Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

logo_musiczine

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

The Cure
The Cure
Concerts

!!!

La preuve par 3 points d’exclamation

Écrit par

La dernière visite de !!! (chk chk chk), accordée à nos salles bruxelloises, date déjà de 2007. C’était à l’AB. En trois ans, le groupe de Sacramento a vécu de nombreuses épreuves. D’abord le décès tragique de Jerry Fuchs (Maserati, The Juan Maclean), ensuite les départs de Tyler Pope (LCD Soundsystem), John Pugh (Free Blood) et finalement Justin Vandervolgen (tbd). Une situation qui aurait pu mettre un terme à ce qui est probablement l’une des meilleures formations au monde en live (NDR : et je pèse mes mots). Il faut croire que Nic Offer et consorts en ont dans le froc, car ils ont décidé de poursuivre l’aventure. !!! se produisait donc modestement, ce lundi 29 novembre, au sein de l’Orangerie du Bota, pour défendre « Strange Weather, Isn’t It ? », un album atypique qui, jusqu’à présent, n’a pas recueilli le succès de ses précédents essais.

En première partie, The Bewitched Hand tente en vain de chauffer un public dispersé qui n’attend que la formation ricaine. Le combo français se débrouille plutôt bien ; mais franchement, il n’a rien à foutre là ce soir. Son style pop/rock puise largement ses influences chez Arcade Fire. Ce qui contraste singulièrement avec les sonorités disco/punk de !!!. Le chanteur, à la longue tignasse, possède une voix nasillarde détestable (NDLR : ça rime !), mais il est vêtu d’une superbe chemise, probablement achetée chez Cora.

A l’heure fatidique, l’Orangerie est (à son) comble (d’excitation) et dégouline de sueur, avant même que le set ne commence. Le sept gusses montent sur l’estrade. Dès l’entame, Paul Quattrone, doublure du défunt Jerry Fuchs, claque sur ses peaux et n’hésite pas à montrer qu’il n’a rien à envier à son prédécesseur. Rythmique juste, son à faire péter les tympans, !!! balance son single « AM/FM ». Nic Offerne ne tient déjà plus en place. Il se jette à plusieurs reprises dans la fosse afin de communier avec son public. Son corps est en transe. Les tracks du nouvel opus s’enchaînent sans jamais perdre cette cadence frénétique propre au collectif. « Jamie, My Intentions Are Bass » sonne fort ou encore l’excellent « Wannagain, Wannaigain », interprété en compagnie de la féline Shannon Funchess, réveille les plus mous de l’assemblée. Les sommets du show seront cependant atteints par les apocalyptiques « Me and Giuliani Down by the School Yard (A True Story) » et « Yadnus » ainsi que l’excellent « Hearth Of Hearts ». Le public est conquis. Et pour le comble de son bonheur, !!! accordera trois rappels, en n’oubliant pas d’y inclure le furieux « The Hammer »…

Après un spectacle de !!!, on est courbaturé, mais on affiche aussi un sourire jusqu’aux oreilles saignantes. En jetant leurs dernières forces dans la bataille, le combo nous a régalés d’un show exceptionnel. LE concert de l’année !!!

(Organisation : Le Botanique)

The Warlocks

Le bûcher des vanités.

Écrit par

Un début de soirée glaciale, une fin de journée au boulot, rassembler mes esprits et mes affaires, monter dans ma voiture, passer chercher mon pote, et prendre la route, direction le soleil de Los Angeles, par le biais de quelques irradiations radio-créatives émises par ses diables de Warlocks. Arrivée tardive, décibels incisives et basses vrombissantes, Rotonde bien garnie, déposer les armes et laisser agir la potion magique. Concoction fumante pour plaisirs brumeux.

Le riff ‘dandywharolien’ s'écoule au ralenti tandis que le flot de « Red camera » prend possession des lieux et esprits environnants. Lentement le son de ces sorciers d'outre-Atlantique enveloppe la salle semi-circulaire et se disperse entre les spectateurs, se faufile au dehors de la salle et s'entrelace dans la végétation touffue qui borde les allées. Au cours de la soirée, The Foals alimente les conversations. Ici et maintenant, larsens et effets se diluent dans une grande messe Shoegaze. Froid comme la température à l'extérieur, le groupe se retranche derrière son « Isolation ». Les notes cinglent et fouettent, la basse claque, la batterie s'ébranle. Les quatre de la baie des Anges semblent enfermés dans leur bulle, et surtout ne semblent pas vouloir en sortir. Le flux sonique déroule en ondes extatiques et élastiques. Les morceaux s'enchaînent et revisitent le parcours musical de ses lointains héritiers, le Jesus & Mary Chain. Bobby Hecksher se confesse sur « So paranoïd », se convulse sur « Shake the dope out», se renferme encore un peu plus sur lui-même. Complètement absorbé et se dissimulant dans ses hautes montagnes de dédain, le groupe instaure une barrière palpable entre lui et son public, pourtant venu communier. Certes, le set monte en puissance, mais l'attitude glaciale du combo s'avère quelque peu réticente et réfractaire. Quelques excellents morceaux tels que « Stickman blues» ou « Hurricane heart attack » s'extraient du lot (l'excellent album « Phoenix » a la part belle ce soir). Mais le groupe s'en va dans un dernier larsen, pour ne plus revenir. Comme de lointains soleils se levant sur une planète abandonnée au sein d’une galaxie laiteuse, les lumières se rallument. Mains et pieds réclament en vain une éclipse. Las! Une quarantaine de minutes au plus, et pas un sourire. A peine quelques mots murmurés entre une rangée de dents crispées. Les Warlocks ne sont pas des boute-en-train. Leur leader a le charisme d'une huître à marée basse et leur attitude blasée pose questions. Allez! Retournez dans vos sphères givrées, maudits sorciers, et merci quand même pour la qualité de vos chansons.

Organisation: Botanique.

Foals

L’esthétisme du flou sonore…

Écrit par

Armé de deux albums, Foals, nouvelle sensation 2010 de la scène pop-rock britannique, était venu défendre ses couleurs sur les planches de l'Orangerie. Un premier elpee paru en 2008 qui nous avait fait une forte impression : "Antidotes". Et un second, "Total Life Forever", né d'influences aussi riches qu'énigmatiques. Ce dernier ouvrage subtilement mis en abîme par l'excellent single "Spanish Sahara" bénéficiait néanmoins de l'étroite surveillance de la critique. Une critique divisée et particulièrement attentive aux remous sonores provoqués outre-Manche.  

En effet, l'excellence à laquelle la scène anglaise nous avait traditionnellement habitués brille depuis quelques années par son absence. Une vacuité artistique qui incite à crier prématurément au génie. Car on ne nous offre que trop rarement des groupes de talent à entendre. Foals serait-il l'exception ou simplement un produit de consommation rapide qui viendrait s'échouer sur notre discothèque ? Un de plus ? Les avis divergent. La scène, lieu idéal offert aux cinq d'Oxford pour faire définitivement taire les rumeurs. 

Quelques secondes suffisent pour étourdir les oreilles les plus exigeantes. Pas le temps de respirer, de penser. "Blue Blood" transpire à peine et nous entraîne machinalement vers les profondeurs abyssales de l'univers magique de "Foals". La formation sue de créativité. Successivement, elle redessine ses titres. Fausse improvisation qui surprend de matériaux sonores décomposés, de riffs déstructurés, de mélodies rompues... Une maîtrise technique qui force naturellement le respect.

Un set largement sous influence eighties qui embrasse perpétuellement l'âme de Talking Heads. Un nouveau cru ‘Foals’ qui tente néanmoins de s'éloigner du math rock de ses débuts. Mais sans jamais vraiment y parvenir. Les non-tubes s'enchaînent 'mathématiquement'. L'intro de "This Orient" les rappelle d'ailleurs aux sources. Pourtant, les élans de gratte sont moins fréquents, la voix de Yannis Philippakis moins agressive. Et, paradoxalement, les compos plus élaborées, plus fluides que par le passé.

Globalement, les musiciens usent de rythmes hyperkinétiques, de mélodies nerveuses, de riffs angulaires... Un post-rock-punk parfois excité qui pousse le leader à partager les danses transcendantes des spectateurs sur le parterre. Autre facette du groupe, "What Remains" et "Heavy Water" insufflent une mélancolie en lisière de la new-wave. Un tout survolé d'une dimension électronique qui évoquerait doucement l'univers musical d'Efterklang. Quant à "2 trees", il nous plonge dans un climat atmosphérique, mélancolique, réalisant une fusion parfaite entre les trames électro de Durutti Column et l'intensité électrique de Kitchens of Distinction. Un concert construit de strates alambiquées et pas toujours identifiables qui laissent quelquefois un arrière-goût de porridge indigeste. Un brouillon sonore finalement rompu par la grâce hypnotique du tubesque  "Spanish Sahara". Un voyage musical d'une esthétique hallucinante. 

Le groupe crache sur les codes et le formatage. Et c’est tant mieux. Car, finalement, Foals s'expose élégamment aux feux grisants de la grande scène indé-pop britannique. 

(Organisation Botanique) 

 

Plan B

Le Plan B, c’était le rappel !

Écrit par

Vu le succès rencontré par son dernier album, « The Defamation of Strickand Banks », la petite frappe londonienne Plan B, fraîchement auréolée d’une première place aux charts anglais, venait proposer sa soul à l’AB, ce vendredi 26 novembre.

On se demandait comment le jeune Anglais allait reproduire sa ‘comédie musicale’, sur les planches. Un véritable récit de son existence. Tout en dents de scie… Le public était, en tout cas, venu en nombre pour découvrir l’univers original de cet artiste versatile, au style partagé entre hip-hop et soul.

Faith SFX est chargé du supporting act. Un beatboxer hyper talentueux, originaire du Nord Ouest de Londres! En quelques minutes, pourtant seul sur le podium, et en se servant uniquement de sa voix, l’artiste parvient à mettre l’auditoire dans sa poche. Et à chauffer la salle. Une prestation vraiment impressionnante que le public aurait aimé voir (et entendre) se poursuivre…

Ben Drew, alias Plan B, lui succède vers 21h. Il est soutenu par un véritable groupe de rock. Toujours très sûr de lui, il est vêtu d’un costume de très mauvais goût. On dirait presque qu’il sort tout droit de Snatch. Faut dire que son look hésite entre ‘mafia’ et lads. Benjamin Paul Ballance toise le public. Sa morgue, pas très éloignée de l’arrogance, est toute britannique. Le rappeur enchaîne les tubes de son dernier album, mais il ne semble pas vraiment trop y croire, malgré une voix maîtrisée et toujours surprenante. L’interprétation est honnête et les musiciens se dépensent sans compter ; mais l’ensemble manque cruellement d’homogénéité. Même sur les tubes tels que « She Said » ou même « Prayin’ » ! Heureusement, les titres plus rock comme « Stay Too Long » ou « Welcome to Hell » sauvent un show plutôt morose, sans grand relief et trop pro pour être honnête. Plan B clôture ainsi poussivement une très longue tournée et semble un peu à bout de souffle. Il ne cesse d’ailleurs de rappeler que sa voix pourrait lâcher à tout instant. Dommage également que le nouveau soulman ne propose, dans son tracklisting, aucun de ses anciens morceaux sculptés dans le hip-hop, car son flow a toujours eu la grande classe.

Après une petite heure de show, le Londonien quitte la scène… pour revenir en compagnie du fameux Faith SFX, et offrir un rappel de folie ! Les deux compères s’entendent comme larrons en foire. Ils nous balancent de remarquables reprises, et notamment d’Eminem et même de Stromae ainsi que des impros en tout genre. L’énergie dispensée contraste avec le set proposé jusqu’alors. Au cours de cette vingtaine de minutes, le flow de Plan B et le beatbox de Faith SFX vont se conjuguer à merveille, le tout appuyé par un groupe très compact. Une bonne impression finale qui nous permettra de ne pas regretter le déplacement, et surtout de vivre cette rencontre inattendue et tellement magique entre deux artistes dont le talent est indéniable, mais qui ne s’exprime qu’en fonction des circonstances…

(Organisation AB)

Two Door Cinema Club

Le festival du Hit…

Écrit par

Two Door Cinema Club est une formation nord-irlandaise, dont le premier opus est constitué de véritables petites bombes mélodiques. Elle venait défendre son premier album, à l’Orangerie du Botanique, ce mardi 23 novembre. Le concert est sold out depuis belle lurette et on s’attend, pour la circonstance, à une salle pleine comme un œuf. En ‘live’, Alex Trimble, Sam Halliday, Kevin Baird sont généralement soutenus par un drummer. Et effectivement, c’est sous la forme d’un quartet qu’ils se produiront ce soir.

Chapel Club assure le supporting act. Le groupe est drivé par un excellent chanteur, Lewis Bowman, dont la voix est à la fois sombre et puissante. Le set agréable. Un combo dont on devrait entendre parler dans un futur proche. Et en bien !

L’Orangerie baigne au cœur d’une ambiance que je qualifierai de… féminine. Ce n’est pas une réflexion misogyne, mais tout simplement un constat lié aux cris suraigus poussés par le public… féminin. Pas vraiment l’idéal lorsqu’on souhaite assister à un concert rock. Ce genre de réaction correspond davantage à l’auditoire de ce cher Raphaël. Les musiciens sont jeunes –la moyenne d’âge est de vingt ans– mais leur maîtrise musicale est impeccable. Une expérience acquise par les quatre lads au fil de leurs multiples prestations accordées dans les bars de Belfast, depuis l’âge de 15 ans ! Le son est clair et puissant. Two Door Cinema Club nous balance l’intégralité des hits de « Tourist History » et de leurs quelques Eps. Des chansons mélodiques, efficaces et dansantes. La voix d’Alex et les solos de Sam impressionnent. On peut affirmer aujourd’hui, qu’à l’instar de Vampire Weekend et Phoenix, TDCC milite au sein de la division 1 de la pop. Le public en est conscient et souhaite profiter de l’aubaine ; car il faut être réaliste, le band ne fréquentera bientôt plus les salles de cette taille, c’est une certitude. La rythmique disco et les riffs géniaux entretiennent une énergie communicative. La voix claire et harmonieuse d’Alex évoque celle de Ben Gibbard (Death Cab For Cutie). Le public est conquis. Le set s’achève par « What You Know », un morceau caractérisé par sa ligne de guitare ‘exotique’, mais revient 5 minutes plus tard pour nous offrir en rappel l’imparable « I Can Talk. La foule est en ébullition et extatique, malgré la brève durée du set. Parfait dans le genre. Depuis, l’avènement de U2, il faut reconnaître que l’Irlande est devenue un foyer inépuisable de groupes pop efficaces…

(Organisation Botanique)

The Tallest Man On Earth

Grand par la taille et grand par le talent…

Écrit par

Le Botanique a le vent en poupe. Et pour cause, la plupart de ses spectacles affichent, pour l’instant, salle comble. Et c’est à nouveau le cas ce samedi 20 novembre, pour le concert de The Tallest Man On Earth à l’Orangerie tout comme celui de Ratatat dans la Rotonde. Faut dire que Jens Kristian Mattson défraie la chronique, depuis déjà quelque temps, bénéficiant –il faut le souligner– du soutien non négligeable du site américain Pitchforkmedia. Responsable de trois Eps et de deux elpees à ce jour, dont l’excellent « Wild Hunt », paru en avril dernier, le Suédois, exilé aujourd’hui aux States, se devait donc de confirmer sur les planches.

Se produisant sous le patronyme d’Idiot Wind, Amanda Bergman assure le supporting act. Elle est également née en Suède. Elle est seule sur les planches, joue du piano et chante, d’un timbre d’une douceur angélique. Souvent comparée à Cat Power, la demoiselle peine toutefois à insuffler une certaine ‘puissance’ à ses compositions. Seuls quelques morceaux parviennent à décoller du tracklisting. Mais en général, son set est mou et manque de relief. Vers 20h30, elle quitte l’estrade pour laisser sa place à son compatriote.

Vers 21h, Kristian Mattson débarque en solitaire sur le podium et empoigne sa guitare. Il est vêtu d’un jeans et d’une chemise à carreaux. Son allure me fait penser à Dylan voire à Johnny Cash, mais sa voix lorgne manifestement vers celle du Zim. Il joue tour à tour de la gratte sèche ou électrique. Et enchaîne les compos de ses différents albums. Le public s’amuse et connaît les paroles. Il en est conscient et en tire parti pour chauffer la salle. A l’issue de chaque morceau, dont il a présenté préalablement le message, il nous gratifie d’un ‘Thank you, so much’. Il évoque également son dernier show accordé à Bruxelles. Une parfaite communication qui ravit manifestement l’audience.

Après 1h de récital, il quitte la scène pour y revenir 2 minutes plus tard. Il interprète un avant-dernier morceau sur lequel Amanda Bergman (Idiot Wind) vient le rejoindre. La conjugaison des deux voix est magnifique, même si elle n’est qu’éphémère. Une chanson plus tard, Kristian, vide définitivement les lieux sous les applaudissements d’un public comblé.

The Tallest Man On Earth est parvenu à faire vibrer la Rotonde. Rien qu’à l’aide de sa voix et de sa guitare. Pour les déçus qui n’ont pu assister à ce spectacle, sachez qu’il reviendra l’année prochaine, au Cirque Royal, dans le cadre des Nuits du Botanique…

Organisation Botanique

Chromeo

Play That Funky Music

Écrit par

‘Laisses-toi aller, ce soir on va danser !’ fredonne Dave One sur « Ce Soir On Danse ». Un titre on ne peut plus approprié pour le retour de Chromeo sur les planches belges. Depuis 7 ans déjà, le duo pop-electro le plus funky de la terre déverse d’irrésistibles beats 80s conciliant aussi bien le nostalgique de l’âge d’or du Funk que le plus intransigeant des mélomanes. L’été dernier, Dave One et P-Thug retournaient la Magic Tent du festival de Dour en deux coups de synthés. Ce soir, le duo réitérait sa prouesse lors de son escale au Botanique, dans le cadre d’un ‘Business Casual Tour’ chaud bouillant.

20h15. Arrivée dans la salle. Le public est amassé en rangs serrés devant le podium. Sur les planches, un dispositif de light-show en forme de petits carrés est disposé juste derrière les synthés aux jolies gambettes, telles qu’illustrées sur la pochette de « Fancy Footwork ». L’Orangerie affiche sold-out depuis quelques jours déjà, mais ne semble pas remplie au maximum de sa capacité. Tant mieux, on va pouvoir se trémousser tranquillement.

20h25. Les lumières s’éteignent brusquement et les baffles font péter l’intro du deuxième LP des Canadiens. Un lancement si surprenant qu’il en fait sursauter pas mal de monde dans la salle. Rapidement ressaisi, le public réserve un accueil triomphal au duo qui entame son set par le groovy « I’m Not Contagious », extrait du petit dernier, « Business Casual ». Derrière sa guitare et ses lunettes, Dave One s’adresse à l’assistance majoritairement en français. P-Thug, lui, se contente de lancer quelques petits sourires ; trop affairé derrière ses machines et le talk-box qui lui permet de pousser la chansonnette avec son partenaire. « Tenderoni », « Hot Mess » et « Outta Sight » décoincent les derniers réfractaires. Bien qu’il s’agisse du ‘Business Casual Tour’, Chromeo privilégie clairement les compos du disque précédent, « Fancy Footwork ». Ce sont d’ailleurs des morceaux tels que le titre-maître, « Bonafied Lovin’ », « 100% » ou « Opening Up » qui délient les cordes vocales du public. Le son dépasse certainement le maximum légal mais les deux hommes, naturellement relax, continuent à balancer leurs tubes à vitesse VV’ sans s’en soucier. « You’re So Gangsta », une des deux uniques incursions au sein de leur œuvre initiale, permet à certains membres du public de s’autoriser quelques uns des pas de danse les plus funkys et amusants de la soirée. « Night By Night » et le kitsch ‘Supertramp-esque’ « Momma’s Boy » clôture les festivités d’avant-rappel. Quelques minutes plus tard, le duo déboule pour achever son show par l’indispensable single de 2003 « Needy Girl », ovationné autant par les fans de la première heure que les petits nouveaux.

21h35. Chromeo clôture son escale belge sur l’inutile « Grow Up », placé en fin de setlist au détriment de morceaux relativement plus puissants tels que « Rage! », « Me & My Man » ou l’énorme « You Make It Rough ». Les deux hommes se retirent. Déjà la fin. Et comme une envie d’écouter du Hall & Oates et du Mel & Kim…

Organisation : Botanique

 

65daysofstatic

Avant que n'explosent les sens.

Écrit par

Un jeudi soir dans la capitale. Dehors, sous les volutes de fumée s'élevant des clopes au bec, deux publics se mêlent à l'entrée du Botanique. Ce soir dans la Rotonde se déroule le concert de Tokyo Police Club. A quelques mètres de là, au sein de l'Orangerie, trois groupes d'outre-Manche se sont donné rendez vous.

Alors que la salle commence à se remplir, les trois petits gras de Tall Ships entament leur set nerveux en toute décontraction. Riffs en boucles, motifs en loops, sourires et bonne humeur. Le public s'accroche à la proue de ce grand navire et balance avec lui de bâbord à tribord. Sympathique en diable, entraînant et dynamique, le concert se déroule sans accroc et nous mène à bon port. Gueules d'anges débonnaires et musique efficace. Une voix plaisante et caressante, un rock carré, voire barré par instants ; et au final, une orgie scénique au cours de laquelle les membres du groupe passent à tour de rôle d'un instrument à un autre au cours d’un seul et même morceau. Jolie prouesse technique de haute précision. Manifestement très heureux d'être venu, avoir vu (ces plantes et ce décor magnifique, dixit le chanteur), et vaincu, le bateau repart vers d'autres horizons. A revoir lors du prochain accostage.

L'interlude proposé par Nedry s'avère moins convaincant. Ce mélange d'électronica sous perfusion binaire, de beats and bleeps noyés sous différents effets, aux relents dub-post-wave-machin-truc (fichues étiquettes!), me laisse profondément indifférent. Peut-être une question d'humeur? Ou de perception. La jeune Ayu Okakita, comparée ci et là à Bjork pour son timbre de voix (il y a des similitudes, mais comparaison n'est pas raison) nage au milieu de ces éléctro-Tchak-Beep-tictictic-fzzzzzzzzzzzz et mon esprit s'évade et se disperse. Zzzzzzzzzzzzzzzzz...

Qu'importe, puisque 65daysofstatic débarque pour remuer mes sensations endolories. A l’aide de leur rock instrumental mat(h)iné d'électro syncopée, le combo de Sheffield retourne bientôt l'atmosphère de la salle, toute acquise à sa cause. Un son fichtrement puissant, des basses grondant furieusement, des guitares mordantes et tranchantes, une énergie communicative et des breaks saillants comme des falaises à pics. Précision chirurgicale et assaut de front. Comme un souffle violent craché à la face des spectateurs. Les têtes ondulent en vagues frénétiques. La sueur perle sur les fronts. Ici, une jeune fille s'effondre, là, un jeune garçon se disloque sous les ondes extatiques. Quand le paysage sonore s'apaise, je retiens mon souffle. Car déjà secoue la tempête. De la terre s'élève un grondement sourd, du ciel pleuvent des paillettes d'or et d'argent. Dans un kaléidoscope infernal, tournoient les décibels. L'espace explose et se fragmente, puis l'instant d'après, se recompose et reforme un bloc inébranlable. Dans la ferveur de la nuit, les membres du groupe nous laissent pantelants, les yeux hagards. Nos esprits se sont vidés. Se sont parsemés et voltigent autour de nous. Qu'importe. Comme le précise le nom du dernier opus de ces Anglais de génie: « We were exploding anyway »...

Organisation: Botanique.

Villagers

Petit par la taille, grand par le talent…

Écrit par

Villagers est une formation irlandaise drivée par l’ex-The Immediate, Conor J. O'Brien. A ce jour, le combo est responsable d’un Ep, « Hollow kind » publié en 2009, et d’un excellent long playing, « Becoming a Jackal », paru en mai dernier. Responsable de textes ténébreux, mais pas trop, Conor est un doux rêveur, mais dont les rêves se sont rapidement transformés en réalité…

Huit heures pile. Les lumières s’éteignent. La Rotonde est pleine à craquer. Place à Moon On Earth. Un trio belge réunissant un accordéoniste, un guitariste et un bassiste. Ils jouent assis. Leur pop est intimiste. La communication entre la formation et le public est excellente, mais il faut reconnaître, qu’au fil des morceaux, le set devient de plus en plus soporifique. Après une demi-heure, le groupe se retire en remerciant l’assemblée, sous les applaudissements d’un public apparemment, conquis. 

Personne n’ose réellement quitter la salle de peur de se faire chiper sa place. Aussi, les plus malins chargent des délégués aux boissons, afin de faire le plein au bar, avant le concert de Villagers. Qui commence à 21 heures. Conor J. O’Brien monte sur l’estrade. Il est seul, armé de sa sèche. De petite taille, il a un visage de poupon. Le Dublinois entame sa tracklisting par « Twenty Seven Strangers ». Dès la fin de la chanson, quatre musiciens le rejoignent. Les morceaux de son dernier elpee, « Becoming A Jackal », s’enchaînent. Le public (majoritairement féminin) est littéralement sous le charme. Il faut dire que les Irlandais ne font pas les choses à moitié. O’Brien montre toute l’étendue de son talent et il y met du cœur. Plus intenses que sur l’album, les morceaux tels « Becoming A Jackal » ou « That Day » vous flanquent la chair de poule. Le groupe nous gratifie même de quelques titres inédits. Jamais en reste de remerciements, le songwriter exerce un certain pouvoir de fascination auprès de son audience. Après 50 minutes le groupe se retire.

O’Brien réapparaît seul et nous réserve une autre nouveauté. Et un dernier morceau, « Ship Of Promises », clôt d’une manière magistrale, cette magnifique prestation.

Petit par la taille mais grand par le talent, O’Brien est parvenu à donner une autre dimension à son premier opus, qui est, sans conteste, l’un des meilleurs de cette cuvée 2010.

(Organisation Botanique)

The Residents

De l’autre côté du miroir

Écrit par

Mardi 16 novembre 2011. Un brouillard à couper au couteau baigne l’ensemble du Hainaut Occidental. Pourtant, j’ai vraiment envie d’assister au show que les Residents accorderont ce soir, à Courtrai. Par prudence, je décide donc de recourir aux transports en commun. En l’occurrence, le chemin de fer. Sur le site de l’organisateur, le début du spectacle est prévu pour 20h00. En démarrant à 18h40, j’y serai en temps et en heure. Je débarque donc à la gare de la Cité des Eperons d’or vers 19h20. La salle est située à 3 minutes de la station. Mais bon, pour le retour, il faudra reprendre le train de 22h25. De Kreun dispose depuis deux bonnes années d’une toute nouvelle salle. Pas encore mis les pieds depuis. Autrefois, le club était établi dans la banlieue ; à Bissegem, très exactement. Où votre serviteur a pu assister à quelques concerts mémorables, dont ceux de Kevin Ayers, Kevin Coyne, les Godfathers, Ed Kuepper, Green On Red et la liste est loin d’être exhaustive. En arrivant sur place, un écriteau collé sur la porte nous précise que les lieux ne seront accessibles qu’à partir de 20h00 et que le concert débutera à 20h30. Ne reste plus qu’à prendre un verre au bar, à côté. En se doutant bien devoir manquer la fin du spectacle.

Venons-en un peu à nos Residents. Une formation avant-gardiste, expérimentale, thématique, unique en son genre, ouverte à toutes les formes d’art, mais aussi à la technologie moderne, qui s’est établie en Californie au cours de la seconde moitié des sixties. Peu de monde connaît leurs visages. Ni leur véritable identité, d’ailleurs. Depuis le début des eighties, ils se produisent sur scène, en smokings, haut-de-forme et masques représentant des globes oculaires. Mais d’après les derniers échos glanés sur Internet, leur nouveau spectacle serait totalement différent. A l’instar de Tuxedomoon, Chrome et MX-80 Sound, les Residents ont relevé d’une même scène, sur la côte Est des Etats-Unis, qui a été qualifiée de radicale. Intellectuelle surtout. Mais surtout très intéressante et particulièrement influente. Ce mouvement avait d’ailleurs fait l’objet d’une compile, à cette époque, intitulée « Subteranean modern ». Un recueil paru chez Ralph Records, le label fondé par les Residents. Ben tiens ! Leur line a très longtemps fonctionné sous la forme d’un quartet. Il est aujourd’hui réduit à un trio, Carlos ayant décidé de quitter le navire pour aller soigner sa maman, malade, à Mexico.

Finalement, le concert ne débute que vers 20h45. Trois quarts d’heure au cours desquels, on devra patienter à l’écoute de musique semi ambient/semi industrielle. Quarante-cinq minutes, c’est long ; même si on en profite pour jeter un œil sur la structure particulièrement contemporaine et bien équipée de la salle. Un seul bémol : les WC. Il n’est indiqué nulle part s’ils sont réservés au sexe masculin ou féminin. Dans ces conditions, vous vous doutez bien que plus d’un spectateur ou d’une spectatrice se trompe d’accès. Et ben oui, c’était pas la bonne porte…

Sur l’estrade, on remarque la présence d’un sofa, d’un faux poêle au gaz (NDR : reproduisant même les flammes du foyer), sur lequel est posé une petite TV, un lampadaire et une radio des années cinquante. Une petite table sur laquelle sont posés un petit clavier, un pupitre et un ordinateur-portable a été plantée à gauche de l’estrade. On dénombre deux chaises en bois. L’une réservée à Chuck et l’autre à Bob, respectivement claviériste et l’autre au gratteur. Ce second siège est placé à droite du podium. Enfin, trois écrans circulaires ont été installés méthodiquement, légèrement en retrait. Les musiciens montent sur les planches. Hormis la redingote rouge, les deux instrumentistes sont vêtus de noir : costume, bas recouvrant la tête et fausse perruque ‘rasta’. Ils arborent de drôles de lunettes. Futuristes. Un peu comme s’ils sortaient d’un tournage de ‘La guerre des étoiles’. Randy, le vocaliste, a le visage dissimulé sous un masque de vieillard. Il a revêtu un peignoir, qu’il laisse ouvert pour laisser apparaître une cravate rouge à pois blancs d’au moins un mètre de longueur ; et puis un caleçon américain, qu’il a enfilé sur des bas collants. Il est chaussé de godasses de clown. Et me fait penser au Dr Emmett Brown dans la série ‘Retour vers le futur’. Il commence à se lancer dans un monologue, au cours duquel il nous explique le concept de son nouveau show : « The talking light ». Et tout d’abord cette histoire d’un vieil homme un peu dérangé de l’esprit, qui se pose des tas de questions existentielles. Tiens, une situation qui me fait penser à la mère de Carlos… Puis, il s’assied. Avant de revenir vers le micro. Il se demande si ce qu’il a vécu au cours de son adolescence était bien réel. Entre récits, incantations, lamentations et cris de détresse effroyables, il se met parfois à balancer les bras de gauche à droite, en dansant ; mais à sa manière. Surtout lorsque la musique se fait plus funkysante. Il nous communique ce sentiment de solitude et de désespoir lié au processus de la vieillesse. Parfois, il sort un harmonica pour y souffler dedans, mais en diffusant des sonorités particulièrement spectrales. A vous flanquer des frissons partout. Il s’éclaire aussi circonstanciellement le visage, pour accentuer l’aspect effrayant de son masque. Les deux acolytes triturent des sonorités atmosphériques, mais parfaitement adéquates au spectacle. On a aussi droit à quelques chœurs angéliques, lors d’un morceau caractérisé par un solo dégoulinant de six cordes. Ce sera d’ailleurs le seul. Randy utilise régulièrement un projecteur portable pour le fixer successivement sur les trois écrans. Un bonhomme Michelin amaigri nous parle. Comme s’il nous causait de l’au-delà. Il cède, un peu plus tard, sa place à une femme aux yeux énormes, dont la bouche devient démesurée au fil de ses interventions. En fait, on est dans le second sujet. Le miroir. Qui reflète sa propre image. C’est-à-dire celle qui vit dans l’autre monde. Après la mort ? Ce sont en tout cas des sentiments soulevés ici ; et qui peuvent susciter la peur. Pas pour les Residents, pourtant. Qui cherchent simplement à chercher le chemin qui mène du réalisme et surréalisme. Peut-être une référence à Cocteau… Randy nous parle bien sûr des rêves, pastichant même le célèbre « All I want to do is dream », popularisé par les Everly Brothers. Et du rêve au cauchemar, il n’y a qu’un pas que les Residents n’hésitent pas à franchir…

Il est 22h15, il est temps de quitter les lieux. Mais ce soir, je suis un peu interloqué. Faudra une bonne nuit pour remettre ses idées en place. Heureusement, dehors, le brouillard s’est levé.

(Organisation De Kreun)

Page 97 sur 133