Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

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Grégory Escouflaire

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lundi, 06 février 2006 02:00

Hypnotize

Deux albums en l’espace de six mois, qui forment un diptyque féroce : « Mesmerize/Hypnotize », beau plan d’attaque pour envahir les ondes et les oreilles des fans de metal pas trop con, un poil au-dessus de la mêlée. Il n’empêche : à regarder le compteur de notre chaîne hi-fi à la fin de chaque disque, on se demande pourquoi ne pas avoir réuni le tout sur un seul bout de plastique ? C’est sans doute plus chic, et plus conceptuel. Il n’empêche : il n’y a pas de différences énormes entre cet « Hypnotize » et son prédécesseur. Moins de r’n’b quand même (rappel : « BOYB »). A la place, les Arméno-Américains ont pondu une grosse daube de single (l’affreux titre éponyme, plus mou du genou qu’un tube de Trivium), et d’autres machins grandguignolesques un peu limite (« Banana banana banana terracotta » !!!). Le gros problème vient de Daron Malakian. Il compose toujours la plupart des morceaux, mais s’est mis en tête - pour ces deux disques - qu’il avait une belle voix… Eh ben non ! Il chante comme un cartoon qui aurait trop écouté du metal en 1985, en s’habillant comme tel, bref : c’est moche. Mieux : sur « Stealing Society » il s’essaie même au rap et on dirait presque un vieux Living Colour. Pour le reste on a droit à du bon SOAD, avec double pédale, le Grand Huit question couplets/refrain, et des textes engagés, parce que c’est la guerre (de dieu !). Un bon « Attack » dans la figure, et on comprend pourquoi Slayer les aime... D’autant qu’ils ont les mêmes coupes de cheveux (aaargh). A noter le slow qui tue, « Lonely Day », bientôt à la télé. Il est certain qu’à ce moment-là, les SOAD finiront bien par trébucher vers la consécration : tapis FM, costumes Armani, et candidature pour les prochaines présidentielles. C’est la Turquie qui va morfler.

Cinq ans qu’on attendait le successeur de « It’s A Wonderful Life » : une putain d’éternité dans le monde de la musique. Mark Linkous aurait pendant toutes ces années traîné une sale déprime dans sa Caroline natale : sa renaissance s’avère d’autant plus belle que le disque en bonus prend aux tripes comme à l’époque du grand « Vivadixiesubmarinetransmissionplot » (ouf). Autant dire que ça fait énormément plaisir de revoir Linkous sur ses deux jambes, au sens propre comme au sens musical… « Dreamt For Light Years… » résonne partout de ce douloureux passé, décomposé. Mais s’il gît parfois dans la rigole, c’est pour mieux faire le mort et ensuite nous surprendre, d’un pétulant éclaboussement. Tel un Pinocchio à la douceur amère, Mark Linkous ‘rêve dans le ventre d’une baleine’ qu’il aimerait faire de la pop. Mais il sait au fond de lui que ses démons le rattraperont toujours, alors sa pop reste marquée par une indicible souffrance. A peine « Don’t Take My Sunshine Away », le titre d’ouverture, nous fait croire un instant que tout va mieux dans la tête cabossée de Linkous. Un son bien pop, bien rock, soutenu par Sol Seppy aux chœurs, Danger Mouse au sampleur, et l’immense Steven Drozd, des Flaming Lips, assis derrière ses fûts (et jusqu’au bout du disque). Mais dès « Getting It Wrong » c’est Waterloo sur les plaines yankees, Cheval Baillard au Mont Mitchell. « Black Douleur », dirait l’autre, et pourtant ça n’a rien de redondant : il fait noir dans le ventre d’une baleine, et la douleur Linkous connaît. Malgré deux sautes d’humeur plus rock’n’roll (« Ghost In The Sky », « It’s Not So Hard »), « Dreamt… » hisse donc le drapeau blanc en signe de détresse : sortez-le de là, il est vivant, il écrit des chansons ! Belles à pleurer, faut-il donc le rappeler, comme ce « Morning Hollow » slowcore qui déchire corps et âme. Là où le bât blesse, c’est que ce titre figure déjà sur « It’s A Wonderful Life », en bonus caché ! Et « Ghost In The Sky », sur son édition japonaise ! Et « Shade and Honey » sur la B.O. du film « Laurel Canyon » (2002) ! Le temps que dure le morceau-titre, un long tunnel instrumental digne du meilleur Labradford, il faut donc se rendre à l’évidence : « Dreamt… » est un sacré bon disque, mais nouveau qu’à moitié. C’est là que la baleine régurgite : elle a eu un haut-le-cœur.

 

 

mardi, 23 mai 2006 03:00

We Are Under Reconstruction Part 1.

Les décharges d’électricité peuvent s’avérer amères ; car elles contiennent tout le sel de la vie, même s’il pique aux yeux et gratte l’épiderme. Quand il y en a trop dans l’eau, on flotte à la surface : plus c’est salé, moins on risque de couler… C’est là toute la contradiction, et on peut l’appliquer parfois aux sentiments humains. C’est souvent quand on souffre qu’on se rend compte de l’importance de l’existence. En musique c’est pareil, et on appelle ça de l’EMO : de l’émotion, des illusions perdues, passées au crible du rock le plus criard. Blood Brothers, Fugazi, Appleseed Cast, voire De Portables, et bien sûr les Hollandais de The Spirit That Guide Us, dont c’est ici la première compile. Il ne s’agit pas d’un best of, mais d’une compilation de remixes, d’inédits (trois nouveaux titres d’excellente facture), de live et de faces B. Aucun morceau de leurs deux albums (« The Sand, The Barrier », « North & South ») n’y figurent, au contraire de ceux de leurs divers EP’s… L’objet ravira donc les fans qui ne possèdent que leurs deux longs formats, et servira aux autres de parfaite mise en bouche. A condition d’aimer les guitares qui crissent, les chœurs qui éructent et les montées d’acné. Suivez le guide ! (celui à la casquette et aux Converse)

mardi, 31 octobre 2006 02:00

Hello Everything

« Hello Meow » déroule d’entrée de jeu son tapis rouge de snare drums et de lignes de basse congestionnées : rapide, acide, crispant à l’extrême, on retrouve en quelques secondes l’univers frappadingue de Tom Jenkinson, le faux frère jumeau de Richard D. James. Rien n’a changé depuis « Ultravisitor », son précédent album, et sans doute que rien ne changera jamais vraiment pour notre homme aux multiples casquettes (la pochette), qui depuis plus de dix ans nous tanne le cortex de son IDM sans détours. Et même si « Theme For Sprite » sonne quasiment comme du jazz de ferry-boat, ce n’est que pour mieux nous mettre en garde, une fois de plus, à ce qui va suivre : du « Hard Normal Daddy » puissance dix, de la drill’n’bass à plein tube qui balance ses bleeps casseroles sans demander son reste (« Bubble Life », « Planetarium »). Autant dire qu’après l’étirement noisy de « Vacuum Garden », le cerveau crie à l’aide, persuadé qu’un breakbeat de plus pourrait menacer sa routine sensorielle.

Soulagement : « Circlewave 2 » tente l’accalmie en osant faire sonner une guitare acoustique et même un piano satien. On dirait presque du Savath + Savalas à la mode latino, de la bossa-nova à l’ère du digital fractal. La tempête, évidemment, était juste partie recharger ses batteries : au milieu de son œil en spirale qui nous nargue bêtement, nos oreilles essuient vite un revers certain. Les cymbales tombent comme des hallebardes (« Rotate Electrolyte »), il pleut des nappes acides en plein retour vers le futur (« Welcome to Europe »). Schizophrénique en diable, « Hello Everything » n’a rien du disque d’apéro à siffler sous une douche écossaise (l’éreintant « The Modern Bass Guitar »). A la fin des percus en écho nous font croire qu’il existe une soupape, un ailleurs plus serein (« Orient Orange » et ses stridences bouddhistes), mais il est un peu tard : dans notre caboche ça crépite comme dans un bol de Rice Krispies, on ne comprend plus rien, c’est la bérézina.

mardi, 20 juin 2006 03:00

Leaving Songs

Alors qu’il fête cette année ses 40 ans de vie sur terre, Stuart A. Staples semble se poser beaucoup de questions. Les Tindersticks en suspens, il se devait de se prouver à lui-même qu’il peut se débrouiller tout seul, d’où ce deuxième disque solo, à peine un an après le ténébreux « Lucky Dog Recordings 03-04 ». Ce qu’on y entend, c’est le souffle d’un homme qui désire changer, renaître, trouver enfin sa voie. L’aurait-il perdue de vue depuis « Simple Pleasure », titre trompeur ? A cette époque les Tindersticks semblaient, de fait, coincés dans une impasse… Et même si ce disque évoque une remise en question (le titre), aucun bouleversement ne semble pour autant au programme : on retrouve ici cette mélancolie suave déjà présente sur chaque album des Tindersticks, des duos (avec Lhasa et Maria McKee), des cordes et des cuivres, et même deux Tindersticks (Neil Fraser et David Boulter) en renfort instrumental. La seule différence tient dans l’orchestration, moins ampoulée : comme une mise à nu, un besoin de naturel, sans fioritures ni distractions éventuelles. Ainsi à découvert, Stuart A. Staples exorcise ses démons : l’humilité enfin de mise, l’homme peut s’épanouir, rêver d’une existence plus simple. Une émouvante confession intime, qui le sauvera peut-être de la 'midlife crisis'. Quand il se sentira mieux, les Tindersticks ressurgiront peut-être… Ca ne dépend sans doute que de lui.

lundi, 30 janvier 2006 02:00

Come On Feel The Illinoise

Sufjan Stevens est notre ami, parce qu’il en a tout l’air : un type sympa, qui a une bonne tête, et qui s’amuse depuis deux disques à brosser le portrait d’une Amérique qu’on avait oubliée depuis que Bush fait ses mimiques dans son bureau ovale. Entendez : une Amérique avec des gens dedans, qui ont leurs joies et leurs chagrins, et qui vivent vraiment, loin des statistiques de CNN, et de l’alarmisme ambiant. Et même quand il parle de serial killers (« John Wayne Gacy, Jr. »), c’est magnifique, et l’on se rend compte alors que ce disque, ben ouais, regorge d’humanité. Et c’est un bonheur, qui vous prend à la gorge dès les premières notes, et on dirait du Philip Glass, voire du Steve Reich, bref c’est tellement pétulant d’harmonies qu’on verrait bien ce type dans une publicité pour Mobistar, où tout le monde il est beau et il est gentil et il est insouciant et à la fin on se dit que la vie est super belle, à l’aise. « Illinoise », c’est encore mieux que « Michigan », et on attend le « Texas » avec grande impatience. Des cascades de chœurs plus miroitantes qu’à Niagara, de la country que même le Man in Black il s’habillerait en rose, de la pop universelle. Encore mieux qu’un Empire ! C’est bien simple : les 22 morceaux qui composent ce disque donnent envie d’aimer tout le monde, du péquenaud de Chicago au Superman de la pochette (bientôt un collector, parce que Marvel Comics n’est pas content – rires gras). Les blasés ventripotents pourront toujours blaguer que ‘ce type, quelle tante ! Un mormon qui miaule entouré de majorettes !’ ; mais c’est du pur cynisme. Sufjan Stevens, lui, est un homme valeureux, optimiste, une espèce d’artiste à la gracilité féconde. Il illumine le quotidien de ces comptines sereines, et vice versa. C’est un impressionniste, doublé d’un chroniqueur mondain, et le Monde ne se limite pas aux States (même si c’est le concept). L’universel, en particulier : voilà vers quoi ses chansons tendent, en racontant, en fin de compte, les ‘petites choses de la vie’… Mais ‘Il n’est pas une seule chose qui soit trop petite pour une créature aussi petite que l’homme. C’est en nous attachant aux petites choses que nous atteignons au grand art, l’art d’avoir le moins de peine et le plus de bonheur possible’ (Samuel Johnson). God Bless Sufjan Stevens !

lundi, 30 janvier 2006 02:00

The Woods

Aaaah, le mouvement Riot Grrrl, des fifilles au look butches ou quasi midinettes, plantant leurs ongles vernis sur des manches à guitare ! Le désir d’être aimées mais pas ‘objectualisées’, et de gueuler que l’homme, justement, n’est plus forcément l’objet de leur désir… Et cætera, et pourvu que la musique, du rock, du punk, soit bonne, au pieu et sur la scène. Pour son septième album, Sleater-Kinney s’est adjoint les services de Dave Fridmann, le type qui a transformé Mercury Rev en couilles molles néo-psychédéliques. Coup de bol, cet album déchire – c’est l’hymen rock’n’roll qui saigne et qui en redemande. Il se pourrait même bien qu’il s’agisse du meilleur album du trio, mais pour ça…. faudrait les avoir écoutés tous (sic). Rythmiques complexes, chant acerbe mais pas crispant, batterie vitupérante, mélodies en tiroirs : « The Woods » aurait dû faire partie des tops 2005, mais sans doute est-il trop subtil, (et puis, il y a Franz Ferdinand…), trop puissant, trop rentre-dedans (‘Et tape dans tes mains, et dis Ouais !’). Ecouter « What’s Mine Is Yours », pour comprendre où se cache l’héritage de Led Zep, et d’un bon King Crimson (au hasard, « Fracture »). Ou « Let’s Call It Love », et chialer dans sa barbe devant ces 11 minutes d’élévation sonique. Crac ! Boum ! Hue ! « The Woods » n’oublie jamais de dire que le rock est une affaire d’intempéries bruitistes, entre rage éclair et brise douce-amère. Allons donc tous au bois, pour faire l’amour avec les arbres.

mardi, 26 septembre 2006 03:00

Naked in a Clean Bed

« Nue dans un lit propre » : rien qu’à lire ce titre sur la pochette de ce joli album, on en a les mains moites. Chantal Acda n’est pas une inconnue : singer-songwriter hollandaise émigrée à Bruxelles depuis quelques années, elle a déjà sorti deux disques en compagnie de son groupe Chacda, et participé au « Skyline Society » des sémillants Major Deluxe. « Naked in a Clean Bed » est son premier effort solo, et c’est une belle réussite : sa voix caressante ondule doucement sur un matelas d’harmonies acoustiques, et l’on se prend à rêver avec elle, sous les draps, en position fœtale. Mixé à la maison avec l’aide d’Adam Wiltzie (Stars of the Lid, The Dead Texan), « Naked in a Clean Bed » dévoile ses charmes sibyllins sur le mode du strip-tease langoureux. Au plus est lent le dévoilement, au mieux est palpable le plaisir des sens… Tout est question de suggestion ! D’où l’emploi minutieux de la guitare sèche, du piano et du mélodica, qui donnent à ces chansons l’attrait singulier d’un dépucelage fécond. A fleur de peau, sans cesse au bord de la rupture intime, les dix comptines de Sleepingdog réveillent notre libido de la plus pure des façons. A l’instar d’Annelies Monseré et de Valérie Leclercq (Half Asleep), Chantal Acda chante la mise à nu sans être dépressive ni vulgaire. Forcément très touchant, et c’est déjà beaucoup.

mardi, 23 mai 2006 03:00

A River Ain´t Too Much To Love

La dernière fois (« Supper ») qu’on avait vu Bill Callahan, il pétait presque la forme. Quelqu’un l’aurait même pris en flagrant délit de sourire. Son cas allait bientôt être jugé au Tribunal International de la Félicité : il devait être relâché pour ‘bonne conduite’, après plus de dix ans de réclusion criminelle. Son crime ? Celui de n’avoir jamais chanté une chanson gaie, et de tourner le dos au public. « Supper » et son tempo allègre (une première) auraient donc dû sauver notre homme de l’incompréhension… Mais voilà qu’il sort ce disque, et ré-aggrave son cas. ‘Vous ne faites aucun effort’, lui aurait déclaré l’avocat de Domino à l’écoute de ces dix titres. Une guitare, une batterie (et encore !). Parfois un violon, un piano, peut-être un accordéon. Et rien de plus. Bill Callahan nous refait le coup de l’autiste à l’humour/l’amour laminé(s). ‘Black is all colours at once’, soupire-t-il de sa voix caverneuse sur « I Feel Like The Mother Of The World ». Un beau titre, une belle chanson. Le noir, c’est logique pour un type qui chante l’amour à l’imparfait et se nourrit de turpitudes. Se réjouir, ici, demande donc un effort surhumain.

mardi, 28 novembre 2006 02:00

Sci.Fi.Hi.Fi. Volume 3

Après Ewan Pearson et Luciano, c’est Alex Smoke qui s’atèle à la tâche proposée par son label Soma : mixer sur un seul disque ses tracks préférés, et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il nous offre ici un sacré beau cadeau de Noël. Eblouissant de bout en bout, ce mix évite en effet les clichés faciles trop souvent en vigueur : pas de gros poumtchaks à mi-parcours, ni de nappes ambient à la fin pour négocier la descente. Les vingt premières minutes font ainsi la part belle au digital dub le plus réconfortant, et l’Anglais de nous enchaîner adroitement Burial, Basic Channel, Model 500 et Rhythm & Sound : attention à la claque ! Enfin un mix qui ne prend pas le technophile lambda pour un décérébré en manque de kick : il faut de fait attendre Robert Hood (alias The Vision) et Thomas Brinkmann pour entendre ce pied qui donne envie de danser, mais rien ne nous y oblige. S’ensuivent Claro Intelecto, EPY et quelques perles signées de sa main (« Pingu », « Squat », sous pseudo Quixote, et « Always & Forever »), de quoi le clamer haut et fort : après deux beaux albums de minimale racée et pas bégueule (« Incommunicado » et « Paradolia »), Alex Smoke vient de signer un mix d’une élégance rare, sans faute de goût ni marketing putassier. Classe.

 

 

 

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