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mardi, 29 janvier 2008 01:00

The Unheard Duke Robillard Tapes Volume 1

Duke Robillard est un des guitaristes contemporains les plus notoires. Très populaire chez nous, il est à la tête d’une discographie très abondante et largement distribuée. Il a été, rappelez-vous, l'un des fondateurs du big band de Rhode Island : le Roomful of Blues. En 1967. Lorsqu’il quitte cette formation, fin des années 70, il est remplacé par Ronnie Earl. Il monte alors le Legendary Blues Band en compagnie des musiciens de Muddy Waters. Puis devient le leader des Pleasure Kings. En 1984. Depuis, il a sorti un nombre impressionnant d'albums. Toujours caractérisés par cette touche personnelle, mêlant blues, jazz et swing. Il même sévi chez les Fabulous Thunderbirds de Kim Wilson, début des années 90. Son dernier elpee, "World full of blues", est paru en juin dernier sur le label canadien Stony Plain (distribué par Dixiefrog). Mais c'est d'une autre œuvre dont il est ici question ; puisqu’elle est distribuée via son propre site web. Des plages concoctées au cours de ces 15 dernières années, et qui ne sont jamais parues en CD.

Cette collection s’ouvre par une version dépouillée de "Pony blues". Duke n'est soutenu que de sa seule section rythmique. C’était lors d’une audition destinée à recruter un nouveau bassiste, en l'occurrence John Packer, l’heureux lauréat. Cette adaptation sobre met en exergue le drumming complexe de Marty Richards. "I'm sticking with you baby" est issu de la même session. Un puissant shuffle à la BB King. Un titre que Duke avait écrit à l'époque de Roomful of Blues, alors qu’il était au sommet de son art. La cover du "Gypsy woman" de Muddy Waters respecte le style originel. Un morceau imprimé sur un tempo tout en retenue. Mark Braun siège derrière le piano pendant que Jerry Portnoy nous illumine de ses interventions claires et concises à l’harmonica, tout en véhiculant un maximum de feeling. Duke signe "World radio theme". C’est le titre générique d'un radioshow populaire dans le Kentucky. Enrichi par les cuivres de Doug James, Dennis Taylor et Al Basile, le fragment baigne au sein d’un climat manouche. "I'd rather drink muddy water" a été composé par The cats and a Fiddle, au cours des années 30. Cette version est savoureuse. Duke et Gerry Beaudion se partagent un duo pour la plage surannée "Minor for McDonough", un titre jazzyfiant absolument délicieux. Instrumental puissant et très électrique, "The change is on" sert aux retransmissions des play-offs de la NBA à la TV. Duke, Marty Ballou et Marty Richards s’y libèrent. Inspiré par T-Bone Walker, "The return of Duke's mood" immortalise une session improvisée opérée en studio, et sous la formule du trio, lors de l'enregistrement de l'album "Guitar Groove-a-rama". Blues destiné à un big band, "I'm in cahoots with you" était resté à l’état de projet. En fait, le contrat commercial n’avait pas abouti. Un titre agréable à écouter. Matt McCabe s’y réserve le piano, alors que la section de cuivres de Roomful of Blues densifie l’espace sonore. La cover du "I live the life I love" de Willie Dixon est excellente. Du Chicago blues qui swingue. L'atmosphère est très décontractée. Bruce Katz se consacre au piano, Doug James et Gordon Beadle aux cuivres. La version instrumentale d’"Exalted lover" est à nouveau très dépouillée. La guitare/synthé de Duke reproduit des parties de trompette, de clavier et de sitar. La reprise du "Something to remember you by" de Guitar Slim constitue un remarquable exercice de style exécuté en live. Il date quand même d’une bonne dizaine d'années ; mais c’est un véritable festin! Signé Larry Davis, "I tried" figure au répertoire du Savoy Brown depuis déjà près de 40 ans. Duke nous en propose une adaptation saignante et irréprochable. Ce titre puissant devait figurer sur l'album "Duke's blues". Mr Robillard s’y montre à la fois offensif et direct, comme toujours. Ce recueil s’achève par la demo de "Pony blues". Essentiellement acoustique, elle est interprétée à la manière d'Howlin' Wolf ! La sortie de ce premier volume est tout à fait judicieuse. Elle s’inscrit dans l’esprit de ce que Kim Wilson avait édité, il y a peu!

mercredi, 10 août 2011 02:00

Roadside attractions

Originaire d’Orange, dans le Texas, à deux pas de la frontière louisianaise, Marcia Ball est une artiste majeure, dans l’univers du blues. Cette chanteuse/pianiste a toujours puisé son inspiration dans le patrimoine musical du Texas et de la Louisiane. Et plus particulièrement le blues texan, le piano ‘neworleanesque’ et le swamp rock louisianais. Elle compte une douzaine d'albums à son actif. En 2011, elle a décroché deux Living Blues Awards, comme meilleure pianiste et meilleure artiste féminine.

« Roadside attractions » constitue son nouvel opus. Très autobiographiques, les lyrics racontent les expériences vécues au cours de son existence. Il est partagé entre deux sessions distinctes. L'une prise dans un studio de Nashville, l'autre, à Austin, au Texas. Mais les deux séries de six plages ont été habilement mélangées, sur le cd.

"That's how it goes" ouvre la plaque. Un démarrage opéré à Nashville dans un climat boogie rock. Marcia chante tout en martyrisant ses touches d'ivoire. Le talentueux Reese Wynans se réserve l’orgue Hammond. Préposé au bottleneck, le talentueux Colin Linden introduit le nerveux "Roadside attractions". Nous sommes alors en Louisiane. Marcia chante passionnément "Between here and kingdom come", une ballade au style très caractéristique, chez l’artiste. Le fil mélodique est soutenu par la mandoline de Linden. Le saxophone débridé de Jim Hoke nous transporte dans la funky city de la Nouvelle Orléans, sur "Believing in love".

Les plages immortalisées à Austin ont été réalisées en compagnie de ses musiciens de tournée. Parmi lesquels figurent le remarquable gratteur Mighty Mike Schermer et son bassiste, fidèle depuis près de trente ans, Don Bennett. "We fell hard" trempe dans le pur New Orleans jump. Les rythmes sont syncopés. Les accords de piano souples. Et le tout fait face à un front de cuivres. Autre boogie, bien entendu, "Sugar boogie" est largement teinté de swing et de jazz. Merveilleux slow blues, "Mule headed man" est un tremplin idéal pour les sorties remarquées de Schermer et Ball. Sculpté dans le pur rock’n’roll, "The party's still going on" déménage, une plage illuminée par le sax hurleur de Thad Scott. Excellent !

 

mercredi, 10 août 2011 02:00

Presents the Legendary Rhythm & Blues Revue

De nombreuses croisières sont organisées dans les mers chaudes et bleues de l'Atlantique, pour y inviter des bluesmen souvent notoires, dans le cadre des célèbres "Legendary Rhythm & Blues Cruises". Tommy Castro et son band au grand complet ont embarqué en octobre 2010. Et ce sont leurs prestations enregistrées à bord qui constituent l'épine dorsale de cet album (quatre plages). Le tracklisting est complété par d'autres sessions issues de 2010 et opérées dans les mêmes conditions (Michael Burks, Joe Louis Walker, Rick Estrin, Trampled Under Foot, Janiva Magness, Theodis Ealey et Debbie Davies) ainsi que de Castro, toujours lors d’une croisière, immortalisées en février 2011. Et la production a été assurée par Castro et Bruce Iglauer, le patron d'Alligator!

Tommy Castro et son groupe ouvrent les hostilités par "Wake up call", un R&B qui invite les passagers à rejoindre la piste de danse. Percutante, la voix est parfaitement adaptée à ce type de répertoire. Tommy se libère très vite sur ses cordes avant de céder le relais successivement au saxophone de Keith Crossan, à la trompette de Tom Poole et au piano de Tony Stead. Et chaque soliste participe à la fête. "Gotta serve somebody" persévère dans un même style. Insatiable, Castro est impressionnant sur les cordes. Changement de tempo pour "Voodoo spell", une compo bouleversante signée et interprétée par Michael Burks. Le géant d'ébène y injecte toute sa sensibilité à la six cordes. Joe Louis Walker adopte un profil funky sur "It's a shame". Sister Monica Parker chante son "Never say never", un blues lent, chargé de feeling, pour lequel elle est soutenue par le Tommy Castro Band. Rich Estrin, c’est le chanteur harmoniciste des Nightcats. Le leader aussi. Il a emmené son gratteur Chris ‘Kid’ Andersen, dans ses bagages. Ils sont responsables du funkysant "My next ex-wife". 

En deuxième partie, la part belle est faite aux artistes féminines. Et elles ne manquent pas de talent. Tout d'abord, un trio familial qui répond au patronyme de Trampled Under Foot (TUF). Danielle Schnebelen chante autoritairement, mais avec classe "Fog" devant ses frères, Nick aux cordes et Chris aux baguettes. La féline Janiva Magness se réserve le micro pour "Think", une compo écrite par Lowman Pauling en 1957 pour ses 5 Royales, mais reprise ensuite, notamment par James Brown et Taj Mahal. Enfin, Miss Debbie Davies, libère toute sa passion sur sa guitare, lors d’un superbe blues intitulé "All I found". Tommy Castro se réserve encore deux titres exécutés lors de lors de la Back Oak Cruise", en février dernier, "Painkiller" (plage éponyme de son album, paru en 2007), sans aucun doute le sommet de cet opus, et le long "Serves me right to suffer" de Percy Mayfield, une piste amorcée en blues lent, avant de glisser vers le boogie participatif. Une excellente revue! 

 

Au cours de ces dernières années, le blues sans concession de Steve Gene Gold recueille un franc succès. Agé de 70 balais, ce Californien a connu, dans sa jeunesse, Janis Joplin. Son épouse est norvégienne. Il s’est d’ailleurs établi en Norvège, pendant quelques années, où il a fondé sa famille. Nombreuse, il faut le préciser. Il est cependant revenu aux States, et s’est installé du côté de Seattle. Ses débuts discographiques ne datent que de 2004. Mais depuis, il faut reconnaître que l’artiste est devenu particulièrement prolifique. Lors des sessions d’enregistrement, il a reçu le concours de son fils Paul Martin Wold. En outre, l’artwork de la pochdette a été imaginé par son autre fiston, Didrik Wold.

Un intimisme chaleureux envahit "Treasures", une compo chantée par Steve, soutenue par les cordes acoustiques de sa guitare ainsi que de son banjo, et balayée par le violon de Georgina Leach. Lors de la plage éponyme, il nous plonge dans le Delta. Il se réserve les vocaux, sous une formule trio, qui implique –excusez du peu– John Paul Jones (ex-Led Zeppelin) à la basse. Une plage à la fois chiadée et intense. Malgré son titre, "Burnin' up" est une ballade lente, ténébreuse, dépouillée, un blues caressé par la voix douce et paisible de Steve. Une piste au cours de laquelle il ne dispense que les notes nécessaires, face aux percussions fragiles de Dan Magnusson. Magique ! Les accents métalliques du Delta opèrent leur retour, dans une certaine liesse, pour nous convaincre que "Don't know why she love me but she do". Steve déambule à petits pas, en maltraitant sa guitare à quatre cordes (une ‘Cigar box’) qui libère des sonorités très jouissives. Au bord de l’extase, il hurle sa joie de vivre en ces instants de bonheur. Après une trêve acoustique, il revient furieux, flanqué de sa gratte à trois cordes, et épaulé par la basse de John Paul Jones. Ce dernier doit alors certainement se souvenir des vibrations électriques produites par Led Zeppelin, lors d’un implacable et intransigeant "Back in the Doghouse", une piste attaquée dans l’esprit de son premier elpee solo "Dog House Music", sorti en 2006. Il revient sur terre, armé de son banjo pour interpréter "Underneath a blue and cloudless sky". Seasick Steve souffre peut-être du mal de mer, mais il aime profiter des plaisirs de la vie. Il est de sortie. Pour boire un coup. Et fréquenter les filles. Au port. Son sémillant "Party" nous conte ces aventures. Il entre en transe lors de l’atmosphérique "Days gone". Rondement menée, cette compo est dynamisée par des montées en puissance assez irrésistibles. Et pour clore cet elpee de bonne facture, Steve s'efface lors d’une ballade empreinte de douceur, enrobée de chœurs. Sculptées dans les cordes acoustiques, elle est même enrobée de chœurs...

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Working for the blues

Direction le Delta du Mississippi, pour y retrouver trois musiciens. Sam Carr, tout d'abord. Fils du légendaire Robert Nighthawk, ce batteur a joué durant quarante ans auprès du regretté Frank Frost ; et principalement chez les Jelly Roll Kings. John Weston, ensuite. Originaire de l'Arkansas, ce compositeur/harmoniciste a enregistré pour Fat Possum. Dave Riley, enfin. Le 3ème maillon des Delta Jukes. Un guitariste qui partage son temps entre Helena et Chicago où il fut le bassiste régulier de Byther Smith.

Fred James a donc réuni nos trois compères au sein d'un studio d'Helena, en Arkansas. En compagnie de tels musiciens, on ne peut que vivre au cœur du blues. Celui du Mississippi et de ses multiples juke joints. Cela s'entend dès les premiers accords concédés par la guitare de Dave Riley et la rythmique de Fred James, l'homme de Nashville. Sur ce riff, si chaud au cœur de Muddy Waters, la voix de Riley est autoritaire. Simple mais tellement efficace "I'm overdue" est une excellente entrée en matière. Le tempo s'accélère dès "Shopping for my baby". John Weston chante de sa voix de ténor. L'harmonica se détache du fond sonore. Sam Carr martèle ses peaux comme un possédé. Riley vient chanter son "Play the game" ; et sa guitare, en l'espace de quelques notes, situe bien le blues à ras de terre qu'il pratique. Riley et Weston ont décidé d'intervenir au micro à tour de rôle. C'est donc à ce dernier qu'il revient de chanter son "Just once more". Il le chante avec retenue, dans un style fort proche de Charlie Musselwhite. Ce timbre de voix, il y revient plus tard sur le rythmé "A trade was made". Une compo particulièrement inspirée par Jimmy Reed. Ecrit par Reed, "Come here baby" évolue sur un tempo plus lent. Riley le chante très puissamment. Du vécu ! Pour polir le son, Fred James se partage différents instruments, et notamment la basse et le piano. Ce qui n'est pas forcément une bonne idée ; car chez ce trio de musiciens du Mississippi, les percussions de Carr ne demandent pas d'être adoucies. Le trip de ces gars, c'est le blues. Celui qu'on appelle le downhome blues. Comme lorsque Weston chante "To love is blues". Ou le blues sale et primaire dans l'approche. A l'instar de Riley sur "Voodoo woman, voodoo man". Cet opus n'est sans doute pas de première nécessité, mais il demeure agréable à l'écoute ; et puis, il faut avouer que Weston et Riley sont aussi de bien redoutables vocalistes...

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Only a fool

Formation de Texas roots & blues, Delta Roux commence tout doucement à se forger une solide réputation en Europe. Le line up est constitué d'Harry Bodine aux guitares et de Michael Milligan au chant. Un duo qui peut compter sur une section rythmique composée de John Main à la basse, et de Matt Ryan aux drums. "Bad wind blowin", leur premier elpee, est sorti en 2000. Leur musique est essentiellement le fruit de la rencontre entre le guitariste blanc, qui nous vient de New York City et qui reconnaît pour influence majeure Duane Allman, et du chanteur noir, natif du Texas.

"Before I go" ouvre l'opus. Le son sent bon le Sud. Il est riche et dense. Bodine se partage la National steel et la slide. La voix de Mulligan s'exprime parfaitement dans ce style trempé. Une voix naturellement puissante qui se fond naturellement dans l'atmosphère développée par ses collègues musiciens et tout particulièrement, bien entendu, par la batterie de cordes employées par Harry. "Only a fool" s'enfonce dans le Delta. L'amplification refléte la force rythmique de l'ensemble. Cette musique relaxante aime volontiers flemmarder. A l'instar de "Walk with the devil". Harry nous rappelle alors au passage des artistes tels que Sonny Landreth et John Mooney. Lorsqu'elle turbine à plein rendement, l'alchimie du quartet peut atteindre un niveau très élevé. Evoquant même ce superbe band qui répondait au nom de Little Feat. Le funk naturel et électrique se dégage tout en lorgnant vers le grand Lowell George. C'est tout à fait évident chez "The answer". L'apport d'une section rythmique permanente peut se mesurer dans la profondeur du son. Comme sur "No one can forgive me but my baby". La seule reprise de l'album, signée par un certain Tom Waits! Au détour du riff de base du funky "Can't keep comin' back", nous avons le bonheur et le ravissement de retrouver le talentueux harmoniciste local Gary Primich. Il se montre ici à la hauteur de sa réputation. "Three wishes" est une toute bonne composition. La puissance rythmique permet de nouveau à une slide largement amplifiée de décoller au sein d'un climat sourd et dramatique. Du bel ouvrage! "Where did you get your love" nous entraîne dans les rues de la Nouvelle Orleans. Le chant joyeux est renforcé par la slide, toujours aussi proche de celle de Lowell George. "Without love" est une jolie ballade bien relaxante. La participation de Bodine aux cordes est déterminante. Il nous réserve encore une excellente intervention, digne d'Albert King, sur le funky "Lucinda blues". Un bon album qui s'achève par le cool et atmosphérique "Walk a mile".

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Love the curse

Drippin' Honey est une formation issue de la nouvelle génération néerlandaise. Un combo qui appartient à l'intéressante écurie Cool Buzz. " Love the curse " constitue leur troisième album. Il fait suite à "Drip drip" en 98, "Senorita sprechen sie love" en 99 et le CD single "My words my eyes" en 2000. Drippin' Honey est drivé par le chanteur/guitariste et surtout l'unique compositeur Sander Kooiman. Il est entouré de l'harmoniciste Kim Snelten, du drummer Joost Tazelaar, du bassiste Lut Luttik et de deux nouvelles figures, Vincent Valstar aux claviers et Petra Appelman à la guitare et aux chœurs. A ses débuts, la formation était souvent comparée aux Paladins, aux Red Devils et même à J.J Cale. Fruit d'un cocktail subtil de soul, de blues et surtout de pop, le nouvel opus se révèle beaucoup plus personnel et intense, car il s'agit bien ici de chansons placées dans un écrin contemporain. Sander possède une voix bien douce, modulée, faite sans aucun doute pour aborder un tel répertoire.

En ouverture, "Like a brother" s'avère délicieusement pop. Une chanson rehaussée par la présence de chœurs féminins, de trompettes et de l'orgue Wurlitzer ; même si un solo de Snelten vient nous rappeler les origines du groupe. La plage titulaire repose sur un riff découpé au rasoir La section rythmique impose sa volonté. Le tempo est lent, délicatement funky. Les sons envahissent le décor de cette œuvre attachante. La paire Tazelaar-Luttik est très soudée. Elle préside aux différents climats proposés et libère un maximum de groove tout au long de "Damage done", un fragment au cours duquel Kim Snelten intervient par un solo d'harmo frémissant. "In the money" est une nouvelle perle pop. La voix de Sander est bien claire. Elle me fait penser à Mc Cartney. Mais à ses meilleurs moments ; c'est à dire à ses débuts. Autre ballade douce, "Crossing T's" se retrouve soudainement dans la tourmente, à cause d'une intervention décapante de Kooiman aux cordes. Sander a enfin décidé de faire parler son manche. Il produit un son dérangeant et sourd pour imprimer le riff de "This 'n' that". Et c'est très bien ainsi ! L'album est constamment alimenté par des thèmes très atmosphériques, des thèmes traversés de courtes et concises interventions de l'harmonica et d'éclairs plus discutables de la trompette dispensés par l'invité, Matthijs Willemsen. La grande majorité des compositions est abordée sur un rythme lent, langoureux, dépouillé à l'extrême ; mais il laisse libre cours à de nombreuses colorations instrumentales. Il est incontestable que cet opus forme un tout très homogène, tellement personnel et très contemporain dans la démarche. La richesse instrumentale est capable de monter en puissance. A l'instar de la finale du "Baby you were right". En fin d'album, "In the red" débride Drippin' Honey, le temps de cracher quelques flammes. Un curieux album qui mérite plusieurs écoutes pour être apprécié à sa juste valeur ; mais qui ne devrait pas nécessairement se retrouver dans le bac des plaques blues de votre disquaire.

 

mercredi, 03 août 2011 19:57

Grit

Tim est britannique. Il est issu du Sud de l’Angleterre. Et de Portsmouth, très exactement. Il a une longue expérience musicale. Touche-à-tout, il a milité au sein d’une multitude de formations, dans des univers sonores différents : indie rock, black metal, hardcore et musique progressive. Il mène sa barque personnelle depuis 6 ans.

Sa première œuvre paraît en 2005. Elle s’intitule "Found dead on the shoreline". Son second chapitre, est plus travaillé. Son titre ? "From the dawn chorus". Mais il ne paraît qu’en 2009. Puis, il grave encore "….To the howls of midnight" et "In search of the binary star", sous le patronyme de Thimoty C Holehouse. Une sévère altération de ses cordes vocales l'oblige à changer de registre. Mais aussi de style, puisqu’il commence à puiser ses sources dans le blues. La formule nouvelle rencontre un succès certain, et Tim a ainsi l’opportunité de tourner sur tous les continents. "Grit" constitue donc son dernier opus, un disque pour lequel il est soutenu par son backing band, The Gentlemen, en l’occurrence le bassiste Graham Young, le percussionniste Michael Howe et le clarinettiste/claviériste Chris Derrick.

Le morceau d’ouverture est imprimé sur un tempo vif. Si sa voix s'est calmée, elle reste bien âpre et ravagée. Elle évolue au sein d’un environnement sonore tout en rythmique, enrichi par l’orgue, glissant du rock expérimental ‘velvetien’ au punk agressif. Ballade acoustique tourmentée, "Creeping death" prend lentement du tempo. Mais est-t-il vraiment sage de partager sa bouteille de whisky avec le diable en personne! "The prisoner" reprend du poil de la bête. Il se révèle même sauvage, déjanté, dans l’esprit du Jim Morrison de la grande époque. Bruitages et percussions étranges alimentent "Broken bones", une compo insolite, sorte de funk de l’impossible au cours duquel la clarinette épouse la voix à l'agonie. Le diable opère son retour pour "The devil went back down to Georgia". Une compo minimaliste qui aurait pu servir de ‘work song’, dans un pénitencier, autrefois… Des accords de slide poussiéreux introduisent "Into Mexico", un blues rocker au cours duquel la voix de Tim affiche une violence inouïe. Une fureur qui précipite ses collaborateurs dans un climat de transe. Amorcé sous la forme d’un blues primitif, languissant, "Rogues gallery" monte progressivement en puissance et s’électrise au contact des accords de la lap steel, prodigués par son ami James McGregor. Une plage victorieuse ! "Long road to nowhere" achève l’opus. Une piste sensée retrouver l'apaisement. Ce n’est pas le cas. Elle replonge dans l’univers torturé de Timothy ; celui qui produit cependant le plus d’effets… 

mercredi, 27 juillet 2011 18:38

Anything but time

Matt Schofield et Ian Siegal sont certainement deux des bluesmen insulaires les plus performants sur la scène contemporaine. Ils relèvent d’ailleurs tous deux du même label, Nugene, une écurie qui assure très bien la promotion de ses artistes. Chanteur et guitariste, Matt est originaire de Manchester. Il y est né en 1977. Il est passé pro en 1995. D'abord pour accompagner l'harmoniciste Lee Sankey. Ensuite, la diva anglaise Dana Gillespie. Sept ans plus tard, il fonde son trio, en recrutant l'organiste Jonny Henderson et le batteur Evan Jenkins. De bonne facture, original, leur blues rock est largement teinté de jazz et de funk. A leur compteur, deux albums live et trois autres enregistrés en studio, entre 2004 et 2009.

Matt a pourtant changé de drummer pour concocter ce nouvel elpee. Kevin Hayes, qui avait soutenu, pendant 18 ans, Robert Cray, se charge aujourd’hui des fûts. Les trois musicos se sont rendus à la Nouvelle-Orléans pour réaliser leurs sessions. Et sous la houlette de John Porter. En outre, ils ont bénéficié de la collaboration du claviériste local, John Cleary, pour trois plages.

L’elpee s’ouvre par le titre maître. Une compo qui baigne dans le son Stax de Memphis, un style imaginé naguère par Booker T & The MGs. Jonni se charge évidemment des interventions à l'orgue Hammond B3, dispensant les parties de basse, à l’aide de ses pédales. Un fameux musicien ! Très musicale et pure, la voix de Schofield est assez proche de celle de Robben Ford. Parfaitement ficelé, "See me through" est un long slow blues traversé de spectaculaires envolées des cordes et tapissé de claviers. Soit l’orgue, of course, mais également le piano acoustique de Cleary. "At times we do forget" est certainement la piste qui symbolise le mieux le MSB. Du blues rock savamment teinté de funk. La mélodie est imparable. Orgue, guitare et percus se conjuguent parfaitement. En fait, on est en présence d’une reprise de Stevie Winwood, morceau qui figurait sur son album "Nine lives". Superbe ballade, "Dreaming of you" met en exergue le jeu rythmique de Schofield. Une approche technique qui n'est pas sans rappeler celle, si élégante, adoptée par Jimi Hendrix, sur "The wind cries for Mary". Excellent blues rock, le "Wrapped in love" d’Albert King est alimenté par une guitare très pêchue, particulièrement amplifiée. L’ombre du ‘Velvet Bulldozer’ plane tout au long de cette piste. Soutenu par Cleary au clavinet, "One look (and I'm hooked)" ouvre une parenthèse New Orleans funk. Imprimé sur un tempo enlevé, "Don't know what I'd do" est un remarquable morceau de blues, au cours duquel Matt se réserve un extraordinaire solo. Il synthétise des phrases de Freddie King pour se les réapproprier, avant de les adapter à son tempérament explosif. Et le titre final, "Share our smile again" est tout aussi brillant. Un excellent album!

mercredi, 27 juillet 2011 18:37

Thumb a ride

Big Daddy n'a pas encore atteint le demi-siècle. De couleur noire, ce musicien est originaire de la Caroline du Nord. C’est à l’église qu’il a appris à chanter, lors des offices dominicaux. Sa famille est pauvre. Lui aussi. Une situation qui le pousse à s’engager dans l'armée. Américaine, bien sûr. Il est envoyé en Allemagne où il y rencontre, sa future épouse. Une autochtone. Et c’est paradoxalement au pays de la choucroute qu’il découvre le blues! Tout particulièrement acoustique. Ce qui lui permet de mettre en évidence sa voix au timbre chaleureux, puissant, et aux accents soul indéniables. Egalement compositeur, il a publié plusieurs albums, en compagnie d’un groupe ou un duo. Et dans des styles très différents. Flanqué de Doc Fozz, il a gravé "Doin' it right", "Walk a mile with my shoes", "My day will come" et "Live". Les autres elpees ont été concoctés soit au sein des les Mississippi Grave Diggers ou de Real Deal, sous le nom de Wilson B. Thomas Ruf le remarque et le signe sur son label, pour lequel Big Daddy sort un premier long playing, en 2009, "Love is the key", un disque pour lequel il reçoit le concours d'Eric Bibb.

Ce dernier périple, il l’a baptisé "Thumb a ride". Et l’a accompli en imaginant ‘faire de l'auto-stop’, en compagnie de ses deux acolytes allemands, Jochen Bens et Michael van Merwyk, préposés aux cordes acoustiques. A eux trois, ils signent les treize chansons de cet elpee. Une œuvre intimiste, homogène, caractérisée par la pureté remarquable des cordes, cordes destinées à mettre en exergue la voix naturelle du Daddy.

Le disque s’ouvre par le titre maître. La voix est relayée par des cordes non amplifiées d'une guitare resonator et d'un dobro. "Baby don't like" élève le tempo. Enrichie de percussions, cette compo se signale par des répliques vocales entre deux partenaires. Ballade séduisante, "This is how I live" est découpée dans des cordes particulièrement limpides. D’une voix tendre, sensible, intimiste, Daddy s’épanche tout au long d’"Anny Mae". Un cri d’amour pour sa bien-aimée ! C’est cette conjugaison entre ses vocaux et les cordes qui crée la richesse des chansons. Des chansons qui libèrent une grande dose d’émotion. Et la triste complainte "It don't get no better" ainsi que "Who's dat knocking" en sont deux belles autres illustrations. Mais les mélodies peuvent également accrocher instantanément. A l’instar de "Cold is the wind" ou de "Drop down here", des plages bien rythmées, sans pour autant bouder le blues pur et conventionnel de "Way back yonder".