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GrandGeorge

La preuve par six !

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GrandGeorge se produit dans la Rotonde ce vendredi 5 février, un concert destiné aux pros du spectacle. Il y a un peu plus de monde que les deux jours précédents.

Né à Versailles, Benjamin GrandGeorge est âgé de 34 ans. Il s’était établi à Bruxelles, à cause de son job (NDR : il est ingénieur). Et avait pris une année sabbatique pour se consacrer à la musique. C’est un de ses potes qui va transmettre une de ses maquettes chez PiaS, où il signe en 2013. Il rencontre le producteur/mixeur américain Mark Plati (David Bowie, Bashung, Puggy), sous la houlette duquel il publie son premier Ep « So Fine », dont le titre maître l'a fait connaître au grand public. Il vient de publier son premier  album, « So Logical ». Depuis, il a tout lâché pour vivre sa passion. Et ce choix lui réussit apparemment très bien.

Sur les planches, Benjamin –armé de sa sèche– est soutenu par le bassiste Nicolas L'Herbette et le drummer Samuel Rafalowicz, deux musiciens chevronnés qui viennent de l’univers du jazz. D’une durée de 30 minutes, le set proposera 6 morceaux. La preuve par six ?

Et s’ouvre par le titre maître du nouvel opus, « How Long ». La mélodie est tellement contagieuse, qu’une fois enregistrée dans la boîte crânienne, on n’arrive plus à s’en débarrasser. Place ensuite à son tube de l'été 2015, « So Fine ». Il y injecte une belle dose d’énergie et y met tout son cœur. Son entrain et sa bonne humeur sont communicatifs.

GrandGeorge signale que la prochaine chanson synthétise bien son projet. Il adore les mathématiques, la musique en général et tout particulièrement celle qui vient de l’Afrique. Une chanson tout au long de laquelle, il s'est amusé à faire côtoyer des rythmes et des mesures qui ne sont pas sensées être compatibles. Et c’est le batteur qui amorce ce « Fading Away ». Habité par son chant, GrandGeorge se balance. Il tâte du djembé. Puis de ses cordes, entame un duel avec le bassiste. Les manches des instruments se frôlent. On ressent les vibrations au sol et on a envie de danser. Mais par respect pour le public, on reste collé à son banc. La gratte s’impose naturellement tout au long de « So Logical », le morceau maître du dernier elpee ; une plage à la jolie mélodie. GrandGeorge signale que réserver un titre qui ne figure pas sur l’album aux prestations ‘live’ est plutôt sympa. Son titre ? « Good Old Money ». Une compo ska/pop sautillante et sucrée qui adresse un petit clin d'oeil aux traders, puis opère une petite incursion dans la soul et le Delta.

Avant de terminer le set, il présente ses musicos. Et reconnaît être devenu un hôte régulier de la Rotonde (NDR : résidence et concerts). Et y revient d’ailleurs ce 18 février. Il troque sa sèche contre une électrique. Et achève la prestation par un morceau de funk incendiaire, « Petit Dej ».

(Organisation : ProPulse)

Milo Gonzalez

Entre nylon et métal…

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Le premier ‘jeudi acoustique’ de l'année 2016, programmé au Salon de Musique à Silly, se déroule ce 4 février. Une formule inédite pour la région. Un artiste vient présenter son répertoire. L’entrée est gratuite. A la fin du show, on fait passer le chapeau. A l’affiche, ce soir, Milo Gonzalez, un jeune virtuose de la guitare issu de Venice Beach, en Californie. Capable de s’exprimer à travers le classique, le flamenco, le punk, le blues, le bluegrass ou le psychédélisme, il se sert d’une guitare dont les cordes sont partagées entre métal et nylon…

Une cinquantaine de spectateurs se sont déplacés pour applaudir le prodige américain. « Battle Squids » ouvre les hostilités, une compo nerveuse abordée dans l’esprit de Rodrigo y Gabriela. Deux minutes trente au cours desquelles il affiche déjà tout son savoir-faire. Il est habile de ses dix doigts. Cinq se consacrent sur les 3 cordes du haut (métalliques) et cinq sur les 3 cordes du bas (nylon). Milo raccorde sa gratte après chaque chanson.

Milo Gonzalez enlève chaussures et chaussettes afin d’optimaliser son contact avec les différentes pédales de distorsion placées devant lui. « Desert Marauder » baigne dans un climat classique alors que « Purple Green Ice » nous entraîne dans le flamenco. Sur disque, cette dernière compo dure 3 minutes. En ‘live’, le double. La dextérité manifestée sur le manche, par l’artiste, est stupéfiante. Une B.O. idéale pour sonoriser un documentaire consacré à une aurore boréale.

Pas de percus pour « Sun And Moon », un titre folk que Milo chante d’abord d’une voix douce, avant de tenter de la pousser dans les aigus. Sans doute pour couvrir le léger brouhaha propagé par l’auditoire. Pas convainquant. Pas grave, c’est surtout sur sa gratte qu’il est balaise. A l’instar d’« Ice Age », qu’il achève en picking. Il est enfin à la hauteur, au micro, sur « Encounter », un titre réminiscent de Neil Young. Mais également tout au long du dernier titre du set, « Like A Book ». En rappel, il nous réserve une version d’un morceau signé par le légendaire pianiste, Erik Satie. Et franchement, en privilégiant les trois cordes en nylon, il réussit parfaitement cette interprétation…

(Organisation : le Salon de Silly)

Lieutenant

Tout le monde en a pris pour son grade…

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L’édition 2016 du festival Propulse débute ce mercredi 3 février. C'est un peu l’équivalent de l'Eurosonic, mais il se déroule en Belgique ; un événement destiné à mettre en vitrine les artistes noir jaune rouge.

Lieutenant est un quintet liégeois drivé par le chanteur/guitariste Laurent Van Ngoc. A l’origine, la formation puisait allègrement ses influences dans la pop acoustique anglo-saxonne (Simon & Garfunkel, Love, Belle & Sebastian, Kings of Convenience) ; et les lyrics étaient torchés dans la langue de Shakespeare. Puis au fil du temps, celle de Molière a pris le relais, afin de mettre davantage les mots sur les émotions. Faut dire que les musicos s’intéressent également à toutes les formes d’art. Et notamment la littérature, le cinéma ainsi que la peinture. Qui constituent également une source d’inspiration de leur ‘songwriting’. Le combo vient de publier un premier opus, « Au Coeur De L'Arène », un disque qui a bénéficié du concours de Thomas Belhom (Tindersticks, Calexico) à la mise en forme. Pour concocter ce concept album, les musicos ont également mis en commun leurs propres influences, qui oscillent du jazz au classique, en passant par le folk et la pop. 

Outre le leader, le combo implique le pianiste/bassiste Philippe Lecrenier, le drummer Pierre Mulder, le gratteur/clarinettiste Vincent Hargot et la violoniste (NDR : très sexy, par ailleurs) Anne-Claude Dejasse. En ‘live’, le combo est enrichi de trois autres instrumentistes : la violoncelliste Aurélie Potty ainsi que les violonistes Damien Chierici et Arno Polet (alto). De quoi former une parfaite section de cordes. Ils sont huit sur l’estrade.

Juste au dessus de la table de mixage, quatre toiles sont exposées. Sur scène, le décor est soigné, à l’instar de la pochette du long playing. Un texte en slam est déclamé sur fond de gratte, avant que le band n’attaque « Ecume ». Le discours militant achevé, Laurent se plante devant le micro. Les accords de guitare sont presque classiques. La musique est empreinte de douceur. Et les textes incitent à poser une réflexion sur l’égoïsme de notre monde contemporain : ‘L'homme moderne abandonne le compromis pour embrasser l'utopie ; il noie ses angoisses dans l'absolu’…

« Tout est écrit » baigne au sein d’un climat balkanique et manouche, en même temps. A cause de la clarinette. Les cordes communiquent un sentiment de mélancolie. Les chœurs prennent leur envol. Vers l’Est. Comme ceux de l'Armée Rouge. Pour les militaires, c'est le même combat. Une guérilla éclate entre les cordes et cette clarinette ; mais aucun belligérant n’arrive à prendre le pouvoir. « Manège de fin d'un monde » est balisé par les ivoires. Laurent a abandonné sa gratte. C’est le Lieutenant (NDR : le capitaine ?) du navire ; et il dirige le périple (NDR : la croisière ?) de sa voix et de ses mains, alors que l’embarcation est bercée par les cordes languissantes d’Anne-Claude…

Les percus s’agitent tout au long de « L'épine au fond du coeur », compo pour laquelle Laurent a récupéré sa guitare semi-acoustique et qui s’achève en force par la conjugaison des interventions de clarinette et de cordes.

Des cordes qui se déversent sur « Océan De Pluie » et se chamaillent avec les percussions, avant que le violoncelle ne reprenne le flambeau, au sein d’un climat symphonique. Anne-Claude, qui est venue épauler Laurent aux vocaux, rencontre un léger problème de micro. Un nouveau texte est déclamé avant que les ivoires n’installent une atmosphère propice à la « Peur ». Et lorsque le titre commence à s’animer, c’est pour opérer un retour vers les Balkans, avant un retour au calme. Et le set de s’achever en beauté par « Le coeur de l'arène », morceau qui génère une lueur d’espoir… Ce soir, tout le monde en a pris pour son grade…

(Organisation : ProPulse)

Tame Impala

Il n'aura finalement manqué qu'un peu de folie…

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Tame Impala est une formation australienne –issue de Perth très exactement– responsable de 3 albums à ce jour. Et son dernier, « Currents », est paru en juillet 2015. Un quintet qui jouit d’une notoriété en progression constante. Surprenant, pour un groupe psychédélique. Un peu moins quand même, quand on sait que les mélodies des compos sont souvent contagieuses et sont même très susceptibles de se transformer en hits. Ce qui explique sans doute pourquoi, il a décroché de multiples Awards, au pays des kangourous. Une notoriété qui gagne manifestement les autres continents, puisque sa nouvelle tournée mondiale remplit les salles. Comme ce soir, à Forest National.

La soirée est sold out, et pourtant, dans les balcons, il y a encore de la place. Faut dire que l’essentiel de l’auditoire s’est concentré dans la fosse ; et ceux qui ne peuvent la rejoindre, transitent finalement par le premier étage (NDR : doit y avoir de nombreux adeptes de l’escalade, parmi ces retardataires).

Première bonne surprise, il y a davantage de jeunes que de vétérans, dans l’auditoire pour ce spectacle (NDR : tiens récemment, dans un article d’un quotidien belge, un journaliste condamnait à mort le rock, faute de combattants ; faudra qu’il revoie sa copie…) La moins bonne, c’est le supporting act. Un trio qui répond au nom de Jagwar Ma. Egalement australien. Dommage ! Le chanteur a une bonne voix, mais on n’entend pas sa guitare. Le bassiste à un beau bonnet, mais on n’entend guère sa basse. Finalement, c’est le bidouilleur qui se taille la part du lion. En fait de lion, il est certainement mort ce soir. Car franchement, la tambouille sonore était funeste. Et quand deux d’entre eux se sont mis à tourner les boutons, on n’a plus eu qu’une seule envie, tourner le nôtre. Quatre ou cinq décennies plus tôt, ce genre de mauvaise blague se soldait par la projection de fruits et légumes. M’enfin, c’est vrai qu’aujourd’hui, vu leur prix, ce serait du gaspillage. Trois-quarts d’heure de calvaire imposé sur le même tempo. De quoi choper des boutons (?!?!)

Passé cette épreuve olympique, cinq roadies vêtus de tabliers blancs vont s’affairer sur les planches afin que le show de leurs protégés s’effectue dans des conditions idéales. Pendant une bonne demi-heure, ils vont vérifier les balances des instruments, scotcher des fils, inspecter si tout a bien été raccordé, revérifier le travail, le re-revérifier, presque chacun leur tour. Manquait plus qu’ils se mettent à ‘sidoler’ les pieds de micro et les chromes… 

A 9 heures 15, les lumières s’éteignent ; et le quintet, emmené par le leader, Kevin Parker, monte sur l’estrade. Il se consacre au chant et très souvent à la guitare (une Rickenbacker). Le line up est complété par deux claviéristes, dont un double à la gratte, un bassiste et un drummer. Les musicos sont concentrés au centre de l’estrade, comme pour former un bloc.

Après une intro instrumentale, on entre dans le vif du sujet. Soit le hit « Let it happen ». Et on a déjà droit à une projection de confettis. Mais le plus important, procède de la qualité du son. Parfait de chez parfait ! D’une précision chirurgicale ! Ben, après les contrôles minutieux accomplis par les infirmiers du son, le contraire aurait quand même été étonnant. Derrière le band, des images sont projetées sur un écran géant. Celles d’un point vert (NDR : rien à voir avec les fruits et légumes) qui se tort dans tous les sens, et même suivant les accords de guitare sur « Cause I’m a man », de figures kaléidoscopiques ou galactiques ; et bien sûr de taches de couleurs psychédéliques qui se mélangent, un peu comme le Floyd le proposait à ses débuts. Et le light show implique également des faisceaux lasers qui changent de couleur en fonction des titres ; deux d’entre eux formant même parfois un épi, de chaque côté de la scène. Sans oublier les stroboscopes et tutti quanti. Bref, on a eu plein les mirettes.

Mais venons-en aux musicos. Assez statiques, il faut le reconnaître. Seul Parker, vient de temps à autre s’asseoir, sur le bord de l’estrade, lors de morceaux les plus mélancoliques. A l’instar de la ballade mid tempo « Yes I’m changing ». En fait, ils sont tous extrêmement concentrés sur leur partition. Même les harmonies vocales sont raffinées à l’extrême. Comme sur « Mind Mischief », un titre caractérisé par sa mélodie contagieuse. Ce qui n’empêche pas certains morceaux de dériver dans l’électro. Pas trop, heureusement. Juste ce qu’il faut. Comme sur le disco-space extatique « The less I know the better ». Les point culminants du set seront certainement atteints par le plus krautrock « Why won’t they talk to me ? », en libérant une bonne dose de groove. Puis par le glam/rock « Elephant », tapissé par un filet de clavier vintage, dans l’esprit de « The Piper at the Gates of Dawn » du Floyd. Et en finale, « Apocalypse dreams », un long titre émaillé d’envolées épiques, dignes de Mercury Rev voire des Flaming Lips (NDR : un des groupes les plus proches musicalement de Tame Impala). Et probablement un des rares morceaux qui a laissé de l’espace à l’improvisation. Les chansons les plus radiophoniques incitent naturellement la foule à reprendre en choeur les refrains. Les singles, bien sûr, et puis lors du rappel, le visionnaire « Feels like we only go backwards », ponctué d’une nouvelle projection de confettis. Avant que le show ne s’achève par le lancinant « New person, same old mistakes ».

Bref, un excellent concert, exécuté dans une excellente ambiance, ponctué de nombreux applaudissements, auquel il n’aura finalement manqué qu’un peu de folie…  

Set list

1. Intro
2. Let It Happen
3. Mind Mischief
4. Why Won't They Talk to Me?
5. It Is Not Meant to Be
6. The Moment
7. Elephant
8. Yes I'm Changing
9. The Less I Know the Better
10. Eventually
11. Alter Ego
12. Oscilly
13. Cause I'm a Man
14. Apocalypse Dreams

Rappel

15. Feels Like We Only Go Backwards
16. New Person, Same Old Mistakes

(Organisation : Live Nation)

 

Nicki Bluhm & The Gramblers

Et pourtant, Tim n’était même pas là !

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Ce samedi soir, la cave à chicons du Botanique accueille Nicki Bluhm & The Gramblers, un groupe d’alt country yankee réunissant la chanteuse Nicki Bluhm, les gratteurs Deren Ney et Dave Mulligan (électrique ou acoustique), le bassiste Steve Adams et le drummer Mike Curry. Si Nicki est originaire de Lafayette –pas les galeries parisiennes, mais en Californie– le groupe s’est établi à San Francisco.

C'est la première fois que Nicki tourne sur le Vieux Continent. Elle est venue défendre son second elpee, « Love Wild Lost ». Produit par Brian Deck (Iron & Wine, Modest Mouse, Josh Ritter), ce disque fait suite à un opus éponyme paru en 2013.

Pas de supporting act. Guère de monde, non plus, en début de set. Mais la salle va se peupler au fil de la soirée. L’alt country de Nicki Bluhm & The Gramblers est contaminé par une foule d’autres styles, comme le bluegrass, le blues, le psychédélique, le rock, la soul et le folk.

Hormis un des guitaristes, qui porte une casquette, tous les musicos sont coiffés de chapeaux de cow-boy. Longue chevelure de jais, Nicki est plutôt jolie. Elle est capable de moduler sa voix –solide par ailleurs– en fonction des compos.

« Burnt » ouvre le show. Un rock, ma foi classique, caractérisé par des sonorités de grattes, aux réminiscences californiennes. « Deep Water » est balayé par des riffs de slide bien poisseux. Les interventions du soliste sont lumineuses. Faut dire qu’à la six cordes, c’est loin d’un manchot. Il semble avoir tout compris de la technique de Joe Bonamassa et du toucher tout en feeling d’Eric Clapton. Et nous accorde un remarquable solo sur « I'M Your Woman ».

Lors de ce morceau, Nicki –qui l’admire un bon moment dans son exercice de style– s’autorise quelques vocalises à la Beth Hart. Elle appuie subtilement ses interventions vocales, en tapotant sur son tambourin. Slow crapuleux souligné de superbes harmonies vocales masculines, « Check Your Head » replonge dans l’atmosphère californienne. On a envie de prendre par belle Nicki par la taille, pour la faire danser (NDR : c’est proscrit, elle est mariée à Tim –il vient d’ailleurs parfois apporter son concours au groupe en ‘live’–, m’enfin, il n’est pas là). Bon morceau ! Il y a des chapeaux mais pas de chevaux. Néanmoins, on peut entamer un périple à travers les grandes plaines de L'Ouest : « Heartache », « Queen Of The Rodeo » et « Mr. Saturday Night ». Les déhanchements de Nicki sont assez sexy (NDR : oui, mais si Tim, son époux –c’est le leader de Mother Hips– n’est pas là, c’est chasse gardée !) Les spectres de Beth Hart, Ricky Lee Jones, Christie MacVie ou Carol King se mettent à planer. Et même celui de Sheryl Crow sur le hit « Waiting On Love ». La reprise du « Somebody To Love » de Jefferson Airplane rend hommage à son guitariste Paul Kantner et sa première chanteuse, Signe Toly Anderson, décédés ce 28 janvier 2016.

La voix de Mrs Bluhm emprunte à nouveau à Beth Hart sur le blues « Me & Slim ». La cover de Linda Ronstadt, « You'Re No Good », souffre quand même de l’absence d’orgue. En rappel, on aura droit à un titre de delta blues libidineux, « Kill You To Call » (NDR : non, non, Nicki n’est pas libre ce soir…), à une version quasi a cappella (NDR : uniquement un mélodica comme support sonore) et étonnante du « Deal » de Grateful Dead et une autre du « Faith » de George Michael. Une soirée bien sympathique ; et pourtant, Tim n’était même pas là !

(Organisation : Le Botanique)

Joe BeL

Tiercé gagnant !

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Joe BeL est lyonnaise. A son actif, deux Eps, « In the city », gravé en 2012 et « Hit the roads », en 2015. Au départ, son premier elpee devait paraître le jour du concert. Mais perfectionniste, elle a retardé sa sortie. Bonne nouvelle quand même, pour ce qui devait être ‘sa release party’, l’ABClub est sold out.

Sonnfjord est programmé en supporting act. Issu de Braine-l'Alleud, le groupe est drivé par la vocaliste Maria-Laetitia Mattern. Elle est soutenue par son frère Aurelio (Paon, Lucy Lucy) aux claviers, François de Moffarts (Lucy Lucy) à la basse et au chant, Jérome Van den Bril à la guitare ainsi que Fabio Zamagni (Noa Moon) aux drums. Le quintet a publié un Ep six titres, « Up The Woden Hills », en février 2015, au sein duquel il va notamment puiser afin d’établir sa set list. Pour 30 bonnes minutes de show. Sur une estrade réduite à son strict minimum.

Et pourtant, le public est chaud boulette pour applaudir la musique de cet ensemble brabançon. Une musique dont la trame est tissée dans le folk. Maria-Laetitia possède une jolie voix (NDR : son timbre est susceptible d’évoquer tour à tour Gabrielle Aplin, Noa Moon, Claire Louise, et lorsqu’il devient un peu plus graveleux, Ann Arbor). Le set va s'ouvrir par « The Tree », une nouvelle compo. Maria se dandine sur place tout en agitant les bras. Le combo embraie par le « Seagull ». Les éclats dispensés en intro, par la gratte acoustique de Mrs Mattern sont réverbérés, alors que la touche électro du synthé dynamise une compo pourtant… country. Empreint de délicatesse, « Alpinist » est davantage folk. Un morceau atmosphérique, lumineux et sucré qui finit par s’emballer. Les premiers rangs commencent à réagir.

Titre électro/pop dansant à la mélodie irrésistible et au refrain contagieux, « Soldiers Boots » raconte une histoire de godasses. Cocasse ! Les harmonies vocales sont masculines. La mélodie est irrésistible. Armé de sa six cordes, Maria interprète en solitaire le paisible et tendre « Irish Boy». Et le set de s’achever par « City  Lights » et « Carry On ». Une belle prestation, bien plus dynamique que celle accordée au BSF, l’an dernier. Sonnfjord assurera le supporting act de Caravan Palace au Cirque Royal, le 25 février prochain.  (Pour les photos, c'est ici)

Ce soit, Joe BeL se produit en format trio. Qui implique un drummer. Y figure bien sûr le guitariste Benoît Richou, qui l’accompagne depuis ses débuts. Ils sont tous les trois issus de Lyon. Tiercé gagnant ?

Joe est vraiment mignonne. Une rousse aux yeux noisette. Ce soir elle est vêtue de jais : jupe, collant et body. Elle a chaussé des bottes de cow-girl. Mais pas de monture à l’horizon (NDR : et pas davantage de queue de cheval !)…

Timide, Joe est rongée par le trac. Mais elle le cache bien. Sa voix est chaude, et campe un hybride entre Nneka, Selah Sue, Nina Simone, Norah Jones et BJ Scott, le grain soul de Sarah Carlier, en plus.

La première fois, on ne l’oublie pas ; et Joe nous le rappelle à travers « First Time », morceau qui ouvre le concert. Elle est déjà bien en selle. « Ten » recueille une première belle salve d’applaudissements. Sur « All The Boys », elle sautille avant de faire mine d'applaudir. Le public lui emboîte le pas. Elle en profite donc pour placer ses écouteurs dans les oreilles. Petit problème technique, il n’y a pas de retour. Elle n'a pas remarqué qu’une fiche de son boîtier, placé dans son dos, est déconnectée. Sensible, elle signale qu'elle à le trac. Et attaque une toute nouvelle compo, « Nothing In The World », un blues qui nous plonge dans le bayou (NDR : j’ignore pourquoi, mais cette chanson me fait penser aux Black Keys).

« No No » raconte l'histoire d'une personne qui ne tient jamais parole. Une compo progressivement pop, avoinée par des tas de cordes, acoustiques et électriques.

La setlist épingle quelques ballades empreintes de douceur : « Ivory », « Lonely  », « In The City » et « Before ». Joe va même parfois demander le concours du public pour assurer les chœurs.

Le trio est parfaitement soudé. Les trois artistes semblent complices et se regardent souvent. Un bel attelage !

Pour « That Belongs To Me », Joe abandonne sa gratte et part siéger derrière le piano. « Hit The Roads » sert également de bande sonore à la campagne publicitaire de Longchamp. Son étalon l’attendrait-il devant l’AB ? Et set de s’achever par « You Old » et « In Chains ».

Lors du rappel elle va faire fort, à travers un « Stronger », au cours duquel elle se sert des cordes, mais également de la caisse de résonance pour les percus. Et le trio achève le spectacle par « In The Morning ». Elle salue la foule, mais signale qu’elle revient aussi vite, pour signer les pochettes de ses disques. (Pour les photos, c'est )

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

 

Solkins

Une ‘release party’ qui valait son pesant d’or…

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La release party organisée par Solkins, dans le cadre de la sortie de son Ep, « Gold », se déroulait salle Jules Bastin à Waterloo. D’une capacité de 250 places, cet endroit est généralement réservé aux conférences et congrès. Elle n’est donc pas conçue pour les concerts ; donc le groupe a dû investir pour disposer de matériel de sonorisation et d’un light show. Ce qui lui a coûté un pont. Enfin, consolation, ce soir, le spectacle est sold out. Il a même fallu refuser du monde. Que les déçus se rassurent, le combo va écumer des tas de salles et se produire lors des festivals estivaux, en 2016

Solkins est né en 2012. Un quatuor réunissant Maxime Honhon (Electric Chateau, Konoba) à la guitare et au chant, Grégory Bourguignon (NDR : d’ordinaire, ce maître pâtissier manipule les platines) aux drums, Maxime Simon (Whylanders, Konoba) aux synthés et aux machines ainsi que Thomas Maisin à la basse. A son actif trois Eps : « The Descent » (2012) « The Ascension » (2013) et bien sûr « Gold », un disque découpé en 5 pistes que le band qualifie de ‘gold pop’. Vainqueur du tremplin organisé par l’Inc' Rock, il est également devenu le coup de coeur RTL-TVI, dans le cadre des Wallos de Namur, en 2014.

Une toile est tendue devant la scène. Elle doit recevoir une projection cinématographique ; un peu dans l’esprit du film ‘Dance, Dance, Dance’ d'Arsenal. Trois clips sont prévus : « Someone To Blame », « Old Trees » et « People Want Gold ». Avant que le premier ne débute, le tocsin sonne. Ce qui permet d’atténuer quelque peu le brouhaha dans la salle. Qui se mue alors en applaudissements. Un bras couvert de paillettes dorées émerge. Puis, Maxime, torse nu. Le graphisme est soigné. Tels des dieux sortis de leur boîte, les quatre compères empruntent la voie lactée. Proche de celle de Nicola Testa, la voix est atmosphérique. Une femme et son nouveau-né apparaissent. Les sonorités electro remplacent les nuages. Les paillettes dorées se collent aux corps et les reconstituent. Le chaos est terminé. On revient alors sur la Terre, passablement marqués. Ovation dans l’auditoire.

 « Old Trees » nous entraîne au sein d’un hôpital psychiatrique. Un infirmier alimente une dame installée dans une chaise roulante. Elle envoie son plateau dans le décor. Un camping-car stationne. Le chauffeur est venu lui rendre visite et l'emmène. Le voyage est long et s’achève sur la plage.

« People Want Gold » est né d’une collaboration avec un vidéaste allemand qui réalise des vidéos 'timelapse' (NDR : un effet spécial né de l’accélération du flux des images, réalisé lors de la prise de vues ou en postproduction, spécifique au cinéma). Des étoiles, un coucher de soleil et des nuages défilent… on quitte la planète pour la stratosphère. Et plus vite qu’on ne le pense…

La toile se relève. Le batteur est installé en fond de scène sur une estrade. Ce drummer va capter toute l’attention durant toute la durée du show. A cause de ses mimiques si caractéristiques et de ses mouvements de frappe. Une forme de mise en scène… naturelle. Le bassiste s’installe à sa droite, le préposé aux synthés et aux machines, de biais, du même côté (NDR : il a une belle moustache, digne des ‘Brigades du Tigre’) et le chanteur/guitariste au centre. Les musicos de Solkins portent des vêtements pailletés d’or... On se croirait au carnaval de Venise, mais sans les masques.

Petit problème technique de disque dur. Il est rapidement résolu. Des cordes envahissent le début d'« It never comes ». Une voix semble émaner de l'au-delà. Les synthés émettent quelques sifflements. Le light show, impliquant des stroboscopes, est aveuglant. La section rythmique est solide. La voix de Max est vraiment particulière. « People Want Gold » nous replonge dans l’atmosphère de la vidéo. Mais, emporté par les sonorités de claviers, on ferme les yeux pour pénétrer dans une quatrième dimension où tout n’est plus que dorures et velours… et lorsque le refrain entre dans votre cortex, il ne vous vous lâche plus. « Small Things » est un morceau plus dansant, toujours bien souligné par les claviers. Deux nouvelles compos : « MySelf  » et « Routine ». Deux plages paisibles et aériennes qui permettent de refaire le plein d’énergie. Dont bénéficie « Someone To Blame », une compo qui macère dans une ambiance écrasée par les percus et envahie de sonorités de claviers, alors que la voix de Maxime Honhon, à la fois harmonieuse, accrocheuse et démoniaque, reprend son envol. « Space » est une chanson dédiée aux réfugiés.

Morceau pop/rock spasmodique, « Time Goes By » incite à remuer le bas des reins. Maxime semble enfin détendu et se libère. Il invite la foule à se lever. Et à le soutenir dans son ‘crowdsurfing’. La vague humaine y consent. « The Ascension » est balayé par un solo concis mais irrésistible aux percus, un morceau final qui brille de mille feux…

En rappel, « Old Trees » bénéficie du concours de Marcella Di Troia et Pierre Lateur (NDR : respectivement chanteuse et guitariste de Black Mirrors) ainsi que de la vocaliste Caroline Bloukiaux (Metropolitan Gallery). Les deux filles vont se charger des chœurs. Les yeux de Marcella ne sont pas soulignés d’une ligne noire. Sa voix est puissante. Pierre dispense quelques riffs bien sentis. A vous flanquer la chair de poule. Et le spectacle de s’achever par « Flowers », une autre nouvelle compo. La ‘release party’ de « Gold » valait manifestement son pesant d’or. Même que Maxime Honhon en avait la larme à l'oeil.

(Organisation : Solkins)

Toto

Des étoiles plein les yeux et des refrains plein la tête…

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Gros problèmes de circulation pour arriver à Forest National. Plus de 3 heures de parcours entre Soignies et Forest. La cause ? Des bouchons provoqués par des accidents de circulation. Il est 20 heures, lorsque votre serviteur débarque dans la commune bruxelloise. Reste à dénicher une place de parking. Après l’avoir cherchée pendant plus d’un quart d’heure, il a presque envie de faire demi-tour. Finalement, il détectera un emplacement à 800 mètres de la salle. 

Groupe californien, Toto s’est formé en 1976, à Los Angeles (Californie). Les membres fondateurs ? Le drummer Jeff Porcaro et le claviériste David Paich (claviériste), auxquels vont se joindre le guitariste Steve Lukather, l’autre claviériste Steve Porcaro, le bassiste David Hungate et le chanteur Bobby Kimball. Dès le départ, cette formation est considérée comme une réunion de la crème des musiciens de studio. Une situation qui n’a d’ailleurs jamais changé, puisqu’ils ont participé aux sessions d’un nombre incalculable d’albums.

C’est au cours des eighties que le band atteint la consécration en publiant l'album « Toto IV ». C’est aussi à partir de cette époque qu’il va connaître plusieurs changements de line up, et notamment de chanteur. Coup du sort, en 1992, un des ses membres fondateurs, Jeff Porcaro, décède des suites d’un accident de voiture. Il est alors remplacé par l'Anglais Simon Phillips. En juin 2008, Steve Lukather quitte Toto. Le combo ne résiste pas à son départ. Mais après deux années de séparation, il se reforme afin de soutenir financièrement Mike Porcaro, atteint d'une sclérose latérale amyotrophique. Il s’éteint cependant des suites de cette maladie, en mars 2015. Soit l’année de la sortie du dernier opus de Toto, « Toto XIV », qui célèbre pourtant le retour de Joseph Williams au chant et David Hungate à la basse…

En 37 ans de carrière, Toto a publié quatorze albums studio qui se sont vendus à 40 millions d'exemplaires et décroché 7 ‘Grammy Awards’. Il a également gravé quelques hits incontournables, dont « Hold The Line », « Africa » et « Rosanna » demeurent certainement les plus célèbres.

Pour cette première date de la tournée européenne et asiatique, le line up implique le bassiste (NDR : un barbu) Leland Sklar, le chanteur Joseph Williams (NDR : c’est le fils du compositeur de la B.O. des films ‘Star Wars’ et ‘Indiana Jones’), le chanteur/guitariste Steve Lukather, le chanteur/pianiste David Paich, le drummer Shannon Forest, et l'inamovible chanteur/claviériste Steve Porcaro. Sans oublier le percussionniste Lenny Castro qui s’éclipse suivant les circonstances, et bien sûr les deux choristes, soit la jolie Jenny Douglas McRae et Mabvuto Carpenter. Ils sont donc neuf sur les planches.

En arrivant dans la salle, les trois premiers morceaux ont déjà été interprétés. Les photographes quittent la ‘front stage’. Et votre serviteur s’installe en zone ‘111’. La fosse est en configuration assise. Mais toutes les places ne sont pas occupées, y compris au premier étage. En fait, le band souhaitait accomplir une tournées des petites salles ; mais vu le budget nécessaire pour financer les concerts d’un tel groupe, difficile d’exaucer ses vœux (NDR : au Salon de Silly, on aurait quand même dû reculer le murs…) Bref, il y a beaucoup moins de monde que la veille, pour Hozier. Pourtant, il y a bien de l’ambiance.

Votre serviteur avait déjà eu l’occasion d’assister à un set de Toto. C’était, il y a un peu plus de 20 ans ! Et au même endroit. Le son est impeccable et les balances réglées pilepoil. Enfin, le light show, au sein duquel figure de nombreux stroboscopes, est magistral. Bref, on va assister à un super spectacle à l’américaine.

Lenny Castro ne se contente pas d’épauler le drummer, il chauffe aussi l’ambiance. Et derrière ses ivoires, David Paich lui emboîte souvent le pas. Il change régulièrement de couvre-chef (chapeau de cow-boy, haut-de-forme ou casquette).

Très pros, les musiciens vont nous accorder une prestation de 180 minutes. Les hits vont défiler. Perso, j’épinglerai le funkysant « Georgy Porgy », le très électrique « Pamela », la cover du « Bridge Of Sighs » de Robin Trower et bien sûr l’incontournable hit « Hold The Line ». Les différents chanteurs prennent le lead vocal chacun leur tour ; il sont très souvent épaulés par les choristes. Et elles sont talentueuses. Casquette retournée sur la tête, Joseph Williams, dont la voix est toujours aussi claire, imite David derrière les ivoires. Il sort son smartphone dans la main droite et la foule lui emboîte le pas. C’est devenu un rituel !

Le show s’achève par « Rosanna ». L’interprétation est énorme. La communion parfaite. Debout, la foule reprend intégralement les paroles de cette chanson.  

Lors du rappel, Toto se lance dans un medley propice à la présentation et aux solos des artistes. Mais le meilleur est encore à venir. Lenny Castro –vu notamment aux côtés de Fleetwood Mac, Joe Bonamassa et Carlos Santana– se transcende sur ses percus. Un brûlot de 10 minutes, tout bonnement époustouflant. Et c’est lui qui clôture le set. 

En reprenant la route, votre serviteur a des étoiles (américaines ?) plein les yeux et des refrains plein la tête ; surtout celui de « Hold the line ». Et dire qu’il a failli manquer cet événement mémorable… 

(Organisation : Gracia Live)

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Hozier

Périple à travers l’Amérique profonde…

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Pour accueillir Rhodes et Hozier, Forest National a été aménagé en en mode 'Club'. Autrement dit, les balcons du second étage ont été condamnés ainsi que les latéraux du premier. Ce qui permet d’évaluer l’auditoire à plus ou moins 4 000 personnes. Au sein duquel on remarque la présence d’un public féminin conséquent. Faut dire que non seulement les deux artistes à l’affiche, ce soir, ont de belles voix, mais surtout des gueules d’anges…   

Rhodes est considéré comme la nouvelle étoile qui monte aux Iles Britanniques. Prénommé David, il est souvent comparé à feu Jeff Buckley ; mais également à Josef Salvat, George Ezra ou James Blake. Ce jeune musicien ne se contente pas de chanter, il compose également. Il vient de publier un premier elpee, « Wishes ».

Pas étonnant de voir qu'il passe en supporting act. Une toile noire est tendue en fond de scène, sur laquelle est mentionné en lettres blanches ‘Hozier'. Rhodes est seul sur les planches, armé de sa gratte électrique, pour un set de 30 minutes. Quoique d’apparence timide, il est manifestement habité par sa voix, une voix superbe, haut perchée, cristalline, angélique, atmosphérique qu’il module au fil de ses émotions. « Run » est découpé dans des arpèges de gratte. Dommage cette absence de piano. Et d’arrangements de cordes. Tout comme celle de Birdy aux backing vocaux pour la ballade romantique « Let It All Go ». M’enfin, quoique minimalistes, ces deux versions ne manquent quand même pas de charme… (Pour les photos c’est ici)

Agé de 24 printemps, Andrew Hozier-Byrne a été biberonné par la soul, le jazz et le blues, et tout particulièrement par ce qu’il y a de plus sombre et profond entre Chicago et le Delta du Mississippi. Son single, « Take Me to Church » (14 millions de vues), a fait le buzz sur le net et lui a permis de se faire connaître sur la scène internationale.

Chanteur/compositeur, ce multi-instrumentiste est originaire du Comté de Wicklow (NDR : c’est en République d’Irlande). Eponyme, son premier album est paru en octobre 2014, une œuvre empreinte d’une grande sensibilité.

Une batterie imposante trône sur une estrade. Hozier se plante juste devant. Outre le drummer, le backing group implique deux choristes (une Texane et une Insulaire), une claviériste/guitariste, un autre gratteur, un bassiste, et une violoncelliste.

A 21h00 pile, les musicos grimpent sur le podium. Mais Hozier interprète « Like Real People Do » en solo, en s’accompagnant à la six cordes. Des spots blues se focalisent sur l’artiste. On est immédiatement embarqué dans le delta. Le canot navigue sur le Mississippi. Pas d'alligators en vue, cependant. La voix d’Andrew Hozier est sableuse, rocailleuse même. Déjà aux anges, l’auditoire applaudit chaleureusement. Tous les musiciens s’investissent pour « Angel Of Small Death And the Codeine Scene » ; et bien évidemment, teinté de gospel et de r&b ce morceau prend alors une toute autre dimension.

Plus nerveux, « From Eden » est dynamisé par les interventions du drummer. Assis, le public commence à ce lever et s’anime quelque peu. Le violoncelle –sensé apporter la touche de romantisme– s’enflamme. Et le public également. Normal, puisque la compo adopte un profil plus rock et sauvage.

Hozier change de gratte pour attaquer « Jackie And Wilson ». Celle du second guitariste intensifie le climat. Les riffs crépitent et la pression monte d'un cran. Hozier invite l’auditoire à reprendre ses incantations vaudou. « To Be Alone » est un autre blues décapant, au cours duquel la six cordes s’emballe. Un peu dans l’esprit de Joe Bonamassa. Elle échange alors un duo avec le violoncelle alto, pour le titre soul « Someone New ». Une véritable tuerie ! Reprise des Fab Four, « Blackbird », marque un bref retour au calme, même si les accords de guitare sont funkysants. « It Will Come Back » est un autre blues électrique, enrichi par les interventions de la violoncelliste.

Et elle prête sa voix à « In A Week », un blues crapuleux qui projette dans votre esprit des images de plaines sauvages à l’Ouest des States. A cet instant l’interactivité entre le groupe et la foule est totale, et le public féminin semble ravi. Chœurs, piano Hammond et percus dynamiques alimentent « Arsonist's Lullabye ». Tout au long de ce titre, le light show est agressif. Après « Sedated », « Take Me To The Church » clôt le concert. Un moment très attendu par l’auditoire (Pour les photos, c’est ).

Lors du rappel, Hozier revient en solitaire interpréter « Cherry Wine ». Il a troqué sa gratte électrique contre une semi-acoustique. On est replongé brutalement dans le Delta. Les smartphones s’allument. Un moment à nouveau empreint de magie. Et le band est au complet pour assurer le dernier morceau, « Work Song ». Ce soir on a vécu deux superbes concerts…

(Organisation : Live Nation)

 

 

 

 

 

 

Steven Wilson

Le sacre du Roi Wilson

A peine un an après sa dernière visite, Steven Wilson est de retour chez nous ; et pour la circonstance à l'Ancienne Belgique de Bruxelles. Le Britannique revient auréolé du succès de son dernier opus : « Hand. Cannot. Erase », qui a dépassé les ventes de toutes ses autres plaques, y compris celles réalisées par son précédent groupe, le légendaire Porcupine Tree. Dans ses bagages, il nous apporte un tout nouvel Ep : « 4 1/2 ». Ce disque réunit des compositions qui n'avaient pas trouvé grâce sur les deux elpees précédents, ainsi qu’une reprise d'un titre de Porcupine Tree.

Il y a quatre ans, Steven Wilson s’était produit dans une Ancienne Belgique en configuration 'Box', soit sans gradins ni balcons. Ce soir, par contre, la salle est en configuration maximale et le concert est sold out. On mesure le chemin parcouru par le 'King of Prog' ; et on doit reconnaître qu’il a réussi son pari : faire évoluer sa musique, gagner de nouveaux aficionados, sans perdre trop de fans originels de Porcupine Tree, déçus par le côté nettement moins prog/metal des nouvelles productions.

Avant le début du concert, une playlist très orientée 'dark ambient' installe une atmosphère sombre et recueillie. On reconnaît le célèbre instrumental « Warzawa », de David Bowie, dont la mort a profondément affecté Wilson. Le concert commence par la projection du court-métrage qui met en scène le thème de « Hand. Cannot. Erase. » : la solitude dans les grandes cités. Les artistes prennent place sur le podium et attaquent l'interprétation complète de ce brillant concept album. Wilson est accompagné de son fidèle bassiste, Nicky Beggs (ex-Kajagoogoo, Steve Hackett) et du claviériste Adam Holzman (NDR : il a côtoyé Miles Davis). A leurs côtés, deux nouveaux venus : le guitariste Dave Kiliminster (NDR : il a participé à la tournée 'The Wall' de Roger Waters) et le batteur Craig Blundell (NDR : un musicien de sessions).

« First Regret » ouvre le set tout en douceur. Adam Holzman dessine de savantes arabesques sur ses claviers ; de quoi nous transporter au cœur d’un univers onirique. Le riff de guitare de « 3 Years Older », très inspiré par Rush, tranche dans le vif. S'en suit un tour de force de 10 minutes, où alternent moments doux, jazzy, voire même folk, et envolées endiablées de prog/rock. Un véritable patchwork d'influences évoquant King Crimson, Pink Floyd, Camel, Yes, Rush, Todd Rundgren (Utopia) et autre Van der Graaf Generator. Steven Wilson est pieds nus, suivant son habitude. Il a toujours son éternel look d'étudiant de fac. Planté au centre de l’estrade, il joue au chef d’orchestre au sein de son supergroupe. Il passe de la guitare électrique à la sèche, stimule en permanence ses musiciens ; et parfois, sans instrument, souligne les impulsions majeures de l’expression sonore.

Après « 3 Years Older », Wilson salue la foule et précise qu'il apprécie son enthousiasme. ‘Je ne suis pas fâché d'en avoir fini ma tournée allemande’, confie-t-il. ‘Le public y est, disons, très réservé...’ Poursuivant sur un ton très 'tongue in cheek', il explique que la première partie du concert privilégiera son dernier LP ; et que, dans la seconde partie, il y réservera, ... ‘ces autres choses...’ On devine qu'il se réfère aux titres de Porcupine Tree, que ses plus anciens fans réclament avec insistance, à chacun de ses concerts.

Mais place, d'abord, à la plage titulaire de « Hand. Cannot. Erase », qui évoque à nouveau Rush, période « Hold Your Fire ». Changement de style ensuite : la batterie très ‘trip-hop’ sert de toile de fond à la voix féminine (en play-back), qui cite Dead Can Dance et de This Mortal Coil, avant que Wilson ne prenne le relais en interprétant cette mélodie toute simple et émouvante à souhait : ‘We have got, We have got a Perfect Life’. Et les harmonies vocales tissées par Nicky Beggs sont étonnantes.

‘Etes vous prêts à descendre dans les profondeurs de la misère et du désespoir ?’, demande Wilson, un sourire en coin. Avant d’aborder « Routine », sans doute la chanson la plus noire du musicien. Malheureusement, la vocaliste israélienne Ninet Tayeb est absente (shabbat oblige). C'est donc une bande qui répond à Wilson : dommage, car on se réjouissait de vivre leur duo sur scène. Le superbe clip d'animation réalisé par Jess Cope est diffusé sur l’écran vidéo. Et il est superbe. Un grand moment !

« Home Invasion » marque un retour au rock orienté jazz/prog, pour le plus grand bonheur des inconditionnels de la première heure. « Regret #9 » permet à Adam Holzman d’étaler toute sa virtuosité sur son clavier Moog. Pensez à Happy The Man, ce groupe américain injustement sous-estimé, auquel Holzman voue une grande admiration. Dave Kiliminster prend le relais pour un solo plus orienté rock mais tout aussi impressionnant. C'est enfin Wilson lui-même qui clôture la composition tout en douceur sur les cordes de sa Paul Reed Smith.

Après avoir présenté ses musiciens, en manifestant, à nouveau, un humour très espiègle, Wilson introduit « Transience », un titre qui aurait mérité sa place sur un des premiers elpees de Genesis. Tant les arpèges à la guitare acoustique que les mélodies vocales rappellent clairement « Selling England By The Pound ». Pendant l'excellent « Ancestral », le public scande des ‘hey’, pour répondre aux musicos, un peu à la manière des Espagnols, quand ils crient ‘Olé’, lors des corridas. Funny ! Enfin, « Happy Returns / Ascendant Here On… » reprend le thème musical initial du concept album et referme la première partie du spectacle de façon très solennelle. Et c'est Adam Holzman qui clôture en solo, au piano. Superbe !

Après une courte pause, le band est de retour ; et, très bonne surprise, c'est pour exécuter un titre de Storm Corrosion, « Drag Ropes ». Wilson s'acquitte brillamment des parties vocales dévolues sur disque à Mikael Åkerfeldt (Opeth). Et on n’est pas au bout des bonnes surprises. A l’instar d’« Open Car », un des meilleurs titres de Porcupine Tree. Les réactions démontrent à nouveau l'attachement exceptionnel du plublic à cette formation qui a si profondément marqué. En interview, Steven Wilson a d'ailleurs précisé qu'il est toujours possible que le groupe se reforme le temps d’un album ; mais ce ne sera qu'une parenthèse, car c'est à sa carrière solo qu'il accorde désormais sa priorité.

Place ensuite au premier extrait de « 4 1/2 ». Wilson précise, en le présentant, qu'il a estimé utile de sortir ce mini album pour donner une chance à ces compositions 'orphélines' et, également, afin d'ajouter de nouveaux titres au répertoire de la tournée. Il ajoute : ‘Je fais comme les groupes des années '70-'80, qui publiaient un album par an. Aujourd'hui, certains, comme Tool, n’en sortent qu’un tous les 10 ans’. Rires dans la salle. Et ce « My Book of Regrets » tient parfaitement la route dans la discographie, déjà très riche, du musicien anglais.

Un claquement de doigts, imprimé en cadence, amorce « Index », un des titres de Steven préférés de votre serviteur. Tiré de « Grace For Drowning », il illustre une période plus 'dark', hantée par les serial killers et balayant un spectre musical plus obscur, davantage hypnotique. « Lazarus », une autre reprise de Porcupine Tree, procure une excellente occasion à Wilson de rendre hommage à David Bowie : en effet, une plage s’intitule également « Lazarus » sur « Black Star », l'oeuvre testamentaire de Bowie ; et ce qui est étonnant, remarque Wilson, c'est que le personnage de 'sa' chanson « Lazarus » s'appelle... David ! Il y a de ces (L)hasards... (hum...)

Lorsqu’un voile transparent est tendu entre le podium et l’auditoire, c'est pour mettre en scène « Vermillioncore », un nouvel extrait de « 4 1/2 ». Cet instrumental se distingue surtout par les passages plus 'heavy', qui permettent aux 'metal heads' de pratiquer un peu de 'headbanging'. Le dernier morceau du concert est particulièrement bien choisi : « Sleep Together », un autre chef d'oeuvre de Porcupine Tree, issu de « Fear of a Blank Planet », sans doute le meilleur opus du défunt combo. L'intro, très dark électro, lorgne vers Nine Inch Nails et le refrain provoque une véritable explosion : ‘Let's sleep together... Right now’. Difficile de ne pas faire d’analogie entre ce refrain et celui de « Sweet Harmony » de The Beloved... Sans doute une coïncidence. La progression finale de la compo est irrésistible et mène inexorablement vers un orgasme sonore final aux accents 'kashmiresques', le tout ponctué par l'effondrement, très théâtral, du voile transparent. Un final époustouflant...

En rappel, Steven Wilson ne joue pas la reprise de « Space Oddity », à nouveau en raison de l'absence de Ninet Tayeb. Par contre, on a droit à une tout dernière reprise de Porcupine Tree : « The Sound of Muzak » ; et, en point d'orgue idéal, « The Raven that Refused to Sing », probablement la plus belle composition de Steven Wilson. Assis sur un tabouret, il chante cette mélodie déchirante, rehaussée par la superbe vidéo d'animation de Jess Cope. On n’entend pas une mouche voler tout au long de cette chanson qui vous flanque la chair de poule. Le son quadriphonique renvoie des effets provenant des quatre coins de la salle, pour une expérience musicale totale. ‘I'm afraid to wake... I'm afraid to love...’

En conclusion : un superbe concert, parfait à tous points de vue : son, lumières, vidéos, contact et bien sûr... les chansons. Steven Wilson appartient incontestablement à cette catégorie de génies polyvalents, au même titre que les Bowie, Reznor et autre Yorke, qui ont marqué d'une empreinte indélébile la musique 'indie' contemporaine. On est impatient de découvrir ce que le 'Wilson King' nous réserve dans le futur... En tout cas, ce soir, on a bel et bien assisté à son sacre...

Setlist :

Set 1 : album Hand. Cannot. Erase.

First Regret
3 Years Older
Hand Cannot Erase
Perfect Life
Routine
Home Invasion
Regret #9
Transience
Ancestral
Happy Returns
Ascendant Here On...

Set 2

Drag Ropes (Storm Corrosion cover)
Open car (Porcupine Tree cover)
My Book of Regrets
Index
Lazarus (Porcupine Tree cover) (Dedicated to David Bowie)
Don't Hate Me (Porcupine Tree song)
Vermillioncore
Sleep Together (Porcupine Tree cover)

Encore

The Sound of Muzak (Porcupine Tree cover)
The Raven That refused to sing

(Organisation : AB + Live Nation)

 

 

 

 

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