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La vision de l’art prônée par Superchunk…

Superchunk sortira son nouvel album, « Songs in the Key of Yikes », ce 22 août. En attendant, il a partagé le single, « Is It Making You Feel Something ». ‘Il a toujours été vrai que tout le monde traverse quelque chose dont on n'est pas forcément conscient’,…

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Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Two Culture Clash

Les compilations « clash » font rarement de bons disques. Rappel : il s’agit de procéder à la rencontre de deux styles qui a priori n’ont pas grand chose à voir, dans un souci le plus souvent mercantile. C’était notamment le cas pour la BO du film Spawn, qui organisait les noces de sang du metal et de l’electro. Résultat : des artistes qui se tirent dans les pattes et tirent la couverture, avec comme résultat un mix d’influences le plus souvent indigeste. Two Culture Clash opère la rencontre – déjà moins improbable – entre le reggae et l’électro. Au micro MCs et toasters de plus ou moins bonne réputation (Ms. Thing, Determine, Nadine Sutherland, Barrington Levy,…), et à la production quelques-uns des légionnaires de la cause BPM (Jon Carter, Roni Size, Kid 606, Mark Rae, Philippe Zdar de Cassius,…). Mention spéciale à City Hi-Fi et Bling Dawg pour leur techno-calypso qui frétille, et au dancehall baggy du West London Deep vs. Big Youth, le seul l’unique. Le reste navigue entre le ragga de mauvais goût (General Degree et Jacques Lu Cont des Rythmes Digitales, pour un « … And Dance » bien bourrin, à la Shabba Ranks) et le dub essoufflé (Horace Andy/Howie B : parfait duo dodo), bref encore une fois, c’est plus clinche que clash. A quand la compile country-folk versus grindcore ?
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Politics

Il faut se le farcir, le Tellier. Déjà son premier album s’avérait plutôt gonflant, malgré la hype, malgré Air (les patrons de son label), malgré sa gueule de Robinson shooté à la tisane. Ici, le bonhomme ose l’album concept : donner chapitre aux opprimés, aux Indiens, aux Africains. Ca s’appelle « Politics », et si c’est culotté, c’est aussi, musicalement, très laid. C’est bien que Tellier nous parle du sort peu enviable des Africains (« Wonderafrica »). Là où il a moins de mérite, c’est quand il décide de le chanter sur fond de pop eighties du plus mauvais goût, avec un accent ‘qu’on croirait presque didon didon que c’est notre ami Johnny Clegg !’ On ne parlera pas des cuivres pourris, du yoddle, de l’easy listening à la brésilienne, des références à Benny Hill, des synthés qui dégoulinent, des relents progressifs, des paroles débiles, ni de la seule chanson qui vaut la peine qu’on s’y attarde (« La Ritournelle », qu’il est facile de trouver jolie vu la laideur atterrante des autres titres). On dira donc juste que ce disque est horrible et d’un énième degré qu’on a du mal à cerner. Pourvu que Tellier ne se lance jamais dans la politique… (et surtout qu’il arrête de nous casse les c…).
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Hoboken

Drivé par une Français, ce trio batave lorgne dangereusement du côté des States (Low) et de l’Espagne (Migala) : c’est presque de l’europudding, sauf que ça n’a rien d’un navet, bien au contraire. En neuf chansons d’une mélancolie diffuse, Templo Diez piétine les plates-bandes des meilleures formations slowcore, sans croûtes de boue sur les semelles. Et même si les guitares empruntent parfois des routes plus balisées (« New Sun Rising », pop, et « Come On », à la Sparklehorse), c’est seulement pour éviter de trop tourner en rond… Templo Diez a du talent pour injecter des riffs éthérés et des voix sous Xanax dans chacun de ses morceaux, mais heureusement il n’en fait pas trop son fond de commerce. C’est qu’à force de toujours remuer la même potion (aussi magique soit-elle), on attrape vite le tournis. Pour éviter ce genre d’angoisse, mieux vaut espacer les écoutes d’« Hoboken » d’au moins 24 heures… A conseiller d’abord aux insomniaques et aux fragiles du cœur.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

If Just Today Were To Be My Entire Life

Que l’Anglais Matt Shaw ait signé sur une structure bordelaise en dit long sur les difficultés qu’éprouvent certains artistes pour se faire entendre. ‘Nul n’est prophète en son pays’, pourrait-on dire, sauf qu’on comprend mal pourquoi Matt Shaw ait dû traverser la manche pour sortir son disque… Un disque pourtant subtil et accrocheur, qui vaut bien ceux de Four Tet et du label Aesthetics, bref la crème de l’électro-folk et du post-rock le plus doux, deux genres nés sur les cendres encore chaudes du shoegazing et de My Bloody Valentine. Tex La Homa (une référence au bouquin de Coupland, « Generation X ») n’a donc rien de l’immigré forcé, le cul entre deux chaises et le regard perdu à l’horizon : sa musique ne perd jamais le nord, même si de légères bourrasques venues du grand large ont parfois tendance à nous donner la chair de poule. Mais c’est un sentiment magique : celui de croire qu’on est ailleurs, au calme, le temps de quelques chansons vaporeuses aux refrains célestes. Que Matt Shaw se rassure : s’il cherche un refuge, on sera toujours là pour l’accueillir. Le bonheur simple d’écouter ses chansons vaut bien qu’on lui prête notre maison.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Pretty Little Lightning Paw

Il s’agit de chutes de studio retravaillées par Efrim lors de l’enregistrement du dernier album de Silver Mount Zion il y a quelques mois : 4 morceaux où s’entremêlent guitares et cordes dans un maëlstrom bouillonnant, avec cette option déjà présente en filigrane sur l’album – des voix, celles d’Efrim et des autres membres du groupe, en un crescendo choral qui ouvre de nouvelles pistes quant à l’avenir du post-rock à la Constellation. C’est un grand changement pour ces adeptes du rock instrumental, qui font crier leurs manches et leurs archers mais jamais leurs cordes vocales. Perdues au beau milieu de ces secousses telluriques, elles n’ont pourtant rien du chant habituel : il s’agit plus de cris, de ululements, comme à l’état embryonnaire. Mais il s’agit bien d’une évolution dans le chef de ces fanatiques du riff qui monte, qui monte, puis se démonte. Il était temps : on commençait sérieusement à trouver le temps (d’écoute) plutôt long.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Eye Eye

Enumérer les artistes auxquels on pense à l’écoute de Timesbold nous prendrait des heures et serait surtout d’un ennui mortel. Et puis ce serait un peu facile de réduire le talent de Jason Merritt à d’éventuelles comparaisons (Will Oldham, Bob Dylan, Neil Young,…), alors que la musique qu’il nous offre avec son groupe Timesbold vaut bien plus que ce genre de crêpage de chignons. Parce que Timesbold, les amis, n’est pas un groupe country-folk de plus : c’est l’un des meilleurs d’aujourd’hui, point barre. Rarement avons-nous été confrontés, ces dernières années, à tant de génie mélodique : il suffit d’un seul titre, le premier (« Bone Song »), pour s’en convaincre… Timesbold est un groupe à part, porté par les souffrances d’un homme qui vit la musique comme une drogue (lire l’interview), sans laquelle il serait déjà fou, ou mort. Après un album solo sous le nom de Whip (une perle aussi), Jason Merritt remet les couverts en compagnie de son groupe. Parce que les démons qui le hantent pourront peut-être ainsi se voir apprivoisés. Ou peut-être pas. Car il règne à l’écoute de ce disque comme un malaise tenace : celui d’un homme qui n’en a pas fini de morfler, dont l’espoir est d’un jour voir la lumière, même si elle est au bout d’un tunnel. Pourtant, ce deuxième album de Timesbold n’est pas tout le temps plongé dans le noir d’une nuit sans fin : certains titres luisent d’un éclat presque pop (« Wings On A Girl »), voire d’une dynamique rock qui les projettent au plus beau firmament (« Bone Song »). Dans tous les cas l’on est frappé par leur puissance émotionnelle, qu’elle soit dépressive ou reflète quelque nuance d’espoir (l’un puis l’autre, comme dans la vie). Et même si Merritt « ne sait pas où il va ni où il est » (ses derniers mots avant le silence), on le suit corps et âme, sûr d’être en présence d’un songwriter unique, qui mérite bien sa place parmi les plus grands.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Hotel Morgen

C’est déjà le septième album du trio allemand To Rococo Rot, et c’est encore et toujours la même chose : de l’électronica profil bas, empruntant au krautrock ses rythmiques aquatiques, ses ambiances d’éprouvette. Les frères Lippok (Tarwater) et Stefan Schneider (Kreidler) ne s’embarrassent pas des remises en question, préférant creuser sans cesse le même trou… En prenant le risque d’y rester coincés, et d’y mourir asphyxiés. Ceux qui aiment To Rococo Rot trouveront sans doute ici leur bonheur. Ils pourront même, à leur plus grande surprise, s’essayer à la danse (« Opak » et ses beats eighties, « Miss You » et son humeur bossa)… A part ça, on se demande encore qui trouvera excitants ces 11 titres : ça manque un peu de peps, bref c’est un peu monochrome. La preuve : « To Rococo Rot » lu à l’envers, c’est chou vert et vert chou. Quoi qu’il arrive, écouter cet album (ou un autre) revient donc à tourner sur soi-même. Et ce genre de petit jeu donne vite mal au ventre.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Red & Green

Ce type est une légende du blues, à l’instar d’un Muddy Waters ou d’un Solomon Burke… Sauf qu’il vient du Mali, bref d’Afrique, terreau toujours fertile de cette musique qui prend aux tripes parce qu’elle parle de nous tous, depuis que la guitare existe. ‘Toute la musique que j’aime / Elle vient de là, elle vient du blues’, gueulait l’autre : et le blues vient de ces terres arides du continent noir, là où crèche Ali Farka Touré. Autrement dit : sa musique, c’est l’essence même de celles sur lesquelles aujourd’hui on pogote, des White Stripes aux Libertines. « Red » et « Green » incarnent à eux deux ce constat, et deux disques d’un coup c’est quand même mieux qu’un seul. Il s’agit en fait de rééditions, puisque « Red » et « Green » sont sortis respectivement en 1982 et 1988, mais n’avaient plus jamais été pressés en cds depuis lors. Et là, c’est la claque : le son est d’une limpidité renversante, au service d’un songwriting à l’impact universel. Il ne faut pas aimer le blues pour aimer ces deux disques, parce qu’ils offrent une musique au-delà des étiquettes, vierge de tout formatage, libre comme l’air et belle comme une naissance. Une guitare, une voix, quelques rythmes : c’est suffisant pour nous donner la chair de poule, comme si se jouait à nos oreilles la Création de ce qu’on entend tous les jours sans plus se poser de questions. Tribal et poétique, originel et essentiel : laissez-vous guider par ce roi mage, car au bout de ses six cordes se trouve la clé de tout un monde, le nôtre, celui pour/par qui ce site existe. Alillujah !
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Express Way

Il y a trois ans sortait « Doubts and Convictions », le premier album de ce trio (maintenant duo) marseillais, un mix juteux de soul seventies, d’ambiances blaxploitation et de travellings en Cinémascope. Aujourd’hui signés sur le mythique label de jazz Blue Note, les Troublemakers passent à la vitesse supérieure et ressuscitent les fantômes de Gainsbourg, Schifrin, Marvin Gaye et Curtis Mayfield. « Express Way » s’écoute ainsi comme la bande-son parfaite d’un film imaginaire… qu’on peut d’ailleurs voir sur le DVD offert en bonus. Mais l’album se suffit amplement à lui-même, en faisant naître à chaque écoute un nouvel univers qui rappelle Melville et Melvin Van Peebles. « Express Way », malgré quelques longueurs, surprendra qui croit encore que Blue Note est de l’histoire ancienne. Car aujourd’hui, c’est aux confins de l’électro et du hip hop que le jazz se ressource (Cinematic Orchestra, Madlib, Four Tet, Bugge Wesseltoft,…) : « Express Way » brasse ainsi tous les genres pour mieux leur faire honneur, en évitant de trop leur ressembler. Une belle manière de s’exprimer sans tomber dans le cérémoniel, et de prouver que le jazz en 2004, ce n’est pas forcément des types aux cheveux gris qui jouent en costume au Palais des Beaux-Arts. « Everyday is just an extension of yesterday » : hier Miles Davis et Stevie Wonder, aujourd’hui les Troublemakers ? C’est une manière de voir, même si elle est encore réductrice. Pour une fois, laissons donc parler la musique.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Year Zero

« Year Zero », comme s’il était temps pour Stuart McMillan et Orde Meikle de remettre les pendules de leur label (Soma) à l’heure, en perte de vitesse depuis l’hégémonie allemande (Bpitch, Playhouse, Gigolos, Gomma, Kompakt,…). Le problème, c’est que le duo prétend prendre des risques, mais nous ressert un « Alien Radio »… en moins bien. Les mêmes invités (Dot Allison, Tyrone Palmer), la même tambouille électro,… Mais sans la rage des débuts (ce « Positive Education » d’auguste mémoire). Les deux Anglais ont vieilli, veulent faire des « chansons » (l’horripilant « Lie To Me » qui implique Ann Saunderson d’Inner City) et rendre hommage aux genres ‘non electro’ qui les ont influencés (du funk de Prince à la soul de Detroit). Bonne idée… Mais c’est encore et toujours sur le dance-floor qu’ils continueront à vraiment nous convaincre (« Human », « Known Pleasures »). Le beat est mort ? Vive le beat !
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