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Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

mercredi, 27 juillet 2011 18:26

Look out!

Agé de 67 balais, Terry est saxophoniste. Et sur la West Coast, c’est certainement un des meilleurs. Il est originaire de Chicago. Pas une tare quand on pratique le blues. Son éveil musical, il le puise au cours des fifties. En écoutant les pionniers du rock'n'roll, mais aussi du R&B. La veille de ses 21 ans, il s'achète un saxophone. En 1967, il émigre vers la Californie, et d’établit définitivement à San Francisco, deux ans plus tard. L’année suivante, il fonde ses Grayson Street Houserockers ; mais il faudra attendre quelques années avant qu’il ne se forge une certaine notoriété au sein de l’Elvin Bishop Band. Au début du nouveau siècle, il rencontre le guitariste norvégien Chris ‘Kid’ Andersen, à Oslo, et le persuade de s’installer également, en Californie. Ce qui va permettre à Andersen d’asseoir sa réputation, tantôt en épaulant Charlie Musselwhite ou chez les Nightcats de Rick Estrin. Mais jamais, il n'a abandonné sa collaboration avec Terry Hanck.

Notre saxman comptait déjà cinq opus à son actif : "Live & raw", paru en 1997, "I keep on holdin' on", en 2002, "Live!", en 2004, "Night train", en 2005 et "Always", en 2008. Pour ce nouvel elpee, il est soutenu par son backing band : ‘Johnny Cat’ Soubrand, son fidèle gratteur depuis plus de huit ans, Butch Cousins (NDR : dont le frère Richard n’est autre que le bassiste de Robert Cray) aux drums et Tim Wagar à la basse. Et lors de l’enregistrement de ce nouvel elpee, publié par l'écurie dans le vent Delta Groove, Terry a également reçu le concours de Kid Andersen et Chris Welsh aux claviers. Enfin, les sessions se sont déroulées au sein des studios du Kid, le Greaseland, à San José.

Terry signe quatre compositions. Tout d’abord "Here it comes", morceau qui ouvre l’album. Une piste caractérisée par une intervention saignante du Kid aux cordes. Le long blues lent, "You coulda let me go", ensuite. Une plage au cours de laquelle son guitariste, Johnny Boy, excelle. "Girl girl girl" encore. Un reggae plutôt léger. Et enfin "Appreciate what you got", un R&B qui met bien en exergue son sax ténor devant l'orgue Hammond de Welsh. Sans oublier "I keep on holding on". Cette exquise ballade lente est également le titre maître d’un de ses précédents long playings. Mais c'est sans aucun doute lors des reprises que Terry se révèle le plus efficace. Sa cover du "Keep a drivin" de Chuck Willis est savoureuse. Une ballade parfaitement adaptée à ses sorties au saxophone. Tout comme l'explosif "Ain't that just like a woman" de Louis Jordan, un titre au cours duquel Johnny Kid se montre souverain dans le west coast jump, avant de céder le témoin au redoutable Hanck qui ‘honke’ dans son sax! Quelle pêche! Une recette à nouveau adoptée lors du célèbre "Train kept a rollin'". La version swing du "My girl Jasephine" de Fats Domino accroche instantanément l’oreille. Et mieux encore, la réplique nerveuse de "Just one more time", une perle écrite par Ike Turner, permet une dernière fois à Andersen de faire vibrer ses cordes. Enfin, en ajoutant le long périple funky "You give me nothing but the blues", le résultat final est tout simplement digne du label Delta Groove!

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Nitelife boogie

Le backing group de Currant a pris du galon depuis que son patronyme a été collé à celui de Nick Curran. Pourtant le line up du groupe a été chamboulé. Si Matthew Przygocki continue d'assumer la basse acoustique, Jim Trimmier et T.D ‘Murph’ Motycka les saxophones, le combo s'est choisi un nouveau batteur en la personne de Philip Law, et un pianiste qui répond au nom de T Jarrod Bonta.

Nick possède la voix d'un rocker des fifties. L'ouverture très rock'n'roll en est une belle démonstration. Très rapide, "I'm glad, glad" bénéficie d'interventions de saxes et de guitare. Il aborde le R&B dans l'esprit des forties, chez "Nitelife boogie". Un fragment écrit par Joe Liggins, qui libère un maximum de swing et de jive. Les musiciens prennent leur pied pour répondre en chœur aux vocaux de Nick. Le band est très à l'aise au sein de cet univers sonore. Pas pour rien qu'il se poursuit par "Let the daddy hold you". La section rythmique porte bien l'ensemble et les saxophones sont à la fête. "I want to love somebody" revient au blues traditionnel. Remarquablement ficelé, il permet au cordes de s'évader dans un style jump ; un style très apprécié par les adeptes de Junior Watson, Hollywood Fats ou encore Kid Ramos... La reprise de "Low down dirty shame" de T-Bone Walker est en tous points remarquables. La guitare est fluide, les saxes et le piano bien mis en place, et le chant manifestement adapté à ce style. Un grand moment ! Le travail de Curran sur les cordes est ici impressionnant. Il a parfaitement assimilé la technique des maîtres que furent T-Bone Walker et Charlie Christian. Etonnant ! La puissance de voix éclabousse tout sur "Close to midnight", un fragment proche du Chicago Westside. Curran s'acquitte d'un grand exercice de style instrumental sur "Space guitar" de Johnny Watson. Il y fait preuve de maîtrise et dextérité! Drivé par le piano de T Jarrod, le boogie shuffle "She's fifteen" est le théâtre d'une grande prestation sur les cordes. Ce savoir-faire se reproduit de nouveau sur "Jukebox Mama". Moment de douceur, "You know my love" de Willie Dixon, laisse un peu souffler le rythme. Une version enlevée avec brio. Aussi excellent que recommandable, cet elpee s'achève dans le rock'n'roll cuivré de "Don't jive me baby". A plus d'un titre, Nick Curran me fait penser à notre Marc T. Faut dire que les multiples facettes de leurs talents respectifs sont très semblables…

mercredi, 06 juillet 2011 20:29

Let them talk

James Hugh Calum Laurie est surtout connu du grand public comme acteur. Depuis 2004, il incarne Dr House, dans la série télévisée du même nom. Né à Oxford, cet Anglais est aujourd’hui âgé de 52 ans. Ce touche-à-tout assez génial a un emploi du temps plutôt chargé. Jugez plutôt : il est acteur, bien sûr, mais aussi réalisateur, producteur, auteur et musicien. Il a signé un contrat chez Warner en 2010 pour lequel il vient de publier un album de classiques du blues et du jazz, fortement teintés par la musique de la Nouvelle Orléans. Hugh est capable d’écrire ses propres chansons ; mais il souhaitait rendre hommage à un style qu’il affectionne tout particulièrement. En résulte un elpee au cours duquel il reprend une majorité de standards des années 20 et 30. Soutenu par le label major, il a pu mettre les petits plats dans les grands. Il a ainsi reçu le concours de Joe Henry, à la mise en forme. Ce chanteur/compositeur américain est un producteur expérimenté et notoire. Il a ainsi notamment bossé pour Mose Allison, Allen Toussaint, Solomon Burke, Loudon Wainwright et Susan Tedeschi. En outre, Joe a invité d’excellents musiciens pour participer aux sessions d’enregistrement, sessions qui se sont déroulées au studio Ocean Way, à Hollywood. Hugh chante, joue du piano et de la guitare.

L'ouverture est superbe. Hugh nous propose sa lecture personnelle du célèbre "St James infirmary", une compo traduite en succès, par Louis Armstrong, en 1928. Sa longue introduction au piano est totalement bouleversante, et la suite est tout aussi réussie. Le toubib possède bien le feeling du blues! Sa voix de fausset me fait penser à celle de Dr John ; mais elle s’intègre bien à l’ensemble. Les musiciens commencent à swinguer avant que les cuivres, orchestrés par Allen Toussaint, ne fassent leur apparition. Compo allègre, "You don't know my mind" est traitée à la manière d’un jug band. A cause de la mandoline de Kevin Breit, des percus et des chœurs féminins qui soutiennent le lead vocal. La reprise du "Six cold feet" de Leroy Carr est impeccable. Une intensité dramatique envahit le chant. Un accordéon enrichit le décor sonore, pendant que Levon Henry, à peine âgé de 18 ans, épate la galerie au saxophone ténor. Dr John, en personne, débarque de sa ville new orléanaise pour chanter avec passion mais douceur "After you're gone", un succès signé Bessie Smith en 1928. Laurie au piano et Robby Marshall à la clarinette y entretiennent un climat très cabaret. Hugh adopte alors le style boogie et martyrise ses ivoires tout au long de "Swanee river", une plage caractérisée par des interventions de violon qui ne manquent pas de charme. Irma Thomas est déterminé pour chanter "Joe Henry", un traditionnel du folk blues abordé suivant l'arrangement imaginé par Memphis Slim. Moment d’émotion intense lors de la cover du "Tipitina" de Professor Longhair, une plage qui symbolise bien le climat de la grande ville louisianaise. Vous n’avez jamais entendu Tom Jones chanter le blues ? Il s’y colle tout au long de "Baby, please make a change", une chanson au cours de laquelle il est épaulé par l’excellente voix d'Irma Thomas. L’elpee recèle encore deux reprises de Jelly Roll Morton, un artiste majeur qui a marqué de son empreinte la naissance les premiers pas du jazz ; mais également quelques bon vieux blues signés Arthur Phelps, J B Lenoir et un certain Robert Johnson. Le long playing s’achève par "Let them talk", une tendre ballade idéalement taillée pour la voix de Hugh Laurie. Si cette œuvre semble émaner d’une autre époque, elle se révèle d’excellente facture. Elle reflète, en outre, le profond respect que manifeste cet artiste pour cette musique…

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

From Austin with Soul

Considéré comme le ‘Godfather of the Austin Blues’ (NDR : autrement dit le parrain du blues de la capitale texane), Wesley Curley Clark est né en 1939. A Austin, vous vous en doutez. Au cours de sa carrière, il a rencontré beaucoup de beau monde. Et notamment T.B Bell et Joe Tex. Il a également croisé la route de tous les artistes connus du blues texan contemporain : les deux célèbres frères Stevie Ray et Jimmie Vaughan ; ainsi que les chanteuses Lou Ann Barton, Angela Strehli et Marcia Ball. Au début des 70s, il a sévi chez Southern Feeling, en compagnie de Strehli et de Dennis Freeman ; puis chez Triple Threat Revue, au sein duquel il a côtoyé Stevie Ray et Miss Barton. A ce jour, son W.C Clark Blues Revue est responsable de l'autoproduit "Something for everybody" (1986) et de 3 elpees pour Black Top : "Heart of gold" en 94, "Texas soul" en 96 et "Lover's plea" en 98. Des œuvres qu'il a commises pratiquement sous le même line up ; c'est à dire le guitariste Derek O'Brien, les claviéristes Riley Osborne et Nick Connolly, ainsi que la section rythmique de Double Trouble, Tommy Shannon et Chris Layton. Sans oublier le célèbre Texas Horn, Mr Kaz Kazanoff ; par ailleurs producteur de cette toute nouvelle plaque.

WC vient, en effet, d'être signé par le plus célèbre label blues de Chicago, Alligator. Le disque porte judicieusement son nom, car d'un bout à l'autre, il est saturé de soul. L'artiste possède une voix remarquable, très versée dans un style qui répond au nom de Memphis blues, mais avec cette touche inimitable de guitare qui n'appartient qu'au Texas blues.

L'album s'ouvre par "Snatching it back". Une composition écrite par Clarence Carter, au cours de laquelle la voix communique immédiatement cette chaleur innée. L'enchaînement blues s'opère dès "Midnight hour blues". Pat Boyack est à la guitare rythmique pour interpréter cette excellente et nerveuse reprise de Clarence Gatemouth Brown ; mais c'est W.C qui dirige sans partage la manœuvre aux cordes. En l'écoutant, il ne fait plus aucun doute qu'un certain Jimmie Vaughan a dû beaucoup écouter le parrain d'Austin. L'homme est aussi à l'aise dans l'exercice de la ballade soul blues. A l'instar d' "I've been searching" et de "Got to find a lover". Sur "Don't mess up a good thing", on reconnaît de suite la présence de sa copine, Marcia Ball. Elle est venue pour y chanter et jouer du piano. Et y démontrer tout le talent qu'on lui reconnaît! Plus soul, et même très Memphis Stax, l'adaptation du "How long is a heartache supposed to last?" aurait fait pâlir Mr Otis Redding lui-même. "Let it rain" consomme du soul blues de première division. Les Texas Horns de Kaz Kazanoff participent à la fête et la guitare n'en finit plus de s'extérioriser. La reprise du bien connu "Get out of my life, woman" d'Allen Toussaint est un autre grand moment. Une plage funky, style New Orleans, fort cuivrée, au cours de laquelle Riley Osborne se réserve l'orgue. Et ne passons pas sous silence les titres plus rythmés, tels que "Got me where you want me" du répertoire de Bobby Bland, ainsi qu'"I'm gonna disappear". Un tout bon album!

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Official bootleg – Live in Luxembourg

Ce chanteur/guitariste anglais a déjà bien roulé sa bosse sur les routes du blues. Il a même participé au fameux British Blues Boom. A la fin des sixties. Donc en fin de parcours. Flanqué alors de son groupe londonien Killin' Floor. Une formation qui a eu le bonheur d'accompagner Howlin' Wolf, Otis Spann et Freddie King, sur scène.

Depuis une vingtaine d'années, Mick est épaulé par son propre backing band. En compagnie duquel il a commis "Looking for trouble", en 1983. Chez Appaloosa. Puis, "Rock me" et "All these blues", toujours sur le même label. Ensuite "West Coast Connection". Aux USA, chez Brambus. Un opus qui bénéficiait du concours de Curtis Salgado. Enfin "Steel and fire", "Tell the truth", "No compromise", "Happy home" (un duo échangé avec le claviériste Lou Martin), et "New Mountain". Pour Burnside, le célèbre label basé à Portland, dans l'Oregon. Sans oublier "Roll again" et la compile "Premium rockin' blues" pour l'écurie allemande Taxim. Ouf !

" Official bootleg " constitue sa onzième plaque. Mais sa première enregistrée 'live' ! "Live in Luxemburg" éclot au cœur d'un instrumental. Extrait de son dernier album studio, "Bromley City limits" évolue sur fond d'orgue, une formule que Mick a toujours beaucoup appréciée. Sa guitare est remarquablement mise en valeur. Influencé par le grand Freddie King, il a toujours favorisé l'exercice instrumental. Clarke est épaulé par Dave Lennox aux claviers, Chris Sharley à la batterie et Eddie Masters à la basse. Il chante d'une voix engagée, mais sans registre particulier, "Looking for trouble", la plage titulaire de son 1er album. Sa guitare se permet quelques premières envolées remarquées. Mick aime par dessus tout le Chicago blues classique. Celui de l'écurie Chess. C'est indubitable ! Pas étonnant que le "That's allright" de Jimmy Rogers figure toujours à son répertoire. Mick chante d'une manière assez enragée, un rien criarde. Il laisse le champ libre à Lennox, son pianiste ; mais c'est sa guitare qui se taille la part du lion. Le medley "London town"/"Cool night air" est imprimé sur un rythme soutenu. Mick peut y développer son jeu à la slide. Issu de la plume de Muddy Waters, "You gonna miss me" est un excellent blues lent. Signé Willie Dixon, "You need love" est ici emporté par le rythme d'un boogie rapide et puissant. Il figurait sur le tout 1er album de Killing Floor, en 1969. Ce fameux morceau, Led Zeppelin allait le métamorphoser en "Whola lotta love", quelques années plus tard… Le concert de Mick Clarke s'achève par l'adaptation du "Don't you lie to me" de Chuck Berry. Un titre rock'n'roll qui baigne dans la sueur du travail accompli, pour notre plus grand plaisir. Continue Mick! Ce disque a été enregistré le 29 juin 2002, lors du dernier 'Big Blues Festival'. Un événement qui s'est déroulé sur les bords de la Moselle, à Luxembourg. Il est uniquement disponible via le site internet de Mick. J'insiste encore une fois pour vous signaler que cet " Official bootleg " est son tout premier album live!

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Moanin´ for molasses

Originaire de Philadelphie et résidant aujourd'hui à Atlanta, ce jeune chanteur/guitariste blanc a fait son petit bonhomme de chemin en un minimum de temps. Il n'a que 23 ans. Et son premier album, "Call the cops", remonte déjà à 1996. Il était paru chez Blue sun. "Cuttin' in", le suivant, est sorti en 2000 sur Landslide. Sean a également collaboré à l'opus de son amie Susan Tedeschi, "Just won't burn".

Pour concocter ce troisième elpee, Sean s'est tout simplement entouré de sa propre formation. Matt Wauchope aux claviers, Melvin Zachary à la basse et Terence Prather aux drums. Il a également reçu le concours d'un des plus célèbres bluesmen canadiens : Paul Linden. Il y joue du piano, de l'harmonica et coproduit le disque !

La plage titulaire ouvre l'album. Un instrumental destiné à libérer les articulations. Soutenu par le superbe travail de Matt au piano, le climat baigne dans le jazz. L'ensemble s'attaque à "You're killing my love". Une composition signée Mike Bloomfield/Nick Gravenites, qui s'appuie sur un riff à la Albert King. La section de cuivres est bien présente. Sean est particulièrement à l'aise sur ces motifs. Ayant manifestement assimilé l'essentiel du génie musical de Bloomfield, il peut y disserter à souhait. Arc-boutée sur une ligne rythmique chargée de groove, "Don't be reckless with my heart" campe un bon blues rock tonique. Melvin et Terrence portent littéralement leurs compères. "You're a part of me" constitue probablement une des meilleures compos de l'opus. Costello me fait alors penser à un autre guitariste aussi diabolique, Duke Robillard. Et c'est également vrai dans la manière de chanter. Signé Willie Dixon, "One kiss" est un bon blues rythmé. Tout comme "It takes time" d'Otis Rush, une plage au cours de laquelle les cordes passablement dévastatrices tirent leur épingle du jeu. Tout comme les accords du piano de Paul Linden et ceux d'orgue de Wauchope. La clef de voûte de l'album repose probablement sur la voix posée, naturellement modulée de Sean. Elle peut se faire rocailleuse mais sans faiblesse. Elle brille sur "No lie", un morceau co-écrit par Billy Emerson et Buddy Guy. Et encore une fois, il démontre toute son étonnante faculté d'assimilation des meilleurs styles. La guitare ne distille que les notes nécessaires. Cette voix impressionne aussi sur des reprises très réussies. A l'instar d'"I want you so bad", une ballade R&B signée James Brown. Paul Linden souffle dans son harmo, avec une puissance inouïe, sur "The plumber". Une plage instrumentale qui fait des ravages. A la manière d'un Lee Dorsey, Costello nous convie à New Orleans sur son "Miles away" : piano, cuivres et chœurs en toile sonore. Il a également composé "Low life blues", un fragment très Chicago, proche du célèbre "Key to the highway". L'album se referme sur deux dernières reprises : le R&B Memphis Stax "You can't win with a losing hand" d'Eddie Floyd, et "Good advice" de J.B Lenoir, une clôture roots au cours de laquelle Sean chante seul en s'accompagnant d'une guitare acoustique. " Moanin' for molasses " constitue le meilleur album de Sean. Ne le manquez pas lors de son prochain passage près de chez vous. En septembre prochain. Que ce soit au Beersel Blues Festival, aux 4 Ecluses de Dunkerque, à Marcq en Baroeul, au Crossroads ou encore au Spirit of 66.

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Carnival

Né le 21 janvier 1944 à Derby en Angleterre, Kevin Coyne est un personnage tout à fait à part dans le monde artistique. A l'instar de Peter Hammill, Kevin Ayers ou encore David Sylvain, il mériterait d'émarger au Grand Ordre des excentriques anglais. Et pourtant, ces quatre artistes militent dans des styles totalement différents.

Dans le domaine musical, Kevin est surtout inspiré par le blues rural. Par Elmore James, Fred Mc Dowell et Muddy Waters, en particulier. Ce qui ne l'a pas empêché d'être approché, à une certaine époque, pour remplacer feu Jim Morrison, au sein des Doors. A cause de ses qualités de showman, tout d'abord. Et puis de sa voix très caractéristique, nasillarde et poignante, d'une nervosité électrisante, particulièrement adaptée à toutes les formes de blues. Une invitation qu'il a cependant réfutée, par souci d'éthique. Du succès commercial, il n'en a guère rencontré au cours de sa longue carrière. Peut-être en 1978, lors de la sortie de l'incontournable " Millionnaire and Teddy Bears ". Devenu depuis un classique de l'histoire du rock. Johnny Rotten l'a un jour cité comme une des influences majeures des Sex Pistols. Un fameux compliment ! Depuis 1989, il s'est établi en Allemagne. Il se consacre de plus en plus à la peinture et à la poésie. Entre expositions et publication de recueils de poèmes, il lui arrive aussi de participer à des spectacles de théâtre. Et puis épisodiquement d'enregistrer un album. Comme ce " Carnival ". Sur lequel il a notamment reçu le concours de son fils, Robert. Qui y joue de la guitare et des claviers ; mais s'est également impliqué dans la composition.

Un disque sur lequel on retrouve deux blues favoris de Kevin : " Rolling and tumbling " de Muddy Waters et le traditionnel " Sugar mama ", tous deux mis à la sauce contemporaine. C'est d'ailleurs souvent le traitement que subissent les compositions de cet opus. Le blues rural de Coyne s'est donc adapté à la technologie moderne. Pas trop, ni trop peu. Sauf peut-être sur le très synthétique " Party, party, party ". Et le résultat me paraît fort intéressant ; et pas seulement à cause des lyrics toujours aussi profonds et ironiques. Malheureusement, ce disque risque fort de ne satisfaire ni les inconditionnels du blues, ni ceux qui sont perpétuellement à la recherche de nouveaux créneaux. En fait, il est beaucoup trop intemporel. C'est une grande qualité artistique, mais une énorme carence commerciale…

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Tiger Tapes

Don Croissant est surtout connu sous le sobriquet de Little Jimmy. Ce vieux briscard joue de la guitare depuis la fin des années 50. Il a donc touché plusieurs générations de rockers. Il a tout d'abord milité chez Little Jimmy and the Robots. Patronyme réduit en Robots, avant de devenir les Sharks. Ce band a eu le privilège d'ouvrir les concerts de monuments tels que les Who, les Kinks, le Spencer Davis Group et même les Rolling Stones, lors une fabuleuse soirée de 1966 au Palais des Sports. Don comptait trois albums à son actif : "Live at the Club", "Loaded with extras" sur Rowyna, et un mini 33tours intitulé "Boogie with the Bluestiger", paru également sur le même label. Le zèbre s'était même mué en tigre pour notre plus grand plaisir. Et puis lors d'un séjour en vacances, en Crête très exactement, au cours duquel il avait emmené sa guitare acoustique, sa vieille Silvertone, un minidisc recorder et un micro, il s'est mis à enregistrer dans sa chambre d'hôtel. Et à première écoute, il est bien joyeux notre Don. Il est vrai que le soleil est à la porte, et la Méditerranée à deux pas. Il agite les percussions, siffle à tue-tête et crie son blues comme un tigre. Pas pour rien que le morceau de divertissement est intitulé "Bluestiger"!

Son exercice sur "Me and the devil" est le plus réjouissant. La voix demeure menaçante, la guitare respire comme elle peut devant l'agression continue. Et cet hotel boogie se fait John Lee en cours de route! Don tape furieusement dans sa caisse de guitare, alors qu'il étreint une "Love makin' woman". Les cordes plient mais ne rompent pas. Il est là devant nous, assis sur son lit. Les cordes vous giclent à la figure, les oreilles frémissent. "Crazy 'bout bennies" est un blues offensif et tellement dur. Son rythme fort et percussif devient quasi hypnotique sur "Wicky wacky woman". Don s'emporte et tape furieusement du pied. Il se prend pour Dr Ross voire Joe Hill Louis, sur "Call me on the phone". Les cordes sonnent comme du métal pur. Dans le même style, il embraie par "Boogie with the doctor", un boogie bien offensif dédié à qui de droit. Une nouvelle séance de foot introduit l'amusant et menaçant "He la-bas". Ce sont d'ailleurs les seules paroles qu'il prononce sur ce titre. Pour clôturer l'aventure crêtoise, Mr Croissant reprend "Goin' down south" de R.L Burnside. La voix y est devenue très grave mais tellement authentique. Une aventure menée avec beaucoup de brio par Don!

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Morphine Mama

Ce quintette originaire de l'Est des Pays-Bas se réclame du garage blues band ; un peu comme sa principale source d'inspiration : les Californiens du regretté Lester Butler et de ses Red Devils. Les Cuban Heels sont également des inconditionnels de Kim Wilson et des Fabulous Thunderbirds de la seconde moitié des seventies. Si les Heels tournent beaucoup dans leur pays, ils passent régulièrement par la Belgique. Ils avaient déjà commis un elpee chez Cool Buzz en 2001 : "Sweet and lowdown".

Le line up du combo est constitué de Jan Hidding au chant, d'Ernst Ferkenius à harmonica, de Rico Gerfen à la guitare, d'Arnoud Vanden Berg à la basse et de Chiel ten Vaarwerk aux drums. La première plage, "I need love (Let's get down on the floor)", nous plonge immédiatement au sein de l'univers de Lester Butler. Assez lourde et diffuse, la section rythmique supporte le poids des partenaires qui s'agitent en front de scène. Statique face à son micro, Jan chante. Ernst souffle dans son harmonica poussiéreux, pendant que la guitare se fraie progressivement son chemin, avant de se mettre en exergue. Signé Bas Flesseman de Sugarcane, "Deal goes south" pousse encore plus loin cette introspection au cœur de cette atmosphère blafarde. Une atmosphère qui trahit le mal vivre d'une génération. La section rythmique soutient l'ensemble. La voix monocorde, fantomatique transparaît. Particulièrement réverbérée, ténébreuse, la guitare entre en convulsion et entretient un son franchement pourri. Ce ton volontairement primaire contamine la plage suivante : "Let me ride with you". Le rythme est très en avant. Les solistes se querellent pour tirer leur épingle du jeu. Pour la circonstance, c'est Rico Gerfen qui se libère avant les autres. Après un faux départ, les Heels foncent tête baissée pour interpréter "I want you (Love song)". Imperturbable, Jan récite son texte ; et ce nonobstant l'arrivée en quasi dérapage contrôlé d'Ernst et de la fureur de la section rythmique qui se trame en toile de fond. La présence de Hidding devient parfois hypnotique. Il embrasse le micro comme pouvait le faire Jim Morrison, au sommet de son art. C'est tellement vrai sur l'effrayant "Another man's done gone". Rico alourdit volontairement son jeu. Les cordes sortent progressivement de cette torpeur, mêlant rythmique et rivalité en compagnie de son compatriote Mischa den Haring, gratteur chez T-99. Hidding récite a cappella "No more trouble", à l'instar d'une bête maintenue en cage. Les Cuban Heels entretiennent ce climat de transe qui les ravit. Jan chante toujours comme s'il était au bout du rouleau. La voix s'étire paresseusement devant l'outil rythmique, très soudé derrière lui. Cette formule est reproduite à la perfection sur "Craving you". L'adaptation hypnotique du "Stranger blues" d'Elmore James est déterminante. La voix s'évade de l'au-delà face au travail sourd et percutant de la basse et des percussions. L'harmonica se détache de cet enchaînement avec une souplesse inaccoutumée. Impressionnant ! Cet opus s'achève par "Gonna move". Un shuffle d'enfer à la rythmique de plomb, au cours duquel Ferkenius prend plaisir à imprimer ses notes sur l'harmo, et que Gerfen déchire, lacère les sons de ses cordes, avant de tirer une salve finale. Incontournable !

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Fixin´ your head

Nick Curran est une des figures de proue du nouveau blues texan. Nouveau n'est pas vraiment le terme adéquat, puisque ce jeune citoyen de Dallas puise manifestement ses racines au cœur d'un passé, sans doute riche et glorieux, mais qui date quand même de près d'un demi-siècle. Nick porte donc un regard très remarqué et surtout remarquable sur le blues et le R&B d'autrefois.

Pour enregistrer " Fixin' your head ", il s'est entouré d'une section rythmique, d'un piano et de deux saxophones. Nick est aussi habile sur les cordes que talentueux au chant. Son style est affûté, largement inspiré par Roy Brown, Amos Milburn et Johnny ‘Guitar’ Watson. L'énergie dispensée Nick est considérable. L'atmosphère et la tonalité manifestées tout au long de cet opus nous replongent à la fin des années 40, à l'époque où Louis Jordan, Wynonie Harris et consorts faisaient salle comble. Ce qui est franchement une performance !

Et on peut facilement s'en rendre compte dès les premières notes de "Women and Cadillacs". Nick force le ton de sa voix largement éraillée. Ses musiciens lui répondent. Au piano, Matt Farrell frétille de tous ses membres. Le remuant "Boogie with my baby" continue dans le même registre. Le piano sautille devant les deux cuivres. Un moment impressionnant d'authenticité ! Lorsque le répertoire se fait plus blues, l'artiste est au sommet de son art. A l'instar de "Just love me baby". Une composition signée Roscoe Gordon qui me fait immédiatement penser aux enregistrements de Magic Sam, opérés pour le label Cobra, dans les 50's. Son exercice de style accompli sur "I want to love you d'"Otis Rush est bien plus impressionnant encore (Ndr : un Otis Rush de la même époque, bien sûr). Tout y est : le chant, la guitare et le son. Curran se fait shouter lors de la reprise du "Good rockin' man" de Roy Brown. Il est tout aussi saisissant de l'entendre sur un "Lonely nights", plus Watson que Johnny "Guitar" lui-même. Sa voix cassée passe très bien le cap. Il utilise la même guitare que Watson se réservait, lorsqu'il jouait "Cuttin in". Nick aborde le rock'n'rollesque "She's mine", avec cette même facilité déconcertante. Sa voix approche étrangement celle du Genius, Little Richard. Elle peut, au besoin, évoluer dans le même registre que les pionniers du rock'n'roll. Et je pense tout particulièrement à Eddie Cochran ou à Gene Vincent pour "Loose lip Mama". En finale, Curran se pose en leader de big band pour chanter un blues lent, très vieillot, intitulé "I'm waiting for your call". Nous ne sommes ici plus tellement loin des débuts opérés par BB King à Memphis. Très parcimonieux aux cordes, il dispense un solo digne de T-Bone Walker. Le style pratiqué par Nick Curran me rappelle, à la limite, parfois celui de notre ami Dave Gonzales des Paladins. Et c'est tout à fait évident chez "Straighten up". Un album qui mérite vraiment le détour, surtout à cause du superbe travail opéré sur le son…