La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

logo_musiczine

La vision de l’art prônée par Superchunk…

Superchunk sortira son nouvel album, « Songs in the Key of Yikes », ce 22 août. En attendant, il a partagé le single, « Is It Making You Feel Something ». ‘Il a toujours été vrai que tout le monde traverse quelque chose dont on n'est pas forcément conscient’,…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

mercredi, 29 juin 2011 02:00

Live at St-Luke's London

Pendant plus de quarante ans, Francis a vécu l'aventure de Status Quo, avec beaucoup de succès, il faut le souligner. Au cours des sixties, le Quo avait entamé sa carrière en publiant de petites plages psyché/pop, baptisées nuggets, dont l’aspect commercial était indéniable. Suffit de penser à "Pictures of Matchstick men", gravé en 1966! Fin de cette même décade, le combo change de formule et emprunte un style davantage orienté vers un cocktail de boogie, de blues et de pop. Et il faut reconnaître que depuis, le band n’a guère changé de fusil d’épaule. Faut dire que ce créneau va leur permettre d’arpenter les plus grandes scènes, à travers le monde.

Si Status Quo est toujours bien vivant en 2011 et continue à tourner, Francis s’offre de temps à autre une petite récréation en solo. Il a ainsi enregistré un opus ‘live’, au sein de l'église St-Luc à Londres, face à un public acquis à sa cause. Et il s’agit déjà de son septième essai en solitaire. Pour la circonstance, il s’est entouré à la fois de musiciens confirmés et de jeunes pousses, dont son fils Nicholas et Freddie Edwards, préposés aux six cordes. Paul Hirsh se réserve les claviers, également la guitare et l’harmonica, Leon Cave les drums et Gary Twigg la basse ; sans oublier la participation de quelques choristes. Ce concert épingle 18 plages, dont 17 sont issues de la plume de Francis ; encore qu’il cosigne la majeure partie du répertoire, en compagnie de son vieux partenaire des jours glorieux, Bob Young.

Rossi avait concocté un elpee studio, l’an dernier. Intitulé "One step at a time", il a servi de socle à la setlist de ce long playing. Comme chez le Quo, Rossi ouvre les hostilités par le tube "Caroline", un hit paru, à l'origine, en 1973. Il est ici traité à la manière d'un boogie shuffle. Moins linéaire et primaire que la version originale, mais plus accrocheur, il est caractérisé par des échanges de gratte entre les trois solistes. Ballade rock mélodique, dont le refrain évoque les Eagles, "Claudie" est une compo qui ne manque pas de charme. "All we really wanna do" est sculpté dans le pur Status Quo! Offensif, "You'll come round" est un rockin' blues de bonne facture soutenu par des chœurs féminins. L’elpee recèle quelques pistes un peu plus légères. Néanmoins, on épinglera encore "My little heartbreaker", "Electric arena", traversé de belles envolées de cordes, le blues enlevé "Diggin' Burt Baccharach" et un "Twenty wild horses" aux accents celtiques. Et le set de s’achever par un ancien hit du Quo, datant de 1991, "Can't give you more".

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Snake eyes

Burns demeure l'une des dernières gloires vivantes du Detroit Blues, dont le maître incontesté et incontestable a été, bien entendu, John Lee Hooker. Il est né en 1928 à Belzoni, dans le Mississippi. Sous l'influence de John Lee "Sonny Boy I" Williamson, il apprend tout d'abord à jouer de l'harmonica. Après la guerre, il monte vers le Nord et aboutit à Detroit où il devient rapidement un ami proche de John Lee Hooker. Inspiré par John Lee, Arthur Crudup et Tommy McClennan, il passe tout naturellement à la guitare. Entre les années 50 et le début des 60's, Burns aligne une série de singles. Il entre ensuite en studio, en compagnie de Hooker, pour commettre l'elpee "The Real Folk blues". Un vinyle qui sort alors sur Chess. Au début des 70s, il enregistre deux albums en Angleterre, pour Big Bear : "Detroit black bottom" et "Bottle up & go". Il tourne alors en compagnie des American Blues Legends. En 75, très exactement.

"Snake eyes" a été enregistré à Chicago, en septembre 2001. Un disque pour lequel il a reçu le concours de Jimmy Burns, à la guitare. Son frère cadet ! Jimmy avait alors déjà commis deux opus pour Delmark : "Leaving here walking" et "Night time again". L'album s'ouvre par "Snake eyes". Un blues proche des racines ; très downhome. Eddie chante de sa voix plaintive. Epaulé par le piano de Roosevelt Purifoy, il joue de la guitare acoustique. "Your cash ain't nothin' but trash" est une plage nerveuse. Eddie est à l'harmonica. Le frangin gratte les cordes et reprend les cœurs à l'unisson. "Lonely man plea" est un blues lent nonchalant semblant sortir tout droit de Baton Rouge. Sa voix paresseuse correspond parfaitement à ce style. "Night shift", nous le ramène dans le Chicago blues : le riff curieusement proche de Muddy Waters et toujours cette voix si personnelle. Burns apporte beaucoup d'énergie et de conviction pour un Detroit boogie intitulé "Papa likes to boogie". Un fragment qu'il attaque à l'harmo, pendant que Purifoy se déchaîne au piano. Sur cet opus, l'amateur de blues pur, simple et même primaire, prendra son pied à l'écoute de plages lentes telles que "Jail time" ou "Goin' to New Orleans". La combinaison opérée entre l'harmonica, la guitare et le piano fonctionne à merveille. Le trop plein de sensibilité est atteint lors de la reprise du "Lent me your love" de Memphis Sim. La voix frêle est appuyée par la guitare acoustique. Très beau! Et le scénario se reproduit tout au long d'"Hello Miss Jessie Lee". Eddie nous y souffle des phrases d'harmo, avec un aplomb digne de Sonny Boy Williamson I. "Hastings street special" adresse un clin d'œil instrumental à la plus célèbre "rue du blues" de la Motor City. Cet opus de bonne facture s'achève par "Don't let money change you", un blues bien rythmé négocié par une voix qui semble bien plus assurée.

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Burnside on Burnside

Cet opus nous replonge sur la Côte Ouest, au cours de la tournée opérée par R.L Burnside, en janvier 2001. R.L est ici au cœur de son élément de prédilection : la scène. Huit des douze plages ont été immortalisées sur les planches du Crystal Ballroom de Portland, dans l'Oregon. A Burnside Street, très exactement. Ce qui explique le titre de cet album. Le reste a été enregistré au Great American Music Hall de San Francisco, en Californie. Histoire de perpétuer le fameux son Fat Possum, il a reçu le concours de son petit fils Cedric Burnside à la batterie et de son ‘Fils adoptif’, Kenny Brown, à la slide. Un instrument qu'il pratique avec fidélité depuis trente années.

R.L chante le blues en s'accompagnant d'une guitare. Le blues des collines du Nord du Mississippi. Celui qui se distille dans les sombres juke joints ou dans les salles à manger de tout un chacun. Il est manifestement inspiré par la musique des grands bluesmen que sont Fred McDowell, Muddy Waters, Lightnin' Hopkins et John Lee Hooker. Chez Fat Possum, l'absence de basse est habituelle. Le rythme hypnotique est produit par la superposition des percussions et des lignes tissées par la slide de Brown. Une recette qui marche à tout coup. La musique suscite le mouvement. Personne ne peut rester insensible à cette machine que rien n'arrête. Pas de fioriture ni de finesse ; le tout s'emboîte tellement bien qu'aucun muscle ne peut rester insensible.

La machine lancée, ce parcours répétitif nous flanque le frisson ; même lorsque les sonorités sont trempées directement dans le Delta. A l'instar des classiques "Rollin' & tumblin" et "Walkin' blues". Des moments d'une sensibilité unique ! Les échanges opérés entre la voix rauque et passablement ravagée du vieux bluesman et la slide dépouillée et métallique de Brown dégagent une authenticité rare. L'émotion et l'intensité sont à leur paroxysme sur "Bad luck and trouble". Un fragment tellement proche de John Lee Hooker. Et quand le trio hausse le rythme, c'est pour libérer la slide de Brown. Elle se met alors à flâner dans cet espace devenu soudainement libre. Le bonheur ! L'ouverture à elle seule est un parfait résumé de ce son Fat Possum. La reprise de "Shake 'em on down" est de la pure dynamite. La slide de Brown est insatiable. Elle maintient la pression tout au long de "Skinny woman". Rien ne semble pouvoir retenir l'ensemble qui s'emballe dans le rythme pour se fondre dans "Miss Maybelle". Et je m'en voudrais de ne pas épingler "Long haired doney", "Jumper on the line" et l'atmosphérique "Goin' down south". Recommandé !

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Walking in time

Barrelhouse constitue une des plus anciennes formations hollandaises de blues, encore en activité. Le combo s'est formé en 1974. Et au cours des dix années qui ont suivi, ils ont commis pas moins de dix albums. Ils ont eu même l'opportunité de tourner et d'enregistrer avec le maître de la Telecaster : Mr Albert Collins, en personne. De cette collaboration opérée en 1978, est d'ailleurs né un elpee, toujours disponible en CD : "Albert Collins live with the Barrelhouse live". Barrelhouse a toujours été drivé par une femme. Par une chanteuse, plus exactement : Tineke Shoemaker. La formation a même suspendu ses activités en 1986, lorsque Tineke a fondé One Two. Mais il devait y avoir une suite, car Barrelhouse est réapparu en 1993. Depuis, il s'est illustré à travers deux elpees : "Fortune changes" en 1994, et "Time frames" en 1998.

La sonorité de Barrelhouse a toujours été plus proche du british blues que des groupes américains. A cause de la section rythmique. Et on s'en rend compte dès les premiers accords de la plage titulaire, dont le motif est imprimé par la basse de Johnny LaPorte. Tineke est bien en voix, forte et plaintive à la fois. Les guitares des deux frères javanais sont retenues. Guus et Johnny doublent les instruments à 4 et 6 cordes. La célèbre composition de Little Walter, "Last night (I lost the best friend I ever had)", est reprise à la sauce hollandaise. Sans harmonica, mais avec le piano du redoutable vétéran Han van Dam. Un véritable bonheur, car il est un des rares musiciens européens à avoir assimilé le style du maître Otis Spann. Cette approche des touches est unique ; dommage qu'on ne l'entende pas davantage sur cette nouvelle œuvre. "Hang on to the things you do" épouse un style percutant, assez hard, un rockin' blues érigé sur le riff des guitares. "Country road" est une douce ballade country. Reprise ici à la sauce batave, elle bénéficie du concours de l'accordéoniste Jan Willem Sligting. Instrumental, "Far East" nous invite à goûter le son bien gras de la Gibson Les Paul, plongé au sein d'un climat très intimiste ! Intimiste est bien le maître mot de cet opus, car est découpé en chansons que sculpté dans le blues. Tineke interprète "Parting glasses" a capella. Elle s'appuie tout d'abord, avec délicatesse, sur la tristesse infinie de l'accordéon, avant que la section rythmique, puis les claviers ne viennent s'agiter à l'avant-plan. Mais quelle justesse et quelle clarté dans le chant! Deuxième reprise, "Last night (I heard you crying in your sleep)" n'est plus signée Little Walter, mais Hank Williams. Une version dépouillée, au cours de laquelle la voix est épaulée par le piano de Han et le dobro bien métallique et ensorceleur de Gary Lucas, un musicien qui joua jadis dans le Magic Band de Captain Beefheart. Ce "Last night" est superbe et superbement produit. "Like you did before" est un nouveau rockin' blues rythmé, contaminé par un piano électrique, un peu dans le style que les Faces affichaient naguère, lorsqu'ils étaient aux ordres de Rod Stewart. "Dark as a dungeon" navigue entre blues dépouillé et ballade country. Sa densité musicale est accentuée par le tuba basse de Patrick Votrian, le saxophone ténor de Roland Brunt et la trompette de Wouter van Bemmel. "Hard feelings" conclut a capella avec. Album très personnel et bien réalisé, " Walking in time " risque fort de laisser les fans de blues sur leur faim, car les exploits instrumentaux du piano et des guitares demeurent un peu trop sur leur réserve.

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Live

Au fil du temps, Renaud Patigny est devenu une des valeurs sûres du boogie woogie international. Sa frêle silhouette, surmontée de son Stetson inamovible, est bien connue des milieux blues et boogie de notre pays. S'il est déjà apparu plus de mille fois sur les scènes de nombreux pays, ce pianiste de 40 ans accorde de plus en plus d'exercices de style pianistiques, en compagnie de quelques uns de ses pairs. Il compte déjà pas mal d'enregistrements à son actif, dont "Tritons dance" en 1997, qui incluait des covers de Cow Cow Davenport et de Jimmy Yancey, "Live 98", et enfin "Tribute to the Giants" en 2000, un opus qui rend hommage aux grands ; en autres : Albert Ammons, Pete Johnson, Meade Lux Lewis et Big Maceo. Ce sont ses trois derniers elpees officiels. Sur ce disque, il est accompagné de Carl Sonny Leyland. Carl est né en Angleterre en 1965, mais s'est établi aux Etats-Unis depuis 1988. A New Orleans tout d'abord. A Orange, en Californie, ensuite. Carl ne se cantonne pas au seul boogie woogie. Il n'hésite pas à attaquer le blues classique, le R&B, le rockabilly et le rock'n'roll. Il a, lui aussi, beaucoup enregistré. Ces deux pianistes se partagent cet album live. En solo ou en duo ; mais en bénéficiant du concours du batteur de jazz belge, Bob Dartsch. Bob n'et pas un inconnu, puisqu'il a sévi, tout comme le pianiste Marc Herouet (ex-Wallace Collection, Salix Alba, Ragtime Cats), chez Buddy and the Swing.

Leyland ouvre le feu. Seul ou flanqué de Bob, il passe en revue les excellents boogies "47th Street Jive" et "Swanee River boogie", ou encore les blues purs "Old before my time" (NDR : de sa plume) ainsi que "Four o'clock blues" de Roosevelt Sykes. Il est aussi un vocaliste talentueux, doué d'une voix autoritaire, taillée pour le blues, à la manière d'un Big Maceo Merryweather ou d'un Memphis Slim. Renaud Patigny embraie par les boogies "Daily stream boogie" et "Willie the Strider", puis dans un style plus velouté, poursuit par "Low down Walk". Si sa voix est plus grêle que celle de son comparse, il chante d'un ton juste le traditionnel "My baby left me". Enfin, le duo termine par quatre plages intéressantes dont les boogies puissants "Boogie party" et "Big finish boogie". Signalons que cette plaque est encore au stade de la maquette. Elle devrait, en outre, inclure deux titres enregistrés 'live' au dernier Spring Blues Festival d'Ecaussinnes, en mai dernier.

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Homewreckin´ done live

Mel Brown est né en 1939. A Jackson, dans le Mississippi. Il a grandi au sein d'un environnement familial bercé par la musique. Son père, John Henry ‘Bubba’ Henry, deviendra même une influence majeure pour Mel. Dès son plus jeune âge, il a le privilège de monter sur scène pour accompagner le prestigieux Sonny Boy Williamson. Fin des années 50, il émigre à Los Angeles pour y rejoindre le Johnny Otis Band, au sein duquel il jouera de nombreuses années. En 1968, il signe chez ABC. Il y commettra pas moins de six albums. Jusqu'en 1971. Il passe ensuite chez le Bobby Blue Bland Band. Et en 1983, il devient membre de l'Antone's, célèbre club house band d'Austin, au Texas. Une opportunité qui lui permettra d'accompagner Buddy Guy, Junior Wells, James Cotton, Snooky Pryor, Stevie Ray Vaughan et quelques autres… En 86, il entre chez les Icebreakers d'Albert Collins. Puis flanqué des Silent Partners, il commet l'elpee "If it's all night, it's all right". En 1989. Sur le label Antone's. L'année suivante, il s'installe au Canada. Il ne fera, cependant sa réapparition qu'en 1998. En participant à l'enregistrement de "Can't stop blowin", un opus de son ami Snooky Pryor. Qui paraît sur Electro-Fi. Il opère son retour en 1999. Toujours sur le même label. A travers le superbe "Neck bones & Caviar". Et en 2001, le duo Snooky et Mel se réunit de nouveau pour commettre "Double shot!".

Enregistré en public au Wally's Pub de Guelph dans l'Ontario, " Homewreckin' done live " se limite à un répertoire fort classique. Histoire de mettre son auditoire en poche. Mel est entouré de son band, les Homewreckers : John Lee aux claviers, Al Richardson à la basse, Jim Boudreau aux drums et David Wiffin au saxophone.

En guise d'hors-d'œuvre, il nous sert "Woke up this morning" de BB King. Tous les musiciens sont bien en place. L'ambiance relaxante. La guitare s'évade sans fioritures. Elle n'en fait pas trop. Faut dire que Mel est un musicien d'expérience. Il lève modestement le rythme pour embrayer par une version personnalisée de "Fanny Mae", caractérisée par un riff poussé par le sax. Le ton est au swing. La guitare navigue à un niveau très élevé. Un détour par Chicago se traduit par des canons du blues. Tout d'abord, le très lent et brûlant "The sky is crying". Une compo abordée dans un esprit très classique. "I'm your hoochie coochie man", ensuite. Un titre imprimé sur un tempo plus enlevé que d'ordinaire. Mel Brown attaque alors "I'll play the blues for you", un classique d'Albert King. Le premier solo est accordé par le très doué John Lee, avant que la guitare ne prenne son pied. "Honeybee" est une plage très réussie. Elle adopte un mode west coast, très swing. Le piano de John Lee virevolte dans tous les sens. La guitare opte pour un mode jazzy particulièrement passionnant. Mel se fend alors d'une version kilométrique du traditionnel "Hey Joe". Théâtre d'un long délire de guitares, capable de véhiculer un maximum d'émotions bien senties, elle s'étale sur plus de 12'. L'homme possède de la sensibilité à revendre. La guitare cède le relais au saxophone, sur une rythmique reggae, avant de libérer l'orgue. Le concert se termine par une version nerveuse du "Turn on your love light" de Deadric Malone. Une nouvelle jam de libération. Cet album n'est peut-être pas extraordinaire, mais cette musique ne peut que se goûter live. Lorsqu'il monte sur les planches Mel ne sait pas vraiment quel sera son répertoire. Tout dépend de l'attitude et de la réaction de son public. Une chose est sûre, les Homewreckers sont une excellente machine à jouer le blues.

 

mercredi, 22 juin 2011 02:00

Edge of the world

Originaire de l'Oklahoma, ce jeune chanteur/guitariste n'a encore que 36 ans ; mais il fait son chemin lentement et sûrement. Il s’est établi à Austin, la capitale du Texas. Au cours des dernières années, il a publié toute une série d’albums, et très précisément pour le label italien Feelin' Good. Shawn ne dispose pas d'importants moyens financiers. Il enregistre chez lui, assurant pratiquement toute l’instrumentation. Il a tenté un pari audacieux : envoyer une maquette chez Delta Groove, à Los Angeles. Et le label est tombé sous le charme. Pour concocter « Edge of the world », Shawn a bénéficié du concours de son ami Lewis Dickson, un procureur à la préretraite. A la composition.

L'ouverture est imparable. Du texas blues rock par excellence. Nous sommes plongés dans un des clubs d'Austin. Issu de la plume de Howlin Wolf, ce "Sugar (Where'd you get your sugar from)" est une rampe de lancement idéale pour notre Shawn. Il libère constamment ses cordes sur une assise rythmique bien solide. Il a dû s'y reprendre à plusieurs fois, puisqu’il cumule le chant, la guitare, le piano, la basse et la batterie. C’est un véritable homme-orchestre. Si vous appréciez les premiers elpees des Thunderbirds, la musique de Pittman devrait vous plaire, même si bien sûr, Kim Wilson et l'harmonica sont absents. Néanmoins, Pittman tolère la présence d’un saxophoniste, Jonathan Doyle. "Leanin' load" est imprimé sur un tempo très vif, presque rock'n'roll. Face au sax baryton, la guitare, dans un style proche de Jimmie Vaughan, exerce son emprise sur l’espace sonore. Tout comme lors du très rythmique "Scent of your benjamins", une compo au cours de laquelle il décoche des flèches très incisive, dans l’esprit de l'aîné des Vaughan. Autre surperbe tranche de rock'n'roll, "Almost good" aurait pu garnir un de ces mythiques juke-boxes issus des fifties. Une compo balisée par le piano et le sax qui aurait pu également figurer au répertoire d’Ike Turner. "One of these days" adresse un  clin d'oeil au blues contemporain, celui qui sévit au sein des juke joints dans les collines, au Nord du Mississippi! "Edge of the world" emprunte la trame rythmique rituelle de Howlin' Wolf. Reverb, les cordes de guitare sont excellentes. Les accords de piano omniprésents. Un plaisir évident des oreilles, proche ici du son d'Otis Rush. "That's the thing" est une autre réussite. Répandant ses parfums de bayous louisianais, cette plage rappelle le regretté Guitar Slim. Les sonorités dispensées tout au long de "Maintain" sont primaires, rudes à l'extrême, une sensation accentuée par les percussions quasi tribales de Shawn. Surprenant ! Mr Pittman empoigne sa slide pour aborder "I've had enough", un Chicago bourré de charme. Son instrument ronronne sur un profil rythmique en béton. Bouleversant, "Somebody gonna lose, somebody gonna win" évoque le mythique bluesman Texan, Sam Lightnin' Hopkins. L’artiste est seul avec sa voix et ses cordes amplifiées. L’intensité est à son paroxysme. Et c’est à la sèche qu’il achève cet elpee lors de la ballade "If I could (make the world stop turning)". 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

You can make it if you try

Dans le passé, le label hollandais Black Magic nous a souvent plongés au sein de l'univers du blues de Nashville, la capitale du Tennessee. Earl Gaines, Al Garner, Johnny Jones, Freddie Waters et James Nixon ont ainsi et notamment pu bénéficier d'une attention toute particulière. Roscoe Shelton et Gene Allison on joué ensemble chez les Skylarks, et commis leur premier disque au sein de cette formation gospel.

Roscoe était né à Lynchburg, dans le Tennessee. En 1931. A l'origine, il reconnaissait pour influences majeures Amos Milburn et Ivory Joe Hunter. En 1958, il change de style et devient chanteur de R&B. A l'instar de son ami d'alors, Sam Cooke. Dans la foulée, il enregistre pour Excello. Début des 60s, il travaille pour différents labels. "Strain on my heart" obtient un succès national en 63. Fin des années 60, il signe chez un petit label qui appartient à Ted Jarrett (Ref-O-Ree).

Les neuf premières plages de cet album qui lui sont consacrées procèdent essentiellement de cette période. Du R&B d'excellente facture qui tombe au beau milieu d'une époque où Stax dominait le monde depuis la ville voisine de Memphis. Toutes les compositions sont signées Ted Jarrett. Elles mettent bien en évidence la voix chantante et forte de Roscoe, appuyée par des chœurs féminins. Enregistrées entre 1968 et 73, "I can't love nobody but you" et "Realty" sont à souligner. Elles bénéficient du concours des guitaristes Johnny Jones et Mac Gayden. Paru chez T-Jay, à la fin des 70s "It's almost sundown" est un superbe blues. Roscoe est réapparu au cours des années 90, en commettant plusieurs albums chez Appaloosa, Black Top et Cannonball. Il nous a malheureusement quittés voici quelques mois à peine.

Gene Allison est né en 1934, à Nashville. Après avoir transité chez les Skylarks, il a aussi enregistré pour le producteur Ted Jarrett. Tout comme Larry Birdsong, par ailleurs, et à la même époque. Son "You can make it if you try", qui figure sur cet elpee, emportera un énorme succès en 1957, atteignant la 3ème place des charts R&B. Ce titre obtiendra une consécration mondiale, quelques années plus tard, à travers l'adaptation réalisées par les Rolling Stones. Gene chante aussi le blues "It's almost sundown", en s'appuyant sur la même orchestration. Deux reprises différentes lui sont consacrées. Si on pouvait m'expliquer ! J'aime beaucoup le très électrique "How long's the train been gone", un fragment mené à la manière d'un Rod Stewart devant ses Faces. Allison chante encore "Having a party", de Sam Cooke, à la manière de… Sam Cooke.

Les dernières plages sont consacrées à des enregistrements antérieurs, qui remontent à 1956. En particulier celui du Jimmy Black Orchestra, commis à l'époque sur Calvert et Champion. Entre autres, le bluesy "You're gonna be sorry", le rythmé "Now we're together" et le swinguant "If things don't change".

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Even after that

Après avoir commis un premier elpee éponyme, cette formation nous revient avec " Even after that ". Jon Amor en est toujours le leader. Un chanteur/guitariste qui a sévi, autrefois, chez les célèbres Hoax. Jon est entouré de Wayne Proctor aux drums et aux percussions ainsi que de Matt Beable à la basse. Il a également reçu le concours de Stephen Evans ; un invité qui se réserve les claviers, mais partage également la production avec Jon. Ce dernier a signé toutes les chansons de cet opus.

L'album s'ouvre par le puissant "Superhero". Un titre explosif, archétype des trios rock'n'roll du passé et du présent. Tout est parfaitement en place. Très solide, la section rythmique supporte tout le poids accumulé sur le devant de la scène. Le jeu de guitare s'inspire très fort très fort de Jeff Beck. Il tire parti de tous les artifices ; une technique qui fait mouche à chaque fois. A l'instar de "Roughride". Remplissant tous les espaces, grâce aux vertus du re-recording. Et prend place également au centre du foyer rythmique. Très dense, cette flamme est gorgée de petits motifs extrêmement riches. Dans le genre, ce "Roughride" est une petite perle. La montée en puissance ne s'arrête pas en si bon chemin et culmine sur "Can't stand up". Une plage dont le tempo plutôt paresseux baigne au sein d'un climat assez dramatique, nonobstant la rythmique de nouveau percutante. Lorsqu'en fin de parcours Jon reprend le refrain, imité en chœur par ses acolytes, la guitare emporte tout sur son passage. Impressionnant ! Une guitare très réverb introduit "Lowdown". Un riff puissant embraie assez rapidement, avant que les quatre cordes graves de la basse ne talonnent à l'unisson celles qui en comptent six. Dévastateur ! Un accès de folie qui vaut celui de tous les trios rock de cette terre. "Body freezing" développe une mélodie aux arrangements accrocheurs. La construction du titre maître procède d'une recette imaginée par les Beatles sur leur hit "Come together". Un exercice de style très réussi, délicatement bluesy, empreint d'une touche de modernisme, qui multiplie les clins d'œil au quartet mythique de Liverpool. Et le doute n'est même pas permis ! Cette référence aux Beatles revient régulièrement à la surface. A l'instar du plus complexe "Bring my baby back". La puissante assise rythmique d'Amor élargit constamment l'horizon sonore. A cause des climats funky qu'elle libère. Et il faut féliciter la production qui est parvenue à mettre en exergue ces vertus. Ce mariage du funk, du rock et de la pop atteint même des moments particulièrement intenses, à l'instar d'"Any day now" ; ou complètement ravageurs (NDR : "No problems" en est le plus bel exemple). Nous sommes ici assez loin du blues, il faut le reconnaître, mais cet opus bien ficelé libère énormément de groove. Une formation à suivre, dont le line up vient de s'adjoindre un second guitariste, qui répond au nom de Mark Evans…

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Hand me down my moonshine

Luther est assurément le plus grand bluesman de ces dix dernières années. Pourtant, il y a presque cinq années qu'il nous a quittés. Le 12 août 1997, très exactement. A Madison, dans le Wisconsin. Atteint d'un cancer, il allait seulement fêter ses 57 ans. S'il vivait en France depuis le début des années 80, il était enfin reconnu chez lui. Aux USA, et à Chicago en particulier. Mais cruellement, au cours des dernières années de son existence. Album acoustique, unplugged pour être dans l'air du temps, "Hand me down my moonshine" a été immortalisé à Los Angeles. Un disque intimiste qui semble avoir été enregistré dans son living room. Il était paru en 1992, sur le label allemand In-Akustik. Luther chante et joue de la guitare acoustique. Sur la plupart des compositions, il est accompagné par le remarquable bassiste Zox. Il est à la fois passionnant et fort intéressant de voir Luther opérer dans un registre aussi inhabituel. Car Allison est réputé pour son blues très électrique, puissamment amplifié, parfois même jusqu'à la saturation.

Si l'album manifeste une certaine homogénéité, je voudrais surtout mettre en exergue plusieurs plages qui sont réellement superbes. Très longue, "Lithning bolt" est ma préférée. Elle se tourne, sans surprise, vers Houston, au Texas, pour nous faire revivre toute la sensibilité du remarquable Sam "Lightnin" Hopkins. "Stay with me" est un autre blues lent, très prenant. Allison se laisse aller sur les cordes. Une approche magique qui frise la perfection. Elle devient même très personnelle et sensible sur "Don't burn my bread". Sa voix monte d'un cran. Il tire ses cordes acoustiques avec la puissance de ses apparitions électriques. Un grand moment en vérité ! "You're the one" épouse le même principe. Il crie sa colère, étale sa misère, pendant que Patrick Verbeke s'acquitte avec bonheur de la partie de steel guitar. La plage titulaire s'étale sur plus de 9'. Un espèce de raga très atmosphérique. L'album s'achève par une plage enregistrée à Paris, au cours de laquelle la famille Allison est réunie pour le bonheur des oreilles. Armé d'une slide acoustique Bernard Allison répond au chant de son père, tandis que Thierry Menesclou souffle dans l'harmonica. Merci de nous avoir fait à nouveau goûter le talent de cet extraordinaire bluesman…