Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

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Imagine Dragons

Jouer du tambour pour décrocher la timbale…

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On ne peut pas dire que votre serviteur ait pris son pied, la dernière fois qu’il s’est rendu à Forest National. C’était la semaine dernière pour le concert de Fall Out Boy, gâché par un volume sonore trop puissant. Ce soir, la salle est presque sold out. Il doit rester une centaine de places de libres, dans les gradins. Belle ascension pour Imagine Dragon, qui en 3 ans est passé du Witloof Bar à la Rotonde (NDR : vu l’engouement) ; puis s’est offert l’AB et le Cirque Royal, avant d’investir Forest National…

Le supporting act est assuré par Sunset Soons, un quatuor réunissant un guitariste, un bassiste, un drummer et un claviériste/chanteur. Quoique établis à Hossegor, en France, les musicos sont issus de pays différents (NDR : Royaume-Uni et Australie). Le combo s’est formé en 2010. Il jouit d’une solide réputation en ‘live’. D’ailleurs le Times lui a attribué un quatre étoiles, lors de sa prestation accordée au ‘Hoxton Bar and Kitchen’ de Londres. Et il figure également dans la prestigieuse shortlist du ‘BBC Sound of 2015’. Son nouvel elpee, « The Fall Line », est paru en mars 2015. Imagine Dragon a choisi ce groupe pour assurer le supporting act de sa tournée européenne et insulaire.

Sur les planches, le combo remue plutôt bien. Appréciable ! La voix du chanteur est limpide. L’instrumentation recherchée et efficace. Les refrains sont accrocheurs. Parfois, son indie rock me fait penser à U2. Mais le son est pitoyable. En outre, en observant les vumètres, je constate qu’il atteint parfois 110 db. Est-ce vraiment nécessaire ?

Imagine Dragons a vu le jour en 2008, à Las Vegas ; et a été bombardé ‘Winner Of The Week’ par le magazine Rolling Stone, lors de la sortie de son premier elpee, « Night Visions », disque qui a longtemps trôné au faite du hit-parade américain sur ITunes. Aux States, le band s’est forgé son expérience en assurant notamment les premières parties de Garbage, Hot Chip, Weezer, Interpol et The Killers. Et il a été battu de justesse par Coldplay, dans la catégorie ‘Best Rock Video’, aux MTV Music Awards 2012. Son deuxième opus a encore bénéficié, comme le précédent, de l’excellente mise en forme du producteur et compositeur Alex Da Kid (Eminem, Dr. Dre, Rihanna et Nicki Minaj).

Responsable d’un pop rock indie chargé de groove, mais aussi contaminé par le dubstep et le hip-hop, ce quatuor implique le chanteur charismatique Dan Reynolds, le guitariste (NDR : un chevelu !) D. Wayne Sermon, le drummer  Daniel ‘Z’ Platzman et le bassiste Ben McKee. Pour la tournée, le line up a recruté un multi-instrumentiste, préposé aux claviers, à la gratte et aux chœurs.

Huit écrans réfléchissants sont installés tout en longueur, en arrière-scène. Une avancée a été aménagée au centre du podium, afin de permettre au leader de se rendre, le plus près possible, de son auditoire. Devant les drums, on remarque la présence d’un énorme tambour. Des lumières blanches entourées de couleur bleue illuminent la scène pour accueillir le quintet. Et ce light show à l’américaine va nous en mettre plein les mirettes.

Puissant, « Shots » (NDR : c’est un extrait du nouvel opus) ouvre les hostilités. Les premiers rangs sont essentiellement occupés par de très jeunes filles. La compo s’achève sous un tonnerre d’applaudissements.

Les ivoires envahissent « Trouble », une chanson empreinte de douceur. Dan R. salue le public et crie 'Brussels' en levant les bras. C’est la folie dans la salle. Dan Wayne a changé de gratte, et dispense ses premiers riffs à l’aide d’une semi-acoutique. Et ils sont incisifs ! Plus sauvages, les accords de piano balisent cependant l’ensemble. Dans les gradins, les spectateurs sont debout. La reprise du « Forever Young » d'Alphaville est chantée presque a capella. Magique ! Dan Wayne a empoigné sa mandoline pour attaquer « It's Time ». La pression monte. La foule reprend le refrain en chœur et entre en communion avec le band. Le maître de la six cordes passe sa sèche au-dessus de l’électrique ; ce qui ne l’empêche pas de déambuler sur les planches.

Le batteur tire son épingle du jeu tout au long de « Polaroïd », une compo soulignée par des sonorités de clochettes, qui suscite le délire dans la foule, alors que les ‘Ho-Ho’ fusent aux quatre coins de la fosse. Qu’une multitude de smartphones illumine (NDR : le temps des briquets semble révolu !) 

Dan nous parle brièvement des réfugiés. Il semble quand même préoccupé par leur destin.

Au cours du set, le combo va nous proposer deux pots-pourris épinglant quelques-uns de ses tubes. D’abord, « Bleeding Out / Warriors / Demons ». Puis « Amsterdam / Tiptoe / Nothing Left to Say / Smoke and Mirrors », qui met alors en exergue la superbe voix de Dan. 

Pour « Gold », l’imposant tambour a été déplacé à la droite de Dan. Et des tom basses sont installés, près de chaque musicien. Mais pas du drummer. De quoi permettre à la compo de se frotter au dubstep et à la drum’n’bass. Daniel ‘Z’ Platzman nous réserve un solo de batterie hypervitaminé. Et en apothéose, « Radioactive » achève le concert ; un hit qui a fait connaître le groupe. Un morceau au cours duquel le tambour et les toms basse constituent de nouveau la source principale du groove…

« The Fall » sert de bref mais intense rappel. Une chanson contagieuse qui trotte encore dans ma tête au moment d’écrire ces quelques lignes. Ce soir Imagine Dragons a joué du tambour, mais surtout décroché la timbale…

(Organisation : Live Nation)

 

Voir aussi notre section photos ici

 

 

 

 

Girls Names

Du post punk fascinant et addictif…

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Le Witloof Bar est une salle superbe. Située au sous-sol du Botanique, la cave à chicons a été réaménagée afin d’offrir au public une expérience intéressante. Le style de musique doit bien sûr correspondre à l’ambiance des lieux. Et c’était le cas ce jeudi.

Il est en effet difficile de trouver meilleur décor pour savourer le post-punk fascinant de Girls Names. Pas de première partie ce soir ; nous sommes directement plongés dans le vif du sujet ! Le groupe de Belfast monte sur les planches, sans doute un peu déçu de la faible affluence (plus ou moins 75 personnes) ; mais ne se laisse pas décourager pour autant, et révèle en ‘live’ de nombreux morceaux issus de son dernier album, sorti quelques jours auparavant : « Arms Around a Vision ». La recette de Girls Names est simple mais diablement efficace. Un son lourd, parfois presque malsain, renforcé par la basse de Claire Miskimmin et le chant de Cathal Cully. Le Witloof Bar rajoute clairement un charme à la prestation du quatuor qui n’est pas venu faire de la figuration. Près d’1h15 de concert, ce n’est pas mal du tout ! Il faut dire que le groupe a déjà publié trois albums et a donc de quoi allonger ses représentations.

S’il est vrai que la tonalité des morceaux est assez linéaire, certains se démarquent quand même assez rapidement. Caractérisé par son refrain puissant, « Chrome Rose » décoiffe littéralement l’assistance alors que le rythme effréné de « A Hunger Artist » l’incite à se remuer. Le public que n’y trompe pas et votre serviteur remarque ne pas être le seul à prendre son pied. Et le meilleur est encore à venir. La formation nord irlandaise clôture son show par « I Was You », petite merveille de construction crescendo décrite par le chanteur comme la meilleure chanson jamais composée par « Girls Names ». Une claque !

Pas question d’en rester là pour l’auditoire qui réclame un rappel. Et il sera bien accordé. Terminer par « The New Life » est un coup de génie, car la chanson est l’archétype du titre addictif. Long de près de neuf minutes sur disque, il a été tiré en longueur en ‘live’, pour notre plus grand bonheur. Les trois petites notes au synthé sont très simples mais restent en tête longtemps. Pas seulement pour la soirée d’ailleurs, car je me suis surpris à encore fredonner l’air, deux jours plus tard.

Girls Names a offert au public belge une performance remarquable. Outre sa qualité scénique, le groupe s’est attardé de longues minutes dans la salle après le set afin de discuter avec ses fans. Une attitude très classe qui a définitivement convaincu les rares sceptiques !

(Organisation Botanique)

Archive

Le spectre du Floyd continue à planer…

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Archive se produisait à l’Aéronef ce lundi 19 octobre. Fondé en 1994, il compte donc aujourd'hui, plus de deux décennies d'existence. Un collectif à géométrie variable drivé par Darius Keeler et Danny Griffiths. Son style musical n'est pas facile à définir, puisqu'il emprunte aussi bien au rock, à l'electro, au trip hop, au psyché et à la prog. Un cocktail qui finalement s'avère très personnel.

Pas de supporting act. BRNS était prévu en première partie du band londonien –il a d’ailleurs été invité à assurer ce rôle pour la tournée française– mais son camion est tombé en panne, près de Troyes. En lieu en place, on aura droit à la projection du film « Axiom », sur un écran placé en bord de scène. Un court métrage tourné en noir et blanc, d’une trentaine de minutes. Il a également servi de bande-son à un album paru en 2014 qui porte le même titre. Il raconte, au fil des différents chapitres, l'histoire d'une île (Axiom), dont la ville souterraine est régie par une cloche qui en sonnant décide du destin de ses habitants. De superbes arrangements de cordes enrichissent cette musique particulièrement paisible. La bande-son a été enregistrée en moins de 10 jours par le band, et constitue, un témoignage de ses références majeures, dont celles puisées chez le Floyd, époque « The Wall ».

Darius et Danny se chargent des claviers. Ils occupent chaque extrémité du podium et se font face. Ce dernier se consacre également aux samplers et à la basse. Le line up implique 3 vocalistes. Holly Martin apporte la touche féminine. Et Dave Penny (machines, percus et guitare) ainsi que le chevelu Pollard Berrier, nous réservent la masculine. Ces deux musicos et Mike Bird sont également préposés aux grattes. Steve Barnard, alias Smiley, siège derrière les fûts.

Le band est venu défendre son nouvel et onzième elpee studio, publié ce 12 janvier 2015. Archive s’était déjà produit à l’Ancienne Belgique, en février dernier, soit un mois après avoir gravé « Restriction » ; et le 24 aoît à Bruxelles, dans le cadre du BSF (voir photos ici). Ce soir, le spectacle est sold out.

Dave et Pollard constituent les deux pôles d'attraction de la formation. Ils squattent à tour de rôle, l’avant-scène. Dave empoigne le micro et en balance le pied. Caractérisé par ses riffs de cordes incisifs et ses claviers pétillants, « Feel It » (« Restriction ») ouvre le set. Le début de parcours est d’ailleurs particulièrement énergique. La setlist embraie par « Fuck U », « Dangervisit » et « Finding It So Hard  », de plus anciennes compositions. Le light show et les mouvements des musicos sont parfaitement synchronisés. Un caméraman filme le spectacle, et les images sont reproduites sur trois écrans, placés en toile de fond. Après 45 bonnes minutes, Holly Martin grimpe enfin sur l’estrade. Cette jolie blonde me fait alors penser à une fée vêtue d’une robe pailletée d’or. Et empreinte de sérénité, sa voix est propice aux ballades…

Tour à tour, Dave s'éclipse pour cogner en mesure ses toms basse et sa caisse claire, gratter sa six cordes ou triturer ses machines. Quant à Pollard, il alterne entre micro et guitare. Le band manifeste une belle cohésion ; et sa tournée est aujourd’hui parfaitement rôdée. La plupart des compos issues de « Restriction » baignent au sein d’un climat trip hop propice aux sonorités électroniques. Au fil du temps, les déhanchements de Holly deviennent de plus en plus saccadés et s’accélèrent lorsque l’expression sonore monte en crescendo. La voix de Dave se charge également et progressivement en intensité, et ce jusque saturation. Suivant un même rituel, Darius bat régulièrement la mesure de la main droite. Les cordes vocales de Pollard (il est coiffé d’un chapeau) sont cristallines, fragiles, lumineuses. Les jeux de lumières sont alors dominés par des couleurs qui oscillent du bleu au vert, en passant par le jaune et le rouge. En fin de parcours, Archive nous réserve « Distorted Angels  » et « Baptism », deux extraits essentiels d’« Axiom ». Le spectre du floyd se remet à planer…  

Et il est omniprésent tout au long du rappel ; en l’occurrence l’imparable « Lights ». Un titre de 15 bonnes minutes au cours duquel l’électronique prend pourtant le pas sur l’organique.

Birdpen, projet de Dave et Mike, se produira en concert à travers la Belgique, entre deux concerts d’Archive. Un planning, il faut le reconnaître, particulièrement chargé…

Setlist: Feel It / Fuck U / Dangervisit / Crushed / Conflict / Violently / Black and Blue / End of Our Days / Kid Corner / You Make Me Feel / Bullets / Distorted Angels / Baptism / Ladders / Numb. Rappel : Lights

(Organisation : Vérone Productions + Alias Production)

Dernière Volonté

Comme un éloge funèbre aux soldats morts au combat…

Le Beursschouwburg propose une belle double affiche dans le genre 'dark wave', en ce samedi automnal : Dernière Volonté et Luminance. Dernière Volonté, c’est le projet de Geoffroy Delacroix, dit ‘ Geoffroy D’. Créé en 1998, il était à l’origine ‘dark ambient’, très bruitiste et caractérisé par son côté martial. En octobre 2012, l’artiste français nous avait accordé une interview traitant notamment de l’évolution de sa musique (voir ici)

Il revenait à Luminance d’ouvrir les hostilités dès 22h, dans une salle déjà bien remplie. Luminance, c'est DA, un musicien multi-instrumentiste, également issu d’outre-Quiévrain. Installé dans notre capitale, il est responsable d’une musique orientée synth-pop d’excellente facture. Pensez à Depeche Mode, John Foxx ou OMD. Caractérisée par ses touches très noires, elle est hantée par un chant mystérieux et parfois mystique… Luminance est venu présenter son tout nouvel elpee : « Sans Visage » (NDR : pour le commander, c’est ), paru il y a peu sur Die Blinde Records. Seul sur l’estrade, armé de ses synthés et sa guitare, le jeune artiste a offert une prestation en tous points convaincante, alternant nouvelles compositions et titres plus anciens. Enthousiaste, le public a même réclamé et obtenu un rappel, événement assez rare pour un 'supporting act'. (Les photos sont ici)

Après une courte pause, Dernière Volonté prend possession de la scène. Sur le podium, Geoffroy est accompagné par le percussionniste Andy Julia (le chanteur de Soror Dolorosa). L’expression sonore est sombre, martiale et hypnotique. Elle prend d'assaut un public déjà conquis d'avance. On est frappé par la puissance et la pureté du son. Geoffroy est, comme d’habitude, très discret, vêtu sobrement d'une veste militaire. Mais sa stature et son élégance constituent un point de focalisation naturel.

La setlist réunit, en majorité, les morceaux les plus connus, comme par exemple le superbe « L'Eau Froide » ou « Douce Hirondelle », mais recèle également quelques chansons inédites, issues du prochain opus, dont la sortie est prévue dans les prochaines semaines, sur le label autrichien Hau Ruck. La chanson « Prie Pour Moi » (titre à confirmer) se profile d'ores et déjà comme un hit ‘dark’ en puissance ! A noter également, la fantastique version ‘live’ du classique « Mon Mercenaire », qui emporte le public dans une farandole macabre. « L'Ombre des Réverbères », tiré de « Devant Le Miroir », est partagé en deux parties, comme c'est le cas pour les meilleurs morceaux du band. Après une accalmie prodiguée en milieu de parcours, une mélodie languissante et des paroles répétitives envoûtent nos sens et enflent jusqu'à l'orgasme auditif.

Geoffroy saisit ensuite le micro et imprime à son corps un mouvement de déhanchement : c'est « Mon Meilleur Ennemi », la plage titulaire du dernier LP en date du groupe. On monte d’un cran dans la puissance et l'intensité. Andy Julia frappe furieusement sur ses fûts, et l’auditoire ondoie de plaisir... Nos yeux se ferment pour mieux ressentir toute la force libérée par cette musique, qui prend toute sa dimension sur les planches. La voix, frêle et émouvante de Geoffroy nous fait frémir ; et lorsqu’il ponctue sa prestation d'un ‘Merci, bonsoir’, on sort d'un rêve éveillé, mais bien trop court.

Votre serviteur a déjà eu l’occasion d’assister à un set de Dernière Volonté, de nombreuses fois. Notamment à Waregem, Utrecht, Leipzig... Celui-ci a été de loin le meilleur auquel j’ai pu assister, sauf peut-être celui accordé en 2012 au Magasin 4. Il était encore meilleur. En sortant d'un concert de Dernière Volonté, on est toujours un peu bouleversé, comme si on avait participé à une messe noire, une cérémonie rituelle. Comme un éloge funèbre aux soldats morts au combat. (Pour les photos c’est encore ici)

(Organisation : Beursschouwburg, MAM & Elektrocution)

Photos : Emmanuelle Golenvaux

 

Big Flo & Oli

Une belle manière de rendre des lettres de noblesse au hip-hop français…

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C’est bien entendu une salle comble qui accueille Big Flo & Oli, au Grand Mix de Tourcoing, ce vendredi 16 octobre 2015. Ce public est venu applaudir les nouveaux phénomènes et étoiles montantes du hip-hop hexagonal, adoubés par le grand Akhenaton en personne… Agés à peine de 19 et 22 ans, Florian et Olivio Ordonez sont parvenus à se faire une place au soleil grâce à une poignée de morceaux postés via YouTube qui ont rencontré un succès quasi immédiat. Ce buzz leur a permis de très vite enregistrer un premier elpee intitulé « La Cour des Grands », paru il y a maintenant quelques mois et déjà disque d’or !

Un public mixte et parfois très jeune, surchauffé, scande le nom d’un duo qui déboule sur l’estrade soutenu par un violoncelliste et un DJ. Comme d’habitude, la qualité du son au Grand Mix est à la fois optimale et puissante, permettant ainsi d’apprécier à sa juste valeur des morceaux ultra efficaces composés par la fratrie d’origine argentino-algérienne, responsable d’un flow presque parfait ! Et les frères se débrouillent également plus que correctement derrière les instruments. Flo aux claviers et Oli à la trompette ont d’ailleurs suivi une solide formation au conservatoire de Toulouse. La plupart des instrumentaux de leur opus sont d’ailleurs issus de leur plume. Cette instrumentation partiellement ‘live’ permet de varier les ambiances. Entre hip-hop et pop, l’expression sonore de Big Flo & Oli semble déjà bien rôdée et prête à affronter les plus grandes scènes… En outre, les deux lascars sont de véritables showmen et communiquent de manière incroyable avec un public tout aussi singulièrement réceptif. Entre ‘battles’, pures impros, mises en scène et autre salves solos, leur répertoire est large. Les tubes tels que « Comme d’Hab » ou « Gangsta » boostent un auditoire qui n’en demandait pas tant. Certains reprocheront au duo d’être trop gentil, mais la pertinence de leurs lyrics (« C’est pas du Rap… » ou « Le Cordon ») et leur maîtrise technique a convaincu les spectateurs les plus critiques ! Dans un esprit ‘old-school’ assumé, proche de celui de De La Soul, parfois sérieux mais sans négliger pour autant le sens de l’humour, Big Flo & Oli rendent des lettres de noblesse au hip-hop français trop souvent limité aux lamentables La Fouine et autres Sexion d’Assaut. Tant pis ou plutôt… tant mieux que leur musique puisse plaire au plus grand nombre. Les chanceux qui ont pu assister au rappel accordé lors de leur passage à Tourcoing, composé de « Nous Aussi » et « Aujourd’hui », comprendront aisément de quoi votre serviteur parle…

(Organisation : A gauche de la lune, Lille + Grand Mix, Tourcoing)

 

Opeth

Deux concerts en un…

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Il paraissait difficile de ne pas célébrer un quart de siècle d’existence pour Opeth. Et manifestement, la formation suédoise n’a pas lésé ses fans pour cet anniversaire : un peu moins de trois heures de concert, au cours duquel les figures de proue du Metal progressif ont tout d’abord interprété l’album « Ghost Reveries », avant de parcourir, dans un second temps, certains moments marquants de leur discographie.

La soirée n’avait pourtant pas commencé sous les meilleurs auspices. Arrosée par une fine pluie d’automne, la circulation au cœur de Bruxelles tourne, ce jeudi soir, au ralenti, frôlant la paralysie à certains endroits. C’est donc tant bien que mal que votre serviteur débarque à l’Ancienne Belgique, concédant un quart d’heure de retard au compteur. Rage et colère face à une situation incontrôlable, où je ne suis apparemment pas le seul à m’être empêtré dans ce magma urbain. A peine entré dans l’AB, on entend les basses vibrer au loin. Le show a déjà commencé... Je pousse les portes de la salle, me faufile et déniche finalement une place pas trop mal située, sur la droite.

Mikael Åkerfeldt, chanteur/guitariste de la formation, est planté au milieu du podium, sobrement vêtu de noir, le visage partiellement caché par sa chevelure ondulée. Il est entouré par Fredrik Åkesson et Martín Méndez, respectivement guitariste et bassiste. Les visages sont fermés, marqués par la concentration. Derrière eux, Martin Axenrot, décentré sur la gauche, jongle entre effleurements de cymbales et martèlement de ses fûts. Car il s’agit bien là d’une des facettes incroyables de ce groupe, aussi bien capable de s’exprimer à travers des passages lents, sentimentaux et atmosphériques que dans un climat propice aux rafales de blasts et riffs dévastateurs. La plume ou l’acier, la douceur ou le rouleau compresseur, oscillant constamment de l’un à l’autre, sans ambages. Joakim Svalberg parcourt de ses doigts les deux claviers, quand il n’imprime pas le tempo à l’aide de ses percus, dissimulés derrière ses synthés.

‘Nous allons maintenant commencer le troisième morceau de Ghost Reveries’, annonce Åkerfeldt. Bonheur, je n’ai pas manqué grand-chose, bien qu’il faille reconnaître que ceux d’Opeth sont toujours assez longs. ‘Oh mince, c’est quoi le troisième morceau ? J’écoute toujours en mode shuffle avec mon iPod’, se moque ironiquement le chanteur. Ce dernier est d’ailleurs le seul à véritablement entrer en contact avec la fosse, les autres membres préférant rester en retrait, comme absorbés par leur partition. Une ambiance qui par ailleurs semble avoir contaminé les spectateurs : les mines sont fermées et toute l’attention se focalise sur les musiciens. On n’est pas loin du recueillement. En dehors de quelques zélés pour qui tout rythme est propice à se déhancher dans tous les sens, les metalheads écoutent quasi religieusement les compositions envoûtantes des Scandinaves. Des candélabres sont disposés ça et là sur l’estrade, en référence à la pochette de l’elpee à succès « Ghost Reveries », paru il y a tout juste dix ans. Les titres se succèdent naturellement, soutenus par un triptyque d’écrans situés en arrière-plan, tantôt reproduisant des illustrations proches de l’artwork de l’album en question, tantôt affichant des animations dignes d’un fond d’écran Windows des années 90. Un petit bémol pour un combo qui, pourtant, a l’habitude de soigner subtilement le visuel. ‘C’est le dernier morceau de l’album. Ne vous en faites pas, on revient après le break’, annonce Åkerfeldt en fin de set, d’une voix chaude, colorée d’un très bel accent anglais.

Une petite mousse s’impose. Non pas pour avoir spécialement crié à tue-tête en compagnie du groupe, mais bien pour savourer ce moment qui, il faut le reconnaître, est assez atypique et plutôt agréable. Non seulement il n’est pas fréquent de voir et d’écouter une formation jouer un long playing dans son intégralité ; mais qu’il poursuive ensuite par un second set composé de grands moments de son existence est tout simplement jouissif.

Les lumières de l’AB s’éteignent, ne laissant allumés que les écrans en fond, affichant le logo du band, dominé par des teintes rougeâtres. Les musicos opèrent leur retour sur l’estrade. La disposition scénique est la même, candélabres en moins. C’est par « Eternal Rains Will Come », plage issue de son dernier LP, « Pale Communion », qu’Opeth débute son périple au cœur de son quart de siècle d’existence. L’ambiance monte d’un cran ; et pour cause, les titres sélectionnés sont parfois un peu plus pêchus que ceux dispensés en première partie. Ce voyage dans le temps va nous ramener en 2001, pour l’explosif « The Leper Affinity ». S’ensuivent « To Rid the Disease », « I Feel the Dark », « Voice of Treason » et « Master’s Apprentices ». Les intermèdes entre les compos sont parfois un peu particuliers, l’auditoire sollicitant certaines chansons et Åkerfeldt acceptant de jouer le jeu en interprétant la première partie de ces titres, en totale improvisation, suivi tant bien que mal par le reste de la troupe. Des moments de bonne humeur et d’échanges sincères entre le quintet et ses fans ; le frontman se fourvoyant quelquefois dans certains accords. Ou tout simplement se voit forcer de reconnaître qu’il les a tout simplement oubliés. Il confesse même : ‘Merde… je ne me souviens plus de celle-là…’ Il est même pris au dépourvu, juste avant d’attaquer le rappel, The Lotus Eater », lorsqu’il découvre une affiche déployée devant lui, le menaçant ni plus ni moins de mourir s’il n’offrait pas un guitar pick à sa fan. Tenant à sa vie, il n’a pu que s’exécuter. 

Nul doute que cette soirée a marqué les esprits de l’auditoire, autant par la qualité acoustique du concert que par le choix des titres, permettant durant ces quasi trois heures de show de rencontrer pleinement les aficionados d’hier et d’aujourd’hui. Après autant d’années de parcours et d’expériences vécues, les Suédois n’avaient plus rien à prouver. Alors que certains se seraient servis de cet anniversaire à des fins commerciales, Opeth n’est pas tombé dans le piège de l’effet d’annonce et a offert à son public une très belle soirée, démontrant au passage que le Metal mérite tout autant ses lettres de noblesse que d’autres courants musicaux unanimement reconnus.  

Setlist :

Première partie : ‘Ghost Reveries’ : Ghost of Perdition - The Baying of the Hounds  - Beneath the Mire - Atonement - Reverie/Harlequin Forest - Hours of Wealth - The Grand Conjuration - Isolation Years 

Seconde partie ‘Hits’ : Eternal Rains Will Come - Cusp of Eternity - The Leper Affinity -To Rid the Disease - I Feel the Dark - Voice of Treason - Master's Apprentices

Rappel : The Lotus Eater

(Organisation : Ancienne Belgique)

Beautiful Badness

Le futur leur appartient et le succès leur tend les bras…

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La répétition générale du set de Beautiful Badness s’était déroulée lors du ‘concert en appartement’ accordé ce 17 septembre dernier, au sein d’une jolie propriété, à Uccle. De quoi bien préparer une ‘release party’ destinée à défendre ce second Ep baptisé « Many Years ». Deux titres de ce disque ont d’ailleurs reçu le concours de Koen Gisen. Et quand on organise une ‘release party’ à la Rotonde, on met tous les atouts de son jeu. Cette salle est sans doute la plus performante en Belgique. Tout en bénéficiant d’une esthétique incomparable.

L’hémicycle est soldout et réunit les potes, la famille, des invités ainsi que les fans d’hier et d’aujourd’hui. Vu les embouteillages qui sclérosent les rues de Bruxelles, le spectacle sera retardé de 15 minutes. Pas de supporting act, le show débute à 20h30 précises.

Les musicos montent sur l’estrade, alors qu’une intro –ma foi– particulièrement emphatique est crachée par les haut-parleurs. Gabriel se consacre au chant. Olivier à la guitare (acoustique ou électrique). Ce dernier se place à l’extrême gauche, juste derrière Antoine Guenet, le claviériste/pianiste ; et à l’extrême droite, siège Gilles Servait, derrière des fûts imposants. Enfin, devant lui, Raphaële Germser est préposée à la basse (NDR : c’est la dernière qui a débarqué au sein du line up). Ses bottillons rouges se fondent avec le tapis, sous ses pieds. Le préambule terminé, le quintet attaque « Elders Choir », en polyphonie vocale corse (NDR : pensez à I Muvrini). Seuls quelques accords de gratte et notes d’ivoires soutiennent la voix de Gabriel, qui s’autorise déjà une belle démonstration, en passant du baryton profond au soprano. Et lorsqu’il la pousse dans ses derniers retranchements, on ne peut s’empêcher de penser à Boccelli, Freddie Mercury voire Matthew Iron ou Bellamy.

« I Will Hunt You Down » est parcouru d’accords de piano solennels mais incisifs. Gab les talonne au micro. Lyrique, sa voix est soutenue par des orchestrations empruntées à la musique symphonique. Et des cymbales tranchantes enrichissent l’ensemble. Un futur hit ? Alex Leroix (NDR : ingé son chez Puggy) est derrière les manettes : c’est l’assurance d’un son soigné aux petits oignons. Gabriel lève le poing et entame « It's Hard To Do It », un titre musclé au cours duquel piano et vocaux s’affrontent. Sans transition, le quintet aborde « Wasting Our Time », un morceau extrait du premier Ep, paru en 2013. Gab est armé d’une sèche pour accompagner sa voix qui prend son envol à la manière de Mercury, alors que les ivoires et les drums se conjuguent en puissance. Un sample amorce « The Line ». Gabriel est au piano. Oliver, Antoine et Raphaëlle assurent les backing vocaux. Gilles y participe plus discrètement, préférant se concentrer sur ses fûts. L’ambiance est au recueillement pour ce titre finalement visionnaire.

Pour « The Sand », Gab est à la gratte électrique et Olivier à l’acoustique. Antoine balise de son Hammond cette compo particulièrement appréciée par les aficionados. Gabriel opte pour la sèche quand il interprète « Slipping Away, une ancienne ballade qui figure sur une démo devenue aujourd’hui introuvable. Après avoir bu un coup, il l’abandonne et la formation se fend le plus rock « Run » (NDR : il figure sur leur premier Ep, éponyme), un titre qui a permis au band de se faire connaître.

« Everybody Knows » est un morceau très accrocheur. Repris en chœur par l’auditoire, il est ponctué d’applaudissement nourris. A cet instant, le contrat est rempli pour le band. C’est alors que les musicos invitent des tas d’invités sur l’estrade. Le temps de deux morceaux. En l’occurrence Cédric Van Caillie (Balimurphy), Karin Clercq, Yves Daloze ainsi que Jean-Philippe Risse (Stereo Grand), dont on attend impatiemment le prochain opus, Getch Gaetano, Voodoo Mama aka Bineta Saware (la voix féline de Dario Mars and The Guillotines), Laura Crowe et leur ex-bassiste Eric Renward. Ils vont former une chorale exceptionnelle. Yves et Jean-Philippe se réservent les sèches pour « One Step Forward ». Epaulé par Bineta, ce dernier prend le lead vocal. Gab est au piano. Epaulé par la chorale de luxe, ce dernier s’emballe sur l’instrument. Les trois guitares sont acérées.

Le concert s’achève par le brûlot radiophonique « Many Years ». Yves et Jean-Philippe déposent leurs grattes et rejoignent la chorale d'exception. Oli et Raphaële s'acharnent sur les toms basse placés devant eux.

Lors du premier rappel, Gabriel revient seul ; et au piano, entame « Goodbye ». Une ballade propice à la méditation. Ses cordes vocales exercent leur charme.

 Les musicos le rejoignent pour attaquer, « A Sunny Morning », le remarquable single qui a précédé la sortie de l'Ep. C'est un peu, la cerise sur le gâteau.

Et on n’est pas au bout de nos surprises. « Tonight » est chanté a capella, au milieu du public. Qui entoure respectueusement la troupe. Et l’interprétation du morceau est digne de The Lumineers voire de Mumford And Sons ; la nouvelle version prenant alors une autre dimension. Beautiful Badness est un groupe qui bosse énormément. Et il récolte le fruit de son travail. En outre, son potentiel est énorme. Le futur leur appartient et le succès leur tend les bras… Il ne restera plus qu’à convaincre les plus sceptiques. 

(Organisation : Le Botanique)

Fall Out Boy

Acouphènes garantis…

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Ce soir votre serviteur remplace un collègue, empêché. En espérant que le spectacle soit de bonne facture. Dehors, il pleut. Pas de bonne augure ; d’autant plus qu’à Forest National, le son est rarement au point. La salle est en mode Club. Le deuxième étage est fermé par des tentures, de manière à ramener sa capacité à 4 000 âmes. Et cet espace sera presque sold out pour la tête d’affiche. Le public est plutôt jeune. On y remarque quand même la présence de quelques quinquas et quadras. Fall Out Boy se produit à Bruxelles, dans le cadre de la tournée baptisée ‘American Beauty/American Psycho Tour’.

Le supporting act attaque son set à 19 heures. Baptisé Charley Marley, le band est londonien. Il est signé sur le label indépendant du bassiste de Fall Out Boy, Pete Wentz. A contrario de ce qu’on aurait pu penser, il ne s’agit pas d’un des nombreux descendants du grand Bob. Il pratique une musique ma foi fort conventionnelle, fruit d’un cocktail de pop, funk, hip hop et électro. Un seul titre disponible sur la toile : « Bad Things With Jamaicans ». En ‘live’, il se produit sous la forme d’un quatuor : un claviériste, un drummer, un guitariste et le chanteur. Ce dernier remue pas mal sur les planches. Et juvénile, l’auditoire est particulièrement réceptif. Il réagit d’ailleurs en conséquence. L’ambiance monte ainsi progressivement en puissance.

Le problème vient des infrabasses. Elles remontent par le siège et le sol et vous agressent les tripes. En outre, malgré les protections dans les oreilles, les tympans trinquent. Je décide alors de faire l’impasse. En espérant que le set de Fall Out Boy ne provoque pas les mêmes tourments.

Retour dans la salle de votre serviteur, lors du changement de matos. Une immense colonne formée d'écrans leds est descendue et occupe toute la largeur de la scène. Deux estrades ont été placées en avant. On remarque la présence d’une plus petite, entourée de barrières ‘nadar’, juste à l'entrée de la fosse, et sous la table de mixage. 

Fall Out Boy a publié son sixième elpee, l’excellent « American Beauty/American Psycho », en janvier 2015 ; et il est venu le défendre.

Fondé par Patrick Stump (voix, guitare), Pete Wentz (basse), Joe Troham (guitare) et Andy Hurley (batterie), il est né début 2001. Joe et Pete militaient au sein de différents groupes punk/hardcore. Dans la région de Chicago. À ses débuts, les musicos n’avaient pas encore réussi à déterminer un patronyme. Lors d'un de leurs premiers concerts, un des spectateurs leur a suggéré Fall out Boy (NDR : un personnage des Simpson, Atomic Boy en VF). Deux ans plus tard, le quatuor publie son premier opus, « Take This To Your grave ». Les amateurs de jeux vidéos se ruent sur le disque, dès sa sortie ; et pour cause, le groupe y soutient GTA, jeu constamment vilipendé par les défenseurs de la morale américaine.

Un petit film défile sur l'immense toile disposée en avant-scène. Dès qu’il est terminé, il remonte doucement vers le plafond. Les deux guitaristes et le bassiste débarquent et s’installent à l’avant-plan sur une même ligne. Barbu et le corps couvert de tatouages, le batteur s’est planté sur une estrade surélevée. Les faces avant sont constituées de téléviseurs TV LCD, où seront projetés des films, et un immense écran est placé derrière lui. Cet énorme show à l'américaine sera amplifié par un light show imposant, partagé entre lumières et lasers, histoire de nous en mettre plein la vue…  

« Sugar, We're Goin Down », issu de l’elpee « From Under The Cork Tree » (2005), ouvre le set en force. Un peu trop quand même à mon goût. A cause du batteur. La puissance libérée par ses fûts est trop bruyante. Chaque fois qu’il cogne sur ses toms basse et la grosse caisse, les retours d’infrabasses s’apparentent à des secousses sismiques. Et votre organisme en prend un coup. En outre, insupportables pour les oreilles, les accès de basse risquent de vous causer des acouphènes. Et pourtant, votre serviteur a enfoncé des protections dans ses feuilles de chou. Or, il est placé à proximité de la table de mixage, emplacement idéal pour bénéficier du son le plus parfait. En espérant alors qu’au fil du show, la situation va s’arranger. Car les instruments à cordes passent parfaitement la rampe.

Sur « Irresistible » –une nouvelle compo– les gratteurs se déchaînent. Dans la fosse, l’ambiance est hystérique. Je décide donc d’aller prendre l’air et revient dans la salle pour « Thriller » (« Infinity On High »). Pas d’amélioration. Pourtant, devant le podium, les aficionados mettent le souk ; mais ne se rendent sans doute pas du volume sonore plus que pénible à encaisser. La première partie s’achève par « This Ain't a Scene, It's an Arms Race », avant que l’écran ne redescende, pour permettre le défilement d’une vidéo. Soudain les jeux de lumières sont braqués sur la petite scène, sous la console du son. Les deux gratteurs et le bassiste sont assis l'un à côté de l'autre, en ligne, et nous proposent deux morceaux en format acoustique : « Immortals  » et « Young Volcanos ». Sans batterie, le son est impeccable. Huit minutes en tout et pour tout à savourer. Avant que le drummer ne revienne pour un solo kilométrique, sous les lasers qui se croisent et s’entrecroisent. Les trois autres musicos réapparaissent sur le podium pour attaquer « Dance, Dance ». C’est aussi le retour des infrabasses. Je préfère jeter l’éponge. Dommage, car le light show était exceptionnel. Vu le prix des places, c’est cher payé. Pourtant, sans les drums, le son était irréprochable. Soit l’ingé son est un incompétent, soit le groupe cherche à assommer son auditoire. Pas encore votre serviteur, qui a préféré prendre la poudre d’escampette…

(Organisation : Live Nation)

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Grant-Lee Phillips

En attendant la sortie d’un nouvel album…

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Soirée intimiste à la Rotonde du Botanique, ce mardi 13 octobre. Pour assurer la première partie, les organisateurs ont invité l’ex-Metal Molly, Allan Muller. Et en tête d’affiche, Grant-Lee Phillips, le leader du défunt Grant Lee Buffalo (NDR : même si en 2011, le combo s’était reformé pour accomplir une tournée). Paru en 2012, son dernier opus solo s’intitule « Walking In The Green Corn ».

L’hémicycle est clairsemé pour accueillir Allan Muller. Il est uniquement armé d’une sèche amplifiée. Ce Malinois tourne beaucoup au Nord du pays ; mais il est plus que méconnu de l’autre côté de la frontière linguistique. Pourtant, au cours des nineties, c’était le leader de Metal Molly, un power trio impliquant Pascal Deweze et Gino Geudens. Particulièrement influencé par les Pixies, il avait eu l’opportunité d’assurer le supporting act de Bowie, à Forest National, pour remplacer Morrissey, au pied levé. En 1996 ! Le combo a gravé deux elpees : « Surgery For Zebra » en 1995, et « The Golden Country », en 2000. Avant de disparaître dans la nature. Allan a ensuite formé Satellite City, dont on retrouve la trace en 2002 et 2005 ; mais le projet a ensuite passé de vie à trépas. Aujourd’hui, Muller se produit en solo. Sa voix est puissante, mais il n’interagit guère avec son auditoire. Discret mais efficace, il finit quand même par le convaincre…

C’est en 1991 que Grant-Lee Phillips fonde Grant Lee Buffalo, à Los Angeles, en compagnie du bassiste Paul Kimble et du drummer Joey Peters. Michael Stipe (R.E.M.) et Bob Mould (Hüsker Dü) avaient énormément d’estime pour cette formation. En 1999, Philipps décide de mettre fin à cette belle aventure. Il grave ensuite 6 long playings personnels : « Ladies Love Oracle » en 2000, « Mobilize » en 2001, « Virginia Creeper » en 2004, « Neineteeneighties » en 2006, « Strandelet » en 2007 et « Little Moon » en 2009. Malgré ses racines cherokee et blackfoot, il s’est depuis installé à Nashville…

La Rotonde est pleine à craquer quand Grant-Lee Phillips grimpe sur l’estrade. La formule est identique. Voix et gratte acoustique électrifiée. Différence, il s’établit immédiatement un contact chaleureux entre l’artiste et l’auditoire. Il est venu prendre son pied au sein d’une atmosphère cool. Un set qui va durer 150 minutes, rappel compris. Entre chaque compo, il dialogue avec son public et balance quelques vannes, de manière à mettre à l’aise son public.  

Pas de setlist collée sur le plancher ; costume sobre de couleur marron, chemise noire et cravate de cow-boy, le quinquagénaire (NDR : il est né en 1963 !) va interpréter ses chansons au gré de son inspiration ; et au cours de la dernière demi-heure, suivant les desideratas des spectateurs. Il ne changera pas de gratte de tout le concert. Il attaque « Nightbirds » (« Little Moon »), un morceau qui trempe dans l’americana. De sa six cordes, il arrache des sonorités tour à tour puissantes, discrètes ou allègres. Et ce dans une ambiance cosy et intimiste. Qu’entretient un light show minimal. Plus folk et sans la moindre fioriture, « The Straighten Outer » est tiré du dernier opus, « Walking In The Green Corn ». On y ressent les influences du Zim, de Springsteen et Neil Young. « See America » (« Mobilize ») ne manque pas de charme, une jolie ballade dépouillée, qu’interprète l’artiste d’une voix suave. Il s’était déjà produit dans cette même Rotonde en avril 2002 ; et il se plait à nous le rappeler. Les titres défilent, dont un nouveau : « Cry Cry ». Un opus est en préparation, c’est sûr. Il n’en oublie pas pour autant le répertoire de Grant Lee Buffalo. Et nous en réserve notamment « Truly, Truly », « Happiness », « Jupiter and Teardrop », « Mighty Joe Moon  », « Fuzzy » et « The Shining Hour ». Des compositions que l’auditoire attendait et pour lesquelles, le Californien va donner tout ce qu’il a dans le ventre. Des chansons contagieuses, dont les refrains sont susceptibles d’être sifflotés le matin, en prenant sa douche. Chaud boulette, le public propose des titres pour sa set list. Ce qu’accepte le songwriter, tout en prenant lui-même la direction des opérations. Et c’est par deux morceaux du catalogue de Grant Lee Buffalo, qu’il achève son spectacle : « Everybody Needs A Little Sanctuary » et « Mockingbirds », deux plages qui ont permis à son ancien groupe de se forger une certaine notoriété...

(Organisation : Botanique)

 

The Cat Empire

Sous l’emprise du chat…

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L’AB propose une soirée kangourou, ce dimanche 11 octobre. D’abord les frères Jack et Pat Pierce. Puis The Cat Empire, un octuor responsable d’un cocktail détonnant de jazz, hip hop, reggae, ska, soul, funk et de musique manouche. Et le spectacle consacré à ces artistes australiens est sold out !  

Jack et Pat Pierce sont issus de Brisbane. Avant de décrocher un contrat, le tandem s’est produit dans la rue. Le premier se consacre aux percus (tom basse, tambour africain, cymbales), mais aussi au didgeridoo (instrument à vent aborigène) ainsi qu’à l’harmonica. Le second se réserve la sèche. Et dispose d’une grosse caisse qu’il actionne à l’aide d’une pédale, posée devant son pied droit. 

La salle est déjà bien garnie, quand la fratrie attaque « In My Fault ». Pat excelle à la gratte acoustique. Jack le soutient aux backing vocaux et frappe ses mains sur les bords de la guitare. Il est vraiment hanté par les percus, mais nous balance déjà un aperçu de ses aptitudes à l’harmo. Au balcon, l’auditoire s’est déjà levé. Votre serviteur a remarqué la présence de Marcus Mumford dans la salle. Et paradoxalement, à cet instant, la musique des frangins me fait penser à celle de Mumford and Sons voire The Lumineers…

Jack présente le duo dans la langue de Molière. C’est la première fois qu’il se produit à Bruxelles. Pour « Overdose », Jack est au micro et aux percus. Il cogne même ses baguettes sur le bord de la gratte de son frère. Energique, ce folk semble davantage yankee (NDR : pensez au boss !) qu’antipodal. Jack pique la sèche de son frère pour aborder le plus paisible « Bund Boy Run ». Ce dernier n’a plus qu’une alternative : récupérer une six cordes électrique. A cet instant, l’expression sonore baigne au sein d’un americana classieux. Véritable bête de scène, Pat s’approche du bord de l’estrade et tape du pied, pour mettre l’ambiance. Et les premiers rangs réagissent au quart de tour… « Genevieve » adopte une même formule. Enrichie par les voix savoureuses des deux musicos, cette compo vous incite à remuer le bas des reins et le popotin.

« Golden Times » constitue le sommet du spectacle. Pat (NDR : il souffre pourtant d’une bronchite !) est à la sèche. Jack empoigne son didgeridoo et colle l'harmonica devant la bouche de son frère. Tonnerre d'applaudissements dans l’auditoire ! Jack martèle le plancher à l’aide de ses baguettes. Et avant de souffler derechef dans son didgeridoo, il replace l’harmo devant les lèvres de Pat. Les frangins abordent alors « Flying Home ». Visionnaire, ce morceau de country nous invite à traverser les grandes plaines de l’Ouest...

Un set particulièrement convainquant pour The Pierce Brothers qui, dans un futur proche, devrait logiquement postuler la tête d’affiche…

The Cat Empire est originaire de Melbourne. Né en 1999, il compte plus d’une dizaine d’albums à son actif. Son premier est paru en 2003. Depuis, le combo s’est forgé une solide réputation sur les planches. Le line up actuel réunit le claviériste Ollie McGill, le bassiste/contrebassiste Ryan Monro, le drummer Will Hull-Brown, le percussionniste Felix Riebl et le trompettiste (NDR : un barbu !) Harry James Angus. Ces deux derniers se réservent également les vocaux à tour de rôle. Sans oublier le Dj Jamshid ‘Jump’ Khadiwhala, également préposé aux percus. Quand il ne chante pas, Harry rejoint deux musiciens de tournée pour former une section de 3 cuivres. Qui se consacrent également et circonstanciellement aux congas et percus diverses. Ils sont donc huit, en tout et pour tout, sur les planches !

« Brighter Than Gold », extrait du dernier opus, « Steal the Light » (NDR : il remonte à 2013 !), ouvre le show. Les plages baignent tour à tour dans un climat latino (NDR : surtout cubain), reggae ou afro. Parfois ces styles se mêlent pour produire un ensemble métissé, coloré et sucré. Et les beats électro rendent le cocktail particulièrement dansant. « Sly » est un morceau issu de « Two Shoes » (NDR : en 2005, cet elpee avait décroché un n°1 dans leur pays). Les cuivres y sont magistraux. « How to Explain ? », tiré de l’elpee éponyme, s’ouvre par les cuivres. La voix –proche de celle du chanteur de Madness, Suggs– prend son envol, alors que le tempo s’est converti à la rumba. Le spectre de Carlos Santana plane cependant tout au long de la compo (NDR : sans pour autant se farcir les soli de guitare kilométriques…)

Place au single « Qué Será Ahora ». Interprété dans la langue de Cervantès, il semble avoir été écrit sous le soleil de Kingston. Une nouvelle composition : « Daggers Drawn ». Idéal pour mettre le souk dans la fosse ! Jazzyfiant et paisible, « Two Shoes » permet de faire retomber provisoirement la pression. « The Lost Song » (« The Cat Empire ») met à nouveau en exergue les cuivres. Enrichis par le concours d’un mélodica, ils apportent une forme d’esthétisme et de sérénité au morceau. Toujours teinté de jazz, « Jungle » (« Cities », 2006) est dynamisé par les percus et traversé par des accords de gratte incisifs…

Des percus davantage afro sur « Like A Drum » (« Steal The Light »). Et la foule n’arrête plus de danser. Après 120 minutes de show, la troupe se retire. Mais elle ne va pas laisser l’auditoire sur sa faim.

Lors du premier rappel, Ollie introduit « The Wine Song » par un solo de claviers. Quoique jazzyfiant, le combo parvient à y insuffler une énergie communicative. Un autre nouvelle compo : « Bulls ». Stimulant, « Still Young » nous entraîne dans l’univers du ska, et tout particulièrement celui de Madness, The Selecter et The Specials. Et le spectacle de s’achever par « All Night Loud  », un extrait du dernier long playing, titre qui a permis à la formation d’atteindre une notoriété internationale. Une chose est sûre, en ‘live’ The Cat Empire est un véritable régal ! Et propice à la danse. Ce qui ne gâte rien !

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

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