Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

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The Boxer Rebellion

Brick By Boring Brick

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Double affiche ce soir à l’ABClub pour une soirée sold-out très Pop-Rock. D’une part, les petits Liégeois de Bacon Caravan Creek, venus présenter leur deuxième album, « WolfWolfWolfSheepWolf ». D’autre part, The Boxer Rebellion, une formation cosmopolite dont la carrière connaît un bel essor, depuis la publication, fin 2009, de leur seconde galette, « Union ».

Bien qu’ils ne soient plus que trois dans leur mouture studio, Bacon Caravan Creek se décuple sur scène. Ce soir, ils sont six à présenter des morceaux extraits de « WolfWolfWolfSheepWolf », un disque qui intervient pas moins de cinq ans après leur première œuvre, « Behind A Wish ». Cinq années qui ont permis au trio de concocter des morceaux beaucoup plus catchy et plus adulte que ceux qui parcouraient le disque précédent. Les petites manières de Nicolas Perat, en charge des vocalises, peuvent parfois agacer ; mais la formation, dans son ensemble, est plutôt solide et prouve qu’elle mériterait autant d’attention que leurs compatriotes de Puggy.

The Boxer Rebellion ne fait pas dans les longs discours. Très (trop ?) pro, le quatuor réunissant un Américain, un Australien et deux Britanniques démarre son set par « These Walls Are Thin », « Evacuate » et « Semi-Automatic », tous extraits de « Union ». Le Ricain Nathan Nicholson, leader de la troupe, salue un ABClub complet avant d’enchaîner sur des titres tirés d’un troisième disque à paraître début 2011. Le jeu du quartet est très carré et leur Pop-Rock, que je découvre pour la première fois ce soir, bien trop formaté à mon goût. Leur passage au sein du film hollywoodien « Going The Distance » et leur participation à la bande son de celui-ci a créé le buzz pour The Boxer Rebellion qui ralliera certainement les fans de groupes tels que Muse, Editors (circa « In this Light and On This Evening ») ou Maxïmo Park. Les autres passeront probablement leur chemin sans se retourner…

(Organisation : Ancienne Belgique)  

Archie Bronson Outfit

That’s Just The Way It Is

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Les trois gaillards d’Archie Bronson Outfit connaissent la Belgique presque jusqu’au bout des ongles. Ce soir, au Het Depot de Louvain, le trio originaire de Bath effectuait son neuvième passage en 2010 dans notre pays ! Une affection que le public belge lui rend bien. Normal, lorsqu’on est responsable d’un disque aussi impeccable que « Coconut ».

Impeccable, ce n’est pas le premier adjectif qui vient en tête lorsque l’on pense à la SNCB. Peu habitué à prendre le train, je perçois, ce soir, la joie qu’éprouvent les navetteurs en pénétrant dans le hall de gare pour y découvrir que leur train enregistre une bonne demi-heure de retard. C’est donc en pleine prestation de The Victorian English Gentlemens Club que je débarque dans l’enceinte de Het Depot, une salle qui a l’énorme avantage de se situer juste en face de la gare. Prestation un peu morne de la première partie, qui n’a pas retenu mon attention.

Ensuite, c’est au tour du trio briton d’entrer en scène. Affublé de gandouras originales, Archie Bronson Outfit place la soirée sous le signe du « Coconut ». « One Up On Yourself » et « Magnetic Warrior » ouvrent le bal pour un public un peu clairsemé mais tout sourire. D’autant plus lorsque les trois hommes embrayent sur des extraits de l’énorme « Derdang Derdang ». « Kink » et l’incontournable « Cherry Lips » décoincent petit à petit les bassins de l’assistance. « Butterflies » sera l’unique incursion au sein de « Fur », le premier élément discographique de la bande. Très discrets, les trois hommes se contentent d’enchaîner les morceaux en plaçant des remerciements ici et là. Leur blues psyché s’occupe du reste. Et en balançant des bombes comme « Dead Funny », « Harness (Bliss) » et « Dart For My Sweetheart », lors du rappel, pas besoin d’en faire beaucoup plus. Simple mais efficace.

(Organisation : Het Depot)

Tindersticks

Can we start again ? Absolutely !

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Il y a des lustres que je n’avais plus mis les pieds au Vooruit de Gand. Si mes souvenirs sont bons, c’était en 1996. Pour un concert de Garbage et des Rentals. A cette époque, la salle était totalement délabrée et un lifting, aussi nécessaire soit-il, me semblait devoir coûter les yeux de la tête. Et bien ce lifting a été réalisé. Tout a été refait ; même les enluminures ont été repeintes. En respectant l’architecture du théâtre érigé en 1913. Stupéfiant !

Ce dimanche 7 novembre, c’est la formation insulaire Tindersticks qui est programmée. Un groupe qui a retrouvé son trio de base Stuart Staples, David Boulter et Neil Fraser, même si Dickon James Hinchliffe fait toujours défaut. Et qui a commis un nouvel album début de cette année, « Falling Down a Mountain », un disque d’honnête facture, sans plus. Cependant, en mai dernier, la formation avait accordé un excellent set, au Cirque Royal, dans le cadre des dernières Nuits Botanique, concert auquel je n’avais pu assister. Raison valable pour ne plus les manquer lors de leur retour en Belgique…

C’est David Kitt qui ouvre la soirée. Nonobstant sa carrière en solitaire, ponctuée de quelques albums, dont le dernier « The Nightsaver », remonte à 2009, le Dublinois a rejoint le backing group de Tindersticks, pour la tournée. Ce qui lui permet d’assurer le supporting act. Il chante en s’accompagnant à la sèche. Et est soutenu par un batteur coiffé d’une casquette recouverte d’un bonnet. Son drumming tout en subtilité est assuré essentiellement à l’aide de balais. La musique de l’Irlandais trempe essentiellement dans l’indie folk, même si on y recèle des traces d’électronica et de soul. David possède une belle voix. Un baryton qui me fait un peu penser à celui de Jean-Louis Murat. Le public est réceptif et l’applaudit chaleureusement. Il le remercie en l’applaudissant à son tour. Après cinq morceaux, un bassiste vient rejoindre le duo. Et le nouveau line up de se lancer dans un titre offensif digne du Crazy Horse de Neil Young, mais en version plus acoustique. Ce n’est qu’en fin de parcours que l’artiste va enfin empoigner une gratte électrique et clore ainsi une jolie prestation. Bravo et à tout à l’heure…

Les roadies s’affairent et on observe, sur l’estrade, la présence d’une belle panoplie d’instruments. Des guitares, deux basses, un violoncelle, une clarinette et un saxophone posés sur leurs socles respectifs. Un piano, deux claviers, un vibraphone et un kit minimaliste de batterie. En fait, le même qui a servi pour le collaborateur de David Kitt. Il est placé à l’extrême droite de l’estrade, de profil. Vers 9h30, le septuor entre sur scène. Le titre maître du dernier elpee, « Falling down a mountain » ouvre le concert. Trois guitares au menu. Pas encore celle de Stuart A. Staples (NDR : qu’il troquera parfois pour une acoustique ou l’abandonnera circonstanciellement pour se consacrer exclusivement au chant), puisqu’il se réserve un melodica. Kitt est passé au vibraphone et le saxophoniste (NFR : un grand chauve !) a empoigné son violoncelle pour le paso doble « Sometimes it hurts ». Ce dernier, malgré son immense carcasse, se révèle discret mais terriblement efficace. Il porte un gilet, comme Stuart et le drummer (un musicien de couleur noire, particulièrement habile). Les trois autres, soit le bassiste/guitariste et les deux David (Boulter et Kitt) sont vêtus d’un costard, même si Boulter enlèvera sa veste, après quelques morceaux. Pas de cravate, cependant. Mais des chemises blanches, sauf le gratteur solo. La voix de Stuart passe vraiment bien. Il ferme souvent les yeux, un peu comme s’il était dans un autre monde, en recroquevillant son poignet gauche contre sa hanche. Kitt, le bassiste/guitariste et le drummer se chargent des backing vocaux. David, excelle même dans les contre-voix. Neil Fraser change de guitare, pratiquement à chaque morceau. Il alterne entre une drôle de sèche et deux électriques : une vielle (de couleur bleue) et une neuve (rouge clinquant !) « She rode me » est imprimé par le drummer sur le rythme du chemin de fer. Lors du ‘nightclubbien’ « Dyin slowly/Peanuts », Stuart a sorti un harmo de sa poche, dans lequel il souffle, en fin de morceau. Malgré son intro nerveux au violoncelle, « Raindrops » réveille un peu tout le monde. Une compo vivifiante, intense, que le drummer va fédérer de ses interventions remarquables et dont l’apothéose électrique (quatre six cordes !) va soulever l’enthousiasme du public. Fabuleux ! Tel un bruit d’horloge, un métronome donne le tempo à « Marseilles sunshine ». Serait-ce la montre du lapin, dans ‘Alice au pays des merveilles’ ? Les claviers légers et vaporeux s’infiltrent dans la mélodie. Le violoncelliste pince ses cordes. Mais le climat s’enflamme à nouveau pour l’excellent « Tyed », un morceau plus rythmé, au cours duquel Neil se sert d’un archet, pour frotter les cordes de son manche. Dominé par le saxophone, dynamisé par les grattes électriques et caractérisé par les superbes échanges vocaux entre Stuart et Kitt, « Black Smoke » poursuit dans le rythme. Et après deux chansons plus mélancoliques, le set s’achève par « Harmony around my table », une compo plus intense et rythmée, bien sûr. Ovation !

Après quelques minutes, la troupe revient sur les planches. A deux reprises. D’abord pour deux titres. Puis pour un dernier, « Can we start again », une plage allègre au cours de laquelle les musiciens frappent des mains et invitent les spectateurs à les accompagner. Ah oui, à la question de la compo, après un tel concert de Tindersticks, on peut répondre oui. Et on y sera…

Pour que votre info soit complète, sachez que le sonomètre a rarement dépassé les 90db. Ce qui explique que le lendemain, on ne souffrait pas d’acouphènes…

(Organisation Democrazy Gand)

Jimmy Eat World

Don’t Look Back In Anger

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Jimmy Eat World aime la Belgique et celle-ci le lui rend bien. Le quatuor effectuait ce 4 novembre son second passage sur la grande scène de l’Ancienne Belgique, en moins de deux ans. Pour la circonstance, il présentait « Invented », son sixième recueil fraîchement publié lors d’un show étayé d’une setlist autrement plus intéressante que lors de sa dernière escale fadasse à Bruxelles.

Minus The Bear, quintet originaire de Seattle, ouvre le bal. Sa musique est un condensé d’indie rock évoluant quelque part entre The Fall Of Troy, Portugal. The Man ou encore les prometteurs Maps & Atlases. Leur dernier album en date, « Omni »,  partage à part presque égale avec ses prédécesseurs une setlist assez captivante. Après quelques compliments de bon aloi sur notre capitale et la promesse de produire à nouveau en Belgique, dans les mois à venir, la formation achève son court récital par son ‘tube’ « Pachuca Sunrise », assez bien accueilli par les spectateurs.

Quelques minutes plus tard, c’est au tour de Jim Adkins et sa bande de prendre place sur les planches. Le concert de Jimmy Eat World s’ouvre par l’énorme « Bleed American », aussi connu sous le titre post-11 septembre « Salt Sweat Sugar ». C’est sûr, on va moins s’emmerder que la dernière fois. L’auditoire, bien que moins nombreux, semble un peu plus éclectique qu’en 2008. Il faut dire qu’« Invented » est d’une autre trempe que le dispensable « Chase This Light ». Ce dernier est d’ailleurs complètement omis de la setlist qui privilégie les extraits du dernier recueil (« Action Is An Audience », « Coffee And Cigarettes », « My Best Theory », « Movielike », …) Mais surtout quelques classiques tels que « Work », « For Me, This Is Heaven », « 23 », « Pain », « Hear You Me », « The Middle » etc. Ce sont d’ailleurs ces morceaux qui sont le mieux accueillis par le public. Un public apparemment surchauffé puisqu’Adkins doit s’arrêter en plein milieu d’un morceau pour rappeler à l’ordre un membre de l’assistance un chouïa trop violent.

Outre « Bleed American », Jimmy Eat World interprète également « A Praise Chorus », un autre single dont l’absence avait cruellement fait défaut, lors de sa précédente prestation. En guise de rappel, le quatuor d’Arizona opère un nouveau retour en arrière à l’aide du retentissant « Gets It Faster » et tire sa révérence sur le morceau préféré de ces dames, « Sweetness ». Jim et ses potes est de retour dans nos bonnes grâces.

(Organisation : AB)

Hindi Zahra

Un moment de grâce…

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Hindi Zahra était déjà passée par l'AB Club en mars dernier. Elle est revenue ce mercredi 3 novembre, pour un concert, dans la grande salle, bondée. Le public bruxellois, informé grâce à de très bons articles saluant son premier album "Hand Made", l'attend impatiemment. Si l'essentiel de l'assistance se compose de jeunes, le panel est large, puisque, juste au pied de la scène, on peut voir une fille d'une douzaine d'années et, dans les fauteuils, plusieurs personnes âgées, dont un couple qui a certainement passé la barre des 80 ans!

Heureusement pour ce charmant couple, le groupe assurant la première partie, Root n'est pas –comme l'annonçait le site de l'AB– le groupe de dark heavy métal tchèque (qui porte le même nom). Il s'agit d'un trio de jazz rock réunissant Dominique Vantomme aux claviers, Mirko Banovic à la basse, et Geert Roelofs à la batterie. Leur musique est plutôt lente et déconstruite. Elle ressemble aux jams dans lesquelles chaque musicien prend son pied, et où le lien avec le public n'est pas ce qui importe le plus. Les mélomanes dans la salle sont suffisamment avertis pour applaudir le groupe, qui s’achève par un morceau magnifique où le piano prend toute son ampleur.

Etablir un lien entre le supporting act et la suite du programme n’est pas évident. Car la première partie explore un jazz plutôt cérébral, tandis que Hindi Zahra et son groupe optent pour une forme plus chaude de cette musique, à l'instar de chanteuses telles qu’Ella Fitzgerald ou Nina Simone. Hindi fait une entrée sobre, précédée de ses musiciens. Deux guitaristes qui entament le concert à la guitare sèche, une choriste, un batteur et un pianiste. C'est "Try" qui ouvre la séance, titre doux laissant la place aux chœurs. Les voix sont sensuelles et mutines, le rythme reggae est mêlé à des inflexions orientales. La voix de Zahra coule, sans effort, comme une évidence. Puis c'est le fameux "Beautiful Tango", magnifiquement interprété. Des pizz de guitare introduisent la mélodie obsédante que je garderai toute la soirée dans la tête. La voix se pose à contretemps, la ligne mélodique est variée, ne suit pas les schémas classiques. Des sortes de vocalises interrompent le refrain. Le groupe continue par "Imik Simik", chanté en berbère, et son jazz dansant. L'un des guitaristes saisit la basse tandis qu'Hindi accompagne son chant de ses mains, en dessinant dans l'espace. "Fascination" commence doucement, fredonné, puis les guitares électriques montent et l'on pense à Laurin Hill car les gestes de la chanteuse rappellent les groupes de hip-hop et la voix a le même grésillement voilé. Quelques titres plus calmes laissent place à un solo du percussionniste sur lequel Zahra danse en tous sens, le diable au corps, la tête renversée, pour le plus grand plaisir du public, fasciné. Il y a un air de Catherine Ringer dans les gestes saccadés, dans les mimiques hyper-expressives. "Set me free" est suivi par l'autre ‘tube’ : "Oursoul", qui débute sur un enregistrement de cour d'école, puis est chanté en berbère, "Ursul" se référant aux rêves d'enfants déchus. Le rythme est reggae, les youyous dans la salle s'en accommodent très bien, l'ambiance chauffe.

C'est l'heure de s’accorder une petite pause et, le verre de vin à la main, Hindi trinque à la santé des Wallons et des Flamands, puis, corrigée par le public, à celle des Bruxellois. L'ambiance est bonne, l'atmosphère se détend car le public de la ‘grande AB’ est vraiment très accueillant. Un morceau d'une grande beauté est alors interprété par Zahra seule, à la guitare et à la voix, émouvante dans ce silence religieux. "Don't forget about me when you sleep", chanson d'amour, comme presque toutes les autres. Superbe ! "Ahiawa", "Voices" et "Stand up" s'enchaînent, évoluant entre jazz, rock et reggae, sans oublier des mélodies flamencos qui sont l'occasion pour Zahra de s'improviser danseuse espagnole. Et de démontrer, s'il le fallait, le talent des guitaristes. Charmeuse, elle envoie des baisers à son public. Les yeux rieurs, elle termine en l’incitant à répéter ‘stand up, stand up baby’ !

Le concert semble terminé mais l'assistance en redemande. Avant d'entamer le rappel, la chanteuse voudrait bien en placer une mais le public ne lui en laisse pas l'occasion, tant il applaudit ! Emue, elle se marre, et nous livre encore plusieurs titres avant le deuxième rappel. 

Pour "Broken ones", en solo, elle s'y reprend à trois fois et chambre Hervé, son mari et ingé son, sur lequel tout le monde se retourne pour lui chanter joyeux anniversaire. L'ambiance est à son apogée, le public est conquis. Pour un début de carrière, cela commence vraiment bien, et Hindi Zahra a un bel avenir devant elle. Si son disque est très beau, ce n'est rien comparé au live !

Hurts

Help, I’m Alive

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Après Delphic, The Drums, Ellie Goulding, Rox, Marina & The Diamonds, Owl City et Stornoway, le Botanique accueillait son huitième artiste (sur 15) estampillé ‘Sound Of 2010’, par la BBC. En attendant le 9e (Two Door Cinema Club, le 23 novembre), le centre culturel bruxellois affichait sold-out pour la visite de Hurts, duo pop mancunien dont la première œuvre, « Happiness », souffle plus de froid que de chaud. Un peu à l’image de leur prestation live, d’ailleurs.

D’abord prévu à la Rotonde, le concert de Hurts a finalement déménagé vers l’Orangerie, vu l’engouement du public pour la pop (très pop) 80’s de Theo Hutchcraft et Adam Anderson. La formation était précédée de Stereo Grand, un quatuor réunissant tous les clichés du rock belge. Et des clichés, la soirée va en consommer une belle cargaison…

La scène, ornée de quatre espèces de piliers en toile blanche, accueille le duo et leurs trois musiciens à 21h10 précise. Hurts effectue une entrée très théâtrale. Tiré à quatre épingles, Hutchcraft prend cérémonieusement place devant son micro tandis que son comparse, fleurs à la main, se pose devant son piano. « Blood, Tears & Gold », « Silver Lining » et le tube « Wonderful Life » s’enchaînent sans la moindre étincelle. Chaque note respecte religieusement la version CD, jusqu’aux chœurs diffusés à travers le clavier. Hurts a une image commerciale à respecter et la défend bec et ongles. Aucun débordement, aucune spontanéité. Tout est carré et calculé, de façon parfois effrayante. On est ici dans la pop de la plus pure tradition, avec ses vocalises parfois grandiloquentes (« Stay », « Verona », « Evelyn »). Ce qui n’empêche pas le public d’en apprécier chaque seconde. A l’image du disque, le show (m’)est difficilement supportable. Si bien que leur reprise du « Confide In Me » de Kylie Minogue et l’horriblement kitsch « Stay », évoquant presque un morceau de Take That, finiront par me faire fuir, sans attendre le rappel. Quant à voir des robots sur scène, autant attendre le show de Daft Punk. Hurts est d’ores et déjà programmé sur la grande scène de l’AB, le 1er mars 2011. Ce sera sans moi.

(Organisation : Botanique)

The National

Secret meeting

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Impossible d’arrêter le temps qui fuit inexorablement entre nos doigts. Et je sais pertinemment bien, que comme le commun des mortels, je vieillis. Bon, c'est pas encore le troisième âge, j'ai encore toutes mes dents, je suis (pour le moment?) épargné par la calvitie, j'ai un peu de bidoche, mais pas trop. Donc j'appréhende le seuil de la quarantaine avec un certain détachement. Le secret de ma jouvence n'est pas en pot, ne s'étale pas sur la tronche le soir et le matin, ne s'injecte pas avec des aiguilles de tailles disproportionnées, et ne s'avale pas au petit déjeuner avec un verre d'eau. Non, si je suis resté (relativement) jeune, un peu à l'instar de Peter Pan, c'est grâce à mon âme d'enfant, que je m’efforce de garder intacte dans un petit recoin de ma caboche. Bien sûr, ce n'est pas toujours de tout repos, et l'immaturité ne fait pas toujours l'unanimité. Mais cette part de moi-même est peut-être la meilleure. En tout cas, je la chéris et veille à ne pas la perdre.

Et bien entendu, la musique joue le rôle de catalyseur de cette fontaine. C'est elle qui nourrit mes rêves enfantins et m'aide à ne pas grandir. Je dirais que c'est le monde magique dans lequel le moi-enfant aime à se retrouver. C'est mon oasis. Je suis un gosse de presque quarante balais qui rêve, chiale, danse comme un enragé et est heureux d'être malheureux quand il écoute des p... de chansons susceptibles de lui faire dresser les poils au garde à vous sur son épine dorsale.

Alors non, nonobstant l'inéluctable succès de The National, voué à un succès de plus en plus conséquent, par la grâce d'un album magistral ; ce que j'aime chez ce groupe, c'est la magie que recèlent chacune (fait rarissime) des chansons de leur répertoire. Un phénomène qui ne s’explique pas. C'est comme une alchimie. Oui, leurs morceaux sont vachement bien foutus, les mélodies imparables (dans une seule journée, je peux fredonner dix de leurs chansons qui viennent à tour de rôle hanter mon esprit) et ils ont ‘la classe’. Mais au-delà de toute cette littérature justifiant un tel engouement, The National me parle. A moi. Pas au reste du monde. Même si je connais quelqu'un qui ressent exactement les mêmes émotions. Il me confiait d’ailleurs encore hier : ‘Je Suis The National!’. Non, juste à moi. Ecouter un album de The National, c'est comme replonger chaque soir dans le même conte écouté et connu par cœur, quand enfant, maman me racontait une histoire avant de dormir.

Assez étrangement, j'ai découvert le groupe sur le tard. C'est donc avec une assiduité boulimique que j'ai exploré la discographie fournie depuis 1999. Et bien sûr, à l'approche des dates de la tournée où le groupe fera escale au mois de novembre, mon impatience grandissait. Cologne, Luxembourg, Bruxelles. Mon appétit étant disproportionnellement lié aux cordons de ma bourse. Je voudrais assister à toutes les dates de toutes les tournées. Je ne peux en faire que trois. Peut-on conclure que je perds la raison?

Un descriptif pour vous donner une petite idée de l'état d'ébullition dans lequel je me suis retrouvé quand le bruit d'un concert secret a commencé à circuler, pour finalement se retrouver au creux de mon oreille. Et de mon enchantement, quand après moult péripéties, ruses, et pas mal de patience, je pénétrai au sein de la station radio, quelques poignées de minutes avant le début de cet évènement.

Je savoure le moment. 137 figurants et moi, et moi, et moi. Un speaker rappelle quelques consignes d'usage, et le groupe accompagné de deux cuivres monte sur la courte estrade. Campé dans son élégant costume trois pièces sombre, le frontman, Matt Berninger décline quelques boutades sur un ton décontracté. Derrière lui, Bryan Devendorf, le batteur me fait de plus en plus penser à une réplique de Luke Wilson dans le film ‘La Famille Tenenbaum’. Je souris. A ma gauche, un grand piano à queue. Je frémis. Tout est en place. Les premières mesures d’« Anyone's ghost » retentissent. La basse emmène la chanson sur un rythme chaloupé. Les fûts sont martelés de manière saccadée. Déjà ma gorge s'étreint et ma tête balance. « Mistaken for strangers » embraie, m'entraînant alors dans un mouvement de pendule. « Bloodbuzz Ohio » me (trans)porte dans son essaim d'abeilles, parcourant des miles et des miles de terres promises, et mes yeux parcourent la distance qui sépare la mélancolie de l'espoir. Quelques mots échangés entre les frères Dessner et le chanteur annonce la couleur du morceau suivant : « Afraid of everyone ». Le tempo s'accentue. Il suit les battements des c(h)œurs. Les sonorités de la Fender deviennent torturées, plaintives et se déchirent en larmes de verre tranchant. Oui, yellow voices swalowing my soul, soul, soul, soul, soul, soul, soul, soul, soul. Un tourbillon de feuilles mortes. Et il y a toujours cette mélodie dans l'air.

« Slow show », magnifique chanson extraite de « Boxer », virevolte autour de moi et m'élève vers des cimes électriques. Je lève mon verre à mes amères défaites. « Squalor victoria ». Quand Matt Berninger éructe ses paroles comme un venin craché de ses entrailles, je fais corps avec lui. Dans les brumes de ses paroles au sens obscur se niche une poésie noire et pleine de sens.

« Conversation 16 » oscille entre ciel et terre. Des nuages sombres poussés par des vents mauvais. Des fourmis sortent du sol et grimpent le long de mes jambes. « Apartment story ». J'appelle cette réaction ‘danser’. Le commun des mortels qualifierait ce mouvement de ‘dodeliner’. Je m'en moque. Je suis transposé. Dans les confins de mon esprit, une étoile brille plus étincelante que jamais. Quand pleuvent les quelques arpèges cristallins de « Daughters of the soho riot », c’est comme si on arrachait quelques larmes à un alligator.

Retour aux claviers pour un hymne. « England » et son cortège d'anges escortés par de majestueuses trompettes. Je suis ici, ici et maintenant. Je devrais être ailleurs en ce moment. J'ai oublié mes responsabilités. ‘Stay the night with the sinners’. Le groupe se propose pour assurer le service lors de grandes cérémonies. Penser à inviter The National le jour de mon mariage. « Fake empire ». Mais qui détient les ficelles du destin? Le groupe se retire. Comme la mer. Non sans revenir.

Le prochain single amorce le final grandiose. « Terrible love ». Descendu dans la marée de fidèles, frôlant mon épaule, Matt s'oublie (enfin) et laisse sa barque s'écraser sur les la(r)mes de récifs recouverts d'embrun. ‘It takes an ocean not to break’. Je bois le calice, ce sang est mon sang. Enfin, dans un final apaisé, communiant avec quelques audacieuses voix parsemées dans l'assistance, « Vanderlyle crybaby geeks » en version unplugged clôt cette soirée en toute beauté. Du set list initial, « Mr. November » et « About today » ont été exclus des rappels. Je soupire. Qu'importe. Peut-être dans trois semaines? Je n'en ai pas assez. J’en voudrais encore. Comme quand j'étais jeune et insouciant. Quelques rasades pour étancher ma soif. Quelques dates d'affilée, pour me rassasier. Peut-être…

Avant de regagner mes pénates, j'aperçois par l'interstice d'une porte curieusement entrouverte un touchant tableau de famille. Oui, Matt, tu as raison, c'est là que réside la réalité. Mais l'espace d'un instant, qu'il est bon de se retrouver enfant!

En concert le 21 novembre à l’Ancienne Belgique. Sold Out.

Concert en écoute gratuite sur: http://www.stubru.be/media/herbeleefthenationalinclub69

(Organisation: Studio Brussel).

 

HEALTH

Health? Un groupe qui pète la santé!

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Le concert de Health devait démarrer à 20h00. En arrivant au Botanique, ce jeudi 28 octobre, on nous annonce que le set commencera à 20h30. Soit ! La formation débarque de Los Angeles. Et puis, il n’y a pas de supporting act. Tant mieux d’ailleurs, car si c’est pour se farcir une première partie sans grand intérêt. Et puis, c’est l’occasion de s’enfiler une petite mousse et même, pourquoi pas, de faire un petit saut jusqu’au stand du merchandising, surtout si d’aventure vous souhaitez vous procurer un cd ou un t-shirt du groupe.  

L’Orangerie n’est qu’à moitié pleine (NDR : ou à moitié vide, selon) lorsque Health débarque. Un barbu bien en chair siège derrière les drums. Il tape comme un dératé sur ses fûts. Mais il manie les baguettes avec une rapidité impressionnante ; de quoi communiquer une belle intensité tout au long du show. Le bassiste se plante au milieu de la scène. Chevelu il campe, physiquement, un hybride entre l’ex-guitariste de Smashing Pumpkins, James Iha, et Damo Suzuki, le chanteur mythique de Can, même si on n’aperçoit son visage qu’à de trop rares occasions. De part et d’autre du podium s’installent le chanteur/guitariste (il est coiffé d’une casquette bien yankee) et le second guitariste, également préposé aux ‘bidouillages’. Et leur entrée en scène s’apparente à un véritable coup de tonnerre. Le son est puissant, le tempo vivace et les quatre énergumènes déménagent, se déchaînent. Et ce n’est guère une surprise, lorsqu’on connaît un peu leur musique. Pas toujours facilement identifiable, il faut le reconnaître, elle véhicule une énergie punk, s’enfonce parfois dans la noisy, mais ne néglige pas pour autant l’expérimentation (NDR : l’usage plutôt atypique des micros en est une belle illustration).

Au cours de la première partie du spectacle, Health privilégie les compos les plus décapantes. Une période au cours de laquelle, les musicos vont d’ailleurs nous balancer des morceaux tels que « In Heat » ou « Die Slow ». Lors de la seconde, le tracklisting va alterner compos au rythme davantage syncopé et chansons plus posées. De quoi permettre leur permettre de laisser transparaître leur sens mélodique. Pas vraiment pop (NDR : c’est un pas que je n’oserai franchir), mais mémorisable. A l’instar du magnifique « We Are Water ».

Après 40 minutes, le quatuor vide les lieux. Le temps de faire le plein de bouteilles d’eau et il revient sur la planches. Pour un rappel de courte durée, limité à un titre. A 21h20, Health prend définitivement congé de l’auditoire et les lumières se rallument.

Musicalement, il faut avouer que c’était le pied ! Néanmoins, j’émettrai quand même deux remarques. Tout d’abord la durée du set. 50 minutes, c’est quand même un peu court, surtout lorsqu’il n’y a pas de première partie. Ensuite, l’état d’esprit du groupe. Un peu trop condescendant, à mon goût. Sans quoi, le concert valait son pesant de cacahuètes…

(Organisation Botanique)

Bonaparte

Bonaparte a mis le public dans sa poche…

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La presse est unanime, Bonaparte est un groupe à absolument voir sur scène ! J’attendais donc impatiemment de les découvrir ce mardi 26 octobre, à la Rotonde du Botanique. Coupons court à toute polémique, cette flatteuse réputation, la formation l’a gagnée à force de tourner à travers l’Europe ; elle n’est donc pas usurpée. D’ailleurs, il ne faut que quelques minutes pour que le public se rende compte qu’il se trouve face au groupe le plus fou et déjanté qu’il lui ait été donné de voir sur scène.

La salle est comble lorsque le Suisse Tobias Jundt et sa troupe berlinoise à géométrie variable, monte sur les planches. Juste après la projection d’un mini film présentant les divers personnages –bizarres et particulièrement décalés– qui seront mis en scène lors de ce spectacle. Est-ce du cabaret ou du cirque d’une autre époque ? Une chose est sûre, l’imagination est au pouvoir et elle ne souffre d’aucune limite. Elle est même totalement débridée. Durant plus de 120 minutes, les titres de leurs deux derniers albums s’enchaînent. Le groupe semble, en outre, prendre beaucoup de plaisir. Et le public également. Les riffs de guitares déferlent. Les musiciens sont masqués. Deux aimables demoiselles sont follement accoutrées. Les chorégraphes enchaînent des apparitions. Pour y faire, le plus souvent n’importe quoi. Certains sont déguisés. D’autres pas. Participent à ce spectacle drôle et trash, un cheval chef d’orchestre, un ‘homme-canon’, une femme de ménage joueuse, une none lubrique et défoncée, une danseuse indienne. Il y a même une baignoire ! C’est l’anarchie la plus complète, mais l’énergie est euphorisante et communicative. D’ailleurs, elle ne laisse personne indifférent. Les tubes (« Too Much » et « I Can’t Dance ») de leur deux derniers albums –un peu saoulant sur disque–enflamment une Rotonde parfaitement conçue pour ce type de show. Encore plus délirant que celui d’Of Montréal… et qu’importe si leur musique n’est pas toujours au diapason.

‘Do you want to party with the Bonaparte?’ Quelle question! Au vu de ce que la troupe nous a proposé ce soir, il serait insensé de les manquer, lors de leur prochain passage près de chez vous. Et la description de cette représentation, que je viens de vous brosser, ne reflète que le tiers du quart de ce à quoi vous devez vous attendre, lorsque vous irez les applaudir sur les planches. Le responsable de cet incroyable bordel rock d’une durée de deux heures ? C’est tout simplement Bonaparte. Et il nous mis dans sa poche…

(Organisation Botanique)

 

Anders Trentemøller

Northern Lights

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D’abord au sein de Tribag, puis seul aux commandes depuis la sortie de son premier album, « The Last Resort », paru en 2006, Anders Trentemøller a réussi à s’imposer comme une figure de proue de l’électro minimale. Au point de se produire aujourd’hui à guichets fermés dans des salles telles que l’Ancienne Belgique. Ce que peu de ses contemporains militant dans le genre sont parvenus à réaliser jusqu’ici.  La salle du centre-ville bruxellois accueillait le Danois venu défendre « Into The Great Wide Yonder », son deuxième essai publié en juin dernier lors d’un show aussi jouissif pour les oreilles que pour les yeux.

Ceux qui, comme votre serviteur, s’attendaient à un show sobre du genre ‘DJ derrière ses platines et projections à l’arrière-scène’ auront été bien surpris ce soir. Trentemøller n’est manifestement pas homme à faire les choses à moitié. Pour accomplir sa plus grande tournée à ce jour, le Danois est accompagné de pas moins de sept musiciens. Un vrai ‘live’ en perspective. Le décor, créé par Henrik Vibskov, à la fois designer de mode et… batteur pour son comparse, est à la fois simple et impressionnant. La scène est parsemée de grillages s’élevant du sol, participant à une mise en scène rondement menée. Trentemøller prend place derrière ses platines, suivi de tous ses musiciens. « The Mash And The Fury », extrait d’« Into the Great Wide Yonder », ouvre le bal. Le talentueux Dj/musicien/producteur/remixeur construit son set crescendo. La tension dans le public monte au fur et à mesure que les titres s’enchaînent, soutenus parfois par deux demoiselles se partageant le micro à  tour de rôle. « Sycamore Feeling », « Miss You », Something Better », « Silver Surfer, Ghost Rider Go!!! » agitent tour à tour le public de l’Ancienne Belgique.

Lors du rappel, le concert de Trentemøller s’achève en apothéose sur un « Take Me To Your Skin » qui met tout le monde d’accord. L’espace d’une petite heure et des poussières, le Danois a démontré par A+B que l’électro minimale et atmosphérique est la forme la plus classieuse et peut-être même la plus fédératrice du genre.

(Organisation : Live Nation)   

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