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Hooverphonic
Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

mercredi, 10 juillet 2013 19:02

Forgive me

Issue de New York City, cette formation est drivée par le chanteur/harmoniciste/producteur/compositeur Little Mike Markowitz. A la fin des 70’s, il avait eu le bonheur de côtoyer des légendes issues de Chicago comme Pinetop Perkins, Jimmy Rogers ou Hubert Sumlin. Depuis le début du nouveau siècle, il s'est établi à Gainesville, en Floride. Il compte déjà une importante discographie en compagnie des Tornadoes. Tout d'abord en 1988, pour soutenir Pinetop Perkins, sur "After hours". Puis, en 1989, pour épauler Hubert Sumlin, sur "Heart and soul". Il aligne ensuite sept albums, dont "How long", qui paraît en 2003. Puis les Tornadoes disparaissent curieusement de la circulation avant de refaire surface grâce à la sortie de ce "Forgive me". Pas vraiment un nouvel elpee, car les sessions d’enregistrement remontent à 2000. On lui pardonne volontiers ce retard, car ce disque a été concocté aux studios Kingsnake de Sanford, en Floride. Une partie de l’histoire de ce label, dont le responsable n’était autre que Bob Greenlee, refait surface ; et sa disparition précoce en 2004 a empêché la publication de ce long playing, à l'époque. Mais aussi de quelques autres albums. Il semble donc que Frank Roszak, promoteur très actif, ait décidé d’exhumer ces œuvres tout en leur réservant une campagne de promotion nationale et même internationale.

L’elpee s’ouvre par "Opelousas rain", un titre nonchalant réminiscent des marais louisianais. Une compo instrumentale signée par le guitariste, Troy Nahumko. Harmonica et slide guitar semblent y disserter dans le divertissement. Imprimé sur un mid tempo, "Wait a minute baby" ne manque pas d’élégance, un blues discrètement coloré par l'orgue Hammond et les cuivres, au cours duquel Troy se réserve un solo particulièrement subtil, alors que Mike peut enfin mettre le nez à la fenêtre en soufflant dans son harmonica. Mike chante "Nothin I wouldn't do", une ballade soul empreinte de tendresse. Enrichie de cuivres, elle bénéficie du concours de Warren ‘King Fish’ King, également disparu en 2010. "Tell me baby" nous aiguille à nouveau sur l'axe Delta-Chicago. Sonny Rhodes est préposé à la lap steel guitare et Mike nous réserve un excellent solo sur sa musique à bouche, lors de ce superbe blues auquel avait participé Ace Moreland aux vocaux. Cherokee d'origine, ce fidèle musicien de studio s’est aussi malheureusement éteint en 2003. Le long playing regorge de splendides morceaux. A l’instar de "Walked all the way", de "Fool too long", au cours duquel la guitare de Nahumko et le piano de Jim McKaba sont en verve, le slow blues "You don't love me", sans oublier le shuffle "Forgive me", caractérisé par de délicieuses interventions à l’harmo. Blues lent et dépouillé, "My little Therese" dépasse les 11'. Little Mike y souffle à la manière de Sonny Boy Williamson II. Autre instrumental, "The hit" est un swamp blues illuminé par Troy Nahumko et Little Mike. "Traveling blues" clôt l’œuvre. Un Texas roadhouse blues percutant qui me rappelle les débuts des Fabulous Thunderbirds. Remarquable !

 

mercredi, 10 juillet 2013 18:59

Can you stand the heat

Ana est de nationalité serbe. Jolie, la silhouette féline, une paire de jambes sans fin, elle est âgée de 37 ans. Et elle sévit dans l’univers du blues depuis un bon bout de temps. Comme chanteuse et guitariste. Elle a monté son propre groupe, le Mo' Better Love, au sein duquel militent un guitariste rythmique, un claviériste et une section rythmique expérimentée, puisqu’elle réunit le drummer Tony Coleman (BB King Band) et le bassiste John Williams (Al Green Band). "Can you stand the heat" constitue son 9ème elpee.

Elle ouvre la plaque par le titre maître. Du pur funk dispensé dans l’esprit de Chic voire Tower of Power et destiné à la danse. Ana s'éclate déjà sur ses cordes. Et la petite pointe de jazz qu’elle injecte dans son jeu, n'est pas pour me déplaire. Elle embraie par "Can't you see what you're doing to me", un R&B nerveux introduit par une guitare flamboyante, mais malheureusement surchargé de cuivres. De toute évidence, l’atout majeur de la native des Balkans procède de sa manière très percutante d’attaquer les cordes, bien plus que son chant, qu’elle force parfois un peu trop. Elle ralentit le tempo pour aborder "Mo' better love". Des chœurs féminins et un piano souverain épaulent la voix d'Ana, sans toutefois faire de l'ombre à son instrument. "Boy' Night out" poursuit dans le registre funk/R&B ; cependant, les voix féminines sont un peu trop criardes, à mon goût. Imprimé sur un tempo bien enlevé, "Hot southern night" revient au blues. Ana et le grand Lucky Peterson partagent les parties vocales. Un des meilleurs morceaux de l’elpee. Et Lucky a aussi ramené sa guitare. De quoi assister à un duel de très bon niveau, tout se référant au regretté Albert Collins! Signé par l’ex-Free Andy Fraser, "Every kind of people" a permis à Robert Palmer de décrocher un hit, en 1978 ; une autre ballade légère, caractérisée par des arrangements soignés, mais au cours de laquelle, la voix n’est guère transcendante. L'ombre d'Albert Collins plane sur "Ana's shuffle", un exercice de style instrumental de haute volée, au cours duquel Frank Ray Jr se libère enfin, à l’orgue. "Blues for Mrs Pauline" est un blues lent à la structure quasi-parfaite. En fait, Miss Popovic excelle davantage dans le blues plutôt qu’au sein du funk basique. Son jeu est à la fois très inspiré et personnel. Il n’est jamais calqué sur les grandes étoiles du blues, même si, pour la circonstance, c’est le spectre Buddy Guy qui se met à planer. Lorsque sa voix devient sauvage, vivace et passionnée, elle se révèle beaucoup plus convaincante. Funk/blues indolent, "Leave well enough alone" est dispensé sans mise en forme envahissante ; et c'est bien mieux ainsi! Très rockin' blues, l'intro de l'instrumental "Tribe" est illuminé par la slide et le jeu de pédales, avant que ne débarquent les cuivres et percussions… Une cover des Stones : "Rain fall down". Elle figurait sur l’album "A bigger bang", gravé en 2005. Le long playing est enrichi de deux bonus tracks. Tout d’abord "Growing up to soon", une piste qui s'étire prudemment, avant qu’un imposant chœur d’enfants ne fasse son apparition, concours qui apporte à la compo un charme indéniable. "Mo' better love" bénéficie d’une seconde version. Tommy Sims, batteur, auteur et producteur est venu en renfort pour collaborer à ce titre dépouillé, plus roots…

 

mercredi, 10 juillet 2013 18:57

Songs from the road (Cd + Dvd)

Savoy Brown est incontestablement une des meilleures formations de blues, née au cours des sixties, lors de l’explosion du British Blues Boom. Si les Rolling Stones fêtent leur 50ème anniversaire en 2013, Savoy Brown n'en est plus loin, puisque sa naissance remonte à 65/66. Mais seul l’incontournable leader, Kim Simmonds, participe encore à l’aventure. Il y a pas de temps qu’il s’est établi aux States. Au sein de l’arrondissement d’Oswego County, dans l’Etat de New York, pas loin du Canada. Et il est le dernier insulaire au sein du line up, Un Gallois pour être plus précis, qui participe à l’aventure.

Les enregistrements qui figurent sur le cd et le dvd ont été immortalisés en mai 2012, au Musiktheater Pïano de Dortmund. Kim Simmonds assure la guitare et le chant. Il est soutenu par Joe Whiting (saxophone, vocaux), Pat DeSalvo (basse) et Garnet Grimm (batterie). Depuis, Whiting s’est fait la malle, et la formation est aujourd’hui réduite à la formule du trio.

Le cd réunit 12 plages, le dvd 14, pour un total de 112'. Joe Whiting n'est pas un débutant, il a milité chez Jukin Bone, participant à l’enregistrement de 2 albums, début des 70’s. Il va ensuite se produire en compagnie de Mark Boyle, avant de fonder son propre groupe. Il ne faut pas attendre plus de 10 secondes pour confirmer le talent de Kim Simmonds à la guitare. En l’occurrence, lors de l’introduction instrumentale, baptisée "24/7". Au saxophone, Joe est tout à fait respectable ; en outre, il apporte une touche originale au son de Savoy Brown. "Looking in" est le titre maître d’un elpee paru en 1970, le premier sur lequel Kim devenait le seul membre originel du combo. Tout en créativité, son jeu de cordes est impressionnant. Le dernier opus studio de SB s’intitule "Voodoo man". Il date de 2011 et implique les mêmes musicos. Ce disque sert de base au concert, car six plages en sont extraites, soit le rock'n'roller "Natural man", "She's got the heat", caractérisé par une extraordinaire partie de slide exécutée par Kim, "Voodoo moon", une piste qui ne manque pas de charme au cours de laquelle Kim et Joe se partagent les vocaux, le hard rocker classieux "Meet the blues head on" et le boogie blues "Shockwaves". Simmonds se réserve en personne le micro sur "Street corner talking", le titre maître d’un LP gravé en 1971, morceau devenu son plus grand hit, mais également le long playing le mieux vendu de sa carrière. Trois compos sont issues du même album. Tout d’abord "Time does tell", titre atmosphérique à l’approche jazzyfiante très technique, "Tell Mama", et enfin, en guise de premier rappel, une version explosive du "Wang dang doodle" de Willie Dixon, que chante autoritairement Joe Whiting! La version live de "Hellbound train", plage phare de l'album du même nom, publié en 1972, se transforme en boogie passionnant, les changements de tempo rappelant une grande époque. Enfin, le Dvd propose, en bonus, le classique "Little Red Rooster", un blues lent signé de nouveau par Dixon et que Howlin' Wolf avait traduit en hit. En finale, le Savoy Brown attaque le fameux "Louisiana blues" de Muddy Waters, une composition qu’il interprétait déjà en 1969, sur son premier elpee live, "Blue Matter".

 

jeudi, 04 juillet 2013 17:05

Black toppin'

La carrière des Cash Box Kings est exemplaire. Pourtant, s’ils commencent à se forger une solide réputation sur le Vieux Continent, c’est surtout en arpentant les routes américaines qu’ils ont acquis leur expérience. Multiracial, ce groupe est établi à Chicago, un des vecteurs de la musique urbaine issue des années 40 et 50, mais également cité traditionnelle du Delta des années 20 et 30.

Le line up de base des Kings implique Joe Nosek (chant et harmonica), Oscar Wilson (chant), Kenny ‘Beedy Eyes’ Smith, fils du légendaire Willie ‘Big Eyes’ Smith (NDR : ce drummer a longtemps milité au sein du Muddy Waters Band), et enfin le Joel Paterson (NDR : un guitariste qui participe à de nombreux projets musicaux). Ils ont publié plusieurs albums, pour la plupart d’excellente facture, et notamment "Live! At the King Club" en 2002, "Black knight fallin'" en 2003, "The royal treatment" en 2006, "Cuttin' heads at the Cuda Café" en 2009 et "I 94 Blues" en 2010. Sans oublier "Holler and stomp", un elpee qui marquait leurs débuts pour le label californien Blind Pig. C’était en 2011.

Les Kings ont décidé d’élargir davantage leur spectre musical et d’exploiter d'autres styles. Et plus seulement ceux inspirés par le Delta du Mississippi, la Louisiane et bien entendu Chicago. Pour atteindre son objectif, la band a reçu le concours de collaborateurs de calibre…

La slide de Joel Paterson ouvre "Blues fallin' down on me", un titre que le combo estime avoir concocté dans un style proche des Rolling Stones de l'époque Mick Taylor. Et le résultat est excellent. Joe chante et joue de l'harmonica. Les sonorités de l’orgue dispensées par Barrelhouse Chuck sont pourries. Elles rappellent bien les 70’s. Et cette impression revient sur l’indolent "My Tinai". Les CBK explorent également un autre filon qu’ils ont baptisé blues-a-billy, un terme puisé au sein des studios Sun de Memphis, sis entre le blues et le country rockabilly. "Black Toppin'" en est une parfaite illustration, une plage chantée par Oscar et soulignée par les percussions équestres de Buddy Eyes. Le timbre de Joe est nonchalant sur "Trying really hard", une piste paradoxalement remuante. Le saxophone de Jerry Devivo et les cordes insatiables de Joel entretiennent ce style jump. Il revient naturellement à Oscar de driver son "Oscar's jump", une piste tout en swing. La reprise du "Money, marbles & chalk" de Jimmy Rogers opère un retour dans le Chicago Southside, un morceau auquel participe Bill Flynn, un gratteur aussi subtil que notoire. L’elpee recèle deux covers de ‘classiques’. Tout d’abord le "Too late" de Willie Dixon, caractérisée par les interventions de Nosek à l'harmo ; et puis du traditionnel "Walking blues", au cours de laquelle, Paterson nous accorde une leçon de bottleneck. Plus rock, "I don't wanna fight" nous entraîne au cœur des bayous louisianais, une piste brillamment balisée par les ivoires de Barrelhouse Chuck. Oscar nous réserve une version bouleversante mais particulièrement dépouillée du "Tomcat blues" de Jerry West. Très expressive, sa voix nous remue les tripes. Le nerveux "Hot Biscuit boy" trempe toujours dans l'atmosphère moite des marais louisianais. Oscar, Joe et Joel conjuguent leurs talents pour délivrer ce superbe titre, imprimé sur un tempo proche de Jimmy Reed. Gimme some that" lorgne une dernière fois vers le blues-a-billy, une piste illuminée par les interventions habiles de la slide. De toute bonne facture, ce long playing s’achève par le "Run run run" de Lou Reed, un titre issu du premier album du Velvet Underground. Un boogie sans concession, mais étrange, qui met en exergue le talent et la créativité de Paterson…

 

jeudi, 04 juillet 2013 17:00

Just for today

De son véritable nom Ronald Horvath, Ronnie Earl est un des plus grands guitaristes de notre époque. Que ce soit dans le domaine du blues, du rock, du jazz ou de la soul, cet écorché vif est un brillant technicien capable d’injecter dans son jeu une sensibilité autant massive que détonante. Il est à peine âgé de 60 balais. Ce diplômé de l'université de Boston a choisi d’embrasser une carrière musicale. En 1979, il entre dans le Roomful of Blues. Au sein de ce big band, il succède à une autre légende, Duke Robillard. Son aventure en solo lui permet de publier les excellents "Smokin'" et "They call me Mr Earl", en compagnie de Kim Wilson, préposé au chant et à l’harmonica. En 88, il fonde son propre groupe, The Broadcasters. Il est alors épaulé par le chanteur Darrel Nulisch et l’harmoniciste Jerry Portnoy. Au cours de cet épisode, il va graver toute une série de superbes elpees, ses derniers épousant une forme de plus en plus instrumentale. En octobre prochain, il célèbrera les 25 années d'existence de son groupe. Le line up actuel des Broadcasters réunit Dave Limina à l’orgue Hammond B3 et au piano, Lorne Entress à la batterie et Jim Mouradian à la basse. Les enregistrements ont été effectués en ‘live’, aux quatre coins de l'état du Massachussets, et le plus souvent au Regent Theatre d'Arlington.

"The big train" est un R&B qui nous plonge au cœur du Memphis, une plage au cours de laquelle l'orgue de Lumina domine les débats. Mais le blues opère rapidement un retour à l’avant-plan. A l’instar de l’indolent "Blues for Celie", une dédicace comme Ronnie les apprécie et en réserve sur chacune de ses œuvres. Son jeu est extrêmement fluide. Ses notes sont dispensées parcimonieusement, mais traduisent une sensibilité à fleur de peau. Dans le style, il est sans doute le meilleur. Et écouter une telle compo est un véritable régal pour les oreilles. C’est d’ailleurs lorsque le tempo est le plus lent qu’Earl est au sommet de son art. Il peut ainsi communiquer toute la tendresse et l'émotion qu’il éprouve. Et "Miracle" ainsi que "Heart of glass" en sont également de parfaites illustration. Le temps d'un boogie, il cède le relais de soliste à Dave Limina, qui titre son épingle du jeu aux ivoires sur "Vernice's boogie". Je vous l’avais signalé, Earl aime rendre hommage aux légendes du blues qui l'ont influencé. Il le réserve à trois gratteurs mythiques. Tout d’abord Otis Rush. Sur "Rush hour", morceau bien marqué par les interventions d’orgue, et caractérisé par la présence discrète d’un guitariste issu de Detroit. En l’occurrence Nicholas Tabarias, un jeune musicien âgé à peine de 22 ans. L’inoubliable soliste Howlin' Wolf, ensuite. Pour "Blues for Hubert Sumlin". Et enfin "Robert Nighthawk stomp", une piste qui honore ce pionnier de la slide guitare. Signé John Coltrane, "Equinox" trempe naturellement dans le jazz, et se singularise par d’exquis dialogues entre orgue et gratte. Encore une adaptation d’un standard du blues, "Ain't nobody's business", une composition popularisée par Freddie King. Ed et Tabarias se partagent le shuffle "Jukein". Le long playing ne recèle qu’une seule piste chantée. Un autre classique. Celui d'Etta James, "I'd rather go blind". Et cette mission est parfaitement assurée par la chanteuse blanche issue de Boston, Diane Blue…

 

jeudi, 04 juillet 2013 16:59

All in

Sena chante le blues, la soul et le funk. Son backing band est dirigé par son père Ed(ward), guitariste aguerri. La section rythmique réunit le bassiste Steve Hansen et le drummer Tim Hasler. Elle vit dans le Midwest américain, du côté de Minneapolis. Intitulé "Leave the light on", son premier album est paru en 2011. Son label, Blind Pig, croit fermement en elle. L'enregistrement de son second opus a été réalisé à Memphis, dans le Tennessee, sous la houlette du notoire Jim Gaines (Stevie Ray Vaughan, Santana, Luther Allison, Albert Collins, George Thorogood, ….) Le SE Band jouit d’une solide réputation en live, des prestations qualifiées d’incendiaires, qu’il accorde dans les clubs et festivals, outre-Atlantique.

"Buried alive" baigne dans un funk léger. Agréable, la voix féminine nous transporte vers un univers davantage blues rock. Daddy Ed enfonce ses pédales pour sa première sortie. Il a manifestement de l'expérience et de la bouteille. Place ensuite à la cover du "Cry to me" de Bert Berns. Solomon Burke l’avait traduite en hit. Les interventions d’Ed sont particulièrement subtiles tout au long "All in", un funk dansant. Coécrits par Tom Hambridge et Gary Nicholson, "I want to get you back" retourne au rock/blues ; et incontestablement, c’est dans ce registre que le paternel s'éclate et s’illustre le mieux. La voix de Sena colle parfaitement à cette atmosphère ‘rockeuse’. Célèbre slow blues, le "Cold cold feeling" de Jessie Mae Robinson avait été popularisé par Albert Collins. Sena chante passionnément. Ed injecte toute sa sensibilité dans son jeu proche de la quintessence de Stevie Ray Vaughan. "Live and learn" est un blues imprimé sur un tempo plus enlevé. Une plage bercée par le swing de la section rythmique au cours de laquelle Ed semble inspiré par cet élan jazzyfiant. "Man up" opère un retour dans le rock. Les petits éclats de voix dispensés par Sena se révèlent judicieux. Son timbre est empreint de sensualité tout au long des blues lents "Storm's coming" et "Baby Valentine". Le funk refait une dernière fois surface lors d’une adaptation rythmée de "So excited", une compo issue du répertoire de BB King. La six cordes de Mr Ehrhardt sonne comme la sublime Lucille, les changements de tempo à la clé! De toute bonne facture, cet opus s’achève par "Dreamin' or dyin'", une tendre ballade soul.

 

jeudi, 04 juillet 2013 16:52

Knockin' around these blues

John Primer est un guitariste de couleur noire, originaire du Mississippi. Il a milité au sein des Blues All Stars de Willie Dixon, en 1979, puis du Muddy Waters Band jusqu'à la mort de la légende de Chicago, soit en 1983. Plus récemment, il a sévi au sein des Teardrops de Magic Slim, avant d’embrasser une carrière personnelle. Au cours de laquelle il a publié une bonne dizaine d'albums, dont plusieurs sur le label autrichien Wolf.

Bob Corritore est un harmoniciste de couleur blanche. Il est aujourd’hui âgé de 56 balais. Sa vie a basculé lorsqu'il a douze ans à peine et qu'il écoute Muddy Waters. Il devient d’abord un fan, puis décide de devenir lui-même musicien. Pour forger son expérience, il a beaucoup écouté Walter Horton, Junior Wells, Big John Wrencher et Carey Bell. En 1981, il émigre à Phoenix, dans l’Arizona. Dix ans plus tard, il ouvre son club, ‘The Rhythm Room’ qui existe toujours aujourd’hui, un club qui demeure incontestablement un des meilleurs aux USA. Son premier album remonte à 1999. Il s’intitule "All Star blues sessions" et est paru sur le label Hightone. Depuis, il a mis en boîte de nombreux autres elpees, sous son propre nom ou en collaboration avec d'autres musiciens. Il a signé chez Delta Groove.

Les enregistrements ont été opérés à Tempe AZ chez Corritore et à Chicago. Le duo est soutenu par d'excellents musiciens. Expérimentés aussi. La mise en route est exécutée suivant la grande tradition du Chicago blues ; en l’occurrence par "The clock" de Jimmy Reed, et sur la rythmique de ce dernier. Barrelhouse Chuck se réserve le piano. Bob souffle dans les aigus à la manière de Reed. Blues lent, le "Blue and lonesome" de Little Wlater nous plonge dans le mythique quartier sud de Chicago. Corritore démontre qu’il a bien assimilé le style de ce géant de l'harmonica. Primer est rejoint à la guitare par Chris James, et les interventions de se dernier ne manquent pas de charme. John se concentre sur la slide à la manière de son maître, Muddy Waters. Primer chante son "When I get lonely" au cœur d’une atmosphère plus traditionnelle, issue du Delta. Superbe Chicago shuffle, "Cairo blues" est issu de la plume du Texan Melvin ‘Lil Son’ Jackson. La version est parfaite, que ce soit le chant, l’harmo, le piano et les cordes de Billy Flynn. Quant à la section rythmique, elle est ici assurée par le vétéran Bob Stroger, de Beedy Eyes Smith. "Leanin' tree" lorgne vers le Chicago Westside. Corritore nous réserve un tour de force instrumental tout au long de "Harmonica Joyride", un morceau largement inspiré par Little Walter. Signé Robert Lockwood, "Little boy blues" est un autre blues lent. John martyrise sa slide sur le remuant "Just like I treat you" de Willie Dixon. Bob est intenable sur sa musique à bouche. Robert Kelton est un pionnier de la guitar jump blues. Le band en interprète son "Man or mouse", un shuffle au cours duquel les musicos démontrent toute leur cohésion et leur talent. Remarquable, cet elpee s’achève par le "Going back home" de l'incomparable Lightnin' Hopkins, un slow blues d’excellente facture, brillant même, au cours duquel la voix de Primer libère une fameuse dose d’émotion. Et s’il partage les cordes avec Chris James, l’harmonica et le piano sont une dernière fois à la fête!

 

jeudi, 27 juin 2013 12:13

Cotton Mouth Man

Dans l’histoire du blues, James Cotton est l'un des plus grands harmonicistes. Né à Tunica, dans le Mississippi, il est aujourd'hui âgé de 78 ans. Début des années 50, il avait entamé sa carrière, au sein du backing band du mythique Howlin' Wolf. Ses débuts discographiques remontent à 1953. Chez le label Sun. Quelques années plus tard, il succède à Little Walter au sein du Muddy Waters Band. Il y restera jusqu'en 1966. L'année suivante, il fonde son James Cotton Blues Band, formation qui se produit alors régulièrement au Fillmore. Tant celui de New York que de San Francisco. Il a enregistré une belle panoplie d’albums. Fin des années 90, on lui diagnostique un cancer de la gorge. Et il va finir par gagner son combat contre la maladie. Son dernier enregistrement vocal date de 2000. Un disque intitulé  "Fire down under the hill" et paru chez Telarc. Depuis, il se concentre sur son harmonica.

Pour concocter cet elpee, le label chicagolais Alligator a mis les petits plats dans les grands. Il a ainsi invité une belle palette d’invités notoires. "Cotton Mouth Man" a été enregistré à Nashville, sous la houlette de Tom Hambridge (Buddy Guy, Joe Louis Walker, Susan Tedeschi). Hambridge et son ami Richard Fleming ont pratiquement écrit toutes les plages. La base instrumentale est assurée par Hambridge, aux drums, Glenn Worf à la basse, Chuck Leavell aux claviers et Rob McNelley à la guitare rythmique. Des partenaires issus de son Blues Band ont également participé aux sessions, dont Tom Holland, Noel Neal et Jerry Porter. On les retrouve sur l’une ou l’autre plage. Et de nombreux vocalistes sont venus prêter main forte au mythique bluesman…

La plaque s’ouvre par le titre maître. Un boogie détonant balisé par le quinquagénaire texan, Darrel Nulisch. Le vieux James souffle comme un possédé dans sa musique à bouche. Le solo du jeune Bonamassa aux cordes est particulièrement coloré. De sa voix ravagée, Cotton annonce l’arrivée imminente du "Midnight train", et sous les coups de boutoir de son instrument, la compo emprunte le rythme du chemin de fer. Gregg Allman y assure le chant. Autre membre des Allman Brothers Band, Warren Haynes guide le boogie "Something for me", de la voix et de sa slide. "Mississippi mud" nous ramène dans le Delta. Un excellent blues lent chanté par le bluesman noir californien Keb Mo, face au piano inspiré de Chuck Leavell. Keb Mo se réserve le micro, mais aussi la six cordes sur "Wasn't my time to go". Darrel Nulisch est régulièrement préposé au chant. Normal, puisqu’il remplit ce rôle au sein du James Cotton Band. Dans le passé, Nulisch a milité chez les Rockets d'Anson Funderburh, le Mike Morgan Crawl et les Broascasters de Ronnie Earl. Excusez du peu! Il chante encore cinq titres, dont les superbe blues "He was there", au cours duquel Cotton est au sommet de son art, ainsi qu’une merveilleuse version du "Bird nest on the ground" de Doyle Bramhall. Mais également le sémillant "Saint on Sunday", un "Yound bold women" inspiré par la Nouvelle Orléans et le funky "Blues is good for you". Texane, Ruthie Foster est une vocaliste de blues et de gospel talentueuse. Elle interprète élégamment un autre blues lent, "Wrapped around my heart". Les interventions de James sur son harmo sont belles à pleurer ! Delbert McClinton est un autre Texan. Il est aux commandes de l'excellent "Hard sometimes", soutenu par la slide de McNelley, pendant que l'harmonica gronde. Une dernière surprise nous attend en finale. James chante "Bonnie Blue", une compo acoustique interprétée en duo avec Colin Linden. A ce jour, ce « Cotton Mouth Man » constitue le meilleur album de blues paru en 2013…

 

jeudi, 27 juin 2013 12:06

Seesaw

Parmi les jeunes chanteurs/guitaristes de blues/rock, Joe Bonamassa est probablement celui qui a rencontré et rencontre encore le plus de succès. Et il commence à prendre de la bouteille, puisqu’il affiche désormais 36 balais. Il avait à peine 12 ans, lorsqu’il tape dans l’oreille de la légende BB King. Son emploi du temps est particulièrement chargé. Ainsi, l’an dernier, il avait participé à trois projets différents. Il avait ainsi gravé son 13ème elpee, "Driving towards the daylight", un disque pour lequel il avait reçu le concours du gratteur d'Aerosmith, Brad Whitford. Publié deux Dvd. En ‘live’. Tout d’abord "Beacon Theatre : Live from New York", au cours duquel il avait bénéficié de la participation de quelques invités de marque, dont Paul Rodgers, John Hiatt et Beth Hart. Ensuite "Live from the Royal Albert Hall", en compagnie d'Eric Clapton. En mars 2013, il a encore commis un opus enregistré en public, "An acoustic evening at the Vienna Opera House". Sans oublier sa coopération au Black Country Communion, auprès de Glen Hughes et Jason Bonham, une expérience qui semble avoir pris fin.

Chanteuse, Miss Beth Hart est âgée de 41 ans. A 27 ans, elle avait assuré le rôle de Janis Joplin, dans une comédie musicale. Elle a longtemps dû affronter ses démons et traversé de nombreuses dépressions. Mais c’est Joe Bonamassa qui l'a remise sur le droit chemin. Elle a ainsi participé à la confection du long playing de Buddy Guy, "Rhythm & blues", en 2012. Et puis Beth et Joe avaient déjà réalisé un LP en duo, "Don't explain", en 2011.

C’est le "Them there eyes" de Billie Holiday qui ouvre la plaque. Tout au long de ce R&B largement cuivré, Beth révèle la puissance naturelle du timbre de sa voix. Caractérisé par la présence discrète de cuivres, "Close to my fire" trempe dans le blues. Joe assure son rôle de soliste en conjuguant autorité et sensibilité. La version du "Nutbush City limits" d'Ike Turner ne manque pas de panache. Miss Hart démontre qu’elle est capable de reprendre le rôle de Tina Turner, générant une excitation digne de la grande dame. "I love you more than you'll ever know" est imprimé sur un tempo lent. La tessiture vocale de Beth est remarquable. Malheureusement, cette compo est surchargée de cordes. Joe se réserve la slide sur "Can 't let go", une plage au rythme plus rock'n'roll. L’accordéon communique une atmosphère très roots et radieuse. C’est dans ce style que la voix de Beth prend toute sa dimension, oscillant entre douceur et tourmente. Et manifestement, elle a du tempérament à revendre. Le rythme est toujours bien présent pour "Miss Lady". L’orgue Hammond s’infiltre dans la solution sonore dominée par les cuivres. Ballade folk roots, "I tell you I love you" ne manque pas de charme ; une chanson issue de la plume de Melody Gardot, une auteure-compositrice issue de Philadelphie. L’accordéon colore joliment ce morceau fluctuant entre bossa nova et valse, alors que quelques mots d’amour sont prononcés dans la langue de Molière. Beth chante à la manière d’Etta James, "Rhyme", un bon R&B découpé dans un riff stonien. Elle nous réserve alors "A Sunday kind of love", une ballade blues signée par même miss James. Le titre maître adopte un tempo très dansant, lorgnant même vers le style du label Stax et de son égérie Aretha Franklin. L'album s’achève par "Strange fruit", une plage très lente dont les effets dramatiques sont causés par les interventions de Joe…

 

jeudi, 27 juin 2013 12:04

Let it slide

Sterling Koch est un excellent joueur de ‘lap steel’ guitare, une guitare posée sur un support horizontal que l’on frotte à l’aide d’une barre en acier. Comme c’est un adepte du Chicago blues, il fait sonner sa lap steel comme une guitare slide. Une technique qu’il utilise lors de l’enregistrement de ses disques. Et tout particulièrement sur ses quatre derniers elpees. En l’occurrence, " Steel guitar blues", "Steelin' home", "How I spent my summer vacation" et "The slide ruler", en compagnie de Tommy Shannon à la basse (ex Double Trouble) et Chet McCracken (Doobie Brothers) à la batterie. Les spécialistes qui se servent de cet instrument l’apprécient beaucoup. Que ce soit Darick Campbell (des Campbell Brothers) ou Freddie Roulette.

Ce "Let it slide" a été réalisé sous un format trio. Koch est donc ici soutenu par le bassiste Gene Babula et le drummer John Goba. L’opus s’ouvre par le "Shape I'm in" de Marc Benno et des Doyle Bramhall, père et fils, tout d’abord sous une version paisible et acoustique d’un peu moins d’une minute, avant de glisser vers un boogie amplifié. Et la nouvelle mouture est excellente. L’artiste maîtrise parfaitement son instrument. Très rock, le style me rappelle même George Thorogood et ses Destroyers, au sommet de leur art! Koch conserve un tempo remuant pour attaquer "Wrong side of the blues", un blues au cours duquel on prend un plaisir évident à l’écouter décoller sur sa lap steel au son si métallique. Il n’est donc pas surprenant qu’il ose défier un monument du style, en l’occurrence le "Mercury Blues" de KC Douglas. Imprimée sur un mid tempo, la cover est superbe. Sa steel gémit saigne, bref elle est merveilleuse… Il nous réserve deux plages composées en compagnie de Miss Freida Gantt. Tout d’abord "Blow my mind". En torturant ses cordes, dans le style de Chicago, il y injecte une intensité dramatique. Et enfin, en finale, "Working man's blues" une piste qui rocke et boogie. Il devient plus Elmore James que nature sur l’indolent "It hurts me too". Du travail de maître! Et il nous plonge dans un texas rockin’blues digne de ZZ Top sur le "Too sorry" de Doyle Bramhall. Rick Vito a milité chez le Fleetwood Mac, une formation qui, au cours des premières années d’existence, privilégiait la guitare slide. Il reprend son "My baby's hot". Rien n'est à jeter sur ce long playing. Une véritable leçon d'efficacité dans la simplicité. Excellent!  

 

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