Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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Le jeu d’échecs de Vera Daisies

Margaux Jaudinaud, illustratrice multi-casquettes et binôme du groupe Ottis Cœur, se lance en solo sous le nom de Vera Daisies. Après avoir ouvert pour The Libertines, Tess Parks ou encore le band londonien Sorry, elle dévoile un premier titre incisif, "Chess…

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Suede 12-03-26
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Louise Attaque

Une surprise de taille !

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C’est le retour de Louise Attaque. Et bien évidemment, ce soir, c’est sold out. Si le peuple est venu en masse, toutes les générations sont réunies. Après un épisode en solo (NDR : enfin, si on peut le qualifier de solo !), Gaëtan Roussel a relancé son groupe qui lui a permis de se faire connaître. Des rumeurs colportaient que les concerts de la formation française souffraient d’une absence de constance. Ce ne sera pas le cas, lors du spectacle accordé à l’AB. Il sera à la fois intense et intimiste. Le groupe va même agréablement surprendre votre serviteur.

C’est à partir de la fin des années 90 que Louise Attaque va littéralement prendre son envol, en publiant 3 superbes long playings recelant des titres devenus incontournables (« J't'emmène au vent », « Tu dis rien », « Est-ce que tu m'aimes encore ? », etc.). En 2001, le quatuor s’était séparé une première fois pour laisser la place à deux projets Tarmac, réunissant Gaëtan Roussel et Arnaud Samuel ainsi qu’Ali Dragon, impliquant Robin Feix et Alexandre Margraff. Avant de se reformer en 2005, pour graver un troisième elpee. Puis de splitter à nouveau en 2007, ouvrant ainsi la voie à la carrière solo de Roussel. En 2015, le combo reprend sa route et décide d’enregistrer « Anomalie », son quatrième elpee, sous la houlette d’Oliver Som. Un disque plus adulte, enrichi par les expériences vécues des différents musicos…

Dalton Télégramme assure le supporting act. Il réunit Quentin Maquet (chant, guitare semi-acoustique), Olivier Cox (drums, percussions, flûte à bec), Rémi Rotsaert (gratte électrique, banjo, ukulélé) ainsi que Bernard Thoorens (contrebasse, guimbarde). Dalton Telegramme est issu de la Wallifornie sauvage et profonde et plus précisément de la Cité Ardente. A ce jour, il a publié deux Eps, « La Cavale » et « La Planque ». Son premier LP, « Sous la Fourrure », est paru en février dernier. Le quartet liégeois pratique une forme de country/americana festive, qui sent bon l'herbe fraîche des grandes plaines américaines (?!?!?) Truffés de calembours, les lyrics sont interprétés dans la langue de Voltaire. Les compos sont construites comme des bandes dessinées. Une approche qui évoque quelque part San Antonio. De quoi finalement vous mettre de bonne humeur.

Tous ces cow-boys sont sur la même ligne de départ. « Babyface Nelson » est une jolie chansonnette, allègre également, bercée sur un lit de cordes. Plus paisible, la fin de parcours permet une brève présentation des cavaliers qui sillonnent les grands espaces de l’Ouest. Le public applaudit chaudement. Pipette passe à la râpe pour « Réveil Matin ». Il va nous flanquer des fourmis dans les gambettes. Titre maître de l’opus, « Sous La Fourrure » met en exergue le talent du contrebassiste, un morceau sombre qui suscite la réflexion. Pour « Le Surfeur Mort », Master QQ se consacre à la trompette. Le set d’achève par « Tequila », un rockabilly nerveux, caractérisé par l’intervention récréative de la guimbarde. Une bonne entrée en matière, avant d’attaquer le plat de résistance.  

Soit celui de Louise, qui implique aujourd’hui Gaëtan Roussel (chant, guitare), Arnaud Samuel (violon, gratte) et Robin Feix (basse). Alexandre Margraff (drums) n’a pas réintégré le line up. Pour la tournée, le trio a engagé deux musiciens, plantés chacun sur une estrade : un claviériste à gauche et un batteur à droite.

Gaëtan se réserve, bien évidemment, la position centrale. Très particulière, sa voix est une source d’émerveillement. Tout comme ses textes, d’une grande profondeur. Habile à l’archet, Arnaud est toujours prêt à répondre aux injonctions. La basse de Robin est ronflante. La set list va intégrer ancien et nouveau répertoire. Et paradoxalement, les plus récents titres font même de l’ombre aux anciens. Huit plages du dernier elpee vont être interprétées (*).

On est séduit par « L’insouciance », morceau qui frôle la perfection. Faut dire aussi que la vivacité communicative des premières années a cédé le relais à une maîtrise irréprochable de l’écriture. Les deux musiciens complémentaires se montrent particulièrement brillants aux fûts et aux ivoires. Ils apportent, en quelque sorte, une nouvelle jeunesse aux compos de Louise Attaque. Et pas mal énergie. La machine est bien huilée et le show est réglé comme du papier à musique. L’accueil de la foule est plus que chaleureux. D’ailleurs Roussel doit régulièrement faire un break, en attendant que les nombreux applaudissements de l’auditoire s’achèvent, un auditoire qui connaît pratiquement toutes les paroles des chansons, et les reprend en choeur. En deux heures, dont deux rappels, Louise Attaque va combler de bonheur ses nombreux aficionados. Et tout particulièrement votre serviteur, lorsque le quintet va attaquer « Sur Un Volcan », une reprise bouleversante de La maison Tellier. Qui méconnaissant la formation, a vécu une surprise de taille.

(Pour les photos c’est ici).

Setlist : « Ton Invitation », « Avec Le Temps* », « Anomalie* », « Si l'on marchait jusqu'à demain », « Il n'y avait que toi* », « A l'intérieur* », « L'Insouciance* », « Léa », « La Plume », « Du Grand Banditisme* », « La Chute* », « Sur Un Volcan », « Tu Dis Rien », « Qu'Est-Ce Qui Nous Tente ? », « Savoir », « Amours », « Les Nuits Parisiennes », « J't'Emmène Au Vent ».

Rappel 1 : « Si c'était hier », « Arrache-moi », « Chaque jour reste le nôtre »

Rappel 2 : « Un Peu De Patience* ».

(Organisation : Live Nation)

 


Noel Gallagher

Ce n’est pas parce que les oiseaux volent haut qu’ils ne se cassent jamais la gueule…

Écrit par

Il y a précisément un an qu’on avait plus assisté à un concert de Noel Gallagher, flanqué de ses High Flying Birds, à Bruxelles. C’était au Studio 69, lors d’un concert privé accordé dans une ambiance particulièrement cool. Un superbe set au cours duquel Noel Gallagher s’était montré sympa (NDR : oui, oui, vous avez bien lu ‘sympa’), nonobstant la pratique d’un humour qu’on pourrait qualifier de rock’n’roll. Un humour pas nécessairement tendre, non plus. Rappelez-vous ce tweet virulent posté lors de son séjour dans la capitale belge… ‘Je suis à Bruxelles depuis 2 ou 3 jours... je me souviens même plus. C'est tellement ‘chiant’ ; ça, je peux vous le dire. Et pluvieux, je peux vous l'assurer également. Le nombre de jours de congé que j'ai à Bruxelles ne cessera jamais de m'étonner. Je dois dire que j'ai eu plus de jours ‘off’ ici que dans n'importe quel endroit au monde. Pourquoi ? Y a littéralement ‘rien’ à faire ici. Putain…’

L’office du tourisme de Bruxelles s’en souvient encore !

Difficile malgré tout de résister à la tentation de revoir cette joyeuse bande de ‘Pince-sans-rire’, venue défendre une nouvelle fois son deuxième elpee, « Chasing Yesterday », gravé l’an dernier.  

« Everybody’s on the run » est devenu un classique du premier opus. Un disque éponyme paru en 2011. C’est par ce titre que le set s’ouvre. A 21 heures précises. Peu visible, la section de cuivres est bien présente. Et audible ! Elle s’est installée à l’arrière, du côté gauche. Mais dès le départ on se rend compte que le son est pourri. Et tout particulièrement celui de la guitare. Frustrant ! Ce que confirme « In the Heat of the Moment ». Résultat des courses, le show est interrompu pendant une bonne dizaine de minutes. Un moment au cours duquel c’est ‘panique à bord’… et les oreillettes chauffent. Roadies et techniciens s’affairent pour tenter de rétablir la situation. Un peu comme Vincent Kompany, lorsque valide, il fait le ménage au milieu de la défense des ‘blues’, si chers au chanteur du band mancunien.

Malheureusement le son ne va vraiment s’améliorer que lors des trois derniers titres de la première partie du spectacle. Ainsi le très électrique « Digsy’s Dinner » (NDR : datant de 1994, cette compo d’Oasis figure sur le long playing, « Defenitely Maybe ») souffre atrocement de ce son brouillon. ‘What a pity ! F***, f*** et encore f***, alors !’   

Pourtant les nouvelles compos passent bien la rampe. A l’instar de l’excellentissime « The Riverman » (NDR : coup de cœur de votre serviteur sur « The Ballad of Mighty »), d’une efficacité redoutable en ‘live’. Et du même LP, « The Mexican » confirme cette impression. Mais la set list recèle trop peu de morceaux extraits de cet album. 

Trop d’Oasis, tue l’oasis… Sans jouer la carte de la nostalgie, il faut reconnaître que certaines chansons semblent exclusivement taillées pour Liam. « Listen Up », par exemple ; au cours de laquelle, la voix criarde et l’attitude arrogante du cadet font cruellement défaut. Même si entre les deux frangins, Noel reste sans doute le plus convainquant. Sur les planches, bien sûr. Pas de doute, ‘The Mighty’, c’est lui. D’ailleurs, pour l’instant, Liam se contente de ranger ses t-shirts ‘Pretty Green’ dans sa boutique…

Tout n’est cependant pas à jeter dans les nouvelles versions du répertoire d’Oasis. Ainsi celles de « The Masterplan », « Champagne Supernova » et « Don’t Look Back in Anger » –qui clôt le set– sont magnifiques. Des morceaux très attendus par les aficionados trentenaires, dont votre humble serviteur fait partie. L’auditoire connaît les paroles et les reprend en chœur. On a alors l’impression de faire un bond de 15 ans dans le passé ; tout en savourant le moment présent…

Il faut reconnaître qu’on a assisté à un show formaté, même s’il était partagé équitablement entre compos d’Oasis et de Noel Gallagher's High Flying Birds. D’abord, Noel Gallagher, ce n’est plus Oasis. Ce n’est pas, davantage, une bête de scène. Il n’est guère interactif ; sauf pour communiquer sa mauvaise humeur. Il ne bondit pas aux quatre coins du podium. Donc ce n’est pas pour ces raisons que la foule se déplace pour assister à une des ses prestations, au cours desquelles, il se contente du minimum syndical. Finalement, c’est surtout sa notoriété qui lui permet encore de drainer la foule. Parce qu’en ‘live’, le système fonctionne sans trop se casser le c**. Déjà qu’il faut bosser un dimanche soir ! Et lorsque la machine est bien huilée, on n’y voit que du feu (NDR : ou de la fumée), mais quand les soucis techniques s’accumulent, le public a le droit de se sentir quelque part, grugé…

Set list

1. Everybody’s on the run
2. Lock All the Doors
3. In
the Heat of the Moment

Interruption de 10’

4. Riverman
5. Talk Tonight (Oasis cover)
6. The Death Of You and Me
7. You Know We Can’t Go Back
8. Champagne Supernova (Oasis cover)
9. Ballad of th Mighty I
10. Sad Song (Oasis cover)
11. D’Yer Wanna Be a Spacemen? (Oasis cover)
12. The Mexican
13. Half the World Away (Oasis cover)
14. Listen Up (Oasis cover)
15. If I Had a Gun
16. Digsy’s Dinner (Oasis cover)
17. The Masterplan (Oasis cover)

Rappel :

18. Wonderwall (Oasis cover)
19. AKA… What a Life
20. Don’t Look Back in Anger (Oasis cover)

(Voir aussi notre section photos ici)

Organisation : Live Nation

Les Fatals Picards

Une punktitude rock’n’rollesque…

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La dernière fois que les Fatals Picards ont visité la Belgique, c’était dans le cadre du festival LaSemo. Pourtant, il s’agit de la seconde date du band au Salon de Silly. Et elle est sold out depuis belle lurette. A contrario, celle de la veille ne l’était pas ; mais elle s’est révélée riche en émotion et en calembours. Sans oublier que la bière a coulé à flots, et fatalement, chez certains de ses membres…

Le combo compte quand même 15 années d’existence. Un période au cours de laquelle il a accordé des milliers de concerts à travers le monde, participé au concours ‘Eurovision’ en 2007 et publié sept albums studio, deux ‘live’ et un double Dvd,  immortalisant la dernière tournée, accomplie en 2014.

Il revenait à Cédric Gervy d’assurer le supporting act. Face à un parterre plus que bien garni, le prof de néerlandais attaque son set, armé de sa gratte semi-acoustique. Le fil rouge de son spectacle repose sur une vision critique de la société contemporaine. Une critique pertinente qu’il truffe de jeux de mots tout à la baignant dans un climat de bonne humeur communicative. Ce qui va permettre à la température de grimper de quelques degrés dans la salle, avant le concert de la tête d’affiche.

Setlist : « Le Journal des Bonnes Nouvelles », « Bonne Année Quand Même », « Ik Weet Het Nietzsche », « Georges est Content », « La Mauvaise Réputation », « La Moitié d’un Père », « Le Jour du Chien », « Renaud », « Walibi », « Premiers à la Fifa », « 1-2-3 Zéro », « Camille », « J’Aimerais Trop », « Cotcha-Ca », « Playstation », « En Quarantaine », « Poisson d’Avril », « La Gousse d’Ail », « Bon Public ».

Les Fatals Picards sont quatre, comme les mousquetaires. Ils pourfendent de la pointe de l’humour tout ce qui traverse leur esprit. Des exemples ? Lavilliers, le difficile job d’enseignant, la mort de Johnny, les dangers de la radioactivité sur les dancefloors, le chômage, l'homophobie, les violences familiales, le naufrage des politiciens, la mondialisation, la société qui fout le camp, et on en passe… Manifestement, leur muse est intarissable.  

Il est plus ou moins 21h45 quand les gratteurs Laurent Honel et Yves Giraud (NDR : tour à tour à la guitare ou à la basse), Jean-Marc Sauvagnargues (drums) et Paul (chant et épisodiquement gratte semi-acoustique) déboulent sur les planches. Ils ont la banane aux lèvres. Et on est parti pour 75 minutes de délire musical. Une punktitude rock’n’rollesque qui sert de support aux textes interprétés dans la langue de Voltaire. Parfois, à force de rire, on a mal au bide. Particulièrement interactif, Paul est certainement le personnage le plus déjanté du quatuor. Il se retourne et exhibe sa raie de lune (NDR : son cul, quoi !). Le combo parvient, bien sûr à mettre le boxon, et tout particulièrement tout au long de « Le Retour A La Terre », une compo irrésistible caractérisée par ses 'pa-la-pa-pa-pa'. Sur un air de ska ‘kingstonien’, il se moque de hippies, présents dans la salle. Et nous invite à bondir dans la fosse comme sur les planches. Bien sûr, la set list privilégie les titre du dernier elpee, « Septième Ciel », qui remonte quand même à 2013. Bien rock, engagé, « Le Combat Ordinaire » roule à gauche. « Gros Con » aborde sérieusement (!?!?) les méfaits de l’alcoolisme. La foule jumpe sur « Atomic Twist ». Un peu comme Marcel Et Son Orchestre twiste, mais on n’est pas à Saint-Tropez. Si le nucléaire n’est pas cher, il a au moins le mérite de foutre la merde. Le message est passé 5 sur 5. Chanson d’amour, « L'Amour A La Française » est dédié aux filles. « Bernard Lavilliers », était inévitable. Et déclenche un véritable délire ! « Manouches » nous entraîne au cœur des Balkans. Avant que le groupe n’opte, en fin de parcours, pour un profil plus métallique. Les Fatals Picards, auront bien entendu droit à un rappel, histoire de mettre tout le monde d'accord. 

Setlist : « Le Retour A La Terre », « Le Combat Ordinaire », « Gros Con », « Atomic Trust », « Pourquoi », « Les princes Du Parc », « Mon Père Etait tellement De Gauche », « Les dictateurs », « Manouches », « L'Amour A La Française », « Bernard Lavilliers », « De L'Amour A Revendre », « Robert », «Ernestine », « Boum », « Punk A Chien »

Rappel : « Sans Contrefaçon », « Noires », « Punk Au Liechtenstein ».

(Organisation : Le Salon + Silly Concerts ASBL)

Hollywood Undead

Lorsque les masques tombent, les diables sortent de leur boîte…

Écrit par

L’histoire de Hollywood Undead débute en 2005, à Los Angeles. A l’époque, le band se produit sous le patronyme de The Kids. Ce n’est que trois ans plus tard qu’il décide d’opter pour son nom actuel. L’étonnant « Swan Songs » rencontre un succès immédiat. Il décroche un album de platine et atteint la vingt-deuxième place au ‘Billboard 200’ américain. Souvent comparé à Linkin Park et Slipknot, Hollywood Undead ne renie pas ses influences mais revendique son propre style. Et son propre discours. Vilipendant une société qui prend, broie et jette tout, les objets comme les êtres humains. Son dernier opus, « Day Of The Dead » est paru le 31 mars 2015.

La fosse et les balcons du premier étage débordent de monde. Les places assises sont –normalement– condamnées. Formation géorgienne (Atlanta), Attila assure le supporting act. De quoi ravir les amateurs de deathcore et metalcore. Actif depuis 2005, il s’est forgé une certaine notoriété, en Europe, après avoir tourné en première partie d’Asking Alexandria. Son dernier LP, « Guilty Pleasure » remonte à 2014.

Chris Fronzak, le frontman, est un personnage charismatique. Entrecoupée de f****, sa voix est gutturale, mais mélodieuse. Il est vêtu d’un short et de collants noirs. Surprenant ! Mais bonjour la transpiration ! Et rien qu’à le regarder dégouliner, on en attrape des suées… Il est soutenu par le drummer Sean Heenan, le guitariste Chris Linck et le bassiste Kalan Blehm. Ces deux derniers circulent de gauche à droite et inversement, malgré le peu d’espace qui leur est réservé. Percutants, les riffs sont gras et huileux. La frappe du drummer est métronomique. Très interactif avec son auditoire, Chris l’incite à former des circle pics. Et enthousiaste, elle s’exécute. Une gymnastique un peu folle et jouissive pour les jeunes amateurs du genre. La communion entre le groupe et la foule va durer 45 bonnes minutes. De quoi préparer idéalement le terrain pour la tête d’affiche… (Pour les photos, c’est ici)

Tous les intervenants sont masqués et ont enfilé des chemises, vestes ou sweaters (avec ou sans capuche) lorsqu’ils montent sur l’estrade, faciès qu’ils vont abandonner au bout de la deuxième compo pour arborer le maillot des Diables Rouges (NDR : en 1994, Rage Against The Machine avait fait de même lors du festival Torhout/Werchter). Même s’ils se relaient, les 4 MC’s resteront bien présents sur les planches durant tout le set. Un percussionniste est installé à gauche de l'estrade et un second drummer planté à droite, derrière une double batterie. Il est protégé par un paravent en plexiglas. Entre les 2 batteries, des platines sont disposées sur une table. Les interventions du synthé sont préenregistrées.

Look de rappeur, Charlie Scene est coiffé d’une casquette, chaussé de lunettes fumées et un bandana de couleur noire et blanche lui dissimule le visage. Il se consacre au chant. Le deuxième vocaliste, Danny, porte un masque de couleur or –une croix blanche imprimée sur la face droite– qui lui couvre les yeux. Capable de monter dans les aigus, sa voix est puissante. Celui du troisième, Johnny 3 Tears, est de teinte bleue et blanche, le chiffre trois mentionné sur la gauche. Il est orné d’un sigle bizarre à hauteur de la bouche. De ses yeux coule du sang. Sa voix est agressive. Celui de Da Kurlzz, le percussionniste, est blanc du côté droit et rouge sur la face gauche. Sa chevelure est hirsute. Il symbolise probablement Lucifer. Look de rapper, Funny Man, le drummer, en porte un sur lequel est gravé le sigle "L.A." devant. Un foulard de couleur brune enserre le visage de J-Dog. On dirait un bandit de grand chemin prêt à sévir au Far-West.

« Usual Suspects » ouvre le show sur les chapeaux de roues. La musique de évolue quelque part entre Run DMC, Beatsie Boys et Linkin Park. Un mix singulier entre hip hop, rapcore et métal qui vire, suivant les compos, dans l’un ou l’autre style. La spécificité du combo procède de l’éventail de voix. Elles sont judicieusement exploitées. Chaque vocaliste possède son timbre particulier, parfaitement identifiable. Et a son rôle à jouer. Les refrains sont accrocheurs et ne suscitent jamais l’ennui. Inattendu, mais point d’orgue de la soirée, 3 spectateurs grimpent sur le podium pour participer à l’interprétation de « Comin'In Hot ». L’un d’entre eux empoigne une gratte, le deuxième une basse et le troisième s’impose derrière un micro pour épauler les autres MC’s. L’ambiance est à son Hollywood Undead comble, et la sécurité ne chôme pas pour récupérer les surfeurs. Sur la toile, tendue en arrière-plan, on peut lire la phrase ‘Parental Advisory Explicit Content’. Tout est dit ! Partagé entre nouveau et ancien répertoire, la set list nous a réservé 17 morceaux. Encore une chouette soirée au cours de laquelle les artistes n’ont pas hésité à tomber le masque… (Pour les photos, c’est )

Setlist : « Usual Suspects », « Undead », « Tendencies », « Been To Hell », « Dead Bite », « Kill Everyone », « City », « Grazity », « War Child », « Comin'In  Hot », « 7 Nation/ Boston », « Bullet », « Party By Myself», « Another Way Out »,  « Day Of The Dead »

Rappel : « Everywhere I Go », « Hear Me Now ».

(Organisation Live Nation)

 

 

 

 

 

Black Mountain

Sonorisation approximative…

Écrit par

Il y a un peu moins d’un an, Black Mountain se produisait dans le cadre des Nuits Botanique. Une belle opportunité de fêter le dixième anniversaire de la sortie de son premier elpee. Il était de retour ce mercredi soir à l’Orangerie, pour défendre son quatrième opus, baptisé logiquement « IV », un disque encensé par la critique. Un retour magistral à son premier amour.

La première partie est assurée par Guy Blakeslee. L'Américain est surtout connu comme leader du The Entrance Band. Il est venu présenter son premier LP solo, "Ophelia Slowly". Il grimpe sur l’estrade vers 20 heures. Il est seul, armé de sa sèche. Peu notoire sur le Vieux continent, il se produit dans l’indifférence quasi-totale. Faut dire que lors de son set, le public est plus que clairsemé…

Vers 21 heures, les lumières s'éteignent à nouveau. Les choses sérieuses peuvent commencer. Le line up du band réunit la chanteuse Amber Webber, le bassiste Brad Truax, le drummer, Josh Wells, le claviériste Jeremy Schmidt et le chanteur/guitariste Stephen McBeam. Ce dernier est le parfait sosie de Dude (interprété par Jeff Bridges), dans le film ‘The Big Lebowski’. En moins apathique, quand même. Il se plante à gauche du podium, tandis qu’Amber s’installe au centre. Le quintet canadien ouvre le set par deux titres du dernier long playing. Le climat est lourd. Tamisé et minimaliste, le light show émane de l’arrière-scène. Très à l’aise, la chanteuse se réserve alors le lead vocal. Mais rapidement, les riffs blues/rock entrent dans la danse. Paradoxalement, des riffs à la fois subtils et puissants. McBeam s’en donne d’ailleurs à cœur joie sur sa gratte. Et lorsqu’il chante, l’intensité monte encore d’un cran. Les interventions de l’orgue –le plus souvent en nappes– colorent les compos de psychédélisme. Tout est parfaitement en place. Et le band canadien n’hésite pas à aller repêcher des morceaux plus anciens, à l’instar de l’excellent « Stormy High ».

Malheureusement, le son n’est pas à la hauteur. Ce n’est pas la première fois que l’Orangerie souffre de ce déséquilibre de balances lors du mixing. Ainsi l’amplification d’un instrument dépend beaucoup trop de l’endroit où l’on se situe dans la salle. Quand on est planté devant le préposé au synthé, on n’entend guère la guitare. Alors imaginez la frustration, lorsqu’au bout d’une demi-heure, Black Mountain attaque le splendide « Tyrants », un titre magnifié –sur disque– par les cordes électriques. Soit…

D’une bonne heure, le concert s’achève par un superbe morceau de 10 minutes, que McBeam met à profit pour démontrer toute l’étendue de son talent sur sa gratte. Enfin, quand on l’entend…

La formation vancouvéroise revient rapidement pour accorder un rappel au cours duquel elle va nous réserver l’excellent « Don’t Run Our Hearts Around ».

Malgré une sonorisation approximative, Black Mountain est parvenu à tirer son épingle du jeu ; et tout particulièrement grâce au duo McBeam/Amber. Vu le monde agglutiné au stand merchandising, en sortant de la salle, il faut croire que le public a accroché.

(Organisation : Botanique)

 

Puggy

Une nouvelle année Puggy ?

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Après avoir accompli une tournée de dix dates en France, en compagnie de Ricard Live –dont un crochet via l’Aéronef de Lille, il y a 15 jours– Puggy se produisait à La Madeleine, ce lundi 11 avril, pour nous présenter 6 extraits de son nouvel et album « Colours » (NDR : c’est son quatrième) qui sort le 22 du même mois. C’est sold out. Donc il doit y avoir plus ou moins 1 200 personnes qui attendent le trio de pied ferme, parmi lesquelles on dénombre une belle cohorte de fans.

Aprile, aka Nicolas Donnay, assure le supporting act. Il s’agit du nouveau poulain de Nicolas Renard, le manager de Puggy. Barbu, les cheveux coiffés en chignon, il se produit seul sur les planches, armé de sa gratte semi-acoustique. Ce Liégeois possède une voix superbe, puissante, rappelant celle de Jason Kay (Jamiroquoi). L’artiste va nous interpréter quatre titres, en une vingtaine de minutes, dont « Cheap chick », un extrait de son premier Ep. Sa musique campe un hybride entre pop, funk et jazz, que les puristes n’hésitent pas à qualifier de néo soul. Et à l’issue de chaque morceau, il est chaleureusement applaudi. L'artiste publiera un nouvel Ep, cet été (Pour les photos, c’est ici).

Réunissant un Suédois, un Français et un Britannique, Puggy vit en Belgique. Un pays au sein duquel il se sent particulièrement bien soutenu. Et ce depuis 2007, année de la sortie de son premier elpee.

Les lumières passent au bleu. Les filles s’époumonent. Et c’est sous une immense ovation que le band débarque. Il est 21h10.

Ziggy dispose d’une batterie flambant neuve et se sert circonstanciellement d’un clavier. Il siège à droite du podium. Matthew se plante au centre. A sa disposition, une panoplie de grattes semi-acoustiques et une électrique rutilante, dont il va surtout avoir recours, lors des nouveaux titres. Imperturbable, Romain s’installe à gauche, toujours fidèle à sa vielle basse, modèle 1965. Et à l’arrière, se poste le nouveau claviériste/pianiste, Matthieu Vandenabeele, qui remplace John Janssens.

Les musiciens semblent en forme. Percutant, « Fight Like You'Re Fighting » ouvre le set, un morceau funky pop, légèrement teinté d’électro. Matt s’adresse au public en les invitant à faire du bruit (NDR : comme lors d’une rencontre de basket !) Et il s’exécute. « Last Day On Earth (Something Small) » fait monter la température de quelques degrés. Romain saute sur place. D’un air vengeur, Ziggy frappe sauvagement les peaux de ses fûts. Matt jongle entre ses trois grattes. Il improvise et module sa voix en fonction des émotions qu’il injecte dans ses chansons. Véritable bête de scène, il a déjà l’auditoire dans sa poche. Faut dire qu’il y a un an que la plupart des aficionados n’ont plus eu l’occasion de voir le band en ‘live’. Et quelque part, lorsqu’il se produit à domicile, la formation joue sur la corde sensible. Matt adresse un petit signe à Alex pour régler sa voix au micro, et balance : ‘Bruxelles, on y va!’

« Feel So Low » est plus que probablement le prochain tube. Le single, « Lonely Town », l’est presque déjà. Plus funky pop, « Soul » libère énormément de groove. Beatlenesques, les harmonies vocales à trois voix sont particulièrement soignées tout au long de « To Win The World ». Matt a repris sa semi-acoustique pour « How I Needed You ». « Change The Colours » bénéficie d’un refrain contagieux. Le light show est versatile. Le titre est judicieux, même si lors du set accordé à l’Aéronef, les variations de lumières étaient davantage mises en évidence grâce à une toile tendue en arrière-plan, des fluctuations qui procuraient une sensation de magie… Ici, la configuration des lieux ne permet pas ce type d’éclairage. Le public est chaud boulette et réactif. Une véritable communion s’établit entre le combo et la foule. Un air de folie s’y propage. Et c’est dans cette ambiance, que « Territory » clôt le spectacle.

En rappel, Puggy va nous réserver « Dubois Died Today » suivi de « To Win The World ». Les septante-cinq minutes du set sont passées à une vitesse vertigineuse. Une excellente prestation, même si celle de Lille était encore meilleure. Mais elle risque encore de s’améliorer le 14 mai au Cirque Royal et le lendemain à l’Ancienne Belgique, puisque les musicos auront eu le temps de rôder davantage leur spectacle. Pas de bol pour les retardataires, les deux dates sont sold out depuis belle lurette. Une question s’impose cependant, 2016 sera-t-elle une nouvelle fois l'année Puggy ? (Pour les photos, c’est ).

(Organisation : Live Nation)

 

 

 

 

 

 

Damien Jurado

Rien que du bonheur !

Écrit par

En ce dimanche 10 avril, tout se ligue contre les mélomanes qui ont décidé d’aller applaudir Damien Jurado, au Botanique de Bruxelles. D’abord, à cause de la fatigue du week-end qui s’achève. Un week-end aux fumets de barbecue et aux relents de rosé d’Anjou. Ou alors simplement propice à la farniente voire aux ballades ou encore au chilling. Et puis, se déplacer, à Bruxelles, un dimanche soir, via les transports en commun, s’avère depuis quelques semaines, particulièrement téméraire...

Aussi, imaginer qu’on va s’enfermer dans la boîte de l’Orangerie pour terminer ce week-end magnifique, peut sembler inapproprié. Sauf que… ce dimanche soir, l’extraordinaire Damien vient défendre « Visions of Us On The Land  », son dernier opus. Et d’ailleurs, c’est bien là que le véritable but de cette fin de semaine se situe. Une œuvre qui clôt sa trilogie entamée dès 2012 par « Maraqopa » et poursuivie sur « Brothers And Sisters Of The Eternal Son », en 2014. Trois elpees éblouissants qui racontent l’histoire d’un voyageur qui part à la rencontre du bien et du mal, de l’ésotérisme, de la pensée et du rêve, avant d’achever ce périple lorsqu’il est sûr d’avoir acquis la plénitude dans le doute. Une ambiguïté que l’artiste semble d’ailleurs entretenir. On ne le sait pas encore, mais ce spectacle va littéralement nous scotcher et nous dégriser des excès de la veille, telle une partie de jokari.

Tout commence à 20h00…

Avant de pénétrer dans l’Orangerie, on a pris soin d’emporter un gobelet de houblon qu’on tient aux bords des doigts. Il fait soif ! Et quand on a encore la gueule de bois, rien de tel que de soigner le mal par le mal. Passé le cachet imprimé au bord du poignet, on entre paisiblement dans la salle.

Complices, les lumières s’éteignent. Astronaute monte sur l’estrade. En toute modestie. Au beau milieu des rires, des bruits provoqués par les GSM, des conversations… Pas le moindre applaudissement pour saluer son apparition. Au bout de quelques accords, une voix s’extirpe de ce brouhaha. C’est celle de Myrthe Luyten. Androgyne, profonde, sublime, hypnotique. Et il ne faut pas deux phrases avant que l’auditoire ne fasse le plus grand silence. Il semble surpris par tant d’intensité et de tessiture dans le chant. Devenu muet, il pose ses lèvres sur le godet et avale autant les compos que la mousse qui, elle, commence à se faire de plus en plus rare.

En trente minutes, la formation belge va nous réserver six pépites superbes, délicates, sensuelles et mélodieuses. Le public est conquis, persuadé qu’il faudra être attentif à ce band incroyablement authentique. Et ce malgré un déséquilibre dans le mixing, trop favorable aux drums. Qui au lieu de tramer les morceaux, avaient plutôt tendance à les étouffer. (Pour écouter le groupe, c’est ici et pour les photos de ce concert, c’est )

Les spectateurs refont le plein de kérosène pendant que les roadies s’affairent sur l’estrade. Tiens, même Jurado leur file un coup de main. Sympa le gars !

Il est 21h quand l’Américain grimpe sur le podium. Et il n’est pas prêt de le quitter. On y reviendra plus tard.

Les épaules plus larges que deux armoires normandes, Damien Jurado est bâti comme un bûcheron. Il est tout de jeans vêtu, pantalon et chemise. Il est chaussé de chaussures de couleur brune, on ne peut plus banales. Il s’assied tout simplement sur une chaise en bois. Il est presque en boule, mais pourtant tous les regards sont braqués sur lui.

Tout au long du set, ses attitudes varient. Les yeux clos ou rivés sur le sol, il a le visage fermé, sérieux. Mais quand il le relève, c’est pour sourire. Sincèrement. Comme un homme qui a atteint une plénitude qu’il tente de communiquer à son auditoire. Entre les chansons, il lui arrive de plaisanter en compagnie de ses musicos. L’humour potache d’un adulte voué à grandir physiquement mais qui semble garder une âme d’enfant. On sent une véritable complicité entre les musicos et Damien. Un grand respect aussi. Mais, sur les planches, c’est lui le patron.

Du vent et de l’abîme, il redessine les lieux et semble même avoir une telle facilité pour y parvenir qu’il se surprend lui-même. Et s’émerveille de sa propre créativité. 

La main serrée sur le manche, il affiche une technique précise, remarquable. Il enchaîne les morceaux, pour la plupart issus de son dernier LP, brillamment. Ses chansons libèrent une dose incroyable de tendresse et de douceur. Malgré un style pointu, il a une classe folle. On est bluffé. Une telle masse de muscle capable de donner tant d’amour.

22h15 premier rappel.

Damien Jurado revient seul et attaque deux chansons en solo, dont « Prisms ». C’est le point d’orgue du spectacle. Les musiciens reviennent alors sur les planches afin de participer aux deux derniers titres, avant de saluer la foule, comblée…

Sauf que…

Comblée oui, mais gourmande, insatiable et enflammée. Le public en veut encore, crie, siffle, applaudit. Les lumières de la salle se rallument mais rien n’y fait, il reste sur place et n’abandonne pas la partie.

Surpris de cet engouement, l’Américain revient, et sollicite l’auditoire pour choisir les quelques bonus tracks. De véritables cadeaux. Rien que du bonheur.

22h40. Le concert est fini. Les spectateurs sont assoiffés, mais le sourire aux lèvres ils ont fait le plein d’amour dans leurs cœurs… (Pour les photos, c’est encore ici)

Setlist

Magic Number (**)
Exit353 (***)
Lon Bella (***)
Silver Timothy (**)
Am Am (***)
Onalaska (***)
This Time Next Year (*)
Mellow Blue Polka Dot (***)
Jericho Road
(**)
Sam and Davy (***)
Walrus (***)
Life Away From The Garden (*)
And Loraine (***)
Qachina (***)
Taqoma (***)
Prisms (***)
Working tittles (*)
Return To Maraqopa (**)
Nothing is the News (*)
+ Various ..

* « Maraqopa » - 2012

** « Brothers And Sisters Of The Eternal Son » - 2014

*** « Visions of Us On The Land » - 2016

(Organisation Botanique)

 

 



Gaëtan Streel

Un jour, deux jours et puis trente jours à la fois…

Écrit par

Afin de défendre son nouvel album, « Two Days At A Time », Gaëtan Streel se tape 30 jours de concerts d’affilée. Un véritable marathon ! Qui va transiter, tour à tour, par une chaumière, une église, la salle des fêtes d'un village, un appartement, un manoir et quelques endroits intimistes et insolites. Il en est à son neuvième jour. Il va donc à la rencontre de son public.

Le Moulin Fantôme est un ancien moulin transformé en café-concert, sis au milieu d'un cadre idyllique. C’est loin d’être commun. Il est érigé près des étangs du Coeurcq. Et souriant, le patron du club est un personnage vraiment rock'n'roll. Conviviale, la salle peut accueillir –au grand max– 100 âmes. Ce soir, il n’y en aura qu’une trentaine pour ce showcase proposé en format semi-acoustique.

Gaëtan Streel avait  déjà interprété quelques unes des compos du nouvel LP, dans cadre du Brussels Summer Festival, en août 2015, au sein d’un sextuor. Il confesse déjà accumuler une certaine fatigue, mais que cette tournée a du bon.

Poète, Gaëtan compose indifféremment dans la langue de Voltaire ou de Shakespeare. Mais son premier LP, « One day at a time » recelait exclusivement des titres en anglais. Son dernier le révèle cependant sous un angle différent. D’abord il est partagé entre morceaux des deux idiomes. Et empreints d’une grande sensibilité, ses textes s’inspirent de ses rêves, ses angoisses, ses désillusions, mais également de ses espoirs… 

Gaëtan se réserve le micro. Il s’accompagne au ukulélé ou à la guitare semi-acoustique. Tout comme Jérôme Magnée (Dan San), lorsqu’il ne se consacre pas aux drums. Des drums réduits à leur plus simple expression : un tom basse retourné, sur lequel est posé un essuie de vaisselle et une cymbale. Sara Lejeune est préposée à la contrebasse moderne (Electric upright bass) et aux choeurs.

Le set s’ouvre en douceur par « Go And See The Lights », un extrait du premier elpee, paru en 2012. Un bluegrass au cours duquel les deux guitares nous entraînent à travers les grandes plaines de l'Ouest américain. Le tout magnifié par les chœurs à trois voix.

Jérôme (NDR : il va se multiplier tout au long de la soirée) accorde son ukulélé et le band peut attaquer « Sort Of Happy », un extrait du dernier opus. Le son est parfait.

Gaëtan signale qu'il attaque aujourd’hui le neuvième show de son long périple. Qu'il éprouve des difficultés à se souvenir de son nom, mais que son cd est en vente près du bar. Fin de spot publicitaire… Les harmonies vocales à trois voix constituent certainement le point fort de ce spectacle. A l’instar de « Unless You'Rer Lyung Too », un titre qui figure sur le nouvel LP, subtilement souligné d’un filet de guitare. Ou encore de « The Well And The  Key ». A cet instant, on se croirait même dans une église.  

Jolie ritournelle, « 138 G De Chanson » est une chanson d’amour interprétée en français. Gaëtan révèle qu'il écrit des chansons dans sa langue natale depuis longtemps, mais qu'il n'avait pas encore eu l'opportunité de les graver sur cd.

« Nostalgie » est une compo dont il avait entamé l’écriture à l’âge de 23 ans. Faussement nostalgique, elle est chargée d’autodérision. Il vient seulement de terminer le second couplet. Ce qui ne l’empêche pas de la glisser dans la set list. Intimiste, le show s’achève par « Words ».

Et en rappel, Gaëtan clôt le concert par un titre chanté a cappella, au milieu de l’auditoire. Pour son plus grand bonheur.

(Organisation : Le Moulin Fantôme)

James Morrison

Parfait pour oublier les tracas de la vie quotidienne…

Écrit par

James Morrison Catchpole est un chanteur/compositeur/guitariste né à Derby, en Angleterre. Un artiste dont le premier elpee, « Undiscovered », remonte à 2006. Et c’est le single, « You Give Me Something », issu de cet LP, qui va le faire connaître à travers le monde. Son dernier opus, « Higher Than Here » est paru fin 2015. Et il est venu le défendre, au sein d’une salle dont il avait déjà foulé les planches, en 2012 (Sarah Carlier en assurait le supporting act) et en 2009 (là, c’était Selah Sue qui ouvrait son concert).

Bien que le second balcon côté fosse soit condamné, la salle est pleine à craquer. La première partie est réservée à Glenn Claes. Pas un inconnu au Nord de la Belgique, puisqu’il a été finaliste de la version néerlandophone de ‘The Voice’. Un crochet au cours duquel il avait brillamment interprété « The Sound Of Silence» de Simon & Garfunkel. En février 2016 il était venu présenter son premier elpee, « Back Where My World Began », à l’AB Club, dont a été extrait le single « Face In The Light ».

Belle gueule d’ange, Glenn se sert d’une gratte on ne peut plus classique. Il est soutenu par un autre préposé à la sèche, Stijn Bervoets. Chevelu et barbu, il s’installe à gauche de Claes. Qui a manifestement une très belle voix. Capable de se fondre dans un duo vocal atmosphérique tout au long du tendre « Little Lies ». Mais également de la moduler, en la poussant dans les graves ou les aigus ; une voix capable d’emprunter un timbre rocailleux mais également d’exprimer toute sa puissance. A l’instar d’un Milo Meskens. Aux premiers rangs, le public féminin est sous le charme. D’une vingtaine de minutes, le set s’achève par une cover intense du « All Night Long » de Lionel Richie. Le garçon a du talent et est certainement à suivre de très près.

Tout le monde est placé sur une immense estrade sauf James, en avant scène, et un des deux claviéristes. Un podium imposant sur lequel sont plantés l’autre claviériste (au Hammond), un drummer, un bassiste et un guitariste. Imposantes, les deux choristes sont postées à l’extrême gauche. Morrison est armé d’une six cordes semi-acoustique.

 « Under The Influence » (« Undiscovered ») ouvre le show. Le light show est impressionnant et se focalise sur les différents artistes. Il est composé de 6 rangées de gros spots tournants, desquels repartent des petites guirlandes de leds qui s’élancent vers le plafond juste au-dessus des artistes. Au milieu de la chanson, James Morisson s’adresse au public en criant ‘Brussels', à la manière du ‘boss’ et l’incite à frapper dans les mains. Les interventions du Hammond communiquent un feeling sixties au morceau. « Nothing Ever Hurt Like You » (« Songs For You, Truths For Me ») baigne advantage dans la soul ‘motownesque’. Tout au long de « I Won't Let You Go » (« The Awakening »), la troupe est plongée dans un halo de lumière bleue. La voix de James est haut perchée. Les claviers sont omniprésents et les chœurs se libèrent. Lors de « Stay Like This » et « Something Right », le crooner a abandonné sa guitare. Il tient son micro à deux mains pour ces ballades soul bouleversantes. Place ensuite au tube « Wonderful World  » (« Undiscovered »). Le répertoire est varié et alterne vieux standards et nouvelles compos. Au cours desquelles il va notamment faire le pitre, pastichant –mais parfaitement– Mickael Jackson, pour le plus grand bonheur des premiers rangs. Très interactif avec son public, il injecte dans ses compos énormément de feeling et de chaleur humaine. La voix de James excelle dans tous les styles. Elle a mis tout le monde d’accord. Y compris pendant les morceaux funk et r&b. C'est l'un des représentants les plus talentueux de la scène insulaire. Et en guise d’apothéose, « Demons » est interprété devant mille feux et lumières…

On aura quand même droit à un rappel. Qu’il achève par « You Give Me Something », dont le refrain est entonné par l'ensemble de l’auditoire. Chargée d’émotion cette superbe soirée a permis d’oublier les tracas de la vie quotidienne. Ce qui n’est déjà pas si mal…

(Organisation : Live Nation)

 

Charles Bradley

Un Pasteur d’amour…

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Nouveau phénomène sur la scène soul contemporaine, le New-yorkais Charles Bradley se produisait sur les planches du Cirque Royal, ce jeudi 7 avril. Malgré ses 67 balais, on ne peut pas dire que ce soit un vétéran sur la scène musicale. Et pour cause, il n’a été découvert que tardivement ; en outre, son premier album, n’est paru qu’en 2012. Faut dire que sa vie tumultueuse a plus que probablement retardé son éclosion. D’ailleurs, il faut reconnaître que sa signature sur le label Daptone, constitue un petit miracle. Et l’artiste est venu défendre son dernier né de sa très courte discographie, « Changes », qui vient à peine de sortir en Belgique.

Malgré cette reconnaissance tardive, la salle est sold out ; et l’auditoire est impatient de découvrir les déhanchements de ce nouveau golden ‘papy-soul’. Sur les planches, il est soutenu par un fameux collectif de 7 musicos, dont les indispensables cuivres et orgues. Et manifestement, il sait s’entourer. Sa formation, judicieusement baptisée His Extraordinaries, va se révéler irréprochable d’un bout à l’autre du show. Mention spéciale à l’organiste qui avait la lourde tâche de chauffer la salle pour annoncer le soulman avant son entrée, mais également combler les intermèdes entre ses changements de costumes et moments de récupération. Après une intro instrumentale, caractérisée par son groove irrésistible, l’artiste déboule sur l’estrade, vêtu d’un costume pailleté digne de James Brown (NDR : qu’il avait d’ailleurs découvert en live, à New-York, en 62). Malgré une condition physique limitée liée à son âge (et ses excès ?), Charles Bradley parvient, dès le départ, à combler son auditoire grâce à son incroyable voix et une présence charismatique. Il transcende ses morceaux et les transforme en condensés d’émotions parfois difficilement supportables, à l’instar du final bouleversant « Whi is It so Hard ? », morceau qui retrace son parcours de vie qui l’a entraîné de Brooklyn à la Floride, en passant par l’Alaska, tout en rappelant l’épisode de l’abandon par sa mère dès ses 8 mois (NDR : qu’il retrouvera à l’âge de 8 ans). Véritable showman, il prend beaucoup du plaisir en ‘live’ et communique beaucoup avec son public. Il parvient même à créer des connexions à travers l’évocation des récents attentats bruxellois. Mais avant tout, l’Américain annonce être là pour partager son amour… et il va le démontrer tout au long du concert qui atteindra son apothéose lors du rappel, quand il décide de serrer les mains de ses fans comme un pasteur évangéliste, dans une église baptiste de la ‘bible-belt’, du Sud des Etats-Unis. Il se permet même un lancer de roses… Pas ridicule pour un sou, tant le geste cadre avec le personnage et l’esprit du concert. Mais on retiendra avant tout l’excellence des morceaux et l’osmose incroyable entre l’artiste et son groupe, une synergie qui permet au chanteur de réaliser ses rêves totalement et librement. Définitivement le ‘feelgood’ concert de la semaine…

(Organisation : Live Nation)

 

 

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