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The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

Un jour, on réalisera un film sur Townes Van Zandt – ce troubadour à part qui a inspiré tout le monde, de Bob Dylan à Willie Nelson en passant par Emmylou Harris et Evan Dando des Lemonheads. Sorti le 9 septembre, le nouveau single « Rake » est le premier…

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Scène sur Sambre 2015 : vendredi 28 août

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C'est la cinquième édition du Festival des Barges. Il se déroule sur la Sambre, à Scène sur Sambre très exactement, près du site classé de l'Abbaye d'Aulnes. Cette nouvelle édition sera épargnée par la pluie et la boue. A contrario, le soleil est au rendez-vous. Le podium principal est monté sur 20 barges, mais il est assez bas, cette année. Le public assiste aux spectacles depuis les rives. Ce qui fait sa spécificité. Parmi les festivals estivaux, il est devenu progressivement une référence. Plus de 25 000 spectateurs vont le fréquenter pendant les 3 jours. Et le premier est sold out. Un immense succès pour cette cinquième mouture.

Le premier groupe à grimper sur l’estrade est bruxellois. Son patronyme ? Paon. Un quatuor réunissant Ben Billieux-Beynon (Tellers) à la gratte, Aurélio Mattern (Lucy Lucy, The Vagabonds, Sonnfjord) aux synthétiseurs ainsi qu’aux percussions, Jérémy Mulders à la basse et Léo Grosheitsch aux drums.

Paon a publié son premier Ep, « Shine Over Me », en 2013. Et il avait bien été accueilli par la critique. Ben et Aurélio sont les têtes pensantes du combo. Ce qui laisse supposer qu’il ne devrait être qu’un tremplin pour ce duo.

A l’instar de BRNS, la formation est en progression constante. Elle a assuré le supporting act pour des têtes d’affiches prestigieuses ; et en particulier pour Alt-J, Editors, Girls in Hawaii, Hanni El Khatib, Best Coast, Brigitte, Troy Von Balthazar, Jacco Gardner et Villagers. Elle est venue présenter son premier elpee. Il est éponyme.

S’il n’y avait le chapeau de cow-boy, Ben pourrait postuler pour un personnage dans un film consacré à la vie de Jésus Christ. Il en aurait d’ailleurs le rôle principal. Le set s’ouvre par « Shine Over Me », le titre qui leur a permis de se faire connaître. Un morceau mélodieux, sculpté dans un psychédélisme aux accents 60’s. Ben et Aurélio se partagent les vocaux tout au long du lumineux « Wake Them Up ». « Teevee » nous replonge dans les sixties. On pense aux Beatles, même si les voix lorgnent davantage vers MGMT. Très pop, « Cool Spot » et « Plastic Flower » sont deux nouvelles compos ; et elles sont excellentes. Dans la foule, je remarque la présence de quelques jeunes mammys. Le volatile a parfaitement joué son rôle ‘liminaire’… 

Le changement de matos nécessite 15 minutes d’attente. Alors direction scène ‘Pirate’ pour assister aux prestations de jeunes talents derrière les platines. Recorders y est donc attendu. Bien que fondé en 2006, son premier opus est paru ce 11 septembre 2014. Il s’agit de la première sortie belge pour Caroline Records, un label hollandais sur lequel militent, notamment, Beck, Tame Impala et Blondie. L'album, a été mixé par Tony Hoffer (M83, Phoenix, Air, Beck, The Fratellis) à Los Angeles.

Leur style ? Un cocktail indie de post-pop, de rock et d’électro qui alimente des compositions atmosphériques, dansantes et éclectiques. Stimulées par des beats électroniques, aussi. Et ont un parfum yankee...

Pas de grimages aujourd’hui sur les visages des musicos. Le concert débute par « Someone Else’s Memory ». Un nouveau titre diffusé régulièrement sur les stations radiophoniques. Les voix sont éthérées. La mélodie est superbe. Le début de « Wolf Drums » est dynamisé par les percus. Mais progressivement les six cordes prennent l’ascendant. Un abordage (NDR : nous sommes sur les flots…) incisif, mais trempé dans la cold wave. Bien ciselée, cette plage est la plus longue de l’LP.

Davantage dansant, « Kelly » évoque Stereo Grand. Quelques titres du prochain long playing : « Geometric Peaks », « Raging Sea », « Arctic Skies and Moonless » et « Stentoria ». Sortie prévue ? Février/mars 2016. « Stay Tuned! » est encore un inédit. « Purple and Gold » est une autre compo dansante et excitante. Après la plus paisible « Under The Waves » (NDR : une petite perle !), « Beach » clôt le set. Egalement dansante elle adresse un clin d’œil au band liégeois, Two Kids On Holliday. Un set ‘live’ bien énergique pour de véritables perfectionnistes du son…

Place ensuite à Mud Flow. Vincent Liben, le leader, est issu de Bruxelles. Il s’agit aujourd’hui d’un groupe à géométrie variable. Fondé en 1994, quand même. Séparé en 2010, il se reforme circonstanciellement. Vincent mène, en parallèle, une carrière en solitaire, dans la chanson française, depuis 2004. Au sein du collectif, on retrouve, un autre Bruxellois, Laurent Stelleman.

Mud Flow va nous proposer un set nerveux et très électrique en dispensant les standards de sa discographie. Et la prestation de s’ouvrir par « The Sense Of Me / Chemicals » (« A Life On Standby », 2004). Des images de ‘Tetra Pack’ sont projetées en arrière-plan. Très jolie, la mélodie de « Chemicals » constitue un compromis entre Coldplay et Radiohead. Vincent y libère toute sa sensibilité. « Oh Yeah  » est la plage d'ouverture du second LP, « Re Act ». Une compo qui aurait pu naître d’une rencontre hypothétique entre dEUS et Iggy Pop. Sur « 10 Pm In A Bar », Liben chante un peu à la manière d’un Morrissey, mais ses intonations sont bien plus musclées. « My Fair Lady Audrey » (« Ryunosuke ») campe un compromis entre la bande à Tom Barman et un Ghinzu au sommet de son art. « Today », « Unfinished Relief » et « Panic » ravissent les fans de la première heure. « In Time » permet à Laurent de tirer son épingle du jeu. Et c’est « New Eve » (« A Life On Standby ») qui achève le show. Si votre serviteur estime que « A Life On Standby » et « Ryunosuke » constituent les sommets de la carrière de Vincent, il espère que Mud Flow aura bientôt la bonne idée de nous réserver un nouveau long playing.

Je profite du set de Sharko pour aller me restaurer...

Aujourd’hui, la tête d’affiche est incontestablement Triggerfinger. Un trio réunissant le drummer Mario Goosens, le bassiste Mr Paul, aka Paul Van Bruystegen, et le guitariste/chanteur charismatique Ruben Block.

Véritable institution en Flandre, Triggerfinger jouit aujourd’hui d’une notoriété internationale, qu’il a acquise au fil du temps. Surtout comme groupe ‘live’. A tel point, qu’au cours des dernières années, le combo a été programmé au sein des plus grands festivals européens: Werchter, Vieilles Charrues, Rock Am Ring, Dour, Pukkelpop, Pinkpop, Sziget, Lowlands, Main Square. Il a même assuré le supporting act des Stones à Hyde Park, en 2013. Eponyme, son premier opus est paru en 2004. Suivi par l’album ‘live’ « Fathers Up » en 2007, « What Grabs Ya » en 2008, « All this Dancin' Around » en 2010 (NDR: il a récolté un succès phénoménal qui s’est traduit notamment par un disque de platine en Belgique) et le dernier, « By Absence Of The Sun », cette année. Un enregistrement qui a été postposé, suite au succès imprévisible de leur cover du « I Follow Rivers » de Lykke Li, immortalisé lors d’une session radio pour la chaîne hollandaise 3FM. Un tube aussi énorme qu’inattendu qui les a renvoyés sur les routes, pour un nouveau périple de 6 mois, aux quatre coins du Vieux Continent. Une reprise qui figure sur le nouvel LP ‘live’, « Faders Up 2 »…  

Huit mille personnes ont envahi la plaine pour accueillir la formation anversoise. Les artistes sont –encore et toujours– tirés à 4 épingles. Surtout Ruben. Il doit aimer les belles fringues. Un peu comme Charlie Winston. Les couleurs de son costard sont chatoyantes (NDR : on dirait un treillis de haute couture). Mario, a choisi un costume bleu foncé, mais dont la veste comporte des rayures verticales bleu ciel et jaune. Mr Paul a troqué son complet 3 pièces blanc contre un bleu classieux.

C’est un rite  depuis la sortie du dernier elpee, le concert s’ouvre par « Black Panic ». Tout au long de « And There She Was Lying in Wait » Mario imprime un tempo métronomique. Ce qui ne l’empêche pas de défoncer ses fûts. « By Absence Of The Sun » déclenche une immense ovation au sein de l’auditoire. Un nouveau titre : « Big Hole ». Du Triggerfinger pur jus. Ruben martyrise sa guitare. Il la fait glisser dans son dos. Lui extirpe des sonorités lourdes mais en même temps d’une grande pureté. Il la malmène aussi sur le plancher. Heureusement, elle ne rend pas l’âme. La set list nous réserve cependant, quelques ballades, dont la fin s’achève chaque fois en puissance. Mais bien maîtrisée. En ‘live’, Triggerfinger mouille sa chemise. Plus discret, Mr Paul privilégie l’efficacité. Car le show est assuré par le charismatique Mario. D’ailleurs, les dernières 20 minutes de concert lui sont totalement réservées. Une vraie bête de scène. Il donne littéralement tout ce qu’il a dans le ventre, harangue constamment le public. Il monte sur son siège, sa grosse caisse, prend même les cymbales entre les dents. On comprend mieux pourquoi il été nominé au Nord du Pays, comme le meilleur drummer du royaume.

Pas de Lost Frequencies ni de Robin Schulz, pour votre serviteur. Pas trop ma tasse de thé. Et pourtant, d’après les échos recueillis le lendemain leurs prestation on véritablement dynamité la fin de soirée. Il y a encore deux jours de festival. Alors, il est préférable d’aller prendre un peu de repos, bien mérité…

Lost Frequencies + Robin Schulz +  Triggerfinger + Sharko +  Mud Flow +  Recorders +  Paon

(Organisation : Scène sur Sambre)

 

 

 

 

Brussels Summer Festival 2015 : dimanche 23 août

C'est le dernier jour du festival et l'heure est aux bilans. Dans l'espace VIP, Denis Gérardy,  directeur de la programmation, ne cache pas sa satisfaction. Et il me confie : ‘Avec plus de 125 000 visiteurs, nous dépassons légèrement le chiffre de l'an dernier’. Cette performance est d'autant plus remarquable qu'elle est atteinte malgré une concurrence accrue des nombreux festivals régionaux. Lors de la conférence de presse, organisée début du mois de juillet, il avait regretté la prolifération d'évènements locaux comme ceux de Ronquières ou Tubize. Pour compenser, le BSF a dû séduire un nouveau public. ‘On a eu moins de gros noms à l'affiche, mais on a attiré un auditoire un peu différent. Grâce à Triggerfinger, samedi soir, on a, pour la première fois, vraiment touché le public flamand, qui était majoritaire ce soir-là. On a aussi dépassé les 10% de clientèle étrangère, en enregistrant, notamment, beaucoup de ventes en France. On a aussi profité de la forte affluence de touristes à Bruxelles ce week-end’.

Au rayon des améliorations, Gérardy cite le confort accru de la Place des Palais, dotée d'un nouveau podium (une des scènes de Rock Werchter), plus grand et plus haut. Le bloc abritant la table de mixage a été déplacé sur le côté au profit d'une meilleure visibilité pour les spectateurs. Autre nouveauté : la salle de la Madeleine ; mais elle a été victime de son succès. Pour répondre aux polémiques fustigeant les énormes files d'attente, Gérardy rappelle que c'est un problème commun à tous les grands rassemblements. ‘Si on souhaite absolument avoir accès à une salle (ou un chapiteau) plus petit, il faut débarquer plus tôt. Il m'est souvent arrivé, à Werchter, de ne pouvoir pénétrer dans un des chapiteaux parce qu'il était bondé. Cette situation appartient aux aléas des grands festivals. Malheureusement, une partie du public du BSF n'est pas habituée à rencontrer de telles situations, d'où ces petits couacs.’ Il avoue néanmoins réfléchir à un système plus efficace pour réguler l'accès à la Madeleine.

Mais revenons à la soirée du 23 août. A l'affiche de la Place des Palais : Paon, OMD, AaRON et Archive. Vu l’interview d'OMD, votre serviteur n’a malheureusement pas pu assister au set de Paon, le jeune quatuor bruxellois. Mais les échos qui me sont parvenus sont assez positifs et il semble que leur rock indie ait plu au public présent.

Mais c'est juste après Paon que les grandes manoeuvres commencent, et plus précisément les ‘Manoeuvres orchestrales dans l'obscurité’. La Place des Palais est déjà bien remplie et on compte évidemment une majorité de fans d'Orchestral Manoeuvres in the Dark. Cette formation anglaise, issue de la région de Liverpool, a marqué les années 80 en dispensant une new wave électronique très mélodique et très dansante. Formée en 1978, elle a connu une ascension fulgurante jusque dans les nineties, où elle a été balayée par les mouvements Grunge et Britpop. Mais en 2006, OMD s'est reformé, surfant sur la vague nostalgique des eighties. A contrario d’une belle brochette de groupes 'rétros', il a préféré composer de nouveaux morceaux, enregistrant d’ailleurs deux excellents long playings : « History of Modern » et surtout « English Electric ».

Et le concert commence très fort par « Enola Gay » ; sans doute leur plus gros hit. L'ambiance monte immédiatement d'un cran. Sur l’estrade, on reconnaît le chanteur, Andy McCluskey. Il porte une chemise blanche. Derrière lui, aux claviers, s’est planté son compère, Paul Humphreys, la cinquantaine, les cheveux grisonnants et un visage de poupon souriant. Constat remarquable : les deux autres musiciens : Malcolm Holmes, à la batterie, et Martin Cooper, préposé aux synthés ainsi qu’au saxophone, sont les membres du line up ‘live’ emblématique, soit celui de 1980.

‘Voici un titre qui a été enregistré en Belgique’, annonce Andy McCluskey avant « Tesla Girls ». On se souvient, en effet, qu'OMD avait loué une ferme à De Haan (Le Coq), à l'époque, pour y bosser pendant plusieurs mois. En lâchant ces petites phrases, McCluskey établit dès le départ un très bon contact avec la foule. Il déborde d’énergie et son attitude très enthousiaste sur les planches force l'admiration. On le sait : ce type est un vrai showman ! Les hits se succèdent à un rythme effréné. « History of Modern (Part 1) » prouve qu'OMD est encore capable encore écrire des hits, 30 ans plus tard. Le riff au synthé est simple mais d'une efficacité redoutable.

Après « Forever Live and Die », chanté par Paul Humphreys, McCluskey raconte, non sans ironie, comment OMD est passé du stade de groupe 'cool électronique' à celui de 'star millionnaire', en publiant un seul titre : « If You Leave », écrit pour le film « Pretty In Pink ».

Paul est toujours au micro pour « Souvenir », un morceau qui nous rappelle de très beaux... souvenirs, avant que « Joan of Arc » et « Maid of Orleans » n'imposent leurs atmosphères hypnotiques et fascinantes. Andy McCluskey a reconnu un fan dans le public, et se fend de lui chanter a capella un couplet de « Pandora's Box ». Un grand moment ! « Locomotion » démontre une fois de plus l'étonnante capacité de ces Anglais à composer des chansons irrésistibles qui donnent furieusement envie de se remuer.

Le set s’achève comme il a commencé : en force. « Sailing On The Seven Seas », composé en trio avec Nik Kershaw, donne aux Belges l'occasion de se rattraper. McCluskey regrette en effet que la chanson ait fait un flop ici alors qu'elle faisait un malheur en Allemagne. Humour britannique, une fois de plus ! Enfin, « Electricity », leur premier single gravé en 1979, parvient une dernière fois à faire grimper la tension devant un public... survolté...

En un mot ? Un concert parfait. Ou comment des vétérans donnent une leçon cinglante aux formations contemporaines. Tout y est : génie musical, énergie, présence, humour et modestie : bravo, OMD !

C'est à AaRON (Artificial animals Riding on Neverland) que revient la tâche ardue de succéder à cette bombe musicale venue d'Albion. Le duo français réunit Simon Buret et Olivier Coursier. Il est venu présenter, en quasi-exclusivité européenne, son tout nouvel opus : « We Cut the Night ». Il fait nuit, et la Place est maintenant comble ; mais on a l'impression que l'ambiance est retombée d’un cran. On écoute religieusement l'électro-pop sophistiquée –et très mélodique– d'AaRON, mais on n’est pas transportés. Sur des compos comme « Trip On Love » et surtout « U-Turn (Lili) », le semi-hit qui lui a permis de décoller, l’atmosphère remonte un peu. Le hic c'est que le début de « Lili » est foireux ; heureusement, les musicos retombent sur leurs pattes grâce à leur humour. En fait, ce n'est qu'en fin de show, et principalement lors du morceau le plus électro, « Blouson Noir », que les spectateurs au-delà des premiers rangs commenceront vraiment à vibrer. ‘Give me my blouson noir, coz I have no espoir’ : sympa ce mélange des langues. Au final, un set en demi-teinte, mais qui donne quand même envie de mieux connaître AaRON, surtout sur disque. Finalement, le band aurait peut-être dû se produire avant OMD. Un enchaînement plus logique afin d’élaborer une programmation qui monte graduellement en puissance...

Une montée en puissance qui culminera en compagnie d’Archive, un des combos les plus importants des 20 dernières années. Formé en 1993, à Londres, il s’est forgé un style unique, croisement entre le rock/prog/psyché à la Pink Floyd (période Roger Waters), le trip-hop circa Portishead et le post-rock. Il avait déjà enflammé le BSF en 2011 ; et cette année, il va prouver qu'il est encore une valeur sûre. Au chant, Dave Pen (qui défend aussi son projet solo, BirdPen) et Pollard Berrier sont impeccables ; mais manifestement, le patron, c'est Darius Keeler. Installé à gauche du podium, il se consacre aux claviers, essentiellement au Fender Rhodes. Mais surtout il lève le bras gauche comme un chef d'orchestre, pour donner le tempo. Malgré « Fuck U », qui met la barre très haute dès le départ, Archive parvient sans difficulté à maintenir le cap. Les compos sont longues et hypnotiques, et les variations de dynamique emportent vos consciences dans une autre dimension. Les lumières collent parfaitement à ces variations ; et on est ébloui dans tous les sens du terme. Grand fan d'Archive à ses débuts, j'avais un peu lâché prise, par la suite. Il va falloir que je me replonge dans sa discographie ! Ce concert a été un vrai régal et constitue, une belle apothéose pour le BSF…

(Organisation : BSF)

Pour lire l'interview d'OMD, accordée ce soir-là à Musiczine, c’est ici

(Voir aussi notre section photos là)

Brussels Summer Festival 2015 : vendredi 21 août

Écrit par

Ce soir, c'est ma dernière journée au BSF et je souhaite privilégier la salle de La Madeleine où se déroulera la soirée 'Jaune/Orange'. Une soirée pour laquelle, les Liégeois sont descendus sur la Capitale. Gaëtan Streel va y défendre les compos de son nouvel elpee, MLCD nous proposer –notamment– celles gravées l’année dernière, sur son dernier opus, et The Experimental Tropic Blues Band, son concept album 'The Belgians'.

Gaëtan Streel a plusieurs cordes à son arc. C’est  d'abord un excellent ingénieur du son. A l’instar de Charles De Schutter et Alexandre Leroy, il figure même parmi les meilleurs. Quand ils sont derrière les manettes, vous pouvez d’avance conclure que vos tympans ne seront pas agressés tout en bénéficiant d’un confort sonore optimal. Gaëtan est également bassiste chez Piano Club et développe deux autres projets personnels, Me and My Machine et Mister Poulpy. Il appartient également au collectif liégeois Jaune/Orange, un label au sein duquel figurent notamment Dan San, The Feather, Pale Grey, Piano Club, Fastlane Candies et bien d'autres.

Son premier LP, « One Day At A Time », est sorti en 2011. Il avait séduit tant les mélomanes que la critique musicale ; surtout à cause de ses qualités techniques et ses jolies mélodies. Gaëtan est venu nous présenter 11 nouveaux morceaux de ce futur essai, qui devrait paraître en 2016. Depuis quelque temps, il s’était fait discret. Normal, il bossait sur son nouveau cd. Il nous signale que nous sommes des privilégiés. Certains titres ont été écrits dans la langue de Voltaire, d’autres dans celles de Shakespeare. Quand il monte sur l’estrade, il est souriant et semble excité. Il est soutenu par David D'Ascenzo à la guitare électrique, Sara Lejeune à la contrebasse et Jérôme Magnée (Dan San, Yew) à la sèche. Ces trois musicos participent aux chœurs et se plantent, à l'extrême droite du podium. Le fidèle drummer Salvio La Delfa (Piano Club) est au poste, mais c’est le claviériste Janjannes Montens (Pale Grey) qui remplace, Emma Meurice, pour la circonstance…

Le folk de Gaëtan vous transporte au sein d’une autre dimension, tout en douceur. L’artiste a vraiment une très belle voix. « Sort Of Happy » ouvre le set suivi par « Whatever I Shall Say », un extrait du premier elpee. Les morceaux s’enchaînent. « Chacun Pour Soi » et « D'un Néant A l'Autre » baignent au sein d’un climat paisible. Gaëtan empoigne un ukulélé pour attaquer « The Meaning ». Il signale que l’utilisation de cet instrument est obligatoire en 2015. Teintée de sonorités slaves, la compo est très proche de l’univers de Zach Condon ou de Beirut, si vous préférez. « Nostalgie » est paradoxalement un titre plus nerveux. Et le set de s’achever par « Stoner » et « Déjà Vu »…

Place ensuite à The Experimental Tropic Blues Band. C’est la septième fois que votre serviteur assiste au show consacré à leur concept album, « The Belgians ». Il faut admettre que novatrice, la formation a toujours eu une longueur d’avance sur ses compatriotes. 

Jérémy qualifie l’œuvre de spécifiquement belge, et donc d’invendable hors de ses frontières. Ce soir, il n’a pas consommé de gingembre. Il ne dérapera pas dans le délire et ne nous dévoilera pas sa bijouterie personnelle. Pascal Braconnier est aux commandes du volet images et vidéos. C'est lui le petit génie qui a réalisé le montage. On peut lui tirer notre chapeau pour cette création (sur)réaliste. Une œuvre qui fait la part belle à l'histoire de la Belgique, revisitée bien sûr à la sauce Tropic. Donc complètement décalée. La pieuvre reproduite sur l'affiche de présentation de la tournée en est un symbole.

Un poulpe qui va vous retourner les tripes pendant une bonne heure. Derrière le sympathique drummer, des photos et des vidéos défilent sur l'écran : celles des différents rois de Belgique (Philippe, Baudouin, Albert II, etc.), mais aussi d’Eddy Merckx, d’Annie Cordy, de Plastic Bertrand, des diables rouges au Mexique et en Corée du Sud. Egalement de baraques à frites, des grèves de 60, de l'affaire Dutroux, du drame de la tuerie de La Place Saint Lambert et j'en passe. Le fidèle fan club est présent, mais la salle n'est remplie qu'à moitié. Pas mal de monde a préféré se rendre sur Place Des Palais pour applaudir Girls In Hawaii, qui se contente pourtant aujourd’hui de reproduire, quasi-systématiquement, le même spectacle. Pour y avoir assisté, à plusieurs reprises, il faut admettre qu’après 10 bonnes minutes, un certain ennui commence à vous envahir avant que vous ne commenciez à bâiller…

Si sa set list est rigoureusement observée, TETBB a toujours une pêche d'enfer. Et puis tant Boogie Snake que Dirt Coq n’hésitent pas à improviser en dispensant leur rock/garage déjanté, empreint de stoner, de punk et de blues.

My Little Cheap Dictaphone est une valeur sûre du Collectif Jaune/Orange. Elle remplit régulièrement les salles. Rien de nouveau cependant à l’horizon ; ce qui m’incite à mettre le cap sur le Monts Des Art pour le concert d’Amadou et Mariam.

Ils ont longtemps été surnommés ‘Le couple aveugle du Mali’. Un couple, tant à la ville que sur scène. Amadou se consacre à la guitare et Mariam au chant. Ils se sont connus à l'Institut des Jeunes Aveugles de Bamako. Par la suite, Amadou Bagayoko et Mariam Doumbia s’affranchissent et se forgent une belle popularité dans tout le Mali. Mais c'est en Côte d'Ivoire qu'ils enregistrent leur première cassette. C’était au cours du mois de mars 1989. Ils concoctent leur premier album, « Sou NI Tilé », en 1997, à Paris. Un disque sur lequel figure notamment « Mon amour ma chérie ». En 2002 ils gravent un nouvel elpee, « Wati » pour lequel ils bénéficient du concours de Cheick Tidiane Seck, Jean-Philippe Rykiel et Sergent Garcia. Mais c’est la rencontre décisive avec Manu Chao qui va leur permettre de prendre leur envol. Il les prend sous son aile et produit leur LP « Dimanche à Bamako », réalisé en grande partie au Mali. Il est publié en octobre 2004 ; ce qui leur permet de conquérir un nouveau public. Et en février, c'est la consécration pour Amadou et Mariam qui décrochent une Victoire de la Musique pour l'album reggae/ragga/world de l'année. Enfin, leur dernier opus, « Folila », remonte déjà à 2012.

On vient installer les deux artistes, au centre du podium. Mariam à gauche, Amadou, armé de sa gratte électrique, à droite. Le sourire constamment aux lèvres, le duo est soutenu par un bassiste, un claviériste et un drummer. La plaine est bien remplie et le monde va encore affluer au fil du set. Leurs lyrics traitent, en français ou en bambara, de la vie quotidienne des Africains et des difficultés qu’ils rencontrent ou encore des extrémismes (Daesh et autres). Très colorée et ensoleillée, leur musique est le fruit d’un subtil cocktail de world, blues, pop et rock. Mariam invite la foule à danser et sauter. Amadou demande à plusieurs reprises, si tout va bien. 60 minutes de set sont prévues, mais votre serviteur est crevé, et en milieu de parcours, il décide de tirer sa révérence…

Gaëtan Streel + The Experimental Tropic Blues Band + Amadou et Mariam

(Organisation : Brussels Summer Festival)

Voir aussi notre section photos ici 

Brussels Summer Festival 2015 : mercredi 19 août

C’est par la ‘Mobistar Urban Night’ que le Brussels Summer Festival ouvre sa prestigieuse scène de la Place des Palais, pour cette édition 2015. Il s’agit d’un concept tout à fait neuf, puisque si les artistes hip hop étaient souvent programmés le même jour et au même endroit, dans le passé, il n’était admis qu’aux ‘pass’ 10 jours. Ce sont donc les puristes du hip-hop (NDR : à l’instar de votre serviteur) qui sont satisfaits ; puisque aujourd’hui, la Place des Palais est accessible via un ticket spécifique. Et puis, cette ‘Urban Night’ célèbre la collaboration entre le BSF et Skinfama, tourneur de ce genre musical en Belgique. Au programme, il n’y aura que du rap français : Bigflo & Oli, Disiz et Black M.

C’est à 18h00 que le premier des trois sets débute. Bigflo et Oli sont deux jeunes (22 et 20 ans) frères originaires de Toulouse. Après avoir publié un premier Ep (« Le Trac ») en 2014, ils ont sorti, mai dernier, un premier opus intitulé « La Cour des Grands ». Une première qui a rencontré un certain succès auprès du public. Les deux frangins sont flanqués de leur DJ et d’un musicien alternant le violoncelle et la basse. Si l’affluence n’est pas encore très conséquente, au départ, les deux rappeurs vont néanmoins assurer le show en proposant plusieurs plages de leur premier LP. Une prestation très convaincante au cours de laquelle les deux artistes vont étaler tout leur talent de rappeurs et de musiciens (trompette et synthé) tant au niveau des textes que de leur flow, tout en soignant la proximité avec leur auditoire. Après avoir passé une heure sur les planches, Bigflo & Oli ponctuent leur prestation par les incontournables « Comme d’hab » et « Gangsta », morceau prônant totalement l’inverse ; et l’achèvent par « Nous aussi ». Après avoir récolté un franc succès lors de leurs shows accordés au Couleur Café, Ardentes et Francofolies de Spa, le tandem a confirmé, dans le cadre de ce BSF, qu’il est bien entré dans la ‘Cour des Grands’.

Place donc à Disiz qui a gravé récemment son 10ème elpee solo, « Rap Machine ». Malgré 20 années de carrière dans le milieu du Hip-Hop, son set n’a guère convaincu l’auditoire. Si on peut reprocher au rappeur d’être un peu brouillon, n’interprétant que quelques couplets de chacun de ses morceaux, on ne peut totalement pas lui en vouloir, vu qu’il s’agissait de la 1ère date de sa nouvelle tournée. Même si quelques compos plus festives comme « Bête de Bombe 6 », « Oto Moto », « Auto-dance » ou « Kamikaze » sont parvenus à rebooster quelque peu l’ambiance, ce n’est pas un public conquis à son répertoire que Disiz a trouvé devant lui. Toujours à sa décharge, assez jeune la foule était surtout venue pour assister au show de Black M, la tête d’affiche. Il existe donc un écart important entre la musique proposé par Bigflo & Oli et Black M d’un côté et celle de Disiz de l’autre. On espère le revoir prochainement dans de meilleures conditions.

C’est devant une Place des Palais ‘full’ que le show de Black M (NDR : il milite au sein de Sexion d’Assault) va conclure la première édition de cette ‘Urban Night’. Il dispose d’énormément de moyens pour défendre en ‘live’ son 1er LP solo, « Les Yeux Plus Gros Que Le Monde », paru l’année dernière. Mais de solo il n’en est pas question lors d’un concert de Black M, puisqu’il est accompagné de DJ HCUE, d’Abou Debeing (NDR : membre du label Wati-B), de deux bassistes, d’un batteur et de plusieurs danseurs/danseuses issus du TN Crew (également impliqués chez Wati-B). Il y a donc énormément de monde sur l’estrade. L’image de la pochette du dernier opus de l’artiste est projetée en arrière-plan ; et une série de murs de lumières viennent compléter le décor. Impressionnant ! Tout au long du show, Black M n’aura pas besoin de forcer son talent pour mettre l’ambiance au sein d’un auditoire essentiellement acquis à sa cause. Ses principaux hits, assez nombreux, sont repris par une quasi-majorité des spectateurs, tout comme lors du medley de ses couplets parus sur les deux derniers projets de la Sexion d’Assaut. Fort proche de son public en partageant casquettes à l’effigie du Wati-B et invitant certains aficionados sur les planches, il s’éclipse tout de même un moment, pour laisser un peu d’espace à The Shin Sekaï (Du Wati-B aussi), afin qu’il puisse interpréter quelques uns de ses titres. Au bout d’une heure et demie, Black M annonce qu’il bosse actuellement sur son deuxième long playing studio. Puis fait ses adieux à une assistance belge plus que ravie, sur son plus gros tube, « Sur Ma Route ».  

Cette première de l’‘Urban Night’ est donc une réussite totale pour les organisateurs. La foule est venue en masse, surtout pour Black M ; mais il faut bien l’avouer, cette affluence est également due au beau temps. Néanmoins, il est dommage que lors des festivals, le hip-hop soit souvent isolé des autres styles musicaux. S’y produisent, en général, 3 voire 4 artistes du genre, bien souvent programmés sur un même podium, au cours de la seule journée. Enfin, même si l’affiche était très bonne dans l’ensemble, on peut regretter qu’aucun artiste belge n’y soit invité… Partie remise peut-être pour une future édition !

T.H.

Bigflo & Oli + Disiz + Black M

(Organisation Brussels Summer Festival)

 

 

C'est le septième jour (?!?!?), le ciel est couvert ; néanmoins le temps est clément. C'est l'ouverture de la grande scène, Place des Palais, pour la 'Mobistar Urban Night' (voir ci-dessus). Au Mont des Arts, une régionale de l'étape, Sarah Carlier, est chargée de chauffer l’ambiance. S’y produiront ensuite Rivière Noire et Jali. Dans la Madeleine, une belle affiche nous attend également : Sabino Orsino et Jacques Duvall, Benjamin Schoos, le phénomène canadien Klô Pelgag et en clôture, Soviet Suprem, une formation complètement déjantée issue de l'Hexagone. Une belle soirée en perspective. Il y en aura pour tous les goûts.

Sarah Carlier écume, pour l’instant, de nombreux festivals, en Belgique. Elle y récolte un franc succès. Elle a tout pour elle : la jeunesse, la beauté, le sourire et surtout le talent. Sarah est venue défendre son dernier opus, « SMS ». Un album ‘fait maison' qui recèle de véritables perles. Et elle est soutenue par son paternel, à la guitare.

Le fidèle bassiste, Thierry Rombaux (NDR : il milite également au sein du backing group de BJ Scott), s’installe à gauche du podium, entre Sarah et le batteur. Kofi Sadjo, le claviériste se plante derrière le patriarche. Sarah se réserve, bien sûr, le chant en s’accompagnant à la gratte semi-acoustique. Après avoir adressé un regard complice à son père, placé à sa droite, Sarah empoigne sa six cordes et attaque successivement « Dreams » et « My Counsellor ». Elle se présente juste après avoir interprété ces deux morceaux. En général trempées dans la soul, ses compos ne manquent pas de groove. Une cover de Bob Dylan : « All Along The Watchtower » (« SMS »). Manifestement, les musicos prennent leur pied tout au long de cette reprise. Carlier senior et le drummer s’autorisent même quelques exercices d’impro…

David est membre de Suarez et assure un remplacement. Et derrière ses fûts, il ne se débrouille pas trop mal. « Big Girl » aurait pu figurer au répertoire de Mika. « My Dear » est le moment choisi pour inviter le claviériste a exécuter la traditionnelle danse africaine. Et le joyeux luron ne se fait pas prier pour l’accomplir. Teinté de funk, « Tenderness » est un titre bien soul et plus paisible. Et pourtant, sur les planches, ça déménage. Et le spectacle de s’achever par le titre maître de son dernier elpee, « Save My Soul », une chanson coécrite par Sarah et sa maman.

Elle se produira sans le cadre du festival des Barges, à Scène sur Sambre et au café ‘Le terroir’, à Horrues, le 25 septembre, lors s’un showcase qui s’annonce bien sympathique.

Direction salle de la Madeleine pour le concert de Klô Pelgag, une extra-terrestre de la scène canadienne. Klô est actuellement en phase ascensionnelle. Vu son parcours, elle ne devrait plus longtemps écumer les petites salles. Mais les grandes ! Elle débarque directement de son Québec natal pour ce concert, et elle accuse le coup du décalage horaire. Elle repart ce soir juste après le spectacle, pour Bordeaux. D’ailleurs elle va parcourir en concerts, l'Hexagone de long en large, jusqu'au 18 octobre, avant de repartir pour un nouveau périple, sur sa terre natale, qui s’achèvera en apothéose, à Montréal le 12 décembre de cette année. Un calendrier chargé pour cette artiste. C'est la troisième fois qu’elle joue en Belgique. Elle avait ainsi participé aux 'Vitrines des Francos’, au Théâtre des Découvertes, en 2014.

Sur le podium, Klô est soutenue par Fany Fresard (violon), Lana Tomlin (violon alto), Elyzabeth Burrowes (violoncelle), Philippe Leduc (contrebasse et trombonne) et le drummer Charles Duquette.

Philippe se présente en slip noir, qu’il a enfilé sur des bas roses. La section de cordes (un trio) est coiffée de casquettes. En faisant ses valises, Klô a certainement oublié son squelette, à Montréal. Assise derrière ses claviers, elle s’adresse aux premiers rangs en leur demandant si le public est en cage ou elle, derrière les barreaux. Fou rire général. Son talent allie énergie, folie, audace et créativité. Une fameuse personnalité capable de pousser sa voix dans ses derniers retranchements. Et dans la langue de Voltaire, avec un accent canadien, qui ne manque pas de charme. Elle nous parle de Pierrot le Fou (‘Au Clair de la brume, j'ai pris ta photo’). Paroles qui introduisent « Les Corbeaux », une chanson sombre aux paroles surprenantes. Les cordes constituent un élément majeur dans l’expression sonore de Klô. Tout comme le sens mélodique et les harmonies vocales. A contrario du set accordé à la Rotonde du Botanique, en janvier dernier, ni le batteur, ni le contrebassiste, ne s’autorisent le moindre numéro personnel. Lorsque l’auditoire applaudit, amusée, Mrs Pelgag déclare : 'merci pour les mains'. De la set list, on épinglera surtout « Les maladies Du Coeur », « Comme Des Rames » (une chanson consacrée aux célibataires), « Le Dermatologue», « Nicaragua », « La Fleur Des Fleurs » (un titre qui éveille les consciences au cancer) et « Rayon X ». Nonobstant l’un ou l’autre festivalier sceptique, l’heure de prestation semble avoir plu au nombreux public.

Après le changement de matos, Soviet Suprem va grimper, à son tour, sur l’estrade. Issue d’outre-Quiévrain, ce band nous entraîne dans un ‘balkanican dream’. Les lyrics sont inspirés par les clichés du bolchevisme. Et puis rien que le pseudo des leaders, Sylvester Staline et  John Lenine, vous donnent une idée de leur état d’esprit. Malheureusement, une interview m’attend en coulisses. De retour dans la salle, le combo est encore occupé de mettre le souk ; mais c’est déjà le dernier morceau. Dès lors, difficile d’en dire davantage…

Sarah Carlier + Klô Pelgag

D.D.

(Organisation : Brussels Summer Festival)

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Brussels Summer Festival : lundi 17 août

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Le quatrième jour du BSF, votre serviteur a décidé de le vivre dans la salle de la Madeleine. Et on a tout intérêt à arriver tôt, si on souhaite se réserver une place de choix. Une bonne raison pour débarquer dès l'ouverture des portes. C’est la troisième fois que j’y mets les pieds. Pour une question de sécurité, la capacité de la salle a été limitée à 800 personnes. Le concert est sold out. La présence de Benjamin Clémentine y est certainement pour quelque chose. L’acoustique est excellente, je l’avais déjà signalé. Mais le podium n’est pas suffisamment surélevé. A dix mètres de l’estrade, vous n’y voyez que dalle. Surtout les personnes de petite taille. Faudrait peut-être autoriser les échasses. Car même au fond de la salle, derrière la table de mixage, un endroit que je privilégie régulièrement, c’est pareil. Et pourtant je mesure 1m80 ! Aucun espace spécifique n’est réservé aux photographes. Bien le bonjour pour prendre des clichés intéressants. La ventilation est inexistante. Conclusion, la chaleur ambiante est étouffante. A l’entrée, les détenteurs d’un 'pass' 10 jours doivent patienter plus de 90 minutes, car les tickets 'singles' sont prioritaires. Bref, le mécontentement est général. Il n’est pas possible d’acheter des vouchers dans la salle. S’il vous en manque un, vous êtes invités à aller vous le procurer à ‘Outsiplou les bains de pieds’. Pas la peine d’insister, le règlement, c’est le règlement. Et tant pis pour le festivalier lambda, il n’avait qu’à prévoir… Si vous ne souhaitez pas perdre votre emplacement, vous avez intérêt à y rester. Quitte à crever de soif. Ou alors, abandonnant votre position privilégiée, vous décidez de ne plus rien consommer sur place et de vous ravitailler auprès des commerces de proximité. Bénéfice net tant pour vous que pour le détaillant. Manifestement, un problème d'organisation à résoudre pour le BSF.

Quand je débarque, il y a déjà du monde pour accueillir Celena-Sophia, un duo féminin belge. Mwouais, leur expression sonore ne va pas au-delà de la variété. Leur atout ? La jeunesse ! Mais il faut reconnaître qu’elles ont encore du pain sur la planche, avant d’atteindre le niveau d’Alice On The Roof. Après quelques titres, je préfère m’éclipser. Pour aller me procurer une boisson rafraîchissante. Notamment !

Changement radical de style et de style en compagnie de Kris Dane. Il a déjà pas mal roulé sa bosse. En 1990, il intègre dEUS, comme batteur et pianiste. Il n’a alors que 17 printemps. Et en 2004, il rejoint Ghinzu pour se consacrer à la guitare. Il s’était produit en supporting act de Melody Gardot au Cirque Royal, il y a quelques mois ; et seul, armé de sa gratte acoustique, j'avais été séduit par la prestation de ce cow-boy des temps modernes. Kris est un véritable songwriter dans la lignée des Johnny Cash, Bob Dylan, Neil Young, Léonard Cohen et Tom Waits. Il marche sur les traces de Tom Van Laer (Admiral Freebee), mais dans son propre style.

Aujourd’hui, il se produit en mode électrique. Il a cependant fallu jouer des coudes pour approcher le podium. Surprise, juste à ma gauche, GrandGeorge est venu prendre la température des lieux. Il y joue dans 2 jours. Très sympa ce gars.

Le dernier elpee de Kris, « Rose Of Jericho est paru en 2014. Il boucle ainsi une trilogie entamée par « Songs Of Crime And Passion » et poursuivie par « Rise And Down Of The Black Stallion ». Ce troisième opus a été enregistré à New York, sous la houlette de Chris Elliot, à qui l'on doit les arrangements de cordes pour le long playing « Back To Black », d'Amy Winehouse.

La voix de Kris est puissante, adaptée au blues. Grave, elle me fait penser tour à tour à Springsteen ou à Léonard Cohen. Le drummer s’est installé à l'extrême gauche. Et juste à côté de lui, le bassiste. Chris est planté à l’avant-plan. A sa droite, il y a une choriste et une section de cordes réunissant un violoniste et un violoncelliste. Deux barbus coiffés d’une casquette.  

Il y a du brouhaha dans la salle. Ce qui incommode et même agace Kris. Discrètement, il fait comprendre que ce bruit le déconcentre et qu’il aimerait le silence. Si tu es exclusivement venu applaudir Clémentine, tu fais l'impasse et laisses les mélomanes apprécier. Dane n’est pas venu mettre l’ambiance avant la prestation de la tête d’affiche. Sa musique est douce et intimiste. Elle nécessite le respect et le recueillement. Un peu dans l’esprit de Milow. Pas mal de cow-boys rêvent de grandes plaines qui s’étendraient au Nord de la Belgique… « Golden Rain » est une compo extraite du dernier LP. Elle sera interprétée à deux reprises. Personne n’en redemande, mais on apprécie. Et finalement, grâce au concours des instruments à cordes, le concert est remarquable. Manifestement, cet artiste est pétri de talent…

Benjamin Clémentine avait marqué les esprits au cours de l'émission diffusée sur la BBC, ‘Later With Jools Holland’. Il est un peu considéré comme un extra-terrestre sur la scène britannique. A cause de sa voix et de son physique. Et puis de l’univers sonore énigmatique qu’il parvient à créer, en puisant aussi bien dans le blues, le jazz, la soul que le folk. Il a publié un premier album. Intitulé « At Least For Now », je vous le conseille vivement.

Changement de matos. Votre serviteur est parvenu à se glisser à deux mètres du piano (NDR : un yamaha !), derrière lequel Benjamin va siéger. Anglais, cet artiste s’est produit dans la rue et le métro parisien avant qu’on ne lui tende une perche. Aujourd’hui, il déchaîne les passions. Sensible au moindre bruit susceptible de le perturber, il est littéralement hanté par sa musique qu’il vit intensément. Son piano a queue est peu éclairé ; de quoi ajouter au mystère. Il s’est installé de profil. On pourrait presque lui toucher le dos. Il joue pieds nus.

Il entame son set en solo, par « This Hand » et  « Cornerstone  ». Son long pardessus bleu allonge sa silhouette, la fumée qui l'enveloppe le rend un peu surnaturel ; mais déjà, sa voix est envoûtante. Tour à tour tendre ou sauvage, elle vous flanque des frissons partout. Sa capacité à franchir les octaves est impressionnante. Ses doigts parcourent instinctivement les ivoires. Après ces deux morceaux, vous êtes déjà sur les genoux alors que vous suffoquez dans votre boîte à sardines, sans huile ! Trois musicos sont venus le rejoindre : un drummer, un claviériste et une violoncelliste. Et ils sont talentueux.

Vu la chaleur ambiante, je commence à souffrir de crampes. Désolé, mais je dois prendre l’air. Et après avoir prix une bonne bouffée d’oxygène, je reviens dans la fournaise. Moment au cours duquel il a entamé son « Condolence  ». Les ivoires et sa voix vous transportent dans  une autre dimension. Les titres défilent et vous laissent pantois. Avant que ce concert d’anthologie ne s’achève par « The Times »…

Il revient à l'Ancienne Belgique ce 9 décembre. A bon entendeur…

Benjamin Clémentine + Kris Dane + Celena-Sophia

(Organisation : Brussels Summer Festival)

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Brussels Summer Festival 2015 : dimanche 16 août

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C’est la quatrième journée du Brussels Summer Festival, plus communément baptisé BSF. Y en a marre de la flotte ! (NDR : marre… de la flotte…) Direction Mont Des Arts pour assister au set d’un groupe belge, Gonzo. Une formation née en Wallifornie profonde.

Chez Gonzo, il n’y a pas de leader, mais cinq zigotos capables de mettre une super ambiance, tout en vous incitant à remuer le popotin et les gambettes. Le line up implique un géant répondant au prénom de Baptiste. Lalieu. Sans Jean. Aka Saule, il se produit, en général, avec ou sans les Pleureurs. La tête bien sur les épaules, la langue pas toujours en poche, il est issu de la Cité du Doudou. Charlie est son meilleur pote. Il chante dans la langue de Voltaire ou de Shakespeare. Il se consacre aussi bien à la gratte électrique qu’acoustique. Les deux amis s’étaient partagé l’interprétation de « Dusty Man ».

Les quatre autres acolytes ne sont pas pour autant des inconnus. Vincent Lontie (NDR : évadé des Bikinians et de Fùgù Mango, il prépare un nouveau projet), Geoffrey Heyne (AMute), Simon Beriaux (Hibou, Le Yeti, Claire Louise) et enfin Nicolas Vandeweyer (Eleven). Trois membres du line up participent aux vocaux. Quand ils chantent en harmonie, ils y mettent tout leur cœur. Et la bonne humeur manifestée par le combo est communicative.  

Place donc au Muppet Show. Enfin pas tout à fait, puisque Peggy et Annie Sue ne se chargent pas des chœurs, Kermit pas davantage des cuivres et Animal ne siège pas davantage derrière les fûts. M’enfin, l’atmosphère est comparable. Gonzo est venu défendre son Ep 5 titres.

« Galaxy Gonzo » ouvre le show. Les 4/5 du band font face au drummer, avant de revenir au bord de l’estrade, en ligne. Les musicos se lâchent. Energique, leur rock est susceptible de se colorer de punk, de ska, de garage, de grunge, de hip hop, de country (NDR : à la sauce Lalieu) et de pop, mais aussi d’adopter des rythmes africains. « Clean » est hanté par les Ramones. Une envie irrésistible de vous remuer les fesses et le bas des reins vous envahit. Après « In My Shop », le combo adresse un clin d’œil aux States en attaquant « Lump », une habile reprise de The Presidents Of The USA. C’est du punk à la sauce belge. D’ailleurs Baptiste précise qu’il s’agit de la fête aux nineties. Et rappelle même à l’ordre les festivaliers un peu mous du genou, qui glandent, en préparant leur joint… Manifestement, il n’a rien perdu de sa verve.

Il empoigne sa sèche et entame « Shake », un morceau sculpté dans le bluegrass. Une longue farandole se forme et Mr. Bio prend un malin plaisir à la faire changer régulièrement de direction. C’est le moment –judicieux– choisi par un sixième larron pour apporter son concours au violon.

Place ensuite à « Girls », une chanson destinée aux meufs. Elles sont invitées sur l’estrade pour jouer aux pom-pom girls. Il y en a de tous les âges : des jeunes, des vieilles, des jolies, des minces, des potelées, etc. Hilarant ! Grimper sur le podium était finalement facile, en redescendre –pour certaines– sera une autre paire de manches. On se croirait à la 'Fête de la Bière de Jurbise'. Mais celle réservée aux mecs, « Gay », plaît beaucoup moins aux mâles…

Une reprise de Rage Against The Machine : « Killing In The Name ». Geoffrey, le drummer, est sollicité pour chanter « Mr Woodman ». Timide, tergiverse quelque peu avant de se décider à se consacrer au micro. Il emprunte les lunettes de Vincent et entame son show. La dérision est au pouvoir. A cet égard, il faut reconnaître que la formation prend son pied. L’auditoire aussi.

« Loosers » achève le set. Vincent prend un bain de foule suivi par Baptiste. Gonzo a écumé la plupart des festivals d'étés. Et ce n'est pas fini. Il se produira à Namur, dans le cadre du Festival des Libertés et lors des Nuits du Soir, aussi bien au Botanique qu’à l'Alhambra. Un album est en préparation.

Nicola Testa est programmé à La Madeleine. Dans la salle, la chaleur est insupportable. Il y a trop de monde. Et puis, je le revois dans une semaine, dans de meilleures conditions. Pas trop en forme je préfère m’éclipser et rentrer au bercail… 

Gonzo + Nicola Testa

(Organisation : Brussels Summer Festival)

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Sziget Festival 2015 : dimanche 16 août

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Dernier jour pour profiter de l’ambiance de ce festival hors du commun. Il y a même un salon de piercing et de tatouage sur l’île. Peu scrupuleux, certains tatoueurs dessinent des ‘Sziget 2015’ à la chaîne (true story !)
Avant de commencer le marathon concerts de la journée, détour par la ‘Design Zone’. On peut y admirer des défilés de mode mais aussi rencontrer des artistes hongrois qui exposent leurs créations dans un mini-village de la mode.

Il n’est pas encore 18 heures, et je me dirige doucement vers la Main Stage pour assister au concert de Rudimental. C’est une véritable bande de copains qui débarque sur l’estrade. Le line up réunit un véritable collectif (batterie, guitare, saxophone, trompette, DJ…), des chanteurs et choristes! On en prend plein les yeux et les oreilles. Une véritable performance ‘live’. Ce qui rend leurs tubes (« Feel The Love », « Waiting All Night »,…) beaucoup plus authentiques. Ils dégagent tous une énergie contagieuse. Une belle façon de démarrer la journée…

Il faut faire la file pour le spectacle ‘Fuerza Bruta’, show théâtral qui a déjà parcouru le monde. Ils n’accordent que quatre représentations par jour et c’est toujours la cohue pour y entrer. Manque de chance, la séance pour laquelle nous avons patienté est annulée ! Impossible donc d’en dire plus…

Le temps de trouver de quoi manger, nous allons attendre le début de Fauve. Une fois de plus, c’est un concert franco-français. Le public entonne même trois fois « La Marseillaise » avant l’arrivée du groupe. On peut déjà apercevoir sur le podium, des tas de vieilles télévisions qui serviront de décor. Elles sont disséminées parmi les instruments. Fauve entame son set par « Sous les arcades ». Ici encore, c’est un groupe qui déborde d’énergie. Tant les musiciens que le chanteur sautent dans tous les sens du début à la fin. A la fin de leur premier morceau, ils commencent à se présenter en anglais, expliquant que c’est la première fois qu’ils jouent devant un public qui n’est pas issu de la Francophonie (s’ils savaient…) C’est à ce moment qu’un fort contingent de personnes commence à crier ‘en français !’ Vraiment honteux ! La formation réalise vite que les non francophones sont en très petite minorité. Ils continuent de jouer quelques chansons. Les paroles sont toujours aussi fortes mais l’interprétation ‘live’ laisse beaucoup plus de place aux mélodies et aux instruments que dans leurs albums. Une fois de plus, le vocaliste prend la parole pour demander à la foule ‘Qui ne parle pas français ?’ Quelques personnes lui répondent. Ils sont sincèrement touchés par la présence d’un public hétéroclite et international. Ce qui est impressionnant chez Fauve c’est leur ‘normalitude’. Les musicos sont émus et impressionnés par leur propre succès, c’est vraiment touchant. Un véritable coup de cœur. Le concert continue toujours sur le même schéma : musique énergique, paroles émouvantes et décor superbe.

On quitte Fauve avant la fin pour arriver à temps au fameux ‘End Show’ de Martin Garrix. Le très jeune (19 ans) Hollandais débarque seul sur cette immense scène. Toujours très humble, il n’hésite pas à remercier le public en expliquant qu’être au Sziget pour lui ‘c’est la concrétisation d’un rêve’. On se demande bien à quoi on peut s’attendre pour ce final dont les organisateurs ont déjà vanté les mérites. Après un gros quart d’heure, 20 000 bâtons lumineux sont distribués. Le résultat, comme vous pouvez l’imaginer, est absolument magique. On ne sait déjà plus où donner de la tête. Martin Garrix, comme Avicii et Major Lazer avant lui, va faire danser les festivaliers au son de tous les tubes entendus cette année avant d’attaquer son incontournable « Animals ». Il annonce bientôt la fin de sa performance et sa dernière chanson est rythmée par… un immense feu d’artifice ! Un final grandiose et magnifique. Tout le monde continue de danser la tête levée vers le ciel pour admirer le spectacle.

Une fois terminé, la foule commence à se disperser. Il ne faut pas dix minutes avant que la pluie ne commence à tomber. A croire que les éléments attendaient la fin du spectacle eux aussi… Bien sûr il en faudra plus pour décourager les festivaliers en ce dernier jour, mais malheureusement, la fête va prendre fin plus vite que prévu. Ce n’est en effet pas que de la pluie mais un violent orage qui se prépare. Les éclairs commencent à se multiplier, déchirant la nuit juste au dessus de nos yeux. Le vent se lève et c’est littéralement le ciel qui nous tombe sur la tête. La Main Stage est digne d’une vision d’apocalypse : les gobelets vides volent au vent, tout le monde court dans tous les sens. Le pire ; c’est que les immenses panneaux qui, durant une semaine, ont affiché des images de fête diffusent maintenant des signaux ‘attention orage’. En outre, ils commencent à bouger dangereusement face au vent. Evidemment, la seule issue possible de l’île est le pont de l’entrée principale. Jusqu’aux campings et à cette sortie, c’est l’embouteillage permanent. Le temps se calme une première fois pour reprendre de plus belle une demi-heure plus tard. Les organisateurs ont dû prévoir le coup car des messages sont diffusés via les baffles proches des grands axes annonçant, dans toutes les langues, que le programme risque d’être fortement perturbé et demandent aux festivaliers de rester prudents.

C’est soulagée que j’arrive à m’extirper de la foule pour rentrer péniblement jusqu’au centre-ville. On apprendra ce lundi après-midi qu’un campeur (dans une zone non délimitée) est malheureusement décédé écrasé par un arbre durant la nuit. Une triste fin pour cette semaine passée au paradis. 

Mais n’en oublions pas tous les bons moments pour autant. Attendez donc l’‘aftermovie’ qui, comme d’habitude, fera rêver le monde entier. Il s’agit d’une expérience et d’un lieu unique au monde. Sachez que l’île fait aussi fantasmer les artistes et on le voit : ils se donnent tous à 200%. Alors si l’envie vous prend de vous rendre au fabuleux Sziget, n’hésitez plus et emmenez quelques amis à Budapest en août prochain ; croyez-moi vous ne serez pas déçus.

(Organisation Sziget)

Brussels Summer Festival 2015 : samedi 15 août

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L’édition 2015 du BSF en est à son deuxième jour. Et il tombe des hallebardes. En outre, vu l’aménagement du nouveau piétonnier, le stationnement est devenu un cauchemar. Les concerts se déroulent à deux endroits différents. La Madeleine accueille Sonnfjord, Natas Love You, Mud Flow ; et le Mont des Arts, Elvis Black Stars, Moriarty, Cats On Trees. Victime d’un petit refroidissement et vu le temps, votre serviteur opte pour La Madeleine.
Cette salle a remplacé le Magic Mirrors, dont la capacité était limitée à 300 âmes. Il s’agit d’un ancien casino réaménagé. Encore que fin des 60’s et au cours des années 70, y étaient déjà programmés des spectacles musicaux. Par la suite, elle s’est surtout distinguée par son bal du nouvel an réservé aux fonctionnaires. L’architecture est magnifique et le confort acoustique est impeccable.

Votre serviteur débarque pendant la prestation de Sonnfjord, un combo originaire de Braine-L'Alleud. A sa tête, la vocaliste Maria-Laetitia Mattern. Elle est cependant soutenue par son frère Aurelio (Paon, Lucy Lucy) aux claviers, François de Moffarts (Lucy Lucy) à la basse et au chant, le second gratteur Jérome Van den Bril ainsi que le drummer Fabio Zamagni (Noa Moon).

Il y a déjà bien du peuple qui assiste au spectacle. La formation brabançonne n’est pas du style à mettre le souk, mais propose une musique empreinte de délicatesse. Maria-Laetitia possède une jolie voix (NDR : son timbre est susceptible d’évoquer tour à tour Gabrielle Aplin, Noa Moon, Claire Louise, et lorsqu’il devient un peu plus graveleux, Ann Arbor), et s’applique sur sa sèche. Entre elle et les premiers rangs de l’auditoire le courant passe 5 sur 5.

Le set s’ouvre par « Pocket Love  ». « Seagull » est un extrait du premier Ep (NDR: il est découpé en 6 titres) « Up The Wooden Hills ». L’intro propage des éclats de gratte surf bien réverbérés. Nonobstant les quelques accès de synthé, la compo baigne plutôt dans la country. Et plus folk, « Alpinist » s’emballe. De la set list, j’épinglerai encore un excellent « Carry On » et en finale, « Joke », qui incite les spectateurs à sauter sur place…

Je risque de mettre le nez dehors. La pluie a cessé. Donc cap sur le Mont des Arts. Après la 'fouille' imposée à l'entrée, je retourne auprès de la statue d’Albert 1er équestre. Moriarty va bientôt prendre possession de la scène ; une formation que m’a chaudement recommandé Fred Cerise, l’organisateur des concerts en appartement. Et vu que la country, l'americana et le bluegrass me bottent, je ne risque pas d’être déçu. Au sein du line up de ce sextet franco-américain, milite un harmoniciste, un instrument qui –bien joué– me flanque la chair de poule. Sur les planches, on remarque la présence d’un dobro, d’un tambourin, d’une contrebasse, d’une guitare et d’une basse…

Vêtue d’une longue robe, Rosemary Standley se charge du chant. Sa voix est un peu rocailleuse. Le drummer se produit en mode percu, sans grosse caisse. Le claviériste dispose d’un orgue à soufflets (NDR : un peu comme chez Lola Colt et le backing group d’Anna Calvi). Et les sonorités dispensées par cet instrument sont envoûtantes. Un des musiciens signale qu’il s’agit bien de la quinzième fois que le band visite la capitale de l'Europe. Pourtant, pour votre serviteur, c’est une découverte. De cet excellent set, je retiendrai surtout la brillante et très personnelle cover du « Moonshiner » de Bob Dylan. Et puis, la sympathie qui émane des musicos…

La flotte semble avoir définitivement épargné les festivaliers, mais le soleil n’a pas pour autant décidé de faire son apparition. Cats on Trees va bientôt embrayer. Fusionnel, ne manquant pas de charme, ce duo toulousain réunit la claviériste Nina Goern et le drummer Yohan Hennequin. Ils sont aujourd’hui épaulés par un quatuor à cordes (trois violonistes et une violoncelliste). Ce qui apporte une autre dimension à leur musique. Trois grappes d'étoiles de différentes dimensions servent au light show. Les instruments (fûts, percus, piano) ainsi que les pieds de micros sont agrémentés de leds. Le timbre de Nina est bien clair, irrésistible même, et évoque celui de Béatrice Martin (Cœur de Pirate).

Yohan cogne métronomiquement ses fûts (NDR : normal, puisqu’il vient de l’univers du métal) pendant que Nina mène la danse. On sent son approche du show bien plus naturelle. Elle manifeste une belle interactivité avec son auditoire. Ce qui lui permet de le manœuvrer, sans la moindre difficulté. « Sirens Call » met tout le monde d'accord. L’audience est aux anges ! Il y a trois ans, lorsque le duo s’était produit dans le cadre du festival Poulpaphone de Boulogne-Sur Mer, c’était déjà mon coup de cœur…

Une interview était prévue à l’issue du spectacle. Mais les musicos ont tous disparus dans la nature. Ce sera pour une prochaine fois…

Une deuxième journée très intéressante, malgré le temps maussade…

Sonnfjord +  Moriarty +  Cats On Trees

(Organisation: Brussels Summer Festival)

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