La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de…

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Paddang à la poursuite des fantômes…

Paddang est un trio de rock psyché formé en 2020 à Toulouse. Osees et King Crimson à fond dans lʼautoradio et un nom de groupe inspiré d'un spot de surf en Indonésie, Paddang file à toute berzingue dans une épopée cosmique. Les trois voix dictent le ton et…

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Concerts

The Valerie Solanas

Manifeste d'avant-garde...

Qui est Valerie Solanas? Valerie Solanas était une féministe radicale devenue célèbre par son pamphlet ‘SCUM Manifesto’ et sa tentative maladroite d’assassinat sur Andy Warhol. Solanas reprochait à Warhol d'avoir perdu un de ses scripts, intitulé "Up Your Ass" (NDR : ça ne s'invente pas !). Donc, le 3 juin 1968, Solanas se rend dans le hall de la Factory, à New-York, et tire trois coups de pistolet en direction de la victime. Les deux premiers manquent leur cible, mais la troisième balle lui transperce le poumon, la rate, l'estomac, le foie et l'œsophage. Warhol s'en tire de justesse, mais il ne récupérera jamais vraiment et devra porter un corset jusqu'à la fin de ses jours.

Ironie du sort : plus de trente ans après sa disparition, le manuscrit a été retrouvé au fond d'un coffre rempli d'équipement d'éclairage. La première de la pièce s’est déroulée en 2 000, à San Francisco, à quelques blocs seulement de l'hôtel Bristol où Solanas est décédée d'une pneumonie, en 1988.

Une histoire hallucinante, surréaliste, qui convient très bien au style de The Valerie Solanas, une formation issue d'Anvers, qui présentait son nouvel opus, "Amazon", au Beurschouwburg, à Bruxelles. Le quatuor emmené par le vocaliste et flûtiste Michaël Brijs propose une musique aventureuse qui combine des éléments de jazz et de blues au son brut du postpunk, surtout la poésie parlée (‘spoken word’) de Jello Biafra, ex-Dead Kennedys. Une saveur unique est ajoutée par le trait saillant de la flûte, qui rappelle bien sûr Jethro Tull.

Sur scène, Michaël Brijs affiche une présence imposante. Le costume de dandy et la barbe sont noirs de jais et le débit vocal, maîtrisé. La basse de Filip Vandebril est ronde et vrombissante. Ajoutez-y les harmonies étranges de Tom Tiestla à la guitare et aux synthés ainsi que les rythmiques complexes de Dmonkey Van Remoortere, et vous obtenez un objet musical très étrange.

Pendant les premiers titres du nouvel opus, par exemple "Psycho Therapy", on se surprend à penser au Doors, à Captain Beefheart, à Kurt Weil ou encore Nick Cave. Au fond de la scène, un artiste, sans doute Bert Lezy, qui dessine les pochettes du combo, improvise la création d'une oeuvre de peinture à l'eau sur la toile blanche où sont projetées des vidéos. L'ambiance fait très Beat Generation et le fantôme de Jack Kerouac flotte au-dessus des têtes. Pendant le très dansant "Valis", le public est emporté par le refrain "Everybody Dance!". Un reprise de Serge Gainsbourg et, sans avoir pris de substances, on entrevoit aussi ‘des éléphants roses, des araignées sur le plastron de son smoking et des chauves-souris au plafond’...

Brijs se fend également d'une citation de William Blake, tirée de "The Marriage of Heaven and Hell". Je ne résiste pas à l'envie de vous la livrer:

"Prisons are built with stones of Law,
Brothels with bricks of Religion.
The pride of the peacock is the glory of God.
The lust of the goat is the bounty of God.
The wrath of the lion is the wisdom of God.
The nakedness of woman is the work of God."

Brijs invite ensuite la chanteuse Lien De Greef à le rejoindre sur la scène pour le titre "Lovers In A War Zone", un joli duo de crooners post-modernistes. Le combo clôture son set par le morceau caché d'Amazon, "Strange Goings-On", aux accents bluesy très Zeppeliniens (la descente de basse de "Dazed And Confused").

Au final, un spectacle étonnant, baigné dans un weltschmertz urbain, une poésie beat. Un joli manifeste d'avant-garde...

La première partie, Kras en Bijvoet, réunissait Hadewig Kras, la chanteuse/bassiste d'origine néerlandaise mais vivant à Anvers et Jan Bijvoet, guitariste et comédien. Les deux artistes sont, semble-t-il, assez connus dans le Nord du pays. Leur musique, déroutante, est un mélange entre le post punk expérimental d'Einstürzende Neubauten (le chanteur Blixa Bargeld a d'ailleurs produit un des disques de Kras) et le 'spoken word' de Lydia Lunch.

(Organisation : Beurschouwburg)

 

Traams

Parfaitement sur rails…

Écrit par

Il y avait un bout de temps que le Botanique n’avait plus programmé de formation aussi énergique. Si mes souvenirs sont bons, il s’agissait de Metz, qui s’était produit fin 2013. Traams nous vient tout droit de Chichester (NDR : c’est dans le Nord de l’Angleterre) et vient de publier son premier album. Intitulé « Grin », il a recueilli de bonnes critiques dans la plupart des medias alternatifs. Leur style ? Un mélange de post punk et de garage. Attention, même s’il s’arrêtait ce jeudi soir à la Rotonde du Botanique, il ne s’agissait pas du 92 ou du 94, mais bien d’un Traams on ne peut plus insulaire. Et si la rame était bien remplie, elle aurait pu encore accueillir quelques passagers supplémentaires.

Dès 20h15, on entre dans le vif du sujet. Pas de première partie. Traams campe un trio. Soit Stu Hopkins au chant et à la guitare, Leigh Padley à la basse ainsi qu’Adam Stock aux drums. Et il va nous dispenser un set épuré. A l’ancienne, si vous préférez. Sans artifice ou tape-à-l’œil. Au début du trajet, on a l’impression que le band est un peu perdu sur les voies ; mais rapidement le gratteur (NDR : plus que probablement le leader du groupe), va les arpenter de long en large, en ferraillant son instrument pour en extraire des sonorités puissantes, généreuses en décibels (NDR : bonjour les tympans !) Le concert est alors parfaitement sur rails ! L’énergie est constamment palpable, même si les compos oscillent entre titres sculptés dans le punk-rock mélodique (« Flowers ») et longues plages, plus élaborées, hypnotiques (« Klaus »), à la limite expérimentales. Les Anglais n’en oublient pas de remercier le public, entre les morceaux. Enfin, c’est du moins ce qu’on imagine, car comme ils s’expriment avec un accent à couper au couteau, on ne comprend pas grand-chose de ce qu’ils racontent. Vers 21h00, ils abandonnent une première fois la scène avant de revenir pour conclure ce sympathique concert par trois autres compos.  

Après avoir gravé un excellent premier elpee, le band a démontré qu’il était capable de transporter son potentiel en ‘live’. Bref, un bon concert pour entamer l’année 2014 de la meilleure des manières…

Setlist

Sleep
Low
Grin
Demons
Swimming pool
Head Roll
Fibbist
Loose
Flowers
Klaus

Mexico
Jack
Dog

Dub Inc.

Dub etc.

Écrit par

Quinze ans que Dub Inc. parcourt les routes des tournées. C'est dire si le show des Français est bien rôdé. Professionnel, c'est le mot qui vient en premier pour qualifier le concert de ce mercredi. Tellement pro que notre photographe n’a eu droit qu’à prendre 4 clichés sans flash. Le groupe veut apparemment contrôler son image. Mais pro aussi parce que les Stéphanois ont donné au public ce qu'il était venu chercher : un concert sans temps mort où il a pu amplement participer. De dub, il n'en a été question que lors du premier rappel, le reste se résume à un condensé de musiques urbaines, entre rock, hip-hop, reggae et raggamufin, le tout teinté d’une petite pointe de raï due aux inflexions arabisante du chant de Hakim Meridja.

Le concert débute par un de leurs tubes. ‘Tout ce qu'ils veulent, c'est une claque dans la gueule’ scandent à l’unisson les deux MC sur de gros riffs de guitare. Le ton est lancé, les bras sont déjà levés. Les 350 personnes qui ont pu s'offrir un ticket, malgré le prix rédhibitoire (le cachet est, paraît-il, particulièrement élevé), sont déjà conquis. Un public, plutôt jeune, qui reprend souvent les paroles en choeur et ne se fait pas prier pour balancer les bras, lever le poing, ‘jumper’ ou hurler à l'incitation du collectif.

Les Français vont proposer une sorte de ‘best-of’ et iront donc généreusement puiser dans les anciens albums. Le deuxième track "Monnaie" figure par exemple sur "Dans le décor" qui date déjà de 2005. Et le set continue dans la veine raggamuffin par "Dos à dos", extrait de "Hors contrôle" (2010) puis enfin, ils abordent le nouvel elpee, "Paradise", en attaquant "A chaque nouvelle page". La température monte encore lorsque Dub Incorporation entame "Métissage" et devient torride sur "Bang bang". Petit intermède musette tout au long d’"Il faut qu'on ose", caractérisé par son accordéon de bal populaire avant que le collectif stéphanois se lance dans un freestyle final. Le rappel est l'occasion d'une ‘battle’ géante entre les parties droite et gauche du public. C'est bon enfant et la foule est ravie. Le show se termine par un jump collectif sur "It sounds good".

Il m'a été difficile de m'emballer sur cette musique, que j'écoute peu, et possède ses propres codes. Certains passages du set m’ont paru assez ‘cliché’, comme j'imagine un rasta peut considérer un rien too much certains comportements de rockeurs ou de technophiles. Mais ce n'était pas votre serviteur qui devait être convaincu et un petit sondage au sortir de la salle m'a permis de constater à quel point les fans étaient ravis. Les yeux rougis par la fumée de Jah, des centaines de créatures à bonnets sortent de la caserne, réjouies d'avoir vu leurs idoles, pendant que les Dub Inc. posent en compagnie de certains aficionados devant leur stand de merchandising qui tourne à plein régime...

(Organisation : les Ardentes)

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Indochine

Direction Paradize !

Écrit par

Le Zénith Arena de Lille était bien trop petit, le week-end dernier, pour accueillir les fans d’une bande de jeunots comptant cinquante balais passés qui composent LE groupe rock/pop français par excellence, Indochine. Formation portée sur les fonts baptismaux, début des eighties, par les frères Sirkis, le band a collectionné les triomphes et trusté les récompenses en tous genres, au cours de leurs trente années d’existence. Il y a maintenant plus de deux lustres que Nicolas est seul à la barre de ce paquebot des ondes et ce, depuis le départ bien involontaire de son frangin Stéphane. Depuis qu’un single virevoltant a chanté la gloire d’un héros de roman à deux sous, Bob Morane, ce cargo transporte des containers entiers de hits, voguant  sur les eaux multicolores de la musique pop et emmenant dans son sillage des générations de passagers. Ce soir, ils sont tous là, les enfants (parfois très jeunes), leurs grands frères ou grandes sœurs et même leurs parents. Faut dire que depuis 1981, les fans de la première heure ont enfanté à leur tour des petits fans et c’est donc en quelque sorte à une grande réunion de famille qu’on assiste quand Indochine se produit sur les planches.
Ce soir, ils sont plus de sept mille à avoir fait le pied de grue, des heures durant parfois, afin de chanter, danser, faire la fête en compagnie de leurs idoles. Mais les déçus sont encore bien plus nombreux. Dix fois, quinze fois même le Zénith aurait pu afficher complet tant la demande était incroyable. Un succès qui ne se dément pas malgré les années qui passent. Incroyable ! Qu’est-ce qui nous attend en 2020 ?
Dès la sortie du dernier opus, « Black City Parade », Indochine gratifiait ses fans d’une tournée. Las, celle-ci se déroulait dans des salles où n’entraient à tout casser que 2 000 aficionados. Les veinards laissaient derrière eux un monstrueux cortège de mécontents, déçus et désabusés. Et c’est peu dire. Heureusement, Nicolas avait promis que cette ‘mini-tournée’ serait suivie d’une autre aux dimensions bien supérieures. Ouf !
Le Zénith de Lille qui avait vendu les 14 000 places en moins d’un quart d’heure affichait donc plus que complet pour ce week-end festif (6 décembre : St Nicolas !)…

Pour l’anecdote, c’est Airbag One qui est chargé de chauffer le public. Mission difficile, voire impossible pour ce trio qui tente malgré de très mauvaises conditions sonores de se faire connaître. La foule n’en a cure et n’a d’yeux et d’oreilles que pour les vieux de la vieille. Allez ouste les jeunes !!! Nicolas ! Nicolas ! Nicolas ! vitupèrent des milliers de gorges déployées.

Quelques minutes pour débarrasser définitivement le plancher et… obscurité totale…

Les prémices de « Black City Parade » retentissent à peine que la foule se soulève comme un seul homme et dégage illico une énergie insoupçonnée (?). Des dizaines de bâtons d’encens plantés sur le pourtour du podium et un jeu de lumières principalement axé sur le rouge et le blanc donnent le ton : en route pour un voyage planant tout en couleurs… « Traffic Girl » qui suit la plage inaugurale submerge la fosse de confettis, ce qui rend encore l’ambiance plus chaleureuse et festive. Tout le monde hurle, tout le monde chante, tout le monde danse. Délire total, paradis pour tous ! La bonne humeur est de mise et ne quittera plus l’auditoire durant les deux heures trente de concert. « Belfast », troisième titre consécutif du dernier elpee, démontre qu’Indochine n’a rien perdu de sa valeur au fil des siècles (ben oui, ils ont débuté au XXème !)

« Kissing my Song » et « Salome » déclenchent la machine à remonter le temps. A priori, seuls les plus anciens sembleraient à même de fredonner des vieux airs. Que nenni ! Les gamin(e)s d’à peine 8/10 ans s’en donnent à cœur joie, démontrant à qui l’ignore que la mémoire ne se travaille pas (seulement) à l’école… mais surtout dans l’affectif. Nicolas joue l’alternance pour la grosse demi-heure suivante, enchaînant le récent et le moins récent, « Memoria », « Little Dolls », « Miss Paramount », un fantastique « Wuppertal », superbement mis en images grâce à un écran géant contournant le public subjugué par le pas de danse d’Alice Renavand, le magique « J’ai demandé à la lune ». Puis un « Tes yeux noirs » de derrière les fagots donne le tournis et des crampes aux plus âgés dont je suis. Mais ce soir, rien ne pourrait arrêter cette folie contagieuse, même pas quelques courbatures.

Pour calmer un peu le jeu, Nicolas se la joue défenseur des opprimés, des discriminés en attaquant le très controversé « College Boy » et son clip honni par les médias du monde (francophone) entier. Pour l’occasion, les ballons blancs style marche de la même couleur font leur apparition et le message passe beaucoup mieux.

Trois minutes de calme, de réflexion et c’est reparti ! « Alice and June » n’ont aucune pitié de mes vieilles articulations qui vont sans aucun doute rendre l’âme sur les mesures d’un medley de la meilleure veine. « Canary Bay », « Des fleurs pour Salinger », « Paradize », « Play boy », « 3ème sexe » s’entremêlent, s’entrechoquent pour achever ceux qui résistent encore. Le coup de massue viendra lors du super hype « Trois nuits par semaine » balancé juste après une « Maryline » vieille de dix ans.

Heureusement, Nicolas a pitié de votre serviteur (des autres aussi) ! Seul au piano, il entame la séquence ‘émotion’ en chantant « The Lovers », en hommage aux victimes des Philippines et à Nelson Mandela, décédé la veille.

« Le manoir » et surtout « A l’assaut » emboîtent le pas à ce relatif moment de douceur. Ils sont un peu dépoussiérés pour l’occasion ; et à cet instant, j’en vois quelques-uns qui hésitent sur les paroles car ils ne connaissent pas cette dernière. L’honneur est sauf…

Enfin, non mais des fois, vont pas tout nous bouffer ces gamins hein… Déjà qu’ils étaient pas nés pour les trois quarts du répertoire, faut quand même pas rigoler !

Par contre, « L’aventurier », tout le monde connaît, même ceux qui sont encore dans le ventre de leurs mères présentes ce soir. Dingue ce groupe ! C’est bien sûr l’heure de finir en beauté. Place donc aux feux d’artifice et au lâcher de ballons dans le public. Le père Sirkis y va de quelques shoots bien calibrés et s’amuse lui aussi comme un gosse (qu’il est toujours, soit dit en passant).

L’arrêt cardiaque nous guette, il est temps que cette soirée de folie s’arrête. Mais la mort est si douce lorsqu’elle est librement consentie !

Allons-y donc pour deux rappels. « Le fond de l’air est rouge » annonce la fin d’une soirée mémorable, pleine d’une intensité plus que palpable, sans temps mort et sans aucune lassitude ressentie. Quelle forme, quelle énergie !

‘Je pars, je n’reviendrai jamais…’ seront les derniers mots chantés ce soir, « Pink Water 3 » mettant un point final à deux heures trente de plaisir, d’euphorie, de folie.

Chapeau ! Rideau ! Dodo !

(Organisation Vérone Productions)

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Wooden Shjips

Hallucinations collectives

Écrit par

C'est une salle Rogier pleine à craquer et surchauffée qui attendait Cosmic Dead et surtout Wooden Shjips. Des conditions plutôt limites pour apprécier pleinement deux concerts qui ont pourtant fait l'unanimité. Collé contre le mur du fond dans une posture pour le moins inconfortable, votre serviteur a essayé de faire abstraction de cette atmosphère viciée et éprouvante et de se concentrer tant bien que mal sur les prestations des deux groupes. Première constatation, ce genre de rock psychédélique n'attire pas les jeunes générations. La salle est peuplée majoritairement de quadragénaires pas vraiment remuants. Il est vrai qu'il n'y a guère de place pour remuer.

Le son, lui, est plutôt convenable et heureusement car le tourbillon noise des Cosmic Dead aurait bien du mal à passer sur du matériel de fortune.

Les Ecossais démarrent leur set par une lente progression noise. On est directement noyé sous les effets psyché. Ceux qui pensent que la musique est aussi faite de silences peuvent s'en aller. Il n'y aura pas un instant de répit. Hypnotiques et grinçantes, les couches sonores s'empilent. Après cet amuse-gueule d'une dizaine de minutes, Cosmic Dead entame un deuxième et... dernier morceau qui va durer plus de 20 minutes. Trop court me direz-vous. Pas vraiment. Il n'aurait pas fallu que la performance se prolonge tant elle est violente, voire harassante. C'est d'ailleurs l'avis général à l'issue du concert : une grosse claque qui aurait sans doute lassé si elle s’était prolongée. Car au cours de la deuxième partie les citoyens de Glasgow vont durcir le ton. La batterie est plus présente, les sonorités du synthé plus agressives et les musiciens rentrent dans une transe spectaculaire balançant leurs têtes chevelues comme des damnés. Au milieu de ce magma sonore on se régale de rencontrer une partie plus space-rock tribale qui ressemble de loin à Ozric Tentacles (en bien plus noise quand même). On pense aussi aux moments les plus paroxystiques de Can même si le groupe joue plus sur l'énergie que sur la technicité. Les Cosmic Dead ne sont en effet pas des virtuoses. Il y a même deux, trois moments où l'un ou l'autre membre perd un peu le fil conducteur, mais sans conséquence, puisque tout est dans l'excès. Le concert se clôture par une suspension des guitares aux armatures métalliques des lumières, ultime hommage au Dieu noise.

Un concert des Cosmic Dead est une expérience. Si ces atmosphères étouffantes mais stimulantes vous chatouillent l'occiput, sachez qu'ils reviendront dans notre pays le 19 décembre à l'Escalier de Liège en compagnie des excellents Naam.

Après une pause clope face au vent glacial qui contraste assez violemment avec la fournaise de la salle, il est temps de retrouver nos hippies de l'espace.

La posture des Wooden Shjips contraste avec leurs prédécesseurs. Autant les Cosmic Dead se contorsionnent sur les planches, autant les Californiens économisent leurs mouvements. La différence d'âge peut-être, une philosophie plus ‘peace’ certainement. Car si Omar Ahsanuddin se déchaîne sur sa batterie, les trois autres font l'apologie du statisme. Seul Ripley Johnson se balance de temps en temps lorsqu'il se fend d'un solo. Dusty Jermier, sorte de dandy hippie, tient sa basse de manière raffinée, le manche levé comme un gitan alors que Nash Whalen semble planté au milieu du podium, le regard dans le vague. Economie de geste mais pas d'énergie. Le groupe propose une version musclée de son nouvel et excellent album "Back To Land". Les morceaux les plus rythmés comme "Other Stars", "In The Roses" ou "Ghouls" sont parfaitement taillés pour la scène. Nous sommes à bord d'une diligence lancée à toute vitesse sur les plaines de l'Ouest. Une cavalcade où se chevauchent guitares aériennes, batterie métronomique et orgue lunaire. De quoi regretter de ne pas avoir plus d'espace pour se dandiner. On apprécie aussi beaucoup la basse caoutchouteuse de "Ruins". Et le groupe n'oublie pas de se replonger dans le précédent et déjà culte elpee "West", épinglant notamment les formidables "Lazy Bones" et "Flight". Le tout est soutenu de visuels fatalement psychédéliques qui se baladent sur les murs ; et ces formes ondulatoires participent parfaitement à l'hypnose qui s'installe progressivement. Alternance d'envolées électriques et de passages plus méditatifs (peut-être un rien trop longs vu les conditions), ce set a réussi à nous emporter dans une sorte d'hallucination collective. Bien moins kraut que Moon Duo, l'autre projet de Ripley Johnson, moins mélodique aussi, les Wooden Shjips nous ont prouvé qu'ils incarnaient bien les tauliers du psychédélisme des années 2010. Et si l'interaction entre le public et le band était quasi nulle durant le concert, ce dernier semblant totalement absorbé par sa musique, comme sur une autre planète, il n'en a pas été de même après le concert. Souriants et décontractés, les chamans californiens resteront en effet de longues minutes à taper la causette en compagnie de leurs fans.

On espère qu'ils ne mettront pas trop de temps à revenir dans nos contrées et si possible, dans une salle un peu plus confortable.

Autumn Falls

(Organisation Toutpartout + Heartbreak Tunes)

 

The Cosmic Dead

Surconsommation d’énergie cosmique…

Écrit par

C'est une salle Rogier pleine à craquer et surchauffée qui attendait Cosmic Dead et surtout Wooden Shjips. Des conditions plutôt limites pour apprécier pleinement deux concerts qui ont pourtant fait l'unanimité. Collé contre le mur du fond dans une posture pour le moins inconfortable, votre serviteur a essayé de faire abstraction de cette atmosphère viciée et éprouvante et de se concentrer tant bien que mal sur les prestations des deux groupes. Première constatation, ce genre de rock psychédélique n'attire pas les jeunes générations. La salle est peuplée majoritairement de quadragénaires pas vraiment remuants. Il est vrai qu'il n'y a guère de place pour remuer.

Le son, lui, est plutôt convenable et heureusement car le tourbillon noise des Cosmic Dead aurait bien du mal à passer sur du matériel de fortune.

Les Ecossais démarrent leur set par une lente progression noise. On est directement noyé sous les effets psyché. Ceux qui pensent que la musique est aussi faite de silences peuvent s'en aller. Il n'y aura pas un instant de répit. Hypnotiques et grinçantes, les couches sonores s'empilent. Après cet amuse-gueule d'une dizaine de minutes, Cosmic Dead entame un deuxième et... dernier morceau qui va durer plus de 20 minutes. Trop court me direz-vous. Pas vraiment. Il n'aurait pas fallu que la performance se prolonge tant elle est violente, voire harassante. C'est d'ailleurs l'avis général à l'issue du concert : une grosse claque qui aurait sans doute lassé si elle s’était prolongée. Car au cours de la deuxième partie les citoyens de Glasgow vont durcir le ton. La batterie est plus présente, les sonorités du synthé plus agressives et les musiciens rentrent dans une transe spectaculaire balançant leurs têtes chevelues comme des damnés. Au milieu de ce magma sonore on se régale de rencontrer une partie plus space-rock tribale qui ressemble de loin à Ozric Tentacles (en bien plus noise quand même). On pense aussi aux moments les plus paroxystiques de Can même si le groupe joue plus sur l'énergie que sur la technicité. Les Cosmic Dead ne sont en effet pas des virtuoses. Il y a même deux, trois moments où l'un ou l'autre membre perd un peu le fil conducteur, mais sans conséquence, puisque tout est dans l'excès. Le concert se clôture par une suspension des guitares aux armatures métalliques des lumières, ultime hommage au Dieu noise.

Un concert des Cosmic Dead est une expérience. Si ces atmosphères étouffantes mais stimulantes vous chatouillent l'occiput, sachez qu'ils reviendront dans notre pays le 19 décembre à l'Escalier de Liège en compagnie des excellents Naam.

Après une pause clope face au vent glacial qui contraste assez violemment avec la fournaise de la salle, il est temps de retrouver nos hippies de l'espace.

La posture des Wooden Shjips contraste avec leurs prédécesseurs. Autant les Cosmic Dead se contorsionnent sur les planches, autant les Californiens économisent leurs mouvements. La différence d'âge peut-être, une philosophie plus ‘peace’ certainement. Car si Omar Ahsanuddin se déchaîne sur sa batterie, les trois autres font l'apologie du statisme. Seul Ripley Johnson se balance de temps en temps lorsqu'il se fend d'un solo. Dusty Jermier, sorte de dandy hippie, tient sa basse de manière raffinée, le manche levé comme un gitan alors que Nash Whalen semble planté au milieu du podium, le regard dans le vague. Economie de geste mais pas d'énergie. Le groupe propose une version musclée de son nouvel et excellent album "Back To Land". Les morceaux les plus rythmés comme "Other Stars", "In The Roses" ou "Ghouls" sont parfaitement taillés pour la scène. Nous sommes à bord d'une diligence lancée à toute vitesse sur les plaines de l'Ouest. Une cavalcade où se chevauchent guitares aériennes, batterie métronomique et orgue lunaire. De quoi regretter de ne pas avoir plus d'espace pour se dandiner. On apprécie aussi beaucoup la basse caoutchouteuse de "Ruins". Et le groupe n'oublie pas de se replonger dans le précédent et déjà culte elpee "West", épinglant notamment les formidables "Lazy Bones" et "Flight". Le tout est soutenu de visuels fatalement psychédéliques qui se baladent sur les murs ; et ces formes ondulatoires participent parfaitement à l'hypnose qui s'installe progressivement. Alternance d'envolées électriques et de passages plus méditatifs (peut-être un rien trop longs vu les conditions), ce set a réussi à nous emporter dans une sorte d'hallucination collective. Bien moins kraut que Moon Duo, l'autre projet de Ripley Johnson, moins mélodique aussi, les Wooden Shjips nous ont prouvé qu'ils incarnaient bien les tauliers du psychédélisme des années 2010. Et si l'interaction entre le public et le band était quasi nulle durant le concert, ce dernier semblant totalement absorbé par sa musique, comme sur une autre planète, il n'en a pas été de même après le concert. Souriants et décontractés, les chamans californiens resteront en effet de longues minutes à taper la causette en compagnie de leurs fans.

On espère qu'ils ne mettront pas trop de temps à revenir dans nos contrées et si possible, dans une salle un peu plus confortable.

Autumn Falls

(Organisation Toutpartout + Heartbreak Tunes)

 

Girls Against Boys

Coup de barre…

Écrit par

Non, non, vous ne rêvez pas : Girls Against Boys existe encore et nous revient, après 11 ans de mutisme ; il a même sorti un Ep 5 titres. Intitulé « Ghost List », il est disponible sur le site de téléchargement légal Epitonic. Une bonne occasion pour le quatuor noise-rock américain de rejoindre la longue liste des groupes ‘dinosaures’ sortis de leur longue retraite pour nous rebalancer leurs vieux tubes assaisonnés et relevés de quelques ‘nouveautés’. Par nouveautés, vous entendrez, bien évidemment, nouveaux morceaux et non révolution sonique et structurelle.
Une légère parenthèse (certainement lucrative) pour Scott McCloud dans son projet personnel « Paramount Styles » et une démarche sans prise de risque pour le leader du band. Car cette formule continue de réunir une masse considérable de nostalgiques venus écouter une musique familière, celle qu’ils connaissent et aiment déjà. Bref, il ne fallait pas s’attendre à de grandes surprises ou de grandes révolutions sonores ce jeudi soir à l’Atelier 210 lors du set livré par GVSB face à un public d’amateurs conquis d’avance.

En effet, alors qu’une tempête sévère s’abat sur la capitale, le public ne se prive pourtant pas de venir physiquement et chaleureusement remplir le parterre du 210 pour s’agiter sur les tubes décennaux du groupe de Washington. Un quatuor identique à l’original, chant/guitare, 2 basses (plus un clavier additionnel pour Johnny Temple) et une batterie.                                                      

Une setlist généreuse de 12 morceaux (+ 2 rappels) qui va déballer rapidement sa discographie classique, réchauffer la salle dès le deuxième titre « Super-Fire », et confirmer ces excellentes dispositions par « Cash Machine » ainsi que le toujours très énergique « Bulletproof Cupid », excité d’un clavier plutôt furieux.
 

Pourtant, l’intensité baisse assez rapidement. La voix grave, fatiguée de Scott McCloud devient progressivement monotone et glace l’auditoire d’une certaine lassitude. Un band en crise de fatigue ? Un son parfois hasardeux et étouffé ? Soit. Un concert en perte de vitesse et d’énergie pendant son voyage sonore. Soulignons que GVSB enfile les concerts sur une longue durée et ne peut humainement garder un dynamisme perpétuel et au beau fixe. Avant-hier, excellent dans la mythique salle Electric Ballroom de Londres ; hier, au 4AD de Diksmuide et demain à Zagreb. Ce soir, il faut l’avouer, il manque parfois de mordant.

Néanmoins, le band relève la tête en fin de parcours lors de l’efficace « Diamond Life » issu de son dernier Ep. Et jette un dernier coup de nerf sur le très bon « Kill The Sex Player ». Dernier effort enfin destiné aux aficionados, l’inévitable « She Lost Control » de Joy Division et « Rockets Are Red », morceau vieux de plus de 20 ans, en rappel.

Un retour inattendu de Girls Against Boys, sans grand éclat, plutôt réservé aux fans de la première heure. 

Autumn Falls

(Organisation Atelier 210 + Toutpartout) 

 

Ty Segall

Le cul entre deux chaises…

Écrit par

Soirée garage ce 4 décembre 2013 au Vk* de Bruxelles, puisque se produisent, dans le cadre de l’Autumn Falls, Mountain Bike, Night Beats, White Fence et Ty Segall. Sachant que les hostilités commencent à 19h45, Ludo et votre serviteur décident de prendre la route suffisamment tôt. Pas de souci, on débarque à Molenbeek, vers 19h20. Mais fâcheux contretemps, trouver une place de parking est une véritable galère. Après avoir sillonné les artères en long et en large, on déniche finalement un emplacement, chaussée de Mons. Un peu de marche, et il est 20h10, quand on pénètre au sein du Vaartkapoen…

Malheureusement, vu l’heure d’arrivée, on n’a pu assister au concert de la formation belge Mountain Bike. Alors place à Night Beats. Un trio établi à Seattle qui a publié son deuxième elpee cette année, « Sonic Bloom ». Référence à Sonic Boom, pseudo de Peter Kember, le cofondateur de Spacemen 3 ? Probablement. Mais dans les grandes lignes, car si le band puise son inspiration dans le psyché garage, il lorgne surtout vers The 13th Floor Elevators. Encore que les sonorités de guitare me font parfois penser au groupe insulaire Gun, un combo qui avait gravé un hit en 1968, « Race with the devil ». Les trois musicos portent des cheveux longs comme à cette époque. Et fatalement, leur musique trempe dans le revivalisme de cet acabit. Les moments les plus mélodiques sont vraiment bien ficelés et la basse peut se révéler hypnotique. Le drummer frappe comme un malade ; si bien que régulièrement un roadie doit venir remettre son matos en place, parce qu’il se disloque. Malheureusement, les envolées acides manquent quand même de fil conducteur et on se demande parfois où elles veulent nous conduire. Paraît que sur disque, le trio offre un visage plus séduisant. Bref, s’il a manifestement du potentiel, il doit encore bosser pour vraiment s’imposer dans le circuit.

White Fence, c’est le projet de Tim Presley. On raconte qu’il serait issu de la famille du King. C’est à vérifier. Une chose est sûre, il est aussi prolifique que Ty Segall. Les deux artistes sont d’ailleurs très amis et ont enregistré ensemble un album, « Hair », l’an dernier. Depuis 2010, il a d’ailleurs publié six elpees, sans compter les Eps et les collaborations diverses. Sur les planches, il est soutenu par un bassiste coiffé d’une casquette de marin, d’un drummer et d’un second gratteur qui caresse une douze cordes à manche scié le plus souvent à l’aide d’un bottleneck ; il est, en outre, également préposé aux bidouillage électroniques. Un peu timoré, malgré des paillettes autour des yeux, il communique l’aspect space rock aux compos. Tim arbore un coupe de cheveux plutôt mod. Il porte un pull blanc torsadé et tient sa guitare très haute sur la poitrine. Honnêtement, je dois avouer avoir éprouvé des difficultés à entrer dans leur set. D’abord la voix de Presley n’est pas assez mise en valeur à mon goût, et puis il y a ces brisures constantes dans le rythme qui ne facilitent pas l’accroche. Pourtant, après 20 bonnes minutes, je perçois le fil conducteur. Enfin s’il y en a un. En fait, le franc tombe. Le spectre du Velvet Underground apparaît. Et tout se clarifie. La barrière blanche tombe alors, si vous préférez. Mais si les mélodies sont bien présentes, elles éclosent entre les envolées expérimentales. Manifestement, White Fence est un groupe underground, et pour apprécier sa musique en ‘live’, il est indispensable d’en écouter d’abord ses disques…

Lors du concert conjugué de Kurt Vile et de Scout Niblett, on m’avait mis la puce à l’oreille. Ty Segall et ses acolytes se produiraient assis. Et lors de l’installation du matos, cette rumeur se confirme. Un drummer s’installe de profil, à droite. Son kit de batterie est minimal : une caisse claire, un tom basse et une cymbale. A gauche, se plante un bassiste. Et au milieu Ty Segall et Sean Presley (NDR : le frère de l’autre ?) aux grattes acoustiques électrifiées. Ces deux musicos chantent et ce dernier se met parfois à siffloter. Quand ils conjuguent leurs voix en harmonie, il faut avouer qu’il y a de quoi tomber sous le charme. Curieux de se produire sous cette configuration, car les compos ont la pêche. La première partie du concert privilégie les titres du dernier opus, « Sleeper ». Segall court même prendre la place du batteur pour « The man man ». Souriant, Ty a un physique qui me fait penser à celui de Kurt Cobain. En plus enveloppé. Il secoue régulièrement sa tignasse en grattant son instrument. Les deux sixcordistes y sont impressionnants de maîtrise. Leur manière d’électrifier leurs cordes acoustiques à l’aide des pédales est absolument épatante. Et le quatuor finit par libérer un groove dévastateur. Simplement, Ludo, notre photographe et votre serviteur sont collés contre l’estrade. Or les mouvements de foule commencent à s’amplifier. Les gobelets de bière à voltiger. Le crowdsurfing s’invite aux réjouissances, mais surtout les bousculades débridées. Ca pogote sec, certains spectateurs manquent d’être piétinés dans la cohue ; mais sous les coups de boutoir, nos vertèbres commencent à encaisser. Une situation qui nous force à battre en retraite. Or, vu la hauteur du podium et l’affluence (NDR : c’est sold out, donc il doit y avoir 600 spectateurs), on ne voit plus rien. On entend, c’est chouette, mais le concert n’a plus la même saveur. Il y a bien eu un rappel et puis, on a vu deux fans ressortir avec la guitare que Ty leur avait offerte. Sympa. Sauf pour les conditions du spectacle. A revoir dans d’autres circonstances…

Autumn Falls

Mountain Bike + Night Beats + White Fence + Ty Segall

(Organisation Vk* + Toutpartout + Heartbreaktunes)

Voir aussi notre section photos ici

White Fence

De l’autre côté de la barrière blanche…

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Soirée garage ce 4 décembre 2013 au Vk* de Bruxelles, puisque se produisent, dans le cadre de l’Autumn Falls, Mountain Bike, Night Beats, White Fence et Ty Segall. Sachant que les hostilités commencent à 19h45, Ludo et votre serviteur décident de prendre la route suffisamment tôt. Pas de souci, on débarque à Molenbeek, vers 19h20. Mais fâcheux contretemps, trouver une place de parking est une véritable galère. Après avoir sillonné les artères en long et en large, on déniche finalement un emplacement, chaussée de Mons. Un peu de marche, et il est 20h10, quand on pénètre au sein du Vaartkapoen…

Malheureusement, vu l’heure d’arrivée, on n’a pu assister au concert de la formation belge Mountain Bike. Alors place à Night Beats. Un trio établi à Seattle qui a publié son deuxième elpee cette année, « Sonic Bloom ». Référence à Sonic Boom, pseudo de Peter Kember, le cofondateur de Spacemen 3 ? Probablement. Mais dans les grandes lignes, car si le band puise son inspiration dans le psyché garage, il lorgne surtout vers The 13th Floor Elevators. Encore que les sonorités de guitare me font parfois penser au groupe insulaire Gun, un combo qui avait gravé un hit en 1968, « Race with the devil ». Les trois musicos portent des cheveux longs comme à cette époque. Et fatalement, leur musique trempe dans le revivalisme de cet acabit. Les moments les plus mélodiques sont vraiment bien ficelés et la basse peut se révéler hypnotique. Le drummer frappe comme un malade ; si bien que régulièrement un roadie doit venir remettre son matos en place, parce qu’il se disloque. Malheureusement, les envolées acides manquent quand même de fil conducteur et on se demande parfois où elles veulent nous conduire. Paraît que sur disque, le trio offre un visage plus séduisant. Bref, s’il a manifestement du potentiel, il doit encore bosser pour vraiment s’imposer dans le circuit.

White Fence, c’est le projet de Tim Presley. On raconte qu’il serait issu de la famille du King. C’est à vérifier. Une chose est sûre, il est aussi prolifique que Ty Segall. Les deux artistes sont d’ailleurs très amis et ont enregistré ensemble un album, « Hair », l’an dernier. Depuis 2010, il a d’ailleurs publié six elpees, sans compter les Eps et les collaborations diverses. Sur les planches, il est soutenu par un bassiste coiffé d’une casquette de marin, d’un drummer et d’un second gratteur qui caresse une douze cordes à manche scié le plus souvent à l’aide d’un bottleneck ; il est, en outre, également préposé aux bidouillage électroniques. Un peu timoré, malgré des paillettes autour des yeux, il communique l’aspect space rock aux compos. Tim arbore un coupe de cheveux plutôt mod. Il porte un pull blanc torsadé et tient sa guitare très haute sur la poitrine. Honnêtement, je dois avouer avoir éprouvé des difficultés à entrer dans leur set. D’abord la voix de Presley n’est pas assez mise en valeur à mon goût, et puis il y a ces brisures constantes dans le rythme qui ne facilitent pas l’accroche. Pourtant, après 20 bonnes minutes, je perçois le fil conducteur. Enfin s’il y en a un. En fait, le franc tombe. Le spectre du Velvet Underground apparaît. Et tout se clarifie. La barrière blanche tombe alors, si vous préférez. Mais si les mélodies sont bien présentes, elles éclosent entre les envolées expérimentales. Manifestement, White Fence est un groupe underground, et pour apprécier sa musique en ‘live’, il est indispensable d’en écouter d’abord ses disques…

Lors du concert conjugué de Kurt Vile et de Scout Niblett, on m’avait mis la puce à l’oreille. Ty Segall et ses acolytes se produiraient assis. Et lors de l’installation du matos, cette rumeur se confirme. Un drummer s’installe de profil, à droite. Son kit de batterie est minimal : une caisse claire, un tom basse et une cymbale. A gauche, se plante un bassiste. Et au milieu Ty Segall et Sean Presley (NDR : le frère de l’autre ?) aux grattes acoustiques électrifiées. Ces deux musicos chantent et ce dernier se met parfois à siffloter. Quand ils conjuguent leurs voix en harmonie, il faut avouer qu’il y a de quoi tomber sous le charme. Curieux de se produire sous cette configuration, car les compos ont la pêche. La première partie du concert privilégie les titres du dernier opus, « Sleeper ». Segall court même prendre la place du batteur pour « The man man ». Souriant, Ty a un physique qui me fait penser à celui de Kurt Cobain. En plus enveloppé. Il secoue régulièrement sa tignasse en grattant son instrument. Les deux sixcordistes y sont impressionnants de maîtrise. Leur manière d’électrifier leurs cordes acoustiques à l’aide des pédales est absolument épatante. Et le quatuor finit par libérer un groove dévastateur. Simplement, Ludo, notre photographe et votre serviteur sont collés contre l’estrade. Or les mouvements de foule commencent à s’amplifier. Les gobelets de bière à voltiger. Le crowdsurfing s’invite aux réjouissances, mais surtout les bousculades débridées. Ca pogote sec, certains spectateurs manquent d’être piétinés dans la cohue ; mais sous les coups de boutoir, nos vertèbres commencent à encaisser. Une situation qui nous force à battre en retraite. Or, vu la hauteur du podium et l’affluence (NDR : c’est sold out, donc il doit y avoir 600 spectateurs), on ne voit plus rien. On entend, c’est chouette, mais le concert n’a plus la même saveur. Il y a bien eu un rappel et puis, on a vu deux fans ressortir avec la guitare que Ty leur avait offerte. Sympa. Sauf pour les conditions du spectacle. A revoir dans d’autres circonstances…

Autumn Falls

Mountain Bike + Night Beats + White Fence + Ty Segall

(Organisation Vk* + Toutpartout + Heartbreaktunes)

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Naked (In A Sphere)

Périple visionnaire au cœur de la terre des glaces…

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Plus ou moins un an après la sortie de son premier album, « Dyro í dauoapögn », Ásgeir nous rendait visite au Botanique. Prévu initialement au Witloof Bar, les organisateurs ont certainement été surpris par la rapidité de ventes des places ; à tel point qu’ils ont dû déménager le spectacle à la Rotonde. Même l’Orangerie n’aurait sans doute pas été assez spacieuse pour accueillir le nombre de demandes. Personnellement, je n’avais jamais vu la Rotonde bondée à ce point. Il faut croire que les organisateurs avaient surévalué le nombre de tickets disponibles !

La tâche ingrate de la première partie était, ce soir, dévolue à la Norvégienne Karian Jahnsen, alias Farao. Avant de me déplacer, j’avais écouté furtivement le premier album de la Scandinave et pour une fois, son electro-folk paraissait valoir le coup. C’est donc plein d’espoir que je suis entré dans la Rotonde. Malheureusement, j’ai vite déchanté. Plantée au milieu de l’estrade et armée d’une guitare, elle est uniquement soutenue par une claviériste, par ailleurs choriste. Malgré une voix douce et harmonieuse et des lyrics certainement dignes d’intérêt, la jeune artiste ne parvient pas à donner du relief à ses compos ; si bien qu’au bout de deux, voire trois titres, on décroche. Entièrement consciente des limites de la formule duo, Farao annonce qu’elle partira bientôt en tournée, accompagnée d’un véritable groupe. On n’attend donc plus que son nouveau projet prenne forme…

Durant l’intermède, (presque) personne ne quitte la salle de peur de perdre les quelques centimètres conquis de haute lutte. À 21h, les lumières s’éteignent et un chant traditionnel islandais retenti. Le band monte ensuite sur scène. Apparemment, la barbe est de mise ; et on attribuera une mention spéciale au batteur. Ásgeir Trausti Einarsson (NDR : c’est son véritable nom !) s’installe au centre du podium, debout, derrière ses claviers. Il est entouré par deux autres barbus, également préposés aux claviers, et par un guitariste, imberbe ce dernier. Ásgeir entame son concert par quelques morceaux trempés dans l’électro-folk, des titres empreints de douceur contemplative, comme seuls les musiciens originaires d’Islande sont capables d’en pondre ; à l’instar de Sigur Rós, d’Olafur Arnalds ou encore de Mùm. Paisible, sa voix évoque Justin Vernon voire James Blake. Il interprète la quasi-intégralité du répertoire dans sa langue natale, malgré l’existence de versions anglaises qui circulent depuis que John Grant en a opéré la traduction. Evidemment, peu de mélomanes sont capables de l’accompagner au chant. Ils se comptent même sur les doigts d’une main. Sa facilité à monter dans le registre des aigus est impressionnante. Sous son bonnet, le songwriter semble timide. Entre chaque morceau, il se contente de saluer et de remercier l’auditoire. Le groupe nous réserve encore quelques compos sculptées dans un folk-rock plus classique, débarrassées de toute trace d’électronique. Ce n’est qu’à partir de la seconde moitié de set qu’Ásgeir passe à la vitesse supérieure en attaquant des morceaux plus captivants, construits en crescendo. De quoi faire frissonner la foule. Ásgeir a confirmé tout le bien que l’on pouvait penser de lui. Subtil, mélancolique et bouleversant, son set nous a permis de vivre un périple visionnaire au cœur de la terre des glaces… 

(Organisation Botanique)

 

 

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