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Les Nuits Botanique 2016 : vendredi 6 mai

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Soirée sous le signe de l’Hexagone, ce vendredi 6 mai, dans le cadre des Nuits Botanique. Le Cirque Royal accueille The Avener, Synapson et Greg June devant un auditoire au départ clairsemé. Compte-rendu.

Greg June est un baroudeur qui puise son inspiration à travers ses voyages accomplis aux quatre coins du monde, mais également ses rencontres (Steve Forward, John Watts, Paul Breslin, Franck Authié), des expériences qui lui ont permis de définir son parcours musical. Découpé en 5 titres, son premier Ep, « One », est paru en septembre 2015. Un disque qui a exigé 8 ans de travail et dont il va proposer plusieurs extraits au cours de son set. Qui s’ouvre à 19h30 précises, soit une demi-heure avant l’horaire prévu. Ce jeune prodige pratique une musique folk/pop teintée de touches urbaines et électro. Il fait déjà très chaud dans la salle. L’artiste se consacre au chant, à la gratte semi-acoustique et aux ivoires. Il est épaulé par un préposé aux machines dont une boîte à rythmes. Souriant, sympathique même, il demande à la foule si tout va bien avant d’attaquer « Hey ». Sa voix est chaude et légèrement rocailleuse. Très interactif, il invite le public à reprendre en chœur le bref refrain. Et il s’exécute de bon cœur. Il utilise à bon escient le peu d’espace qui lui est réservé sur les planches. Il se déplace de gauche à droite (ou de droite à gauche, selon) en accentuant ses expressions à l’aide de ses mains. « No regrets » est un titre nettement plus électro. Et déjà, la fosse se transforme progressivement en immense dancefloor. Armé de sa gratte, Greg n’en oublie pas pour autant « Unify », une compo qui lui tient particulièrement à cœur. Et pour cause, il s’agit d’un vibrant hommage aux victimes des attentats de Bruxelles et de Paris. Ce qui lui vaudra des acclamations nourries… Quoique apparemment plus calme, cette chanson permet à sa voix de monter davantage dans les aigus, en fin de parcours. Le bidouilleur abandonne, le temps d’un morceau, ses machines et percus pour siéger derrière les ivoires. Et le show, de s’achever par le single « We Can't Never Talk ». Greg n’oublie pas de remercier Synapson, dont il assure le supporting act pour la tournée.

Synapson est sans doute le duo électro le plus prometteur, pour l’instant. Responsable de véritables tubes comme « All in You » (feat. Anna Kova) ou « Djoon Maya Maï » (NDR : auquel avait participé le regretté Victor Démé), il suscite énormément d’engouement de la part du public, tant pour ses prestations ‘live’ que lors de ses enregistrements studio. A son actif un Ep éponyme, publié en 2010, et un elpee, « Convergence », paru en octobre 2015, qui caracole toujours au sommet des charts. Paul et Alex ont accompli le tour de l'Hexagone au sein du projet Flash Deep, afin de mettre en exergue une nouvelle scène house française, aussi électronique que mélodique, capable de squatter les playlists, mais surtout destinée à faire danser les foules.

Derrière les 2 bidouilleurs (NDR : un préposé aux synthés et à la boîte à rythmes et un autre derrière les platines), on découvre une grande structure en triangle, sur laquelle est disposée des néons. Et ce light show va impressionner !

L’électro/pop contemporaine du combo est largement contaminée par des percus aux sonorités africaines. Mais elles sont dispensées par des synthés. Electrifiée, la guitare de Sirius Tréma est très susceptible de dynamiter le show. Faut dire que le musicien est doué. Il s’autorise même des solos hendrixiens. Le groove libéré par Synapson est unique en son genre. Originale, la musique vous communique de bonnes sensations dans les jambes, mais sans les fourmis. En finale, la très jolie Anna Kova vient poser la voix sur le tube « All In You ». Ce qui démontre l’ouverture d’esprit du tandem, dont la musique s’inscrit dans la lignée de Hyphen Hyphen. Et finalement, la prestation va mettre le souk dans la fosse. Tout le monde danse, y compris dans les balcons. Surpris et impressionné par l’enthousiasme manifesté par le public, le duo va le remercier à plusieurs reprises.   

Tristan Casara s’installe derrière une immense table. Le producteur va bénéficier d’un light show tout aussi blaise. Mais l’ambiance est glaciale. Pourtant chaud, le public ne parvient pas à faire fondre cette glace.

Et ce n’est ni la cover du « Lonely boys » ou celle du « Big Jet Plane » d'Angus et Julia Stone qui changera la donne. Le Niçois clôture son set par une version du « Around The World » de Daft Punk, dans la plus grande indifférence. En se contentant de tirer des sonorités de ses machines, sans leur injecter le moindre feeling, et sans la moindre interactivité avec son public, The Avener ne méritait sans doute pas de figurer en tête d’affiche. Les artistes qui l’ont précédé se sont montrés bien plus convaincants…

(Organisation : Les Nuits Botanique)

The Avener + Synapson + Greg June

Pour les photos, voir ci-dessous

 

 

Les Nuits Botanique 2016 : jeudi 5 mai

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Dans le cadre des Nuits Botanique 2016, la fabuleuse salle du Cirque royal accueillait Yann Tiersen, musicien et compositeur responsable de ballades mélancoliques, dont certaines sont devenues notoires. Et c’est au sein d’une ambiance décontractée qu’il est venu présenter son dernier petit bijou. Intitulé « EUSA », son neuvième opus rend hommage à sa Bretagne bien-aimée. Dix morceaux délicats, oniriques. Un voyage aux effluves bretons, mais qui souffre parfois d’une absence de tressaillements, d’émotions inattendues.

« 48° 26' 19" N 5° 6' 40" W ». Non, ce ne sont pas exactement les durées des morceaux du nouvel elpee de l’artiste récompensé à deux reprises par une Victoire de la Musique pour les films ‘Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain’ et ‘Good Bye, Lenin !’ Pour ce dernier essai, Yann Tiersen s’est retranché dans son fief natal, loin du tumulte de la ville, afin de composer de nouveaux poèmes symphoniques. De « Porz Goret » (dont les coordonnées sont communiquées en introduction) à « Lok Gweltaz » en passant par « Penn Ar Roc’h », l’artiste a arpenté les recoins de l’île d’Ouessant en y laissant son empreinte musicale. En effet, chaque plage de son dernier long playing, dont la sortie est prévue pour septembre 2016, a été baptisée suivant les noms des lieux qu’il a visités. C’est un vibrant tribut à la région qui l’a vu naître.

La salle est comble. Sur scène, un piano à queue trône à côté d’un violon, de deux ‘toy’ pianos et d’un mélodica. On connaissait la timidité de l’artiste et il le prouve une fois de plus. Une bière à la main, il s’avance nonchalamment et s’installe derrière ses ivoires. Les premières notes sont hésitantes. Un magnétophone par bande magnétique diffuse simultanément des enregistrements de différents lieux captés sur l’îlot ouessantin. On entend les vagues s’échouer sur les côtes. La symbiose semble tracer une parfaite harmonie. Mais les premières minutes laissent un goût de trop peu. Le temps s’égrène et les compositions manquent d’émotion. Jusqu’à cette ballade intitulée « Penn Ar Roc’h », un morceau dont les suites de croches rendent vigueur à des fragments musicaux jusqu’ici légèrement moroses. La prestation du compositeur, timide et hésitante au départ, monte progressivement en crescendo. Sans doute aussi à cause de son doigté, de plus en plus agile. 

La suite s’annonce plus allègre. Le titre « Kadoran » démontre sa virtuosité au piano tandis que celui de « Penn ar Lann », révèle sa sensibilité. Le public est conquis. L’artiste adresse un timide merci entre chaque grande composition, ce qui fait rire l’auditoire. La troisième partie fait la part belle au violon ou au toy piano, qu’il joue de main de maître. Le tube « La dispute » interprété au mélodica et aux ivoires nous replonge dans le film qui a rendu célèbre le multi-instrumentiste. Les mélomanes sont sous le charme. La soirée se termine, en apothéose. Magistral, le violon illumine le fabuleux « Sur le fil ». Et la prestation est unanimement ponctuée par des applaudissements nourris.

Ce dernier LP, aux couleurs ouessantines, joue la carte des émotions et propose un retour aux sources pour le maître des ballades mélancoliques. Ouessant, Eusa en breton, est un lieu où l’artiste a jeté l’ancre. Ses titres sont composés avec beaucoup d’amour. Mais l’ensemble de son chef-d'œuvre manque parfois de mordant, d’un grain de folie. Peut-être qu’en rendant hommage à ces lieux tant aimés, le maestro a oublié d’en explorer d’autres.  

Organisation : Botanique + Live Nation

Yann Tiersen

Voir aussi notre section photos ici


 

Les Aralunaires 2016 : jeudi 28 avril

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Si ‘Les Aralunaires’ demeurent confinés au rang de ‘festival modeste’ au sein du paysage belge, il n’en reste pas moins l’un des fleurons en terme de découvertes.
Misant sur la diversité et l’ouverture d’esprit, cet événement annuel fête cette année sa huitième édition et propose une affiche délicatement imaginée et riche en genres.
Si Sharko a de très belle manière étrenné les festivités la veille, c’est un triptyque anglo-saxon qui donne la réplique ce soir, à l’Entrepôt.

Sur foi d’un unique 7 inches, soit deux chansons, les Anglo-gallois de Telegram ont déjà une réputation à entretenir. Et fidèles à la gouaille de leurs respectables aînés, ces quatre jeunes gens ne vont pas se priver pour enfoncer le clou.

Dans la plus pure veine ‘british, qui veut qu’un groupe encensé à ses premiers balbutiements batte le fer tant qu’il est show (NDLR : chaud ?), ces nouveaux prétendants au succès connaissent déjà les ficelles du métier et vont démontrer un potentiel que nous qualifierons d’intéressant.

Dans un esprit ‘revival glam’ revendiqué à coups de poses et de moulinettes de bras d’un ‘guitar hero’ plutôt doué ou au travers d’un chanteur manifestement très influencé par Marc Bolan, Telegram possède de réels atouts pour prolonger l’écho qui s’élève à son passage.

Compositions classiques mais efficaces et références surlignées à l’eyeliner n’en font certes pas un produit très original, mais sur le principe, le groupe tient largement la distance.

S’offrant même le luxe d’une reprise de Bowie, le temps d’un « Heroes » impeccablement exécuté.

Sous cette apparente assurance qui pourrait facilement passer pour de la prétention, en émane une étonnante simplicité lorsque, entre deux morceaux, quelques interventions presque timides et maladroites rappellent qu’après tout, tout ceci n’est qu’un jeu.

Une entrée en matière jouissive et qui donne consistance à cette énième sacralisation outre-Manche.

À l’exact opposé de cette mise en scène un peu cabotine, le combo londonien Ulrika Spacek mise tout sur sa musique et rien dans ses vêtements.

De fait, si la garde-robe de ces musicos –probablement héritée de l’Armée du Salut– ne paie guère de mine, le premier mini elpee au titre ironique (« The Album Paranoia », paru sur le label Tough Love) recèle une bien jolie palette de sonorités oscillant entre obsession et noise.

Absentes donc les glorieuses gestuelles et place à la sobriété (c’est même un euphémisme).

Si le départ semble linéaire, bien que très agréable, on apprécie les interventions plus contrastées, susceptibles de faire grimper en flèche l’adrénaline dans nos organismes en demande.

Faussement alanguis, nos esprits en alerte restent donc logiquement sur leur faim après un set trop bref.

Un signe néanmoins tangible d’une certaine attente qui, déçue par la durée du spectacle, nourrira certainement notre appétit pour l’avenir.

Enfin, place aux énigmatiques Girls Names, dont les aspirations new wave s’affichent dorénavant en lettres gothiques sur une discographie au départ brillamment ensoleillée.

Exit donc l’énergie juvénile des premiers elpees depuis le virage amorcé par le second, « The New Life ».

Poursuivant dans cette veine angoissée, le dernier en date (« Arms Around A Vision », publié également chez Tough Love Records, fin de l’an dernier) se contente de creuser la terre encore meuble dans laquelle ces Irlandais s’enfoncent avec plaisir pour mieux nous éclabousser.

Une approche plus sombre où la basse prend une place prépondérante. Et ça tombe plutôt bien, car Claire Miskimmin, la préposée à la quatre cordes, est du genre douée.

Si tout l’équilibre des chansons de Girls Names semble en rotation perpétuelle entre ces lignes ascendantes et hypnotiques, il ne faut pas pour autant sous-estimer l’importance des guitares et de quelques effets cycloniques habilement incorporés.

La fausse désinvolture du chanteur est accentuée par un tic grossier qui consiste à mâchouiller exagérément chaque fin de syllabe pour causer un effet qui se voudrait le reflet d’une certaine exaspération nihiliste (c’est du moins l’impression que donne cette pratique) ; mais qui abusivement mise en avant, ressemble au final à une parodie de Mark E Smith, le leader de The Fall.

Hormis cette réserve, l’ensemble tient correctement le cap de l’heure de jeu, et sans demander son reste, le groupe disparaît en coulisses sans accorder de rappel (une norme pour le combo).

De quoi clôturer une sympathique soirée placée sous l’égide du bon goût dont, décidément, Les Aralunaires sont de véritables ambassadeurs.

(Organisation : Les Aralunaires)

Telegram + Ulrika Spacek + Girls Names

 

Wolfrock 2016 : samedi 16 avril

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La neuvième édition du Wolfrock n’a pas failli à la tradition ! Organisé dans les locaux du Centre Culturel de Dour, le cousin très lointain du DMF (Dour Music Festival) a une nouvelle fois réuni une belle palette d’artistes talentueux…

C’est à Jocker’s Club que revient l’honneur (?!?!?) d’ouvrir les hostilités. Devant une petite dizaine de groupies seulement !

Le parcours du combo est aussi beau que tragique. Après le décès inopiné de son chanteur, le quatuor, réunissant des potes d’enfance –le guitariste Fabrice Drapier, le batteur Xavier Estievenart, le bassiste Eddy Fia et le guitariste Marc Stradiot– partent à la recherche d’un digne successeur, afin de conserver les envolées lyriques qui caractérisaient alors leur musique. Il le déniche en engageant le jeune Mathias Bouyez.

Ce n’est pas vraiment un inconnu puisqu’en compagnie de son frère Hugo, il mène en parallèle l’aventure de The Magical Candies.

Baignant dans une veine rock, le quintet jouit déjà d’une belle réputation dans la région !

Les premiers riffs sont plutôt glaciaux. L’attitude des musicos l’est tout autant ! Le set laisse un peu de glace ! Techniquement pourtant, le jeu est précis. Parfois même académique.

Math, le petit dernier, un rien timoré au début, va tenter d’éveiller un public amorphe, sans vraiment y parvenir ! Un combo à suivre, pourtant…

We Are Waves grimpe ensuite sur l’estrade. Impliquant Viax (voix, guitares), Cisa (synthés), Mene (basse) et Adriano (drums), ce quartet est originaire de Turin, en Italie.

Ce sera LA surprise du jour ! Un véritable coup de cœur médiatique et d’estime !

Le WR constitue la dernière date d’une mini tournée belge qui a entraîné le band, notamment du côté du Centre. Selon les propos des musiciens, la Belgique leur a réservé un très bon accueil ! De là à affirmer que de tous les peuples, les Belges sont les plus accueillants, il n’y a qu’un pas… qu’il faut de temps à autre franchir !

Le combo compte plus de quinze années d’expérience. Il a entamé son parcours en explorant le ‘Heavy Metal’, avant de tâter du nu-metal, du rock alternatif, du post rock et même du folk. Bref, c’est le band dont il faut absolument s’intéresser, si tu ne veux pas passer pour un ringard !

Passionnés par le rock, l’art et la recherche, le champ d’action des Transalpins est une alternative à la new wave. A cette différence que le son lorgne plutôt vers un rock singulier, hybride, mâtiné de heavy électro et post grunge.

On est loin de la musique de chambre donc !

La filiation avec les anglais de The Cure est manifeste ! Cordes électriques, synthé, boucles lancinantes et fûts batifolent comme à l’époque du magnifique « Disintegration »…

Troublant également, le mimétisme vocal du chanteur avec un certain Jim Kerr (NDR : leader de Simple Minds).

Il y a des réminiscences eighties ! Ca pue la sueur, le jeans déchiré et la Converse moisie !

Une chose est certaine, à voir les CD’s se vendre comme des petits pains au stand marchandising, il est clair que les ritals ont frappé fort le cœur des mélomanes… et leurs conduits auditifs.

Dans une parfaite lignée électro, From Kissing –dont le patronyme s’est inspiré de manière hasardeuse d’une phrase qui figure dans une chanson de The Cure– est chargé d’embrasser (d’embraser ? !) les lieux !

Chris Willems (chant), Bastien Preaud (basse, synthé, prog, chœurs), Antoine Preaud (batterie) et Massimo Panza (guitare, synthé, prog, chœurs) –qui a déjà foulé les planches douroises au sein d’un autre projet baptisé Stevenson– prodiguent à grands coups de synthés, une musique électro, mais contaminée par le rock !

Originaires de Mons, de Nivelles et de Bruxelles, ces jeunes gens se connaissent depuis belle lurette. Chacun jouait dans sa propre formation. Un jour d’août 2013, l’idée d’un projet commun s’est enfin concrétisée !

L’ascension sera rapide puisque un premier Ep cinq titres est publié l’année suivante y compris sur les différentes plates-formes de streaming les plus importantes telles que iTtunes, Deezer, Spotify…

Les gaillards ne se sont pas reposés sur leurs lauriers puisqu’en mars 2015 est paru « Get Up », un opus produit par Anthony Sinatra (Hollywood Porn Star, Piano club) et Vince Lemineur (Suffocating Minds). Rien que ça !

Si leur musique est rageuse, insolente et dépoussière les clichés du genre, c’est sur scène que l’énergie rock transcende véritablement le groupe et laisse préfigurer de beaux pogos entre ami(e)s lors des festivals d’été que l’on est tenté d’espérer futurs et nombreux.

C’est direct et brut de décoffrage !

Chris assure à lui seul la visibilité du band ! Petit, rebondissant et biberonné au ‘speed’, il ne cessera de se mêler au public dans une ambiance exaltante. Sa seule limite : la longueur des câbles du micro !

Complètement barge, il ira même jusqu’à monter sur une barrière Nadar située à proximité de l’ingé son, quitte à se prendre une gamelle !

Après quarante minutes de show, les garnements potaches se retirent sous une salve d’applaudissements bien mérités !

Autre style, en compagnie de Pair d’As. Exit batterie, guitares et loops électroniques. Mais place aux fondamentaux du genre : baquettes, training Kappa et casquettes retournées pour l’apparat. Sans oublier le langage châtié, dont les termes argotiques pour le phrasé ainsi que les chorégraphies minimalistes à souhait sont propres au genre.

Laurent, alias ‘L’rapace’, et Charles, ‘Moz’, se sont rencontrés par l’entremise du concours ‘L’envol des cités’. En janvier 2014, ils décident d’unir leur verve incisive pour ne former qu’un. Emballé par le projet, leur ami Alex, alias ‘Dj Xel’, les accompagnera aux platines.

Pas vraiment de surprises ! Les thématiques sont quasi toujours identiques dans ce type de projet. On stigmatise en effet le chômage, les keufs (la Police) et les meufs (le genre féminin). Sans oublier de clamer que les membres du gouvernement sont tous des incapables, bien évidemment !

Le potentiel est pourtant bien réel chez ces rappeurs. L’énergie et l’intensité y sont ! Les loustics sont assez convaincants ! La plume, bien qu’un peu facile, dénonce sans vergogne parfois, mais toujours intelligemment, les travers sociétaux et le mal-être des plus jeunes. Les textes ne sont pas chanfreinés par un politiquement correct.

Les poncifs du genre restent malheureusement encore trop nombreux ! Ce qui discrédite une démarche qui pourrait devenir intéressante !

ACTA est l’avant-dernière formation à se produire. Découvert dans le cadre des Franc’off 2003 et lauréat du ‘Carrefour des Talents’ en 2011, le trio réunit Joe (guitare/chant), Rvaye (drums) et Massimo Passalaqua (basse), également cheville ouvrière des Classes du Rock.

L’expression sonore s’exprime facilement sur scène ! D’autant plus que, contrairement à son passé, le leader a ici opté pour une approche rock davantage punchy…

Le gaillard évoque sa vie et les déclinaisons quasi-obligées qui en découlent. Le tout dans la langue de Verlaine. Cette culture du mot permet un rendu tantôt subtil, tantôt explosif, naviguant entre légèreté et gravité.

Le show s’enlise toutefois rapidement et l’effet de surprise est vite supplanté par une déferlante de chansons linéaires dans les arrangements.

Il revient au troubadour honnellois, Antoine Hénaut, de clôturer le festival. Un artiste dont le mix entre le grand Jojo pour le côté décalé et Jean-Luc Fonck (Sttellla) pour son humour à deux balles, fait mouche !

Sa « Poupée Vaudou » lui vaut un bel espace médiatique depuis quelques semaines ! Elle narre des histoires touchantes entre espoirs et tracas.

Son truc, ce sont les doubles sens ! Il en joue continuellement ! Comme de la jonglerie dont il est un fervent admirateur. C’est de la haute voltige ! Une précision à toute épreuve ! Un travail d’orfèvre ! Le flot littéraire, souvent imagé, est marqué par le second degré !

Pour quelques dates (dont celle de ce soir), le claviériste habituel (Xavier Bouillon) s’est fait remplacer par Maxime Pasquini, multi-instrumentiste bien connu dans le milieu (batteur attitré d’Ozvald et claviériste de Coverplay notamment).

Ses textes sont indéniablement bien torchés et structurés ! Son second opus marque d’ailleurs un tournant majeur dans la maturité du jeune homme ! Ce qui laisse tendre vers une belle représentativité future en terre francophone !

Seule ombre au tableau, le son. Il privilégie excessivement les tonalités graves ! Impossible de discerner l’intensité des thématiques même en tendant l’oreille ! Acoustique déplorable ou incompétence de l’ingé son ? Chacun jugera !

La soirée s’achève avec une grosse demi-heure de tard sur l’horaire prévu !

Mais qu’importe ! Pour quelques euros seulement, les fans de musique se sont délectés d’un précieux breuvage fait de belles découvertes !

Que nous prépare l’équipe organisatrice lors de l’anniversaire de sa première décennie d’existence ? Pour le savoir : vivement 2017 !

(Une organisation du Centre Culturel de Dour et du WolfRock)

 

La Vie en Rock 2016 : samedi 2 avril

Écrit par

Janique Saussez avait une nouvelle fois réuni ses forces afin d’organiser un festival destiné à récolter des fonds pour la lutte contre le cancer. Une maladie qui, rappelons-le, tue chaque année 3 500 Hennuyers. Plutôt biberonné à la Cara Pils et aux émissions incultes du style ‘The Voice’, le public borain n’a (forcément) pas répondu à l’appel, malgré une affiche alléchante. Comble de malchance, les organisateurs ont dû déménager vers l’Espace Magnum en toute dernière minute. Motif ? La salle de Dour Sports qui accueille l’événement depuis la première édition, est en travaux. Et ils sont conséquents. Pas moins de treize groupes, dont Lemon Straw, Dr. Voy, Hipsta, Lys et Miss Jacqueline ont accepté de se produire pour la bonne cause… Compte-rendu.

Votre serviteur débarque avant le set accordé par Xcess. Des hostilités ouvertes. Et pour cause. S’approchant du parterre de spectateurs, le chanteur tombe du podium et se prend une gamelle monumentale, sous le regard hilare et médusé de ses comparses.

Fondé en 2014, ce quatuor montois réunissant Ben (chant), Alex (guitare), Arno (batterie) et Sylvain (basse) compte plus de 60 concerts ( Botanique, VK, Rockerill... ) à son actif. Sa musique baigne dans un rock alternatif teinté de ska, de punk et de métal ; un cocktail qui donne à l’ensemble une couleur intéressante mais mélodique. 

Responsables d’un premier elpee, (« Awakening »), les quatre lascars se sont démenés pour tenter de faire bouger un public plutôt amorphe. Sans trop de succès…

Miss Jacqueline embraie. Lilloise, la formation implique Jacko (voix et guitare rythmique), Arno (guitare lead), Math (basse) et Ju (drums). Pop/rock, la musique de cette femme à quatre têtes concède de nombreuses références insulaires. Mais s’avère plutôt conventionnelle, évoluant quelque part entre indie rock et post punk, sur un lit synthétique ! Malheureusement le son est trop lisse. Le jeu de scène, trop timoré. Et la communication, quasi-inexistante. Aucun des musico ne parvient à insuffler l’énergie nécessaire pour extraire le public d’une léthargie post-hivernale. Le drummer cumule les erreurs techniques. Si bien que sur la durée, le spectacle finit par devenir pathétique. Bref, on s’ennuie ferme ! Un point commun avec notre Jacqueline nationale (dixit Galant) : la médiocrité ! Ce sera une des fausses notes de la soirée !

Les choses sérieuses commencent dès HIPSTA. Fondé en 2014, ce jeune combo parisien évolue déjà dans une phase d’exemplarité. A cause, notamment, des compositions d’Arno. Ce qui lui permet d’être rapidement repéré par Shaka Ponk. Et d’assurer sa première partie au Palais12.

Les sonorités électro/rock du combo vrombissent et font vibrer les parois en béton du prétoire. Les compos sont directes, ambitieuses est désinvoltes. Pas de fioritures. Mais de la précision et une approche contemporaine. Elles lorgnent ainsi vers un certain Phoenix. Tout au long des quarante minutes du set, elles groovent. Et la foule qui reprend du poil de la bête se met à chanter et à danser ! Que demander de plus ?

Vers 20h30, LYS grimpe sur l’estrade. Il s’agit de la deuxième participation du combo au festival. En outre, de la rencontre entre les musicos et Janique est née une amitié. Il était donc logique que la formation soit à nouveau au rendez-vous de cette œuvre caritative.

Nicolas en est le leader charismatique. La filiation entre Placebo est LYS est surprenante. A cause de la voix de Nicolas, tellement proche de celle de Molko. Et puis des riffs de guitare. Surprenant ! De quoi semer le trouble. Quoique…

De toute bonne facture l’elpee « Go Your Own Way » a été produit par Steve Hewitt, l’ex-batteur de Placebo. Ce qui a permis au groupe de se produire un peu partout dans le monde. En Europe, bien sûr. Et même à Londres. Ce qui est moins évident. Et ce qui l’est encore moins, aux States, où il a participé à de grands festivals comme le SXSW d’Austin ou le CMJ de New York. Sans oublier le MIDI de Shanghaï et à Beijing, en Chine.

Depuis les débuts de l’aventure, LYS a subi de nombreux changements de line up. Difficile pour le commandant de bord de maintenir le paquebot à flots, quand on doit enregistrer une telle succession de défections. Mais qu’importe ! La fine équipe qui l’entoure aujourd’hui semble avoir cimenté cette union sacrée.

« Redbud » constitue le second opus du band. Il frôle la perfection ! Dix titres et presque autant de tubes potentiels ! Pour le réaliser, LYS a pu compter sur le concours de grosses pointures comme –à nouveau– Steve Hewitt, mais également Paul Corkett (producteur anglais qui met en forme les disques The Cure) ainsi que Donald Ross Skinner (Julian Cope) au mixing ; sans oublier Craig Walker (ex-Archive) qui cosigne certains lyrics.

C’est donc impatiemment, proche de l’excitation jubilatoire, que votre serviteur attendait ce moment depuis plusieurs semaines ! 

On retrouve, dès les premières accords, ce style rock à la fois festif et communicatif, mais également très mature. Ce feeling qui flirte avec le meilleur des hymnes pop/rock anglo-saxons. Les compos sont riches et prennent rapidement aux tripes ! L’interprétation est empreinte de délicatesse et de volupté ! Les accords s’enchaînent naturellement. Les titres défilent : « Redbud », « Be There », « One Day », « The Mistake », sans oublier les inévitables « New Way Home », « Insane » ou encore « In My Mind » qui a ouvert au combo une porte médiatique salvatrice !

Ce concert restera un des meilleurs de la soirée !

Autre groupe, autre style chez Dr Voy ! Pas de stéthoscope, mais des guitares électriques qui foisonnent, des lignes de basse qui mordent et une rythmique à faire exploser le métronome !

Le genre élaboré par Reg (batterie), Jeff (guitare, chant), Rod (basse) et Vince (guitare, chœurs) est particulièrement hybride, mêlant rock garage, attitude punky, esprit soul et spontanéité déguisée !

A ce jour, les bad boys de la région du Centre ont gravé trois long playings studio : "Time runs away" (2007), "Kill the angel" (2009) et "That's all fake" (2012). Tous autoproduits. Ils ont accompli de nombreuses tournées. Tant en Belgique qu’au Royaume-Uni. Ce soir, ils sont venus déverser leur savoir-faire sur fond de sauvagerie bestiale gorgée de testostérone…

Le son est crasseux ! Poisseux même ! Aucun doute, la réputation du toubib n’est pas surfaite ! Les oreilles souffrent !

Ce plaisir sera cependant de courte durée ! Environ une vingtaine de minutes après le début du show, les problèmes techniques font rapidement leur apparition : amplis qui craquent et retours de scène qui fonctionnent de manière aléatoire. C’est la frustration chez les musicos et la déception dans l’auditoire.

Excédé, le chanteur s’est interrogé sur l’absence de l’ingé son, finalement retrouvé au bar !

Jeff (qui a vite fait de prendre ses cliques et ses claques et de se casser !) et sa bande de potes ont eu bien du courage !

Un brin de nostalgie, ensuite, en compagnie de Gad’80, un cover band dont le répertoire est puisé aussi bien dans la pop anglo-saxonne que la chanson française.  

On aura ainsi droit à des standards des eighties (The Buggles, Visage, …), dynamisés par une interprétation plus rock. Rien de plus, rien de moins !

Pas de quoi susciter l’enthousiasme de votre serviteur. Ce type de groupe est-il d’ailleurs nécessaire lors d’un tel festival ? La question reste posée…

Car, c’est avec… plus de deux heures de retard que le Framerisois, Giani Sabia, flanqué de ses compères, a pris place devant une… douzaine de fans qui piaffaient d’impatience.

Il a fallu en effet attendre une heure du matin pour assister au concert de Lemon Straw ! Du n’importe quoi !

Le combo ne s’est pourtant pas laissé démonter pour autant ! Celui qui, maintenant hante les plateaux télé et les plus grosses salles du pays, était ravi de revenir sur sa terre promise.

Le parcours du Sieur Sabia est assez atypique. Il quitte l’usine en 2002 pour abandonner un système prolétaire dont il semble n’avoir tourné aujourd’hui qu’une demi page. Il décide alors d’apprendre à jouer de la guitare et compose ses propres chansons.

Lors d’un stage musical, il rencontre Boris, son futur acolyte. Il milite au sein de quelques groupes issus de la région. Souhaitant perfectionner son anglais, il part vivre à Londres, Dublin et ensuite New York.

A son retour, Boris et lui montent alors Lemon Straw. Renaud Lhoest (NDR : arrangeur et violoniste) les rejoint quelques mois plus tard. Ainsi, est née la légende !

Le combo belge s’était révélé grâce à « See You On The Other Side », titre éponyme de son premier LP, paru en mars 2010.

Le trio est venu présenter son deuxième elpee, « Running Home », gravé en mars 2015. Produit en collaboration avec Dada (guitariste du groupe Suarez), ce long format s’inscrit dans une certaine symbolique de changement tout en conservant à la fois les belles mélodies pop et radiophoniques.

Le line up de Lemon Straw implique donc Giani Sabia (chant/guitare), Boris Iori (dobro, harmo, lap steel) et de ‘l’autiste’ Xavier Bouillon (piano).

Depuis peu, Martin Moreau se consacre aux fûts. Il remplace la boîte à rythmes, apparemment mise au placard. Il s’agit du batteur de Feel, une formation athoise. Son concours tonifie certains morceaux un peu mous du genou.

La voix de Giani est chaude et émouvante. « Air », « Does Anyone Feel Like Me », « Out Of Time » (NDR : qui a servi de couverture sonore à la toute dernière campagne des 'Iles De Paix') ou « Wich Side Are You On » ne laissent aucun doute quant à l’ouverture lyrique du chanteur.

Moment chargé d’une grande émotion, lorsque la disparition de Renaud Lhoest, violoniste et pianiste, décédé trop tôt à la suite d’une longue maladie, en décembre 2014, est évoquée. L’excellent et puissant « See you on the other side » lui est d’ailleurs spécialement dédié et résonne amèrement.

Interprété ce soir, il prend encore une dimension toute particulière, riche et immensément triste à la fois !

L’intimité entre le groupe et le public s’intensifie à fur et à mesure que le temps passe. Les uns et les autres plaisantent à tour de rôle avec le chanteur.

Il est deux heures et quart du matin lorsque les dernières notes retentissement sous forme d’écho. Ce festival s’achève enfin !

(Organisation : La Vie en Rock)

The Voeks + The Pugs + The Pinkertons + Xcess + Miss Jacqueline + Hipsta + LYS + Dr Voy + Gad'80 + Lemon Straw

 

 

Cosmic Trip Tour 2016 : mercredi 30 mars

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Né en 1996, le Cosmic Trip est un festival qui fait la part belle au garage, un style né au cours des sixties aux Etats-Unis et au Canada qui a ensuite rapidement contaminé l’Albion. Les compilations ‘Nuggets’ et ‘Peebles’ constituent d’ailleurs d’excellentes anthologies pour illustrer le genre. Le festival se déroule sur quatre jours. Quatre salles françaises différentes y programment des découvertes, des artistes émergents, mais aussi d’autres confirmés. Malgré ses deux décennies d’existence, l’événement est parvenu à conserver son identité. Ce mercredi 30 mars, il proposait une triple affiche au Grand Mix de Tourcoing. Compte-rendu.

Pas de Weird Omen pour votre serviteur. Le concert a débuté un peu après 20 heures, et comme le temps de parcours a été plus long que prévu, il faudra se passer de cette prestation. Ce n’est cependant que partie remise.

En débarquant dans la salle, Last Train vient d’entamer son set. Au cours des derniers mois, le combo alsacien alimente la polémique. Certains mélomanes apprécient le vent de fraîcheur soufflé par le quatuor, d’autres regrettent son manque de personnalité. La vérité se situe, sans doute, entre les deux. Car bien que ne révolutionnant vraiment le rock’n’roll, les Mulhousiens libèrent en ‘live’, une énergie communicative. Ils se donnent à fond, c’est le moins que l’on puisse écrire ! Le chanteur fait grosse impression. Et pas seulement pour son look (NDR : sa coupe de cheveux –blonds– est quand même très rétro ; et sa cigarette au bec, accentue une impression d’impertinence). Ni sa voix rauque. Mais surtout à cause de son charisme. Un charisme naturel qui séduit manifestement l’auditoire. Pourtant, trop les compos sont trop souvent fort semblables. Des exceptions ? Le puissant « Leaving You Now » et « Fire », compo à la construction progressive, qui clôt le show. Mais deux excellents morceaux dans une set list, c’est quand même largement insuffisant. Et ce nonobstant un brin de folie scénique qui cherche à compenser un manque de profondeur dans la musique. On comprend donc mieux pourquoi ce quartet excentrique divise autant les mélomanes au sein de l’Hexagone…

Il revient au combo batave Birth Of Joy de clôturer la soirée. Une formation responsable de quatre elpees en six années. De véritables bijoux, dont le dernier « Get Well », est constitué de quelques perles. Sur les planches, le line up du groupe est plutôt singulier. Surtout vu le rock’n’roll qu’il revendique. Encore qu’au vu du set, il lorgne régulièrement vers le post-rock voire le post-punk. Et c’est cette diversité de styles qui rend sa musique finalement intéressante. Le line up implique un chanteur/guitariste (NDR : qui arbore de longs cheveux blonds, un peu comme feu Kurt Cobain), un batteur et un claviériste. Les compos libèrent une belle intensité. Le public est particulièrement réceptif. Les mouvements de foule se multiplient. Et finissent par déclencher des pogos. Ce qui a l’heur de surprendre le trio. Et il ne s’en cache pas. Oui le Nord de la France est aussi très rock’n’roll ! Sublimée par l’ambiance de feu qui règne dans la fosse, la prestation du groupe devient impressionnante. Et un titre comme « Grow » pète littéralement des flammes. Ce qui incite certains spectateurs à se mettre torse nu. Le leader, Stunnenberg se prend au jeu. Il finit également par ôter son t-shirt. De quoi amplifier l’hystérie des fans… En rappel, le combo amstellodamois nous réserve un de ses vieux tubes : « Make Things Happen ». Que du bonheur ! Un spectacle exceptionnel autant que surprenant. Des concerts pareils, on en redemande !

(Organisation : Cosmic Trip)

Les FrancoSillies 2016 : samedi 12 mars

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Les FrancoSillies sont nés d’une collaboration entre le Centre Culturel de Silly, Silly Concerts ASBL, le Salon et le Service Provincial des Arts de la Scène. Il s’agit déjà de la cinquième édition. Le festival privilégie les artistes qui s’expriment dans la langue de Voltaire. En général, au Salon, le son est nickel. Aussi, difficile de comprendre pourquoi le Centre Culturel n’a pas choisi les préposés locaux au mixing. Bref l’auditoire réunit plus ou moins 150 personnes. En tête d’affiche, Saule ! 

Les 5 groupes programmés ce soir, vont se produire, en alternance, sur la petite scène (dans le bistrot) ou sur le grand podium de la salle de concert.

Votre serviteur débarque trop tard pour assister au show de l'Enghiennois Antoine Armédan, qui selon les rumeurs, était de bonne facture.

Céléna et Sophia sont deux sœurs. Nom de famille ? Tornabene. Elles sont issues de Chapelle-lez-Herlaimont. Elles s’étaient produites dans le cadre du BSF, l’an dernier, en la salle de la Madeleine. A l’actif du duo, un Ep 5 titres, « A l’aventure ». Elles ont la jeunesse et la candeur pour elles. Brune, Céléna se charge de la sèche. Blonde, Sofia, de la gratte électrique. Leurs accords de cordes sont empreints de délicatesse. Et les voix, de douceur. Mais elles se servent également d’une belle panoplie d’instruments, du piano au xylophone, en passant par la mandoline, les percus (au pied) et le looper…

Le line up de La Cécité Des Amoureux (LCDA) est imposant. Jeff Bertemes (NDR : il est originaire des Cantons de l’Est) se charge des vocaux (NDR : c’est également le compositeur), Jean Debry de la contrebasse, Noëlle Elisabeth Grégoire des claviers, Julien Hockers de la guitare (NDR : tous des Liégeois !) et le Breton Kevin Mahé (NDR : Nantais, ce barbu a une bouille bien sympathique) aux percus. Et ce soir, la troupe est soutenue par un invité, en l’occurrence le trompettiste Corentin Eubelen.

Leader charismatique, Jeff est un passionné. Il focalise les regards. Sur le dos de sa veste en cuir sont cousues de grandes ailes noires. Elles se déploient quand il étend les bras. Tel un acteur de théâtre, sa présence scénique est impressionnante. Il semble hanté tour à tour par Pierre Lapointe, Barbara, Bashung, Gaëtan Roussel, Aznavour et on en passe. A l’instar d’un rapace, son regard est susceptible de vous transpercer. Son attitude évoque aussi parfois Mathias Malzieu, le chanteur de Dyonisos, sans les frasques acrobatiques.

Une intro précède son entrée sur l’estrade. « Tango » ouvre le set, une compo qu’il interprète dans sa langue natale. Poétiques, ses textes oscillent entre narration et slam. Autre tango, « Le Ballet des Phasmes » est adapté à la sauce contemporaine. Les morceaux oscillent entre pop, électro, classique, valse ou tango, mais à chaque fois, LCDA a le bon goût de réadapter les morceaux (NDR : surtout les plus surannés !) à la sauce contemporaine. Comme un nouveau tango baptisé « Le ballet des Phasmes ». Et la fin de show s’emballe littéralement pour le plus grand plaisir de l’auditoire. Au cours de ce concert, le band nous a proposé de larges extraits de son prochain album, « Les Courtisanes ». Et franchement, malgré quelques petits problèmes de balance, dus aux soundcheck de l’autre podium, la prestation a été totalement convaincante.

Juno est désavantagé, car le son est carrément médiocre. Dommage ! Tant pis, votre serviteur décide d’aller prendre l’air à l’extérieur, en attendant le spectacle de Saule, qui a remplacé Nicolas Michaux au pied levé ; ce dernier ayant eu l’opportunité de décrocher une tournée en Chine…

Après avoir bourlingué pendant plus de 2 ans pour défendre son album et vécu une collaboration avec Charlie Winston, Baptiste Lalieu s’était offert une petite récréation au sein de Gonzo. Il est ensuite retourné en studio pour enregistrer de nouvelles chansons. Qu’il a décidé de présenter dans le cadre de son 'Tour No Tour' ; une manière de les tester, avant la mise en forme finale.

Les musicos ne sont pas sur le podium, mais au milieu de la foule, placée en cercle autour du band et du matos de sonorisation. Un peu comme Zita Swoon, à une certaine époque. Certains spectateurs se sont assis sur l’estrade. Baptiste aime être proche de son public. Mais le fil du micro n’est pas assez long pour faire le tour de ses musicos. Mr Bio a la pêche, ce soir et aussi la bougeotte. Quatre grattes (électriques ou acoustiques) sculptent « Je Reviens ». Mais aussi les nouvelles compos ; percus, synthés et banjo complétant l’instrumentation. Baptiste a manifestement un message à faire passer.

Entre « L'Eclaircie », « Femme Fantôme », « Delove Song », « Et pourtant Je Marche », « Nulle Part Chez Moi », « LC », « O Combien », « Comme » et « Respire », il demande à l’auditoire de voter pour son top 5. Il en tiendra probablement compte, lors du choix final des titres de son nouvel opus. A mon humble avis, il va encore en écrire de nouvelles. Peut-être ira-t-il les défendre dans le cadre d’un second 'Tour No Tour'.  

Lors du premier rappel, il nous réserve des versions acoustiques (NDR : ce banjo !) de ses standards, « Si », « Chanteur Bio» et « Dusty Man » et l’achève par « Tes Adieux ».

Le second rappel baigne à nouveau dans le folk et clôt définitivement le concert par le judicieusement intitulé « On Part ». Bref, Saule est encore parvenu à enflammer la soirée. Que demande le peuple ?

(Organisation : Centre Culturel de Silly + Silly Concerts ASBL + le Salon + le Service Provincial des Arts de la Scène)

Saule + Juno + La Cécité Des Amoureux + Céléna – Sophia + Antoine Armédan

 

Pias Nites 2016 : vendredi 4 mars

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C’est au dernier étage du Beursschouwburg, à Bruxelles, qu’une partie des [Pias] Nites se sont déroulées. Trois concerts intimistes étaient programmés, bien loin de la folie furieuse de  Fat White Family, qui se produisait, quelques centaines de mètres plus loin, à La Madeleine.

Le groupe hollandais Amber Arcades monte sur les planches vers 21 heures. Une cinquantaine de curieux vont pouvoir savourer la dream-pop concoctée par la chanteuse et compositrice Annelotte de Graaf. Cette dernière est allée aux States pour achever la mise en forme de son album, dont la sortie est prévue pour 2016 ; et cette démarche se ressent clairement dans la musique du quatuor. Quelque part entre Beach House (pour la voix) et Lower Dens (pour les arrangements), les compos –quoique atmosphériques– sont parsemées d’étincelles bien placées. Une jolie découverte !

Après une petite pause, au cours de laquelle on a le loisir de siroter un rafraîchissement, sur la terrasse aménagée sur le toit, avec vue sur la Bourse, retour en salle pour la deuxième partie de la soirée.

Fews est prêt à en découdre. Changement complet d’ambiance ; car le quatuor propose un post-punk qui libère une puissance conséquente. Partagé entre Suédois et Américains, le combo semble fort émoussé. Et pour cause, il assurait, la veille, la première partie de Fat White Family, à Liège ; et confessait que l’after party avait été… mouvementée. A tel point qu’il a perdu tout son matos et doit donc se servir des instruments d’Amber Arcades. C’est cher payé pour une soirée d’amusement en compagnie de l’excentrique famille anglaise ! Malgré ce coup dur, la motivation du groupe est intacte. Et la qualité des compositions ainsi que l’interprétation sont bluffants. Seule la voix passe moins bien la rampe ; mais les musicos sont jeunes et n’ont même pas encore sorti un Ep. Ils ont d’ailleurs tout le temps de s’améliorer ! Ravageur, leur post-punk va en tout cas asséner une bonne claque à l’auditoire. Les gamins se permettent même de placer leurs deux chansons-phares en fin de set. « The Zoo » et « Ill » sont en effet parus en single et on comprend facilement le choix du quartet de mettre ces deux titres en avant. Si le premier se démarque par son refrain efficace, c’est surtout « Ill », en finale, qui focalise l’attention. Expérimentale et progressive, cette plage nous renvoie à quelques excellents morceaux post-punk parus au cours de ces dernières années (NDR : « Death » de Viet Cong notamment) ; et il est particulièrement jouissif de voir les quatre amis entamer furieusement la dernière partie du morceau, après un long pont bien calme. Manifestement une excellente découverte ; et il ne fait aucun doute que leur premier elpee, prévu pour l’été, devrait attirer notre attention.

Après un nouveau petit break en terrasse, nous revenons dans la salle. A notre plus grande surprise, la scène et vide et seul un micro est placé, dans la fosse. Jamie Lee, chanteur de Money, pénètre alors dans la pièce, ouvre une bouteille de vin et nous raconte une histoire surprenante. Sur la route qui conduisait le combo de Stockholm à Bruxelles, la camionnette est tombée en panne. Impossible d’acheminer les instruments à bon port ! Décidemment, c’est la soirée!

Grâce à un tweet, le groupe est parvenu à dénicher une jeune violoniste anversoise qui a accepté d’accompagner Jamie. Il assurera donc sa prestation privé de son band. C’est sans avoir répété que les musiciens débutent le set. La jeune Hester se fie aux partitions des chansons ; et, après avoir évacué son léger stress, joue à merveille son rôle imprévu. Jamie Lee, vraiment gêné de ne pouvoir se produire comme d’habitude, offre néanmoins une incroyable démonstration vocale. Le songwriter possède en effet une voix extraordinaire qu’il met parfaitement en valeur lors de compos simples mais toujours enrichies de cordes atmosphériques. Sa guitare sèche en main, il se permet même de s’écarter à de nombreuses reprises du micro pour en faire profiter davantage l’auditoire, qu’il est parvenu, en outre, à charmer par son sincérité, sa sympathie et sa simplicité. L’alcool est un thème récurrent dans ses chansons (NDR : « A Cocaine Christmas and An Alcholic's New Year », par exemple) et il est évident que Jamie en abuse. Il ‘affonne’ en effet des bières durant l’entièreté du show. On se croirait vraiment dans un pub du centre de Manchester ; ce qui rend le set plutôt sympa ! Le duo s’en sort parfaitement bien, malgré les circonstances ; et après avoir remercié de nombreuses fois sa collègue d’un soir qui, en outre, fêtait son anniversaire, Lee et sa collaboratrice d’un soir vident les lieux sous les applaudissements du public. C’était simple mais beau. Parfois, il n’en faut pas plus.

Si cette [Pias] Nites n’a pas attiré la grande foule, les absents ont eu tort. Variée et truffée d’imprévus, cette soirée restera sans aucun doute parmi les meilleurs souvenirs musicaux de votre serviteur, pour l’année 2016, qui commence décidemment fort bien. Des trois formations, il ne connaissait réellement que Money ; et bien, dès aujourd’hui, il va surveiller l’actualité des deux autres. PiaS a atteint son objectif !

(Organisation PiaS)

 

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