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Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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L’heure personnelle de Lucie Valentine

L'artiste belge Lucie Valentine dévoile « Minuit Moins Toi », le titre phare de son nouvel Ep éponyme. Une chanson touchante, lumineuse, qui célèbre le moment de bascule : celui où la douleur laisse place à la paix après une séparation. Née d’un atelier…

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Beautiful Badness

Avancez d’une place !

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La Rotonde du Botanique constitue un endroit idéal pour une release party. Et celle de Beautiful Badness, qui va se dérouler ce mercredi 3 avril, va de nouveau le démontrer.

Beautiful Badness vient de sortir un troisième Ep, baptisé « Walking A Mirror », en mars dernier, des plages qui figureront sur le futur elpee « Rewind », dont la sortie est prévue pour cette année, un disque mis en forme par Marlon B (Brigitte, Benjamin Clementine, Juliette Armanet) et pour lequel Albin De La Simone a participé.  

Le supporting act est assuré par Léo Nocta. Il milite également au sein d’autres groupes, et notamment chez Delta, formation que votre serviteur avait découverte dans le cadre du festival Scène-Sur-Sambre, en août 2017. Elle va d’ailleurs repartir en tournée, à partir du 25 de ce mois. De grande taille, il est soutenu par un drummer. Les interventions au piano de Léo sont empreintes de délicatesse tout en révélant une grande agilité des doigts. Un véritable virtuose ! Il chante d’une voix vaporeuse, envoûtante, finalement assez proche de celle de Sesboué, des chansons ténébreuses, mais chargées d’émotion. Pas étonnant que Gabriel l’ait choisi pour se produire en première partie. Il va nous proposer des extraits de ses deux Eps, « Atom », paru en 2015, et « Origin », en 2017, dont « Satellites », en ouverture, et son nouveau single « When We All Fall », gravé en février dernier, pour clore ce set bref, mais de très bonne facture…

Setlist : « Satellites », « How Many Roads », « Higher Than Here », « Rose », « I Can’T Feel My Face », « When We All Fall ».

Outre le chanteur Gabriel Sesboué, Beautiful Badness implique Olivier Delescaille (NDR : d’ordinaire préposé à la gratte, ce soir il va se consacrer, à la basse, aux claviers et aux machines) et Gilles Servais (drums), un trio soudé depuis 7 longues années. Il s’est quand même élargi à un quatuor depuis l’arrivée de Lou Wery, qui se charge des claviers et également des vocaux.  

Gabriel vit intensément ses chansons. Il s’exprime aussi avec les mains, un peu à la manière de feu Joe Cocker. Capable de passer des graves aux aigus avec une facilité déconcertante, son spectre vocal est ample et lyrique.

La salle est comble et tous les spectateurs sont debout. « A Sunny Morning » ouvre le concert, un morceau au cours duquel Gabriel étale déjà toutes ses capacités vocales. Tour à tour, cette voix me fait penser à Jón Þór Birgisson (Sigur Rós), Antony/Anhoni Hegarty, Rufus Wainwright, Agnès Obel, Woodkid ou encore Freddy Mercury. Et lorsqu’elle se conjugue à celle de Lou et d’Olivier, on assiste à de véritables exercices de polyphonie vocale. Quant à l’univers sonore de Beautiful Badness, il navigue à la croisée des chemins empruntés par AaRON, Queen, ou encore Jeff Buckley.

L’atmosphère au sein de la Rotonde est tellement feutrée qu’on se croirait au sein d’une cathédrale. « Blackbird In The Storm » est littéralement raffiné par les ivoires. Gab signale qu’il s’agit de la 10ème fois qu’il se produit au Bota, et pour la première, comme tête d’affiche. Et il en est très fier. Mais encore qu’il a écrit « The Train », entre les sessions d’enregistrement, lorsqu’il se déplaçait de Paris à Bruxelles ou inversement. On le sent à la fois concentré et étonnamment cool…

 « I’ll Be There For You » se distingue par sa mélodie contagieuse. Bonne surprise, Sasha et Julie (Juicy) débarquent sur les planches pour assurer les chœurs de « Walking On The Mirror », en compagnie de Lou (NDR : on comprend mieux pourquoi Gab et Oli avaient assisté à leur show, samedi dernier). Toute l’équipe est en cercle sur le podium pour interpréter cette chanson, a cappella. Magique ! A vous flanquer des frissons partout !

En rappel, les filles sont encore de la partie pour nous réserver « Silent and still », avant que le groupe n’achève le concert par une plus ancienne compo, « One Step Forward »… et c’est le cas de le dire, Beautiful Badness, avancez d’une place…

Setlist : « A Sunny Morning », « Blackbird In The Storm », « Freedom », « Wave On Me », « 11011 Days », « The Game Is Over », « Winds Blows », « The Train », « I’ll Be There For You », « Everything I Have », « Walking On The Mirror » (avec Juicy)

Rappel « Silent And Still » (avec Juicy), « One Step Forward ».

(Organisation : Botanique)

Photo : Pierre Destrebecq

Larkin Poe

Entre roots, blues et rock’n’roll sudiste…

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Larkin Poe est une formation yankee drivée par les sœurs Rebecca et Megan Lovell. Originaires de Georgie, elles se sont établies à Nashville, au Texas. Le patronyme du groupe est inspiré du nom de leur arrière-arrière-arrière-grand-père, un lointain cousin de l’écrivain Edgar Allan Poe. La formation vient d’achever une tournée, pour laquelle elle assurait le supporting act de Bob Seger, et se produira en ouverture du concert de ZZ TOP, ce 25 juin, à Forest National, dans le cadre des 50 ans de carrière du célèbre trio de blues/rock.

Ce soir Larkin Poe se produit à la Madeleine de Bruxelles, devant une salle à moitié pleine (ou vide, selon). D’ailleurs des tentures ont été tirées pour délimiter l’espace réservé à l’auditoire. Le quatuor va nous proposer de larges extraits de son troisième elpee, « Venom & Faith », paru en novembre dernier.

La première partie est dévolue à Foreign Affair, un duo issu de Bristol qui pratique une forme de country/rock, assez proche de celui pratiqué par les Pierce Brothers. Encore une histoire de famille, puisqu’il réunit les frangins Adam et Lawrence Purnell…

Puissante et lyrique, la voix de Lawrence, le cadet de la fratrie, est grisante. Les grattes (une semi-acoustique et une électrique) trament les compos soignées mais énergiques, des compos dynamisées par une cymbalette, pour l’un, et par une grosse caisse, pour l’autre, manœuvrées au pied. Une excellente entrée en matière !   

Setlist : « The Opener », « Piece Of Work », « Name On It », « Name On It », « I'm Your Man », « Faded », « Say What You Want About Me », « We Don't Know ».

Une bande enregistrée diffuse de la musique d’ambiance feutrée, comme celle programmée sur des tas de radios FM aux States, alors que le light show inonde la scène de tonalités bleutées... 

Chez Larkin Poe, Rebecca (NDR : la brune !) se consacre au chant et à la guitare électrique, et sa sœur, Megan (NDR : la blonde !) au chant et à la lap steel guitar. Si cette dobro se joue posée sur les genoux, contre le corps, elle est adaptée pour s’en servir en position debout. Ben Harper y est d’ailleurs accro. Les frangines sont soutenues par Robby Handley aux drums, planté sur une estrade, en retrait, et Chad Melton à la basse.  

C’est d’ailleurs ces deux derniers qui débarquent les premiers sur le podium. Lorsque Rebecca rapplique, d’un pas décidé, sa superbe Gibson à la main, elle s’adresse immédiatement aux premiers rangs en leur demandant : ‘Are you ready to rock’n’roll’, ajoutant sur un ton persuasif : ‘We do Rock’n’roll’.

Le show s’ouvre par « Summertime Sunset ». Déjà elle arpente les planches de long en large. Sa voix me fait penser à un hybride entre Beth Hart et (la petite fille de) Tina Turner. Le son est excellent. Très électriques, ses interventions aux cordes sont hantées par Joe Bonamassa voire Jimi Hendrix. Celles de Megan à la lap steel guitar sont particulièrement métalliques. Elles entrent régulièrement en duel, face à face. Les deux sœurs sont d’ailleurs très complices. On s’en rend compte à travers les regards qu’elles s’adressent. En général, Megan assure les chœurs. Son timbre est plus doux et éthéré. On le remarque dès qu’elle se réserve le lead vocal. Plus paisible, « Trouble in Mind » est un blues qui nous entraîne dans le Delta. La cover du traditionnel « Black Betty », popularisé par Ram Jam en 1977, galvanise le public. Lorsque la section rythmique s’emballe, c’est pour entretenir un rock bien sudiste.

Rebecca reprend le leadership au chant pour « Bleach Blonde Bottle Blues ». Les filles frappent sur le sol en cadence et les chœurs sont impeccables. La musique passe très facilement des traditions du roots & blues contemporain au rock & roll musclé, métallique et sauvage. Empreint de sérénité, « Look Away » permet à ce petit monde de reprendre sa respiration. La setlist va nous réserver quatre reprises. D’abord la version très roots du « Preachin’ blues » de Son House. Une autre adaptation d’un traditionnel, « John The Revelator ». En finale le « Wanted woman » d’AC/DC et lors du rappel le « Come On In My Kitchen » de Robert Johnson…

Rebecca troque sa gratte pour pour un banjo sur deux morceaux, « Mad As A Hatter », dédié à son grand-père paternel, et « Run For Your Money ». Avant d’attaquer ces compos, elle explique la thématique. Elle demande souvent à la foule si le public est satisfait du concert et s’il apprécie la musique proposée.

Au bout de 90 minutes, Larkin Poe tire sa révérence sous les acclamations nourries du public. ZZ Top a certainement eu le nez creux en choisissant ce combo pour ouvrir son concert-anniversaire à Forest National…

Setlist : « Summertime Sunset », « Trouble in Mind », « Black Betty » (traditional cover), « Bleach Blonde Bottle Blues », « Look Away », « Preachin' Blues » (cover de Son House), « Freedom », « California King », « John The Revelator » (traditional cover), « Might As Well Be Me », « Black Echo », « Hard Time Killing Floor Blues », « Mad As A Hatter », « Run For Your Money », « Blue Ridge Mountains », « Wanted Woman (cover d’AC/DC »).

Rappel : « Come On In My Kitchen » (cover de Robert Johnson).

(Organisation : Gracia Live)

 

Juicy

Fallait pas manquer le début de la soirée…

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Ce samedi 30 mars, Juicy vient présenter présenter son second Ep, « Crumbs », au Vaartkapoen (Vk). Mais au cœur d’une soirée qui proposera 5 sets, dont ceux de Commander Spoon et Darrell Coole, qui ont déjà participé aux tournage de clips des deux filles, ainsi que Dj Lefto, en after party. Et elles vont nous réserver une belle surprise, en nous livrant, dès l’ouverture, un petit concert acoustique. Il s’agit de la seconde release party, puisqu’une première avait déjà été accordée à Paris, une semaine plus tôt.

Quand on débarque dans la salle, on remarque la présence de six sièges devant la table de mixage entourant un énorme clavier (celui de Julie), des chaises devant lesquelles sont installés des supports de partitions. Elles sont destinées à un quatuor à cordes (trois violons et un violoncelle), un contrebassiste et deux flûtistes (NDR : dans le désordre Élise Rens, Amandine Flandre, Pascale Simon, Philippe Laloy, Pauline Boron, Marie-Sophie Van Goethem Sgarioni et Fil Caporali). Tout ce beau monde est tiré à 4 épingles. Les nanas de Juicy se plantent derrière les ivoires pour un duo à quatre mains. Cet hors-d’œuvre va nous réserver cinq morceaux réarrangés par Jean-Marie Rens (qui doit être le père de Julie), dont « Seed And Ride » et « I Wanna, Yes, I Wanna », deux plages issues du nouvel Ep. Et le moment est tout bonnement magique. La foule, déjà bien compacte, entoure le cercle et se montre particulièrement attentive. Bref, grâce à cet exercice de style périlleux, les filles ont démontré qu’elles étaient capables de se fondre au sein d’un autre environnement sonore. Une nouvelle preuve de leur immense talent ! Fallait donc pas manquer le début de la soirée… Rendez-vous à 23 heures pour le retour de Juicy, mais sur les planches…

Setlist : « Something Is Gone », « Seed And Ride », « La Gigue De La Ket », « I Wanna, Yes, I Wanna », « For Hands On Ass ».

Commander Spoon réunit le saxophoniste Pierre Spataro (Oyster Node, Rue des Pêcheries), le guitariste Florent Jeunieaux (Murmures, Geffrey Fiorese Tentet, La Chiva Gantiva, Aneta Nayan, Echt), le contrebassiste Fil Caporali et le drummer Samy Wallens. Le combo est venu défendre son premier Ep 4 titres, « Introducing », paru en novembre dernier. La musique du groupe bruxellois est essentiellement instrumentale. Les titres des morceaux respectent une simple numérotation logique (part1, 2, 3 et 4), un peu comme pour les concertos de musique classique. Pourtant, le quatuor pratique un jazz/rock contemporain, électrique et chargé de groove. Les duels sont permanents entre les différents instruments. Jimi Hendrix et Carlos Santana semblent hanter le gratteur, Florent. Mais bien que d’excellente facture, la musique de Commander Spoon s’adresse surtout à un public averti…

Darrell Cole est né à Londres, en 1989 à Londres. Sierra-léonaise, sa famille a fui les tensions politiques de son pays et s’est finalement réfugiée à Anvers, en Belgique. Très tôt, il s’est tourné vers le hip-hop. Son dernier elpee, « Fully Loaded », est paru en octobre dernier. Il va nous en proposer de larges extraits. Plutôt remuant sur le podium, il est soutenu par un préposé aux platines qui dispense des sonorités assez dansantes. Le flow de Cole est constant. Il invite la foule à se rapprocher de l’estrade. A partir de cet instant, l’interactivité va parfaitement fonctionner entre l’artiste et l’auditoire. Un second MC’s vient l’épauler le temps de quelques morceaux. Bref, un show aussi efficace que technique…

Réunissant Julie Rens et Sasha Vonck, Juicy pratique une forme de r&b insolite et complètement déjanté. Fidèles à elles-mêmes, elles continuent ici à développer leur univers délirant, à prendre cependant au second degré, en posant leurs voix singulières sur un visuel plutôt réussi.

A 22h00, les lumières s’éteignent. La foule est impatiente d’assister au spectacle ; et pour cause, il est chaque fois différent. Que ce soit la chorégraphie, l’interprétation et même l’interactivité. Sans oublier les costumes. Presque fusionnelles, les filles sont très complices. On imaginerait presque qu’elles sont sœurs.  

Les lumières bleues se focalisent vers le fond de la salle où elles tournent le dos à l’auditoire, les bras en l’air. Elles ont enfilé des pantalons et des vestes à capuche et franges de couleur noire. Et entament leur prestation par « LTGL ». Elles se consacrent aux synthés, samplers et vocaux. Sasha se réserve cependant la guitare et Julie, la boîte à rythmes. Ce qui ne les empêche pas de troquer leurs instruments. Elles amorcent « Mouldy Beauty en dubstep. Les donzelles se tortillent sensuellement, comme des geishas. Même les mains ondulent sur les instrus. Ce qui émoustille le public. Un fantôme remplace Julie derrière les machines. A l’issue de ce morceau, Sasha signale qu’elles sont contentes d’être là et ajoute que la foule est magnifique. Bien que d’ordinaire paisible, « Seed And Ride » se révèle davantage r&b et nerveux sur les planches. Pierre Spataro vient souffler dans son saxophone sur « I Wanna, Yes, I Wanna », une nouvelle compo. Elles en profitent pour nous proposer une chorégraphie très étudiée et dansante. Il est encore de la partie pour « What You Can’t Confess », mais également Darrell Cole au micro. Sasha se sert de sa gratte électrique tout au long de « Didn’t Knockout », un morceau au vocal empreint de sérénité. Les lumières s’éteignent pendant « Knock ». Julie dirige un spot orange vers son visage et Sasha de couleur verte. Et l’effet est bluffant. « See Me Now » clôt le set.

Lors du rappel, « Something Is Gone » et « Count Our Fingers Twice » vont mettre littéralement le souk dans la fosse.

A l’issue de la superbe prestation de Juicy, une bonne partie de la foule vide les lieux. Dommage pour Lefto, mais au bout de quatre spectacles, elle semble rassasiée…

Setlist : « LTGL », « Mouldy Beauty », « Seed And Ride », « Hard Nut To Crack », « I Wanna, Yes, I Wanna », « Didn’t Knockout », « Knock », « What You Can’t Confess » (Avec Pierre Spataro et Darrell Cole), « Over My Shoulder », « Ghb », « Mama Told Me », « See Me Now » 

Rappel : « Something Is Gone », « Count Our Fingers Twice ».

(Organisation : VkConcerts et Back In The Dayz)

 

Hoshi

L’univers intimiste de Hoshi…

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De son véritable nom Mathilde Gerner, Hoshi est originaire de Versailles. Cette chanteuse a choisi ce pseudo (NDR : qui signifie étoile en japonais), car c’est une fan de culture nippone. Elle ressemble d'ailleurs à une héroïne de mangas (NDR : grands yeux pétillants bordés de khôl, tatouages, cheveux relevés en chignon) qui aurait grandi en écoutant Nirvana. D’ailleurs, la bande à feu Kurt Cobain figure parmi ses influences majeures, tout comme Brel, Serge Gainsbourg ou encore Patti Smith.

Après avoir opéré quelques passages dans les télé-crochets ‘The Voice’ (NDR : où elle avait claqué la porte parce qu’on lui imposait une chanson) et ‘Rising Star’, elle est repérée par un label. En mars 2017, elle sort son premier single, « Comment je vais faire ». En octobre 2018, elle publie son premier elpee, « Il suffit d'y croire », dans lequel figurent certains titres qui vont la révéler au grand public, dont « Je Vous Trouve Un Charme Fou », un titre signé par Gaëtan Roussel, qu’elle chante en duo avec le leader de Louise Attaque. Dans ses chansons, armée d'une simple guitare acoustique, elle balance tout, sans s'économiser. Depuis, elle fait l’unanimité dans le paysage musical hexagonal.

Le supporting act est assuré par deux frangines, Celena et Sophia, prénoms qu’elles ont décidé de contracter pour la scène en CelenaSophia. Issues de Chapelle-Lez-Herlaimont, les sœurs ont publié un premier Ep intitulé « A l’Aventure », en 2015. Dans la foulée, elles sont parties en tournée, en Belgique, mais également à travers le monde (Suisse, France, Canada, Côte d'Ivoire), participant à deux reprises aux rencontres d'Astaffort. Ce qui va convaincre Francis Cabrel et son équipe de les aider à peaufiner leur répertoire. Depuis 2016, elles sont épaulées par Jérôme Magnée (Dan San, Yew, Ebbène). C’est lui qui va se charger de direction du premier opus, qui devrait paraître au cours de cette année.

Sur les planches, elles sont soutenues par le drummer (pads électroniques, boîtes à rythmes) Mathieu Catala. Il doit y avoir de nombreux aficionados dans la salle, car lorsqu’elles grimpent sur l’estrade, elles sont chaleureusement applaudies. Brune, Céléna se consacre à la sèche ; blonde, Sophia, à la gratte électrique. Elles vont nous proposer de la chanson française réaliste et urbaine. Le set s’ouvre par « On s’en souviendra pas ». Mais ce qui frappe d’abord, ce sont les superbes harmonies vocales. Moins folk, davantage rock, mais aussi plus contemporain, vu le concours des percus électroniques, leur expression sonore se veut d’ailleurs de plus en plus urbaine. Et un nouveau morceau comme « Je cours après le temps », en est une parfaite illustration.  Bien sûr la setlist n’en n’oubliera pas pour autant de partir « A L’Aventure » (NDR : cette compo remonte à 2015) mais bien le tout nouveau single, « Seul Hôtel », un titre joliment teinté d’électro, qui paraîtra ce 29 mars. Dommage !  Un duo à suivre de très près…

Setlist : « On s’en souviendra pas », « Les Vents Contraires », « Je m’en remets a elle », « Je Te Vengerai », « Dis-Moi Le Plus Fort », « Je Cours Après le Temps », « Pile Ou Face ».

Le set débute à 21 heures précises. Des néons verticaux inondent le podium de leurs lumières aux teintes bleues et blanches, pendant que les musicos s'installent derrière leurs instruments. On remarque la présence d'un drummer ainsi que de deux multi-instrumentistes qui se partageront basse et claviers.

Pendant plus ou moins une minute, soit avant que Hoshi n’apparaisse, les haut-parleurs crachent une musique instrumentale. Soudain, elle débarque sous un tonnerre d’applaudissements. Elle est coiffée d'un chignon haut, vêtue d'un tee-shirt et d'un jeans classique. Sa voix est rauque, éraillée même, et lui arrive de la pousser à la limite de la rupture. Interactive, elle est parfaitement à l'aise derrière son micro. Après « Il Suffit d’y croire », elle embraie par « Ma Merveille », une chanson émouvante dédiée à sa maman dont le titre repose sur un subtil jeu de mots (sa mère veille) et qui relate la complicité établie entre la mère et la fille. Hoshi manie parfaitement la langue de Molière : les jeux de mots sont précis, recherchés et soignés.

Hoshi enthousiasme la foule, lorsqu'elle élève le tempo; à l'instar de  « Comment Je Vais Faire », « Te Parler Pour Rien », « Ta Marinière » ou « Femme A La Mer ». Un auditoire qui s'enflamme même tout au long de « Poupée Russe » et « Parking Sonne ». Le thème de l’eau revient souvent chez Hoshi, mais de manière différente d’un Flavier Berger, un compatriote un peu plus déjanté. Elle se consacre aux ivoires, sur « Je Pense A Toi », une ballade plus paisible, qui rappelle « La complainte De la Butte », une chanson écrite par Jean Renoir, au cours de laquelle la voix de Hoshi évoque Edith Piaf. Et en rappel, elle ose une version acoustique de « Ta Marinière ».

A travers ses chansons aux mélodies singulières, elle exprime la rage de sa jeunesse, relate son parcours chaotique, nous confie ses espoirs et ses doutes, nous parle tendrement de ses amours et de sa mélancolie. En outre, cette solitaire a le don d’observer en silence les gens qui l'entourent, avec finesse, sans jugement, avant de brosser leurs portraits. Un univers intimiste qu’elle nous invite à partager…

Setlist : « Il Suffit d’y croire », « Ma Merveille », « Manège A Trois », « Te Parler Pour Rien », « Je Vous Trouve Un Charme Fou », « Poupée Russe », « Parking Sonne », « Je pense à Toi », « Comment je Vais Faire », « Elle Rêve Encore », « En Gros Tout Est Gris », « Femme à La Mer », « Après Coup », « Ta Marinière ».

Rappel : « Ta Marinière ».

(Organisation : Live Nation en accord avec Caramba Spectacles)

Crystal Fighters

Tropical !

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Crystal Fighters est une formation anglo-basque dont la musique résulte d’un mélange d’influences culturelles, musicales et stylistiques. Fruit d’un cocktail entre folk, électro, punk, techno, dubstep, world, hip hop et pop espagnole, elle se singularise par le recours à des instruments traditionnels, comme le txalaparta, le danbolin et le txistu, mais se veut d’abord festive. La formation est venue défendre son quatrième elpee, « Gaia And Friends », paru le 1er mars dernier. Et le concert est sold out.

Le supporting act est assuré par Low Island, un groupe issu d’Oxford, cité universitaire qui a donné naissance à des band devenus notoires comme Radiohead, Swervedriver, Foals, Stornoway ou encore Glass Animals. Il implique deux Djs/producteurs, Carlos Posada (chant, guitare, claviers) et Jamie Jay (chant, guitare, claviers), ainsi que Jacob Lively (basse) et Felix Higginbottom (batterie, percussions). Elaborée, l’électro/pop de ce quatuor se singularise par la voix éthérée des vocalistes, ainsi que par le drumming jazzyfiant de Higginbottom. Le combo va nous réserver de larges extraits de son dernier opus, « Low Island And Friends 17-18 », gravé en octobre dernier. Un set fort intéressant pour un quatuor à suivre –suivant la formule consacrée– de très près… (voir aussi notre section photos ici)

Setlist : « We Drift Apart », « Stop Start », « I Do It For You », « Holding It Town », « Search Box », « In Person ».

Le line up de Crystal Fighters implique le chanteur/guitariste Sebastian Pringle, les gratteurs/percussionnistes Gilbert Vierich et Graham Dickson ainsi que les chanteuses Eleanor Fletcher (Ellie) et Tobi Gems (NDR : apparemment, elle remplace Nila Raja), une black remuante, assez sexy, dont la voix est susceptible de monter dans les aigus ou de descendre dans les graves, avec une facilité déconcertante. Le drummer est perché sur une estrade assez haute, juste devant deux énormes balafons maliens, placés en miroir, dont tous les musicos, multi-instrumentistes, vont se servir, à tour de rôle.

Un light show de couleur blanche et bleue inonde le podium et la fosse, lorsque les musiciens, tous habillés de blanc, grimpent sur les planches, sur lesquelles une belle plante verte a été posée entre deux haut-parleurs. 

Le set s’ouvre par le frénétique « I Love London ». Dès les premières sonorités du txalaparta, ce fameux instrument basque si cher à la formation, l’ambiance contamine tous les étages de la salle. Elle va d’ailleurs croître graduellement au fil du set pour rapidement devenir tropicale. Le band embraie par le nerveux et désormais classique « Follow », un morceau très électro et au titre judicieusement choisi. Les compos vont rarement au-delà des 2 minutes. Et partout, la foule danse. Rarement vu une telle atmosphère à l’AB ! Sebastian Pringle et Gilbert Vierich occupent totalement l’espace scénique. Les deux chanteuses se déhanchent sensuellement. Et la jam de percus à laquelle participe l’ensemble du combo fait encore grimper la température de quelques degrés. Caractérisé par leurs mélodies ultra-accrocheuses, « Gaia & Friends », « The Get Down » et « Wild Ones » passent comme des fusées supersoniques. Acoustique et plus paisible, « Boomin’ In Your Jeep » permet aux musicos et à l’auditoire de reprendre leur souffle. Avant le calme, place alors à la tempête tropicale qui va se prolonger lors d’un rappel de trois morceaux. Bonne humeur communicative, énergie, intensité, rythmes exotiques, instrumentation insolite et beats bien percutants, tout était réuni pour passer une soirée inoubliable. Honnêtement, pour votre serviteur, il s’agit d’un des meilleurs concerts auxquels il a assisté, depuis le début 2019… (voir aussi notre section photos )

Setlist : « Intro », « I Love London », « Follow », « La Calling », « Yellow Sun », « Love Is All I Got », « Boomin’ In Your Jeep », « Circuit Of Life », « Percussion Jam », » Wild Ones », » I Do This Everyday », «  All My Love », « Runnin’ », « All Night, Champion Sound », « Love Natural « , « The Get Down », « Bridge Of Bones », « Xtatic Truth », « You And I ».

Rappel : « Everything Is My Falily », « At Home », « Plage ».      

(Organisation :  Live Nation)

 

 

 

The Young Gods

La voie de la sagesse passe aussi par l’expérimentation…

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Après 8 longues années d’absence, les Young Gods viennent de publier leur 12ème elpee, un disque qui signe le retour du préposé aux samplers et aux machines, Cesare Pizzi, membre fondateur du trio. Mis en forme par Alan Moulder (Depeche Mode, Nine Inch Nails, Foals, Arctic Monkeys, Placebo, U2, …), il replonge dans l’expérimentation, mais une expérimentation tour à tour sonique, ambient ou psychédélique. La salle est comble (NDR : elle recense une majorité de quinquas) lorsque le trio helvète grimpe sur les planches. Compte-rendu.

La première partie du show va se focaliser sur « Data Mirage Tangram », le dernier opus du band. Et il s’ouvre par « Entre en matière » (NDR : titre judicieux…), une compo atmosphérique, truffée de bruitages qui va monter en crescendo. Et bonne nouvelle Franz Treichler se consacre à la guitare. Qui libère des sonorités floydiennes tout au long du plus enlevé « Figure sans nom ». Pendant le plus techno, « Tear up the red sky », les lumières rouges envahissent la scène, lorsque Franz prononce ces mots. Et puis, « All my skin standing » va nous asséner la première claque de la soirée. Un morceau envoûtant, hypnotique, tribal, déchiré par les interventions de Franz à la six cordes, des interventions réminiscentes de celles dispensées par Erik Brann sur le fameux « In-A-Gadda-Da-Vida » d’Iron Butterfly. Mais c’est la densité du drumming de Bernard Trontin qui impressionne le plus. Et pourtant, il frappe ses fûts avec une facilité déconcertante. Il rappelle même un certain Christian Vander (Magma) lorsqu’il doit déstructurer ses mouvements. A l’instar du blues « Moon above ». Et lorsque Treichler souffle dans son harmonica, on ne peut s’empêcher de penser à une BO de western spaghetti (Ennio Morricone ou Sergio Leone, au choix !) C’est aussi le moment choisi par le leader, pour quitter sa gratte. Cesare entretient des infrabasses tout au long du tribal « About time », dans un registre particulièrement techno, au cours duquel Franz se met à danser. Place ensuite aux titres les plus notoires du répertoire…

Mais avant tout, Treichler remercie ses fidèles aficionados qui le suivent depuis si longtemps. « Envoyé » adopte le rythme du chemin de fer (NDR : Bernard y est une nouvelle fois étincelant), alors que Franz dirige son pied de micro, au bas duquel est accroché un projecteur, vers la foule en clamant ‘Et le gagnant est’ ou alors en anglais, ‘And the winner is’, un titre émaillé de nombreuses explosions électriques. Treichler reprend sa gratte pour « You gave me a name », un morceau psychédélique, atmosphérique, aux percus plus africaines, qu’entretient Pizzi, Bernard achevant le morceau debout, en se concentrant sur ses cymbales à l’aide de mailloches. C’est aussi le dernier morceau du set. Bras dessous, bras-dessus, le trio salue longuement la foule en la remerciant.

Mais il revient pour un premier rappel, au cours duquel « Kissing the sun » va déclencher un beau petit pogo, puis le blues « Gasoline man » et enfin l’inévitable « Skinflowers », dynamisé par ses jaillissements électriques produits par les samples, alors que Franz a de nouveau empoigné son pied de micro pour haranguer l’auditoire, en l’aveuglant du faisceau de lumière…

On aura même droit à un second rappel, mais d’un seul titre. En l’occurrence « Everythem », extrait du dernier elpee. Un morceau mid tempo, atmosphérique, subrepticement dub, au cours duquel les sonorités vaporeuses et frémissantes de la guitare, évoquent le toucher de cordes d’un certain Connan Mockasin.

Ovation dans la foule, vraiment heureuse d’avoir retrouvé les Young Gods en aussi bonne forme, assagis, sans doute, mais toujours aussi branchés sur l’expérimentation. Et le trio de resaluer longuement la foule, la main sur le cœur, avant de tirer sa révérence… (pour les photos, c’est ici)

C’est aMute, aka Jérôme Deuson, qui assurait la première partie. Habile touche-à-tout, il jongle constamment entre les différents instruments, multipliant les boucles, organiques (guitare, percussions, etc.) ou électroniques (pupitre, loops, etc.) Mais si sa musique est particulièrement expérimentale, elle souffre d’une carence en mélodie. Même sa voix se limite à des chuchotements. Dommage… (pour les photos, c’est )

Setlist The Young Gods

Entre En Matière, Figure Sans Nom, Tear Up the Red Sky, All My Skin Standing, Moon Above, About Time, Envoyé, You Gave Me a Name

Encore 1:

Kissing the Sun, Gasoline Man, Skinflowers

Encore 2:

Everythem

(Organisation : Botanique) 

 

Balthazar

La fièvre du dimanche soir…

Balthazar a donc eu la bonne idée de s’arrêter à l’Aéronef de Lille, au cœur d'une tournée impressionnante. Responsable d’une pop alternative, inventive, lumineuse et nonchalante, boostée par une énergie brute, ce groupe belge s'est forgé une sacrée renommée internationale, grâce à ses trois premiers elpees.

Des bus entiers, au sein desquels on ne cause que la langue de Clouseau, ont transporté des centaines d’aficionados impatients d’assister au concert de leur band préféré. Faut dire que ce ‘Fever Tour’ ne s'arrête qu’à trois reprises en Belgique, et qu’il n’était pas aisé de se procurer les sésames.

Balthazar est venu défendre son quatrième opus, « Fever ». Depuis ses débuts, il a bien évolué et surtout pris de la bouteille. En outre, Martin Devolder et J. Bernhardt, les deux têtes pensantes du combo, se sont affirmées en acquérant une belle expérience née de leurs projets personnels, avant de mieux se retrouver.

Le départ de la violoniste Patricia Vanneste nous prive cependant d'une grande artiste et d’une représentation féminine au sein du line up ; mais qu'à cela ne tienne, les cinq gentlemen qui le composent aujourd’hui, ont vraiment tout pour convaincre.

L'Aéronef est donc comble pour accueillir le band coutraisien. Il règne cependant, dans la salle, une ambiance un peu smooth, en cette fin d'après-midi. L’assemblée dominicale a donc besoin d’être secouée...

Ces artistes sont séduisants. Pas étonnant, d’ailleurs que le public féminin se soit déplacé en masse. Faut dire que les musicos affichent un charme fou pour faire la java dans leurs petits pas chaloupés et roulements d'épaules.

Au cours des deux heures de ‘live’, le groupe va, bien évidemment, nous réserver les meilleurs morceaux issus de ses précédents long playings, parmi lesquels il n'y a pas grand-chose à jeter ; mais bien sûr, nous proposer des titres récents, issus de « Fever ». Ces morceaux-là, plus ‘groovy sexy’ se démarquent des trois elpees précédents. Le registre est davantage aigu et suave, mais surtout se nourrit d'électricité séductrice… Si, si !

Les titres s’enchaînent à une bonne cadence : des slows langoureux à danser en duo, empreints d’un chouia de mélancolie, aux refrains chantés en chœur par les cinq musicos, comme une bande d'amis qui passe la soirée ensemble, on frôle l'universel. Des interventions de cuivres (trombone et trompette) communiquent de la chaleur et de la rondeur à certains morceaux... Le tromboniste se prenant même pour la meute à lui tout seul.

Devant un décor ‘couleurs du moment’ (corail/jaune moutarde/bleu diva) les cinq dandys nous ont présenté un show bien chorégraphié et cadencé, mais également plein de classe et de sincérité.

Le public resté fidèle depuis ses débuts, le lui a bien rendu en ponctuant les refrains de ‘hou, hou’, en toute autonomie !

Parmi les moments les plus fusionnels, on épinglera « Blood like wine » (tous la chopine en l'air) et, sans grande surprise le nouveau tube "Fever", une composition d'une efficacité remarquable ; sans oublier le morceau tout joyeux issu du dernier opus, "Entertainement", parcouru d’autres ‘hou, hou’, mais ‘rollingstoniens’…

Grâce à ce concert pêchu, sexy et contagieux, Balthazar nous a transmis sa fièvre… du dimanche soir… (voir aussi notre section photos ici)

(Organisation : A Gauche de La Lune)

No One Is Innocent

Même pas eu le temps de souffler…

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En arrivant à destination, on constate que le ‘tour bus’ de No One Is Innocent occupe une bonne partie du parking réservé au Zik Zak. Doit y avoir un sacré matos ! Le band se produisait la veille au Reflektor de Liège, et apparemment y a mis le souk… 

Fondé en 1994, N.O.I.I. a publié son neuvième elpee, « Frankenstein », en février 2018. Fruit d'un cocktail entre punk, garage, metal et rock, sa musique est explosive. Ses coups de gueule virulents et ses revendications politiques humanistes véhiculés dans les lyrics déclinés dans la langue de Voltaire, reflètent un engagement jamais pris en défaut. Son patronyme ? C’est le titre d’un single des Sex Pistols ! Pas étonnant que le groupe cherche constamment à casser les codes traditionnels. Lors de leurs derniers concerts, ils ont même invité des survivants de Charlie Hebdo. Enfin, le band tourne régulièrement en compagnie de Tagada Jones, le Bal des Enragés ou Ultra Vomit, des formations qui partagent les mêmes convictions...

Le supporting act est assuré par une formation habituée des lieux : Z Band. Un quatuor réunissant Matt (Matthieu Van Dyck) au chant, Jay (Jerry Delmotte) à la batterie, Dweez (Morgan Twizir) à la guitare et Mich Michel Vrijdag à la basse. Le quatuor puise au sein de ses deux elpees, « No Loose Behavior », paru en mars 2018 et « Apocaliquids » en novembre 2018, pour forger sa setlist, des opus favorablement reçus par la critique. 

Tel le justicier qui pointe de la pointe de son épée le ‘Z’ de Zorro, le band assure souvent les premières parties au Zik Zak, un peu comme s’il servait de rampe de lancement idéale pour les têtes d’affiche. Et ce sera encore le cas ce soir. Les musicos mouillent leur chemise, à l’instar de Matt qui déambule parfois dans la fosse, alors qu’elle commence seulement à se remplir. Musicalement, le band semble surtout s’inspirer de Soundgarden, Rage Against The Machine et System Of A Down, mais probablement aussi de Red Hot Chili Peppers. Bref, back to the 90’s…

Setlist : « Into The Wild », « Always Running », « I Got A Mission », « Stretching My Mind », « YYYY’I D », « Diamonds In The Rough », « El Fush », « Right Here Richt Now », « Sweet Fruit », « Jezebel », « Mozzarella ».

Il est presque 22h00 lorsque No One Is Innocent débarque. Le line up réunit Kemar au chant, Thunder B à la basse, Popy aux drums ainsi que Shanka et Gaël aux guitares. De nombreux fans se sont agglutinés aux premiers rangs. Il est donc impossible de s’approcher du podium, Dès le premier morceau, « A La Gloire Du Marché », on est rassuré, le groupe est en forme. Et puis, les musicos ont de la bouteille et maitrisent parfaitement leurs instruments. Sa musique libère une fameuse dose de violence, une violence qui est portant dénoncée dans les textes des compos, fustigeant tout aussi bien le colonialisme que la guerre. Tout en n’oubliant pas d’incendier l’extrême-droite hexagonale, surtout quand Kemar balance que ‘La jeunesse emmerde le Front National. Le gratteur rythmique possède une excellente technique. Kemar crie son amour pour la foule et le démontre en se jetant dans la fosse pour se laisser porter à bout de bras. Mais les deux sixcordistes ne laissent pas Kemar monopoliser tout l’espace scénique. Ils s’autorisent d’ailleurs chacun leurs solos. Le public est survolté et la température dans l’auditoire grimpe par pallier. Kemar clame ‘Venez- vous prosterner’, alors que les quatre autres membres sont rassemblés autour de lui et du drummer. La formation avale les kilomètres sur les planches tentant de battre le record du monde du saut de kangourou.

Les morceaux défilent à plus de 100 à l’heure dont « Nomenklatura », qui s’achève par une série de ‘ya basta’, déclamés par un Kemar, d’une voix toujours à la limite de rupture. Et pas la moindre pause, puisque « Les revenants » n’est pas même prévu dans la setlist. A l’issue d’un étonnant mais bref solo, Shanka s’amuse à chanter dans le microphone de sa gratte. Pendant « Charlie », interprété en hommage aux disparus de Charlie Hebdo, la foule reprend les paroles en chœur. Une foule qui en demande et en redemande. Mais la prestation s’achève par un « What The Fuck » de circonstance…

Setlist : « À La Gloire du Marché », « Silencio », « Kids Are On The Run », « Ali », « Nomenklatura », « Djihad Propaganda », « La peau », « Solo Shanka », « Bullet », « Liar », « 20 ans », « Chile », « Frankenstein », « Charlie », « What The Fuck ».

(Organisation : Zik Zak et Rock Nation)

Charlie Winston

Après un Weekend Hobo fixe…

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Préalablement programmé ce 4 décembre 2018, le concert de Charlie Winston a donc été reporté ce jeudi 21 mars. Pas de chance, c’est le soir de la rencontre de football Belgique-Russie ; et le Cirque Royal est loin d’être comble. Charlie est venu défendre son dernier elpee, « Square 1 », paru le 29 septembre de l’an dernier. Un opus où figure le single « The Weekend », une chanson ludique et estivale qui raconte comment, le week-end, nous devenons d’autres versions de nous-mêmes, mais également une œuvre au cours de laquelle il revient sur ses thèmes engagés de prédilection, comme celui des réfugiés politiques…

Le supporting act est assuré par un de ses potes, David Zincke. Un Britannique (NDR : il est issu de Doncaster, une petite ville sise au Nord de l’Angleterre) établi à Nice. Et c’est Charlie qui vient le présenter à 19h20, devant un auditoire quasi-vide. Un mec sympa, cool, qui chante en s’accompagnant à la semi-acoustique et aux percus électroniques. Il a gravé son premier elpee, « Soul and bones », en juin de l’an dernier. Un disque mis en forme par Medhi, un musicien qui bosse également en compagnie de Winston.

ll entame son set par « Bright New Day ». Il y étale déjà sa dextérité sur ses cordes, un titre enlevé et nerveux qui baigne au sein d’un univers proche de Mumford And Sons. Lorsqu’il frappe ses percussions du pied gauche, l’ambiance monte d’un cran. D’autant plus qu’il est plutôt interactif ; et comme le public est aussi attentif que réactif…

Pas de ukulélé pour « Settle Down », mais la version demeure de toute bonne facture. Zincke chante d’une voix atmosphérique et chargée de feeling des textes à la poésie élégante. Délicat et précis, son toucher de gratte en picking est épatant tout au long de « Unfinished Mountain Song ». Il adapte parfaitement « The Boxer » de Simon Garfunkel, une chanson pour laquelle il sollicite le concours de la foule afin de reprendre le refrain. En cours d’interprétation, il lève le doigt et lance un ‘Yes’, pour marquer sa satisfaction, vu la participation de l’auditoire. Et après « Last Dance », une compo qu’il a d’ailleurs traduite en clip vidéo, tourné dans les rues du Vieux Nice (à voir et écouter ici), il clôt son récital par « On My ». Une chouette découverte !

Setlist : « Bright New Day », « Settle Down », « Unfinished Mountain Song », « The Boxer (Simon Garfunkel) », « Last Dance », « Oh My »

Tout au long de « Another Trigger », morceau d’ouverture, la silhouette de Charlie Winston se dessine derrière un paravent blanc inondé de lumière. Il fait le pitre quand il n’exécute pas une chorégraphie assez pointue et termine même ce morceau en pratiquant du ‘human box’. Et lorsqu’il quitte cette protection, il apparaît tiré à 4 épingles, le chapeau mou vissé sur le crâne, comme d’habitude. Il est soutenu par un drummer, perché sur une estrade, et un préposé aux synthés, dont il s’agit de la deuxième participation. Malheureusement, Mehdi n’est pas de la partie. Dommage ! Winston empoigne sa gratte semi-acoustique, qu’il ne lâchera que rarement (NDR : parfois pour une basse ou pour s’installer derrières les ivoires), alors que des roadies débarrassent le paravent pendant que les musicos nous réservent une musique assez rythmée, trempée dans le dub step et l’électro. Charlie est déjà chaleureusement applaudi. Il balance alors ‘Bruxelles, vous êtes là ?’.

« Kick The Bucket » opère un retour dans le passé. Le public est déjà debout ! Le dandy hobo lui demande de l’aide pour le refrain.

Charlie présente les compos de son dernier elpee. En français et en anglais. Des chansons qui s’inspirent d’anecdotes personnelles sur sa vie de famille (il est désormais papa de deux enfants), de son départ raté en Afrique pour 4 mois au Malawi, à cause d’un mal de dos récurrent…

Il descend dans la fosse pour « A Light (Night) », en transportant un tube néon, et traverse toute la salle, sous les acclamations de la foule. Avant d’aborder « Here I Am », il avoue avoir rencontré des problèmes avec ses profs car il était un peu dyslexique. « Airport » met en exergue son talent au piano. Bien sûr, les tubes « In You Hand » et « Like A Hobo » n’ont pas été oubliés et constituent d’inévitables moment forts du concert.

Mais le point d’orgue du spectacle se produira lors de l’arrivée de Baptiste Lalieu, l’homme bio aussi grand et fort qu’un Saule. Le quatuor se lance alors dans une superbe version de « Dusty Man », pour laquelle le bassiste a troqué sa quatre contre une six cordes. Et ce show généreux, au cours duquel Charlie a tout donné sur scène, de s’achever au bout de 120 minutes, par « Losing Touch ».

Charlie se produira à Enghien, dans le cadre du festival LaSemo d’Enghien, au mois de juillet prochain.

Setlist :

« Another Trigger », « Kick The Bucket », « Speak To Me », « Hello Alone », « Here I Am », « Photograph », « Until Tomorrow », « Get Up Stranger », « Airport » (Solo), « Rendez Vous », « Feeling Stop », « Spiral », « Generation Spent, Smile », « Like A Bobo », « A Light (Night) », « In Your Hand ».

Rappel : « Dusty Man » avec Saule, « Losing Touch ».

(Organisation : Live Nation en accord avec United Talent Agency)

Martin Solveig

Un show surprenant et unique en son genre…

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Après avoir conquis Tomorrowland et le Pukkelpop, respectivement en 2017 et 2018, Martin Solveig est de retour aux affaires cette année. Au programme : du matos inédit et un nouveau spectacle. Suite au succès de son dernier titre, « All Stars », pour lequel il avait reçu le concours de le chanteuse Alma, il a publié « My Love », qu’il interprète personnellement. Cette compo prélude un nouveau virage musical tout en reflétant une envie de défendre une musique au travers d’un format plus live et en laissant libre cours à sa créativité visuelle et scénographique.

Ce soir, l’auteur-compositeur-interprète-producteur se produit à l’AB, pour un concert, bien évidemment sold out…  

Le supporting act est assuré par (Michael) Creange, l’un des meilleurs Djs parisiens. Depuis plus de dix ans, il sévit au sein des meilleurs clubs et tout particulièrement le très à la mode ‘Chez Raspoutine’, à Paris, où il est devenu résident. Jouissant d’une large culture musicale, ce producteur est le responsable du tube « Le Soleil », diffusé sur toutes les plages branchées d'Ibiza.

Il entame son set par un remix de Jain (« On My Way »), mêlé à du Claire Laffut (« Mojo »). Spontané, interactif et énergique, il ne tient pas en place derrière ses platines, communiquant à la foule un incroyable sentiment de joie et de plaisir, grâce à une musique chargée de nuances et bien équilibrée. Il remixe, à sa manière, de grands standards funk et soul des nineties. La mayonnaise prend bien et le public commence à se déhancher sur le dancefloor. Bref, Creange a parfaitement joué son rôle de chauffeur de salle avant la prestation de Solveig...

20h45, les lumières s’éteignent, le rideau s’ouvre et dévoile le décor où on remarque de suite la présence d’un écran géant aménagé en fond de scène.

Martin Solveig ne reste pas planté derrières ses platines pour mixer. Il mouille sa chemise en monopolisant le podium, muni de son micro. Sa voix n’est pas parfaite, mais cette carence ne nuit jamais à l’ensemble. D’ailleurs, il est bien plus important de constater que l’artiste sort de sa zone de confort pour se consacrer au chant et interagir constamment avec une salle complètement acquise à la cause.

Lors de l’« Intro », il n’y a pas âme qui vive sur les planches. On entend juste la musique qui défile et les stroboscopes bleus et blancs qui scintillent. On reconnaît ensuite « Where It All », que chante Solveig ; mais il n’y a toujours personne sur l’estrade. En fait, il est occupé de traverser la fosse et débarque devant nous, vêtu d’une veste à lignes blanches et noires. Il balance alors ‘Ca y est, on y va Bruxelles ?’ Aussi modestement, il ajoute : ‘Bruxelles, cela va bien ?’. Tout continuant à parler, il invite le public à applaudir et à jumper. La réaction est instantanée. Pendant ce temps, un préposé aux synthés et un guitariste s’installent. Ils s’attarderont sur les planches, le temps de 3 morceaux.

Tout au long de « Buckjump », « Aint No Use » et « One Your Way Down », la section rythmique se révèle particulièrement percutante, sauvage et efficace. Le préposé aux synthés et celui à la gratte rythmique accomplissent parfaitement leur job. Ils apportent aux morceaux une touche à la fois funky et électro, tout en leur administrant des sonorités africaines. Solveig réalise un enchaînement magistral entre « The Night out » et « Aint No Use » qu’il opère en milieu de parcours. Bien vu ! Ce qui met, en outre, une sacrée ambiance dans la fosse.

Interlude : des roadies apportent un escalier à 3 marches de couleur noire, divisé une deux parties, sur lesquels vont grimper deux danseuses coiffées d’un grand chapeau noir. Et lorsque les deux éléments sont réunis, on devine, au-dessus, les platines de Solveig. Il part s’installer derrière et fait son show, tout au long de « One Your Way Down » et « Craziest Things », pendant que les danseuses exécutent, en avant-plan, des danses africaines. La température grimpe encore d’un cran, et la salle se transforme en immense dancefloor. Précision : les deux musicos ont alors disparu de la circulation et ne reviendront plus sur l’estrade.

Solveig récupère son micro et affronte à nouveau le public, tout en confessant qu’il s’agit de son second show, ce soir. Le premier, il l’a accordé à Paris. Il signale que Bruxelles est sa seconde ville, salue le public ainsi que Stephen Fasano, aka The Magician, présent dans l’auditoire. Solveig descend dans la fosse pour attaquer « My Love ». De quoi y mettre le souk. Il va d’ailleurs y rester un bon moment, de manière à s’immerger dans l’atmosphère qui règne au sein de la foule, accordant même quelques selfies…

Martin revient derrière les manettes pour « Lose My Mind ». Les danseuses sont également de la partie, mais ont changé de tenue, optant pour des joggings de couleur blanche. Elles exécutent des mouvements de break dance plutôt acrobatiques. Placés en bord de scène, les machines à fumigène sont réactivées. On en a alors plein la vue et les oreilles, Solveig en profitant pour libérer totalement ses samples et ses machines. Et le show de s’achever par « Do to me ». Malheureusement, malgré les demandes incessantes du public, Martin ne reviendra plus…

Plus pop et personnel, ce spectacle aura permis à Solveig de revisiter ses grands classiques, mais aussi d’interpréter ses nouveaux titres au sein d’un format exceptionnel. Aussi bon DJ que performer, malgré une petite faiblesse au chant, l’artiste français parvient à réinventer les codes du live à travers un show surprenant et unique en son genre…

Setlist : « Intro », « Where It All », « Buckjump », « Aint No Use », « One Your Way Down », « Craziest  Things », « Here come The Girls », « Suburbia »», « My Love » , « Sunny Side », « Tripped Out Slim » , « Lose My Mind », « Something Beautiful, Hurricane », « Do To Me ».

(Organisation : Live Nation)

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