Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk…

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Good Shoes

A côté de ses pompes…

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Curiosité bien ordinaire que de venir découvrir les derniers phénomènes émergents indie-pop d’outre-Manche ce mardi 26 janvier au Botanique. C’est principalement en 2007, en assurant des premières parties de groupes tels que The Rakes, Kaiser Chiefs, Maxïmo Park ou encore Blood Red Shoes, que le quatuor londonien s’était fait connaître et nous avait présenté les contes adolescents de son premier elpee, « Think Before You Speak ». Un premier album prometteur mais trahissant un manque de maturité.

Peu avant la sortie du deuxième long playing (« No Hope, No Future »), Rhys Jones, leader de la formation, élevait cependant le discours en nous annonçant la sortie d’un elpee ‘plus complexe et plus lourd’. Encore fallait-il le démontrer sur les planches de la Rotonde, à Bruxelles.

Les Kids anars de Mordem (banlieue Sud de Londres) n’avaient pas laissé la promo de « No Hope, No Future » au hasard et avaient la ferme intention de se faire entendre, d’emblée, sur toutes les scènes d’Europe. Leur agenda d’horloger en est témoin : sortie belge de l’album le 25.01.2010, suivi d’un concert à Bruxelles le 26.01.2010 ; sortie française prévue le 26.01.2010, suivi, sans transition, d’un live au Point Ephémère à Paris le 27.01.2010…

La variation annoncée entre le premier et le deuxième album n’est cependant pas à la hauteur des ambitions affichées. Quelques minutes live suffisent pour comprendre que Good Shoes ne représente qu’un groupe indie britannique de plus (ou de trop !) Une formation qui chante, une fois de plus, la vie ordinaire et cruelle de banlieusards londoniens et souffre cruellement de personnalité : Futureheads et Artic Monkeys pour le versant punk-rock et Robert Smith pour le côté new-wave nostalgique.

Good Shoes propose une setlist expéditive aux mélodies répétitives. Un pop-rock nerveux, pas franchement mauvais, mais insipide et indolore. Pas de secousse sismique au sein de la Rotonde. 100 DBA qui ne s’envolent jamais et nous présentent une prestation globalement punk-rock et sans sueur. Un set aux enchaînements rapides et expéditifs qui nous rappellerait presque les Ramones. « Ice Age », coloré d’une voix sans émotion, se fait d’ailleurs remarquer par ses refrains ‘ramonesques’.  

A vrai dire, ce concert évoque davantage la performance d’un bon groupe animant un bal de fin d’année dans un collège. Les jeunes Londoniens aux allures de teenagers désabusés accusent déjà des signes de fatigue sur scène et adoptent un comportement légèrement ‘sick of it all’.

Et, malheureusement, c’est contagieux ! Zéro rappel confirmera cette tendance.

(Organisation Botanique) 

 

Local Natives

Sweet Folk For Planet Earth

Écrit par

Prélevez une bonne dose de Grizzly Bear, une autre de Fleet Foxes et ajoutez-y une petite once de Band Of Horses. Placez les trois éléments dans un shaker. Secouez bien. Vous obtiendrez à peu de choses près un condensé de morceaux imparables interprétés par une bande de cinq gars sympathiques militant sous le patronyme de Local Natives. Et le quintet qui monte à une vitesse vertigineuse était de passage sur la scène de la Rotonde, ce 25 janvier.

Dès 20h30, la petite troupe monte au complet sur les planches ; et elle est prête à défendre bec et ongles son « Gorilla Manor ». Ouvrant son set par « Camera Talk », un titre passant à la moulinette chacune des références citées plus haut, Local Natives communique une bonne humeur à toute épreuve à une Rotonde pleine à craquer. La formation embraie par « World News » et leur géniale reprise des Talking Heads, « Warning Sign », chantée en chœur par tous les membres du band. Le public qui, jusque là, écoutait religieusement ces hymnes magistraux, glorifie enfin les prouesses des Californiens. Les percussions retentissent dans toute la salle tandis que la quasi-intégralité de « Gorilla Manor » est passée en revue.

Tandis que les cinq musiciens se déchaînent sur « Airplanes, « Wide Eyes » et « Cubism Dream », on a la nette impression d’assister à l’éclosion d’une formation destinée à une carrière aussi prometteuse que celles d’un Grizzly Bear ou d’un Fleet Foxes. D’ailleurs, la voix de Taylor Rice, mise en exergue sur les morceaux tels que « Cards & Quarters », « Stranger Things » ou « Who Knows Who Cares » n’est pas sans rappeler, par moments, celle de Robin Pecknold, interprète de la bande de renards folkeux. Local Natives clôture sur un « Sun Hands » qui leur vaut une belle petite ovation. Le quintet n’ayant pas plus de morceaux à interpréter, revient tout de même pour un ultime rappel. Taylor et ses acolytes s’essaient pour la première fois à une reprise acoustique et sans micro du classique de Simon & Garfunkel, « Cecilia ». Il n’en faut pas beaucoup plus pour finir de convaincre l’assistance. Local Natives est définitivement une formation à ne surtout pas rater, si elle se produit lors de l’un ou l’autre festival, cet été.

Organisation : Botanique.

OK Go

A Million Ways (To Be Cool)

Écrit par

Le monde entier les a vu se trémousser sur des tapis roulants ou encore effectuer leur ‘silly dance’ dans le fond d’un jardin. Mais sont-ils nombreux à avoir retenu le nom de ces quatre individus dont les idées ont été copiées, recyclées ou même ‘Simpsonisées’ ? Adeptes des concepts farfelus, Ok Go investissaient pour la seconde fois un ABClub plein à raz bord. Merci Youtube !

Pour la première date de leur tournée européenne, Ok Go a choisi de poser ses bagages en plein centre de Bruxelles. Après une nuit agitée au Delerium, le quatuor a revêtu ses plus beaux atours pour faire hurler les minettes. Su son ‘31’, la formation arrive tranquillement sur scène, et démarre les hostilités par « White Knuckles », un extrait de « Of The Blue Colour Of The Sky », un troisième opus ayant trouvé le chemin des bacs une semaine auparavant. La moyenne d’âge du public a légèrement baissé depuis la dernière visite des garçons. Et ça s’entend. Quelques filles surexcitées hurlent à la mort au moindre mouvement de Damian Kulash, leader de la bande. Celui-ci embraye par « Don’t Ask Me » et le fameux « Here It Goes Again ». Voilà une bonne chose de faite.

L’accueil du public belge est particulièrement chaud et OK Go ne manque pas de le souligner entre l’un ou l’autre morceau. Après un petit bain de foule, Kulash sollicite d’ailleurs l’aide de l’assistance sur le morceau suivant. Et il ne fallait pas le demander deux fois. L’ABClub se transforme en chorale géante le temps d’un « This Too Shall Pass » retentissant. Suivent, les tubes « Get Over It », « Do What You Want », « WTF? », « A Million Ways (To Be Cruel) » (cette fois, sans la chorégraphie) ainsi que des extraits des trois travaux du quatuor (« It’s A Disaster », « Invincible »,  « Skyscrapers », « Back From Kathmandu »,…)

Une fois n’est pas coutume, les Chicagolais terminent leur set par un délire bien à eux ; à savoir un « What To Do » interprété uniquement à l’aide de cloches à main de tailles variées et d’un carillon. L’effet est plutôt comique, d’autant que Kulash a bien du mal à stabiliser sa voix lorsqu’il manipule les plus grosses cloches. Les quatre gaillards reviennent ensuite pour accorder un ultime rappel, après avoir endossé des vestons au dos lumineux, affichant chacun une lettre du nom de la formation. Mais l’élément le plus fantasque, émanera du clou du spectacle : des guitares à effets laser, enveloppées d’une fourrure magnifiquement kitsch. Une vision qui valait à elle-seule le déplacement !

(Organisation : AB)

The Havana Lounge

Les ‘Cuban Classics’

Écrit par

Buena Vista. Deux mots qui, rien qu’en les prononçant, nous renvoient aux images incontournables de salsa, cigares et autres déhanchés cubains. Annoncé ‘sold ou’ depuis plusieurs semaines, le concert accordé par l’ensemble latino The Havana Lounge a démontré une fois de plus que rumba, bolero et mambo séduisent toujours autant les aficionados du genre. 

Sur la scène de l’Ancienne Belgique ce samedi 19 janvier, neuf musiciens et trois chanteurs solistes nous ont promenés sur quelques-uns des grands classiques cubains, riches et rythmés. Tous ensembles, ils perpétuent la tradition d’une musique issue du célèbre quartier de Buena Vista District à La Havane.

Parmi les airs connus du répertoire cubain, on reconnaîtra El Cuarto de Tula interprété en duo par la gracieuse Maria Victoria Rodriguez Sosa et Julio Alberto Fernandez Colina, « Dos Gardeñias », « Candela », « Qué Rico el Mambo « et en guise de rappel (et sans prise de risque) le célèbre « Guantanamera ».

Une musique populaire, entraînante qui, cependant, quand on entame la deuxième heure de concert, fait sentir une certaine répétitivité. Un set de plus de 2h où on se serait bien vu assis tranquillement à une table, en sirotant un Cuba Libre.

On retiendra au final, l’enthousiasme et l’énergie inépuisable de Teresa Garcia Caturla. Cette dame –septuagénaire précisons-le– a chanté aux côtés d’Omara Portuondo et Ibrahim Ferrer dans le projet Buena Vista Social Club. Elle a remarquablement animé l’assemblée par sa présence et son charisme soutenu.

Cuba recèle d’excellents musiciens. Avec l’ouverture progressive du pays, espérons que ces virtuoses des rythmes endiablés continueront de transmettre les secrets de ces percussions africaines mêlées de guitares espagnoles, et de trompettes qui rajoutent ce zeste de mélancolie à la recette originale.

Organisation Greenhouse Talent

(Voir aussi notre section photos)

Xavier Rudd

La communion par la musique

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Invariablement pieds nus, Xavier Rudd foule inlassablement les planches des festivals world internationaux les plus célèbres. Au fil du temps, le globe-trotter australien apparaît naturellement comme l’une des personnalités les plus excentriques de la scène world.

Multi-instrumentiste surdoué, ce jeune fou de 32 ans, expert en didgeridoo, manie plus de dix instruments et use de son expérience acquise lors de ses nombreux voyages pour tisser une musique intense et universelle. Il fait du monde sa maison. Un lieu peuplé de sons, de visages et de paysages où il cultive une pluri-culturalité sonore unique. Mêlant musique traditionnelle aborigène et instruments classiques (guitare, batterie, harmonica…), il tisse chaleureusement des ponts entre les continents. Son sixième et dernier opus, présenté ce soir à l’Ancienne Belgique, met d’ailleurs l’Afrique du Sud à l’honneur. Tout au long de « Koonyum Sun », « Xavier Rudd » décide de revenir aux sources de sa musique et de s’éloigner du puissant et décalé « Dark Shades Of Blue ». Un retour en grande pompe qui bénéficie des lumières de Tio Moloantoa (basse) et Andile Nqubezelo (batterie). Deux musiciens sud-africains de légende (ex-membres de Lucky Dube). Un album world exceptionnel sillonné de reggae, dub, blues et folk déjà restitué lors d’un concert inoubliable accordé sur la scène de l’Ancienne Belgique au mois de février dernier.

20h50, les étendards sont dressés. Côté jardin, le drapeau aborigène d’Australie. Côté cour, celui de l’Afrique du Sud. Le ton roots est donné. Les couleurs de « Koonyum Sun » visuellement symbolisées.

Seul, tout d’abord, Xavier Rudd expose toute l’ampleur de son talent. Un début instrumental, assis, qui distille des fluides musicaux proches de l’expérience chamanique. Une transe habillée de trois didgeridoo et d’une batterie qui affronte le temps et fige l’espace. Je répète : seul et simultanément. Impressionnant ! De morceau en morceau, le ‘one-man band’ jongle d’un instrument à l’autre (didge, drums, guitare, harmonica…) et les manie avec une aisance déroutante. Le ‘Yirdaki’ abandonne alors subitement la batterie pour la guitare Weissenborn et l’harmonica. Façon Ben Harper, il gratte et souffle le chaud. Sa dextérité déconcertante irradie la salle d’une atmosphère énigmatique et agréablement crispante. Un premier acte qui impose le respect face à tant de talent et nous laisse sans mots. L’accueil tambourinant du public en sera juge.

Changement de cap subit pour le deuxième acte. Le théâtre du monde s’enrichit des deux musiciens sud-africains d’Izintaba. L’atmosphère change. La dimension artistique prend de l’ampleur. Musiques des Caraïbes, world, rock, reggae, dub… viennent habiter les lieux. Une musique reflétant la passion de l’artiste nomade pour le mélange des cultures. Mixité merveilleusement exécutée ce soir par le trio intercontinental. Un savoureux mélange qui ravit un homme qui aime s’inspirer et défendre toute minorité ethnique. Et, plus particulièrement, la sienne, la culture aborigène.

Artiste profondément humain et généreux, Xavier Rudd a, ce soir encore, atteint son objectif : communier en musique face à un public surchauffé, dansant et visiblement heureux.

Xavier Rudd et Inzintaba, un trio qui réchauffe l’âme et le corps à l’orée d’un hiver bruxellois froid et sombre.  

(Organisation Ancienne Belgique)

 

 

The Temper Trap

Des kangourous encore trop sur leur réserve…

Écrit par

La Rotonde était pleine comme un œuf, ce samedi 19 décembre, au Botanique, pour accueillir deux groupes qui sont à l’aube de leur carrière. Faut dire que lorsque l’arène est sold out, 250 personnes tout au plus garnissent les ‘gradins’ et la fosse (?) Une audience visiblement séduite par le single du moment, « Sweet Disposition » (NDR : qui cartonne sur les ondes de Pure FM), puisqu’elle avait bravé les conditions hivernales afin de faire connaissance avec la formation australienne. Responsable d’un seul elpee à ce jour, « Conditions », on savait que le set de The Temper Trap ne durerait pas deux heures ; et que tout serait emballé et pesé pour 22h30 au plus tard…

En première partie, un combo gallois, répondant au patronyme de The Joy Formidable avait pour mission de réchauffer l’assemblée transie par le froid, avant de pénétrer dans l’hémicycle. Mission réussie pour le trio gallois qui peut compter sur un bassiste sobre mais efficace, un batteur à l’énergie démesurée et une chanteuse/guitariste tout autant mignonne que talentueuse. Une grosse demi-heure de rock spontané et ‘électrique’ plus tard, la ‘foule’ est toute ragaillardie et prête à accueillir ses favoris…

Un seul technicien a la lourde tâche de mettre tout en œuvre afin que Temper Trap soit paré pour monter sur les planches. Il a fort à faire le malheureux : câbler, accorder, régler, coller les tracklists, disposer serviettes et bouteilles d’eau. C’est ainsi qu’on se rend compte que les ‘Aussies’ ne sont qu’aux balbutiements de leur aventure. Pas très fortuné, le band ! Pendant les préparatifs, on apprend via 4 fans lillois que le groupe s’est pris un bide dans le Nord de la France. ‘Normal, prétend l’un d’eux. On est toujours en retard d’un an ou deux sur la Belgique !!!’ Il est vingt et une heure, tout est fin prêt.

Les cinq membres font leur apparition : un batteur, un bassiste, un premier guitariste, un second qui joue aussi des claviers et le chanteur également ‘armé’ d’une guitare et coiffé d’une casquette. Aucun décor. Un jeu de lumières des plus discrets. Visiblement le band ne compte que sur sa musique… qui est tout bonnement excellente ! Véritable révélation australienne au sein de la scène indie rock, The Temper Trap revendique une musique pop explosive, agrémentée par les envolées vocales du frontman.

La prestation s’ouvre par une intro instrumentale inédite, inconnue au bataillon. Et embraie par l’intégralité de son elpee (10 plages seulement !), joué à la perfection. Le chanteur montre des dispositions assez remarquables. Une voix qui peut monter, monter,… sans jamais connaître la moindre hésitation, la moindre faiblesse. Ses quatre complices se mettent au diapason. L’interprétation est de très bonne facture ; mais léger bémol (NDR : règle cependant importante lors d’un concert), le combo ne prend guère de risques et ne communique guère avec son public ; un public pourtant conquis et qui ne demande qu’à s’enflammer. 

Les Australiens attendront le dernier titre, « Drum Song », pour se déchaîner et montrer qu’ils sont capables d’investir une scène et de se l’approprier totalement. C’est le moment choisi par Dougie, le chanteur, pour couvrir d’eau la peau de son gros tambour et de le frapper comme un sourd pour faire surgir des gerbes d’eau à chaque coup de baguette. Effet garanti !

La troupe se retire avant un rappel, décevant pour les deux premiers titres. Une reprise du boss (« Dancing in the Dark ») et un inédit (pas à la hauteur du reste). Avant de terminer sur l’excellent « Science of Fear ». C’est à cet instant que certains regrets nous traversent l’esprit. Pourquoi ne pas avoir manifesté la même énergie tout au long du ‘show’. Musicalement remarquable, la formation australienne demande à être revue d’ici un ou deux ans, après avoir étoffé son répertoire et acquis cette maturité scénique qui lui fait un peu défaut à l’heure actuelle.

Il est 22h30 comme prévu ! Retour à la maison. Gaffe au volant ! Neige, gel et… conducteurs maladroits sur les routes !!!

Organisation Botanique

(Voir aussi notre section photos)

 

Biffy Clyro

Fire Water Burn

Écrit par

Pour clôturer en beauté sa saison 2009, le Vk* avait convié ce mercredi 16 décembre, la formation écossaise, Biffy Clyro. Actif depuis 2001, le trio goûte enfin aux joies de la reconnaissance, notamment grâce à « Puzzle », un quatrième ouvrage incandescent, publié il y a deux ans. Mais également suite à une longue tournée mondiale opérée d’abord en compagnie de Bloc Party, puis tout seuls comme des grands ; et, enfin, dans les bagages de Queens Of the Stone Age. En 2009, le combo a finalement acquis une base de fans solide en dehors des frontières de la Grande-Bretagne. Si bien que la petite salle molenbeekoise affichait complet à l’heure où les trois Britons entraient en scène pour défendre leur dernier né, « Only Revolutions ».

C’est une tradition au Vk*, les concerts ne démarrent que très rarement avant 21h30. Après une prestation très anecdotique de People In Planes et quelques bières, un public complètement surexcité (la fin des examens ?) attendait le trio de pied ferme. Lorsque Simon Neil et les frères Johnston apparaissent sur les planches, ouvrant le bal par « That Golden Rule », dernier single extrait de leur nouvel opus, la frénésie est immédiate. Elle prendra de l’ampleur au fur et à mesure que les morceaux s’enchaînent. Ainsi, l’énorme « Living Is A Problem Because Everything Dies » suivi de « A Whole Child Ago », « Who’s Got A Match ? » ou le sublime « 9/15ths » marquent le début des hostilités. Aux premiers rangs, les fans pogot(t)ent sans relâche et n’ont pas l’air prêts de s’accorder une pause.

D’autant plus que Biffy Clyro embraie par l’incontournable single « 57 », extrait de l’œuvre introductive « Blackened Sky ». L’occasion pour quelques casse-cous de donner le signal de départ du crowdsurfing. Difficile ensuite de poursuivre par des morceaux plus calmes. Ayant chauffé à blanc l’assistance, les trois Ecossais doivent affronter un public dissipé qui ne prête que peu d’attention à « Machines », « God & Satan » ou « Now I’m Everyone », pourtant sublimes. A ces titres, le public belge préfère les défouloirs « Justboy », « Glitter & Trauma » ou encore « Semi-Mental ». La plupart des chansons sont reprises en chœur par la foule. Les trois gaillards se montrent plutôt surpris d’un tel accueil et finissent alors par injecter davantage de hargne dans leur prestation. Il faut dire que le public est autrement plus dynamique que celui qui les avait accueillis lors de leur prestation à la Rotonde du Botanique, en 2007.

La formation clôture son set par les singles « Saturday Superhouse » et « The Captain », procurant à leurs fans, une ultime occasion de se rentrer dedans. 2009 s’achève donc dans un tourbillon de riffs et de sueur, comme il se doit. Il aura fallu près de neuf ans à Biffy Clyro pour s’imposer ; et, au vu de l’effet produit par leurs hymnes sur le public belge particulièrement chaud, la mission est bel et bien accomplie.

(Organisation Vk*)

 

Sukilove

De Londres à Bruxelles…

Écrit par

C’est après avoir accompli une longue tournée à travers la Grande-Bretagne (Londres, Reading…) que les cinq Gantois de Sukilove sont venus déposer, un dimanche soir d’hiver bruxellois, leurs guitares sur l’estrade du Botanique. Environ cinquante visages clairsemaient timidement le parterre de la Rotonde pour découvrir le nouveau projet original du compositeur/guitariste/chanteur Pascal Deweze. Il est soutenu par quatre acolytes. En l’occurrence Stoffel Verlackt, préposé aux drums, Toon Offeciers, au piano, à l’orgue, au moog et aux samplings, Tim Vandenbergh, à la basse ainsi que Sjoerd Bruil, à la guitare. Qui se chargent également des backing vocaux. Projet créatif, rappelons-le, concocté en 14 jours à peine et directement suivi d’une tournée européenne (voir chronique Cd). Restait donc aux cinq ‘homo-érotico-rockeurs de nous présenter leur inclassable « Rusty Pop », sur scène.

Pour entamer le set, « New Begining », titre d’ouverture du premier elpee, pare le décor musical d’un pop-rock épique tambourinant. Les percussions se caressent de riffs doux et nous guident progressivement vers la découverte d’un bouquet électrique composé de 12 fleurs pop-rock dont 8 éclosent de l’album. Lors de ce trip musical, on assiste à un concert où les versants lugubres et nihilistes de « Static Moves » s’estompent graduellement et laissent place à un pop rock plus classique et moins expérimental que sur la galette. L’unique écho nous restituant l’atmosphère de l’album est répercuté à travers une superposition d’harmonies vocales en strates joliment architecturées. Les cinq voix parlent et s’épousent magistralement pour créer un univers singulier, particulier au groupe.

Un rock plus fragile et plus dénudé est effectivement dispensé en ‘live’ mais nous offre cependant un ensemble merveilleusement orchestré. Ce quintet est indéniablement constitué d’excellents instrumentistes qui font aisément la démonstration de leur expérience artistique. Malgré la météo glaciale pétrifiant la capitale, le combo le lance dans un final particulièrement agressif. Les guitares s’énervent en riffs plus durs et glissent, par intermittence, des instants psychédéliquement agités. On détecte, cependant, une certaine lassitude dans la voix de Pascal Deweze lors des intermèdes ; une fatigue certainement consécutive à une fastidieuse tournée anglaise.

Ecouter « Static Moves » avant de découvrir le groupe sur les planches, offre une perspective plus objective du potentiel de la formation gantoise.

De retour au pays, Sukilove se produira prochainement à travers la Belgique (Anvers, Gand et Laarne) et les Pays-Bas (Utrecht, Leeuwarden et Amsterdam) du 30/12/2009 au 17/04/2010. Informations disponibles sur le website Myspace du groupe : http://www.myspace.com/sukilove

Organisation : Botanique.

(Voir aussi notre section photos) 

The Notwist

Audacieux mais perfectible…

Écrit par

Après avoir accordé un concert exceptionnel ce 13 avril 2009 dans le cadre du festival Domino, les inclassables Allemands de Notwist rouvraient les portes de l’Ancienne Belgique pour nous proposer un concert dénu(d)é d’électronique mais joliment habillé de cuivres et de cordes.

C’est accompagnés du Big Band ‘Andromeda Mega Express Orchestra’ de Berlin que les frères Archer foulent les planches de l’AB. Les claviers de Martin Gretschmann se dérobent alors et laissent place aux harmonies délicieusement jazz minimalistes et classiques du combo berlinois. Une multitude d’instruments se heurtent, se bousculent, s’enlacent et irradient soudainement l’univers indietronica du quatuor bavarois (trombone, basson, alto/tenor sax, bass clarinet, contrebasse, violoncelle, violons…)

20h45. Sous les feux des projecteurs, les elfes et les fées envahissent furtivement la salle et effleurent les oreilles du spectateur des douces et mélodieuses mélopées de Markus Archer. Set où les musiciens allemands revisitent plutôt l’avant-dernier album (« Neon Golden »). Source sonore qui s’accorde davantage au projet proposé sur scène.

Résolument plus classiques que les prestations précédentes, les morceaux se croisent et se vêtent de textures sonores où alternent les violons et les guitares électriques. « This Room » escalade progressivement le mur du son et, crescendo, se termine en envolée lyrique saturée de violons. Quant au final de « Gloomy Planets », il s’assourdit de lourdes guitares électriques qui tombent en frénésie et flirtent avec la musique noise.

Ce mélange de guitares, electronica et combo classique-jazz fonctionne globalement bien mais trahit parfois quelques faiblesses. Sans remettre en question les qualités intrinsèques et artistiques du combo classico-jazz du Mega Express Orchestra, certains des morceaux sombrent dans les abysses de l’ennui. Cette prestation semble moins inspirée que celle accomplie au mois d’avril. La magie opère moins aisément (plus difficilement) et souffre parfois d’une sorte d’inachèvement induit par une improvisation pas toujours maîtrisée. La setlist se farde de morceaux laissant libre cours à l’expression du Big Band berlinois et ombragent l’âme de la formation bavaroise. Instants sonores qui jurent avec l’ensemble et le désorganisent. Le premier rappel illustre cette impression où, Andromeda Mega Orchestra en avant, colore l’univers musical de Notwist de mélodies qui pourraient se glisser et se fondre dans l’univers musical de Goran Bregović. La symbiose combo jazz/indietronica band ne fonctionne malheureusement pas toujours et manque parfois de cohérence et de liant.

Ce concert nous a cependant permis de revisiter une jolie partie du répertoire du groupe sous un nouvel angle. Même en s’éloignant de leurs rivages initiaux, les quatre de Bavière continuent à expérimenter le son et à faire évoluer leur aventure musicale en manifestant un même talent.

Organisation : Ancienne Belgique

    

Julian Plenti

Alone Again Or…

Écrit par

Paul Banks tombe le masque. La figure de proue d’Interpol met ses agents à l’écart pour mieux se glisser sous la peau de Julian Plenti, son alter-ego. L’homme, habitué aux salles d’ampleurs conséquentes, fait momentanément machine arrière et se tourne vers les petits clubs pour y présenter une première œuvre en solitaire, « Julian Plenti Is… Skyscraper ». Une tournée des clubs qui s’est arrêtée au Botanique ce 5 décembre.

Invité de Julian Plenti sur toute la tournée, I’m In You, combo originaire de Brooklyn, se charge d’ouvrir le bal. La formation au nom ridicule débute sa prestation sur une brillante démonstration de rock puissant et joliment construit. Un set qui commençait donc très bien jusqu’à ce que le petit gars à l’extrême gauche de la scène ne cède le micro au gars du centre, qui se révèle être le leader de la troupe. L’enchaînement est pénible. A priori harmonieuses, les mélodies du combo subissent une véritable agression vocale qui gâche l’ensemble. Mes tympans deviennent spontanément hermétiques à la suite de la prestation. Le niveau ne va remonter que lorsque le premier interprète reprend le crachoir, le temps d’un morceau. I’m In You est définitivement une formation qui gagne à ouvrir les yeux… et les oreilles surtout !

Julian Plenti et ses acolytes prennent place sur les planches sur le coup des 21h15. Salutations rapides avant d’entrer dans le vif du sujet. « Fly As You Might » marque délicatement le début du set, suivi par « Chance Of Survival ». Les premiers morceaux l’attestent : nous ne sommes définitivement pas à un concert d’Interpol. Paul Banks est décontract’. Le costard est resté au placard. A sa droite, un guitariste hyperactif fait son show, sautillant sur quasiment tous les titres, même les plus calmes. « Julian Plenti Is… Skyscraper » est parfaitement transposé en ‘live’. Banks a manifestement eu le temps de travailler sur ses vocalises. Un point positif lorsque l’on sait que celles-ci peuvent parfois être assez approximatives quand il entouré de ses collègues d’Interpol. Le jeu scénique de la troupe est plutôt sobre. De toute évidence, Julian Plenti n’est pas là pour amuser la galerie. Et le public belge semble apprécier, d’autant plus lorsque l’interprète lui passe de la pommade avec l’inusable rengaine ‘This is a beautiful city, we love playing here’…

« Into The White », une sympathique reprise des Pixies suit l’excellent « Only If You Run » et « Unwind », dont les trompettes sont brillamment remplacées par le violoncelle. Le set se conclut par « Goodbye Toronto », une compo inédite introduite par quelques notes d’un « Let It Snow » de saison, bien qu’abordé de manière plutôt sarcastique. Un petit rappel plus tard, Banks et ses musiciens effectuent le retour ‘obligatoire’ sur la scène de l’Orangerie. Ils entament alors une reprise du splendide « A Horse With No Name » du groupe America et y font tout à fait honneur. Le concert s’achève ensuite sur une version musclée du single « Games For Days », prouvant une fois pour toutes que Julian Plenti n’a rien à envier à Interpol…

Organisation : Botanique

(Voir aussi notre section photos)

 

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