La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

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Dernier concert - festival

Epica - 18/01/2026
Hooverphonic
Concerts

Lemon Straw

En attendant ‘La Vie en Rock’ !

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Ce soir, le Salon de Silly accueille Lemon Straw. Avant l’ouverture des portes, plus de 300 personnes patientent sur le parvis. On risque encore d’être entassés comme des sardines. La dernière fois, c’était lors du concert Nicola Testa. Il y a même des mélomanes qui se sont déplacés depuis le Nord de la France pour applaudir les artistes.

Car ce samedi, il y en aura deux. Wanted Fire assure le supporting act. Un groupe bruxellois fondé en 2010 par Mathieu Leseigneur. Il se consacre au chant et à la sèche. Il est épaulé par Augustin Dethier (Aidan And The Italian Weather Ladies) au cajon, Tim Paez à la seconde gratte (électrique) et enfin Tuan Lé à la basse. A son actif, un Ep intitulé « Unchained », un disque paru l’an dernier.

La scène est exiguë. Tuan se plante à l'extrême gauche. C’est le seul qui se produit debout. Augustin est assis sur son cajon. Il agite en même temps un tambourin à cymbalettes, de son pied droit. Tim alterne entre six cordes acoustique et électrique. Les compos sont interprétées dans la langue de Shakespeare. Une seule exception, le « M » de Mathieu Chedid, dans celle de Voltaire.

« Radio » ouvre le set. La gratte électrique libère des sonorités surf. La voix de Mathieu est autoritaire. « Inner Duel » est bien plus atmosphérique ; à cause des envolées vocales. « White Wolf » est un titre fort intéressant. Les lyrics traitent de l'illusion, l’addiction, le conflit, la dualité ; mais aussi de l'espoir, l'euphorie et du voyage que les musicos vivent et partagent en compagnie du public. Bluegrass, « Beyond » pourrait servir de B.O. à un western spaghetti. La prestation du quatuor a été chaleureusement applaudie. Wanted Fire se produira au Bar Du Matin de Forest le 22 avril prochain et d’autres dates devraient suivrent…

Le line up de Lemon Straw implique le chanteur/guitariste Giani Sabia et deux préposés aux machines ainsi qu’aux synthés, Boris Lori et Xavier Bouillon. Le trio est venu défendre son deuxième  elpee, « Running Home », paru en mars 2015. En fait, ce soir, le band va se produire sous la forme d’un quatuor, puisque Martin Moreau –tiens, il s’est laissé pousser les cheveux– est venu renforcer l’équipe. Pas n’importe qui, puisqu’il s’agit du batteur de la formation athoise, Feel. Sur les planches, il joue, un casque audio sur les oreilles. Et Boris est coiffé d’un chapeau. Pas de basse, cependant, au sein du combo borain (NDR : il est issu de Frameries).

La voix de Giani évoque inévitablement celle du vocaliste de Placebo, Brian Molko. Il joue de la lap steel, assis, à la manière d’une pedal steel. Boris utilise également un dobro, dont le son est bien plus métallique. Et circonstanciellement, il souffle dans un harmo. Le quartet est bien soudé sur les planches.

Des notes d’ivoires amorcent « Air », le premier titre du set, avant que la six cordes n’entre dans la danse. Un morceau de moins d’une minute, qui laisse rapidement la place à la ballade atmosphérique « Does Anyone Feel Like Me », balayée par la lap steel. « Out Of Time » est une compo qui a servi de support à la campagne des 'Iles De Paix'. Boris joue de son dobro qu’il place en position couchée. Le refrain est contagieux. « Wich Side Are You On » est un titre plus rock et surtout plus nerveux. « A Chapel  Of Hope's Stories » est une compo bien cosy. Intimiste si vous préférez. Un seul ancien morceau dans la set list, « See You One The  Other Side ». « I'm Gonna Crawl », « Running Home » et « Run » se contentent d’arrangements dépouillés. Un climat qui permet à Giani de bien mettre en exergue sa voix douce et aérienne. Electro/pop/funk, « Change » est davantage dominé par les claviers (NDR : Dada de Suarez y participe sur disque ; ce n’est pas le cas ce soir). Et le set de s’achever par « Kick Me Out ».

En rappel, Boris est en démonstration à l’harmo tout au long de « The Walls Of Your Prison » avant de colorer, de ses interventions, le final « I Don't Care »…

Lemon Straw assurera la tête d'affiche du festival ‘La Vie En Rock’, qui se déroulera le 2 avril 2016 ; un événement dont les recettes sont destinées à financer la recherche contre le cancer (Voir infos ici

(Organisation : Le Salon + Silly Concerts)

Halestorm

Du show dans le show…

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C’est la quatrième fois que votre serviteur assiste à un concert de Halestrom ; et il ne s’en lasse pas. Faut dire que la chanteuse/guitariste est particulièrement sexy. Et puis elle ne manque pas de talent, tant à la gratte qu’au micro. Ce qui ne gâte rien. Halestrom est une formation pennsylvanienne fondée en 1997. A sa tête, un frère et une sœur Lzzy et Arejay Hale, qui n’ont alors que 10 et 13 ans. C’est même le paternel qui se charge alors de la basse. Il sera ensuite remplacé par Joe Smith, toujours au poste. A l’actif du combo, trois elpees, dont le dernier, « Into The Wild Life », est paru en 2015. C’est cet opus que la formation est venue défendre. L’AB Box est sold out.

Il revient à Wilson d’assurer la première partie. Un quintet issu de Detroit réunissant le chanteur Chad Nicefield, le bassiste James Lascu, le drummer Matt Puhy ainsi que les gratteurs Jason Spencer et Kyle Landry. Les 5 musicos arborent fièrement de superbes tatouages sur les bras.  

Le set s’ouvre en force par « Give 'Em Hell ». Quoique hurlé mais mélodieux, rocailleux et énergique, le chant colle parfaitement au rock’n’roll pur et dur du band. Son attitude  'Sex, Drugs and Rock'n'roll' ne manque d’ailleurs pas d’humour. Le bassiste est gaucher. Comme Macca ; mais ici s’arrête la comparaison. Son attaque sur son manche est autrement sauvage. Chad se frappe constamment la poitrine, comme s’il devait faire son mea culpa, ou se secoue violemment la tête. Il invite l’auditoire à former des ‘round circles’. Sans grand succès ! Il devra d’ailleurs attendre le dernier morceau, « Snake Eyes », pour qu’une dizaine de spectateurs acceptent de le porter audacieusement à bout de bras. De ce concert, on épinglera l’excellente cover du « Hair Of The Dog » de Nazareth. Une bonne entrée en matière. (Pour les photos c'est ici)

Place ensuite à Halestorm. Une batterie imposante trône sur une estrade, au milieu du podium. Jeans de couleur bleue, blouson de cuir noir et body bien aéré, Lzzy déboule sur les planches. Les deux Joe (Hottinger et Smith), respectivement deuxième guitariste et bassiste se plantent de part et d’autre. Le son est nickel. Le light show impressionnant. « Apocalyptic » (« Into The Wild Life ») ouvre les hostilités. Lzzy focalise tous les regards. C’est la star de la soirée. D’ailleurs de nombreux aficionados portent des t-shirts à son effigie. Les compos sont imprimées sur un train d’enfer. La voix de Lzzy est sableuse. Elle change de gratte pratiquement à chaque morceau, mais se sert le plus souvent d’une ‘Jacksons’ de couleur blanche. Pendant « Love Bites (So Do I)», elle lève une main vengeresse puis se met à triturer sa gratte. Ravi, le public applaudit et reprend le refrain en chœur. Avant d’aborder « I Am The Fire », un roadie vient apporter à Lzzy une guitare à double manche. Et elle y étale toute sa technique. Sa dextérité sur ses manches est même déconcertante. Tout au long de « Rock Show » (« The Strange Case Of…»), Joe Hottinger s’autorise un solo de gratte revanchard. Lzzy vient régulièrement affronter son frangin devant ou carrément sur l'estrade, à l’aide de la sienne.

En fin de parcours, Arejay se réserve un solo de batterie de plus de10 minutes. Il utilise des sticks de différentes longueurs et martèle ses fûts en sautant sur place. Un autre show dans le show !  (Pour les photos, c'est )

(Organisation: Ancienne Belgique)

 

 

 

 

Kodaline

Ce soir, les bouchons à Bruxelles, c’était dans les oreilles…

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Il est 18h30, et la file est déjà longue devant l’AB. Elle commence même à hauteur de l'entrée du Music Village. Vous vous en doutez, le concert programmé ce soir est sold out. D’ailleurs toute la tournée européenne de Kodaline affiche complet. En 2013, la formation avait encore foulé les planches du Bota. A deux reprises. A la Rotonde, puis l’Orangerie. Le supporting act n’est pas précisé sur l’affiche. Il s’agit –renseignements pris– d’un combo espagnol qui répond au nom de L.A.. Et c’est lui qui va créer la (bonne) surprise.

Vu la place prise par l’imposant matos de Kodaline, il n’en reste guère pour cette première partie. Les quatre musicos se placent donc en ligne. Un drummer, coiffé d’un chapeau de cow-boy, un chanteur/guitariste, son bonnet enfoncé sur la tête, un autre gratteur et un bassiste. D’après son site web, le band impliquerait six musiciens. Faut croire que deux d’entre eux sont restés à la maison.  

La voix du chanteur est captivante et évoque tour à tour Bono ou Marcus Mumford. D’ailleurs le folk/rock endiablé et nerveux de L.A. lorgne manifestement vers Mumford and Sons. Lumineers, également. La conjugaison des grattes est lumineuse, digne des meilleurs groupes yankees. L’un des sixcordistes découpe des riffs graisseux, vitaminés, alors que le second arrondit les angles. Et pourtant, le sens mélodique est soigné. En outre, le son est nickel. En 30 minutes, L.A. va dispenser de larges extraits de son album « From the City to the Ocean Side ». En applaudissant chaleureusement le public semble avoir apprécié.

Le line up de Kodaline implique Stephen Garrigan (chant, piano, guitare), Mark Prendergast (piano, guitare) Vinny May Jr (drums) et Jason Boland (basse). Une formation irlandaise dont le début de l’aventure remonte à 2011. Son deuxième elpee, « Coming Up For Air », est paru l’an dernier.  

Le rideau est tiré pour opérer le changement de matériel. Aurait-on droit à une surprise ? Quand il tombe, on remarque la présence de 18 rampes verticales recelant de petites lampes leds qui entourent l'estrade sur laquelle est installé le drummer. Mark dispose d’une belle panoplie de claviers. Stephen change de gratte quasiment après chaque morceau. Il la troque contre un synthé à deux reprises. « Ready » baigne au sein d’un light show aveuglant de couleur bleue. Une des couleurs dominantes du show. L’autre ? La mauve ! Lorsque Stephen débarque, il tourne le dos à l’auditoire, empoigne un tabourin garni de cymbalettes et invite la foule à applaudir. Message reçu 5 sur 5 par le public féminin. Celui des premiers rangs connaît les paroles des chansons et les reprend en chœur. Et quand Stephen lance un ‘Brussels’, les acclamations redoublent d’intensité.

Mais, il y a un problème. L’instrumentation est trop puissante par rapport à la voix de Stephen, qui sur disque, se révèle douce, précise et capable d’envolées magistrales dans les aigus. Un volume sonore tellement excessif, que votre serviteur doit régulièrement s’enfoncer des bouchons (NDLR : de circulation ?) dans les oreilles. Pourtant, lorsque l’expression sonore adopte un profil acoustique ou semi-acoustique, les compos passent parfaitement la rampe. A l’instar de « Way Back When », « Brand New Day », « The one » ou encore « Love like this », que Stephen interprète seul, en grattant sa sèche ou en soufflant dans son harmonica. Et si ses quelques interventions au piano sont superbes, elles sont trop rapidement étouffées par le reste de l’instrumentation. Pourtant, le public est chaud-boulette…

Ainsi, en fin de spectacle les filles, en délire, se mettent à hurler de joie… pendant que les portugaises de votre serviteur essuient les plâtres. D’ailleurs, il n’attendra pas le rappel pour vider les lieux…

(Organisation : Live Nation)

Behemoth

De plus en plus proche des limbes…

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Dimanche soir, la ville portuaire d’Anvers baigne dans une atmosphère sombre. Non seulement à cause des conditions climatiques maussades, mais surtout suite au débarquement de quatre grands noms de la scène extrême. Embarqués dans une croisade blasphématoire de quinze dates au cœur du Vieux Continent, les mercenaires d’Inquisition, Entombed A.D., Abbath et Behemoth sont venus déverser dans le Nord du pays leur flot de hargne, de haine et de versets inspirés par le Malin. Les grenouilles de bénitier n’ont qu’à bien se tenir.

L’avis de tempête ne rebute visiblement pas les amateurs du genre. Le Trix affiche sold out, et ses alentours sont rapidement envahis par une marée de voitures. Plus une place de libre, il faut jouer de la carrosserie pour pouvoir garer son engin parmi les 1 100 metalheads du jour. Quelques courageux tentent d’allumer leur cigarette devant les portes de la salle de concert ; d’autres, beaucoup plus nombreux, préfèrent jouer l’ambiance aquarium en s’entassant dans une salle vitrée servant d’intermédiaire entre le monde extérieur et l’arène du jour. Mais vu le monde déjà présent à l’intérieur, il ne fait aucun doute que la majorité des badauds ne veut pas manquer une miette des méfaits du jour. Et on ne peut leur donner tort.

Alors qu’il ne s’agit que du premier concert de la soirée, c’est néanmoins une fosse déjà bien dense qui accueille les Américano-colombiens d’Inquisition. Loin d’être des inconnus dans le milieu, (mal)traitant le riff depuis maintenant vingt-huit ans, le duo pratique un Black Metal brut de décoffrage que les puristes pourraient qualifier de Raw. Visage grimé du classique ‘corpse-paint’ blanc et noir, Dagon, fondateur et guitariste/chanteur (NDR : sa voix est particulièrement nasillarde), arpente les planches d’un pied de micro à l’autre. Pas toujours facile d’occuper l’espace quand on est seul aux avant-postes. Le style lent et répétitif ne manque néanmoins pas sa cible et parvient assez rapidement à captiver l’auditoire. Les headbangings sont timides, mais le public reste compact tout le long du set. Si les sept titres dispensés sont issus des cinq derniers LP du combo, la part belle est néanmoins faite à son dernier, « Obscure verses for the Multiverse ». Bien que finalement un peu linéaire, et frappé malheureusement de quelques problèmes posés par le système sans fil de la guitare, Inquisition va néanmoins laisser une bonne impression et offrir une belle entrée en matière sous des auspices mystiques.

Le Trix a beau être comble, l’endroit est respirable et on ne se marche pas dessus dès qu’on bouge le petit orteil. Par contre, retenez-vous de tout besoin pressant ou d’une envie soudaine de vous procurer des tickets de boissons, au risque de vous retrouver coincé pour un bout de temps. Le stand merchandising est visiblement également victime de son succès : seules les tailles de guêpe parviennent à faire le choix dans le panel des t-shirts, hoodies et autres gilets frappés aux effigies des groupes à l’affiche. Le succès de la tournée était peut-être sous-estimé…

Quoi qu’il en soit, les Suédois d’Entombed A.D. s’apprêtent à monter sur l’estrade. Deux structures sont disposées de part et d’autre du podium, laissant apparaître un double motif de tête de corbeau sur fond noir. Eux non plus ne sont pas des novices en la matière, les artistes proférant un Death Metal old-school, depuis 1987. Définitivement une affiche de talents confirmés. Les membres débarquent tour à tour sur les planches, l’impressionnant bassiste Victor Brandt imposant sa stature de viking. L’ambiance est décontractée, les membres prennent plaisir à partager leur Death Metal bien gras avec la fosse. Malgré sa position en bas de l’affiche, les Scandinaves sont néanmoins autorisés, pour le plus grand plaisir de toutes et tous, de livrer un set de dix morceaux. Telle une vieille marionnette de clown échevelée, Lars-Göran Petrov reprend des forces en s’abreuvant de houblon Made in Belgium, entre chaque morceau ; mais c’est surtout sa voix gutturale qui impressionne. Un show tout en puissance, caractérisé par quelques envolées consistantes de Nico Elgstrand à la gratte. Une prestation qui va encore davantage ancrer leur notoriété au pays des growls.

Place à présent à la première tête d’affiche de la soirée. Abbath est en effet annoncé comme ‘co-headliner’ dans la programmation. Ancien guitariste et vocaliste du mythique Immortal, un des premiers combos de Black Metal, Abbath avait signifié, au cours de l’année 2015, qu’il comptait revenir sur le circuit au sein d’un groupe dont le patronyme serait le sien. Et qui impliquerait notamment l’ex-Gorgoroth et God Seed à la basse. On n’est pas loin du super groupe. Ici non plus, pas de fioriture, tous comme les deux bands qui les ont précédés. Les artistes se contentent d’un backflag frappé de leur logo, en arrière-plan. Creature –c’est le pseudo du batteur Gabe Seeber– opère son entrée. Il est coiffé d’un inquiétant masque aux allures diaboliques. Et est suivi par le nouveau gratteur de la formation, Ole André Farstad, le visage peint de blanc, hormis une fine ligne barrant de bas en haut son œil gauche et sa bouche. Arrive ensuite l’inquiétant et mystérieux King, au regard froid et perçant, précédant l’icône Abbath en personne. Longue chevelure noire, deux grands triangles de la même couleur couvrant ses yeux –contrastant avec le reste de son visage peint en blanc– il a le corps recouvert d’une armure en cuir rigide de couleur noire. Malgré son apparence de guerrier des ténèbres, l’artiste est également connu pour son autodérision vis-à-vis de son personnage et de ses postures ultra stéréotypées, auxquelles le public ne va évidemment pas échapper ce soir. Une heure de prestation, pendant laquelle la formation va exécuter, pour le plaisir de la fosse, aussi bien des nouveaux morceaux issus du nouvel opus (NDR : c’est le premier et il est éponyme) que des compositions nées au cours des grandes heures de gloire d’Immortal, telles que « One by One », « Tyrants » ou encore « All Shall Fall ». Les titres s’enchaînent, conférant au show cette impression de rouleau compresseur. Outre ses mimiques habituelles, Abbath balance maladroitement un ‘Hello Netherlands’ à mourir de rire. A contrario du bassiste, qui prend la poudre d’escampette dès la fin du set, Abbath décroche, à la demande d’un fan une des setlists scotchée sur un retour, et la lui remet, en affichant un grand sourire. Le geste en était presque touchant.

Les esprits ont bien été soignés aux petits oignons (ognons ?), et sont fins prêts à se prendre de plein fouet les morceaux autant possédés qu’envoûtants (envoutants) de Behemoth. Les Polonais sont réputés pour leur précision autant que leur esthétisme, tant pour leur musique que leurs prestations ‘live’. Ils se sont créés un univers qui, pour l’occasion, se traduit par une scénographie impressionnante. Trois pieds de micro sont plantés sur l’estrade. Tous en fer forgé, de couleur gris foncé et au design incurvé, ils sont surmontés par des têtes de serpents enroulés autour de pentagrammes inversés. Ils tiennent la fosse en joue. Placée au centre, la batterie est surélevée. Elle est entourée de deux écrans, au bas desquels sont posées des marches métalliques afin que les musiciens puissent y grimper. Un énorme backflag est hissé en fond de scène, non pas frappé du logo du band, mais bien d’une symbolisation d’un feu, le tout entouré d’un triangle irradiant. Ce même symbole figure également sur le pied de micro réservé à Nergal, chanteur/guitariste de la formation. Les techniciens s’affairent autour des pieds de micro, veillant à régler pilepoil les dispositifs pyrotechniques. Cerise sur le gâteau : deux bâtons d’encens sont accrochés dans le bas de la structure métallique du frontman. Il est 22h30 précise, la messe noire peut commencer.

La salle est plongée dans l’obscurité. La foule hurle, mêlant sa voix à celles de psalmodiassions féminines et plaintives, similaires à des cris de chamanes envoûtées. Les senteurs de l’encens commencent à se propager, des fragrances propices à la stimulation de ces parties de l’imaginaire collectif induisant une séance d’exorcisme. Deux grosses flammes tournoient autour de la batterie. Seth et Orion, respectivement guitariste et bassiste de la formation, sont plantés en haut des marches, devant les écrans. Nergal, quant à lui, rejoint petit à petit son micro et débute le lent et puissant « Blow Your Trumpets Gabriel ». Le combo va interpréter, en première partie, les neuf morceaux de leur dernier album, « The Satanist », dans un climat glauque, sombre et froid. Des projections brutes et crasseuses en noir et blanc de rituels, de désenvoûtements et autres services mystiques couvrent le spectacle d’une chape ténébreuse. Sans compter l’attitude délibérément distante, glaciale et possédée des artistes qui ne ce cessent de fixer leurs fans dans la fosse. Vêtus de guenilles en cuir –garnies de clou– ils paraissent fraîchement sortis des abysses diaboliques afin de célébrer leur liturgie satanique. Une mise en scène mûrement réfléchie, qui laisse apparaître, entre deux morceaux, tantôt une femme vêtue comme une sorcière africaine, balançant son encensoir en direction de la foule, tantôt Nergal lui-même, profitant de cette obscurité dans laquelle la salle est plongée, afin de débouler vers la fosse, calice à la main, pour distribuer des hosties frappées du logo du groupe. La fosse se bouscule, se presse vers l’avant afin de recevoir la divine manne du chanteur. Un ensorcellement généralisé où toute âme a fini, à un moment ou à un autre, par être contaminée.

Les lumières s’éteignent, changement d’ambiance, le venin est désormais diffusé dans les corps. Les Polonais reviennent afin de s’assurer qu’ils sont parvenus à mettre à genoux les derniers survivants, en interprétant tout d’abord « Pure Evil and Hate », opérant ainsi un bond de vingt-deux années en arrière, avant de poursuivre par les surpuissants « Antichrist Phenomenon » et « Conquer All ». Seth est au bord du podium quand il lance les premières notes de « Chant for Eschaton 2000 ». Du sang commence à couler sur le coin de ses lèvres, et se transforme en écume rougeâtre. Il respire un grand coup et finit par cracher le contenu de sa bouche sur les premiers rangs, définitivement souillés par les artistes. Ces derniers achèvent d’interpréter le morceau et quittent définitivement le lieux, aussi froidement qu’ils étaient arrivés.

Behemoth a une fois de plus démontré qu’il est devenu une valeur sûre de la musique extrême, tant musicalement que visuellement. En vingt-cinq années de carrière, Behemoth est passé du Black au Death Metal pour finalement, depuis quelques long playings, parvenir à transcender une synthèse de ces deux styles. Il crée, innove et, au risque de se casser les dents, ose franchir des lignes pourtant peu accessibles. Plus le temps passe, plus il prend de l’altitude en s’exposant par le riff et l’image. Ce qui lui permettra de traverser encore, dans le futur, bien des frontières qui le séparent des limbes, où nul ne s’est plus aventuré depuis des siècles et des siècles…

(Organisation : Biebob/Rocklive)

The Rhythm Junks

Les nouvelles roots du blues…

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The Rhythm Junks réunit des vieux briscards issus de la scène blues, roots et jazz du Nord de la Belgique. A l’origine, le line up impliquait Steven De Bruyn, Tony Gyselinck (Toots Thielemans) et le vétéran Roland Van Campenhout. Le trio s’était ainsi produit à l’AB en 2010, dans le cadre de la sortie de l’album « Fortune Cookie ». Et votre serviteur avait eu l’opportunité de rencontrer les deux premiers cités. Depuis Roland a cédé sa place à Jasper Hautekiet (Amiral Freebee).

Célébrant ses 11 années d’existence, la formation vient de publier son quatrième elpee, « It Takes A While ». Et a donc décidé de repartir en tournée pour le défendre. Elle va même assurer le supporting act de Balthazar et de Triggerfinger.

Si la salle n’est pas sold out, elle est copieusement garnie. Posée devant lui, la valise de Steven recèle des tas d’instruments : une panoplie d’harmonicas, des machines pour amplifier le son, un sequencer (qu’il a baptisé synthé graphique) et un looper. Il dispose même d’un ‘omnichord’. Egalement baptisé auto-harpe, cet instrument électronique de construction japonaise ressemble à une gratte sans manche, et il libère des sonorités métalliques analogues.

Dès « How Long », Steven improvise. Il jongle entre ses différents harmos et exploite déjà son micro américain ainsi que de sa loop station, alors que la section rythmique adopte un profil, ma foi discret. L’impro terminée, il adresse un regard à Jasper, dont la basse se met à vrombir. Un peu fort, quand même. Steven est en grande forme. Il sautille ou danse en soufflant dans sa musique à bouche. Coiffé d’un chapeau mou de paille, Tony martèle ses peaux et ses cymbales. Et il est plus que convainquant derrière ses fûts. Le morceau ne dure que 180 secondes sur l’elpee, cette version ‘live’ dépasse les 8 minutes.

« Calling Massala » rend hommage à Massala, une artiste que Steven a rencontré lors d’un festival de jazz à Nairobi (Kenya). Elle apprend la musique à des enfants. Séduit par le projet, il lui a envoyé 150 harmonicas. Et a aussi accordé des cours via Skype à l’éducatrice.

Steven abandonne son harmonica pour empoigner le fameux omnichord, dont il extrait des sonorités vraiment singulières. Tout en donnant parfois de la voix. Et le public d’applaudir sa prestation, à plusieurs reprises.

Place ensuite à « Why Would I Worry », le premier single du long playing. Steven triture les boutons des machines placées devant lui. Il passe de nouveau d’un harmo à l’autre, dont deux imposants qui communiquent une touche blues/roots au morceau, nonobstant le recours à l’électronique. Enfin, pas à travers des beats electro, mais simplement pour servir d’amplification à son instrument de prédilection. Précision quand même, sa voix reste naturelle. Elle n’est ni triturée par un vocodeur ou un quelconque filtre.

« The Game Is Up » atteint sa pleine puissance ; faut dire que la frappe de Tony est particulièrement énergique. Il se réserve son petit solo lors de « Shopping Again ». Pour deux plus anciennes compos, « Hunters » et surtout « Some People » (« Pop Off »), Steven utilise son fameux synthé graphique. Des compos qui font mouche.

« Checking In » lorgne manifestement vers le r&b des Stones. Celui de leurs débuts. Un titre au cours duquel l’harmo libère une belle dose d’agressivité.

Pas de cuivres, comme sur l’album « Pop Off », pour « Join Da Bus » ; mais la version parvient quand même à mettre le souk dans l’auditoire. D’ailleurs, à ce moment précis, l’expression sonore voyage entre la Jamaïque, l’Afrique et la Louisiane…

Steven manipule ses machines pour alimenter « Winter Bones ». Et notamment cet omnichord. Enfin, « Trying To Listen » semble déchiré entre électro et blues/roots, plongeant le mélomane dans une atmosphère empreinte de mystère. Ce qui n’empêche pas les trois musicos de briller sur leurs différents instrus.  

Plus étrange encore, « Headphone City » évoque… dEUS….

Deux titres seront accordés lors du rappel. D’abord le paisible « Ofline Land », compo qui opère un retour aux années 70 voire 80. Puis « Best Kept Secret », un blues fangeux mais sans gratte. Une invitation à naviguer dans le Delta, pour sillonner le bayou, en barque, sous le regard sournois des alligators, qui rêvent sans doute de croquer ces Rhythm Junks

(Organisation : Ancienne Belgique)

GrandGeorge

La preuve par six !

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GrandGeorge se produit dans la Rotonde ce vendredi 5 février, un concert destiné aux pros du spectacle. Il y a un peu plus de monde que les deux jours précédents.

Né à Versailles, Benjamin GrandGeorge est âgé de 34 ans. Il s’était établi à Bruxelles, à cause de son job (NDR : il est ingénieur). Et avait pris une année sabbatique pour se consacrer à la musique. C’est un de ses potes qui va transmettre une de ses maquettes chez PiaS, où il signe en 2013. Il rencontre le producteur/mixeur américain Mark Plati (David Bowie, Bashung, Puggy), sous la houlette duquel il publie son premier Ep « So Fine », dont le titre maître l'a fait connaître au grand public. Il vient de publier son premier  album, « So Logical ». Depuis, il a tout lâché pour vivre sa passion. Et ce choix lui réussit apparemment très bien.

Sur les planches, Benjamin –armé de sa sèche– est soutenu par le bassiste Nicolas L'Herbette et le drummer Samuel Rafalowicz, deux musiciens chevronnés qui viennent de l’univers du jazz. D’une durée de 30 minutes, le set proposera 6 morceaux. La preuve par six ?

Et s’ouvre par le titre maître du nouvel opus, « How Long ». La mélodie est tellement contagieuse, qu’une fois enregistrée dans la boîte crânienne, on n’arrive plus à s’en débarrasser. Place ensuite à son tube de l'été 2015, « So Fine ». Il y injecte une belle dose d’énergie et y met tout son cœur. Son entrain et sa bonne humeur sont communicatifs.

GrandGeorge signale que la prochaine chanson synthétise bien son projet. Il adore les mathématiques, la musique en général et tout particulièrement celle qui vient de l’Afrique. Une chanson tout au long de laquelle, il s'est amusé à faire côtoyer des rythmes et des mesures qui ne sont pas sensées être compatibles. Et c’est le batteur qui amorce ce « Fading Away ». Habité par son chant, GrandGeorge se balance. Il tâte du djembé. Puis de ses cordes, entame un duel avec le bassiste. Les manches des instruments se frôlent. On ressent les vibrations au sol et on a envie de danser. Mais par respect pour le public, on reste collé à son banc. La gratte s’impose naturellement tout au long de « So Logical », le morceau maître du dernier elpee ; une plage à la jolie mélodie. GrandGeorge signale que réserver un titre qui ne figure pas sur l’album aux prestations ‘live’ est plutôt sympa. Son titre ? « Good Old Money ». Une compo ska/pop sautillante et sucrée qui adresse un petit clin d'oeil aux traders, puis opère une petite incursion dans la soul et le Delta.

Avant de terminer le set, il présente ses musicos. Et reconnaît être devenu un hôte régulier de la Rotonde (NDR : résidence et concerts). Et y revient d’ailleurs ce 18 février. Il troque sa sèche contre une électrique. Et achève la prestation par un morceau de funk incendiaire, « Petit Dej ».

(Organisation : ProPulse)

Milo Gonzalez

Entre nylon et métal…

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Le premier ‘jeudi acoustique’ de l'année 2016, programmé au Salon de Musique à Silly, se déroule ce 4 février. Une formule inédite pour la région. Un artiste vient présenter son répertoire. L’entrée est gratuite. A la fin du show, on fait passer le chapeau. A l’affiche, ce soir, Milo Gonzalez, un jeune virtuose de la guitare issu de Venice Beach, en Californie. Capable de s’exprimer à travers le classique, le flamenco, le punk, le blues, le bluegrass ou le psychédélisme, il se sert d’une guitare dont les cordes sont partagées entre métal et nylon…

Une cinquantaine de spectateurs se sont déplacés pour applaudir le prodige américain. « Battle Squids » ouvre les hostilités, une compo nerveuse abordée dans l’esprit de Rodrigo y Gabriela. Deux minutes trente au cours desquelles il affiche déjà tout son savoir-faire. Il est habile de ses dix doigts. Cinq se consacrent sur les 3 cordes du haut (métalliques) et cinq sur les 3 cordes du bas (nylon). Milo raccorde sa gratte après chaque chanson.

Milo Gonzalez enlève chaussures et chaussettes afin d’optimaliser son contact avec les différentes pédales de distorsion placées devant lui. « Desert Marauder » baigne dans un climat classique alors que « Purple Green Ice » nous entraîne dans le flamenco. Sur disque, cette dernière compo dure 3 minutes. En ‘live’, le double. La dextérité manifestée sur le manche, par l’artiste, est stupéfiante. Une B.O. idéale pour sonoriser un documentaire consacré à une aurore boréale.

Pas de percus pour « Sun And Moon », un titre folk que Milo chante d’abord d’une voix douce, avant de tenter de la pousser dans les aigus. Sans doute pour couvrir le léger brouhaha propagé par l’auditoire. Pas convainquant. Pas grave, c’est surtout sur sa gratte qu’il est balaise. A l’instar d’« Ice Age », qu’il achève en picking. Il est enfin à la hauteur, au micro, sur « Encounter », un titre réminiscent de Neil Young. Mais également tout au long du dernier titre du set, « Like A Book ». En rappel, il nous réserve une version d’un morceau signé par le légendaire pianiste, Erik Satie. Et franchement, en privilégiant les trois cordes en nylon, il réussit parfaitement cette interprétation…

(Organisation : le Salon de Silly)

Lieutenant

Tout le monde en a pris pour son grade…

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L’édition 2016 du festival Propulse débute ce mercredi 3 février. C'est un peu l’équivalent de l'Eurosonic, mais il se déroule en Belgique ; un événement destiné à mettre en vitrine les artistes noir jaune rouge.

Lieutenant est un quintet liégeois drivé par le chanteur/guitariste Laurent Van Ngoc. A l’origine, la formation puisait allègrement ses influences dans la pop acoustique anglo-saxonne (Simon & Garfunkel, Love, Belle & Sebastian, Kings of Convenience) ; et les lyrics étaient torchés dans la langue de Shakespeare. Puis au fil du temps, celle de Molière a pris le relais, afin de mettre davantage les mots sur les émotions. Faut dire que les musicos s’intéressent également à toutes les formes d’art. Et notamment la littérature, le cinéma ainsi que la peinture. Qui constituent également une source d’inspiration de leur ‘songwriting’. Le combo vient de publier un premier opus, « Au Coeur De L'Arène », un disque qui a bénéficié du concours de Thomas Belhom (Tindersticks, Calexico) à la mise en forme. Pour concocter ce concept album, les musicos ont également mis en commun leurs propres influences, qui oscillent du jazz au classique, en passant par le folk et la pop. 

Outre le leader, le combo implique le pianiste/bassiste Philippe Lecrenier, le drummer Pierre Mulder, le gratteur/clarinettiste Vincent Hargot et la violoniste (NDR : très sexy, par ailleurs) Anne-Claude Dejasse. En ‘live’, le combo est enrichi de trois autres instrumentistes : la violoncelliste Aurélie Potty ainsi que les violonistes Damien Chierici et Arno Polet (alto). De quoi former une parfaite section de cordes. Ils sont huit sur l’estrade.

Juste au dessus de la table de mixage, quatre toiles sont exposées. Sur scène, le décor est soigné, à l’instar de la pochette du long playing. Un texte en slam est déclamé sur fond de gratte, avant que le band n’attaque « Ecume ». Le discours militant achevé, Laurent se plante devant le micro. Les accords de guitare sont presque classiques. La musique est empreinte de douceur. Et les textes incitent à poser une réflexion sur l’égoïsme de notre monde contemporain : ‘L'homme moderne abandonne le compromis pour embrasser l'utopie ; il noie ses angoisses dans l'absolu’…

« Tout est écrit » baigne au sein d’un climat balkanique et manouche, en même temps. A cause de la clarinette. Les cordes communiquent un sentiment de mélancolie. Les chœurs prennent leur envol. Vers l’Est. Comme ceux de l'Armée Rouge. Pour les militaires, c'est le même combat. Une guérilla éclate entre les cordes et cette clarinette ; mais aucun belligérant n’arrive à prendre le pouvoir. « Manège de fin d'un monde » est balisé par les ivoires. Laurent a abandonné sa gratte. C’est le Lieutenant (NDR : le capitaine ?) du navire ; et il dirige le périple (NDR : la croisière ?) de sa voix et de ses mains, alors que l’embarcation est bercée par les cordes languissantes d’Anne-Claude…

Les percus s’agitent tout au long de « L'épine au fond du coeur », compo pour laquelle Laurent a récupéré sa guitare semi-acoustique et qui s’achève en force par la conjugaison des interventions de clarinette et de cordes.

Des cordes qui se déversent sur « Océan De Pluie » et se chamaillent avec les percussions, avant que le violoncelle ne reprenne le flambeau, au sein d’un climat symphonique. Anne-Claude, qui est venue épauler Laurent aux vocaux, rencontre un léger problème de micro. Un nouveau texte est déclamé avant que les ivoires n’installent une atmosphère propice à la « Peur ». Et lorsque le titre commence à s’animer, c’est pour opérer un retour vers les Balkans, avant un retour au calme. Et le set de s’achever en beauté par « Le coeur de l'arène », morceau qui génère une lueur d’espoir… Ce soir, tout le monde en a pris pour son grade…

(Organisation : ProPulse)

Tame Impala

Il n'aura finalement manqué qu'un peu de folie…

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Tame Impala est une formation australienne –issue de Perth très exactement– responsable de 3 albums à ce jour. Et son dernier, « Currents », est paru en juillet 2015. Un quintet qui jouit d’une notoriété en progression constante. Surprenant, pour un groupe psychédélique. Un peu moins quand même, quand on sait que les mélodies des compos sont souvent contagieuses et sont même très susceptibles de se transformer en hits. Ce qui explique sans doute pourquoi, il a décroché de multiples Awards, au pays des kangourous. Une notoriété qui gagne manifestement les autres continents, puisque sa nouvelle tournée mondiale remplit les salles. Comme ce soir, à Forest National.

La soirée est sold out, et pourtant, dans les balcons, il y a encore de la place. Faut dire que l’essentiel de l’auditoire s’est concentré dans la fosse ; et ceux qui ne peuvent la rejoindre, transitent finalement par le premier étage (NDR : doit y avoir de nombreux adeptes de l’escalade, parmi ces retardataires).

Première bonne surprise, il y a davantage de jeunes que de vétérans, dans l’auditoire pour ce spectacle (NDR : tiens récemment, dans un article d’un quotidien belge, un journaliste condamnait à mort le rock, faute de combattants ; faudra qu’il revoie sa copie…) La moins bonne, c’est le supporting act. Un trio qui répond au nom de Jagwar Ma. Egalement australien. Dommage ! Le chanteur a une bonne voix, mais on n’entend pas sa guitare. Le bassiste à un beau bonnet, mais on n’entend guère sa basse. Finalement, c’est le bidouilleur qui se taille la part du lion. En fait de lion, il est certainement mort ce soir. Car franchement, la tambouille sonore était funeste. Et quand deux d’entre eux se sont mis à tourner les boutons, on n’a plus eu qu’une seule envie, tourner le nôtre. Quatre ou cinq décennies plus tôt, ce genre de mauvaise blague se soldait par la projection de fruits et légumes. M’enfin, c’est vrai qu’aujourd’hui, vu leur prix, ce serait du gaspillage. Trois-quarts d’heure de calvaire imposé sur le même tempo. De quoi choper des boutons (?!?!)

Passé cette épreuve olympique, cinq roadies vêtus de tabliers blancs vont s’affairer sur les planches afin que le show de leurs protégés s’effectue dans des conditions idéales. Pendant une bonne demi-heure, ils vont vérifier les balances des instruments, scotcher des fils, inspecter si tout a bien été raccordé, revérifier le travail, le re-revérifier, presque chacun leur tour. Manquait plus qu’ils se mettent à ‘sidoler’ les pieds de micro et les chromes… 

A 9 heures 15, les lumières s’éteignent ; et le quintet, emmené par le leader, Kevin Parker, monte sur l’estrade. Il se consacre au chant et très souvent à la guitare (une Rickenbacker). Le line up est complété par deux claviéristes, dont un double à la gratte, un bassiste et un drummer. Les musicos sont concentrés au centre de l’estrade, comme pour former un bloc.

Après une intro instrumentale, on entre dans le vif du sujet. Soit le hit « Let it happen ». Et on a déjà droit à une projection de confettis. Mais le plus important, procède de la qualité du son. Parfait de chez parfait ! D’une précision chirurgicale ! Ben, après les contrôles minutieux accomplis par les infirmiers du son, le contraire aurait quand même été étonnant. Derrière le band, des images sont projetées sur un écran géant. Celles d’un point vert (NDR : rien à voir avec les fruits et légumes) qui se tort dans tous les sens, et même suivant les accords de guitare sur « Cause I’m a man », de figures kaléidoscopiques ou galactiques ; et bien sûr de taches de couleurs psychédéliques qui se mélangent, un peu comme le Floyd le proposait à ses débuts. Et le light show implique également des faisceaux lasers qui changent de couleur en fonction des titres ; deux d’entre eux formant même parfois un épi, de chaque côté de la scène. Sans oublier les stroboscopes et tutti quanti. Bref, on a eu plein les mirettes.

Mais venons-en aux musicos. Assez statiques, il faut le reconnaître. Seul Parker, vient de temps à autre s’asseoir, sur le bord de l’estrade, lors de morceaux les plus mélancoliques. A l’instar de la ballade mid tempo « Yes I’m changing ». En fait, ils sont tous extrêmement concentrés sur leur partition. Même les harmonies vocales sont raffinées à l’extrême. Comme sur « Mind Mischief », un titre caractérisé par sa mélodie contagieuse. Ce qui n’empêche pas certains morceaux de dériver dans l’électro. Pas trop, heureusement. Juste ce qu’il faut. Comme sur le disco-space extatique « The less I know the better ». Les point culminants du set seront certainement atteints par le plus krautrock « Why won’t they talk to me ? », en libérant une bonne dose de groove. Puis par le glam/rock « Elephant », tapissé par un filet de clavier vintage, dans l’esprit de « The Piper at the Gates of Dawn » du Floyd. Et en finale, « Apocalypse dreams », un long titre émaillé d’envolées épiques, dignes de Mercury Rev voire des Flaming Lips (NDR : un des groupes les plus proches musicalement de Tame Impala). Et probablement un des rares morceaux qui a laissé de l’espace à l’improvisation. Les chansons les plus radiophoniques incitent naturellement la foule à reprendre en choeur les refrains. Les singles, bien sûr, et puis lors du rappel, le visionnaire « Feels like we only go backwards », ponctué d’une nouvelle projection de confettis. Avant que le show ne s’achève par le lancinant « New person, same old mistakes ».

Bref, un excellent concert, exécuté dans une excellente ambiance, ponctué de nombreux applaudissements, auquel il n’aura finalement manqué qu’un peu de folie…  

Set list

1. Intro
2. Let It Happen
3. Mind Mischief
4. Why Won't They Talk to Me?
5. It Is Not Meant to Be
6. The Moment
7. Elephant
8. Yes I'm Changing
9. The Less I Know the Better
10. Eventually
11. Alter Ego
12. Oscilly
13. Cause I'm a Man
14. Apocalypse Dreams

Rappel

15. Feels Like We Only Go Backwards
16. New Person, Same Old Mistakes

(Organisation : Live Nation)

 

Nicki Bluhm & The Gramblers

Et pourtant, Tim n’était même pas là !

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Ce samedi soir, la cave à chicons du Botanique accueille Nicki Bluhm & The Gramblers, un groupe d’alt country yankee réunissant la chanteuse Nicki Bluhm, les gratteurs Deren Ney et Dave Mulligan (électrique ou acoustique), le bassiste Steve Adams et le drummer Mike Curry. Si Nicki est originaire de Lafayette –pas les galeries parisiennes, mais en Californie– le groupe s’est établi à San Francisco.

C'est la première fois que Nicki tourne sur le Vieux Continent. Elle est venue défendre son second elpee, « Love Wild Lost ». Produit par Brian Deck (Iron & Wine, Modest Mouse, Josh Ritter), ce disque fait suite à un opus éponyme paru en 2013.

Pas de supporting act. Guère de monde, non plus, en début de set. Mais la salle va se peupler au fil de la soirée. L’alt country de Nicki Bluhm & The Gramblers est contaminé par une foule d’autres styles, comme le bluegrass, le blues, le psychédélique, le rock, la soul et le folk.

Hormis un des guitaristes, qui porte une casquette, tous les musicos sont coiffés de chapeaux de cow-boy. Longue chevelure de jais, Nicki est plutôt jolie. Elle est capable de moduler sa voix –solide par ailleurs– en fonction des compos.

« Burnt » ouvre le show. Un rock, ma foi classique, caractérisé par des sonorités de grattes, aux réminiscences californiennes. « Deep Water » est balayé par des riffs de slide bien poisseux. Les interventions du soliste sont lumineuses. Faut dire qu’à la six cordes, c’est loin d’un manchot. Il semble avoir tout compris de la technique de Joe Bonamassa et du toucher tout en feeling d’Eric Clapton. Et nous accorde un remarquable solo sur « I'M Your Woman ».

Lors de ce morceau, Nicki –qui l’admire un bon moment dans son exercice de style– s’autorise quelques vocalises à la Beth Hart. Elle appuie subtilement ses interventions vocales, en tapotant sur son tambourin. Slow crapuleux souligné de superbes harmonies vocales masculines, « Check Your Head » replonge dans l’atmosphère californienne. On a envie de prendre par belle Nicki par la taille, pour la faire danser (NDR : c’est proscrit, elle est mariée à Tim –il vient d’ailleurs parfois apporter son concours au groupe en ‘live’–, m’enfin, il n’est pas là). Bon morceau ! Il y a des chapeaux mais pas de chevaux. Néanmoins, on peut entamer un périple à travers les grandes plaines de L'Ouest : « Heartache », « Queen Of The Rodeo » et « Mr. Saturday Night ». Les déhanchements de Nicki sont assez sexy (NDR : oui, mais si Tim, son époux –c’est le leader de Mother Hips– n’est pas là, c’est chasse gardée !) Les spectres de Beth Hart, Ricky Lee Jones, Christie MacVie ou Carol King se mettent à planer. Et même celui de Sheryl Crow sur le hit « Waiting On Love ». La reprise du « Somebody To Love » de Jefferson Airplane rend hommage à son guitariste Paul Kantner et sa première chanteuse, Signe Toly Anderson, décédés ce 28 janvier 2016.

La voix de Mrs Bluhm emprunte à nouveau à Beth Hart sur le blues « Me & Slim ». La cover de Linda Ronstadt, « You'Re No Good », souffre quand même de l’absence d’orgue. En rappel, on aura droit à un titre de delta blues libidineux, « Kill You To Call » (NDR : non, non, Nicki n’est pas libre ce soir…), à une version quasi a cappella (NDR : uniquement un mélodica comme support sonore) et étonnante du « Deal » de Grateful Dead et une autre du « Faith » de George Michael. Une soirée bien sympathique ; et pourtant, Tim n’était même pas là !

(Organisation : Le Botanique)

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