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The Rambling Wheels

150 minutes, sans chichis…

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Le Moulin Fantôme se situe près des étangs du Coeurq. Cet endroit transpire le rock'n'roll. Pas pour rien que la signature de Paul McCartney figure dans le livre d’or, un livre d’or que le proprio, Phil, est très fier de vous montrer. Ce soir, une soirée très particulière va s’y dérouler. Elle est proposée par un groupe suisse répondant au nom de The Rambling Wheels. Fondé en 2003, il est issu de Neufchâtel. Le dernier artiste helvète qui y a foulé les planches n’est autre que LiA ; et il avait fait un véritable tabac…  

L’auditoire est constitué de mélomanes avertis. Mais le concert démarre avec 45 minutes de retard sur l’horaire prévu. Faut dire que le public ici n’est guère ponctuel. D’ailleurs, en début de set, il est plutôt clairsemé ; cependant, il finira par bien remplir la salle. Les musicos sont vêtus de Levi’s retenus par des bretelles et ont enfilé des chemises de couleur noire. Seul le drummer est coiffé d’une casquette bien yankee. Il ne leur manque que les chapeaux pour ressembler à des cow-boys. Quoi qu’il en soit, leur attitude est particulièrement cool. Les pseudos choisis par les musiciens sont cocasses. Jugez plutôt : Wheels au chant et à la guitare, Mr Jonfox à la basse, Mister I. aux claviers et Fuzzy O'Bron aux drums. La scène n'est pas très large, mais chacun y trouve sa place. Trois albums à l’actif du quatuor, dont le dernier est paru l’an dernier. Et un single gravé en juin 2016, qui fait l’objet d’un clip vidéo, « Stories Upon Your Lips » (voir ici

La set list va puiser au sein de l’ensemble de la discographie du band, soit « The Thirteen Woman Of Ill Repute » (2014), « The 300'000 Cats Of Bubastis » (2011) et « Furry Tales » (2009).

« Giving All The Gold » ouvre les hostilités. Très old school, le morceau puise ses sources à la fois chez Led Zep et The Killers, alors que la voix évoque Steven Tylor, le chanteur d’Aerosmith.

Le son est léché et précis. Une véritable horlogerie suisse. Le café concert est de mieux en mieux garni. Mais dehors, la température est estivale, et une partie de la foule préfère savourer la musique extra-muros, car le cadre y est magnifique.

Psychédélique, l’intro de « Somewhere To Go » est rogné par les claviers. Le spectre de Ray Manzarek (The Doors) se met à planer ; mais progressivement, le morceau prend de l’épaisseur et se charge d’électricité, les riffs de Wheels se chargeant d’entretenir ce climat électrique. Plus pop, « Runing After Time » est amorcé par les ivoires, un titre dont les sonorités nous replongent dans les eighties. Le chanteur/gratteur invite la foule à se rapprocher de l’estrade. Au fil du concert, ses interventions aux cordes sont de plus en plus présentes. Et tout particulièrement sur « Shadows we've Become ». « Interstellar Riot », est interprété en mode guitare/voix ; et la compo passe bien la rampe, d’autant plus qu’en fin de parcours, percus, piano et gratte s’emballent dans un bel ensemble. Et la prestation de s’achever, après 75 minutes, par « Wake Up ». C'est la fin. Enfin pas tout à fait, car à l’issue de ce spectacle, tout le monde se retrouve dans le jardin.

C’est le moment propice pour se désaltérer, autour d’un brasero ; moment choisi par Wheels pour s’illustrer sur un ukulélé. Mais manifestement, les musicos de The Rambling Wheels n’ont pas envie d’aller roupiller. Aussi, ils décident de revenir dans la salle pour accorder un rappel de plus d’une heure quart. L’horloge indique 2 heures, lorsque ce deuxième concert s’achève. Finalement, le combo aura accordé 150 minutes de prestation. Sans chichis !

Organisation Julien Farinella (Art-I) + Le Moulin Fantôme

Sam Beam & Jesca Hoop

De l’émotion, de l’intensité et du voyage

Écrit par

Il s’agit du concert de la rentrée au Botanique ; et il amorce une longue saison qui s’achèvera peu de temps après les Nuits 2017. Pour accueillir Sam Beam, Jesca Hoop et en supporting act, Erika Wennerstrom, il y a tout au plus 300 âmes dans la salle...

L'association entre Sam Beam et Jesca Hoop n'est pas neuve. Non seulement Jesca a déjà assuré les premières parties d'Iron & Wine, dont Sam est le leader, mais les deux comparses (NDR : ce sont des amis, pas un couple) ont enregistré ensemble « Love Letter For Fire », un elpee paru chez Sub Pop en avril dernier.

Erika Wennerstrom est originaire de Dayton, en Ohio. Outre sa carrière solo, elle milite au sein de Heartless Bastards, un combo qui pratique du rock/garage. Ce soir elle est seule, armée d’une gratte semi-acoustique. Pendant une demi-heure, elle va nous proposer un cocktail de rock, de folk et de country. Et elle donne tout ce qu’elle a dans les tripes. D’ailleurs, elle injecte tellement d’émotion dans ses chansons, que lors d’une d’entre elles, elle ne parvient pas à la terminer. Et elle a beau remettre le couvert, elle a manifestement un blocage. Bien que timide, l’artiste possède un joli timbre de voix. Et une douce mélancolie émane de ses compositions, des compos très susceptibles de nous entraîner à travers grandes plaines de l'Ouest…

Le décor est sobre. Sur l’estrade on remarque la présence de deux grattes semi-acoustiques et de deux électriques. Les premières sont destinées à Sam. Les secondes à Jesca. Pieds nus, cette dernière est vêtue d’une longue robe jaune. Dès les premiers accords, on se rend compte que les deux musicos sont très complices. D’abord attentif et recueilli, le public va finir par se montrer enthousiaste. Faut dire que Sam ne manque pas d’humour. Et entre chaque chanson, il ne s’en prive pas, déclenchant parfois l’hilarité générale.

Dépouillées, les compos puisent bien sûr dans le denier opus du duo, mais également au sein du répertoire d’Iron & Wine et de Jesca. Mais c’est la conjugaison des harmonies vocales qui fait vraiment la différence. Car elles sont tellement empreintes de douceur. Parfois, elles me font même penser à Simon & Garfunkel. Et dans ce registre, « Bright Lights And Goodbyes » constitue un des sommets du concert. Il n’y manque qu’un orchestre philharmonique. Une reprise des Bee Gees : « Islands In The Sream ». Fallait oser, quand même. Les étoiles descendent du plafond et le light show vous illumine de mille feux. Et lorsque le train est sur les rails, on se laisse alors bercer par le roulis des compos folk, country et americana.

En rappel, Sam Beam and Jesca Hoop vont nous réserver une curieuse cover du « Love Is A Stranger » d’Eurythmics. Bref, à l’issue d’un spectacle de 90 minutes, on peut affirmer que le public était conquis. De l’émotion, de l’intensité et du voyage, c’est tout ce qu’il demandait et qu’il a obtenu...   

(Organisation : le Botanique)

Queen

God Save The American Idol…

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Lorsqu’un soir, votre serviteur annonce à sa compagne ‘Chérie, je te laisse ... je vais voir Queen à Bruxelles’, elle a du mal a vous croire. Et pourtant, c’est bien ce qui s’est produit ce mercredi 15 juin. Enfin, afin de ne pas froisser les puristes, qui estiment que la nouvelle formule fait pâle figure, il faut préciser que l’affiche spécifie quand même que ce qui reste de la légende est renforcé par la présence d’Adam Lambert.

Mais qui est cet Adam Lambert ? Un chanteur qui a tapé dans l’oreille de Brian May, lorsqu’il avait adapté le classique "Bohemian Rapsody ", dans le cadre de l’émission télévisée ‘American Idol’ (NDR : c’est dans le style de ‘Nouvelle star’ !), au cours de laquelle il était candidat, en 2009. A l’âge de 33 balais (NDR : l’âge du Christ !) Ce qui lui permet aujourd’hui d'accompagner les deux membres originels de Queen, Brian May et Roger Taylor. Qui bénéficient, en outre, du concours du fils de ce dernier, Rufus Tiger Taylor (percussions), de Neil Fairclough (basse) et Spike Edney (claviers).

Et pour ne pas se voir reprocher d’usurper le patronyme de Queen, May et Taylor ont pris soin de baptiser la tournée, ‘Queen + Adam Lambert’. Qui aurait déjà dû passer au même endroit l’an dernier, mais dont le spectacle avait été annulé, pour cause de… grippe. Ce soir, toute l’équipe est bien décidée à offrir au public, multigénérationnel, un concert haut en couleurs et en émotions.

Tout au long du set, vous vous en doutez, le spectre de Freddie Mercury va planer. Car régulièrement, le regretté va (ré)apparaître sur un écran géant, et tout particulièrement durant le somptueux "Love Of My Life" ainsi que l'intemporel "Bohemian Rapsody".

Sir Brian May, dont la crinière devient de plus en plus grisonnante, prend la parole à de nombreuses reprises. Et il s’exprime dans un français presque parfait ! Le concert va parcourir la monumentale carrière de Queen en une vingtaine de morceaux, dont la plupart figurent sur la dernière compilation "Queen Forever", parue en novembre 2014. Une set list dont on épinglera "Somebody to love", "Love Of my Life" (voir la video ici), "Save Me" ainsi que "Crazy Little Thing Called Love".

La scène est immense. Des passerelles donnent accès à une seconde estrade au centre de la fosse. Tout est mis en œuvre pour en mettre plein les mirettes aux 15 000 spectateurs. L'écran géant (NDR : et le mot est faible !) diffuse également des images en direct. Des images qui ne sont pas avares en effets spéciaux. Sans oublier le light show (NDR : impressionnant, vous vous en doutez également), la fumée, les lasers etc. Et le son est quasi-parfait. Adam Lambert change de tenue à plusieurs reprises (veste brillante et cloutée, bottes hautes à talons dorés). Il met tout en œuvre pour séduire l’auditoire. Et s’il n'a certes ni la carrure, ni le charisme de Freddie, force est de constater que sa voix androgyne assure sur une grande majorité des morceaux, même si son rôle est à double tranchant.

Aucun temps mort durant les 2h20 d’un spectacle qui, a contrario de ce qu’on aurait pu penser, se veut moderne dans son approche du répertoire classique de Queen.

Chaque musicien aura droit à son moment de gloire. Brian May, à la guitare, bien sûr. Mais malgré son doigté légendaire, il trahit quand même quelques petits dérapages (in)contrôlés. N’empêche, nonobstant ses 67 ans, sa maîtrise est encore toujours aussi spectaculaire. On assistera également à une ‘battle’ entre le père et le fils Taylor aux drums. Un duel qui précède l’incontournable "Under Pressure", au cours duquel Roger va se réserver les parties de David Bowie, aux côtés d'Adam Lambert campant Mercury. 

Un May qui attaque le "Love Of My Life" en solo, en compagnie du public, mais aussi de Mercury, qui apparaît sur l’écran géant, comme par enchantement. Roger Taylor, 65 balais, barbe blanche et Ray-Ban s’impose enfin en chantant "It's a Kind Of Magic", dont il est l'auteur/compositeur.

Pendant "Who Wants To Live Forever" une splendide boule à facettes descend progressivement sur le deuxième podium, sous Adam et Brian, propageant des lasers à travers tout le Palais12.

Place au rappel. Les lumières restent allumées. Comme en début de spectacle, l'emblème de Queen squatte les écrans. Adam Lambert et les musiciens reviennent quelques minutes plus tard. Ce dernier, à l’instar de Freddy Mercury –lorsqu’il était encore de ce monde– est coiffé d’une couronne. Une manière de rendre un ultime hommage au roi. "We Will Rock you" et "We are The Champions" terminent le show sous une pluie de confettis.

Ce concert était tellement attendu, aussi bien par les jeunes que les moins jeunes ; et il pourrait bien s’avérer l’ultime accordé par Queen en Belgique.

(Org:  Next-Step - AJA concerts)

 

 

Korn

Neo Metal is not dead !

Quatre ans après leur dernier passage dans la capitale belge, les rois du Neo Metal étaient de retour ce 30 mai, et de nouveau à l’Ancienne Belgique. Le concert affiche complet depuis de nombreux mois et malgré les énormes embarras de circulation, la salle est pleine à craquer pour accueillir les Californiens. Retour sur une soirée qui a fait plus que tenir ses promesses.

N’allons pas trop vite en besogne, et attardons-nous d’abord quelques instants sur la première partie assurée par les Allemands de Beyond The Black. Évoluant dans un style radicalement différent de la tête d’affiche, les Teutons –dont on peut qualifier la musique de Metal Symphonique– sont venus nous présenter leurs deux opus gravés à ce jour. Emmené par la talentueuse chanteuse Jennifer Haben, le groupe nous propose un show pas vraiment inoubliable, mais loin d’être de mauvaise facture. Leurs différents titres reposent sur des bases solides et carrées, quoique sans véritable éclat ni originalité. Si les intros et refrains regorgent de subtiles nuances et de bonnes trouvailles, les morceaux ont tendance à s’aplatir durant les couplets. Une première partie sympathique, mais qu’on oubliera finalement assez rapidement.

Place maintenant aux stars du soir, tout droits venus de Bakersfield. Accoutrés comme à la grande époque du Neo Metal, nos 6 acolytes débarquent sur le podium d’un air assez nonchalant. Exit l’habituel « Blind », le band entame les hostilités sur « Right Now » et embraie par « Here to Stay ». Il n’en faut pas beaucoup plus pour déchaîner la fosse, qui se transformera en une véritable cocote-minute durant une grosse partie du show.

« Somebody Someone » et « Narcissic Cannibal » installent l’auditoire dans l’ambiance du set. Entre les morceaux, la formation se montre plutôt discrète et meuble les quelques ‘blancs’ par des jeux de lumières, des nappes de claviers atmosphériques et de petites vagues de batterie. Assez anodine en apparence, cette technique permet au public de ne jamais lâcher prise et de rester à tout moment présent dans ce climat pesant dont le band a le secret.

Après le classique « Falling Away from me » et « Coming Undone », Jonathan Davis s’arme de sa cornemuse. Tout fan qui se respecte sait que le moment est venu pour « Shoot and Ladders », monument du premier elpee, conclu par un petit bout du classique de chez classique, « One » de Metallica. Les titres suivants font retomber légèrement l’atmosphère, sans pour autant la refroidir totalement. Un petit solo de batterie suivi de l’instant de folie « Twist » permet au spectacle de repasser à la vitesse supérieure.

Ray Luzier aux fûts et le bon vieux Fieldy à la basse accomplissent un superbe travail de l’ombre en construisant une ossature solide aux compos Ce n’est pourtant pas une surprise. Cependant, celui qui impressionne encore le plus, c’est le frontman Jonathan Davis. Vocalement au top, le chanteur semble presque dans son état normal, loin de son époque torturée et déchirante.

Après une petite séance de gros mots (« Y’all Want a Single ») ainsi que sa rituelle et énergique cover de Pink Floyd (« Another Brick in the Wall »), Korn quitte la scène sous les cris d’un public enchanté. Quelques longs instants plus tard, ils sont de retour pour nous proposer un véritable enchaînement destructeur réunissant « Blind », « Got the Life » et « Freak on a Leash ». Rien que ça !

Le public est K.O. et le sextuor jubile, car il est de nouveau parvenu à prouver qu’il n’est pas un des empereurs du Néo Metal pour rien. Tout au long de la soirée, hormis peut-être Brian Welsh, visiblement agacé par quelques petits pépins techniques, le combo a donné le max pour nous communiquer toute sa hargne et sa folie.

Une soirée pareille, on en redemande volontiers ; en espérant ne pas devoir encore attendre quatre ans, un autre concert en salle, là où il peut vraiment nous montrer ce dont il est capable (voir aussi notre section photos ici)

Julien Sterckx (Suricate)

Organisation : Ancienne Belgique

 

Coffee Or Not

Un café de plus en plus corsé…

Écrit par

Ce samedi 28 mai, se déroule un petit concert sympa, pas trop loin du domicile de votre serviteur. Ce n'est donc pas à dédaigner. Un trajet d’une petite dizaine de minutes en voiture, et il débarque à La Grange. C’est à Casteau. Coffee Or Not revient d’une tournée triomphale, mais épuisante, accomplie en Allemagne et en Italie. C'est sa dernière date.

L’endroit, qui porte bien son nom, a été aménagé en salle de fête par l’ASBL 'C'est Casteau'. Il sert également de local pour les scouts. Y sont concentrées des tas d’activités destinées à redynamiser le village. Des concerts, bien sûr, mais également des ballades à vélo et/ou culinaires, des marches ADEPS ; des brocantes et autres repas caritatifs. Les maigres bénéfices réalisés sont consacrés à l’exécution de quelques travaux dans la salle. Cosy et intimiste, elle peut accueillir une soixantaine de personnes. Le son y est excellent. L’ambiance, familiale, à cause de la proximité entre les artistes et le public. Le début du spectacle est prévu pour 20h30. Il accuse cependant une demi-heure de retard sur l’horaire. En attendant, le public, assis, peut siroter un bon verre.

Coffee Or Not est un trio bruxellois. Il réunit la jolie Soho Grant (chant, claviers, machines), Ranaud Versteegen (guitare, drums, vocaux) et  Frédéric Renaux (basse). Le power trio est venu défendre son quatrième elpee, « Everything Is Falling Down », dans son intégralité, un disque paru en janvier dernier.  

Coffee Or Not ouvre le set par « A Different Light ». Un timide riff de gratte ouvre la compo. Soho se consacre aux ivoires et au micro. Et remarquable, son chant domine déjà les débats. Lorsqu’il n’est pas préposé aux fûts, Renaud se concentre sur sa six cordes, pour laquelle, il se sert d’un looper. Il passe d’ailleurs d’un instrument à l’autre avec une facilité déconcertante. Et lorsqu’il conjugue sa voix à celle de Mrs Grant, les harmonies deviennent atmosphériques.

Cependant, les compos sont toujours susceptibles de glisser dans l’expérimentation. « Winter Night » (« So Re »), est un titre de plus de 6 minutes. Pas de sèche pour la circonstance, mais une gratte électrique aux accents mélancoliques. Les interventions vocales s’y révèlent davantage profondes. Renaud triture ses pédales. Etonnant, le climat devient de plus en plus ténébreux.

Avant d’attaquer « May I Lay Down ? », le nouveau single Soho signale que le clip vidéo qui lui est consacré a exigé énormément de boulot. Mais que le résultat est vraiment désopilant. Talonnée par les claviers, la guitare, dont les sonorités sont reproduites par la loop, s’emballe. Les deux voix sont bien en phase. Renaud revient derrière la batterie. « Are You Afraid ? » constitue un retour au calme. Avant la tempête ? Les accès de basse dispensés, tout au long de « The Day She Locked Herself Away », deviennent de plus en plus écrasants et poisseux. La ligne de conduite devient manifestement fluctuante. Expérimentale, également. L’ambiance froide, glaciale même. Heureusement, les interventions de Soho aux ivoires, ainsi que sa voix éthérée, finissent pas apaiser l’expression sonore.   

Après un interlude de 26 secondes (« All The Voices Disappeared »), « Nottingham » nous replonge dans le spleen. Une atmosphère au sein de laquelle baigne manifestement le nouvel opus. Un elpee moins dansant et plus aventureux. Ce qui ne semble pas déplaire à l’auditoire.

Les deux versions de « Lightweight » se succèdent. Un drone ( ? Hélico ?) atterit dans la salle. La musique épouse un profil à nouveau expérimental et torturé. De nouveau, la gratte ainsi que les claviers s'enflamment. Et on a parfois l’impression de frôler l'univers tourmenté et obscur d’Archive (NDR : pas étonnant que Soho voue un grand respect au collectif londonien). Et « What Took You So Long ? » clôt le concert. Enfin, pas tout à fait, puisque le band va nous accorder deux rappels au cours desquels, il va notamment accorder le radiophonique « Lush » (« SoRe ») ainsi que « City Burning ».

Coffer or Not ne se produit pas souvent en Belgique. D’ailleurs, dès septembre, il repart en tournée à l’étranger. Sans doute que le café y est encore plus corsé…

(Organisation : C'est Casteau A.S.B.L)

Eagulls

Hanté par le spectre de Ian Curtis…

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Deux semaines après la sortie de son deuxième album studio, Eagulls est venu le défendre, au VK de Bruxelles. Toujours ancré dans le post-punk, les nouvelles plages d’« Ullages » sont plus mélodiques mais moins énergiques qu’auparavant. Si ce changement témoigne clairement d’une plus grande maturité, la réussite d’une épreuve en ‘live’ confirmerait ces excellentes dispositions. Ce sont les deux cents personnes réunies au sein de la coquette salle de Molenbeek qui en seront les seuls juges.

99 Watts assure le supporting act. Agé d’une quarantaine d’années, l’artiste monte sur les planches. Il est seul et ne s’aide que d’une guitare et d’un synthé. Apparemment, ce serait le chauffeur du van de la formation de Leeds. Pendant une trentaine de minutes, il va proposer une musique d’ambiance sans réel intérêt, si ce n’est de préparer l’invasion des aigles…

A 21h10, les cinq compères d’Eagulls grimpent sur l’estrade. Ils affichent un look plutôt sobre, quoiqu’un peu old school. Les premiers coups de batterie amorcent « Lemontrees », premier single du dernier elpee. Le rythme est assez entraînant et le refrain efficace. Le son est dense. Une recette qui fonctionne toujours bien. La voix caverneuse de George Mitchell nous plonge dans un climat spécifique aux nuits underground qui ont marqué les années 70-80. D’ailleurs, le fantôme de Ian Curtis doit certainement rôder dans la salle.

Morceau phare du premier effort du band, « Tough Luck » ne nous accorde guère de répit. Le micro en main, Mitchell semble vaciller. Serait-ce dû à la bouteille de vin presque vide qu’il a dans l’autre ? Possible, mais quoique âgé de 27 ans, le chanteur semble vraiment débarquer d’une autre époque. Extrêmement mince, il est vêtu d’un long manteau brun et un pantalon légèrement trop étroit. Un personnage à part, mais qui possède une voix en or.

Trois chansons plus tard, le groupe lance les premières notes de guitare de « My Life In Rewind », un autre single. Plus proche cette fois-ci des Smiths que de Joy Division, le titre parcourt des horizons jusque là inexplorés par le groupe. La ballade est plus nerveuse que sur disque et satisfait complètement alors qu’elle parait parfois un peu trop paisible dans les écouteurs. Le choix d’enchaîner par « Euphoria » est parfait. Après le calme (relatif…) vient la tempête ; et elle sera particulièrement ravageuse. Certainement le sommet d’« Ullages », ce titre secoue complètement l’assistance grâce à la ligne de basse percutante et au refrain héroïque.

Jolie surprise, le combo s’attaque à la reprise du « Seconds » de The Human League. Un morceau iconique du début des eighties qu’il s’est complètement réapproprié en le rendant plus sombre mais également plus complexe. Une belle réussite qui a le don de plaire aux mélomanes nostalgiques, qui peuplent le VK.

Après quelques extraits d’« Ullages », le concert s’achève par le morceau le plus notoire du quatuor, « Possessed ». Quelques réminiscences pop jaillissent du refrain basique de cette composition entonnée par une grande partie de l’auditoire (‘I’m possessed’). Il est connaisseur ce soir ; certaines personnes sont même venues de Suisse pour l’occasion ! Après un dernier hurlement expulsé par Mitchell, le band vide les lieux ; et, malgré plusieurs minutes passées par la foule à le réclamer en rappel, il ne reviendra pas.

Considéré par votre serviteur comme le meilleur groupe de post-punk actuel, Eagulls n’a pas déçu en ‘live’. Bien sûr il n’y a guère d’interaction entre les musicos et le public ; mais la formation insulaire parvient à créer une atmosphère tellement particulière qu’elle semble hors du temps. Les esprits chagrins lui reprocheront certainement d’avoir négligé certaines chansons majeures comme « Footsteps » ou « Amber Veins » ; mais il faut reconnaître que la barre était placée très haut lors de ce concert. En espérant de pouvoir vivre d’autres aventures de ce genre…

Setlist :

Lemontrees
Tough Luck
Yellow Eyes
Nerve Endings
Heads or TailsMy Life In Rewind
Euphoria
Seconds (The Human League cover)

Skipping
Velvet
Blume
Possessed

(Organisation : Vk)

Mumford & Sons

La route était longue, mais le spectacle en valait la peine…

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Quelle galère pour se rendre à Anvers en voiture ! Ce mardi 24 mai, de Grand-Bigard à Anvers, on enregistre pas moins de 2h30 de bouchons. Mais votre serviteur n’est pas au bout de ses peines. Et pour cause, le parking du Sportpaleis est réservé aux VIP. Or les autres sont fermés. Les automobilistes sont donc refoulés à plus de 4km du point de chute prévu. Sous les arches de l'autoroute. Et à l’issue du concert, en reprenant sa voiture, il faudra encore patienter deux longues heures avant de pouvoir reprendre la route.

Bref, en rentrant dans l’immense hangar, on est épuisé mais satisfait de pouvoir enfin vivre le concert de Mumford and Sons, actuellement en tournée mondiale. Et il est sold out comme pratiquement toutes les autres dates. 

 

La bande à Marcus est venue défendre son troisième opus, « Wilder Mind », paru l'année dernière. Le groupe va nous y présenter de larges extraits de cet LP, mais également des deux précédents, « Sigh No More » (2009) et « Babel » (2012).

Bill Ryder Jones est chargé du supporting act. Né en 1983, cet artiste est originaire de West Kirby Liverpool. Il vient nous présenter son nouvel elpee « West Kirby County Primary », paru en novembre 2015. Entre 1996 et 2008, il drivait The Coral, un combo qu'il a quitté pour embrasser une carrière solo. Ce jeune prodige est chanteur/compositeur. Mais surtout multi-instrumentiste. Il joue aussi bien de la gratte, du piano, de la basse, de la batterie, du violon, de la trompette, du ukulélé, du glockenspiel que de l'harmonium. Ce soir, il se contentera du chant et de la guitare. Sur les planches il est flanqué d’un second sixcordiste, d’un bassiste, d’un drummer et d'un préposé aux ivoires.

Folk/rock, sa musique est –ma foi– plutôt traditionnelle. Bill tente de communiquer ses émotions à travers sa voix, mais elle est trop étouffée par l’instrumentation. Déjà que le son est rarement irréprochable au Sportpaleis, mais quand il s’agit des premières parties, il se révèle le plus souvent pitoyable. Bref, vu le talent de cet artiste, il serait intéressant de le revoir dans des conditions un peu plus décentes… (pour les photos c’est ici)

Après tout, le peuple est venu participer à la fête organisée par Marcus Mumford et ses acolytes. Mumford and Sons est un groupe de folk/rock londonien, fondé en 2007. Le groupe réunit Marcus Mumford (chant, gratte électrique ou acoustique, drums), Ben Lovett (voix, clavier, piano, synthétiseur), Winston Marshall (voix, guitare électrique, banjo) et Ted Dwane (voix, basse, contrebasse). Le combo a publié son premier LP, « Sigh No More », en 2009, disque qui lui a permis de décrocher un gros succès tant au Royaume-Uni qu’aux Etats-Unis. Et puis d’enchaîner les concerts. Il est également apparu dans plusieurs émissions TV célèbres, comme ‘The Late Show’ de David Letterman. Et ses chansons servent d’ailleurs de B.O. pour différentes séries télévisées. 

Evidement, le show s’ouvre par « Snake Eyes », un extrait du dernier elpee. Et dès « Little Lion Man » (« Sigh No More »), l’ambiance monte d’un cran. La foule reprend en choeur le refrain en compagnie des artistes. Des claviers introduisent en douceur « Below My Feet ». La voix de Marcus est caverneuse. Il se déchaîne sur sa semi-acoustique. Quand il ne frappe pas dans les mains, le public se lève et commence déjà à jumper. Finalement, on retrouve le même engouement qu’en 2013, au même endroit. Le son est au top. C’est une bonne nouvelle. Le light show est grandiose. Et de couleur bleue, il enveloppe les musicos, tout au long de « Wilder Mind », le titre maître du nouvel LP.

La foule est à nouveau debout pour reprendre en chœur le refrain de « Lover Of The Light » (« Babel »). Marcus est monté sur une estrade pour siéger derrière ses fûts. Winston –un chevelu– a empoigné son banjo. Des cuivres s’installent à droite du podium. Et un violoniste vient compléter la troupe pour accentuer l’aspect mélancolique de la chanson. Winston a repris sa gratte électrique et s’autorise des riffs dignes de The Edge sur « Tompkins Square Park ». Et pour « Believe », Marcus troque sa sèche contre une électrique. Lorsqu’elle est plus rock, la musique de Mumford & Sons lorgne manifestement vers celle de Bruce Springsteen. Marcus arpente régulièrement les planches de gauche à droite (NDR : ou de droite à gauche, selon !)…

Country/folk, « The Cave » (« Sigh No More ») met en exergue le banjo. A cet instant la foule a définitivement des fourmis dans les jambes. Pendant « Ditmas », Marcus prend un solide bain de foule. Il traverse même la fosse de long en large. Il serre les mains des spectateurs aux balcons avant de revenir sur les planches. Et le set de s’achever par « Dust Bowl Dance » (« Sigh No More »), un morceau illuminé par les ivoires. Marcus a repris place derrière la batterie. Le banjo de Winston est magique. Une belle soirée qui ne fait que commencer.

Et pour cause ; la formation va nous réserver un rappel de 7 titres ! D’abord a capella. Pour « Timshel » et « Cold Arms ». Et sans amplification ! Sur une petite estrade placée derrière la table de mixage, en station debout. Un intermède au cours duquel le quatuor est éclairé par des lumières de couleur blanche émanant du plafond. Sans doute le meilleur moment du set. Le band revient sur le podium à partir de « Hot Gates » (« Wilder Mind »), un folk indolent. Une nouvelle compo : « Forever ». Avant que ne débarquent le groupe Bill Ryder Jones au complet pour la reprise du « You Really Got Me » des Kinks. Une version à faire pâlir de jalousie le Boss. Le public est en délire quand la formation nous réserve « I Will Wait » ; et le show prend définitivement fin sur « Wolf ». Ne reste plus qu’à penser à la longue route du retour. Cette soirée, votre serviteur l’attendait depuis trois longues années. Et il n’a pas été déçu, même si « Wona » ne figurait pas dans la set list. Faut dire que Baaba Maal ne s’était pas déplacé à Anvers pour participer à la fête... (pour les photos, c’est )

(Organisation : Live Nation)

 

 

 

 

Les R’tardataires

Ne pas en perdre une seconde…

Écrit par

Les R'tardataires sont venus présenter leur nouvel opus, « Rien ne sert de courir », au Reflektor de Liège, ce samedi 21 mai. C’est la release party. Et elle se déroule devant leur public, venu en nombre. C’est même sold out. Un auditoire réunissant toues les générations, et même des petites têtes blondes. Manifestement, ces rappeurs ratissent large. La structure de la salle est idéale et l'acoustique y est parfaite.

En supporting act, les organisateurs ont décidé d’inviter Ya-Ourt. Aka Karim Billion, il est issu de Langres, en Haute-Marne. Autodidacte, il se sert uniquement de sa voix, qu’il triture, pour produire différents effets ou reproduire toute une panoplie d’instruments. En quelque sorte, il pratique du Human Beat Box. Il vient de publier un Ep 4 titres, intitulé « Ya-Play ». Garanti sans le moindre… instrument !

L’univers de cet artiste est complètement décalé. Le personnage est haut en couleur. Il adopte un style vestimentaire panaché, à l’instar de ses influences musicales éclectiques. Aujourd’hui, il a enfilé une veste napoléonienne et a coiffé une casquette de rappeur bigarrée. Il s’installe derrière une table devant laquelle est tendue une toile noire. Il explique le fonctionnement de sa loop machine et de la tablette placée devant lui. Un principe apparemment bien compris par l’auditoire. C’est le micro dans les mains qu’il entame ses performances vocales. Il est ainsi aussi bien capable d’imiter les sonorités de basse que celles d’une guitare. Assez interactif, son trip nous entraîne d’abord du côté de Kingston. Un périple de 40 minutes qui va se révéler plein de surprises…

Karim chante également en ‘Yaourt’, soit une technique au cours de laquelle l’artiste émet des sons, des onomatopées ou des syllabes (yéyé, aï, yaw, woud, noï, for, si, yem, etc.) susceptibles de ressembler à un idiome qui existe. Mais qui n’existe pas. Et pourtant, le mélomane lambda a l’impression que le baragouin utilisé est cohérent. Surtout s’il ne connaît pas l’anglais, que Karim essaie de faire passer comme tel. Musicalement, les compos touchent un peu à tous les styles, depuis le rock au reggae, en passant par le blues, l'électro, le rap, le funk, le trip hop, l’afro beat et la world (surtout balkanique). Bref, le spectacle de Ya-Ourt a bien chauffé la salle.  

Une toile est tendue derrière le drummer. On peut y lire pour l’instant le nom du groupe : ‘Les R’tadataires’. Mais elle va surtout servir à la projection de clips. « Intro » ouvre le set, un morceau qui à travers des métaphores, telles le vol d'un papillon ou un coucher de soleil, évoque le stress de l’existence. Les être humains sont pressés. Au propre comme au figuré. Et seuls survivront, le fort, le roi ou le surhomme. Mais également Les R'tardataires. Les vidéos symbolisent le temps qui défile. Le set embraie par le titre maître du nouvel elpee. Max et Ced sont assis sur un tabouret et bénéficient du concours d’un duo de cuivres, omniprésent, pour attaquer ce reggae. « Rien ne sert de courir ». Ce n’est pas la course contre la montre. On a même le temps. Un tonnerre d'applaudissement salue cette compo taillée pour la bande FM. « On Choisit Pas » constitue la suite logique. Un morceau imprimé sur un tempo latino et aux textes totalement décalés : ‘On doit sortir les doigts du cul, on ne choisit pas sa famille, ni ses parents. Il faut avoir les pieds sur terre’. Aux cuivres, Antoine et Seb s’imposent à nouveau. Tout en occupant l’espace scénique, Max et Ced font monter graduellement la pression.

Place ensuite à un petit medley réunissant des titres issus du premier LP, « Je Suis En Retard / Pêche Aux Moules / Onanaoo ». Une ode à la drague aux paroles explicites. Enfin, pour ce qui concerne les moules. Max et Ced vont rechercher des petits paniers d'osiers avant d’aborder le premier single issu du dernier long playing, « Forêt Enchantée ». Préface au mélodica par le claviériste (Quentin Nguyen) et clappements de mains préparent la cueillette des framboises. Une satire des dessins animés signés Walt Disney. Schizo, Blanche Neige parle aux oiseaux. Merlin s'est suicidé. Les Aristochats ont piqué pompes et oseille. Un scénario tramé sur un cocktail de ska et de reggae remis au goût du jour. Drummer, Aurélien Wynant souffle dans un pipeau. Look à la Angus Young, Sébastien Hogge soutient l’ensemble de sa guitare rythmique. Les guests se succèdent. Dont deux vocalistes qui entament « Rien De Nouveau », sur un tempo latino. « Rêve Américain » met le cap vers le Nouveau Continent. Et tout particulièrement New York ; comparé… à la Cité Ardente. Un morceau sculpté dans le hip hop, même si les cuivres lui servent de fil conducteur. Ced et Max frappent dans les mains et commencent à mettre le souk. « Zion » repart vers Kingston, mais en se référant à Babylone. Des images de mécanismes d’horlogerie trottent sur l’écran.  

« Interlude James Brown - I Feel Good » prélude l'hilarant « Les Biftons ». Question existentielle et nerf de la guerre. Bouillant, le gratteur semble hanté successivement par Angus Young et Jimi Hendrix, notamment lorsqu’il frotte les cordes de sa gratte dans son cou. Ced y met un terme. Musclé, « Rock It » émarge au métal. Même si le délire est plutôt pop. Le public rentre dans le jeu et hue les MC's. Ced et Max reprennent place sur les tabourets. Entretemps, la musique oscille du jazz à la techno, en passant par le ska, le rap et le rock. Une forme de pot-pourri interactif. « Bienvenue Au Saloon » est bercé par un rythme country voire américana. 'Tonton' apporte à boire aux musicos. Idéal pour amorcer une histoire –à prendre évidemment au second degré– consacrée à un alcoolique. Le très radiophonique « Monte Le Level » clôt le show, une compo qui nous catapulte une dernière fois, en Jamaïque. Une fin de spectacle qui provoque une véritable ovation dans le public.  

« Chopons Les » entame le rappel. Ced et Max ont enfilé leurs gilets pare-balles, sur lesquels est mentionné dans le dos ‘POULET’. L’objectif est de niquer la police. Mais sur un ton humoristique. Le délire est complet. « Natural » est une chanson d’amour. Au cours de laquelle la foule est invitée à s’accroupir, avant de participer à un jump collectif. Les invités reviennent sur l’estrade pour vivre un périple censé nous conduire de l'Afrique profonde à l'Amérique du Sud. Et le spectacle de s’achever par « Les Parasites » (NDR : dont la vidéo est visible ici).

Votre serviteur a passé une excellente soirée en compagnie des R'tardataires dont le spectacle à taille humaine méritait de ne pas en perdre une seconde…

(Organisation : Reflektor)

Jambinai

Un tsunami sonore à l’acoustique irréprochable…

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Jambinai s’était produit en décembre 2014 au sein d’une Rotonde enfiévrée. Et votre serviteur avait alors pu vivre le meilleur concert de cette année. Comme le groupe était de retour, et plus particulièrement à l’AB Club, il ne pouvait manquer ce nouveau rendez-vous.

Inwolves assure le supporting act. En débarquant à la fin de sa prestation, difficile d’en relater quelque chose de concret. Le volume sonore me semblait excessif ; des conditions qui n’accrochent guère mes oreilles sensibles.

Jambinai  (잠비나이 en coréen) est une formation de post rock issue du Pays du Matin Calme (Corée du Sud). Sa spécificité, c’est de conjuguer instrumentation contemporaine et folklorique (taepyongso, haegeum, geomungo, jungju, piri, etc.) Suivant la bio, cette formation est considérée comme la plus novatrice sur la scène sud-coréenne, car elle est parvenue à créer une nouvelle forme de musique mêlant, sans tomber dans la dissonance, tradition et modernité. Soit un subtil cocktail de heavy post rock, de folk metal, d'électro et de tradition indigène.

Au sein des petites salles, le line up est réduit à trois musicos. Mais dans les plus grandes, le trio de base est enrichi d’une section rythmique. Ce mercredi, c'est sous la forme d’un quintet que le combo va se produire.

Tous les musicos sont assis, sauf le guitariste Ilwoo Lee. Derrière son imposant geomungo (une sorte de cithare coréenne), Eun Young Sim est assise en mode tailleur. Elle pince ou frotte ses cordes à l’aide de bâtons en bambou de longueurs différentes. Elle s’installe à droite sur une petite estrade. Elle joue également du xylophone. Celle de gauche, Bomi Kim, se réserve le haegeum, un vieil instrument à cordes frottées semblable au ehru chinois. Il a été imaginé, il y a environ mille ans environ. Il est formé d'une caisse de résonance en bambou ou en bois, tendue par une peau de serpent à une extrémité de la tige, et les deux cordes sont frottées par un archet à crin de queue de cheval. Mais le personnage central est certainement Ilwoo Lee. Il joue du piri (flûte en bambou) et de la guitare (à sept cordes !), parfois les deux en même temps, mais également, du taepyongso (petite trompette coréenne) et se sert d’une loop machine. Il est le seul à s’exprimer en anglais.

Le show va durer plus d'une petite heure. Chaque artiste est éclairé par des lampes de couleur blanche pivotantes. Ce qui communique une ambiance mystérieuse, voire mystique au spectacle.

Le set s’ouvre par « Time Of Extinction », un extrait du nouvel opus. C'est la chanson qui a fait connaître Jambinai. Qui la joue depuis longtemps. Mais elle n’avait pas encore été gravée sur un long playing. Toujours issu du dernier essai, « They Keep Silence » (6’) est une compo à vous glacer le sang. Habile, Eun Young Sim semble hantée par son geomungo, pendant qu’Ilwoo Lee, d’une voix caverneuse, entame des incantations chamaniques dans sa langue natale. Solides, percus et section rythmique privilégient l’efficacité (Dokyo 13 à la basse et Myounghoon Ryu aux drums). Les filles extirpent des sonorités incroyables de leurs instruments. Mélancoliques, lancinantes, celles de Bomi épousent celles de violons, lorsqu’ils n’empruntent pas le miaulement d'un félin. Déchirant ! Galvanisée par les riffs de gratte torturés d’Ilwwo Lee, la troupe se lance dans une véritable cacophonie mélodieuse sur « Empty Pupil Part 1 ». Et dans le même registre, « Echo Of Creation » se révèle encore plus expérimental. Caractérisé par son intro de flûte, « For Everything That You » constitue certainement la perle du nouvel opus. Et son lustre entretient un climat étrange. Le set s’achève par « Connection » (9’30). Le morceau est dédié aux victimes des attentats. Ilwoo y brille longuement sur son taepyongso. Puis chaque musico entre progressivement dans la danse. Et on retrouve cette forme de cacophonie organisée, mais à l’acoustique irréprochable. Un peu dans l’esprit de Sigur Rós, mais qui se convertirait ponctuellement au metal ténébreux, quitte à déclencher un tsunami sonore… 

Un petit selfie des artistes et du public et les artistes s'éclipsent. Les filles emportent leur instrument. Le public réclame un rappel. Au cours duquel Jambinai va accorder « Grace Kelly ».

La date de sortie de « A Hermitage », son nouvel opus, est prévue pour le 17 juin 2016 ; mais il était déjà disponible au stand merchandising.

Jambiani se produira en concert le 19 juin 2016 à Izel (province du Luxembourg), dans le cadre des fêtes de la Musique, auxquelles participeront également GrandGeorge, Dr Feelgood et Romano Nervoso. Votre serviteur devrait être de la partie...

(Organisation : Ancienne Belgique)

Puggy

En route pour la gloire…

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Une file interminable s’étire depuis le 110 du Boulevard Anspach jusque la Grand-place de Bruxelles, ce lundi 15 mai. Pas étonnant, Puggy est programmé à l’AB. Le concert a été décrété ‘sold out’ en moins d’une heure ! Et pourtant, la formation se produisait, la veille, au Cirque Royal (voir photos ici). Un spectacle également comble. Faut dire que la popularité du trio est en courbe plus qu’ascendante ; en outre, il vient de publier un nouvel elpee, « Colours », déjà n°1 dans les charts, en Belgique. Chic, coloré, dandy même, son pop/rock est subtilement teinté d’électro, mais surtout transcendé par de superbes harmonies vocales.

Avant de pénétrer dans l’Ancienne Belgique, les spectateurs reçoivent des bracelets fluorescents ainsi que des ballons de baudruche multicolores. Compte-rendu.

Il revient à Manœuvres, un quintet issu du Nord de la Belgique, de se charger du supporting act. Il s’était déjà produit, en février dernier, au club. Le line up implique Sean Dhondt, l’ancien drummer du combo punk Nailpin. Reconverti au chant il dispose de deux toms basse placés de chaque côté de lui. Puis le batteur Ace Zec, le claviériste Pedro Gordts (Zornik), le bassiste Boris Van Overschee (Tout Va Bien) et le gratteur Lukas Somers.

La présence scénique de Sean est impressionnante. Il est capable de moduler sa voix suivant les émotions et même de la pousser dans les octaves. Haut perchée, elle peut aussi devenir rocailleuse. Les percus sont omniprésentes. Faut dire qu’il s’en sert généreusement. Et elles font déjà la différence sur « Give In To Me », un morceau glacial, paradoxalement propice à la danse. Plus pop, « Live A Little » est dominé par les ivoires et les accords de gratte incisifs.  La mélodie est immédiate et le refrain contagieux. Place ensuite au plus rock « Never Back Down ». C’est aussi le dernier single. Les arrangements sont riches. Après une cover/medley baptisée « Daffodils/Sledgehammer » (Mark Ronson/Peter Gabriel), le set s’achève par le « Mad World » de Tears For Fears (NDR : guère indentifiable, cependant) et le premier single du band, « My Love ». On épinglera encore le visuel du spectacle ; littéralement à couper le souffle…

Setlist : « Give In To Me », « Live A Little », « Never Back Down »,« Tear You Apart », « Daffodils/Sledgehammer » ( cover), « Mad World ».

Un revêtement en aluminium doré mais froissé sert d’arrière-scène. Une estrade est placée sur le podium pour mettre en exergue la batterie rutilante (NDR : elle n’est pas encore estampillée ‘Puggy’ !) de Ziggy. Et une autre pour Romain, préposé aux claviers et à la basse. Mais très vite, il va redescendre de son piédestal pour exécuter les bonds dont il a le secret. Pas de mini podium pour Matthew qui dispose d’un tom basse, d’une machine et également d’un clavier. Sans oublier le renfort de Matthieu Vandenabeele, claviériste/pianiste qui remplace John Janssens. Douze rampes lumineuses verticales éclairent le combo depuis l’arrière.

Passé l’intro, Puggy déboule sur les planches et attaque « Fight Like You'Re Fighting ». Quoique destinée à la bande FM, la compo est percutante. Comme si c’était leur premier concert, les musicos ont la niaque. Matt a revêtu un costard de couleur bordeaux, Ziggy, verte et Romain, bleue (NDR : ce sont les nouveaux M&M's !) Matthew va se servir, pendant presque toute l’intégralité du show, d’une gratte électrique de teinte brune. En fait, s’il y avait recours dans le passé, c’était pour interpréter la cover du « Toxicity » de System Of A Down. Mais ici, il la privilégie pour les morceaux du dernier elpee, afin d’y injecter davantage de nuances funkysantes. « Feel So Low » et « Soul » sont de futurs tubes en puissance.

La set list n’en oublie pas pour autant les plages du précédent elpee « To Win The World », dont « Last Day On Earth (Something Small) ». Mais sur sa gratte électrique, Mr Irons a le bon goût de leur donner une nouvelle jeunesse, en improvisant. A l’instar de « Goddess Gladys » (« Something You Might Like »), imprimé sur un tempo plus lent. Slow majestueux, « This Time » est balisé par les ivoires. Et propice à la danse, « You Are » baigne carrément dans l’électro.

A partir de « How I Needed You » l’ambiance grimpe en flèche. Les filles commencent à gonfler les ballons pendant « Change The Colours ». C’est de la folie ! Les smartphones s'illuminent. Le light show nous en met plein la vue. On se croirait presque à Forest National. Au cours de cette chanson, l’auditoire reprend d’une seule voix, le refrain en chœur. Une attitude qui va se répéter lorsque le band va attaquer ses classiques, dont « Something You Might Like », « Goes Like This » et « When You Know ». Les applaudissements sont tellement nourris que la troupe doit parfois attendre de longues minutes avant de poursuivre son concert. C’est un peu la rançon de la gloire ! Et le set de s’achever par le dantesque « Territory ».

La formation se retire quelques instants pour se rafraîchir, avant d’accorder un inévitable rappel. Matt invite la foule se diviser afin de le soutenir au chant. Ce qui va déboucher sur une jolie polyphonie. Puggy va même accorder un second encore, pour y attaquer une de leurs premières compos, « Dubois ». De quoi satisfaire ses nombreux aficionados.

Tout le spectacle a été filmé par 6 caméras. On doit donc s’attendre à ce qu’il soit immortalisé sur un Dvd. Et si vous avez manqué le combo, sachez qu’il se produira cet été à Werchter, aux Francos et à Ronquières ; puis à partir de septembre à l'Olympia de Paris, au Splendid de Lille et à Forest National...

Setlist : « Intro », « Fight Like You'Re Fighting », « Feel So Low »,« Soul », « Last Day On Earth (Something Small) », « Goddess Gladys », « This Time », « Lonely Town », « You Are », « Ready Or Not », « How I Needed You », « Change The Colours », « Something You Might Like », « Goes Like This », « When You Know », « Territory ».

Rappel 1 : « I Do », « You Call Me Up », « To Win The World »

Rappel 2 : « Dubois »

Et pour les photos à l'AB, c'est là  

(Organisation : Live nation)

 

 

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