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New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

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Le parfum de vie de Goudi

Pierre Goudesone, alias Goudi, trace son chemin musical depuis la fin des années 80. Après s’être fait connaître en compagnie des groupes Flesh & Fell et Speaking T, il poursuit aujourd’hui une carrière solo. Son univers musical riche et profond l’a conduit à…

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Suede 12-03-26
Kreator - 25/03/2026
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Heather Nova

Une (n)ovation bien méritée…

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Auteur/compositrice/interprète, Heather Allison Frith est née aux Bermudes, en juillet 1967. Ses influences majeures oscillent des Beatles à Jimmy Cliff, en passant par Neil Young, le Zim, Joan Baez ainsi que Simon & Garfunkel. C'est en 2002 que « Someone New », enregistré en compagnie du groupe Eskobar, décroche un hit. Ce qui va permettre à Heather de lancer sa carrière internationale. 600 concerts et 2 millions d'albums vendus plus tard, elle nous propose son 9ème elpee studio. Intitulé « The Way It Feels », il baigne au sein d’un climat folk/americana, mais ténébreux. Elle se produisait donc ce jeudi 29 octobre à l’Ancienne Belgique. Et pour accueillir cette artiste, la fosse est bien remplie.

Mishka n’est autre que le frère d'Heather Nova. Il assure le supporting act. Il est seul, armé de sa gratte acoustique amplifiée, ainsi que d’un tambourin, qu’il agite de son pied gauche. Il a une belle voix et ne manque pas de créativité. Il va même oser une incursion dans le reggae. Parfois, il me fait penser à Garland Jeffreys. Un hic, la foule couvre son set d’un brouhaha irrespectueux. Quand on a envie de tailler une bavette, surtout à l’AB, deux bars s’y prêtent à merveille. Les mélomanes ont aussi le droit de pouvoir librement apprécier –ou pas– l’une ou l’autre découverte. Tout en manifestant du respect à un artiste, surtout quand il a du talent. C’est dit ! 

A 20h45, les lumières s'éteignent. Heather Nova monte sur l’estrade flanquée de deux musicos. En général, la jolie blonde chante en s’accompagnant à la semi-acoustique. Mais suivant les circonstances, elle se consacre également aux claviers, au piano, au banjo, au ukulélé ou encore au mélodica.  

Le drummer/percussionniste est assis sur un cajon. Il est barbu et chevelu ! Il se sert d’un tom basse, d’une caisse claire, de cymbales et d’une grosse caisse. Arnold, le troisième larron est préposé au violoncelle, à la guitare électrique et à la contrebasse. En outre, il participe aux backing vocaux.  

« Threehouse » ouvre le show. C'est un extrait de son dernier opus, « The Way It Feels. Pour « Girl On The Mountain », Arnold troque son violoncelle contre un clavier. Miss Nova en profite pour changer de gratte. Et empoigne celle de son frère Mishka, restée sur l’estrade. La voix d’Heather est claire, cristalline, mais également puissante. Le sens mélodique de ses chansons est unique en son genre. Authentiques, chargées de feeling, elles sont tour à tour empreintes de mélancolie ou évoquent les grandes plaines du Far West. A l’instar de « Lie Down In the Bed You'Ve Made », morceau au cours duquel Arnold utilise sa gratte électrique à la manière d'une pedal steel. Plus nerveux, « London Rain (Nothing Heals Me Like You Do) » est cependant davantage sculpté dans le rock. Heather aborde seule « The Archaeologist », une ballade folk consacrée à Pompéi, en mode guitare/voix. Arnold siège derrière les ivoires pour « Fool For You » et « Winterblue » (« Wonderlust »), tout en participant aux vocaux. Le set s’achève par « Sea Change »…

En rappel, elle interprète « Still Got Love » en compagnie de son frangin Mishka, également préposé à la gratte semi-acoustique. « Sugar » et « Heart and Shoulder » couronnant ce spectacle ma foi fort sympathique… et ponctué d’une (n)ovation bien méritée…

(Organisation : Live Nation)

METZ

Après 45’, la Metz était dite !

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C’est la deuxième fois que votre serviteur se rend chez les chtis, cette semaine. Depuis l’aménagement (?!?!?) du piétonnier à Bruxelles, il est plus facile de se rendre à Lille, quand on veut assister à un concert. Pourtant, à l’instar de l’Ancienne Belgique, l'Aéronef soutient 'Liveeurope', la première initiative paneuropéenne destinée à promouvoir les artistes émergents. 'Liveurope' est un label de qualité européen attribué aux salles de concerts dont les critères d’excellence et de diversité déterminent la politique artistique. Coordonné par l'AB, ce projet est destiné à stimuler les jeunes talents issus du Vieux Continent, tout en leur permettant de se produire devant un nouveau public. La soirée a été baptisée 'Chez Ti, Chez Mi' (NDR : je vous le disais qu’on était chez les chtis !) La salle est bien remplie pour accueillir Crows et Metz.

Des groupes répondant au nom de Crows, il doit y en avoir une brouette. Celui-ci est londonien. Et reconnaît pour influences majeures Queens Of The Stone Age et The Brian Jonestown Massacre. Ce quatuor réunit Steve Goddard, Jith Amara, Lawrence Rushworth et le chanteur James Coxde. Ce dernier se sert de deux microphones aux tonalités différentes. On dirait qu’il est en perpétuelle recherche d’équilibre. Il s’appuie sur ses pieds de micros comme s’il s’agissait de béquilles. Il est chaussé de godasses élimées. Elles sentent (?!?!) le vécu…

Dès le début, on en prend plein des oreilles. Les riffs de grattes sont lourds, distordus, hargneux, puissants. Excellent showman, James déborde de dynamisme. Il entre facilement en communication avec l’auditoire. Féroce, sa voix semble habitée. Les drums sont percutants. Le batteur fait même littéralement exploser ses cymbales. Et la basse vous remue les tripes. Elle est même le fil rouge du single « Crawling ». Les haut-parleurs crachent leurs décibels. Ils vous transpercent le corps avec un bonheur certain. Quoique forgée dans le métal, l’expression sonore demeure cependant mélodieuse. Une belle découverte !

Metz ne nous vient pas de Lorraine, mais du Canada. De Toronto, très exactement. Le line up implique le guitariste Alex Edkins, le batteur Hayden Menzies et le bassiste Chris Slorach. Le combo est hébergé chez Sub Pop. Pour rappel, c’est le premier label de Nirvana. Le trio compte deux albums à son actif : « I » et « II ». Ce dernier est paru en mai 2015. Ces deux elpees ne comptent qu’une trentaine de minutes. Et les sets ‘live’ dépassent rarement les trois-quarts d’heure.

Metz pratique un punk/rock burné, malsain, furieux, animal, tourmenté, instinctif dont les sonorités évoluent à la limite de la saturation. Et pourtant, même si des bouchons sont indispensables pour vous protéger les tympans, le volume ne dépassera jamais les 95db. Mais la musique libère une telle intensité, suscite une telle excitation, qu’on ne peut que vibrer. Et puis, l’ingé son semble maîtriser parfaitement son sujet, ne laissant jamais le concert sombrer dans la cacophonie, privilégiant un confort d'écoute idéal.

Le set s’ouvre par « Headache », l'intro du premier album. Hystérique, le chanteur/guitariste est déjà en nage dès le premier morceau. Sa voix est âpre et gutturale. Le drummer défonce frénétiquement les peaux de ses fûts, à la manière d'un Dave Grohl ; la basse de Chris (NDR : on dirait qu’il est monté sur ressorts) vrombit comme celle de Krist Novoselic. On se croirait revenu au début des 90’s. Le spectre de Nirvana plane même parfois. L’ampli ‘Orange’ d’Alex crache des riffs de gratte poisseux, dévastateurs. Les titres –de véritables brûlots– dépassent rarement les 3 minutes. Il n’y a aucun temps mort entre les morceaux. Bruts de décoffrage, bruitistes, il sont également susceptibles de tremper dans le garage ou la noise.

« Eraser » communique une véritable décharge de punk viscéral. « Acetate » nettoie vos neurones, à l’aide d’acide sulfurique. Brutal, spasmodique, mais minimaliste, « I.O.U » lorgne davantage vers Steve Albini. « Wasted » vous retourne les tripes. Et les cordes, tant de la basse que de la guitare sont volontairement désaccordées pour achever le concert (NDR : le spectateur ?) Ce « We blanket » ponctue ainsi ce carnage jouissif… Car si cette musique te vide la cervelle, elle te donne la banane. Pas de rappel. Littéralement sur le cul, la foule accuse le coup et semble médusée. Après 45’, la Metz était dite !  

Les Sex Pistols, Clash et consorts on baigné ma tendre jeunesse. Ma seconde jeunesse, je l’ai vécue à l’écoute de Pearl Jam, Nirvana, Alice In Chains et d’autres combos qui émargeaient au mouvement grunge. Lorsque trois ans plus tôt, j’ai découvert Metz, j’ai eu l’impression d’être à l’aube d’une troisième jeunesse. C’est d’ailleurs la cinquième fois que votre serviteur assiste à un de leurs shows. Et puis, il faut croire que le Canada sera la nouvelle terre promise des amoureux du larsen jubilatoire. Après le spectacle, deux chtis me confessaient avoir les tympans en compote, mais avoir passé un très bon moment. Ben, faut savoir que pour les rapports sexuels, il est indispensable de se protéger. Mais qu’il existe aussi des protections pour les tympans… Qu’on se le dise !

(Organisation : Aéronef)

!!!

L’Aéronef transformé en piste de danse…

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Inhabituel, le premier concert, ce soir, débute à 18h00 précises. Enfin, c’est un horaire courant, le dimanche, à l’Aéronef. La salle est en mode Club. C’est-à-dire qu’elle est divisée en deux parties et que le premier étage n’est pas accessible. Plus ou moins 300 spectateurs se sont déplacés pour assister au spectacle. Au programme !!!. Dites ‘Chk, Chk, Chk’. Fondé en 1995, le combo est responsable d’une musique qui mêle funk, disco, dance et électro. En outre, ses prestations ‘live’ sont particulièrement déjantées…

La première partie est assurée par Eric Dune. Producteur renommé et dénicheur de talent, il nous propose un dj set. Il est installé tout simplement sur un petit podium, coincé entre la scène où va se produire !!! et le bar. Plutôt distant, le personnage semble surtout absorbé par les vinyles qu’il ajuste sur ses platines ou réinsère dans leurs pochettes respectives. La musique proposée pendant ses 75 minutes de prestation est particulièrement éclectique et incite le public à danser. C'est le but non ?

!!! est un quintet californien (Sacramento) drivé par le chanteur/showman Nic Offer. Depuis sa naissance, le combo a connu plusieurs changements de line up ; et notamment en 2009, suite au décès accidentel de son batteur, Jerry Fuchs.

Le show commence par un nouveau titre, « Sick Ass Moon ». La chevelure bouclée, Nic est vêtu d’un short de couleur bleue. Et sur les planches, il est déjà intenable. Véritable contorsionniste, il exécute des mouvements incroyables, à l’aide de ses bras, comparables à des ciseaux. L’estrade a beau être étroite, il la parcourt de long en large, comme un joggeur. Ses déhanchements bien cadencés incitent à la danse. Il se dandine tellement que parfois, on a parfois l’impression qu’il est rivé derrière un 'go go dancer'. Et focalise tous les regards. Il invite la foule à danser, et plonge régulièrement dans la fosse. Singulière, sa voix est légèrement androgyne. Et c’est rapidement le boxon au sein des premiers rangs. Car la musique est festive et jouissive. Certains la taxent d’afrobeat/disco ; d’autres de punk/funk. Qu’importe ! L’essentiel est l’ambiance qui règne dans la salle. Et elle est endiablée ! Parmi les influences majeures du combo, je parierai sur Blondie, Tom Tom Club, LCD Soundsystem, Nile Rodgers, Mickael Jackson et Mick Jagger. Il doit y en avoir d’autres, mais je vous laisse le soin de les détecter…

La set list recèle quelques nouveaux titres, au cours desquels la voix est vocodée. Dont le single « Freedom '15 », qui va littéralement mettre le feu. Après « One Boy One Girl », « Slyd » clôt le show.  

Lors du rappel !!! s’attaque à « Kik Free ». Un brûlot qui va transformer l’Aéronef en piste de danse. Dans l’auditoire, votre serviteur a remarqué la présence de jeunes têtes blondes ; et ils ont l’air de bien s’éclater. En famille, la musique c'est tellement mieux…

(Organisation : Aéronef)

High Tone

Le VK hausse le ton!

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C'est en compagnie de High Tone, groupe de référence dans l’univers de la vague electro-dub française que Bruxelles avait rendez-vous ce samedi. Une vague née au début des années 2000, alors que la scène dub était alors principalement sous hégémonie anglaise ; mais c'était sans compter sur la créativité, l'ouverture et le métissage sonore de formations d'outre-Quiévrain telles que Brain Damage, les excellents Kaly Live Dub et bien évidemment High Tone…

Votre serviteur a débarqué pendant le set de Wonky Clock ; il n’a donc pu assister à celui de  Nö-Mad, qui assurait la toute première partie.

Wonky Clock est un duo qui réunit un ‘machiniste / scratcheur’ (virtuel?) et une charmante flûtiste. Ils ont revêtus leurs habits de soirée (NDR : comprenez robe et smoking). Leur objectif demeure assez simple : coller à des morceaux de musique classique, des arrangements modernes et electro à tendance ‘dubisante’.

Si le principe est assez ludique et inattendu, le résultat n'en est pas pour autant passionnant et laisse un peu dubitatif. En effet l'exercice de style auquel ils se livrent conviendrait probablement à merveille aux animations des Jeunesses Musicales afin de faire découvrir, de manière originale, les oeuvres de Schubert, Tchaïkovski et leurs pairs aux jeunes oreilles. Mais de là à animer le dancefloor de clubs enfumés... Pourtant quelques dizaines de spectateurs semblent apprécier et se lassent moins vite que le reste de l’auditoire. Perso, je ne suis pas mécontent quand la paire annonce son dernier morceau.

Les Lyonnais commencent ensuite à s'installer. On remarque la présence d’une batterie, basse et guitare, mais également de nombreuses machines. Mais pas d'ordi visible pour ce véritable groupe de dub live. Pour ceux qui préfèrent les triturations de boutons propices aux gestes amplement exagérés, les mains en l'air, faudra repasser!

On comprend assez vite qu'ils sont attendus. Et pour cause, certains fans commencent déjà à se positionner dans la salle ; et finalement je décide d'en faire autant, histoire d'en profiter à fond. Mais après 2 ou 3 morceaux cette tactique s'avère assez peu efficace, le gros des troupes rappliquant dare-dare pour se masser dans la chaleur qui commence à monter (aussi bien au sens propre que figuré). Rapidement, l'ambiance devient tropicale et les corps se serrent, je choisis alors de battre en retraite, histoire de bénéficier de davantage de liberté de mouvement et d'un peu d'oxygène.

Le groupe tient son public et ne le lâche plus, revisitant son répertoire à l’aide de vieux classiques tels "The Orientalist" –qui figurait sur "Bass Temperature"– ou encore les imparables "Freakency" et "Driving Fast", issus de ce que je considère comme son meilleur LP, "Underground Wobble". Dire que les basses sont rondes et puissantes serait un euphémisme. Le son est très bon sans être assourdissant (NDR : petit détail amusant pour ceux qui aiment les chiffres, un ordi communiquait le niveau de db à la régie ; et ce soir il s’élevait à 102.9 de moyenne).

Et dans ces conditions tout invite à la transe. L'ambiance monte d'ailleurs encore d'un cran quand High Tone entame l'hymne "Rub A Dub Anthem" reboosté dans une version du plus bel effet! Le "Dirty Urban Beat" fait mouche lui aussi grâce à sa rythmique lourde aux accents post-industriels. Ce qui me dérange un peu, c'est quand cet aspect musical est exagérément mis en avant au détriment de celui envoûtant, que j’apprécie davantage. On a alors l'impression d'être au milieu d'une free party dans un hangar désaffecté plutôt qu'à une soirée electro-dub ; ce qui plaît bien sûr à la frange la plus jeune du public mais laisse les vrais dub addicts un peu perplexes.

Hormis ce détail, ce très bon live s’est conclu par 1 ou 2 morceaux en rappel sous les applaudissements d'une foule ravie, mais qui en aurait souhaité encore un peu plus.

(Organisation : Hold Dub Party & VK concerts)

 

 

 

Ghinzu

En espérant pouvoir danser jusqu’au bout de la nuit…

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Le Festival des Libertés accueillait l’un des groupes contemporains les plus en vue, tant en Belgique qu’à l’étranger. Après cinq années d'absence, Ghinzu est remonté sur les planches, à Bruxelles, pour accorder un concert décapant et électrisant. Les murs du Théâtre National ont tremblé durant une heure et demie. Les fans inconditionnels du combo ont attendu impatiemment le retour des gladiateurs du rock alternatif ; et le résultat est à la hauteur de leurs espérances. Les héros de cette odyssée nocturne et éphémère sont acclamés comme il se doit. Retour sur une soirée décoiffante !

Le set s’ouvre par une bande sonore digne des génériques des salles obscures. Dantesque, le « Once upon a time in the West » d’Ennio Morricone retentit dans l’enceinte de ce théâtre classieux. Les cinq protagonistes s’avancent tels des conquistadors à la recherche de nouveaux territoires. Ce soir, c’est une scène qu’ils avaient déjà conquise la veille. Mais, dans la lumière des projecteurs et pour leur dernière représentation dans la cité qui les a vus naître, le band espère faire mieux. Beaucoup mieux. Autant dire que la température va monter crescendo.

Le chanteur, John Stargasm (NDR : Descamps de son vrai nom), s’installe au clavier et dispense quelques accords parfaits, suivi par ceux d’un autre claviériste, Jean Waterlot, alias Jean Montevideo. L’un des morceaux du nouvel opus ne convainc pas. L’utilisation du falsetto ou voix de tête dans ce fragment musical, appelé « Face », peine à s’harmoniser avec les autres instruments, même si l’artiste reprend son timbre plus grave à la fin de la chanson.

Tandis que le public s’impatiente, la troupe entame son irrésistible ascension. Les jambes, tant des musiciens que du public, se délient. La température monte d’un cran. Les fans de la première heure se frayent un chemin pour être au plus près de leurs idoles. Les fauves sont lâchés, au grand dam des petits gabarits. Les ‘slammeurs’ osent la planche. Ils sont portés par un auditoire qui a compris que le spectacle a véritablement débuté. Le guitariste, Greg Remy, a enlevé le haut et on y contemple ses muscles saillants, typiques des sportifs de l’escalade. Le chanteur est debout sur son clavier. Il bascule dangereusement son pied de micro. Après plusieurs titres, une des cordes de la guitare de Jean Montevideo lâche. Il demande l’intervention d’un technicien. La chaleur grimpe encore.

La force du groupe est de varier les plaisirs auditifs mais aussi physiques. Le corps, en transe, a aussi besoin d’un temps de repos. C’est ainsi que les compos se suivent mais ne se ressemblent pas. Après des extraits issus de leurs anciens elpees, tels que « Mirror Mirror », « Dream maker » ou « 21st Century Crooners », l’artiste de quarante-deux balais (NDR : il a fêté son anniversaire ce 1er octobre), propose de nouveaux titres, plus calmes, mais aussi parfois davantage ‘noisy’, comme le doucereux « Forever » ou un « Out of Control », manifestement inspiré par les Beatles…

Le public a bien compris. Il n’est pas venu pour écouter la totalité du nouvel LP. En fait, il n’est pas encore prêt. Néanmoins, la troupe est parvenue à redonner goût à des compositions que l’auditoire a aimées, comme « Take it easy », « Do you read me » ou le très mystérieux et détonant « Blow ».

Le bonheur est présent et se lit sur les visages des mélomanes/danseurs. A tel point que la foule les rappelle à deux reprises. Mission accomplie pour Ghinzu. De nouveaux horizons sonores s’ouvrent pour le groupe. Qui cultive le secret comme il est parvenu à si bien le garder jusqu’à présent. Mais espérons qu’il ne tardera pas trop jusqu’au prochain long playing ; car les aficionados aimeraient continuer à danser jusqu’au bout de la nuit…

(Organisation : Festival des Libertés)

Imagine Dragons

Jouer du tambour pour décrocher la timbale…

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On ne peut pas dire que votre serviteur ait pris son pied, la dernière fois qu’il s’est rendu à Forest National. C’était la semaine dernière pour le concert de Fall Out Boy, gâché par un volume sonore trop puissant. Ce soir, la salle est presque sold out. Il doit rester une centaine de places de libres, dans les gradins. Belle ascension pour Imagine Dragon, qui en 3 ans est passé du Witloof Bar à la Rotonde (NDR : vu l’engouement) ; puis s’est offert l’AB et le Cirque Royal, avant d’investir Forest National…

Le supporting act est assuré par Sunset Soons, un quatuor réunissant un guitariste, un bassiste, un drummer et un claviériste/chanteur. Quoique établis à Hossegor, en France, les musicos sont issus de pays différents (NDR : Royaume-Uni et Australie). Le combo s’est formé en 2010. Il jouit d’une solide réputation en ‘live’. D’ailleurs le Times lui a attribué un quatre étoiles, lors de sa prestation accordée au ‘Hoxton Bar and Kitchen’ de Londres. Et il figure également dans la prestigieuse shortlist du ‘BBC Sound of 2015’. Son nouvel elpee, « The Fall Line », est paru en mars 2015. Imagine Dragon a choisi ce groupe pour assurer le supporting act de sa tournée européenne et insulaire.

Sur les planches, le combo remue plutôt bien. Appréciable ! La voix du chanteur est limpide. L’instrumentation recherchée et efficace. Les refrains sont accrocheurs. Parfois, son indie rock me fait penser à U2. Mais le son est pitoyable. En outre, en observant les vumètres, je constate qu’il atteint parfois 110 db. Est-ce vraiment nécessaire ?

Imagine Dragons a vu le jour en 2008, à Las Vegas ; et a été bombardé ‘Winner Of The Week’ par le magazine Rolling Stone, lors de la sortie de son premier elpee, « Night Visions », disque qui a longtemps trôné au faite du hit-parade américain sur ITunes. Aux States, le band s’est forgé son expérience en assurant notamment les premières parties de Garbage, Hot Chip, Weezer, Interpol et The Killers. Et il a été battu de justesse par Coldplay, dans la catégorie ‘Best Rock Video’, aux MTV Music Awards 2012. Son deuxième opus a encore bénéficié, comme le précédent, de l’excellente mise en forme du producteur et compositeur Alex Da Kid (Eminem, Dr. Dre, Rihanna et Nicki Minaj).

Responsable d’un pop rock indie chargé de groove, mais aussi contaminé par le dubstep et le hip-hop, ce quatuor implique le chanteur charismatique Dan Reynolds, le guitariste (NDR : un chevelu !) D. Wayne Sermon, le drummer  Daniel ‘Z’ Platzman et le bassiste Ben McKee. Pour la tournée, le line up a recruté un multi-instrumentiste, préposé aux claviers, à la gratte et aux chœurs.

Huit écrans réfléchissants sont installés tout en longueur, en arrière-scène. Une avancée a été aménagée au centre du podium, afin de permettre au leader de se rendre, le plus près possible, de son auditoire. Devant les drums, on remarque la présence d’un énorme tambour. Des lumières blanches entourées de couleur bleue illuminent la scène pour accueillir le quintet. Et ce light show à l’américaine va nous en mettre plein les mirettes.

Puissant, « Shots » (NDR : c’est un extrait du nouvel opus) ouvre les hostilités. Les premiers rangs sont essentiellement occupés par de très jeunes filles. La compo s’achève sous un tonnerre d’applaudissements.

Les ivoires envahissent « Trouble », une chanson empreinte de douceur. Dan R. salue le public et crie 'Brussels' en levant les bras. C’est la folie dans la salle. Dan Wayne a changé de gratte, et dispense ses premiers riffs à l’aide d’une semi-acoutique. Et ils sont incisifs ! Plus sauvages, les accords de piano balisent cependant l’ensemble. Dans les gradins, les spectateurs sont debout. La reprise du « Forever Young » d'Alphaville est chantée presque a capella. Magique ! Dan Wayne a empoigné sa mandoline pour attaquer « It's Time ». La pression monte. La foule reprend le refrain en chœur et entre en communion avec le band. Le maître de la six cordes passe sa sèche au-dessus de l’électrique ; ce qui ne l’empêche pas de déambuler sur les planches.

Le batteur tire son épingle du jeu tout au long de « Polaroïd », une compo soulignée par des sonorités de clochettes, qui suscite le délire dans la foule, alors que les ‘Ho-Ho’ fusent aux quatre coins de la fosse. Qu’une multitude de smartphones illumine (NDR : le temps des briquets semble révolu !) 

Dan nous parle brièvement des réfugiés. Il semble quand même préoccupé par leur destin.

Au cours du set, le combo va nous proposer deux pots-pourris épinglant quelques-uns de ses tubes. D’abord, « Bleeding Out / Warriors / Demons ». Puis « Amsterdam / Tiptoe / Nothing Left to Say / Smoke and Mirrors », qui met alors en exergue la superbe voix de Dan. 

Pour « Gold », l’imposant tambour a été déplacé à la droite de Dan. Et des tom basses sont installés, près de chaque musicien. Mais pas du drummer. De quoi permettre à la compo de se frotter au dubstep et à la drum’n’bass. Daniel ‘Z’ Platzman nous réserve un solo de batterie hypervitaminé. Et en apothéose, « Radioactive » achève le concert ; un hit qui a fait connaître le groupe. Un morceau au cours duquel le tambour et les toms basse constituent de nouveau la source principale du groove…

« The Fall » sert de bref mais intense rappel. Une chanson contagieuse qui trotte encore dans ma tête au moment d’écrire ces quelques lignes. Ce soir Imagine Dragons a joué du tambour, mais surtout décroché la timbale…

(Organisation : Live Nation)

 

Voir aussi notre section photos ici

 

 

 

 

Girls Names

Du post punk fascinant et addictif…

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Le Witloof Bar est une salle superbe. Située au sous-sol du Botanique, la cave à chicons a été réaménagée afin d’offrir au public une expérience intéressante. Le style de musique doit bien sûr correspondre à l’ambiance des lieux. Et c’était le cas ce jeudi.

Il est en effet difficile de trouver meilleur décor pour savourer le post-punk fascinant de Girls Names. Pas de première partie ce soir ; nous sommes directement plongés dans le vif du sujet ! Le groupe de Belfast monte sur les planches, sans doute un peu déçu de la faible affluence (plus ou moins 75 personnes) ; mais ne se laisse pas décourager pour autant, et révèle en ‘live’ de nombreux morceaux issus de son dernier album, sorti quelques jours auparavant : « Arms Around a Vision ». La recette de Girls Names est simple mais diablement efficace. Un son lourd, parfois presque malsain, renforcé par la basse de Claire Miskimmin et le chant de Cathal Cully. Le Witloof Bar rajoute clairement un charme à la prestation du quatuor qui n’est pas venu faire de la figuration. Près d’1h15 de concert, ce n’est pas mal du tout ! Il faut dire que le groupe a déjà publié trois albums et a donc de quoi allonger ses représentations.

S’il est vrai que la tonalité des morceaux est assez linéaire, certains se démarquent quand même assez rapidement. Caractérisé par son refrain puissant, « Chrome Rose » décoiffe littéralement l’assistance alors que le rythme effréné de « A Hunger Artist » l’incite à se remuer. Le public que n’y trompe pas et votre serviteur remarque ne pas être le seul à prendre son pied. Et le meilleur est encore à venir. La formation nord irlandaise clôture son show par « I Was You », petite merveille de construction crescendo décrite par le chanteur comme la meilleure chanson jamais composée par « Girls Names ». Une claque !

Pas question d’en rester là pour l’auditoire qui réclame un rappel. Et il sera bien accordé. Terminer par « The New Life » est un coup de génie, car la chanson est l’archétype du titre addictif. Long de près de neuf minutes sur disque, il a été tiré en longueur en ‘live’, pour notre plus grand bonheur. Les trois petites notes au synthé sont très simples mais restent en tête longtemps. Pas seulement pour la soirée d’ailleurs, car je me suis surpris à encore fredonner l’air, deux jours plus tard.

Girls Names a offert au public belge une performance remarquable. Outre sa qualité scénique, le groupe s’est attardé de longues minutes dans la salle après le set afin de discuter avec ses fans. Une attitude très classe qui a définitivement convaincu les rares sceptiques !

(Organisation Botanique)

Archive

Le spectre du Floyd continue à planer…

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Archive se produisait à l’Aéronef ce lundi 19 octobre. Fondé en 1994, il compte donc aujourd'hui, plus de deux décennies d'existence. Un collectif à géométrie variable drivé par Darius Keeler et Danny Griffiths. Son style musical n'est pas facile à définir, puisqu'il emprunte aussi bien au rock, à l'electro, au trip hop, au psyché et à la prog. Un cocktail qui finalement s'avère très personnel.

Pas de supporting act. BRNS était prévu en première partie du band londonien –il a d’ailleurs été invité à assurer ce rôle pour la tournée française– mais son camion est tombé en panne, près de Troyes. En lieu en place, on aura droit à la projection du film « Axiom », sur un écran placé en bord de scène. Un court métrage tourné en noir et blanc, d’une trentaine de minutes. Il a également servi de bande-son à un album paru en 2014 qui porte le même titre. Il raconte, au fil des différents chapitres, l'histoire d'une île (Axiom), dont la ville souterraine est régie par une cloche qui en sonnant décide du destin de ses habitants. De superbes arrangements de cordes enrichissent cette musique particulièrement paisible. La bande-son a été enregistrée en moins de 10 jours par le band, et constitue, un témoignage de ses références majeures, dont celles puisées chez le Floyd, époque « The Wall ».

Darius et Danny se chargent des claviers. Ils occupent chaque extrémité du podium et se font face. Ce dernier se consacre également aux samplers et à la basse. Le line up implique 3 vocalistes. Holly Martin apporte la touche féminine. Et Dave Penny (machines, percus et guitare) ainsi que le chevelu Pollard Berrier, nous réservent la masculine. Ces deux musicos et Mike Bird sont également préposés aux grattes. Steve Barnard, alias Smiley, siège derrière les fûts.

Le band est venu défendre son nouvel et onzième elpee studio, publié ce 12 janvier 2015. Archive s’était déjà produit à l’Ancienne Belgique, en février dernier, soit un mois après avoir gravé « Restriction » ; et le 24 aoît à Bruxelles, dans le cadre du BSF (voir photos ici). Ce soir, le spectacle est sold out.

Dave et Pollard constituent les deux pôles d'attraction de la formation. Ils squattent à tour de rôle, l’avant-scène. Dave empoigne le micro et en balance le pied. Caractérisé par ses riffs de cordes incisifs et ses claviers pétillants, « Feel It » (« Restriction ») ouvre le set. Le début de parcours est d’ailleurs particulièrement énergique. La setlist embraie par « Fuck U », « Dangervisit » et « Finding It So Hard  », de plus anciennes compositions. Le light show et les mouvements des musicos sont parfaitement synchronisés. Un caméraman filme le spectacle, et les images sont reproduites sur trois écrans, placés en toile de fond. Après 45 bonnes minutes, Holly Martin grimpe enfin sur l’estrade. Cette jolie blonde me fait alors penser à une fée vêtue d’une robe pailletée d’or. Et empreinte de sérénité, sa voix est propice aux ballades…

Tour à tour, Dave s'éclipse pour cogner en mesure ses toms basse et sa caisse claire, gratter sa six cordes ou triturer ses machines. Quant à Pollard, il alterne entre micro et guitare. Le band manifeste une belle cohésion ; et sa tournée est aujourd’hui parfaitement rôdée. La plupart des compos issues de « Restriction » baignent au sein d’un climat trip hop propice aux sonorités électroniques. Au fil du temps, les déhanchements de Holly deviennent de plus en plus saccadés et s’accélèrent lorsque l’expression sonore monte en crescendo. La voix de Dave se charge également et progressivement en intensité, et ce jusque saturation. Suivant un même rituel, Darius bat régulièrement la mesure de la main droite. Les cordes vocales de Pollard (il est coiffé d’un chapeau) sont cristallines, fragiles, lumineuses. Les jeux de lumières sont alors dominés par des couleurs qui oscillent du bleu au vert, en passant par le jaune et le rouge. En fin de parcours, Archive nous réserve « Distorted Angels  » et « Baptism », deux extraits essentiels d’« Axiom ». Le spectre du floyd se remet à planer…  

Et il est omniprésent tout au long du rappel ; en l’occurrence l’imparable « Lights ». Un titre de 15 bonnes minutes au cours duquel l’électronique prend pourtant le pas sur l’organique.

Birdpen, projet de Dave et Mike, se produira en concert à travers la Belgique, entre deux concerts d’Archive. Un planning, il faut le reconnaître, particulièrement chargé…

Setlist: Feel It / Fuck U / Dangervisit / Crushed / Conflict / Violently / Black and Blue / End of Our Days / Kid Corner / You Make Me Feel / Bullets / Distorted Angels / Baptism / Ladders / Numb. Rappel : Lights

(Organisation : Vérone Productions + Alias Production)

Dernière Volonté

Comme un éloge funèbre aux soldats morts au combat…

Le Beursschouwburg propose une belle double affiche dans le genre 'dark wave', en ce samedi automnal : Dernière Volonté et Luminance. Dernière Volonté, c’est le projet de Geoffroy Delacroix, dit ‘ Geoffroy D’. Créé en 1998, il était à l’origine ‘dark ambient’, très bruitiste et caractérisé par son côté martial. En octobre 2012, l’artiste français nous avait accordé une interview traitant notamment de l’évolution de sa musique (voir ici)

Il revenait à Luminance d’ouvrir les hostilités dès 22h, dans une salle déjà bien remplie. Luminance, c'est DA, un musicien multi-instrumentiste, également issu d’outre-Quiévrain. Installé dans notre capitale, il est responsable d’une musique orientée synth-pop d’excellente facture. Pensez à Depeche Mode, John Foxx ou OMD. Caractérisée par ses touches très noires, elle est hantée par un chant mystérieux et parfois mystique… Luminance est venu présenter son tout nouvel elpee : « Sans Visage » (NDR : pour le commander, c’est ), paru il y a peu sur Die Blinde Records. Seul sur l’estrade, armé de ses synthés et sa guitare, le jeune artiste a offert une prestation en tous points convaincante, alternant nouvelles compositions et titres plus anciens. Enthousiaste, le public a même réclamé et obtenu un rappel, événement assez rare pour un 'supporting act'. (Les photos sont ici)

Après une courte pause, Dernière Volonté prend possession de la scène. Sur le podium, Geoffroy est accompagné par le percussionniste Andy Julia (le chanteur de Soror Dolorosa). L’expression sonore est sombre, martiale et hypnotique. Elle prend d'assaut un public déjà conquis d'avance. On est frappé par la puissance et la pureté du son. Geoffroy est, comme d’habitude, très discret, vêtu sobrement d'une veste militaire. Mais sa stature et son élégance constituent un point de focalisation naturel.

La setlist réunit, en majorité, les morceaux les plus connus, comme par exemple le superbe « L'Eau Froide » ou « Douce Hirondelle », mais recèle également quelques chansons inédites, issues du prochain opus, dont la sortie est prévue dans les prochaines semaines, sur le label autrichien Hau Ruck. La chanson « Prie Pour Moi » (titre à confirmer) se profile d'ores et déjà comme un hit ‘dark’ en puissance ! A noter également, la fantastique version ‘live’ du classique « Mon Mercenaire », qui emporte le public dans une farandole macabre. « L'Ombre des Réverbères », tiré de « Devant Le Miroir », est partagé en deux parties, comme c'est le cas pour les meilleurs morceaux du band. Après une accalmie prodiguée en milieu de parcours, une mélodie languissante et des paroles répétitives envoûtent nos sens et enflent jusqu'à l'orgasme auditif.

Geoffroy saisit ensuite le micro et imprime à son corps un mouvement de déhanchement : c'est « Mon Meilleur Ennemi », la plage titulaire du dernier LP en date du groupe. On monte d’un cran dans la puissance et l'intensité. Andy Julia frappe furieusement sur ses fûts, et l’auditoire ondoie de plaisir... Nos yeux se ferment pour mieux ressentir toute la force libérée par cette musique, qui prend toute sa dimension sur les planches. La voix, frêle et émouvante de Geoffroy nous fait frémir ; et lorsqu’il ponctue sa prestation d'un ‘Merci, bonsoir’, on sort d'un rêve éveillé, mais bien trop court.

Votre serviteur a déjà eu l’occasion d’assister à un set de Dernière Volonté, de nombreuses fois. Notamment à Waregem, Utrecht, Leipzig... Celui-ci a été de loin le meilleur auquel j’ai pu assister, sauf peut-être celui accordé en 2012 au Magasin 4. Il était encore meilleur. En sortant d'un concert de Dernière Volonté, on est toujours un peu bouleversé, comme si on avait participé à une messe noire, une cérémonie rituelle. Comme un éloge funèbre aux soldats morts au combat. (Pour les photos c’est encore ici)

(Organisation : Beursschouwburg, MAM & Elektrocution)

Photos : Emmanuelle Golenvaux

 

Big Flo & Oli

Une belle manière de rendre des lettres de noblesse au hip-hop français…

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C’est bien entendu une salle comble qui accueille Big Flo & Oli, au Grand Mix de Tourcoing, ce vendredi 16 octobre 2015. Ce public est venu applaudir les nouveaux phénomènes et étoiles montantes du hip-hop hexagonal, adoubés par le grand Akhenaton en personne… Agés à peine de 19 et 22 ans, Florian et Olivio Ordonez sont parvenus à se faire une place au soleil grâce à une poignée de morceaux postés via YouTube qui ont rencontré un succès quasi immédiat. Ce buzz leur a permis de très vite enregistrer un premier elpee intitulé « La Cour des Grands », paru il y a maintenant quelques mois et déjà disque d’or !

Un public mixte et parfois très jeune, surchauffé, scande le nom d’un duo qui déboule sur l’estrade soutenu par un violoncelliste et un DJ. Comme d’habitude, la qualité du son au Grand Mix est à la fois optimale et puissante, permettant ainsi d’apprécier à sa juste valeur des morceaux ultra efficaces composés par la fratrie d’origine argentino-algérienne, responsable d’un flow presque parfait ! Et les frères se débrouillent également plus que correctement derrière les instruments. Flo aux claviers et Oli à la trompette ont d’ailleurs suivi une solide formation au conservatoire de Toulouse. La plupart des instrumentaux de leur opus sont d’ailleurs issus de leur plume. Cette instrumentation partiellement ‘live’ permet de varier les ambiances. Entre hip-hop et pop, l’expression sonore de Big Flo & Oli semble déjà bien rôdée et prête à affronter les plus grandes scènes… En outre, les deux lascars sont de véritables showmen et communiquent de manière incroyable avec un public tout aussi singulièrement réceptif. Entre ‘battles’, pures impros, mises en scène et autre salves solos, leur répertoire est large. Les tubes tels que « Comme d’Hab » ou « Gangsta » boostent un auditoire qui n’en demandait pas tant. Certains reprocheront au duo d’être trop gentil, mais la pertinence de leurs lyrics (« C’est pas du Rap… » ou « Le Cordon ») et leur maîtrise technique a convaincu les spectateurs les plus critiques ! Dans un esprit ‘old-school’ assumé, proche de celui de De La Soul, parfois sérieux mais sans négliger pour autant le sens de l’humour, Big Flo & Oli rendent des lettres de noblesse au hip-hop français trop souvent limité aux lamentables La Fouine et autres Sexion d’Assaut. Tant pis ou plutôt… tant mieux que leur musique puisse plaire au plus grand nombre. Les chanceux qui ont pu assister au rappel accordé lors de leur passage à Tourcoing, composé de « Nous Aussi » et « Aujourd’hui », comprendront aisément de quoi votre serviteur parle…

(Organisation : A gauche de la lune, Lille + Grand Mix, Tourcoing)

 

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