Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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Puggy

Une nouvelle année Puggy ?

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Après avoir accompli une tournée de dix dates en France, en compagnie de Ricard Live –dont un crochet via l’Aéronef de Lille, il y a 15 jours– Puggy se produisait à La Madeleine, ce lundi 11 avril, pour nous présenter 6 extraits de son nouvel et album « Colours » (NDR : c’est son quatrième) qui sort le 22 du même mois. C’est sold out. Donc il doit y avoir plus ou moins 1 200 personnes qui attendent le trio de pied ferme, parmi lesquelles on dénombre une belle cohorte de fans.

Aprile, aka Nicolas Donnay, assure le supporting act. Il s’agit du nouveau poulain de Nicolas Renard, le manager de Puggy. Barbu, les cheveux coiffés en chignon, il se produit seul sur les planches, armé de sa gratte semi-acoustique. Ce Liégeois possède une voix superbe, puissante, rappelant celle de Jason Kay (Jamiroquoi). L’artiste va nous interpréter quatre titres, en une vingtaine de minutes, dont « Cheap chick », un extrait de son premier Ep. Sa musique campe un hybride entre pop, funk et jazz, que les puristes n’hésitent pas à qualifier de néo soul. Et à l’issue de chaque morceau, il est chaleureusement applaudi. L'artiste publiera un nouvel Ep, cet été (Pour les photos, c’est ici).

Réunissant un Suédois, un Français et un Britannique, Puggy vit en Belgique. Un pays au sein duquel il se sent particulièrement bien soutenu. Et ce depuis 2007, année de la sortie de son premier elpee.

Les lumières passent au bleu. Les filles s’époumonent. Et c’est sous une immense ovation que le band débarque. Il est 21h10.

Ziggy dispose d’une batterie flambant neuve et se sert circonstanciellement d’un clavier. Il siège à droite du podium. Matthew se plante au centre. A sa disposition, une panoplie de grattes semi-acoustiques et une électrique rutilante, dont il va surtout avoir recours, lors des nouveaux titres. Imperturbable, Romain s’installe à gauche, toujours fidèle à sa vielle basse, modèle 1965. Et à l’arrière, se poste le nouveau claviériste/pianiste, Matthieu Vandenabeele, qui remplace John Janssens.

Les musiciens semblent en forme. Percutant, « Fight Like You'Re Fighting » ouvre le set, un morceau funky pop, légèrement teinté d’électro. Matt s’adresse au public en les invitant à faire du bruit (NDR : comme lors d’une rencontre de basket !) Et il s’exécute. « Last Day On Earth (Something Small) » fait monter la température de quelques degrés. Romain saute sur place. D’un air vengeur, Ziggy frappe sauvagement les peaux de ses fûts. Matt jongle entre ses trois grattes. Il improvise et module sa voix en fonction des émotions qu’il injecte dans ses chansons. Véritable bête de scène, il a déjà l’auditoire dans sa poche. Faut dire qu’il y a un an que la plupart des aficionados n’ont plus eu l’occasion de voir le band en ‘live’. Et quelque part, lorsqu’il se produit à domicile, la formation joue sur la corde sensible. Matt adresse un petit signe à Alex pour régler sa voix au micro, et balance : ‘Bruxelles, on y va!’

« Feel So Low » est plus que probablement le prochain tube. Le single, « Lonely Town », l’est presque déjà. Plus funky pop, « Soul » libère énormément de groove. Beatlenesques, les harmonies vocales à trois voix sont particulièrement soignées tout au long de « To Win The World ». Matt a repris sa semi-acoustique pour « How I Needed You ». « Change The Colours » bénéficie d’un refrain contagieux. Le light show est versatile. Le titre est judicieux, même si lors du set accordé à l’Aéronef, les variations de lumières étaient davantage mises en évidence grâce à une toile tendue en arrière-plan, des fluctuations qui procuraient une sensation de magie… Ici, la configuration des lieux ne permet pas ce type d’éclairage. Le public est chaud boulette et réactif. Une véritable communion s’établit entre le combo et la foule. Un air de folie s’y propage. Et c’est dans cette ambiance, que « Territory » clôt le spectacle.

En rappel, Puggy va nous réserver « Dubois Died Today » suivi de « To Win The World ». Les septante-cinq minutes du set sont passées à une vitesse vertigineuse. Une excellente prestation, même si celle de Lille était encore meilleure. Mais elle risque encore de s’améliorer le 14 mai au Cirque Royal et le lendemain à l’Ancienne Belgique, puisque les musicos auront eu le temps de rôder davantage leur spectacle. Pas de bol pour les retardataires, les deux dates sont sold out depuis belle lurette. Une question s’impose cependant, 2016 sera-t-elle une nouvelle fois l'année Puggy ? (Pour les photos, c’est ).

(Organisation : Live Nation)

 

 

 

 

 

 

Damien Jurado

Rien que du bonheur !

Écrit par

En ce dimanche 10 avril, tout se ligue contre les mélomanes qui ont décidé d’aller applaudir Damien Jurado, au Botanique de Bruxelles. D’abord, à cause de la fatigue du week-end qui s’achève. Un week-end aux fumets de barbecue et aux relents de rosé d’Anjou. Ou alors simplement propice à la farniente voire aux ballades ou encore au chilling. Et puis, se déplacer, à Bruxelles, un dimanche soir, via les transports en commun, s’avère depuis quelques semaines, particulièrement téméraire...

Aussi, imaginer qu’on va s’enfermer dans la boîte de l’Orangerie pour terminer ce week-end magnifique, peut sembler inapproprié. Sauf que… ce dimanche soir, l’extraordinaire Damien vient défendre « Visions of Us On The Land  », son dernier opus. Et d’ailleurs, c’est bien là que le véritable but de cette fin de semaine se situe. Une œuvre qui clôt sa trilogie entamée dès 2012 par « Maraqopa » et poursuivie sur « Brothers And Sisters Of The Eternal Son », en 2014. Trois elpees éblouissants qui racontent l’histoire d’un voyageur qui part à la rencontre du bien et du mal, de l’ésotérisme, de la pensée et du rêve, avant d’achever ce périple lorsqu’il est sûr d’avoir acquis la plénitude dans le doute. Une ambiguïté que l’artiste semble d’ailleurs entretenir. On ne le sait pas encore, mais ce spectacle va littéralement nous scotcher et nous dégriser des excès de la veille, telle une partie de jokari.

Tout commence à 20h00…

Avant de pénétrer dans l’Orangerie, on a pris soin d’emporter un gobelet de houblon qu’on tient aux bords des doigts. Il fait soif ! Et quand on a encore la gueule de bois, rien de tel que de soigner le mal par le mal. Passé le cachet imprimé au bord du poignet, on entre paisiblement dans la salle.

Complices, les lumières s’éteignent. Astronaute monte sur l’estrade. En toute modestie. Au beau milieu des rires, des bruits provoqués par les GSM, des conversations… Pas le moindre applaudissement pour saluer son apparition. Au bout de quelques accords, une voix s’extirpe de ce brouhaha. C’est celle de Myrthe Luyten. Androgyne, profonde, sublime, hypnotique. Et il ne faut pas deux phrases avant que l’auditoire ne fasse le plus grand silence. Il semble surpris par tant d’intensité et de tessiture dans le chant. Devenu muet, il pose ses lèvres sur le godet et avale autant les compos que la mousse qui, elle, commence à se faire de plus en plus rare.

En trente minutes, la formation belge va nous réserver six pépites superbes, délicates, sensuelles et mélodieuses. Le public est conquis, persuadé qu’il faudra être attentif à ce band incroyablement authentique. Et ce malgré un déséquilibre dans le mixing, trop favorable aux drums. Qui au lieu de tramer les morceaux, avaient plutôt tendance à les étouffer. (Pour écouter le groupe, c’est ici et pour les photos de ce concert, c’est )

Les spectateurs refont le plein de kérosène pendant que les roadies s’affairent sur l’estrade. Tiens, même Jurado leur file un coup de main. Sympa le gars !

Il est 21h quand l’Américain grimpe sur le podium. Et il n’est pas prêt de le quitter. On y reviendra plus tard.

Les épaules plus larges que deux armoires normandes, Damien Jurado est bâti comme un bûcheron. Il est tout de jeans vêtu, pantalon et chemise. Il est chaussé de chaussures de couleur brune, on ne peut plus banales. Il s’assied tout simplement sur une chaise en bois. Il est presque en boule, mais pourtant tous les regards sont braqués sur lui.

Tout au long du set, ses attitudes varient. Les yeux clos ou rivés sur le sol, il a le visage fermé, sérieux. Mais quand il le relève, c’est pour sourire. Sincèrement. Comme un homme qui a atteint une plénitude qu’il tente de communiquer à son auditoire. Entre les chansons, il lui arrive de plaisanter en compagnie de ses musicos. L’humour potache d’un adulte voué à grandir physiquement mais qui semble garder une âme d’enfant. On sent une véritable complicité entre les musicos et Damien. Un grand respect aussi. Mais, sur les planches, c’est lui le patron.

Du vent et de l’abîme, il redessine les lieux et semble même avoir une telle facilité pour y parvenir qu’il se surprend lui-même. Et s’émerveille de sa propre créativité. 

La main serrée sur le manche, il affiche une technique précise, remarquable. Il enchaîne les morceaux, pour la plupart issus de son dernier LP, brillamment. Ses chansons libèrent une dose incroyable de tendresse et de douceur. Malgré un style pointu, il a une classe folle. On est bluffé. Une telle masse de muscle capable de donner tant d’amour.

22h15 premier rappel.

Damien Jurado revient seul et attaque deux chansons en solo, dont « Prisms ». C’est le point d’orgue du spectacle. Les musiciens reviennent alors sur les planches afin de participer aux deux derniers titres, avant de saluer la foule, comblée…

Sauf que…

Comblée oui, mais gourmande, insatiable et enflammée. Le public en veut encore, crie, siffle, applaudit. Les lumières de la salle se rallument mais rien n’y fait, il reste sur place et n’abandonne pas la partie.

Surpris de cet engouement, l’Américain revient, et sollicite l’auditoire pour choisir les quelques bonus tracks. De véritables cadeaux. Rien que du bonheur.

22h40. Le concert est fini. Les spectateurs sont assoiffés, mais le sourire aux lèvres ils ont fait le plein d’amour dans leurs cœurs… (Pour les photos, c’est encore ici)

Setlist

Magic Number (**)
Exit353 (***)
Lon Bella (***)
Silver Timothy (**)
Am Am (***)
Onalaska (***)
This Time Next Year (*)
Mellow Blue Polka Dot (***)
Jericho Road
(**)
Sam and Davy (***)
Walrus (***)
Life Away From The Garden (*)
And Loraine (***)
Qachina (***)
Taqoma (***)
Prisms (***)
Working tittles (*)
Return To Maraqopa (**)
Nothing is the News (*)
+ Various ..

* « Maraqopa » - 2012

** « Brothers And Sisters Of The Eternal Son » - 2014

*** « Visions of Us On The Land » - 2016

(Organisation Botanique)

 

 



Gaëtan Streel

Un jour, deux jours et puis trente jours à la fois…

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Afin de défendre son nouvel album, « Two Days At A Time », Gaëtan Streel se tape 30 jours de concerts d’affilée. Un véritable marathon ! Qui va transiter, tour à tour, par une chaumière, une église, la salle des fêtes d'un village, un appartement, un manoir et quelques endroits intimistes et insolites. Il en est à son neuvième jour. Il va donc à la rencontre de son public.

Le Moulin Fantôme est un ancien moulin transformé en café-concert, sis au milieu d'un cadre idyllique. C’est loin d’être commun. Il est érigé près des étangs du Coeurcq. Et souriant, le patron du club est un personnage vraiment rock'n'roll. Conviviale, la salle peut accueillir –au grand max– 100 âmes. Ce soir, il n’y en aura qu’une trentaine pour ce showcase proposé en format semi-acoustique.

Gaëtan Streel avait  déjà interprété quelques unes des compos du nouvel LP, dans cadre du Brussels Summer Festival, en août 2015, au sein d’un sextuor. Il confesse déjà accumuler une certaine fatigue, mais que cette tournée a du bon.

Poète, Gaëtan compose indifféremment dans la langue de Voltaire ou de Shakespeare. Mais son premier LP, « One day at a time » recelait exclusivement des titres en anglais. Son dernier le révèle cependant sous un angle différent. D’abord il est partagé entre morceaux des deux idiomes. Et empreints d’une grande sensibilité, ses textes s’inspirent de ses rêves, ses angoisses, ses désillusions, mais également de ses espoirs… 

Gaëtan se réserve le micro. Il s’accompagne au ukulélé ou à la guitare semi-acoustique. Tout comme Jérôme Magnée (Dan San), lorsqu’il ne se consacre pas aux drums. Des drums réduits à leur plus simple expression : un tom basse retourné, sur lequel est posé un essuie de vaisselle et une cymbale. Sara Lejeune est préposée à la contrebasse moderne (Electric upright bass) et aux choeurs.

Le set s’ouvre en douceur par « Go And See The Lights », un extrait du premier elpee, paru en 2012. Un bluegrass au cours duquel les deux guitares nous entraînent à travers les grandes plaines de l'Ouest américain. Le tout magnifié par les chœurs à trois voix.

Jérôme (NDR : il va se multiplier tout au long de la soirée) accorde son ukulélé et le band peut attaquer « Sort Of Happy », un extrait du dernier opus. Le son est parfait.

Gaëtan signale qu'il attaque aujourd’hui le neuvième show de son long périple. Qu'il éprouve des difficultés à se souvenir de son nom, mais que son cd est en vente près du bar. Fin de spot publicitaire… Les harmonies vocales à trois voix constituent certainement le point fort de ce spectacle. A l’instar de « Unless You'Rer Lyung Too », un titre qui figure sur le nouvel LP, subtilement souligné d’un filet de guitare. Ou encore de « The Well And The  Key ». A cet instant, on se croirait même dans une église.  

Jolie ritournelle, « 138 G De Chanson » est une chanson d’amour interprétée en français. Gaëtan révèle qu'il écrit des chansons dans sa langue natale depuis longtemps, mais qu'il n'avait pas encore eu l'opportunité de les graver sur cd.

« Nostalgie » est une compo dont il avait entamé l’écriture à l’âge de 23 ans. Faussement nostalgique, elle est chargée d’autodérision. Il vient seulement de terminer le second couplet. Ce qui ne l’empêche pas de la glisser dans la set list. Intimiste, le show s’achève par « Words ».

Et en rappel, Gaëtan clôt le concert par un titre chanté a cappella, au milieu de l’auditoire. Pour son plus grand bonheur.

(Organisation : Le Moulin Fantôme)

James Morrison

Parfait pour oublier les tracas de la vie quotidienne…

Écrit par

James Morrison Catchpole est un chanteur/compositeur/guitariste né à Derby, en Angleterre. Un artiste dont le premier elpee, « Undiscovered », remonte à 2006. Et c’est le single, « You Give Me Something », issu de cet LP, qui va le faire connaître à travers le monde. Son dernier opus, « Higher Than Here » est paru fin 2015. Et il est venu le défendre, au sein d’une salle dont il avait déjà foulé les planches, en 2012 (Sarah Carlier en assurait le supporting act) et en 2009 (là, c’était Selah Sue qui ouvrait son concert).

Bien que le second balcon côté fosse soit condamné, la salle est pleine à craquer. La première partie est réservée à Glenn Claes. Pas un inconnu au Nord de la Belgique, puisqu’il a été finaliste de la version néerlandophone de ‘The Voice’. Un crochet au cours duquel il avait brillamment interprété « The Sound Of Silence» de Simon & Garfunkel. En février 2016 il était venu présenter son premier elpee, « Back Where My World Began », à l’AB Club, dont a été extrait le single « Face In The Light ».

Belle gueule d’ange, Glenn se sert d’une gratte on ne peut plus classique. Il est soutenu par un autre préposé à la sèche, Stijn Bervoets. Chevelu et barbu, il s’installe à gauche de Claes. Qui a manifestement une très belle voix. Capable de se fondre dans un duo vocal atmosphérique tout au long du tendre « Little Lies ». Mais également de la moduler, en la poussant dans les graves ou les aigus ; une voix capable d’emprunter un timbre rocailleux mais également d’exprimer toute sa puissance. A l’instar d’un Milo Meskens. Aux premiers rangs, le public féminin est sous le charme. D’une vingtaine de minutes, le set s’achève par une cover intense du « All Night Long » de Lionel Richie. Le garçon a du talent et est certainement à suivre de très près.

Tout le monde est placé sur une immense estrade sauf James, en avant scène, et un des deux claviéristes. Un podium imposant sur lequel sont plantés l’autre claviériste (au Hammond), un drummer, un bassiste et un guitariste. Imposantes, les deux choristes sont postées à l’extrême gauche. Morrison est armé d’une six cordes semi-acoustique.

 « Under The Influence » (« Undiscovered ») ouvre le show. Le light show est impressionnant et se focalise sur les différents artistes. Il est composé de 6 rangées de gros spots tournants, desquels repartent des petites guirlandes de leds qui s’élancent vers le plafond juste au-dessus des artistes. Au milieu de la chanson, James Morisson s’adresse au public en criant ‘Brussels', à la manière du ‘boss’ et l’incite à frapper dans les mains. Les interventions du Hammond communiquent un feeling sixties au morceau. « Nothing Ever Hurt Like You » (« Songs For You, Truths For Me ») baigne advantage dans la soul ‘motownesque’. Tout au long de « I Won't Let You Go » (« The Awakening »), la troupe est plongée dans un halo de lumière bleue. La voix de James est haut perchée. Les claviers sont omniprésents et les chœurs se libèrent. Lors de « Stay Like This » et « Something Right », le crooner a abandonné sa guitare. Il tient son micro à deux mains pour ces ballades soul bouleversantes. Place ensuite au tube « Wonderful World  » (« Undiscovered »). Le répertoire est varié et alterne vieux standards et nouvelles compos. Au cours desquelles il va notamment faire le pitre, pastichant –mais parfaitement– Mickael Jackson, pour le plus grand bonheur des premiers rangs. Très interactif avec son public, il injecte dans ses compos énormément de feeling et de chaleur humaine. La voix de James excelle dans tous les styles. Elle a mis tout le monde d’accord. Y compris pendant les morceaux funk et r&b. C'est l'un des représentants les plus talentueux de la scène insulaire. Et en guise d’apothéose, « Demons » est interprété devant mille feux et lumières…

On aura quand même droit à un rappel. Qu’il achève par « You Give Me Something », dont le refrain est entonné par l'ensemble de l’auditoire. Chargée d’émotion cette superbe soirée a permis d’oublier les tracas de la vie quotidienne. Ce qui n’est déjà pas si mal…

(Organisation : Live Nation)

 

Charles Bradley

Un Pasteur d’amour…

Écrit par

Nouveau phénomène sur la scène soul contemporaine, le New-yorkais Charles Bradley se produisait sur les planches du Cirque Royal, ce jeudi 7 avril. Malgré ses 67 balais, on ne peut pas dire que ce soit un vétéran sur la scène musicale. Et pour cause, il n’a été découvert que tardivement ; en outre, son premier album, n’est paru qu’en 2012. Faut dire que sa vie tumultueuse a plus que probablement retardé son éclosion. D’ailleurs, il faut reconnaître que sa signature sur le label Daptone, constitue un petit miracle. Et l’artiste est venu défendre son dernier né de sa très courte discographie, « Changes », qui vient à peine de sortir en Belgique.

Malgré cette reconnaissance tardive, la salle est sold out ; et l’auditoire est impatient de découvrir les déhanchements de ce nouveau golden ‘papy-soul’. Sur les planches, il est soutenu par un fameux collectif de 7 musicos, dont les indispensables cuivres et orgues. Et manifestement, il sait s’entourer. Sa formation, judicieusement baptisée His Extraordinaries, va se révéler irréprochable d’un bout à l’autre du show. Mention spéciale à l’organiste qui avait la lourde tâche de chauffer la salle pour annoncer le soulman avant son entrée, mais également combler les intermèdes entre ses changements de costumes et moments de récupération. Après une intro instrumentale, caractérisée par son groove irrésistible, l’artiste déboule sur l’estrade, vêtu d’un costume pailleté digne de James Brown (NDR : qu’il avait d’ailleurs découvert en live, à New-York, en 62). Malgré une condition physique limitée liée à son âge (et ses excès ?), Charles Bradley parvient, dès le départ, à combler son auditoire grâce à son incroyable voix et une présence charismatique. Il transcende ses morceaux et les transforme en condensés d’émotions parfois difficilement supportables, à l’instar du final bouleversant « Whi is It so Hard ? », morceau qui retrace son parcours de vie qui l’a entraîné de Brooklyn à la Floride, en passant par l’Alaska, tout en rappelant l’épisode de l’abandon par sa mère dès ses 8 mois (NDR : qu’il retrouvera à l’âge de 8 ans). Véritable showman, il prend beaucoup du plaisir en ‘live’ et communique beaucoup avec son public. Il parvient même à créer des connexions à travers l’évocation des récents attentats bruxellois. Mais avant tout, l’Américain annonce être là pour partager son amour… et il va le démontrer tout au long du concert qui atteindra son apothéose lors du rappel, quand il décide de serrer les mains de ses fans comme un pasteur évangéliste, dans une église baptiste de la ‘bible-belt’, du Sud des Etats-Unis. Il se permet même un lancer de roses… Pas ridicule pour un sou, tant le geste cadre avec le personnage et l’esprit du concert. Mais on retiendra avant tout l’excellence des morceaux et l’osmose incroyable entre l’artiste et son groupe, une synergie qui permet au chanteur de réaliser ses rêves totalement et librement. Définitivement le ‘feelgood’ concert de la semaine…

(Organisation : Live Nation)

 

 

A Place To Bury Strangers

Pas encore prêt à finir six pieds sous terre…

Écrit par

A Place To Bury Strangers avait littéralement retourné la ‘Cannibal Stage’, lors de la dernière édition du Dour Festival. La formation yankee est de retour en Europe pour y accomplir une nouvelle tournée. Il faut dire qu’il ne se passe pas un an sans que avoir des nouvelles du trio de shoegaze. C’est à l’Aéronef de Lille que votre serviteur a décidé d’être enseveli en ce début de mois d’avril.

La première partie est assurée par Rape Blossom. Un groupe gantois dont le post punk lorgne manifestement vers Joy Division. Ravi d’être là, le quatuor ne s’économise pas sur les planches. Chargée d’intensité, sa prestation se savoure comme un bel amuse-gueule, avant le plat de résistance.

Il est un peu plus de 21 heures lorsque le trio de Brooklyn monte sur l’estrade. Il entame son set par « We’ve Come So Far », une compo issue de son dernier elpee, « Transfixiation », sorti l’année dernière. Et la set list ne va en extraire que deux. Peut-être nostalgique, le band new-yorkais a –semble-t-il– décidé d’en revenir aux sources, en interprétant une majorité de morceaux datant d’au moins cinq ans. Certains en comptent même dix ! L’auditoire, majoritairement composé de mélomanes âgés d’une vingtaine d’années, semble d’abord un peu surpris par ce choix auquel il semble peu habitué. Mais A Place To Bury Stangers ne jouit pas d’une réputation de groupe le plus bruyant des Etats-Unis pour rien ; et progressivement, la mayonnaise commence à prendre. Les hochements de tête du début de set se transforment rapidement en bras levés puis en mouvements de foule. La recette magique du trio ? Une guitare agressive et une basse robuste accompagnant à merveille des percussions frénétiques.

Afin de permettre au combo de se ménager un entracte, Oliver Arckemann et Don Lunadon, respectivement guitariste et bassiste, descendent dans la fosse. On devrait donc vivre une expérience différente. Soit un titre électro. Interprété sans aucun son de corde mais à l’aide d’une console. Un choix surprenant et finalement peu intéressant. On préfère largement APTBS quand il nous balance du gros son !

Retour sur les planches pour les trois derniers morceaux. C’est par l’excellent « I've Lived My Life To Stand In The Shadow Of Your Heart » que le groupe clôt son spectacle. Issue du deuxième effort des Américains, réalisé en 2009, la composition est largement allongée ; certainement d’une dizaine de minutes, pour la circonstance. C’est le délire dans la foule qui se lance dans un pogo presque collectif. Ce qui ne freine –bien sûr– absolument pas le groupe dans son entreprise de pilonnage en règle ; il en remet même plusieurs couches, avant le finish au cours duquel les guitares volent même en l’air.

Comme la formation n’est guère interactive, le concert semble passer à une vitesse dingue. Finalement, il n’aura duré qu’un peu moins d’une heure. Presque sans le moindre temps mort. Mais A Place to Bury Strangers y a démontré une nouvelle fois que son statut de groupe bruitiste n’est pas usurpé et qu’a contrario de ses instruments, il n’est pas prêt à finir six pieds sous terre !

(Organisation : Aéronef)

The Pharcyde

Le VK, temple du cool pour une soirée !

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Fondé en 1989, The Pharcyde est issu du quartier de South Central, à Los Angeles, en Californie. Un groupe américain de hip-hop alternatif, surtout connu pour ses tubes « Drop », « Passin' Me By » et « Runnin' », ainsi que pour son tout premier elpee, « Bizarre Ride II the Pharcyde », publié en 1992. Difficile en ce lundi 4 mars de faire plus ‘hipster’ et vintage que d’assister au concert de cet ensemble constitué de vétérans angelos, au VK de Molenbeek.

Les Américains se produisaient dans la capitale européenne, à l’initiative d’Aral et Sauzé, collectif de hip-hop bruxellois à qui revient d’ailleurs l’honneur d’assurer la première partie du show. Malgré des ambiances ténébreuses, le crew démontre une certaine habilité à chauffer un public –déjà très chaud– grâce à une expérience emmagasinée durant plus de 20 ans de route et des DJ sûrs de leur art.

Vers 22h, les héros de la soirée débarquent devant un auditoire conquis d’avance et une salle plus que sold out ! Mais, c’est surtout une chaleur de bête qui règne au sein de la salle (NDR : pas facile de s’y acclimater un lundi soir après avoir assisté au Tour des Flandres, sous le soleil, la veille…)

The Pharcyde –aujourd’hui réduit aux seuls MCs Bootie Brown et Imani– flanqué d’un DJ tout droit sorti d’une salle de jeu Geek, débute pied au plancher par des morceaux à la coolitude absolue tels que les imparables « Runnin’ » ou « Passin’ Me By », le tout dans un esprit résolument positif et bourré d’humour (sans oublier d’être conscientisé) si cher à A Tribe Called Quest ou De La Soul. Entre un hommage à J Dilla qui a été leur producteur et des vidéos loufoques parfois issues de leurs clips dont le fameux « Drop » réalisé par Spike Jonze lui-même ou l’apparition de Bottie Brown dans un clip de Gorillaz, le public ne sait plus où donner de la tête… L’ambiance est électrique et, c’est une certitude, The Pharcyde n’est pas venu à Bruxelles –seulement– pour l’argent mais pour réinjecter avec classe et talent une bonne dose d’énergie à notre capitale meurtrie. Les tubes issus de « Labcabincalifornia » et de « Bizarre Ride II the Pharcyde » résonnent encore dans les têtes de tous les chanceux qui ont assisté à ce moment de bonne humeur collective.

(Organisation : Vk + Aral & Sauzé)

 

 

Isola

Dix mots en dix tests, et on suppose qu’Isola fera le reste…

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Isola avait disparu du paysage musical depuis près de 4 longues années. Puis fin de l’an dernier, il a publié un single « Radical », qui a squatté le ‘Décompte’ de Pure FM, pendant 25 semaines. Et son second elpee, devrait sortir bientôt. Un peu de moins de 150 personnes se sont déplacées pour aller applaudir la formation hutoise.

Garcia Goodbye assure le supporting act. Fondé en 2008, ce duo est issu Vilvoorde, et réunit le drummer Jens Leen et le claviériste/guitariste Tommy Gontie. A l’instar de Cats On Trees, il pratique une électro/pop percutante. Mais paradoxalement, il a davantage de succès au Brésil et en Turquie que dans sa Flandre natale. Un constat quand même assez courant pour bon nombre ou artistes issus du Nord de la Belgique. Qui éprouvent même des difficultés à se produire en Wallonie. Et c’est la raison pour laquelle le club Plasma a été créé…

Le combo est venu défendre son premier elpee, paru en 2014. Un disque au titre éponyme.

Le set s’ouvre par « Shade Of Light ». Les voix sont harmonieuses. A l’instar d’Arsenal, le tandem ose une chanson d’amour dans la langue de Molière, « L'Amour C'est Toi ». « Exactly » lorgne manifestement vers Coldplay. Et « Dancing School » est encore plus radiophonique. Une prestation plutôt sympathique qui s’achève par « Just Say Yes ». Ben oui, alors… (NDLR : Huy ?)

Formation hutoise, Isola implique Frédéric Migeot (guitare, claviers, chant), Mike Van Bogget (guitare), Ludo Catalfamo (claviers), Xavier Lesenfans (basse) et Didier Dauvin (drums). Lorsque Fred commence à chanter, on a envie de fermer les yeux et de se laisser porter par ses rêves. Si le combo est venu présenter ses nouvelles chansons, il n’en oublie pas son ancien répertoire, afin de ne pas trop perturber ses aficionados. Et tout particulièrement ses hits.

Le concert s’ouvre par « Mad ». Le son est un peu trop puissant. Pas assourdissant, mais à la limite. En fin de set, Fred expliquera que nouveau, l’ingé-son doit encore s’adapter à sa fonction.

Multi-instrumentiste, il jongle souvent entre sèche et gratte électrique. « Gravity » constitue bien sûr un moment attendu, et ce titre de britpop rafraîchissant met tout le monde d’accord. Y compris le fracassant «Radical », dispensé en fin de parcours. Et le spectacle de s’achever par « Covet me » et « Never Let Me », deux brûlots incendiaires…

On attend donc impatiemment la sortie du nouveau long playing. Evoluant dans un univers sonore proche de Crowded House, même si le sens mélodique lorgnait très souvent vers les Beatles (NDR : ne pas oublier que le premier elpee avait été masterisé dans les studios londoniens d'Abbey Road), le premier avait été mixé par Chris Sheldon (Garbage, Foo Fighters, Pixies, Roger Waters et Jeff Beck)… Le second devrait s’intituler « WORD ». Dix mots en dix tests, et on suppose qu’Isola fera le reste…  

(Organisation : Le Salon de Silly et Silly Concerts ASBL)

And Also The Trees

Ravi de retrouver ces vieilles branches!

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And Also The Trees vient de publier son 13ème album ; et pour le défendre, il est reparti en tournée. Intitulé « Born into the waves », cet excellent elpee est paru ce 18 mars 2016 (voir chronique ici). Une bonne raison pour aller applaudir cette formation qui compte quand même 35 ans d’existence, à l’Os à Moelle de Bruxelles, ce mercredi 30 mars. C’est la première fois que votre serviteur se rend dans cette salle. Qui pour la circonstance est sold out. Située au sein d’un sous-sol à Schaerbeek, elle est vétuste, mais n’en est pas moins chaleureuse. D’ailleurs, la température ambiante grimpe au fur et à mesure de l’arrivée des spectateurs. Les projecteurs –figés sur une seule teinte blafarde– ont du vécu, les fauteuils en velours aussi, et certains rideaux de couleur bordeaux, notamment suspendus au-dessus du podium, rappellent la configuration d’un café-théâtre voire d’un cabaret. Qui compte parmi ses fondateurs, un certain Joe Dekmine. C’était en 1960. Un bail !

Annoncé à 20 heures, le set ne démarre qu’une heure plus tard. Pendant toute cette longue attente, des haut-parleurs nous bombardent de musique cold ou new wave dansante, sur laquelle personne ne danse (!?!?). Et au fil du temps, elle devient même agaçante. Bref, après quelques émanations de fumées éparses, les hauts parleurs diffusent quelques bribes de « Naitô-Sunjuku », un titre issu du nouvel opus. Le quintet monte alors sur l’estrade. Simon Huw Jones a revêtu son traditionnel long manteau d’hiver, qu’il ôtera au bout de quelques morceaux, laissant alors apparaître un gilet très british, dont la boutonnière est reliée par une chaîne en or jusque la poche (NDR : contiendrait-elle un montre Gousset ?) Son frère, Justin, est habillé tout de noir, l’une ou l’autre mèche de cheveux rebelle lui retombant parfois sur le visage. Les frangins sont épaulés par un drummer, un bassiste et un claviériste/gratteur/clarinettiste, ce dernier s’éclipsant lorsque son concours n’est pas nécessaire. Justin est toujours aussi habile sur ses six cordes. Et même les douze, lors du deuxième titre, « Dialogue ». Il les pince ou les caresse de ses doigts, sans onglet. Et nous envoûte très souvent de ses sonorités si spécifiques de mandoline ou de balalaïka. Dès la valse « Sleepers », on assiste à des échanges entre les deux gratteurs. Et ces échanges communiquent une autre dimension à la musique d’And Also The Trees. Les deux protagonistes ne se servent jamais du médiator. Même le bassiste n’y a recours qu’épisodiquement. Simon est dans son monde. Il conte ou chante ses textes poétiques. Très souvent, les yeux mi-clos et en y ajoutant la gestuelle. Il plaisante quand même entre les morceaux. Titre-phare du band, « Virus Meadow » met à nouveau en exergue le talent de gratteur de Justin. Les sonorités cristallines, hypnotiques, alors libérées par les cordes, évoquent paradoxalement Mike Oldfield. Avant d’attaquer « Winter sea », Simon déclare que la compo s’adresse à Jésus. Sans nous en dire davantage. Le nouveau membre du combo se distingue à la clarinette, alors que les cordes sonnent de nouveau comme des balalaïkas et le drummer souffle dans ce qui ressemble à un harmonica, des tonalités plutôt étranges. Plus climatique, « Boden » permet de nouveaux duels entre grattes, mais empreints d’une telle subtilité, qu’on ne peut succomber sous le charme. Simon a empoigné un tambourin pour « Only », un morceau au profil flamenco. Tout comme « Shaledown ». On en oublierait presque la performance du drummer. Qui se balance tout en martelant ou cajolant ses fûts avec une dextérité impressionnante. Il se multiplie tout au long de « Bridges », et lorsque le tempo s’élève on ne peut s’empêcher de penser au « One of these days » du Floyd. Justin dispense des accords ‘surf’ lors du plus new wave « Brother fear ». Mais également sur le mid tempo « Missing », une compo qui achève magistralement et en puissance le set. Accroupi, Justin utilise un archet électronique qu’il fait glisser sur les cordes de sa gratte. Elles gémissent de douleur. Avant que la compo n’entre dans sa phase la plus sauvage. Nous plongeant au cœur d’un malstrom assourdissant. A cet instant, les portugaises sifflent… et les musicos en profitent pour quitter l’estrade…

Réflexion quand même, hormis « The sleeper », les morceaux réminiscents du Genesis circa « Trespass », comme « Seasons a the storm » et « The skeins of love », sont passés à la trappe. Les interventions du clavier sont d’ailleurs ici le plus souvent discrètes et elles ne tapissent jamais les morceaux, comme l’orgue, sur ces trois plages du dernier long playing.

Lors du premier rappel, Justin nous réserve un solo tout en accords pour amorcer « Prince Rupert ». Edifiant ! Le drummer et le bassiste en profitent pour conjuguer des accords jazzyfiants tout au long de « Rive droite ». Et ils sont superbes. Avant que le morceau ne libère à nouveau toute sa puissance.

Et le band d’accorder un deuxième rappel. Simon reprend son rôle de conteur pour « Slow Pulse Boy », une plage percutante, tramée sur un tempo relativement blues (NDR : surf aussi, sans doute), qui est ponctuée par une nouvelle finale frénétique. Acclamations pour un concert épatant au cours duquel le mixing était réduit à sa plus simple expression. Manifestement ces musiciens n’ont pas besoin d’artifice pour exprimer tout leur talent. Et en toute simplicité, après le concert, les artistes viennent tailler une bavette avec les aficionados dans la salle ou pour y signer pochettes et livrets…

Setlist

1. Your Guess
2. Dialogue
3. A Room Lives in Lucy
4. Hawksmoor & the Savage
5. The Sleepers
6. The Legend of Mucklow
7. Virus Meadow
8. Winter Sea
9. Boden
10. Only
11. Shaletown
12. Bridges
13. Brother Fear
14. Missing

Rappel 1

15. Prince Rupert
16. Rive Droite

Rappel 2

17. Slow Pulse Boy

Micah P. Hinson

Jusqu’au bout de l’ennui…

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Micah Paul Hinson traîne un passé tourmenté. Addiction, banqueroute, passage par la case prison, etc., on ne peut pas dire que sa carte de visite soit ‘clean’. Cependant, c’est un talentueux songwriter. Et puis, depuis qu’il s’est marié, il s’est racheté une conduite… Ce n’est pas la première fois que le Texan se produit au Botanique. C’est même devenu un habitué des lieux. Il vient de publier un nouvel album en compagnie du groupe The Nothing. Avant de repartir en tournée. Et le périple européen passait donc par Bruxelles. Une belle occasion de revoir ce personnage attachant mais atypique, se produire dans un endroit aussi intimiste que celui de la Rotonde.

Pas de supporting act. Et à 20 heures, la salle n’est qu’à moitié pleine, lorsque l’artiste monte sur l’estrade. Ou vide selon. La quasi-totalité des spectateurs est assise sur les gradins. L’hémicycle va quand même se remplir progressivement, mais au fil du concert. Etonnant !

Vêtu d’une d'une salopette en jeans, laissant apparaître des chaussettes à rayures, Micah a les cheveux tirés en arrière. Un look qui illustre à merveille l'Américain sudiste. Aujourd’hui, il se produit en solo, armé de sa sèche. Une option particulièrement minimaliste, il faut le reconnaître. La dernière fois qu’il avait foulé les planches du Bota, il était épaulé par son épouse. Elle était préposée au synthé. Si aujourd’hui elle est présente, c’est dans les loges, au dessus de la régie. Auprès de leur enfant. Tout au long du set, l’artiste va d’ailleurs regarder dans leur direction, comme pour susciter des encouragements ou des conseils.

Sa voix rocailleuse est empreinte d’émotion ; et elle accroche immédiatement l’oreille. Les sonorités dispensées par sa guitare sont brutes de décoffrage ; une impression qui s’accentue, lorsqu’il commence à y injecter de la distorsion. On ne peut pas dire qu’elles soient léchées, comme chez pas mal d’artistes contemporains. Il enchaîne les morceaux issus de ses différents albums, parmi lesquels on épinglera les excellents "Seven Horses Seen" et "Take Off that Dress for Me". Au fil des morceaux, il devient de plus en plus hésitant et consulte longuement sa set list. Au bout d’une petite demi-heure, il parvient quand même à –quelque peu– se décontracter et commence à discuter avec le public. Abordant des sujets comme la difficulté de vivre en tournée ou sa passion pour la musique country...

Il quitte le podium vers 20h40, pour revenir quelques secondes plus tard, une cigarette électronique au bec. C’est à partir de cet instant que Micah P.Hinson va montrer des signes d'impatience. Après chaque chanson, il consulte sa montre et met de plus en plus de temps à donner une suite à son répertoire. Si au départ, cette attitude prête à sourire, au fil du temps, le public manifeste de plus en plus de signes d’agacement. Un comportement qui finit par jeter un froid dans l’assemblée.

Micah P.Hinson est un artiste atypique qui évolue à mille lieues des sentiers battus. Il fait ce qu'il aime. Sans se soucier des autres. Mais surtout de son public. Il n’hésite pas à déranger le confort des mélomanes. Et même à leur signifier son ennui. Une conduite contestable, mais qui n’enlève rien à son talent…

(Organisation : Botanique)

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