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Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

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La fuite d’Ellside

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Kreator - 25/03/2026
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Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

mardi, 30 juillet 2013 20:17

Bliss Avenue

Agée de 37 printemps, Dana est plutôt jolie. Chanteuse, compositrice et actrice, elle est originaire du New Jersey mais a toujours vécu en Floride. Son premier album, "Lonely for a lifetime", remonte déjà à dix ans. Elle a également publié "Live in NYC" en 2008 et "Love to beg" en 2011. Son guitariste, Jon Diamond, elle le côtoie depuis l’époque où elle galérait à New York City. Depuis, ils ne sont plus quittés. Ils ont écrit les douze plages de cet elpee.

Le titre maître ouvre l’opus. Un blues au un riff très caractéristique. La voix semble lasse, rocailleuse, proche de feu Janis Joplin. La gratte crache le feu. L’intro de "How did things get this way" évoque les Stones ou plutôt les Faces, lorsque Ronnie Wood sévissait comme guitariste. Dana assure le rôle de Rod Stewart. L'orgue de Glenn Patscha s'intègre bien dans le rythme. Et le refrain est contagieux. "Handful too many" s’ébroue dans le country blues, avant d’adopter un profil plus élaboré et plus exactement en virant vers le boogie rock bien ciselé par les chœurs et l'orgue, empruntant au passage les accents familiers au "Wang dang doodle" de Willie Dixon. Ballade pétillante, rythmée, "Livin' on sunday" est découpée dans les cordes de guitare acoustiques. La voix de Dana est puissante. Les arrangements vocaux se convertissent élégamment au gospel alors que l'orgue de Patscha semble guetter sa proie. Mrs Fuchs chante distinctement et d’un timbre terriblement expressif "So hard to move", une plage bluesy, indolente, caractérisée par une fort jolie mélodie. Sculpté dans le country rock, "Daddy's little girl" est parcouru de guitares rythmiques chaleureuses et raffiné par des accents pop réminiscents de Tom Petty. Nonobstant ses effluves country, "Rodents in the Attic" trempe davantage dans le rock. Colportant une certaine férocité naturelle, la voix accroche instantanément. Elle fait même merveille. La section rythmique imprime parfaitement le mouvement du galop, alors que la guitare de Diamond emprunte une sonorité très ‘morriconesque’. Le début de "Baby loves the life" (NDR : une ballade ?) nous renvoie de nouveau aux Stones, mais à l’époque de "Gimme shelter", avant que les cordes de Jon ne commencent à déraper puis de carrément déjanter ; si bien qu’on se retrouve dans un univers digne de Neil Young. Et c'est superbe! "Nothin' on my mind" baigne dans la country. Il y a du piano, des cordes de gratte acoustiques et électriques, mais ces dernières adoptent les sonorités de la steel guitar. Une plage limpide, mélodieuse que chante à la perfection, Lady Fuchs. La batterie de Shawn Pelton impose un tempo rock, légèrement funky à "Keep on walkin", une piste fiévreuse au cours de laquelle Diamond frétille comme un poisson dans l'eau. Tapissé par l’orgue Hammond et balayé par la guitare sublime de Jon, "Vagadond wind" est une plage dylanesque que Dana chante avec classe, passion et persuasion. Un des sommets de l’album ! Voyage psychédélique, "Long long game" clôt l’elpee. Tout au long de ce morceau, Dana est suivie à la trace par les tonalités acides de la guitare, un peu comme à l’époque du Paisley Underground. Excellent !

 

mardi, 30 juillet 2013 20:15

Coming out swingin’

Cette Californienne est très populaire en Europe et tout particulièrement en Belgique où elle s'est régulièrement produite. Chanteuse de blues, elle est également une activiste féministe. Au cours des dernières années, elle a rencontré de solides problèmes de santé et a été opérée, semble-t-il, avec succès d’un cancer du pancréas, en 2012. Elle est aujourd’hui âgée de 47 ans. Suite à cette intervention chirurgicale, elle a perdu énormément de poids. Faut dire qu’autrefois, elle affichait des formes très généreuses. Et cette métamorphose physique lui sied plutôt bien. Elle a toujours cherché à se produire en compagnie d’instrumentistes talentueux. A ses débuts, elle a ainsi pu compter sur le concours de la pianiste Polly Palmer. Une concitoyenne, puisqu’elles sont toutes deux originaires de San Diego. Elle a d’ailleurs participé aux sessions de cet opus. Et depuis quelques années, elle est soutenue par la jeune guitariste Laura Chavez.

Cet opus est judicieusement baptisé "Coming out swingin'". L’elpee s’ouvre par le titre maître, du pur jump à la sauce rétro swing. Et le "Rock me to sleep" de Benny Carter embraie dans le même style. Entraînant et nerveux, "I'm the reason why you drink" trempe dans l’authentique blues rock west coast. Les interventions des musicos sont excellentes. Tant l’harmonica de Billy Watson que la guitare de Laura. Celle-ci a bien assimilé la technique de ses maîtres, dont Jr Watson et Kid Ramos. Magique ! Orgue et cuivres dominent "When tomorrow comes", un R&B dansant. Du northern soul ! Au micro, Candye ne se débrouille pas trop mal, même si parfois on a l’impression quelle force sa voix. Encore un titre dansant : "Rise up!" Miss Chavez est intenable tout au long de ce Memphis R&B limpide. Dommage ce chant affecté. Blues lent, "Invisible woman" est caractérisé par une superbe sortie de Lara, digne des meilleurs contemporains du style. Parfait ! "You ain't all that" effectue un retour au west coast jump. Imprimé sur le rythme du cheval au galop, "I wanted to walk" est un morceau que j’apprécie tout particulièrement. Nous sommes transportés sur les pistes du Far West. Subtilement réverbérée, la guitare adopte des accents surf. La présence d’un harmonica accentue cette empreinte filmique. "Darling baby" est issu de la plume du trio magique de la Tamla Motown, Holland–Dozier–Holland. Un blues passionné évoluant sur un tempo indolent, au cours duquel le saxophone baryton de Johnny Viau crache littéralement des flammes. Plus surprenant, "Barbed wire mouth" suinte de roadhouse blues texan. Laura emprunte rigoureusement ses riffs à Jimmie Vaughan, alors que Candye opte pour un timbre de fillette un peu fausset. Ballade R&B lente, "What can love do" est une composition écrite par le brillant souffleur Rick Estrin. Lady Kane chante impeccablement cette plage dont le style Memphis est bien rappelé par les interventions d’orgue Hammond. Nouveau changement de répertoire, puisqu’"Au Revoir y'all" nous entraîne vers la Nouvelle Orléans. Les mots sont exprimés dans un assemblage de français et d’anglais. Sue Palmer brille aux ivoires. Percussions et cuivres tapissent, en arrière-plan, le décor sonore. Et Candye ne pouvait clore les débats, sans revenir au jump boogie. Elle a donc choisi pour cette finale, le "Marijuana boogie" du regretté Chicano, Lalo Guerrero. La cover est interprétée dans la langue de Cervantès. La guitare est prise d’accès de folie alors que le piano de Sue Palmer entre en effervescence.  

 

mardi, 30 juillet 2013 20:14

Inhale my world

Agé de 37 ans, Lightnin' Guy Verlinde est probablement devenu le bluesman belge le plus populaire. Il partage son temps entre l'aventure solitaire en acoustique et ses occupations en groupe. Et son agenda en est le plus beau témoignage. Il se produira ainsi huit fois en compagnie des Mighty Gators et cinq fois en one man band, de la mi-juillet à la fin août! Et ajoutons qu'il n'a pas abandonné ses autres projets. Dont les hommages qu’il rend à Hound Dog Taylor, sous la formule trio et son ‘Blues in schools’, un programme d'éducation musicale, qu’il accomplit en duo ou trio. Son dernier opus remonte à février 2013. Concocté en solo, il s’intitule "Blood for Kali" et est paru chez Blue Sting. Et en 2012, il avait gravé "Lightnin' Guy plays Hound Dog Taylor Live" pour Dixiefrog. Afin d’enregistrer "Inhale my world", il a reçu le concours de ses Mighty Gators ainsi que de quelques invités, dont différents cuivres ; mais cet elpee nous entraîne surtout à la découverte de Guy, comme compositeur et roots singer.

Superbe titre, "Mr Maxwell street" est imprimé sur un rythme nonchalant. La voix est bien posée. La slide s’intègre parfaitement à l’ensemble et notamment aux cordes électriques de Little Chris Van Nauw (Howlin' Bill) et Tom Beardslee. Impressionnant ! Mélodieuse, soucieuse de l’esthétique, "Inhale my world" est une plage très roots qui bénéficie à nouveau de la collaboration de guitaristes ; en l’occurrence celles de Chris Van Nauw et Thomas Vanelslander (K's Choice, Gorki). Le climat de l’elpee est particulièrement serein. Plus folk, "Cages paradise" évolue paresseusement. L'orgue Hammond de Patrick Cuyvers occupe bien l'avant-plan. Le feeling des cordes est irrésistible. Et ce sont les interventions limpides et lumineuses des guitares, soulignant les vocaux éclairés, qui façonnent la beauté des compositions. "Start to dance" en est certainement une des plus belles illustrations. Le premier changement de tempo est réservé à "Powered by the blues", un blues particulièrement funkysant. Enrichie de cuivres, cette plage dansante est ponctuée par une sortie saisissante de la slide. Ballade R&B spécialement lente, "Here I am baby" est forgée dans le style Stax. Passionnée et intense, la voix affronte orgue et cuivres. Caractérisées par les sonorités élimées de la résonator, "Four hands" opère un retour dans l’americana. Superbe ! Et celles de "So much love inside" libèrent une énorme dose de sensibilité. Guy est rejoint par les voix de Patrick Cuyvers et Ibernice McBean tout au long de la très jolie chanson "Silent violence", une plage dont les lyrics sont empreints de gravité et de désespoir. Splendide ! "Breakin' out" autorise un duel entre la guitare weissenborn acoustique aux accords subtils de Guy et les cordes largement amplifiées de Thomas Vanelslander, au sein d’un univers étrange, tapissé de chœurs féroces et audacieux. Lightnin' Guy nous rappelle qu'il n'a pas oublié le blues et achève l'opus, armé de sa guitare résonator, sur un "St. Raphaël blues" empreint d’émotion. 

 

mardi, 30 juillet 2013 20:13

Flyin' home from Memphis

Le west coast est manifestement un des courants du blues contemporain les plus populaires. Il nous vient de la Californie, et tout particulièrement de Los Angeles, une mégalopole qui a enfanté successivement Hollywood Fats, Rod Piazza et ses Mighty Flyers, William Clarke ainsi que James Harman, pour ne retenir que les plus illustres ! Et c'est à Long Beach qu’est apparu The Mighty Mojo Prophets. La naissance remonte à 1997. A l’origine, le line up se résumait à un duo ; c’est-à-dire le chanteur Tom 'Big Son’ Eliff et le guitariste Mitch 'Da Swith' Dee. Leur premier elpee est paru en 2011, chez Rip Cat. Il est éponyme et est particulièrement bien reçu puisqu'il est nominé pour les Blues Music Awards de Memphis. Ce qui leur permet d’attirer l’attention du gourou local, Randy Chortkoff qui les signe sur son label, Delta Groove.

Tom et Mitch ont écrit treize chansons de l’opus. Lors des sessions d’enregistrement, qui se sont déroulées au studio The Compound, ils ont reçu le concours d’une solide section rythmique, en l’occurrence le drummer Alex Schwartz et le bassiste Dave Deforest. Mais également de quelques invités.

"Sweetness" ouvre le feu. Une 'killer' song imprimée sur un bon rythme. La voix de Tom est excellente. Elle est talonnée par l'harmonica d'Alex 'Lil' A' Woodson qui souffle dans les aigus. Mitch Dee en profite pour opérer une première sortie brillante sur ses cordes. Ce dernier prend les commandes sur "The gambler" en insufflant un ton jazz clair et concis, alors que Tom chante d’une voix qui me fait énormément penser à celle du vieux John Mayall. Une piste au cours de laquelle Mike Malone se réserve l’orgue, dans un style proche de Jimmy Smith et qui s’achève par un riff cher à Magic Sam. "Lucky man" trace un axe musical entre Chicago et LA, une direction chère à Lester Butler voire Rod Piazza ; et c’est San Pedro Slim qui souffle souverainement. L’elpee est éclectique. "I can't believe" nous transporte à Memphis et embrasse le R&B local, une piste qui met en exergue le sax ténor de Mark Sample, la trompette de Johnny Vet et l'orgue de Malone. Direction Chicago à l’aide du riff institué par Elmore James pour "The 45". Woodson est à l'harmo, Dee à la slide et Malone aux ivoires. Rien que du bonheur! Le circuit transite alors par le west coast jump, et notamment sur "California" ; en fait un remake chargé de swing du "Caledonia" de Louis Jordan préparé à la sauce ‘angelinos’. Chicago southside, "Remember me" bénéficie de la participation bienveillante de Muddy Waters. Woodson, Dee et Malone sont au sommet de leur art, et le résultat est superbe. Remuant et nerveux, "One for me" trempe dans le pur rock'n'roll. "Strong medecine" emprunte le rythme cher à Bo Diddley ; et pour la dernière fois, Lil' A Woodson embrase son harmonica. Plage acoustique "She's gone" adresse un clin d'œil au Delta du Mississippi, tout en lorgnant vers le rockabilly. L'orgue de Malone est hanté par Booker T sur "Street corner preacher", une plage qui prend congé de Memphis. Superbe, cet opus s’achève par "Whatchulookinfor", un titre proche des racines et dont la mélodie semble inspirée par le classique "Key to the highway"…

 

Artiste majeur de la musique américaine, JJ Cale nous a quittés ce 26 juillet, à l'hôpital Scripps de La Jolla, près de San Diego, en Californie, suite à une crise cardiaque. John Weldon Cale (NDR : c’était son véritable nom) était né le 5 décembre 1938 à Tulsa, dans l'Oklahoma.

Il était devenu une véritable icône dans l’univers de la roots music américaine, puisant ses sources à la fois dans la country, le blues et le swing

Il avait créé le style 'laidback’, un style cool, nonchalant, aux notes parcimonieuses.

Compositeur, chanteur, guitariste, il a apporté son concours à de nombreux artistes et groupes. Parmi les plus notoires, citons Eric Clapton bien sûr, mais aussi Mark Knopfler, Leon Russell, Santana, Lynyrd Skynyrd, Johnny Cash, Brian Ferry, Maria Muldaur ou encore John Mayall,…

Eric Clapton a été le premier à reconnaître le talent de Cale. Il avait d’ailleurs repris plusieurs de ses compositions, dont "After midnight" et "Cocaïne". Ensemble, ils avaient enregistré l'album " The road to Escondido" en 2006. Ils s’étaient encore réunis pour concocter "Roll on", le titre maître de son dernier elpee, paru en 2009.

Son premier opus solo, "Naturally", était sorti en 1971.

Homme charmant, discret, timide, il fuyait tout ce qui touchait à la ‘star mania’.

 

De son véritable nom James Lewis Carter Ford, T Model Ford est décédé chez lui, à Greenville, dans le Mississippi, d'une insuffisance respiratoire, ce 16 juillet. Il était né vers 1920. On attribue à ce bon vivant 6 femmes et 26 enfants. Chanteur et guitariste de blues, son style authentique était proche du Delta et des fameux juke joints du Mississippi.

Il a entamé sa carrière durant les seventies, mais ce n’est que bien plus tard qu’il a acquis une certaine notoriété. Notamment en enregistrant 5 albums, entre 1997 et 2008, pour le label Fat Possum. Ses deux derniers opus, étaient parus chez Alive Natural Sound.

Au cours des dernières années, il s’était régulièrement produit en compagnie du blues band issu de Seattle, Gravelroad.

 

mercredi, 24 juillet 2013 20:57

I'm your man

Wilson Blount est né en Caroline du Nord, il y a près de 50 ans. Très jeune, il travaille dans les plantations de tabac et de coton. Le dimanche, il chante le gospel, à l'église. A 16 ans, il s'engage dans l'US Army et est affecté en Allemagne. Après moult péripéties, il se marie en compagnie d’une Teutonne. Et s’il avait déjà tâté du blues aux States, c’est dans son pays d’adoption qu’il va lancer sa carrière. Big Daddy a publié neuf albums. En solo ou à l’aide d’autres artistes. Le précédent elpee était paru en 2011 chez Ruf, tout comme "Love is the key", en 2009.

Big Daddy a la voix taillée sur mesure pour chanter le blues. Grave, puissante, expressive, elle se met en exergue dès les premiers accords de "Travelin' blues", une compo caractérisée par le recours au bottleneck et atomisée par de lourdes percus, mais qui emprunte les accents traditionnels du Delta. La voix est d’une grande pureté. Pas de doute, il l’a forgée lors de son enfance, en participant aux offices religieux. Et le "Hold the ladder" d’Eric Bibb en est une nouvelle illustration. L'accompagnement est respectueux du chant. A la six cordes, le Suédois Staffan Astner ne concède que les notes nécessaires pour raffiner la plage. Les différentes voix se relaient comme dans le gospel, pendant que l'orgue Hammond de Peter Hallstrom vient tapisser le tout. Très grave, le timbre vocal se détache d’"I'm your man", un morceau d’excellente facture. Balayé par les interventions au violon de Petra Wahlgren et à la clarinette d'Eric Mossnelid, "I wanna be your man" vire au country bluegrass. Astner joue divinement de la slide. Il est vrai qu’il est devenu un fidèle partenaire d'Eric Bibb ; et ses cordes font vibrer "My day will come". "Please " est une tendre ballade acoustique. L’intro de "Hurricane" est tonitruant. Wilson élève la voix, sans durcir le ton. L’émotion éprouvée par l’artiste est bien mise en exergue face à la gravité de l'événement. Une petite touche latine colore "Oh Carolina", une autre ballade qui nous conduit du Tennessee à Mexico City. Intimiste, "Born loser" est une compo très roots. Un climat que l’on retrouve tout au long du remarquable "Baby's coming home", une piste qui enfonce ses racines profondément au cœur de la musique afro-américaine. Wilson joue du Diddley Bow, un instrument à cordes d’origine ghanéen, comparable à la cigar box guitar (dont la caisse de résonance a été réalisée à l’aide d’une boîte de cigare). Trois minutes de bonheur! Deux titres folk pour clôturer l’elpee. Tout d’abord "Show dog", balayé par les interventions d’un violon. Et puis le délicat "I'm so glad". 

 

mercredi, 24 juillet 2013 20:54

My favorite picture of you

Agé de 72 balais, Guy Clark est chanteur/auteur/compositeur. Bien qu’originaire du Texas, il s’est établi, il y a bien longtemps. A Nashville, au Texas, très exactement. Il jouit d’une notoriété certaine sur la scène country et folk étasunienne. C’était un pote au défunt Townes Van Zandt. Son premier album est paru en 1975. Depuis, il en a gravé une bonne quinzaine. En 2011, Willie Nelson, Lyle Lovett, Rosanne Cash, Emmylou Harris, Steve Earle, Jerry Jeff Walker, Kris Kristofferson et bien d’autres disciples de l’Americana lui avaient rendu hommage à travers un double cd intitulé "This was for him : A tribute to Clark"…

Il y a quatre longues années qu’il n’avait plus publié d’album studio. Essentiellement acoustique, "My favorite picture of you" est un opus qui plonge ses racines dans l’Amérique profonde. L’elpee s’ouvre par "Cornmeal waltz". La voix de Guy est monocorde. Il s’accompagne à la sèche tout au long de cette valse légère, au cours de laquelle il nous parle de son plaisir à exécuter cette danse, au son d'un violon ! Guy a été marié pendant 40 ans à Susanna. Elle a quitté ce monde en 2012. Il a donc décidé de dédicacer cette œuvre à sa mémoire ; et en particulier sur le titre maître. La photographie préférée de sa compagne, il l’avait immortalisée à l’aide de son Polaroid, au cours des années 70 ; alors qu'elle rentrait chez elle, elle avait surpris Guy et son vieil ami Townes Van Zandt, complètement ivres… La plupart des chansons sont intimistes et racontent des histoires de la vie quotidienne, agrémentées de commentaires formulés par l'artiste. Dépouillées, elles véhiculent des sentiments de mélancolie et de tristesse plutôt que de bonheur ou de délire. De très belles compos qui ne se servent pour tout artifice que de cordes acoustiques et de violons. "El coyote" nous entraîne sur les routes du Mexique et du Texas. "Heroes" nous conte l'aventure de vétérans revenus transfigurés, mais qui se battent toujours avec leurs démons. Mandoline et banjo illuminent "Rain in Durango", une ballade country. "Death of Sis Draper" nous relate l’aventure dramatique de Sis, empoisonnée par sa partenaire, Kentucky Sue. "I'll show me" clôt l’elpee. Une tranche de folk blues au cours de laquelle Morgane Stapleton et Guy partagent les vocaux, alors que Shawn Camp saupoudre délicatement le tout à l’aide de sa guitare résonator. Un superbe album, mais certainement pas un hymne à la joie. 

 

mercredi, 24 juillet 2013 20:44

Home

Insulaire, Aynsley Lister est chanteur et guitariste. Aujourd’hui âgé de 37 ans, il a acquis une fameuse expérience. Très jeune, il apprend à jouer de la guitare, en écoutant les 45tours de son père, et en particulier ceux de Freddie King, John Mayall ou Eric Clapton. Il venait à peine de fêter ses 20 balais, lorsqu’il publie ses premiers albums, "Messin' with the kid" en 1996 et "Pay attention!" en 1997. Il attire ainsi l'attention de Thomas Ruf qui le signe sur son écurie teutonne. Il y signe "Aynsley Lister", un elpee mis en forme par Jim Gaines, en 1999. Et dans la foulée, y grave six autres long playings. Il rejoint alors le label anglais Manhaton, pour lequel il commet "Equilibrium" en 2009 et "Tower sessions" l'année suivante. Depuis, il a fondé sa propre boîte, Straight Talkin' Records

Majestueux, "Home" ouvre la plaque. Très caractéristique, le style d’Aynsley lui colle à la peau. L'orgue Hammond d'André Bassing est omniprésent sur ce type de plage. La voix est douce, mais se charge d’intensité dramatique quand c’est nécessaire. Et c’est le piano qui introduit la guitare en fin de parcours, afin de la mettre dans les conditions idéales lors du bouquet final. "Broke" emprunte une ligne mélodique légèrement pop, une piste qui rivalise de tendresse et de mélancolie. "Insatiable" démarre sur un tempo particulièrement. Soudain, la voix devient autoritaire. Le rythme change. Et la piste vire alors au boogie, que magnifie un envol de cordes aux sonorités cristallines. Superbe ! "Inside out" et "You make it real" sont des ballades légères, mais bien construites. "Free" bénéficie d’arrangements particulièrement soignés. Un rock intense, déchiré entre douceur et étincelles, lorgnant même vers le psychédélisme. Une des meilleures compos de ce disque. Blues, "Sugar" est imprimé sur un mid tempo. Le piano et la guitare dialoguent, avant que la section rythmique ne vienne participer aux débats. Mais si l’impact est franc et direct, le résultat est un peu trop écrasant à mon goût. "Feeling good" est une chanson popularisée, il y a près d'un demi-siècle, par Nina Simone. Excellente, la nouvelle version est exacerbée par un sens de la tragédie. Des moments d’émotion intenses, illuminés par de bien jolis accords de piano. Chargée de sensibilité, la voix de Lister s’adapte à tous les registres. Et "Possession" en est une nouvelle illustration, un morceau bien construit qui ne manque pas de charme, et au cours duquel la guitare bien sentie libère pleinement le feeling de l'artiste. "Impossible" est un blues aux intonations jazz. Andre siège derrière le clavier, pour canaliser cette partie de cordes impeccable. "Straight talkin' woman" clôt l’elpee, une piste qui baigne à nouveau au cœur de cet environnement jazz/blues plus intimiste, et épingle une ultime sortie d'Aynsley!

 

mercredi, 24 juillet 2013 21:26

No morphine no lilies

Etablie à New York City, Miss Allison Miller est considérée comme une des meilleures drummeuses, dans l’univers du jazz contemporain. Elle a passé sa jeunesse à Washington et a suivi des études musicales dès l’âge de 10 ans, tout particulièrement dans le domaine des percussions. Au fil du temps, elle s’est forgé une fameuse expérience et est partie s’installer dans la Big Apple. Aujourd’hui, elle est musicienne, productrice, auteur-compositeur et professeur. Elle s'est produite sur scène en compagnie d’une multitude de musiciens issus de différents styles, et en particulier Nathalie Merchant, Annie DiFranco, le saxophoniste avant-gardiste Marty Ehrlich ou encore l'organiste Dr Lonnie Smith. Elle a monté Boom Tic Boom, une formation dont l’opus éponyme, paru en 2010, figurait dans le Top 10 des albums de jazz de cette année, suivant le classement établi par le L.A Times. Elle est aussi impliquée dans de nombreux autres projets. Pour enregistrer ce nouvel elpee, elle a donc retrouvé ses acolytes de Boom Tic Boom, en l’occurrence Myra Melford au piano, Jenny Scheinman au violon et Todd Sickafoose à la basse, respectivement âgé de 56, 34 et 39 ans. Soit trois femmes et un homme. En outre, le band a reçu le concours de quelques invités.

Le jazz dispensé tout au long de ce long playing est d’excellente facture. La structure de base repose sur la section rythmique, soit les percus d'Allison et la basse acoustique de Todd. Et c’est bien cette charpente qui balise "Pork Bell", une compo au cours de laquelle entre rapidement en scène le piano de Myra. Les accords sont bien exécutés, parfaitement imaginés, au sein d’un espace sonore qui fluctue suivant l’inspiration. Plus complexe, "Early bird" est parcouru par le violoncelle d'Erik Friedlander, un violoncelle qui finit par dialoguer avec la basse, au sein d’une ambiance qui prend une couleur particulièrement orientale. Une superbe mélodie au piano introduit "Waiting", une compo empreinte de douceur et de sensibilité, avant que la batterie et la basse n’entrent dans la danse, lors d’un exercice de style particulièrement réussi. Superbe ! Plus nerveux et complexe "The itch" implique la trompette d'Ara Anderson, une plage qui ressemble à un cri désemparé emporté dans un tourbillon de sonorités contemporaines maîtrisées. Apparemment débridé, "Speak" est tout aussi coordonné, malgré les interventions de la trompette slide de Steven Bernstein et des ivoires en décomposition. Signé Lisa Parrott, "Six nettes" émarge au jazz moderne, mais de format classique. Il célèbre une rencontre la rencontre idéale entre piano, basse et batterie. Le violon de Jenny Scheinman se libère enfin sur "Spotswood drive", ses interventions naviguant au gré de son inspiration. Une seule compo chantée : "Once". Une plage tendre, câline, conduite par la voix expressive de Rachel Friedman et soulignée par les accords de piano frivoles. Allison se sert de tous ses ustensiles de percus sur "The kitchen". Elle cède ensuite le relais à son partenaire rythmique Todd, avant que ne retentisse une déflagration de piano. Une superbe mélodie alimente "Sun comes up the reservoir", un excellent titre de jazz que se partagent équitablement les quatre musicos de base. Et Bernstein revient alors mettre une touche de folie lors du final, pourtant déjà au bord du délire, "Nun-uh, no sir". 

 

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