La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

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K's Choice

Nostalgie, quand tu nous tiens…

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En cette année 2017, K’s Choice célèbre son 25ème anniversaire. Le groupe belge à la notoriété internationale donne le coup d’envoi de sa tournée baptisée ‘French Anniversary Tour’, ce mercredi 3 mai 2017, au Splendid de Lille.
Si le set est affiché fièrement sold out, sur les réseaux sociaux, il faut reconnaître que vu la proximité de la frontière, l’auditoire est davantage composé de Belges que de Français. En quelque sorte, Sarah et Bert jouent presque à domicile ce soir…

C’est très précisément à 20 heures que Jim Bauer, vêtu de noir et de gris –pas très joyeux à prime abord pour une soirée anniversaire– grimpe sur l’estrade, armé de sa sèche (qui doit certainement avoir déjà fêté plus d’un quart de siècle, quand on voit l’usure de la table d’harmonie).

Romantique, l’univers sonore de cet auteur/ compositeur/interprète baigne au sein d’une néo soul teintée de folk aux accents nineties. En extrapolant, elle aurait pu naître de la rencontre entre  Baptiste Lalieu (Saule) et Fran Healy (Travis). 24 minutes chrono plus tard, Jim Bauer annonce la fin de son set ; mais avant de vider les lieux, il va surprendre son auditoire en lui réservant une reprise audacieuse d’« It’s a Man’s World » de James Brown. Sa voix est alors chargée de groove. Et les interventions à la gratte précises et riche en couleurs. Pari réussi et un bel hommage rendu au ‘Godfather of Soul’. Jim Bauer peut s’éclipser la scène la tête haute, le contrat est plus que rempli. Et selon la formule consacrée, cet artiste est à suivre de très près… 

A 20h30 tapantes, les lumières s’éteignent alors qu’une bande/son de « Mr. Freeze » est diffusée dans les haut-parleurs. La salle est maintenant copieusement remplie. Les musiciens entrent alors en scène, sous de chaleureux applaudissements. Ils sont six, dont un second gratteur, un bassiste, un claviériste et un drummer. Et bien sûr Sarah et Gert Bettens qui affichent un large sourire, mais ont beaucoup de mal à cacher les sentiments qui les étreint, face à un public enthousiaste et heureux de ces retrouvailles.

K’s Choice démarre sur les chapeaux de roue en enchaînant ses tout premiers succès. Le ton est donné. L’ambiance est sympathique et agréable. Et un parfum de nostalgie se répand dans l’atmosphère… Sarah multiplie les interventions de gratitude et chargées d’émotion, tout en n’oubliant pas de s’adresser à son frère, parfois sur le ton de l’humour. Gert reste plus discret et se concentre sur ses instruments, en alternant ses guitares (acoustique, semi-acoustique, etc.) et un ukulélé. Et sa maîtrise est impressionnante. 

Les plages du ‘best of’, qui vient de sortir, passent parfaitement la rampe et bénéficient d’une nouvelle énergie que le duo semble puiser au sein d’une fontaine de jouvence. Les musicos sont chevronnés. Des pros, si vous préférez. Ce qui n’empêche pas Sarah d’apporter son grain de folie, lié à la circonstance.  

« Believe » et « Cocoon Crash » sont certainement les deux titres les plus appréciés par le public. Sa réaction le démontre. Et il entonne à deux reprises ‘Happy birthday, K’s Choice’. Un fan vient même offrir un t-shirt, spécialement imprimé pour l’événement, à Sarah.  

Après avoir quitté le podium, la formation revient pour accorder une prestation davantage intimiste. Sarah interprète même, en solo, le single « 20,000 Seconds ». Sarah et Geert  clôturent ce spectacle par une version acoustique de « Killing Dragons ». Et c’est sous les acclamations que le groupe quitte définitivement les planches. Les spectateurs peuvent sortir du Splendid, le sourire aux lèvres et l’impression d’avoir retrouvé leur adolescence, le temps d’un concert, suite à cette soirée anniversaire…

(Voir aussi notre section photos ici)

 

 

 

Ozark Henry

Ce soir, c’est Laura Groseneken qui a volé la vedette à Piet Goddaer…

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Le projet de Piet Hendrik Florent Goddaer, Ozark Henry, remonte déjà à 1995. Considéré comme un des artistes les plus talentueux sur la scène belge, le Courtraisien se produisait, ce samedi 29 avril, à l’Ancienne Belgique. C’est la date de son anniversaire. Aujourd’hui, il fête ses 47 balais ! Le concert est sold out. Pas de supporting act. L’artiste est venu défendre son nouvel opus, « Us », paru il y a tout juste un mois. C’est déjà son huitième…
Pour enregistrer cet elpee, Piet a reçu le concours du producteur Tim Bran (London Grammar, Birdy, The Verve). Une œuvre au cours de laquelle il a cherché à combiner son timbre vocal unique aux accents élecro/pop contemporains. Tout en véhiculant des lyrics qui traitent de l’actualité en condamnant, notamment, l'injustice, le mensonge et le racisme. Il ne faut pas oublier, que particulièrement engagé, l’artiste est ambassadeur des Nations Unies…

La scène de l’AB est immense. Les deux claviers sont placés de biais et se font face. Celui de Laura Groseneken est planté à l’extrême-gauche et de Piet, de l’autre côté. Une estrade disposée en arrière-plan accueille le drummer et un troisième claviériste.

D’une durée de 8 minutes, « Elliot » ouvre le show. Très électro, ce morceau commence lentement avant de monter en puissance pour atteindre un premier sommet. Et « A Hop A Skip And A Jump » est de la première trempe. Manifestement, la set list va nous permettre de découvrir son nouveau long playing. La voix est souvent vocodée. Pieds nus (NDR : il sont longs !), l’artiste a revêtu sa rituelle tenue de couleur noire. Particulièrement concentré, il communique peu avec son public, qui le retrouve sous un nouveau visage. Mais quand il devient enfin interactif, c’est pour sautiller et solliciter l’auditoire afin de frapper dans les mains. De quoi provoquer alors chez les aficionados, sis aux premiers rangs, une réaction enthousiaste. Il faut dire que les beats dispensés par les machines et les percus imprimées sur un tempo métronomique incitent le spectateur à remuer le popotin et à transformer l’AB en immense dancefloor. L’artiste nous propose une version revisitée de « Tatoo » (« Easter Sunday »), un morceau qu’il avait immortalisé ‘live’, dans cette même salle, en 2006. Tout au long de « Mapped Out For Me » –encore du nouveau matos– il chante sans trafiquer sa voix. A cet instant, en fermant les yeux, on a l’impression de planer dans la stratosphère...

C’est à partir de « Happy days », qu’on se rend compte du potentiel de Laura. Jusqu’alors elle s’était surtout contentée d’assurer le backing vocal. Une voix qui se conjuguait –parfois en couches mais toujours en hamonie– avec celle de Piet. Et impeccablement ! Mais, soul, puissante, capable de monter dans les aigus, cette voix commence alors à prendre une autre dimension, évoquant même tantôt Tina Turner ou Beth Hart.

Après l’électro-viscéral « Intersexuel » (« Birthmarks »), place à « Where’s The Love ». Qui a changé d’intro. Les percussions sont plus légères, hawaïennes même ; mais dès le refrain, on reconnaît la chanson. Pendant « Word Up », Laura tire une nouvelle fois son épingle du jeu. D’ailleurs, la star de la soirée ne sera pas Piet Goddaer, mais bien Laura Groseneken, tellement discrète, mais terriblement efficace. Cette multi-instrumentiste, votre serviteur l’avait découverte, il y a quelques années, lors d’un concert accordé par le vieux briscard du blues, Roland Van Campenhout. Et elle s’était encore illustrée, au Lotto Arena d’Anvers, en compagnie de Piet, au cours d’un concert accordé en compagnie de l’Orchestre National de Belgique (voir review ici

Avant le premier rappel, des roadies installent une autre estrade sur le podium. Elle accueillera 3 violonistes et un violoncelliste. Qui vont se lancer dans un ‘happy birthday’ de circonstance, et en totale communion totale avec la foule. Piet est ému, et la remercie. Un rare moment de communication. Le Duke flamand aborde alors le « We Can Be Heroes » de Bowie. Les cordes enchantent, les voix sont aériennes, le public est conquis. Et le band est au grand complet, quatuor à cordes compris, pour interpréter « Africa ».

Ozark Henry va même nous accorder un deuxième rappel de 3 titres, que ponctue le brûlant « Achilles ». L’auditoire est ravi. Votre serviteur aussi. N’empêche, ce soir, c’est Laura Groseneken qui a volé la vedette à Piet Goddaer…

(Organisation : Ancienne Belgique + Live Nation)

Setlist :

« Elliot »
« A Hop A Skip And A Jump »
« Tatoo »
« Mapped Out For Me »
« A Dream That Never Stops »
« Happy Days »
« Intersexuel »
« Where’s The Love »
« Word Up »
« Blindspot  »
« La Donna E Mobile »
« Inhaling »
« Indian Summer »
« This One’S For You »
« At See »

Encore 1 :

« We Can Be Heroes »
« Africa »
« I’m your Sacrifice »

Encore 2 :

« Sweet Instigator »
« Walking The Dead »
« Achilles »

Darkest Hour

Défendre son nouvel album sur scène c’est bien, mais en proposer plusieurs morceaux, c’est mieux…

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Groupe de metal moderne, Darkest Hour est issu de Washington. Ce soir, il se produit aux 4 Ecluses, à Dunkerque. Il est venu défendre son dernier album “Godless Prophets and the Migrant Flora”, un disque qui foisonne de détails, de nuances et à la finition irréprochable.
Mais tout d’abord découvrons cette salle du Nord de la France. Situé au milieu des canaux, cet endroit est vraiment exceptionnel. Il bénéficie d’une infrastructure de choix. L’ambiance y est conviviale et les bières y sont excellentes.

Dead Season assure le supporting act. Une formation qui pratique une sorte de metal progressif. Probablement inspiré de Tool et Soen. La voix est atmosphérique. Les compos sont très techniques et complexes. Mais les balances n’ont probablement pas été réglées correctement. Les interventions de basse couvrent, pour ne pas dire étouffent, le chant. Impossible dès lors d’apprécier correctement. De quoi en profiter pour aller s’échauffer les mollets ou ‘mosher’ sur Darkest Hour.

Changement d’ingénieur son. C’est déjà bon signe. La salle est plongée dans l’obscurité. Silence. On tourne ? Le public, venu remplir gentiment le ⅓ de la capacité de l’espace, s’égosille pour accueillir la tête d’affiche.

Le set s’ouvre par un nouveau morceau, “This is the Truth”. De quoi donner le ton au concert. On va avoir droit à du lourd. Qui déchire. Les musicos ont la pêche, c’est manifeste.

Après trois ou quatre titres issus des précédents opus, place aux excellents “Doomsayer” et “Wasteland”. Le public se réveille. Il reprend en chœur et commence à se bousculer. Mon échauffement n’a pas été vain. “Widowed” permet à Monsieur Muscle (Travis Orbin) de démontrer ce qu’est une brute de finesse, lorsqu’il martèle charley, caisse claire ou grosse caisse. Il est vraiment phénoménal (NDR : déjà entendu, dans une chanson populaire…)

Fini de rigoler, le prochain nouveau morceau je papillonne au milieu des briques, dans la fosse aux lions !

MAAAaiiiiiis, la formation n’accordera qu’un seul nouveau titre et à l’issue d’un rappel qu’on pourrait qualifier de tiède. Faut dire que le public ‘metal’ dunkerquois apprécie uniquement le pogo sage, le ‘porter’ un peu lourd et le lancement de bière. Mention spéciale quand même à ce gars (troll), planté au milieu du pogo, tel un bumper dans un flipper, sans bouger, qui profite du show à une place de choix, alors que ses voisins lui rebondissent dessus.

Bref une fin de spectacle plutôt classique, garant d’un bon moment, mais qui a laissé quelque peu sur sa faim. Les groupies profitent  de l’occasion pour monter sur le podium et prendre quelque selfies en compagnie du groupe (NDR : bon ok, j’en ai prise une avec Aaron Deal ; mais c’est parce que, à la base, le mec est badass)…

Les musicos estiment (NDR : c’est ce qu’ils m’ont déclaré) que lorsqu’on a publié 9 albums, il est normal que le public attende des extraits de toute leur discographie. Et en en proposant un par LP, il y a suffisamment de compos pour compléter aisément une set list.

Bon et alors ce Darkest Hour ? Bah ouais, carrément, c’est propre et c’est fun. Les mecs sont super ouverts et proches de leur auditoire. Mais après avoir gravé un dernier opus aussi incroyable, et être parti en tournée pour le promouvoir, on espérait, quand même, que le band puiserait davantage de titres dans son tracklisting. Normal, quoi !

Joe Bonamassa

Le nouveau ‘guitar hero’…

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Quelle galère pour garer son véhicule à Anvers, près du Lotto Arena ! Si on n’arrive pas suffisamment tôt, on doit se taper des kilomètres de marche. En outre, le Sportpaleis est actuellement squatté par Hans Zimmer ; donc l’éventuelle alternative de parking est condamnée. Bref, votre serviteur débarque bien avant l’heure, mais doit quand même débourser 8€ pour frais de stationnement. Direction la zone orange, une place de choix pour assister au show de Bonamassa, qui va se dérouler devant 8 700 âmes. Un habitué des lieux, au sein desquels il s’était notamment produit en compagnie de Beth Hart.
Joe vient de graver sont 21ème elpee studio, « Blues of desperation » ; et il va nous en proposer de larges extraits.

Un rideau rouge plissé est déployé en arrière-plan, juste derrière le drummer Anton Fig ainsi que les deux choristes, Mahalia Barnes et Jade McRae (NDR : des Australiennes !) Préposés aux cuivres, le trompettiste Lie Thronburg et le saxophoniste Paulie Cerra s’installent à l’extrême gauche, derrière deux immenses meubles sur lesquels sont imprimés clairement les initiales ‘J’et ‘B’. Au piano, Reese Wynans s’est planté de l’autre côté. Le bassiste Michael Rhodes et –surtout– Bonamassa occupent le plus souvent le front de scène. Pour y entrer régulièrement en duel. Bref, c’est la crème des musiciens qui soutiennent le natif d’Utica (NDR : c’est dans l’Etat de New-York).

Pendant qu’une intro préenregistrée est diffusée par les haut-parleurs, les artistes grimpent sur le podium. Mais dans le noir. Puis lorsque des sonorités puissantes de claviers s’élèvent, les spots éclairent enfin les artistes. Ce premier morceau est extrait de « Blues Of Desperation », et s’intitule « This Train ». Le son n’est pas au top. Et la voix de Joe n’est pas assez distincte. Elle est surplombée par celles des choristes. Dommage ! La suite baigne dans un r&b alimenté par l’orgue Hammond, les percus incandescentes et des cuivres flamboyants.

Caractérisé par son refrain à la mélodie accrocheuse, « Mountain Climbing » est un morceau bien radiophonique. Un rock’n’roll aux accents blues au cours duquel la gratte de Joe sort des sentiers battus. Sans doute pour essayer d’atteindre les sommets… Une ligne de basse écrasante mais chargée d’effets amorce le titre maître de « Blues Of Desperation ». Wynans tapisse l’ensemble de ses claviers ‘jonlordesques’. Joe se sert d’un bottleneck pour rendre les tonalités de ses cordes davantage métalliques, presque hard. La rythmique imprimée à « No Good Place For The Lonely » est digne du « Million Miles Away » de  Rory Gallagher. Et Bonamassa nous réserve un solo de toute beauté.  

On quitte les montagnes pour plonger dans la vallée ; celle du Delta. Au cœur du Bayou, « How Deep The River Runs » navigue lentement, dans un style bien laid back. Si la guitare préférée de Joe est une Gibson Les Paul datant de 1959, à chaque morceau, les deux gratteurs changent d’instrument. L’ingé son a réussi à régler les balances et les parties vocales sont bien mieux équilibrées. La cover du « Boogie With Stu » de Led Zeppelin est remarquable. Joe rend un hommage à son maître, BB King, en adaptant superbement son « Never Make You Move To Soon ». Autre cover le « Angel Of Mercy » d’Albert King, un titre qui s’achève par un solide solo de batterie. De quoi permettre aux autre musicos de prendre une petite pause, tout en appréciant le drumming de leur partenaire. Enfin, le band nous accorde un extrait de « Different Shades of Blue », soit l’album favori de votre serviteur : « Love Ain’T Love Song ». Et la version est tout bonnement magnifique.

Joe est à nouveau magistral à la six cordes, tout au long de « Song of Yesterday » (« Black Country Communion »), une compo hantée par le spectre du dirigeable. Climat accentué par le « How Many More Times » du… Led Zep. La fin de parcours sera d’ailleurs parsemée de covers, à l’instar du « Little Girl » de John Mayall & The Bluesbreakers, « Going Down » de The Alabama State Troupers et lors du rappel, de « Hummingbird », en forme d’hommage au grand BB King.

 En 145 minutes, Joe Bonamassa a démontré qu’il était bien le nouveau ‘guitar hero’. Il est âgé de 40 balais. Bien vivant. Et aujourd’hui, il n’existe guère de concurrent dans le domaine…

(Organisation : Greenhouse Talent)

Japandroids

Un retour attendu et surtout convaincant…

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Japandroids avait quelque peu disparu de la circulation, depuis presque 3 ans. Soit la fin d’une tournée qui avait suivie la sortie de son deuxième album, « Celebration Rock », paru en 2012. Et il vient d’en publier un nouveau, début de cette année, « Near The Wild Heart of Life ». Son retour était très attendu ; d’ailleurs la Rotonde du Botanique affiche sold out, ce soir.

Pour assurer les premières parties de son nouveau périple, le duo canadien a emmené dans ses valises un groupe américain. Originaire de l’Indiana, Dasher compte deux Eps à son actif. Et ils remontent à 2014. Sur les planches, le trio originel (NDR : guitariste, basse, batterie) est soutenu par un second gratteur. Mais la singularité du band procède de la présence d’une chanteuse/drummeuse. En l’occurrence Kylee Kimbrough, qui trône au beau milieu de ses comparses. Suivant les morceaux, elle alterne cris et vocalises, alors que les guitares crissent allègrement. Quoique noisy, la musique du combo lorgne résolument vers le hardcore. La subtilité ne figure certainement pas dans le credo de la formation. D’ailleurs, le public n’est pas trop mécontent, lorsque vers 20h30, elle décide de vider les lieux…

Le temps de prendre un rafraîchissement au bar et de se réconcilier avec ses tympans, il est déjà l'heure de se faufiler au sein de la Rotonde, afin de se dénicher une place idéale. Vers 21h, la paire issue de Vancouver grimpe sur l’estrade. David Prowse se plante derrière ses fûts tandis que le grand Brian King s'installe au centre, armé de sa guitare. Dès les premiers accords du single « Near The Wild Heart of Life » (NDR : c’est également le titre de l’elpee), le duo démontre qu’il n’a rien perdu de son punch. Les sonorités de la gratte sont identiques à celles reproduites sur disque. King opère des allers-retours entre son micro et les fûts tout en faisant grincer ses cordes. A l’exception de l’un ou l’autre morceau, il se réserve le chant. Outre son martèlement de peaux, Prowse se charge des chœurs. Les compos défilent sans jamais que la pression en baisse d’un cran. Les moments de pause sont d’ailleurs rares. Il s’agit de la dernière date sur le continent européen. Et manifestement les deux compères ont envie de se livrer à fond. Bien que privilégiant les plages du dernier LP, le tandem pioche régulièrement dans l’ensemble de son répertoire. Et bien entendu, lorsqu’il interprète des morceaux plus connus comme « Heart Sweats », « Wet Hair » ou encore « Fire’s Highway », le public réagit au quart de tour. Evénement plutôt rare au Botanique, un début de pogo éclate en fin de set. Probablement déclenché par les fans de la première heure (NDR : enfin, on peut le supposer). Au bout d’une bonne heure, le duo prend congé de l’auditoire, avant de revenir quelques instants plus tard, pour attaquer deux hymnes : « Young Hearts spark fire » et « The House That Heaven Built ».

Onze ans après sa création, Japandroids n’a pas pris une ride. Son garage/rock est toujours aussi efficace et jouissif. La température ambiante qui régnait à la fin du show témoigne de l’énergie libérée par les deux musicos, mais aussi de l’enthousiasme manifesté par une grande partie des spectateurs. Un retour attendu et surtout convaincant…

 (Organisation : Botanique)

Placebo

La substance active n’était qu’un Placebo…

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Très vite considéré comme l’un des groupes incontournables de la scène alternative rock, au cours des années 90, Placebo est reparti en tournée mondiale (excusez du peu !) afin de fêter, comme il se doit, ses vingt années d’existence. Après un premier tour de chauffe, pas très probant, exécuté en novembre 2016, sur les planches du ‘Zénith Arena’ de Lille, il est de retour. Et au même endroit

Le support act est assuré par Last Train. Vêtus de vestes en cuir et de pantalons slims, les musicos du quatuor alsacien grimpent sur l’estrade sous un éclairage éblouissant et sur une bande sonore digne d’un western. Avant d’attaquer un répertoire qu’on pourrait qualifier de Black Rebel Motorcycle Club à la française ! Pourtant, en 30 minutes, le band va parvenir à impressionner son auditoire. De quoi laisser un goût de trop peu, vu le temps qui lui a été imparti. Un groupe à suivre de très près… (Pour les photos, c'est ici)

A 21 heures pétantes, une vidéo promo de « Every You, Every Me » est projetée sur les 3 écrans géants placés à l’arrière du podium. Il relate, à la manière d’un petit flash-back, la carrière de la formation, depuis 1996 à nos jours. Le riff de guitare caractéristique de « Pure Morning » donne le coup d'envoi de cet anniversaire fêté par le personnel, qui a pris place à l’arrière de l’estrade, mais qu’on ne peut discerner que depuis de frontstage, vu le peu d’éclairage qui lui est réservé. Brian Molko et Stefan Olsdal prennent immédiatement place à l’avant-plan.

Visuellement, le show tient la route. Ecrans et light show sont impressionnants de maîtrise. La set list fait alors la part belle aux morceaux issus des nineties pendant une trop brève demi-heure. Et ils font littéralement mouche.

Suite à quoi la bande à Molko va attaquer la partie mélancolique du concert ; et ce par « Without You I’m Nothing », chanson empreinte d’émotion puisqu’à l’origine Brian et feu David Bowie l’interprétaient en duo. Ce dernier apparaît alors sur l’écran ; ce qui déclenche de chaleureux applaudissements.  

Une heure plus tard, Brian et son compère Stefan décrètent que la partie nostalgique du spectacle est terminée et annoncent laisser le champ libre à cet ‘Happy Dancing Birthday Party’. Ouf il était temps ! Le groupe enchaîne alors les gros succès, désespérément attendus par l’auditoire, et tout particulièrement « Spécial K », « Song To Say Goodbye » ou encore  « The Bitter End ».

Une fin de parcours sans faute qui va se traduire par une véritable communion entre la formation et le public. 

Ainsi, en finale du 1er rappel, « Nancy Boy » et « Infra-Red » sont repris à tue-tête par la foule. Car on aura droit à un second encore, au cours duquel Placebo va nous réserver « Running Up That Hill ».

Placebo s’était produit le 24 août 1996, dans le cadre du Pukklepop. Il était venu défendre son premier elpee ; un disque éponyme, pour lequel votre serviteur était tombé sous le charme. Faut dire qu’il est toujours considéré comme le seul chef-d’œuvre d’une discographie qui ne compte que sept long playings. Et sublime, ce set est resté gravé dans ma mémoire (NDR : Brian Molko avait même accordé une interview à notre rédac’ chef ; voir ). Mais ce soir, malgré le succès récolté, sa prestation ne m’a pas vraiment convaincue. 

 ) Que reste-t-il de cet immense espoir du rock alternatif ? Plus grand-chose. Le succès ? Sans doute. Dû à des épanchements de mélancolie au bord de la déprime, qu’il cultive maintenant depuis trop longtemps. Mais pour le reste, rideau. Le groupe n’est pas parvenu à trouver la bonne médication pour se soigner. Sans doute que la substance active n’était qu’un Placebo… (Pour les photos, c'est ici)

Organisation : A gauche de la lune

 

 

 

Temples

Maîtres dans l’art de faire du neuf avec du vieux…

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Ce mercredi 19 avril, le Grand Mix à Tourcoing nous invite à opérer un grand bond dans le passé. Enfin, grand, c’est très relatif, puisque ce retour va nous replonger dans les seventies. Et être réalisé par deux formations qui ont forgé leur réputation en proposant un son réminiscent de cette époque. Sortez les moustaches, cheveux crollés et vestes brillantes, c’est parti pour un voyage dans le temps.

Creatures monte sur l’estrade à 20h45 (NDR : oui c’est tard pour une première partie !) Un quintet londonien dont le look du chanteur rappelle Jeff Lynne, le leader d’Electric Light Orchestra. Son nom ? Bobby Voltaire ! Plutôt charismatique, il se trémousse dans tous les sens. Le set est rétro et parfaitement assumé. Le décor est donc bien planté. Quant à la musique, elle se révèle à la fois colorée et variée. Dans un contexte contemporain, cette situation pourrait sembler ridicule ; mais comme le style colle à l’attitude, l’effet est garanti. Et vu que les musicos affichent une mine sympathique, on passe un bon moment. (Pour les photos, c’est ici).

Il faut attendre 21h40 pour voir Temples relayer le supporting act, sur les planches du Grand Mix. Et la foule s’enthousiasme en regardant ces quatre jeunes gars, issus des Midlands, vêtus de fringues d’une autre époque. Faut dire qu’en publiant « Volcano », son deuxième opus, le band a frappé fort ! Ce qui lui a valu d’hériter d’un surnom pas facile porter : ‘Les nouveaux Tame Impala’. La pression est donc sur ses épaules avant de défendre à la fois cet elpee et son nouveau statut. Dès les premiers morceaux, on constate que non seulement la set list alterne plages du second et du premier LP, mais que celles de ce dernier ont été retravaillées, allongées, pour les besoins du ‘live’. « Sun Structures » et « Keep in The Dark » bénéficient ainsi d’une prolongation instrumentale qui le différencie de sa structure classique. Et puis, ces développements s’inscrivent bien dans un contexte néo-seventies. En outre, les jeux de lumières collent parfaitement au show  On imagine d’ailleurs que les concerts se déroulaient, à l’époque, dans ce climat, au sein des clubs londoniens. Ce qui compense, quand même, le manque de communication des musicos. Probablement une question de timidité. Il y a encore du travail à accomplir dans ce domaine…

« Certainty » et « Mystery Of The Pop » constituent certainement les deux sommets du set.  Et qui démontrent que le deuxième long playing est bien meilleur que le premier. Ce qui ne va pas empêcher Temples de nous réserver deux morceaux –superbes par ailleurs– du premier, lors du rappel (NDR : que la foule a dû réclamer avec insistance !) : « A  Question Isn’t Answered » et surtout « Shelter Song ». De quoi convaincre les derniers sceptiques. Pas de doute, ces jeunes britanniques sont passés maîtres dans l’art de faire du neuf avec du vieux. Et lorsque le band aura réussi à chasser ses complexes, il risque fort de prendre une autre dimension… (Pour les photos, c’est )

(Organisation : Grand Mix)

The Jesus & Mary Chain

De la fumée, mais plus de feu...

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La dernière fois que votre serviteur avait assisté à un concert de Jesus & Mary Chain, c’était en 1998. Presque 20 ans, déjà. Dans le cadre du festival de Dour. Et la prestation n’avait pas laissé un souvenir impérissable, les deux frères –probablement alors sous influence– étaient alors entrés en conflit. Cette année là, la formation avait quand même publié un album, intitulé « Murki ». Avant de se séparer en 1999. Après avoir monté des projets, chacun de leur côté, les frères Reid ont donc décidé de reprendre le cours de l’aventure en 2007. Se contentant de tourner, pour finalement quand même graver un septième opus, l’an dernier, baptisé « Damage & Joy », un disque qui a bénéficié de la mise en forme de Youth (Killing Joke).

En débarquant dans l’AB, vers 19h30, il y a à peine 200 personnes dans la salle. Curieux ! Heureusement, elle va se remplir progressivement. Et à 21 heures, elle est presque comble. Le set de Jesus & Mary Chain peut alors commencer…

Le supporting act est assuré par Tokota, un quatuor issu du Nord de la Belgique. Les deux gratteurs sont bien complémentaires et leurs cordes libèrent des sonorités pétillantes, cinglantes, dans l’esprit des Skids. Quant à l’expression sonore, elle oscille entre la pop (Mud Flow ?) et le blues. Malheureusement, le chanteur est loin d’avoir une voix inoubliable. Et ce n’est pas la choriste, venue renforcer l’équipe, en fin de parcours, qui va changer la donne. D’autant plus que sa voix est trop faible, pour faire une éventuelle différence… (Pour les photos, c’est ici)

C’est donc par « Amputation », une plage du dernier elpee, que le set de J&MC s’ouvre. Derrière le quintet, l’image de la pochette de cet opus, « Damage & Joy », est projetée ; et pourtant le concert ne va en retenir que quatre extraits, le reste du tracklisting puisant au sein de la discographie du band. William a les cheveux en pétard, bouclés, et est chaussé de lunettes. Sa six cordes est branchée sur deux baffles et amplis ‘Orange’. En léger retrait, mais au centre, le drummer trône sur une estrade. Le deuxième gratteur et le bassiste sont installés à gauche. Et Jim se plante au centre. Sa coupe de cheveux est, ma foi, plutôt classique. Il est filiforme. Réservé, il parle peu entre les morceaux. C’est d’ailleurs à peine si on entend ses propos. Sauf, quand il chante, d’une voix dont le timbre est toujours aussi velouté.

Les titres s’enchaînent. Depuis le bourdonnant « April skies » jusqu’au lancinant « Halfway to crazy », en passant, entre autres, par le doux amer « Between planets », l’hymne mortel « Blues from a gun », une compo soulignée de chœurs envoûtants, et le groovy « Mood rider ». Une choriste vient également rejoindre le band pour deux morceaux, mais elle n’a pas le charisme de Hope Sandoval… Des chansons mélodieuses, quoique noisy, qui s’écoulent plutôt paisiblement, en cascade, même si certaines se révèlent un peu plus caustiques. Sur l’estrade, les musicos sont plutôt statiques. La tension électrique est cependant permanente et propice au feedback. Les sonorités de cordes sont cristallines ou marécageuses. Ou encore véhiculent des accents fuzz voire surf. Quand elles ne lorgnent pas carrément vers Joy Division. Le son est puissant. Surtout dans la fosse. Les climats sont glaciaux, tourmentés et ténébreux. Spectraux parfois, même. Faut dire que l’écran de fumée y contribue. Mais la violence est intérieure. On est d’ailleurs loin de l’attitude dangereuse du punk que le combo incarnait en 1985. Et pourtant, les lyrics continuent de véhiculer des thèmes pour adolescents, comme la frustration, la romance pure et le sexe.

C’est lors du final que le show va enfin s’embraser et la tension atteindre son paroxysme. Grâce à une version agressive de « Reverence ». Après une longue intro instrumentale, presque post rock, l’assaut sonique est irrésistible. Et Jim en profite pour marteler son slogan, ‘Je veux mourir comme Jesus Christ’, lors du refrain. Le sommet du concert !

Il est dix heures, et le groupe s’éclipse. Or, le concert venait de prendre son envol. Cinq minutes d’attente, dans ces circonstances, c’est trop long. Le soufflé est retombé. Jesus & Mary Chain revient donc sur l’estrade pour un rappel entamé par un « Nine million days » (« Darklands »), au cours duquel on retrouve pourtant ces chœurs ‘rollingstoniens’ envoûtants, probablement par sympathie avec le diable. Et puis un « Just like honey » (quatre plages issues de « Psychocandy » lors de l’encore) à la beauté scintillante, qui va couler goutte à goutte comme du miel. Mais le charme est rompu. La fumée était encore bien présente, mais plus le feu… (Pour les photos, c’est )

(Organisation : Live Nation)

Setlist

Amputation
April Skies
Head On
Far Gone and Out
Between Planets
Blues From a Gun
Always Sad
Mood Rider
Teenage Lust
Cherry Came Too
The Hardest Walk
All Things Pass
Some Candy Talking
Halfway to Crazy
Reverence

Encore:

Nine Million Rainy Days
Just Like Honey
You Trip Me Up
The Living End
Taste of Cindy

War on Peace

 

Damien Saez

Le manifeste qui sonne la révolte…

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Damien Saez n’a jamais été le plus tendre des chanteurs francophones. Mais ses textes onttoujours reflété un certain engagement et ressemblé à un appel à la révolte. Aujourd’hui, plus que jamais, ce côté rebelle se confirme. En ce moment, il « Manifeste » partout en France. Il a posé, le temps d’une soirée, ses revendications, en chansons, sur les planches de Forest National.

D’une douceur rude, rugueuse et aussi belle que ‘démangeante’, Saez fait un peu son cinéma, laissant le public seul face à une jeune fille au regard profond, projetée sur l’écran géant. Elle aussi est belle et sombre ; le noir et blanc accentuant chaque expression qu’elle affiche dans une justesse touchante. Mais surtout, elle dégaine les mots, aussi précisément qu’un cow-boy dégaine son colt ; comme lui, elle égratigne, elle blesse, elle frappe de plein fouet quiconque la regarde, l’écoute. C’est une poésie magnifiquement ténébreuse. Damien l’accompagne au piano, comme si une bande son prenait vie en direct.

« L’humaniste », extrait du « Manifeste », ouvre le bal. Un bal militant qui, pendant plus de trois heures, prend aux tripes, donne des envies de révolution. Un bal aussi où tout le monde n’entrera pas dans la danse, n’écoutant à priori que trop superficiellement les paroles de ces compositions toutes plus fortes les unes que les autres. Mais non Saez ne se prend pas pour un justicier, il n’est pas venu au bal, masqué. Il chante et crie parfois, son indignation. Et il invite chacun à l’accompagner.

‘Depuis le début de la tournée, on aimait bien, parfois on pouvait chanter 4h. Et puis Bruxelles… Ville européenne… Couvre-feu à 11h.’ Il provoque, il punche. Et ce n’est clairement pas de l’ordre de la remarque courtoise ; c’est plutôt une vraie pique, une lance.

Après un début de set placé sous des morceaux aux airs calmes, mais aux airs seulement, dans lequel l’artiste a donné aux « Enfants paradis » la « Fin des mondes », il offre quelque chose de plus rock grâce à « Betty ». Et avec elle, Damien s’emballe. Finies les berceuses, il balance, il envoie toute la colère qui résonne dans ses chansons, libérant toute sa puissance verbale. « Mon terroriste » va permettre aux spectateurs, venus festoyer, de se divertir, de bouger, de danser, bien aidés par un accordéoniste qui colore magistralement les compos, en choisissant le ton exact. Mais ce terroriste va aussi combler les autres, ceux venus pour écouter ce que le chanteur raconte, ceux qui savent qu’ils ne ressortiront pas, le cerveau et le coeur indemnes de cette soirée. Et cette division va être renforcée par un intermède provocant sur « Des p’tits sous ».

Saez règle ensuite ses comptes par une « Lettre apolitique ». L’ambiance est particulière. Ce n’est pas un Forest National complètement enflammé qui est face au chanteur. Un public en manque de repères, en manque de chansons phare de l’artiste. Jusque là, il a fallu se contenter « Des p’tits sous », de « J’hallucine » et de « Into the Wild ». Mais la suite rattrape quelque peu cette absence de répertoire plus ancien. Saez va ressortir de sa boîte l’elpee « J’accuse ». C’est un peu comme si l’assistance recevait enfin sa dose. C’est un soulagement, une peur qui s’envole. Il est vrai que rien n’est jamais sûr chez cet OVNI de l’industrie musicale…

Et puis arrive le double moment de consécration de cette soirée. La douce poésie de « Jeunesse lève-toi », non moins revendicatrice, emmène cette fin de spectacle dans une autre dimension. Mais comme chaque fois, l’incroyable « J’veux qu’on baise sur ma tombe » touche, émeut. Hallucinante poésie noire, extraordinaire moment d’osmose… Comme si cette chanson appartenait à chaque fan présent, comme si Damien Saez était un ami d’enfance. Les yeux se ferment, chacun se construit son image, bercé par cette mélodie reconnaissable entre dix mille. Une rivière noire a coulé pendant des heures, mais sa noirceur remonte, sa misérable pollution retourne d’où elle vient. La rivière se purifie, elle émet de nouveau son joli bruit, elle est de nouveau belle. Mais elle chuchote, elle supplie que cet épisode ne se reproduise plus, de l’aider à empêcher que la noirceur ne l’envahisse de nouveau. Il faudra veiller, rester vigilant, rester ouvert et, ensemble, combattre, ruser, se défendre de toutes les forces que la nature a procuré à chaque être de raison.

La très jolie clôture sur « Tu y crois » en deviendrait presque anecdotique. Une soirée pleine de merveilles.

Cette chronique a été sans conteste la plus difficile que j’ai eu à écrire. Je n’ai jamais autant effacé, recommencé, repris, hésité… Comment relater un moment unique sans se tromper, sans se laisser tromper par les mots? Comment vous expliquer toute la symbolique d’un jeune garçon qui monte sur scène pour lever le poing aux côtés de Damien ? Mon affection musicale est marquée depuis de nombreuses années par les oeuvres de Saez. Ce n’est pas le plus beau concert auquel j’ai assisté. Mais mes émotions, mes sentiments, mes réflexions lui disent merci. Mon coeur et mon cerveau fonctionneront mieux encore. Je suis ressorti de cette salle avec une profonde envie de révolte.

Enfin, ce ne sont pas ces raisons qui ont rendu difficile l’écriture. Non, pas du tout. J’ai eu honte. Honte de coucher de si pauvres mots pour en raconter de si beaux. Ceux de la plume même de Damien Saez. Il n’a pas la voix la plus attrayante de la chanson française ; mais bon sang, quelle qualité d’écriture, quelle justesse, quelle noirceur, et pourtant pleine d’espoir. Ses textes paraissent parfois débarquer d’un autre monde que celui dans lequel est ancré la musique d’aujourd’hui. Et ces paroles qui prennent vie ont encore tellement plus d’impact quand elles sont livrées en live. Il était impossible de lui rendre véritablement justice ici. Vu toute l’admiration que je lui porte, je m’en excuse…

(Organisation : Live Nation)

Atomic Spliff

De bonnes vibrations pour recharger ses accus…

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Il y a un bon moment que votre serviteur n’avait plus fréquenté l’Eden à Charleroi. Une salle à taille humaine qui s’est rapidement forgée une certaine notoriété pour la qualité du son. Et dont les organisateurs, particulièrement dynamiques, accueillent de manière conviviale, artistes et public. Qui seront plongés, ce soir, dans l’univers du ragamuffin, du dancehall et du rub à dub. D’abord grâce au band carolo, Babelsouk, puis liégeois, Atomic Spliff, dont c’est la ‘release party’. Il vient de publier son second opus, « Robomuffin ». Et si vous souhaitez relire la chronique de l’album, c’est ici.La foule s’est déplacée en nombre, pour cette soirée. Compte-rendu.

Né en 2011, Babelsouk a gravé son premier LP, « Charlykingston », l’an dernier. La release avait rempli l’Eden ! MC : KLM en est le chanteur. Il est soutenu par les guitaristes Nesta et Damien, le percussionniste Alibih, le claviériste Sem, le bassiste Eric et le drummer Mnk. Il pratique une fusion de reggae, dub, raggamuffin, ska, funk, soul, rock et hiphop, façon old school. Ce qui n’est pas pour me déplaire. Ensoleillée, la musique véhicule des textes engagés mais positifs. Un flow qui aborde des sujets de la vie quotidienne comme l’amour, le respect de soi et des autres, la solidarité, la paix et l’espoir. Et en ouverture, « Babylon Low » en est une belle illustration. La guitare rythmique balise la compo et met les points sur les ‘i’. Le mélodica la colore et la sucre, alors que les percus lui communiquent graduellement des accès de fièvre…

« Babelsouk Anthem » nous entraîne dans le Kingston du pays noir. Les lyrics y traitent de la mondialisation, de la guerre en Irak, du nucléaire. Et de l’emploi. Il faut « Tendre La Main » avec « Action » sur une « Soif De Justice » pour le « Peuple d’aujourd’hui » dans une ambiance africaine. Mais c’est la musique qui fédère. Le message est clair. En 20 voire 30 mots, cette ‘Impro Freestyle’ est construite sans complexe et facilement. De l’excellent hip hop qui en revient aux roots. « La Nuit Porte Conseil » quand on a « La Tête Dans Les Etoiles ». Bref, drivé par un KLM, capable de jouer sur les mots comme MAKYzart, on peut affirmer que Bablesouk… a mis le souk ! 

Après un changement de matos, place à Atomic Spliff. Stone Man (NDR : artiste complet, il est également sculpteur et cartooniste) est coiffé d’un bonnet jaune paille (anti-héro) sur le bandana couvrant des dreadlocks qui lui arrivent aux talons. Il est chaussé de lunettes fumées dont les montures sont de la même couleur que le couvre-chef.

La formation liégeoise est responsable d’un reggae particulièrement ‘roots’, oscillant entre ragggamuffin, dancehall et rub a dub. Propices à la bonne humeur, les paroles sont humoristiques et traitent de leurs expériences quotidiennes. La scène est immense : pas de problème, le crew est imposant et les musicos sont, à l’instar de votre serviteur, quasi tous barbus. Il réunit deux Mc’s, Daddy Cookies et Stone Man, un guitariste, Kevin Maclot (il pourrait jouer le rôle de Lépold II, dans un biopic), le claviériste Brieu Di Maria, le bassiste Boris Valley Colledos, le drummer Renaud Baivier, le saxophoniste Jort Verdijk et le trompettiste Kris Van Stoes (NDR : deux Anversois, aux cuivres !), sans oublier deux ‘Flagmen’ (des agitateurs de drapeaux, aux couleurs jamaïcaines, fallait s’en douter), dont Bernard Jaegero…  

Les chanteurs sont en forme et dès leur entrée en scène, ils frappent dans les mains des spectateurs, aux premiers rangs. Un mélodica amorce « Appelle-Moi », une compo pleine de bonnes vibes, construite comme un comics yankee. « Robomuffin », c’est le titre du nouvel elpee. Les martiens ont débarqué en 2015. Les hommes sont devenus des numéros. Des robots même. Les Mc’s adoptent ces gestes automatiques sur des bruits mécaniques. « Mr Postman » est devenu une bête. Il dépose les factures, mais pas les colis qui viennent de Kingston. L’envoi contenait malheureusement des mixtapes…

« Rock Steady / Well Now » remonte le temps. Mais que ce soit sur le sable de Kingston ou le dancefloor, ‘Ya Man’, on bouge le popotin. Tout en se vidant la cervelle et oubliant ses tracas. « Train To Zion » est envahi de cuivres. De solides musicos ! Départ Gare des Guillemins. Le voyage en train nous conduira à Zion. Un paradis sur terre. Pas de ticket. No Stress. On danse dans le wagon fumeur. La ganja calme les nerfs. « Pas Assez ». Non, on en veut encore. Le show tire à sa fin. « Remove Ya ». Je m’emmerde à Babylon. Je veux travailler à mon rythme. La chaleur monte graduellement. L’ambiance également. Des meufs sont montées sur l’estrade, mais la fumée est trop épaisse pour voir distinctement ce qui s’y passe. « Nerveux » s’enfonce dans le hip hop, l’oreille dans le rétroviseur (?!?!?). On crache tous sur Babylon. On n’aime pas la guerre. Atomic dresse le raggamuffin comme un cheval sauvage, lors d’un rodéo. Dansant, « Gal Ina Di Dance » baigne dans un rub a dub plutôt pointu.  

Au bout de 120 minutes de folie, mais bien contrôlée, le public a rechargé ses accus de bonnes vibrations. La prestation scénique était impeccable. Pas un seul temps mort. Une soirée à marquer d’une pierre blanche !

Le 20 juin, Atomic Spliff se produira au Rogery Festival de Gouvy et le 24 du même mois, au Don’t Support Punish, qui se déroulera dans le Parc Royal à Bruxelles, mais également au Concerto à 5 euros de Rebecq. Allez checker sur leur Facebook (voir ), tout est indiqué.

(Organisation : Eden et Charlykingston ASBL)

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