Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Painting the blues

Tampa Blue est le véhicule musical du chanteur/guitariste belge T.V Tampa. Issu de la région d'Anvers, il confesse être un inconditionnel de John Lee Hooker et de Freddie King, mais également adorer les Beatles, Jimi Hendrix, Fleetwood Mac et Canned Heat. Des goûts qui ne souffrent d'aucun reproche. Au cours des années 80, il avait fondé Toy, un groupe de rock qui allait commettre plusieurs singles et albums, dont le dernier ("Brand new toy") est paru en 94.

"Painting the blues" est une œuvre curieuse, fort intéressante et au titre évocateur. En effet, à l'instar d'un peintre, l'artiste veut colorer à sa manière une musique qui se veut essentiellement black and white. Dès les premiers accords qui ouvrent "Life's harder than death", nous sommes impressionnés par la sonorité des guitares. La vie est plus dure que la mort ! C'est l'évidence même. Le premier plan est bien celui qui ouvre "On the road again" de Canned heat. Si T.V avoue avoir recours aux samples que l'on doit reconnaître au passage, il n'y puise le plus souvent que quelques notes. Une voix bien noire, celle de John Lee Hooker peut-être, introduit "Me and my dog". La meilleure plage de l'album ! Elle défile comme dans les meilleurs films de Canned Heat. La voix épouse un timbre légèrement féminin. A l'instar de celle d'Alan Wilson. Le son des guitares est aussi pourri que celui dispensé par le même Alan ou encore Sunflower Vestine. T.V distille peu de notes. Il entretient un son volontiers primaire et métallique au sein d'un environnement bien fouillé. Le climat persiste tout au long de "Oh lord". T.V chante d'une voix nasillarde et traînante, dans un registre qui n'est pas sans rappeler celle de Lou Reed. Il joue de la guitare d'une manière bien paresseuse. Le flux de notes est volontairement limité. Il plaque brutalement ses accords comme un Hooker des bons jours. Ballade bluesy, "Hope in Rangoon" possède beaucoup d'atmosphère. A cause du choix des sonorités opéré en fonction du décor ; et toujours de cette voix très 'reedienne'. "No more nice girl" amorce une collection de samples blues à deviner, parmi lesquels j'ai peut-être décelé des échantillonnages emprunés à Billy Gibbons et à Studebaker John. Un apport artificiel de blues pour ce qui n'est jamais qu'une ballade. Le jeu n'est pas banal ! "Black cross in the moonlilght" marque le retour au boogie/blues. La voix nasillarde se fait plus autoritaire. La machine de Tampa Blue assure ; Pete Tieleman à la guitare, Dago aux drums et Mike Ireland à la basse. La version du "Guilty" de Randy Newman est majestueuse. Si Gerd Van Eeckhout est à l'orgue, pourquoi laisserait-t-il la place au piano à Memphis Slim? Signé John Littlejohn, "How much more long" est un rockin' blues bien ficelé. Il libère pas mal de groove en conjuguant ….samples pardi! S'appuyant sur une ligne de basse qui ne m'est pas inconnue, "Till the levee brakes" laisse percer une guitare acérée. L'album est curieux. Pas banal, pour être plus précis. Mais il serait nécessaire de pouvoir assister à cette expérience 'live', histoire de voir si elle est capable de tenir la route. Encore que la dernière plage semble avoir été prise en public. Intitulée "You get what you give" et assez dépouillée, elle laisse une bonne place aux accents acoustiques.

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Relentless

Originaire du New Jersey, Walter Trout est âgé de 52 ans ; et il faut reconnaître qu'il possède déjà un beau pedigree. Fin des 70's il sévissait au sein du backing band de John Lee Hooker. Il est alors remarqué par les membres de Canned Heat qui l'invitent après le décès de Bob ‘The Bear’ Hite. Il passe ensuite quelques années chez les Blues Breakers de John Mayall. Il y cohabite alors en compagnie de Coco Montoya. Depuis la fin des années 80, il mène une carrière personnelle. Avec un certain succès, il faut le reconnaître. Pourtant, la vie de Walter n'a pas été un long fleuve tranquille. Accro aux drogues dures pendant les années septante, il a traîné une réputation d'alcoolo dans les 80s. Mais depuis quinze bonnes années, suite aux conseils prodigués par Carlos Santana, il ne touche plus ni à la drogue ni à l'alcool. Walter signe ici son quatrième album européen pour le label Ruf. Un elpee un peu particulier, puisque les 14 nouvelles chansons qu'il a écrites ont été immortalisées 'live', le 14 mai dernier au célèbre Paradiso d'Amsterdam. Le style de cet artiste prolifique est sculpté dans le hard rockin' blues. Un registre qui lui permet d'étaler ses prouesses sur les cordes.

Il ouvre l'opus par "I'm tired". Le rythme est modéré. Tous les ingrédients sont bien en place. La section rythmique est taillée dans le rock : Jimmy Trapp à la basse, Joey Parfumi (NDR : il milite au sein du backing group depuis avril 2002) à la batterie, et Sammy Avila à l'orgue Hammond. Il aborde "The life I chose" sur le même tempo. Il y raconte sa vie de tous les jours, les rencontres qu'il a effectuées au détour du chemin, à l'hôtel, sur la route, dans les clubs. La vie qu'il a choisie, quoi! Introduite à la guitare acoustique, "Jericho road" est une ballade lente. Même son solo est unplugged. Sa voix colle parfaitement à ce type de plages, mais ce n'est pas du blues. La douceur persiste sur deux autres plages : "Cry if you want to" et "Lonely tonight". "Talk to ya" hausse enfin le tempo. Les vibrations sont bonnes. L'orgue d'Avila sort de sa réserve. Ce musicien apporte des couleurs au guitariste. A l'instar de "Helpin' hand", caractérisé par son seul riff, de "Collingswood" et de l'unique véritable blues lent empreint d'une l'intensité dramatique, "My heart is true". Parfois, il a une pensée émue pour Jimi Hendrix et s'en inspire. A l'instar de "Chatroom girl". En fin de parcours, toute l'équipe est chauffée et à blanc et s'aventure, tout au long de "The best you got" et "Mercy", dans de longs breaks instrumentaux. Un album destiné à un public rock attiré par les accents du blues.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

P.T Power Trio

Ce Canadien est né à Toronto. En 1954, très exactement. Inspiré, dans sa jeunesse, par Jimi Hendrix, Eric Clapton, Jeff Beck et Jimmy Page, il roule sa bosse sur les pistes du hard rockin' blues, depuis bien longtemps. A l'âge de 20 ans, il se fixe à Londres. Il y enregistre un premier elpee. Eponyme, il ne sort qu'en 1976. Il embraie par "Makin' magic" en 77, puis par "Putting it straight", avant de retraverser l'Atlantique devant la vague punk qui envahit l'Angleterre. Il fonde un nouveau band en compagnie d'un second guitariste : Pat Thrall. Sous cette formule, il aligne quelques albums, dont plusieurs live : "Go for what you know" en 79 (son premier !), "Boom Boom Live at the Diamond Club" en 90, et "BBC Live in Concert" en 92. En 1993, il signe chez Blues Bureau. Un label américain pour lequel, il va multiplier les opus dans son style rockin' blues bien dur. Paru la même année, "Blues tracks" ouvrira la voie à sept autres albums, dont "Don't feed the alligators", en 2000.

Il nous revient flanqué d'une solide section rythmique : Gunter Nezhoda à la basse et le vieil Aynsley Dunbar (NDR : cet ex Bluesbreaker à sévi chez John Mayall, il y a fort longtemps), à la batterie. Pour votre information, sachez qu'en tourné, le line up du groupe est totalement différent, puisqu'il implique Rick Navarro à la basse et Eric Frates aux drums. "PT. Power Trio" est, en fait, consacré à des titres popularisés par d'autres musiciens au cours des années 60 et 70. Dix plages en tout. Si certaines méritent le détour, d'autres sont à verser dans le chapitre du hard rock.

Le disque débute plutôt difficilement pour les oreilles bluesy. Et pour cause la version de " Tramp " manifeste une forte propension pour le hard rock. Mais elle n'est cependant pas signée Lowell Fulsom, mais par le trio anglais du début des 70s : Stray Dog. Pat s'attaque alors à "White room" : un des meilleurs titres du Cream de la grande époque. Curieusement, il y chante comme Jack Bruce et joue de la guitare à la manière de Clapton. Curieux disais-je! Il concède alors quelques reprises sans grand intérêt ; à l'instar du "Day of the eagle" de Robin Trower (NDR : cet ersatz de Jimi Hendrix fut, à une certaine époque, membre de Procol Harum), d'"Inside looking out" des Animals, mais dans la version du Grand Funk Railroad, "Free man" de Pointblank et "Nasty dogs and funky kings" de ZZ Top. Heureusement, il nous réserve également quelques covers réussies. Et je pense tout d'abord à "Dreams of milk and honey" de Mountain. Surtout pour son aptitude à recréer la manière de chanter et à reproduire le jeu de guitare. Au "Fire and water" de Free. Excellent, je l'avoue! Au "Young man blues" de Mose Allison, dans la version des Who circa "Live at Leeds" et au "Highway 61 revisited" de Dylan, version Johnny Winter. Exclusivement pour les fans de rockin' blues façon 70's.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Next morning at Sunrise

Inspiré depuis toujours par Big Bill Broonzy, Brownie McGhee et Leadbelly, Hank bourlingue depuis fort longtemps sur la route de blues. Son premier disque date d'ailleurs de 1970. Un Ep intitulé "Next morning at Sunrise". En 1986, il rencontre Jon Sass à la Nouvelle Orleans. Un joueur de tuba en compagnie duquel il enregistre "Baby wants to boogie". L'originalité de ce duo va enchanter les milieux du blues. A ce jour, Hans a commis un nombre important d'elpees, parmi lesquels il faut surtout retenir "Hard road blues" (94), "Crazy moon" (95) et "Lifeline" (98), ce dernier flanqué des Holmes Brothers. "Songs from the Southland" constitue un hommage aux bluesmen d'hier qui l'ont tant marqué dans sa peau de chantre. A ses influences, si vous préférez. Hans possède un registre vocal particulièrement ample. Grave sa voix est en permanence chargée de vécu. Claire, elle peut sans aucune difficulté s'élever dans la tonalité et la sensibilité. Tout au long de ce répertoire issu du sud des Etats-Unis, il veut nous faire revivre une large part de l'histoire du blues.

L'opus s'ouvre par "St James infirmary". Une interprétation limitée à sa voix et ses cordes. Signé Leadbelly, "My girl" libère une fameuse dose d'émotion. Le dobro est clair. Les voix féminines arrivent à propos. L'effet est très réussi. L'artiste a fort bien assimilé les différentes techniques de l'épopée du blues d'avant-guerre, mais aussi d'aujourd'hui. Il le démontre tout au long du fameux "Mercury Blues" de KC Douglas. Mais aussi de "A hundred and ten in the shade" signé John Fogerty, l'imparable leader du Creedence Clearwater Revival. La basse de Danny Thompson est omniprésente. Les voix féminines répondent au ton grave de Hans. Une cover vraiment étonnante ! "From four til late" de Robert Johnson et "61 Highway" de Fred McDowell, tout au long duquel il prouve qu'il a assimilé parfaitement la technique du maître du bottleneck, témoignent de son admiration pour les deux grands. Nous pouvons distinguer le timbre particulier du tuba de Jon Sass sur "He was a friend of mine" et "Green green rocky road". Par les vertus du rerecording, la densité sonore est souvent amplifiée. Celle procurée par les deux guitares atteint même des sommets sur le "Hard time killing floor" de Skip James. Theessink continue d'entretenir ce tribut, jusqu'aux dernières notes de l'album. A l'instar de "M&O Blues" de Willie Brown, "Hesitation blues" de Rev Gary Davis, ainsi que de "Frankie & Albert" de Mississippi John Hurt. Nonobstant une voix quelque peu lassante, cet elpee demeure de bonne facture. Mais il est vrai que ce travail a été opéré avec tellement de passion. Et puis, il met en valeur la musique qui a séduit l'artiste…

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Bound by love

Drivée par le chanteur harmoniciste Foster Willey Jr depuis sa création, en 1995, Terraplane est une formation issue de la scène bien vivante des "Twin Cities", Minneapolis et St-Paul. Foster est un fervent admirateur de la scène du Chicago blues ; et en particulier de Sonny Boy Williamson, Little Walter et Paul Butterfield. "Bound by love" constitue le tout premier album de Terraplane.

La plage titulaire ouvre l'opus. L’harmonica est bien tonique. Proche du style de Slim Harpo, ce style adopte la même trame funky que "Scratch my back". Appuyée sur le riff progressif de "Help me", "Don't lie" est une très bonne plage. Mark Vandermyde marque le rythme de son orgue Hammond B3 à la tonalité envoûtante. Foster n'a pas une voix bien puissante ; un rien chevrotante, elle convient cependant bien à ce "Don't lie". Instrumental, "Everything's uptight" swingue à souhait. L'empreinte est très jazz. Les différents solistes viennent, tour à tour, se présenter : Foster à l’harmo (NDR : son jeu est fortement influencé par Little Walter), Mark au piano électrique et Dave Hofgren à la guitare. Autre instrumental, "Come-n-home baby" trempe dans un jazz assez exotique. Le leader souffle dans l'harmonica chromatique pendant que l'orgue Hammond évolue dans un registre proche de grands claviéristes tels que Mc Griff et McDuff. Hofgren, qui reconnaît également pour influences majeures le jazzman Scott Henderson et Frank Zappa, s'en sort avec tous les honneurs. L’elpee recèle trois covers incontournables. Tout d’abord le "Hardway" de T-Bone Walker". Souligné d’arrangements particulièrement chatoyants, il permet à chaque soliste de se manifester brillamment sur le devant de la scène. "Little Angel (precious)", ensuite. Signé Annie Lennox (Eurythmics), ce fragment a subi un traitement légèrement funky. Constituée de Jon D Donovan à la basse et de Rey Rivera à la batterie et aux percussions, la section rythmique soutient bien l'ensemble. Ce qui n’empêche pas le morceau de s’achever au rythme du calypso. Le "Tilt-a-whirl" de Jimmie Vaughan enfin, un track enregistré ‘live. La machine est parfaitement huilée. La cohésion entre les musiciens est irréprochable. "She takes my love" est une ballade bien délicate. "We tumbled down", un boogie classique tout au long duquel l'harmonica arrache fiévreusement. Cet opus est d’excellente facture et son niveau musical particulièrement élevé. Nonobstant ces incontestables qualités, la voix de Foster manque encore de maîtrise pour conférer une véritable personnalité à ce Terraplane.

mercredi, 18 mai 2011 19:04

Coming back for more

John F Klaver est un jeune chanteur guitariste hollandais. Il est le leader de son band dont le line up est complété par la bassiste Miss Iris Sigtermans et le drummer Martijn Klaver. Le trio comptait un premier elpee à son actif, "Jetpepper". La musique proposée par cette formation est le fruit d’un savant cocktail de blues, soul, funk et jazz. Elle nous rappelle souvent l’Anglais Matt Schofield ou le Californien Robben Ford. Des référence de choix, il faut le reconnaître. John a composé sept des dix plages de cet opus.

"Gonna leave this place" ouvre la plaque. Un excellent blues imprimé sur un tempo vivace, proche de BB King. La section rythmique libère énormément de swing. Rob Mostert injecte des interventions chaleureuses d’orgue. Sur les cordes, John manifeste une classe naturelle, tout en délicatesse et créativité. La même équipe glisse aisément vers le funk sur "Not for me", une plage caractérisée par un solo de guitare à nette coloration jazz. Bennie Veldman (NDR : issu des Veldman Brothers, un ensemble particulièrement populaire aux Pays-Bas) souffle dans son harmo sur le blues nonchalant "Make some dough" ainsi que "Lateral climb", une composition signée Robben Ford. L'arithmétique fonctionne à merveille tout au long de  l'instrumental "Move along", un morceau issu de la plume de Matt Schofield. Un dialogue jazzyfiant s’établit entre Klaver et les interventions à l'orgue de Mostert, ici largement inspirées par Jimmy Smith et Jack McDuff. Martijn est un solide percussionniste. Et il le démontre clairement en intro de "Scary Mary", une plage aux accents jazz funk indéniables sur laquelle John chante d'une voix très musicale, réminiscente de Robben Ford. Et sa voix devient même passionnée sur "Listen & hear", un blues lent très mélodique tapissé par l'orgue Hammond de Rob Mostert (NDR : adepte du B3, cet excellent claviériste drive son propre combo : le Mostert Hammond Group). Les échanges opérés entre les cordes de Kalver et l'orgue de Rob me font ici penser à ceux que Jan Akkerman et Thijs Van Leer se réservaient au sein de Focus, un autre band batave qui jouit encore aujourd’hui d’une belle notoriété. Caractérisé par ses légers changements de rythme, "Lost but found" évoque également ce célèbre groupe néerlandais. Mostert revient une dernière fois apporter son concours sur la cover indolente du "Get out of my life woman" d'Allen Toussaint. Et il s’y révèle particulièrement inspiré. De bonne facture, cet elpee s’achève par le titre maître, une plage présentée comme un rappel, imprimée sur une trame funky, autorisant une dernière sortie de John sur les cordes, mais ici triturées dans l’esprit d’un certain Jimi Hendrix.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Harpspace

Aujourd’hui fixé à Toronto, Mark ‘Bird’ Stafford est monté sur les planches du blues au milieu des années 80, en fondant le Polaroid Blues Band. Ce chanteur/harmoniciste canadien est ensuite passé chez les Sly Dogs, responsable de l’album "Sly dogs and the Bird", en 89. La formation change de nom et commet l’elpee "Mark ‘Bird’ Stafford & the Rectifiers", en 91. C’est à partir de cette époque que Mark drive son propre groupe, en compagnie duquel il enregistre un troisième opus en 96 : "The Bird man".

« Harpspace » constitue sa dernière plaque. Une œuvre de très bonne facture, dont il tire une légitime fierté et pour laquelle il est toujours épaulé par les mêmes musiciens : Pete Schmidt à la guitare, Shane Scott à la basse, Bob Vespaziani aux drums et Tyler Yarema au piano. Sa réputation lui a, en outre, permis de recevoir le concours d’une brochette d’excellents musiciens, parmi lesquels on retrouve le guitariste Jack de Keyzer, le Texan Mel Brown et le saxophoniste Pat Carey (Downchild Blues Band). Les influences majeures de Bird sont, ma foi, forts classiques : Sonny Boy Williamson II, Little Walter et James Cotton chez les anciens, Kim Wilson, Rod Piazza et William Clarke chez les contemporains.

L'album s’ouvre par le titre maître. Un instrumental très swing. La section rythmique est légère. Le piano de Yarema se détache au sein d’un climat jazzyfiant, mais proche du boogie. Mark a saisi l'harmo chromatique. Il souffle dans un style fort proche du son West Coast. Peter Schmidt pratique, sans surprise, le jump. La carte de visite de la formation. Pour demeurer sur la Côte Ouest, Bird s'attaque avec bonheur au "Gangster of love" de Johnny Guitar Watson. Tous les musiciens évoluent à un excellent niveau. Mais le pianiste mérite une mention spéciale. Mark tire son épingle du jeu sur son "I'll be back". Toute l’étendue de son talent y est mise en exergue. Un Texas shuffle puissant, au tempo irrésistible, pas éloigné d'un certain RJ Mischo flanqué de Mel Brown au piano. Caractérisé par une nouvelle grande sortie de l'harmo, l’amusant "Bunnie bop boogie" est ponctué d’accents de rumba. "Party girl" marque un retour au jump. Mais avec un zeste de T-Bone Walker. A cause des cuivres de Pat Carey. Peter y démontre avoir parfaitement assimilé le style sur ses cordes. Complainte issue d'un cabaret de nuit, "Ruby" est un blues lent qui s’est vêtu de jazz. La voix claire de Bird est soutenue par le piano et de la trompette de Yarema, soudain saisi du don d'ubiquité. C'est à nouveau aux accents latino-américains que nos Canadiens s'attaquent à "I'm a loving man". Inspiré par Sonny Boy Stafford, il souffle avec puissance et élégance ; et lorsqu'il dialogue avec Schmidt, l’échange est opéré à haut niveau. Très roots, "Take a step back" est inspiré par le Delta blues. Il est alimenté par un duo échangé entre Stafford et son ami et compatriote Jack DeKeyzer. Classique signé Jimmy Reed, "Shame shame shame" est contaminé par les maîtres de Chicago. Ce n’est pas une réelle surprise. Mark poursuit dans le même registre en empruntant largement le rythme à Muddy Waters, pour attaquer "Follow my heart". "I'm coming" nous ramène du côté de Los Angeles. A cet instant Bird n’a jamais été aussi proche de Piazza. Il joue et chante même dans le style de Rod. Imprimé sur un bon rythme, "I've had my fun" est forgé dans le même moule. En bénéficiant de la présence de musiciens particulièrement brillants, cet opus mérite toute votre attention…

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Tomorrow today

" Tomorrow today " constitue le tout premier album de cette nouvelle formation germanique. "Meet me in the sky" ouvre le feu. Composée de Jürgen Bock à la basse et de Marcus Wickel à batterie, la section rythmique est solide. La guitare de Frank Pecher est largement amplifiée et son travail sur les pédales impressionne. Hugo W. Scholz chante d'une voix puissante rappelant un peu celle du leader de Steppenwolf, John Kay. Le rythme s'accélère sur "Nobody else but you". La démarche n'est ici pas étrangère au fameux groupe anglais Spooky Tooth. Souvenez-vous de leur hit "Sunshine help me", lorsque Mike Harrison était encore au chant. Mais Hugo tire parti de son harmonica. Avant d'empoigner son saxophone, Hugo chante avec autorité "Down to it", devant les chœurs du Quartet Momaghito. Il se dégage un solide parfum des ambiances d'autrefois, tout au long de cette ballade blues/rock nonchalante aux accents dramatiques. Mais la finale monte en puissance pour laisser éclater la guitare relativement hard de Frank. Plus roots, "Last goobye" est un autre titre indolent. Le chant est alangui. Frank joue d'une slide amplifiée, mais très laidback. Les dernières mesures de cette plage sont réservées à l'éclat de la trompette, du sax tenir et du sax baryton des Great Horns of Fire. L'introduction à l'harmonica de "What kinda land is this" est imprimée sur un tempo rapide, proche du style West Coast. Mais soudain, un cri assez complexe, jazzifiant et combien efficace, déchire l'univers sonore. Celui d'un saxophone soprano que l'initié reconnaît sans peine. Il appartient à Dick Heckstall-Smith qui fait ici une première apparition. Ce sexagénaire anglais a tout connu des aventures du british blues et du british jazz. Son intervention donne un coup de fouet à l'ami Scholz qui nous gratifie d'un brillant solo à l'harmonica. Nonobstant son timbre éraillé, la voix de Hugo est remarquable. Elle démontre toute l'étendue de son registre tout au long d'"I thought it was you", une plage qui s'ébroue avec pas ou peu de rythme, mais qui monte en puissance dès l'arrivée de l'orgue d'Udo Krüger. "Darling miss nowhere" est une ballade flegmatique dont la jolie ligne mélodique est tissée par le piano d'Andreas Vireck. Introduit par l'harmo à Scholz, "Your mama is your mama" est un nouveau blues, mais à la trame funky. Au beau milieu de ce titre, Dick Heckstall-Smith revient guerroyer avec l'harmonica. Un très intéressant échange entre les deux instruments s'installe, avant que le sax de Dick ne se mette à aboyer d'allégresse. Marqué par la voix brûlante du vocaliste qui ponctue son chant de courtes phrases à l'harmonica chromatique, "Somebody's got to go" est un blues relativement calme. "Tomorrow today" démarre sur un rythme bien enlevé. Les instruments sont bien en place. La guitare de Pecher dessine des arabesques dans le décor. Hugo calque à nouveau son chant sur celui de Mike Harrison. La guitare s'autorise des exercices de style que n’aurait pas reniés le Richie Blackmore des débuts de Deep Purple. La ballade lente est une spécialité de Steppin' Out. Elle se prête idéalement aux qualités vocales de son leader. Il en fait la parfaite démonstration tout au long d'"It's alright", un fragment dont l'atmosphère 'Stax' est entretenue par les Great Horns of Fire et l'orgue d'Udo Krüger. "Steppin' out shoes" porte enfin les accents du Delta. Passé l'intro à la slide électrique, tous les instruments font front derrière le chanteur. Et lorsque la slide s'échappe, puis que l'harmonica décide de sortir à son tour, le morceau se mue et s'achève en boogie du meilleur cru. Tout bon! "My friend", la dernière plage, est une chanson intimiste. Vous l'aurez deviné, " Tomorrow today " n'est pas un album de blues contemporain. Reposant sur une rythmique assez lourde et soutenu par des guitares qui appartiennent à la génération rock, son approche me rappelle certains groupes anglais de la grande époque. Et personnellement, j'apprécie le style.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Starvation box

Ce talentueux guitariste vit aujourd'hui au Texas. A Dallas, très exactement. Découvert voici quelques années par George Thorogood, il jouit d'une excellente réputation aussi bien dans l'univers du rock que du blues. Avant de driver ses Monkey Beat, il a sévi chez les Destroyers de l'homme du Delaware. Flanqué de son nouveau groupe, il a déjà commis trois albums pour le label Lucky 7 : "Radio Mojo" en 1993, "Shake" en 95, et "Bad Juju" en 2001. Enfin, il s'est également réservé un album de roots acoustique, "Dirt road", paru fin d'année dernière. Pour enregistrer " Starvation box " il a pu compter sur la participation de Carlton Powell à la basse et de Paul Hollis à la batterie. Sous-titré "The best of Jim Suhler & Monkey Beat", cette œuvre réunit onze plages déjà parues et six inédits datant de 1993 à 2001.

Le recueil s'ouvre par "When were you when the lights went out?". Un rocker âpre issu du premier elpee, "Radio Mojo". "Ain't comin' home tonight" et la plage titulaire émargent à la même enseigne. Issu de "Shake", on retrouve tout d'abord "Snake hips". Une plage funky, partagée entre un accordéon et une slide, réminiscente de Lowell George ( Little Feat). "Little boy blues", ensuite. Un bon slow blues électrique composé par Robert Johnson. "Snake bit" également. Tramé sur un riff électrique, ce fragment rappelle tantôt Free, tantôt les Rolling Stones. Et bien sûr, le morceau qui donne le nom à l'opus. "Bad Juju" concède "Deja Blue", un track qui baigne dans une ambiance tex mex. "Prayin' for rain", ensuite. Très lente et émouvante, cette composition nous replonge dans l'univers du "Sticky fingers" des Stones. Et de cet opus, on a encore droit à "Shotgun shack" et à "Chupacabra", une compo qui transpire une ambiance funky mexicaine. Passons aux plages inédites. "Blame it on love". Ce blues rock et chanté d'une voix calme. Pourtant, la guitare parvient encore à y décoller, mais sans le moindre excès. La reprise du "U gotta move" d'Elmore James. Une cover découpée par une slide au caractère métallique. Le titre maître. Imprimé sur un tempo basique, ce blues lent véhicule des accents volontiers dramatiques ; une impression accentuée par la slide réverbérée. "Love ain't enough". Une ballade douce caressée par une guitare acoustique. Le rock'n roll "Don't stand still". Et enfin pour se faire plaisir, une adaptation impeccable du "Lonesome dog blues de "Lightnin' Hopkins. Une version qui démontre que non seulement Jim Suhler demeure un excellent bluesman, mais qu'il est aussi capable d'exacerber sa sensibilité. Pour votre information sachez que les parties de claviers et d'accordéon ont été accomplies par Tim Alexander. Si vous souhaitez pénétrer dans le monde de Jim Suhler sans trop de difficulté, et que vous ne possédez pas les elpees de Monkey Beat, " Starvation box " est un tremplin idéal. Par contre, si vous êtres un fan inconditionnel, vous devrez vous payer cette collection. A cause des inédits, bien sûr. Et si vous l'ignoriez encore, Jim Suhler vient de tourner en Europe…

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Dirt road

Basé à Dallas, Jim Suhler est surtout connu pour son jeu de slide furieux. Un chanteur guitariste texan qui fut découvert naguère par George Thorogood. Il l'entraîna d'ailleurs, à une certaine époque, au sein de ses Destroyers. Jim est aujourd'hui le leader d'un trio bien électrique : Monkey Beat. Pourtant, cet opus évolue à des années-lumière du style pratiqué par son groupe. Il s'agit même d'un album essentiellement acoustique qui nous permet de découvrir une autre facette de cet artiste!

L'album s'ouvre par "Swamp call". Tourné en direct des swamps, la bande sonore de ce court-métrage implique croassements de grenouilles et autres crapauds ! "Holly ridge" est une courte plage instrumentale. Très douce, elle est partagée entre la guitare de Suhler, qui adopte ici le son métallique d'un banjo, et le piano de Carlton Powell. "Country girl" est une bien jolie ballade. Particulièrement country, vous vous en doutez, elle respire la joie et le bonheur de vivre en Louisiane. Jim joue de la National steel. Tim Alexander de l'accordéon. Et Tom Morrell la steel guitar. Cette même saveur country, alimentée par la guitare acoustique, la national et la mandoline, est reproduite tout au long de "Walking on the water". La joie de jouer et de partager sa musique est communicative. A l'instar de "Texas Easy street". Une plage écrite par Henry Thomas, la mandoline en bandoulière. "Church bell blues" est issue de la plume de Leroy Carr. Le piano de Tim Alexander est donc de rigueur. Très proche des vieux 78 tours de Leroy Carr et Scrapper Blackwell, le son du duo est très authentique. Particulièrement roots, cet opus nous offre une autre tranche de bonheur : "Shake hands with the blues". L'interprétation partagée entre Jim, Carlton Powell (qui est aussi le bassiste de Monkey Beat) et le vieil harmoniciste noir Sam Myers, et belle à pleurer. Jim Suhler démontre régulièrement son talent de musicien. Il joue de la slide pour accompagner son chant sur le fameux "Dallas" de Johnny Winter. En solitaire, sur sa national steel. Signé Mance Lipscomb et traversé par l'accordéon d'Alexander, "Spanish Flagdang" concède des accents hispaniques et celtiques. Plage instrumentale, "My morning prayer" constitue un parcours au cœur de l'Amérique profonde. La guitare acoustique se détache de l'environnement créé par l'orgue Hammond B3. Le tour du monde peut commencer. "Out on the western plain" nous transporte, tout d'abord, vers les grandes dunes des déserts d'Arabie. Buddy Mohmed y joue de la double basse et Jamal Mohammed du doumbek. Retour dans le Delta pour chanter "High cotton". Limpide ! "Tryin' to get back home" est épaulé par le washboard de Powell. "Lauri", par la steel guitare de Morrell. Une courte plage paisible. Ce superbe album se termine par "Dust devil", une composition hyper speedée, rehaussée par une voix rockabilly. Un album à ne pas manquer !