me concerne, j’ai de la chance d’avoir pu faire de la danse et des ateliers de performance. Je crois beaucoup au bienfait de la kinesthésie. Si tes gestes parviennent à véhiculer une énergie et un sentiment de bien-être, le public repartira pleinement satisfait. C’est le rôle et la responsabilité de l’artiste !

En parlant de visuel, les fringues sont-elles vraiment artisanales ?

Fanny : Nous avons imprimé la pochette de l’album en nous inspirant des vêtements choisis ce soir. C’est une manière ludique de communiquer ! Tout est fait maison effectivement, mais toujours avec le cœur et l’envie !

Pourquoi cette tresse sur la pochette du disque que l’on retrouve également dans le clip ?

Olympia : Au départ, il s’agissait juste d’un délire visuel ! Puis, cette farce nous a échappée et nous y avons trouvé du sens. Dès lors, on l’a gardée. La tresse, c’est tellement fashion (rires) !

Sur scène, vous affichez une vraie complicité. Aucune ne semble prendre le pouvoir. Cette magie fonctionne-t-elle aussi dans le processus de création ?

Olympia : La complicité, c’est de maintenir notre vie de couple en dehors de la scène (rires). Je dois t’avouer qu’il y a des hauts et des bas ! Une femme, c’est ‘casse burnes’ par définition (rires).
Fanny : Je crois que dans tous les duos, ce phénomène est récurent ! J’aime me comparer à un couple avec enfants. Parce nous ne sommes plus dans la configuration du couple tranquille. Non ! Il y a un enfant et cette situation suppose des contraintes par définition. Comment va-t-on l’habiller ? Dans quelle école va-t-on le scolariser ? Qui seront ses professeurs ? Et j’en passe ! Cet enfant, c’est Faon Faon. C’est une véritable expérience de vie ! Olympia est certes différente, mais nous restons fortement complémentaires. Mais, parfois ces énergies s’opposent ! Il paraît que c’était pareil chez Simon et Garfunkel (rires).

Vous abordez vos thématiques tantôt au premier degré comme pour « Mariage », alors que sur d’autres, il existe un vrai/faux second degré où l’imaginaire est davantage mis en exergue. Et ici, je pense surtout à « Faon sous la douche ». Dans quel style vous sentez-vous le plus à l’aise, finalement ?

Fanny : C’est une excellente question ! Pourquoi choisir au fond ? Cette chanson est davantage une blague potache ! L’humain est très complexe ! Pour reprendre un adage populaire, il y a des jours avec et des jours sans ! J’aurais tendance à dire que nous avons exploré et exploité une palette d’émotions par et pour nos compositions, sans la moindre volonté de les orienter vers telle ou telle direction ! C’est un phénomène très naturel dans la manière d’aborder le processus de création. Peut-être qu’un jour, cette chanson paraîtra décousue. Peut-être qu’aussi, nous estimerons qu’il est temps de s’autocensurer. Aujourd’hui, nous nous sentons nous-mêmes dans ce style ! Et c’est l’essentiel !

Vous abordez un peu naïvement la fonte des glaces dans « Eskimo ». Les enjeux environnementaux vous préoccupent à ce point ?

Olympia : Evidemment ! J’aimerais tant parfois être une activiste ! « Eskimo » était au départ une impro que j’avais gardée au fond d’un tiroir sans vraiment m’y intéresser ! C’est Fanny qui a insisté afin que nous exploitions cette chanson ! Nous avons donc choisi d’y poser un texte. Rien n’était calculé ! La thématique s’est imposée naturellement au fur et à mesure de la composition. Comme une évidence en quelque sorte ! J’ai étudié l’ethnomusicologique, l’anthropologie m’intéresse donc ! Tout ce qui a trait aux cultures minoritaires en voie de disparition aussi ! Donc oui, nous aimons la nature, nous en avons besoin, c’est notre source première. L’être humain a besoin de son calme et de la sérénité qu’elle apporte. Il est important de lui accorder un minimum d’attention afin de préserver cette grande dame qui est en souffrance aujourd’hui. Je considère la planète comme un corps et aujourd’hui, l’humanité toute entière est en train de lui inoculer le cancer. Elle meurt peu à peu ! C’est triste, mais tu as les cartes en main et tu peux tout à fait choisir ton camp !

Pensez-vous que vos chansons puissent prendre une dimension différente selon l’endroit où vous les jouez ? En filigrane, existe-t-il une musique pour chaque heure et chaque humeur ?

Fanny : C’est une très bonne question ! Il y a effectivement la magie du moment en live ! Le succès d’un concert dépend d’une série de facteurs externes tels que la réceptivité du public, la taille de la salle, etc. Je suis très satisfaite de notre prestation de ce soir ! Tout y était ! L’ambiance, l’acoustique et le fait que les gens chantonnaient nos chansons aussi. Du coup, ce feed-back renvoie en nous des ondes positives !
Olympia : C’est une question qui amène la notion de voyage. Lorsque tu es seul chez toi, tu as envie d’écouter des chansons en fonction de l’humeur du moment. En concert, la donne est différente ! Tu as, devant toi, un parterre d’humeurs fort différentes. La manière dont tu les agencer va complètement bouleverser ta propre vision des choses ! Durant quarante-cinq minutes, nous allons transporter le public vers des contrées lointaines. Un condensé émotionnel. Notre inspiration dépend de ce que l’on vit et on la retranscrit à travers nos compos !

Vous êtes toutes les deux des adeptes de ce que l’on pourrait appeler de musique alternative en utilisant des structures, des sons et une identité fort différents des grands formats radios. Paradoxalement, vos chansons restent assez pop et très proche du formatage radio. Est-ce une option envisageable pour l’avenir ?

Fanny : Nous aimons la musique alternative ! Nous vouons aussi une admiration sans faille pour ceux et celles qui font de la pop ! Prends par exemple, « Weekend » des Daft Punk. Cette musique est juste parfaite et intelligemment construite ! Si nous nous inscrivons plus dans le format pop, certaines de nos sonorités sont parfois issues de petits morceaux underground qui mûrissent doucement. On peut dire qu’ils viennent de loin (rires).
Olympia : « Gravité » est un morceau qui reste hors format. Il existe un semblant de structure couplet/refrain, induisant une idée de trajectoire faussement toute tracée. Les outils dont on se sert influencent énormément la finalité de la musique ! Si nous n’utilisions que des grattes, le contexte musical que nous proposerions serait tout autre, évidemment !

« Mariel » est une chanson sur l’enfance que l’on a envie de prolonger, car elle est synonyme de rêve et de pureté. Justement avez-vous l’impression d’être devenues adultes avec un regard d’enfant ou d’être restées enfant avec une contemplation d’adulte ?

Fanny : C’est très joli, ce que tu viens de dire ! Emotionnellement, il y a pas mal de choses chez moi qui se sont cristallisées. Mon passé y est pour quelque chose ! « Mariel », n’est pas qu’une chanson sur l’enfance, à mon sens. Elle véhicule un message très fort.
Olympia : Il faut entendre « Mariel » comme un témoignage du passage des étapes de la vie de l’être humain. Le temps passe inexorablement. Qui n’a jamais eu envie de le stopper, de retourner dans le passé et retrouver cette sphère sécurisante qui caractérise l’enfance ? Ce que j’aime chez eux, c’est leur capacité à rester hors du temps ! L’adulte a cette fâcheuse tendance à accorder de l’importance à des éléments qui n’en valent pas la peine !

Anthrax, séance de rattrapage en juin !

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Vous avez raté les Américains d'Anthrax, le 20 février dernier au Trix ? Essuyez vos larmes, remballez vos mouchoirs : les gars du Big4 seront de retour, le 28 juin prochain, au Reflektor de Liège !
 
En tournée pour quelques mois, les légendes du Thrash fêtent en effet un double anniversaire : celui de leur 35e année de scène, mais également celui des 30 ans de leur troisième album studio, "Among the Living". À cette occasion, les musiciens interprèteront l'entièreté de cet LP, tout en complétant évidemment la set-list de leurs plus grands hits.
 
Une occasion à ne pas manquer...
 
 
 
 
 

Les lauréats des Octaves de la Musique joueront ensemble le 29 mai

Depuis 2004, l'asbl Les Octaves de la Musique décerne des prix aux musiciens de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui se sont illustrés par leur créativité. C'est un jury d'un millier de professionnels (agents, journalistes, labels, managers,...) qui effectue la sélection dans un éventail très large de styles différents.

Auparavant, les noms des lauréats étaient révélés lors de la grande soirée des Octaves mais cette année-ci, les organisateurs ont changé le concept. Les noms sont annoncés à l'avance et la grande soirée cesse d'être une soirée de remise de prix pour prendre les allures d'un concert à part entière, au cours duquel ces lauréats sont invités à se produire sous la forme de duos inédits.

On ne peut que saluer ce changement de formule. Les remises de prix sont en effet très ennuyeuses et surtout frustrantes pour ceux qui ont perdu ! Le 29 mai prochain, le public pourra donc découvrir ce qui fait véritablement la force des Octaves : la musique dans toute sa diversité!

Mais il est temps de mettre un terme à un insoutenable suspense. Voici les nominés des Octaves 2017 ainsi que les lauréats qui ont été annoncés lors de la conférence de presse organisée à l'Hôtel de Ville de Bruxelles en présence d'Yvan Mayeur, Bourgmestre de Bruxelles, Jean-Jacques Deleeuw, Président des Octaves de la Musique et Tony de Vuyst, Directeur général de PointCulture :

Nominés en Chanson française :
Françoiz Breut "Zoo"
Dalton Télégramme "Sous la fourrure"
Facteur Cheval "Adieu l’organique"
Faon Faon "Faon Faon"
Nicolas Michaux "À la vie à la mort"
> Lauréate : Françoiz Breut "Zoo"

Pop / Rock :
Alice on the roof "Higher"
Dan San "Shelter"
Mustii "The Darkest Night”
Puggy "Colours"
Robbing Millions "Robbing Millions"
> Lauréats : Robbing Millions "Robbing Millions"

Musiques 'urbaines':
Caballero & Jeanjass "Double hélice"
Convok "Un jour plus vieux"
Damso "Batterie faible"
Romeo Elvis "Morale"
Seven "2032"
> Lauréats : Caballero & Jeanjass "Double hélice"

Musiques électroniques :
Baleine 3000 "The Nap"
Fabrice Lig (&Kink) "Charleroi DC"
Lost Frequencies "Less is more"
Orphan Swords "Weehawken"
Simon LeSaint "Bus Stop in the Rain"
> Lauréat : Fabrice Lig (&Kink) "Charleroi DC"

Jazz :
Lorenzo Di Maio "Black Rainbow"
Jean-Paul Estiévenart "Behind the Darkness"
Nathalie Loriers, Tineke Postma, Nicolas Thys "We will really meet again"
Antoine Pierre "Urbex"
Taxiwars "Fever"
> Lauréat : Lorenzo Di Maio "Black Rainbow"

Musiques du monde :
Karim Baggili "Apollo You Sixteen"
Chicos y Mendez "Siempre de pie"
Ialma "Camiño de Bruxelas a Santiago"
Kel Assouf "Tikounen"
Utz "Todo Mundo é Feio"
> Lauréat : Kel Assouf "Tikounen"

Musique classique :
> Lauréats : Philippe Pierlot & Ricercar Consort pour l’interprétation d’œuvres de Biber et d’autres compositeurs du siècle dans « Imitatio ».

Musique contemporaine :
> Lauréats : Benjamin Glorieux et Sara Picavet - Aton’&Armide pour l’interprétation d’œuvres de Jean-Luc Fafchamps, Claude Debussy et Daan Janssens « En blanc et noir ».

Octave Zinneke (BX1) : Kel Assouf
Octave PointCulture : Le Quatuor Clarias
Octave des Jeunesses Musicales : La boîte à Musique
Octave du Ministère de la Culture : le Ba Ya Trio
Octave Fun Radio : Oxoon

Quant à l'Octave d'Honneur 2017, il est attribué à David Linx. Cette figure légendaire du jazz belge a enregistré plus de 15 albums et est un invité régulier des festivals du monde entier. Lors de la soirée du 29 mai, il sera directeur artistique des 'performances' uniques réalisées par les lauréats. On est impatient de découvrir le résultat de ces métissages musicaux !

L'album de l'année va aux incontournables Puggy (« Colours ») et le concert de l'année, au phénomène du hip-hop/rap : Roméo Elvis. Enfin, c'est le pianiste Florian Noack qui complète le palmarès comme artiste de l'année.

Lors de la conférence de presse, David Linx, aphone, était absent. C'est donc Aboubacar « Anana » Harouna, le chanteur et leader de Kel Assouf, double lauréat, qui a offert aux invités un titre interprété seul à la guitare acoustique. Composé par l'artiste, le morceau appartient au style « assouf », aussi appelé « blues touareg », issu de la région du nord du Niger.

Pour rappel, le concert du 29 mai aura lieu dans la Salle de la Madeleine à Bruxelles et est gratuit. Les inscriptions se font par email à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

 

Le site web: www.lesoctavesdelamusique.be

La vidéo des lauréats : voir ici.

Les discrets se transforment en prédateurs !

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En perpétuelle évolution, le son du groupe prend aujourd'hui un tournant stylistique qui voit son shoegaze onirique et son post rock aux accents métalliques se muer en un indie rock à la froideur électronique, qui intègre des influences issues du trip hop et des bandes originales de films des années 70.

Fursy (leader et chanteur du groupe) résume : « Je pense que Les Discrets vole de ses propres ailes à présent, libéré des contraintes du post-rock, du post-black, du post-que-sais-je-encore... « Prédateurs » est très sombre, mais entretient une lueur d'espoir tout comme nos albums précédents. »

Décrit comme la « bande son d'un lent film noir dont l'action se déroulerait à bord d'un train qui emmène l'auditeur en différents lieux, vus au travers de différentes fenêtres ». « Prédateurs » est un album cinématographique et urbain, fait d'acier, de béton, de neige et d'électricité.

D'un abord facile, l'album forge son accessibilité au travers de l'interprétation des mélodies et de la musique habituelles de la formation, mais avec des instruments différents ainsi qu'une approche et une ambition renouvelées. Si la forme a changé, le fond reste le même en termes de feeling musical et d'atmosphère. Le substrat est identique.

A propos du nouvel album et de ses concepts, Fursy explique : « « Prédateurs » est un disque de fin de soirée, de route de nuit, de voyages en train, idéal pour ces instants où nous pouvons nous asseoir, prendre du temps, et penser au sens de la vie et de toute chose. Les thèmes principaux de l'album sont le temps, la nature, et la vie.»

Le titre  "Virée Nocturne" est déjà disponible via bandcamp .

Rachida Brakni et Gaëtan Roussel unis !

Écrit par

LADY SIR, c'est la rencontre de deux artistes aux visages multiples : Rachida Brakni et Gaëtan Roussel.

Une rencontre initiée lors du premier long métrage de Rachida Brakni, Gaëtan Roussel composant un titre qu’ils interpréteront tous les deux.

C’est le début d’une connivence insoupçonnée, de références communes, d’une amitié naissante qui aboutira sur la conception d’un album écrit à quatre mains et chanté à deux voix qui s’entremêlent, se fondent en une, sinuent et se rejoignent toujours, en français en anglais et en arabe.

Avec en référence l’album d’Isobel Campbell & Mark Lanegan et sa folk intimiste et racée, en filigrane ceux de Nancy Sinatra & Lee Hazlewood ou de She & Him, des projets à deux qui ont démontré que si l’union fait souvent la force, en chansons elle en décuple souvent la beauté.

 Je ne me souviens pas (disponible ici ), extrait qui figure sur un album "Accidentally Yours", sorti le 14 avril.

C'est pas beau l'amour ?

Écrit par
Vianney dévoile son nouveau single, une déclaration poignante "Moi aimer toi", déjà 40ème de l'Airplay en France.
 
Le clip est disponible ici .