Un clip corrosif pour Ministry

Il va sans dire que Ministry n’a jamais été un grand fan de « Hair Mussolini », surtout maintenant qu’il bombarde le peuple américain presque quotidiennement avec des inepties générées par l’IA et destinées à se mettre en avant. Al Jourgensen et ses acolytes…

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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

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Ora Cogan
The Cure
Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

mardi, 31 mars 2009 03:00

Havilah

Cinquième album pour cette formation australienne fondée à Perth en 1998. En un peu plus d’une décennie, le line up a connu toute une série de changements ; le dernier en date remontant à 2006, lorsque Dan Luscombe a remplacé Rui Pereira à la seconde guitare. Parce de l’électricité, The Drones n’en est pas avare. Ce qui explique aussi certainement son patronyme. Gareth Liddiard est l’autre gratteur. Mais aussi le leader et le lyriciste. Et en général ses textes sont plutôt trempés dans l’acide, traitant aussi bien de Dieu, de la mort, du divorce, de l’interracialité (un thème récurrent), de la pornographie sur internet que de la politique. Des lyrics qu’il chante d’une voix nasillarde, abrasive, parfois déclamatoire, empruntant parfois des inflexions à Mick Jagger. L’intensité sonore de The Drones est, en général, très impressionnante. Tantôt on pense au Crazy Horse de Neil Young, aux Scientists, à Birthday Party, Sonic Youth, Green on Red, Leather Nun ou encore Died Pretty. Mais ce sont les compos les plus hymniques qui sont aussi les plus irrésistibles. A l’instar de « The minotaur », « I am the supercargo » et « Careful as you go », trois plages absolument remarquables et terriblement contagieuses. Et le reste de cet “Havilah” ne manque pas d’allure. Il y a bien un zeste d’acoustique, un chouia de festif (le final « Your aching’s like the end of the world »), histoire de reprendre son souffle ; mais le bain d’électricité est garanti. D’ailleurs si vous aimez la conjugaison vivifiante, venimeuse, épique, cinglante, sauvage, torturée des guitares, vous ne pouvez passer à côté de cet album…

 

vendredi, 31 décembre 2004 02:00

KVLR

Avant d’opter pour le patronyme KVLR, cette formation suédoise s’appelait Kevlar. Un changement opéré en 2002. Par nécessité. Suite à la plainte déposée par une entreprise dont la succursale répondait au même nom. Du line up initial de ce groupe fondé en 1996, il ne reste plus le chanteur Johan Sellman et le drummer Manus Öberg. C'est-à-dire les membres fondateurs. Si on ne tient pas compte de la compile « On planted streets », cet elpe éponyme constituerait le troisième album studio de KVLR. Une information à prendre au conditionnel, puisque les infos sont plutôt rares à leur sujet. Cocktail particulièrement réussi de no wave (Sonic Youth), de harcore juvénile (Hüsker Dü) et de cold wave lyrique, atmosphérique (Chameleons), la musique de KVLR est fondamentalement mélodique et contagieuse. A l’instar d’un Trail Of Dead. Même lorsqu’elle emprunte un tempo féroce, échevelé (« Spit ») ou s’aventure dans les méandres du psychédélisme (« Road closure »). Ce qui n’empêche pas la basse pneumatique de Magnus Öberg de libérer un groove viscéral et à la voix laconique de Johan de s’abandonner dans la mélancolie crépusculaire…
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Band red

Alors que la plupart des groupes insulaires essaient de s’imposer chez eux avant de se tourner vers les States, Kaito a opté pour le processus inverse. Faut dire que sa musique possède davantage d’affinités avec la musique yankee que britannique. Pour concocter une telle expression sonore, ce quatuor doit impérativement aimer ou avoir aimé les Pixies, Sonic Youth (NDR : les débuts !), Blonde Redhead (NDR : mais pas le dernier album !) et Sleater Kinney. Une formation drivée par une fille : Nikki Colt. Qui possède une voix pas possible ! Elle ne chante pas : elle gémit, murmure, gazouille, bégaie, hoquette, aboie ou grogne, dans un registre aigu qui rappelle Kazu (NDR : la chanteuse de Blonde Redhead, of course !). En dispensant des lyrics incompréhensibles. Incarnant davantage une intention qu’une expression. A connotation sexuelle, vous vous en doutez. Le tout sur un noisy/punk/pop épileptique, torrentueux, frénétique, au sein duquel s’entre-déchirent riffs de guitare énergétiques, pépiants, élastiques, vertigineux et synthés ondulatoires, fiévreux, vulnérables ou miteux. Fragment le plus déjanté, « Nothing new » aurait pu naître d’une rencontre entre les Nymphs et X Ray Spex ; alors que « Driving manual auto» couve un feeling disco sordide. Ce premier opus recèle, en outre, six bonus tracks enregistrés ‘live’ au garage de Londres, ainsi qu’un clip vidéo de Should I ». Pas facile, mais très étonnant !
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Hopes and fears

Si vous n’avez jamais entendu “Somewhere only we know” et « Everybody’s changing », c’est que vous n’allumez jamais la radio. A l’écoute du premier titre, vous avez sans doute pensé qu’il s’agissait d’une nouvelle chanson de Coldplay. Et du deuxième, de Travis. Ce qui vous donne une petite idée du style pratiqué par ce trio originaire du Sussex. Seule différence, Keane a troqué la guitare contre un piano et des synthés. Les deux hits susvisés figurent bien sur ce premier elpee de Keane. Ce sont aussi les meilleurs fragments. Tom dispose d’une voix douce et pure ; en outre, le sens mélodique des compos n’est jamais pris en défaut. Mais hormis le subtilement new wave « Your eyes open » et le plus électro « Untitled 1 », deux fragments qui évoluent au sein d’un univers proche d’un A-ha voire d’un Wet Wet Wet, le reste de l’opus ressasse inlassablement les mêmes clichés hymniques. Les espoirs déçus, les craintes se sont donc révélées fondées…
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Vultures await

Le leader de Centro-Matic et de South San Gabriel mène parallèlement une carrière en solitaire. Et « Vulture await » constitue déjà son deuxième album solo. Un disque pour lequel il a reçu le concours de Scott Danbon, au violon, sur deux titres (« Just some silence » et « Sleep a while ») ; ainsi que celui de Matt Pence, au mixing, à la mise en forme et épisodiquement à la programmation. Hormis la collaboration de ses deux fidèles comparses, Will se réserve toute l’instrumentation : guitare acoustique et électrique, banjo, piano, basse, orgue, bruitages et la batterie. Sans oublier les parties vocales. De sa voix fatiguée, austère, rongée par la douleur, Johnson épanche ses lyrics intimistes, ténébreux sur une musique qu’on pourrait qualifier de country/folk alternative. Imaginez un Wilco en plus minimaliste, et vous aurez une petite idée du style pratiqué par cet artiste texan. Pas pour rien que le génie littéraire de Will et de Tweedy sont souvent comparés. Ballades dominées par un piano spectral, élégies acoustiques et parfois chansons pop se partagent les 12 fragments de ce « Vultures await ». L’esprit de Tom Waits hante même le lugubre « Catherine Dupree » ; alors que tout en lorgnant du côté des Flaming Lips, « Nothin’ but Godzilla » constitue le seul moment au cours duquel, Will se montre un tantinet plus optimiste…
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Antics

« Turn on the bright lights » était un album avant tout contaminé par les eighties : l’attitude, l’image et surtout la musique. New wave, post punk et bien sûr cold wave. En outre, la couleur sonore était circonscrite au noir. « Antics » embrasse également la palette des gris. A cause de la voix de Paul, tout d’abord. Moins monocorde et plus versatile. Qui épanche des lyrics traitant du conflit entre l’humain et l’inhumain, l’homme et la machine, l’amour et la haine, le sexe et la mort. De la présence d’un clavier, ensuite. Dont la fluidité insuffle une certaine chaleur aux mélodies. A l’instar de « Next exit », qui trahit même un certain penchant pour les sixties. Hormis le final morbide « A time to be so small », l’opus affiche un profil nettement plus pop. Parfois même dansant. Revers de la médaille, on a parfois l’impression que la formation s’essouffle au coeur de l’elpee. Heureusement, sur les 10 fragments de la plaque, plus de la moitié ont vraiment la pêche. « Next exit », bien sûr. Mais aussi le ‘pixiesque’ « Evil », le single potentiel « Narc », caractérisé par une ligne de basse jazzyfiante ; ou encore le funkysant « Length of love », dont le groove métronomique rappelle les Hives. Pour solidifier le tout, Interpol peut heureusement encore compter sur l’efficacité et la créativité des drums de Sam Fogarino. Et dans la musique d’Interpol, cet atout est loin d’être négligeable. Pas pour rien qu’il est surnommé l’as de pique. Bref, un très chouette album auquel il ne manquait pas grand-chose pour mériter un ‘must’.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Immune

En privilégiant les atmosphères éthérées et dénudées, Immune navigue aux confins de l’ambient électronique et la pop organique. La formation a même baptisé sa musique d’électro pop somatique. Pourtant, leur expression sonore s’adresse davantage à l’esprit qu’au corps. Mais un esprit empreint d’une douce mélancolie, d’une indolence ténébreuse, propice aux climats visionnaires et troublants. Et j’imagine facilement ces compositions servir de bande sonore au ‘Grand Meaulnes’ d’Alain Fournier, romantisme juvénile qui semblait pourtant enfoui si profondément dans notre subconscient. En cherchant une éclaircie dans cette brume sonore, le très beau et élaboré « Through tide » ne fait qu’accentuer notre sentiment de solitude, alors qu’en final, « Father’s falling » joue avec nos émotions en s’égarant dans l’univers d’un Also the Trees, filmé au ralenti…
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Incoherence

En tenant compte de sa carrière solo, l’instrumental “Sonix”, ses projets ‘live’ et ses aventures vécues au sein des différents Vander Graaf Generator, « Incoherence » constitue le 49ème album de Peter Hammill. Excusez du peu ! Pour enregistrer ce nouvel opus (NDR : son 36ème en solitaire), Peter a uniquement reçu le concours de ses complices Stuart Gordon (NDR : au violon) et de David Jackson (NDR : aux saxophones et flûtes). Pas de drums. Hammill se chargeant des parties de guitare et des claviers en plus des vocaux. Bien que recensant 14 fragments, « Incoherence » n’est en fait qu’un seul titre dont le thème traite des difficultés de communication. On retombe ici dans le domaine du concept album. Comme à l’époque de « Pawn Hearts » du Vander Graaf Generator. On y retrouve même ces lignes instrumentales hypnotiques, en boucle, qui se superposent, s’évanouissent, avant de renaître du néant après une brisure de rythme. Et puis le registre vocal ample, théâtral, expressionniste de Peter. Pas de commentaire supplémentaire, la musique intemporelle de Peter parle d’elle-même. Si vous appréciez son oeuvre, vous ne serez pas déçus. Pour votre info, sachez que le chanteur/compositeur/musicien a été victime d’une attaque cardiaque le 7 décembre dernier. Hospitalisé, il a depuis récupéré. Mais il est vrai qu’à l’âge de 55 ans, il a aussi celui de ses artères. Infatigable bosseur, il va devoir apprendre à se ménager.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Uh huh her

Pour enregistrer son septième album, PJ Harvey a décidé d’en revenir à une forme plus minimaliste, comme il y a 12 ans. A un blues primal, aride, sauvage que « Dry » incarnait si bien. Un retour aux sources auquel trop d’artistes ont tendance à recourir, lorsqu’ils sont en panne d’inspiration. Son précédent opus, « Stories from the city, stories from the sea », était tout bonnement remarquable. « Uh huh her » est de bonne facture, sans plus. En fait, il manque de compos percutantes. Une œuvre qu’elle a écrite, interprétée, mixée et produite. On n’y relève d’ailleurs que la collaboration de son complice de longue date, Rob Ellis ; et puis de Head au mixing et aux arrangements additionnels. Curieusement, la chanson « Uh huh her » ne figure pas sur cet elpee. Parce qu’elle ressemblait trop à ce qu’elle faisait auparavant, confesse Polly. Bref, les rares accents hymniques empruntés à Patti Smith ou à Siouxie (« The letter ») ne parviennent pas à sauver un ensemble qui exhale un parfum de déjà entendu. Pas que la plaque soit de mauvaise facture, mais pour une artiste de la trempe de Polly Jean Harvey, on reste sur sa faim…
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

In exile deo

Réapparue par la grâce d’une compile rétrospective en 2002 ; puis impliquée au sein des Some Girls, en compagnie desquelles elle a commis un elpee l’an dernier, Juliana Hatfield nous revient aujourd’hui avec un septième album solo. Et je dois avouer que nonobstant toute l’estime que je lui porte, les premiers fragments de cet « In exile deo » m’ont fait craindre le pire. En fait, elle y a mis tellement de pop dans son rock, que je me demandais si je n’étais pas en présence d’un nouvel elpee de Sheryl Crow ou de Liz Phair. Passée la mise en bouche croustillante (« Get in line »), il faut ainsi attendre la sixième plage pour retrouver tout le mordant de Juliana. Celui qui lui avait permis de rejoindre le mouvement ‘riot grrl’ des Throwing Muses, Breeders, Veruca Salt et consorts. Encore que l’expression sonore s’y révèle plus riche, plus américaine, plus rock. Dans un style qui évoque les débuts de Tom Petty lorsqu’il était encore flanqué de ses Heatbreakers ; les claviers rognés de Peter Adam remplaçant ici ceux de Benmont Tench. La moitié de l’opus épouse ce profil ! Un disque aux lyrics autobiographiques. Qui traitent des problèmes liés à sa vie affective. Des ses relations intimes. Très intimes même. Sans le moindre complexe. A l'instar de « Dirty dog », chanson au cours de laquelle elle assume ses fantasmes. Encore que dans le registre, Liz Phair s’est déjà montrée plus explicite… L’album recèle, en outre, deux ballades tendres et romantiques (« Tomorrow never comes » et « Singing in the shower »), deux tracks caractérisés par des arrangements particulièrement riches et soignés (cordes, piano, etc.) ; mais deux compos qui manquent d’intensité mélodique pour vraiment convaincre. En fin de parcours, l’elpee retombe d’ailleurs dans ses travers initiaux ; un peu comme si le soufflet était retombé…